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Get Well Soon

Amen

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Get Well Soon, c’est le projet de Konstantin Gropper, et « Amen » constitue son sixième elpee. Pour le concocter, l’artiste allemand s’est entouré de son backing group, réunissant la bagatelle de 7 musiciens, dont des cuivres (trompette, saxophone, trombone), un flûtiste et un violoniste, de manière à communiquer une emphase symphonique et lyrique à l’expression sonore que n’aurait pas reniée l’Arcade Fire originel. D’ailleurs la voix de Konstantin est quand même assez proche de celle de Will Butler. Vous vous doutez donc que les compos bénéficient d’arrangements sophistiqués et luxuriants. Et c’est le cas. Aussi bien organiques que synthétiques (NDR : tout comme sur les derniers essais de la formation canadienne) ! Et Konstantin vient poser sa voix de crooner, que soulignent parfois des chœurs exaltants.

En matière d’emphase « I love humans » s’enfonce même dans le kitsch, alors que « A song for myself » adopte un profil baroque, rappelant ainsi qu’à l’instar de The Divine Comedy et The Dears, Scott Walker et Burt Bacharach sont des références communes. Et puis il ne faut pas oublier que Gropper est compositeur de musique de films. 

Si l’une ou l’autre chanson baigne dans une certaine forme de romantisme (la ballade « Richard, Jeff & Elon », « Golden days »), la plupart des pistes libèrent une belle énergie ; à l’instar de « Us vs. Evil », dynamisé par un drumming syncopé et ample ou de « This is your life », imprimé sur un tempo krautrock.

Mais le plus étonnant, c’est l’illustration de la pochette (une pierre tombale sur laquelle est mentionnée l’inscription ‘Amen’), quand on sait que les lyrics, inspirés de réflexions philosophiques personnelles, sont plutôt optimistes (a contrario de ceux dispensés sur « The Horror », l’elpee précédent). Une forme d’ironie ou de second degré que Gropper aime cultiver…

Get Well Soon

Un climat apocalyptique bien germanique…

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Après une période de creux consécutif aux fêtes, le Botanique reprenait le collier cette semaine et proposait à l’affiche un des concerts les plus attendus du mois de janvier ; en l’occurrence, celui de Get Well Soon. Emmené par le multi-instrumentiste allemand Konstantin Grooper, le désormais groupe (depuis la tournée de son premier album « Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon ») était donc de retour à l’Orangerie pour présenter son troisième opus, sorti l’année dernière, « The Scarlet Beast O’Seven Heads ».

La première partie est assurée par Denis Jones. L’artiste insulaire vient présenter son dernier long playing « Clap Hands ». Il monte sur les planches vers 20 heures. Seul. Il chante en s’accompagnant à la guitare et en se servant judicieusement de ses pédales. Il superpose ainsi des lignes de gratte pour élaborer une forme d’électronica acoustique du plus bel effet. Un set d’une demi-heure qui va séduire l’auditoire. Un événement plutôt rare chez un supporting act, pour ne pas le souligner. Un artiste à suivre, donc…

A 21 heures pile, les lumières s’éteignent. Les haut-parleurs diffusent une bande sonore annonçant la fin du monde. Une introduction parfaite pour la suite des événements. Bienvenue au sein de l’univers apocalyptique de Get Well Soon ! Konstantin Grooper monte sur l’estrade suivi de cinq musicos. Pendant une bonne heure, les Allemands vont dispenser un rock lyrique dans la pure tradition romantique. Afin de célébrer cette Apocalypse en version germanique. Lors d’un set précis et rigoureux ; bref, bien allemand. Les morceaux du dernier opus s’enchaînent (« We Are Free », « Roland I Feel You »). Le groupe veille cependant à alterner morceaux paisibles et titres caractérisés par des crescendos à l’instrumentation riche. Si le climat entretenu tout au long du spectacle ne respire pas la joie de vivre, le public en redemande. Une jeune demoiselle assure magistralement les chœurs. En outre, tout au long du concert elle va apporter sa collaboration tantôt à la mandoline, tantôt au violon. Un concours qui va même conférer à ce spectacle un format classieux et grandiose. Faut dire aussi que le son, ce soir, est impeccable. Les derniers spectacles auxquels j’avais pu assister à l’Orangerie, m’avaient quelque peu déçu. Mais ce soir, l’équipe technique derrière la console est irréprochable. 

