La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (19 Items)

Princess Thailand

Golden Frames

Écrit par

Formation toulousaine, Princess Thailand a publié un 3ème elpee toujours aussi fidèle à ses amours pour la noise, la no-wave et le post punks si chers au groupe. « Golden Frames’ » sort ses griffes –à l’instar du chat siamois/sphynx illustrant l’album– et ce dès « Blinded Fool », le morceau introductif particulièrement puissant ! Le chant enragé d’Aniela Bastide accompagne des guitares acérées et une rythmique arythmique (?!?!?) entre des ambiances shoegaze (« Machina ») ou plus souvent post punk (« Ghost Car »). Une réussite de bout en bout !

Hilary Woods

Colt

Écrit par

Entre la mi-nineties et le début de ce millénaire, JJ72, formation irlandaise de pop/rock publiait quelques albums de toute bonne facture. Il s’était même produit dans le cadre du festival Rock Werchter. C’était déjà en 2001 ! A l’issue du split, Hilary a suivi des études artistiques, littéraires et cinématographiques. Ce n’est qu’en 2014, qu’elle décide d’en revenir à la musique. En solitaire, publiant quelques Eps, restés dans un parfait anonymat. « Colt » constitue son premier elpee, un disque paru chez Sacred Bones, un label qui a décidément le nez creux pour dégoter des artistes féminines talentueuses (Pharmakon, Marissa Nadler, Zola Jesus ou encore Jenny Hval).

Hilary Woods a cependant, depuis, troqué sa basse contre un piano. Ce sont d’ailleurs ces ivoires qui trament ses compositions. Des compos ténébreuses, indolentes, caractérisées par des nappes de claviers en couches, qu’elle chante d’une voix langoureuse et chargée d’effets. Elle prend d’ailleurs tout son temps pour entretenir un climat à la fois atmosphérique et envoûtant ; mais afin de maintenir nos sens en éveil, elle n’hésite pas à tâter de l’électro, tout en véhiculant des accents jazzyfiants, comme sur l’excellent « Jesus Said ».

Une excellente surprise !

 

Scott Weiland

Décès de l’ex-chanteur/compositeur de Stone Temple Pilots.

Écrit par

Né le 27 octobre à Santa Cruz, en Californie, Scott Weiland est décédé ce 3 décembre 2015. L’ex-chanteur de Stone Temple Pilots, groupe dont il avait été viré en 2013, et de Velvet Revolver (NDR : un combo impliquant Slash et Duff McKagan, anciens membres de Guns’n’Roses), s’est éteint dans son sommeil, alors qu’il était en tournée dans le Minnesota, en compagnie de sa formation actuelle, The Wildabouts. Pas davantage d’info pour l’instant, au sujet des circonstances de la mort de cet artiste ayant été souvent confronté à des problèmes de drogue.

C’est en plein mouvement grunge, alors que son rock plutôt classique se nourrissait surtout de  psychédélisme, de bossa nova, de funk, de punk et bien sûr de punk, que le Stone Temple Pilots a rencontré le plus de succès. Il avait d’ailleurs décroché un Grammy Award, en 1994, pour « Plush », un titre extrait du premier elpee, « Core », qui a raflé 8 disques de platine au cours des nineties ! Séparé en 2002, STP s’était reformé en 2008, avant que Scott ne soit remplacé par l’ex-vocaliste de Linkin Park, Chester Bennington. C’est alors qu’il a fondé Scott Weiland & The Wildabouts…

 

R.I.P.

 

Scott Weiland

Blaster

Écrit par

Quel plaisir de retrouver Scott Weiland, un artiste américain à la voix si particulière, dont le groupe qu’il drivait à l’époque a marqué mon adolescence : le fantastique Stone Temple Pilots. Au cours des 90’s, la formation a ainsi publié des albums incontournables comme « Purple », « Core » ou encore « Tiny Music », des opus devenus cultes pour cette époque qui naviguait entre grunge et hard-rock. On avait ensuite quelque peu perdu la trace du Californien, hormis des problèmes liés à ses addictions ainsi que sa participation au supergroupe Velvet Revolver… alors que les autres musicos de Stone Temple Pilots ont récemment engagé Chester Benington de Linkin Park, pour le suppléer au chant !

