Si le Petit Larousse est expert en définitions ; il reste encore des mots qui n’y figurent pas encore et qu’il faudrait inventer. Dans le registre des collectionneurs, nous pouvons cependant déjà agrémenter notre vocabulaire personnel de quelques définitions succulentes. Difficiles à placer en société, les buzicéraphiles (collectionneurs de bougies en cire), quarterchécophiles (collectionneurs de carnets de chèques), scarpatologistes (malades des sandales) ou luminospéléophilistes (obsédés de la lampe de mineur) peuvent paraître snobs. Par contre, la Bible de la langue française ne répond pas à cette énigme : comment appelle-t-on les collectionneurs de claviers musicaux ? Aujourd’hui, on peut sans équivoque balancer l’info, chez Musiczine on les appellera dorénavant les Hervésalteristes. Mieux connu sous le patronyme de Général Elektriks, le Français Hervé Salters n’a qu’une obsession dans la vie ; mais elle est de taille : chiner et collectionner tout ce qui peut produire un son vintage en appuyant sur des touches. Véritable ogre du synthétique, Hervé n’en est pas à son coup d’essai. Il y a 4 ans, il produisait déjà « Cliquety Kliqk », un album ardu et complexe. Sur sa fiche de paye, le nom de la société qui lui envoie la maille n’est autre que Quannum ; et ses collègue de bureau se prénomment Blackalicious, DJ Shadow et Lyric Born. Rien que des inconnus quoi ! De quoi, en tout cas, attiser les envies.
Emigré au States, le Français revient sur le devant de la scène en concoctant ce « Good City for Dreamers ». Et force est de constater que même pour son plus grand malheur de ne pouvoir disposer que de deux mains, il les utilise à la perfection. Soutenus pas des beats funky, soul ou hiphop, enrichi par des cuivres jazzyfiant et affichant une bonne dose de chill-out, « Good City for Dreamers » incarne l’élément clé de la scène électronique pour cette d’année. Parsemé d’accents à la Mattafix ou Beastie Boys version « The Mix Up », l’album fait aussi parfois penser à une flip side des Hot Chip. Comment ne pas reprendre en chœur, à l’instar du morceau « Young Folks » de Peter Bjorn & John, le refrain sifflé tout au long de « Raid the Radio » ? Comment ne pas succomber à l’alchimie aphrodisiaque de « You Don’t Listen » ? Comment ne pas se taper la cuisse, en rythme, en écoutant « Helicopter » ? Comment pouvez-vous rester assis devant votre écran à lire cette chronique, alors qu’à cette heure, il existe peut-être près de chez vous un disquaire encore ouvert pour vous procurez « Good City for Dreamers » ?