Après une heure de prestation, la formation quitte le podium, pour y revenir quelques instants plus tard. Afin de dispenser deux compos dont une au cours de laquelle Denis Jones va se réserver le xylophone. On aura même droit à un second rappel. Bref, c’est à une bonne heure et demie de concert que le public a eu droit ce soir. Et il ne s’en plaindra pas, même si les frissons dans le dos ressentis ce soir étaient le fruit de ce climat apocalyptique et pas du froid polaire que nous connaissons aujourd’hui en Belgique…

(Organisation Botanique)

 

Get Well Soon

The Scarlet Beast O'Seven Heads

Écrit par

Konstantin Gropper est auteur/compositeur/interprète et multi-instrumentiste. De nationalité allemande, il a suivi une formation classique ; puis au cours de son adolescence a sévi au sein d’un groupe punk. Aujourd’hui, c’est le leader de Get Well Soon, une  formation de pop symphonique aux références littéraires marquées et assumées. Si le premier opus avait été encensé par la critique, le deuxième n’était pas parvenu à confirmer ces bonnes dispositions.

Pour son troisième opus, l’Allemand a décidé de creuser son propre sillon, en proposant une collection de morceaux qui reflète l’esprit énigmatique et baroque de son auteur. Et rien que le titre de l’elpee corrobore ce point de vue : « The Scarlet Beast O’Seven Heads ». Un album qui rend hommage à des artistes aussi différents que le réalisateur allemand de blockbuster Roland Emmerich ou la compositrice électro Wendy Carlos. Gropper prend cependant le soin de plonger l’ensemble dans un climat à la fois moderne, classique et romantique. Gropper n’hésite pas à sampler Alfred Hitchcock sur « You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance) ». Les sonorités électro, les chœurs et les cordes entrent bien évidemment toujours dans la texture de ses compos. Tout comme la structure en crescendo. Entre plages cinématographiques (« Let Me Check My Maya Calendar », « Roland, I Feel You ») et pistes grandiloquentes, à la limite du kitsch (« Kids Today »), le long playing est une totale réussite. Totalement libéré, Gropper concrétise tout ce qui lui passe par la tête. De quoi ravir celles et ceux qui avaient succombé aux charmes de son premier long playing. Une œuvre hyper référencée, mais unique en son genre !

 

Get Well Soon

Apocalypse Now !

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On pourrait qualifier la pop baroque et mélancolique de Get Well Soon, de trop sophistiquée et cultivée. Un univers hermétique architecturé par Konstantin Gropper qui serait réservé aux intellos frustrés et déprimés. Il bâtit avec une dextérité improbable une musique hyper référencée d’écrivains et de peintres inconnus comme Henry Darger (coupable d’avoir publié un récit épique et mélancolique, illustré de quelque 15 143 pages !), mais également de cinéastes tels que Wim Wenders (‘Palermo Shooting’) ou Roland Emmerich (NDR : notamment réalisateur d’‘Indepedence Day’ et de ‘The Day After Tomorrow’). On pourrait aussi prétendre que le chant de Gropper serait aussi obsédant que celui de Casper le gentil fantôme, à mi-chemin entre un Patrick Wolf après une dépression nerveuse et un Thom Yorke se gargarisant. Venez l’écouter sur scène et vous changerez certainement d’avis.

Le jeune compositeur et multi-instrumentiste allemand élabore une atmosphère particulière. Sa pop lyrique à l’architecture foisonnante est issue d’un cerveau ingénieux et créatif. Ici, tout semble aller plus loin. Le jeune Berlinois de 30 ans use à l’envi de ses différentes expériences (conservatoire, cinéma, théâtre, philosophie et lettres...) et conjugue les genres pour explorer le nouveau. Une musique hybride qui relève davantage du génie que de la masturbation intellectuelle.

Une suggestion pour rater infailliblement la première partie d’un spectacle à l’Ancienne Belgique, un vendredi soir ? Rendez-vous y en voiture… Ce supporting act est assuré par David Lemaitre, un artiste prometteur qui pratique un electro-folk lo-fi. Sur les planches, il se produit sous la forme d’un trio. Fragile, éthérée et rêveuse, sa voix se promène quelque part entre Beirut et Bon Iver. Ce jeune Bolivien, Berlinois d’adoption, est parfaitement à l’aise dans son style. C’est même un virtuose. Empreint de délicatesse, son jeu de guitare est légèrement troublé par des vagues electronica douces et sautillantes. Un artiste à suivre dont vous pourrez découvrir l’univers sonore, lors de la sortie de son premier album prévu pour le début de l’année 2013.

