L’amour éternel de Lex Walton

Fraîchement signé chez Sub Pop, Lex Walton, artiste multidisciplinaire basée à New York, vient de graver son premier album sous ce label. Intitulé « Ultimate Love Forever », cet opus de sept titres se révèle à la fois inébranlable et iconoclaste. Toutes les…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Henry Rollins

Shock & awe

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Le tour de force des spoken word de Rollins est de partager équitablement les salles. Autrement dit autant des filles que de garçons. En concert, la donne n’est pas exactement la même. Car malgré les ‘fuck’ mis à toutes les sauces aussi bien en live qu’au théâtre, c’est un Rollins souriant, presque décontracté qui se présente face à son public (assis). Nous sommes bien loin ici du taureau tatoué qui harangue les foules lors des concerts ou des festivals. Et puis, l’humour les fait toutes craquer, c’est bien connu. Bon, Rollins n’est pas Seinfeld. Sa Stand Up Comedy - même si bien huilée et bien sentie – semble satisfaire pleinement les zygomatiques du public. Nous imaginons mal Seinfeld se lancer dans l’une ou l’autre interprétation d’un des classique de « The end of silence ». Alors qu’à chaque fois que Rollins approche le micro de ses lèvres, on espère l’espace d’un instant que résonnera « Low self opinion », « Tear It » ou « Almost Real ». Les chiens ne faisant pas des chats, Rollins s’attaque tous biceps dehors à JP2, à Bush, aux médias... Maîtriser la langue de Shakespeare est préférable ; mais l’option sous-titres en anglais permet de goûter tant bien que mal à l’humour tout en finesse du plus grand rocker à tout faire de l’histoire du rock tout court.

Henry Rollins

J’ai l’air d’une brute, mais…

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Lorsque nous taillons une bavette ensemble, quelques heures avant son fantastique concert à l'Ancienne Belgique, le 24 mars, Henry Rollins en et encore à pester contre Oasis. Ses nouveaux musicos (les trois ex-Mother Superior) lui ont élaboré une description de la prestation accordée la veille –également à l’AB– de la troupe aux frères Gallagher ; et ce n’était pas très avantageux.

« Moi ça me fout les boules d’entendre un gars toiser son public sur scène » assène le tonique Henry. « Surtout que celui-ci a payé pour le voir. J'aime bien les compos d'Oasis mais je ne supporterais pas de me retrouver dans la foule devant un mec qui chante en mâchant son chewing-gum et reste quasi-immobile, les mains dans le dos, pendant tout le concert. Il prend les gens pour quoi? »

Evidemment, et sans du tout vouloir lui cirer les pompes, Rollins, quand il se produit en ‘live’, c'est toujours pour offrir un maximum aux gens qui viennent le voir. Donc, il se défonce, il donne tout ce qu'il a dans le ventre. « Si je ne fais pas comme ça, j'ai l'impression de me planter, de filer à côté de mes pompes et, à la limite, de tromper les gens. Et ça, purée, ça me ferait mal »

On n'a pas cru déceler la moindre démagogie dans ce genre de propos. Le mec a toujours été du genre réglo –et il est quand même là depuis vingt balais. Il n'a jamais accepté de s'asseoir sur ses valeurs pour faire du beurre. « Ce qui me branche, c'est la création et la réalisation d'un album ou d'un bouquin, pas le résultat final. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je passe sans cesse de l'un à l'autre, mais que je ‘produis’ sans arrêt... »

Très expansif et percutant sur les planches, Rollins est pourtant un type très renfermé. « J'aime la solitude. C'est mon équilibre. J'ai besoin d'être seul quand je bosse, j'ai besoin de ce calme : de cette espèce de recueillement qui permet d'aller au fond de soi. J'ai l'air d'une brute mais je suis un type qui analyse tout, qui décortique son comportement et démonte ses propres mécanismes. Pouvoir être très spontané et très réfléchi à la fois, c’est l'attitude que globalement, j'aime bien ».

On le sait, Rollins se multiplie. Quand il ne donne pas dans le hardcore furieux (NDR : cf. son dernier cd, une vraie bombe !) il écrit des bouquins, des poésies (intenses, hein, mais faut vraiment avaler...) ou il se commet dans des séances de ‘Spoken words’. Et, quand il en a l'occasion, il joue la comédie au cinéma (un rôle très concluant dans le ‘Lost Highway’ de David Lynch). « Je ne me pose même pas la question de savoir si j'ai raison. Je le fais, c'est tout. Simplement, j'en ai envie et ça me ressemble. Incompatible de jouer du hardcore et d'écrire des poèmes? Ce serait débile de le prétendre. Au contraire, c'est très complémentaire. Moi, ça me fait du bien et ça me libère de ce que j'ai ‘dedans’. Si ça branche aussi les gens de marcher avec moi, tant mieux! »

Article paru dans le n° 82 du magazine Mofo d’avril 2000.

Henry Rollins

Weight

Considéré par ses contemporains comme le pape du hardcore, Henry Rollins ne se limite pas au domaine du rock. Son inspiration déborde également dans le monde de la littérature. Depuis 1984, il a écrit une bonne dizaine de bouquins, des livres qui traitent, pour la plupart, de sujets proches de ses chansons. Par exemple l'aliénation, la violence, la rage, la haine, le désir, l'amour, la vengeance et la faiblesse humaine... On comprend mieux aujourd'hui pourquoi la musique de ce Yankee est aussi implacable, tendue, dévastatrice, et parfois même à la limite du supportable. Pourtant, sur "Weight", quelque chose a changé dans sa composition. Ou plus exactement a évolué. Pas qu'il ait passé sa muse à l'attendrisseur. Ce n'est certainement pas dans son caractère. Mais parce qu'il accorde une plus grande importance aux vertus du funk. Et, à notre humble avis, la présence du nouveau bassiste, en l'occurrence l'ex-Defunkt Melvin Gibbs, n'est pas étrangère à ce phénomène. Si le ton demeure aussi viscéralement agressif et vitrioliquement rageur, le son est plus caoutchouteux, plus hypnotique, irradiant davantage de pulsions Rage Against The Machine, voire Red Hot que de réminiscences originelles inspirées par Black Flag...