Place ensuite à Get Well Soon. Deux ans après avoir accordé un excellentissime concert à l’AB Club, Gropper envahit à nouveau l’espace. Il est accompagné de 4 musiciens pour hausser le ton et donner plus d’étoffe ; pour apporter une dimension musicalement plus riche à son répertoire. Les ondes se modulent, montent et descendent, ne laissant pas le temps aux cœurs de réfléchir. Une vraie orfèvrerie pop gothico-baroque, puissante, romantique et ténébreuse. Une œuvre qui ne tombe cependant jamais dans le piège facile et pathétique du poète maudit en continuelle lamentation stérile.    

Un set où l’apocalypse est omniprésente. « Let Me Check My Mayan Calendar » coule d’un fleuve instrumental, easy-listening, sur fond de voix en lévitation (backing vocals et violon assurés par Verena Gropper, la sœur) et vient s’écraser sur les forêts électriques hargneuses de "You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance)" lors d’un final noisy en déluge sonique. Tandis que, soudainement descendu de la canopée, le groove de "Courage, Tiger!" vient nous surprendre. D’abord discrète ("Prologue" et "The Last Days Of Rome") comme une ombre, la setlist se met à gronder comme une marche militaire balisée par ses voix déployées et son matraquage orchestral. Get Well Soon explose les carcans et fait virevolter leurs débris au sein d’un cyclone symphonique étourdissant. Un concert où le son paraît s’ériger comme un moment au mille lambris dont chaque morceau s’emplit d’une atmosphère singulière, toujours dense, lyrique et tragique. L’impression crispante que le sort sonore pourrait se briser à tout moment.

Un excellent concert qui se terminera sur les couleurs vives du premier album, par "I Sold My Hand For Food So Please Feed Me". Get Well Soon, toujours un grand moment pop !

Organisation Ancienne Belgique

 

Get Well Soon

Les nerfs à fleur de pop !

Écrit par

La programmation de l’AB ne manque jamais de nous surprendre et de nous ravir. Ainsi, ce jeudi soir, l’antre sombre et brumeux de l’AB Club recelait les mélopées claires-obscures du tragédien teuton Konstantin Gropper (Get Well Soon) et les ballades bucoliques du folkeux étasunien Micah Rabwin (Musee Mecanique). Deux artistes atypiques aux horizons musicaux divergents. 

Musee Mecanique compte parmi ces groupes qui vous surprennent au détour d’un concert. 25 minutes durant lesquelles le trio de Portland distille un post-folk bucolique aux saveurs irlandaises. Douces mélodies qui évoquent les ballades mélancoliques d’Adrian Crowley. Un instant intimiste qui vous caresse délicatement l’âme et vous plonge dans la tendre léthargie hypnotique d’un songe que l'on souhaiterait indéfiniment voir se prolonger. Trois multi-instrumentistes de talent à découvrir plus amplement…

Get Well Soon expose la tragédie moderne de Konstantin Gropper. Soudainement, la silhouette frêle et le visage exsangue du chantre du cynisme irradient les planches vaporeuses du club de l’Ancienne Belgique. De son dernier opus émane une beauté crépusculaire (« Vexations »). Le dernier projet musical de Gropper se drape d’un authentique concept artistique. Un spectacle tant visuel que sonore enrichi d’une mise en scène minutieuse et hypnotique. Le background couvert d’extraits de film et la scène font corps. Les six musiciens présents sur les planches s’évadent et hantent les images projetées sur la toile. Le rêve et le réel s’entremêlent et guident doucement vers un voyage surréaliste ouvert par « Senecas Silence ». Symphonie magistrale qui aurait pu aisément faire office de bande son au célèbre Faust, une légende allemande de Murnau. La passion du jeune artiste berlinois pour le cinéma et la musique classique (passion héritée d’un père professeur de musique précisément classique) magnifie sa pop lyrique. Un drama-pop aux arrangements musicaux absolument parfaits et méticuleusement planifiés. Une poésie délicate architecturée d’un assemblage musical baroque ingénieusement acharné : ‘J’aime passer du temps à composer de la musique dans mon coin, à construire des séquences, les assembler, pour finalement tout remettre dans le désordre. Ça peut prendre des heures, des journées, des semaines et c’est même difficile d’arriver à se dire que le travail est achevé, surtout lorsqu’on est son propre juge. Je peux être très difficile, exigeant avec moi-même.’ Travail de titan traçant l’ébauche d’un bateau ivre sillonnant prodigieusement tous les grands fleuves artistiques : la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature… Un artiste absolument complet qui se délecte également de philosophie et de littérature (diplômé en Philosophie et Lettres de l’Université de Berlin). Une schizophrénie musicale et littéraire qui aiguise ses textes d’une plume excentrique : “I Sold My Hands for Food so Please Feed Me” ou “We Are Safe Inside While They Burn Down Our House”.

Sur scène, le produit de cet éclectisme culturel offre un espace sonore et visuel qui cristallise en pop-songs alambiquées des structures a priori inconciliables. Un véritable tourbillon phonique concerté de guitares électriques lourdes, d’une batterie dominante, d’un violon en premier plan, de claviers, de guitares acoustiques, de cuivres… qui interrogeraient les tympans des mélomanes les plus capricieux. Un joyau de spleen orchestral puisant tant dans les structures classiques ou les cuivres de l’Europe de l’Est que dans l’electronica ou la pop Motown. Un alt-rock hautement émotif aux largeurs inépuisables…

Get Well Soon s’affirme très tôt comme l’un des principaux acteurs d’une certaine pop indé mélancolique aux côtés de groupes cultes comme « Radiohead », « The Divine Comedy »…

D’ores et déjà l’un des meilleurs albums et concerts de cette année 2010.

(Organisation Ancienne Belgique)

 

 

Get Well Soon

Vexations (2)

Écrit par

Peu connu de notre côté du Rhin, le projet solo de Konstantin Gropper est discrètement –mais unanimement– salué par la presse européenne depuis la sortie de son 1er album, « Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon », produit par le label berlinois City Slang. Ses premiers Ep prometteurs offraient déjà une orchestration finement articulée digne d’un confirmé (notamment le superbe « Listen! Those lost at sea sing a song on Christmas day »). Et pourtant, l’auteur-interprète déclare ne pas se retrouver dans les étiquettes élogieuses que lui ont rapidement collées les médias: un diplômé brillant et contemplatif de la fameuse Popakademie de Mannheim ; un rédempteur musical. De sa formation classique, il retient la faculté, présente dès ses débuts, à combiner ingénieusement des instruments aux timbres les plus divers (du piano, au vibraphone, en passant par la guitare, les cordes et allant jusqu’aux cuivres manouches et l’accordéon musette).

Si, pour son premier opus, Gropper a enregistré toutes les parties en solo, le multi instrumentiste s’est vu assisté par non moins de sept musiciens de même gabarit –qu’on retrouvera également sur scène– pour concocter son dernier elpee. Cette pluralité profite sûrement à l’opus, qui acquiert en outre sa tonalité ‘spacieuse’ par son enregistrement ‘live’ dans une grande salle d’un vieux studio pour orchestres classiques à Heidelberg, réverbération et harmonisation qui ne seront pas sans rappeler Arcade Fire (« We Are Ghosts ») ou encore la mélancolie ‘BlondeRedheadienne’ (« Aureate »).

Le titre de l’album (NDR : cet opus s’est déjà niché à la 11ème place dans les charts allemands) a été choisi en hommage à Eric Satie, et annonce également le contenu, déclaré comme étant un ‘album sur le stoïcisme’ ou en terme de philosophie de comptoir, l’art de la maîtrise de soi, de ses vexations. Gropper a en effet conçu ce disque au fil de ses recherches et de ses lectures sur le sujet, calquant certaines citations au gré de son inspiration. Il explique que chaque piste dépeint une idée, soit tirée d’un chapitre de la philosophie antique (« Seneca’s Silence », « Angry Young Man » inspiré par l’Iliade), de la pensée moderne (« Nausea »), de questions fondamentales (« We Are Free »), idéologiques (les allusions marxistes dans « We are Ghosts ») ou encore existentielles (« That Love »). Les lyrics sont cependant empreints d’ironie grinçante –et mystique– et se terminent humblement par « We are the Roman Empire » où l’espoir, malheureusement, retombe… Le léger chevrotement de la voix suggère Bowie (« A Burial At Sea ») et certaines intonations lorgnent dangereusement vers les Doves (NDR : dans la lenteur) voire encore John Stargasm (« 5 Steps / 7 Swords »), ainsi qu’un grave Chris Martin de l’époque « Parachutes » (« Red Nose Day »). 

« Vexations » a été écrit, enregistré et mixé en quelques mois, alors que le compositeur avait mis 23 ans à peaufiner son premier volume. L’elpee séduit par moments (« Seneca’s Silence », « We Are Ghosts », « 5 Steps / 7 Swords »), notamment par les grands noms auxquels on le référencie facilement (une touche de Pixies, un fond de Starsailor), mais il déçoit légèrement à certains endroits par son manque de profondeur –réflexion étrangement paradoxale lorsque l’on considère les enjeux qui s’y cachent. Les longues plages lancinantes rappellent la musique de film et l’on ne s’étonnera pas que Grobber a contribué à la BO du dernier Wim Wenders, « Palermo Shooting ». Malheureusement, cet excès de lyrisme vaporeux et les interruptions soudaines dans le discours nuisent parfois à son homogénéité, nous enduisent de lassitude ou nous coupent dans notre élan ; les montées n’aboutissent pas toujours (« A Voice in the Louvre »), telle une blague qui se prend un vent, et sont un peu trop sages pour convaincre. Konstantin Gropper incarne pourtant l’Espoir de l’indie allemand et le succès flambant du concert accordé à la Volksbühne, le vendredi dernier, prouve que le public berlinois l’a déjà intronisé.

Enfin, cet opus est peut-être simplement à déguster dans certaines dispositions (un jeudi soir fatigué devant la table de repassage), mais peut-être est-ce l’impertinente lenteur de la ‘coolitude’ qui constitue la noblesse du futur…

Get Well Soon

Vexations (1)

Écrit par

Le génial Konstantin Gropper se rappelle à notre bon souvenir (excellent même) en nous livrant son second opus « Vexation ». Mieux connu sous le pseudo de Get Well Soon, ce Berlinois d’origine, diplômé en philosophie, remet son ouvrage sur le métier pour nous emmener planer à nouveau, à ses côtés…

Il y a deux ans, « Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon », son premier album, était pour beaucoup une magnifique découverte, un album magique, très riche. Un de ceux qui laissent des traces. Son second effort ne confirme hélas qu’en partie tous les espoirs qu’avait laissé entrevoir ce surdoué. Mélangeant les genres, l’auteur-compositeur-multi instrumentiste et chanteur (il cumule le bougre) nous sert une musique qualifiée de folk-électro sur un fond lointain de musique classique et/ou baroque avec de légères touches pop ; quelques chœurs d’opéra saupoudrant occasionnellement le tout. Compliqué ? Mais non, pas du tout. Etrange ? Pas plus non plus. Spécial ? Ce n’est pas le mot. Surprenant serait plus approprié.

« Vexations » se décline en deux versions, l’une se présentant sous la forme d’un seul album de 14 titres et l’autre nous proposant en plus de la version originale, un second CD de 8 titres, ce qui porte le total des compos à 22. Nous nous contenterons de la ‘version simple’…

Fort de 14 titres, « Vexations » est une collection de ‘surprises’ qui se suivent lentement, parfois même très (trop) lentement, les ballades ténébreuses jouant à saute-mouton avec quelques compositions plus pop, plus entraînantes. Hélas, 14 titres c’est un peu beaucoup à avaler en une seule fois et de temps à autre, on a l’impression d’avoir déjà entendu le morceau écouté. Redondant ? Inégal ? Certes, mais lorsqu’on s’amuse à mélanger les genres, il est toujours difficile, voire impossible d’être au top à chaque composition. On épinglera cependant « Seneca’s Silence », « Werner Herzog Gets Shot », « Angry Young Man » pour leur belle musicalité et leur côté quasiment ‘festif’ en comparaison du reste… 

Le reste justement, s’il y a un côté sombre chez Konstantin Gropper, c’est en écoutant le triste « Nausea », le très lyrique « Red Nose Day » ou encore « A Voice In The Louvre » (NDR : une compo qui aurait pu être signée Divine Comedy), que l’on imagine mieux l’univers du capitaine teuton Konstantin Gropper, seul maître à bord après Dieu du vaisseau Get Well Soon.

Il faut bien parfois se donner un peu de mal pour trouver le meilleur…

 

Get Well Soon

Rest now, Weary head ! You will get well soon

Écrit par

« Rest now, Weary head ! You will get well soon » est la traduction –un peu à rallonge je le concède– d'un furieux talent. Get Well Soon est l'auteur de ce titre qui sonne comme une garantie ; mais Get well Soon n'est pas un groupe... il s'agit d'un homme, un seul, un vrai et talentueux qui plus est ! Konstantin Gropper est un jeune Berlinois de 25 ans. Il a eu l’idée géniale ou la folie de composer l’intégralité de cet album, se réservant tous les instruments, se chargeant de chaque arrangement, chantant ses propres textes ; et le résultat est épatant. Une seule imposture dans ce tableau de chasse édifiant : la douce et belle voix de sa sœur Verena. Elle vient au fil des élucubrations de l'artiste l'accompagner, le soutenir, lui répondre.

Mais venons-en à cet opus. « Rest now... » constitue donc la première œuvre d'un jeune homme de 25 ans. Il accomplit un parcours initiatique au sein d’un univers abouti, un recueil de chansons déterminées par des lois qui nous échappent complètement mais s'agencent de la façon la plus naturelle possible. Il règne tout au long de cet elpee, une même homogénéité atmosphérique que sur le « Fort Nightly » des White Rabbits. Peut-être davantage. Dans le monde de Konstantin, un sentiment naît, se meurt et ressuscite au fil des quatorze morceaux de l'elpee.

Dès les premiers accords du prélude, le jeu du Berlinois séduit. D'ailleurs si la première et la dernière plage de l'elpee évoquent une œuvre symphonique (prélude et coda), ce n'est pas une excentricité de plus à épingler au palmarès de Konstantin. Certains morceaux ont véritablement la dimension d'un grand orchestre. La musique, souvent progressive, s’alimente aux accords de violons, trompettes et orgue électrique qui réverbèrent des accents wagnériens. Quoi d'étonnant après tout ? Gropper a suivi une solide formation classique ; alors à mon humble avis, il aurait tort de ne pas s’en servir ! Cette touche orchestrale conjuguée aux thèmes évoqués et abordés suivant une technique de ‘questions/réponses’, renforce la cohésion de l'ensemble.

Mais attention, ce n’est pas le ‘classique’ qui domine ici l’expression sonore ; les chansons de Get Well Soon sont avant tout pop ! Lors de la deuxième chanson, l’intro nous entraîne dans une sorte de valse de salon interprétée au violon, avant que les trompettes ne se mettent à résonner en se mariant harmonieusement à la guitare et aux drums. Et le côté fanfare de cette plage refait surface par la suite.  Cependant, le ton est loin d'être joyeux. Dans la musique du Berlinois, on recèle même quelque trace d’inquiétude. Un sentiment qui ne fait que croître au fil de l’elpee. « Help to prevent forest-fires » marque un tournant dans l’œuvre. Après des débuts animés, la musique verse subitement au cœur d’une douce nostalgie et se mue même en mélancolie lors de l’excellent « We are safe inside while they burn down our house ». D’ailleurs, si on redécolle ensuite vers des sphères plus chaleureuses, la tristesse ne nous quittera plus.

Malgré la surenchère de regrets mélancoliques, on ne verse jamais dans le pathos. On le doit peut-être aux harmonies sans faille, au mélange savant des instruments, à la richesse musicale. A la capacité de l’artiste à préserver une ligne mélodique claire. On le doit certainement aux paroles signées par Konstantin. La mort hante la plupart des lyrics. Evoquer l’avenir trouble dans la saturation des basses et les effets Larsen d'un « I sold my hand fo food so please feed me » recèle une dimension glauque. Morceau sublime au passage qui a été taillé pour la scène !

On pourrait s’étendre encore pendant des heures pour tenter (vainement) décrire toute la magie de cet album. Une chose est sûre, sa musique vous travaille le corps et l'âme. La vie a une fin, c'est une évidence mais « Rest now... » a le mérite de nous le rappeler. Obstinément. Une obstination qu’il manifeste également pour nous remémorer aussi nos joies, nos peines, les souvenirs d'un désir acharné de vivre qui finiront par prendre toute la place, quand inexorablement, le temps qui passe, nous aura conduit devant la grande inconnue qu'est la Mort. Dans ces conditions dictées par Konstantin Gropper, nous nous interrogeons : à quoi bon ? Et je répondrai en citant l'artiste que je salue bien bas : « Shoot, baby ! Shoot ! Free us from the pressure ! With a rifle or a gun ! We can't live forever ! ». Définitivement, j'adore.