Scott a donc remonté un nouveau band, The Wildabouts. Et a donc enregistré en leur compagnie ce « Blaster », qui n’affiche pas le lustre de ses compos d’antan, même si l’un ou l’autre morceau rock tient parfaitement la route, à l’instar de « White Lightening » ou « Amethyst ». A contrario, le team se plante carrément quand il se vautre dans le rock pompier, comme sur les plus vulgaires « Modzilla » ou « Bleed Out». Heureusement, Weiland possède toujours cette voix si particulière capable de booster des morceaux ‘moyens’, pour les transformer en ‘très plaisants’. Et « Blue Eyes » ainsi que la chouette reprise du « 20th Century Boy » de T-Rex, en sont les plus belles illustrations. Sans quoi le reste de l’LP lorgne davantage vers le rock FM cher à Aerosmith que celui des Stone Temple Pilots grande époque…

 

Attila

Attila à la conquête de l’Europe…

Écrit par

C’est par Anvers que qu’Attila avait décidé de faire un crochet en Belgique pour le début de sa tournée européenne. Une centaine de personnes les attendaient au Kavka, petite salle de concert en plein cœur d’Anvers. Chauffé en première partie par Knives To a Gunfight et Heart Of A Coward, le public a répondu présent au Metalcore teinté de Hip-Hop des Géorgiens.

Les hostilités ont tout d’abord commencé par Knives To a Gunfight. Originaire d’Anvers, il va délivrer un Metalcore pêchu, précis et sans concession. Il joue sur ses terres, cela se sent. Les fans sont là. Ils jouent des coudes pour s’emparer du micro et chanter à l’unisson avec le chanteur charismatique (et tatoué jusqu’au visage!), Mick. On se bouscule et on laisse la place à quelques mosh-pits au centre de la salle. Vu l’agencement réduit des lieux, inutile de préciser que la promiscuité est vite de rigueur. L’intensité monte d’ailleurs d’un cran lorsque le combo annonce que le concert est entièrement filmé afin d’en réaliser prochainement un clip. Il ne compte certes que deux années dans les jambes mais fait preuve d’une expérience certaine de la scène. Bonne découverte.

Le temps de se rafraîchir le gosier et ce sont les Anglais de Heart Of A Coward qui prennent possession de la scène et attaquent ‘Killing Fields’, titre aux chants clairs en fin de compo, n’ayant pas manqué de faire vibrer dangereusement les tympans. Ce type de voix n’est en effet apparemment pas le point fort de Jamie Graham, chanteur de la formation. Elle nous promet ensuite une montée en puissance au fur et à mesure des morceaux. Pas faux. Mais le set ne décolle pas et les titres s’enchaînent selon une linéarité quelque peu monotone. « Around a Girl (in 80 days) » clôture la prestation en une envolée de fausses notes vocales. Passons. Il est temps de refaire le plein en houblon afin d’accueillir la tête d’affiche.             

Première constatation : les Américains d’Attila ne sont que quatre sur scène. Nate Salameh, le soliste, manque à l’appel. Le band n’y fera d’ailleurs pas mention ni allusion pendant son show. On apprendra le lendemain, via le compte Facebook de Nate, que les quatre autres musicos et lui ont décidé de converger vers des chemins différents, le guitariste ayant désormais opté pour ‘un style de vie différent en ne consommant plus d’alcool ni de drogues ; ce qui s’avérait impossible comme membre du groupe’.

Le concert s’ouvre par un « Middle Fingers Up » qui met directement l’ambiance : le quatuor invite à jumper et le public suit sans broncher. Attila prend visiblement du plaisir à exécuter ses titres, malgré le format réduit des lieux. Alors qu’il rencontre un beau succès outre-mer, atteignant presque les deux millions d’écoutes sur Spotify, il doit encore faire ses preuves en Europe. ‘C’est vrai que nous ne venons pas souvent chez vous, mais c’est promis, on reviendra’ lance Fronz, le chanteur, en guise de promesse au public. La setlist reprend essentiellement des plages de leur dernier opus, « About that Life », reconnu unanimement par les critiques comme un succès. ‘Il y a la barrière de la langue, mais je vois qu’on se comprend quand même’. La confrontation des cultures européennes et américaines est en effet parfois palpable. Il peut paraître un peu surprenant de voir une formation profiter d’un break entre deux morceaux pour apercevoir qui, parmi le public, porte un t-shirt ou une casquette à leur effigie, tout en invitant ensuite chaleureusement les personnes présentes dans la salle à dépenser quelques deniers au stand marchandising. Il suffit de suivre quelque peu le groupe sur les réseaux sociaux pour se rendre compte que leur facette ‘business’ occupe une part toute aussi importante que celle musicale. Par chance, il a préféré ranger dans ses tiroirs les chaînes (à l’exception du batteur) et autres bagues ‘bling-bling’ arborées dans le clip « About That Life ». C’est d’ailleurs par ce titre, lors du rappel, qu’Attila clôture un show propre, percutant et fidèle à l’énergie insufflée dans leur dernier LP. On regrettera cependant la durée du spectacle : à peine moins d’une heure. Un combo incontestablement habitué à fouler les scènes dont la percée en Europe ne pourra qu’aller crescendo au fur et à mesure des prestations. Prochain rendez-vous lors des festivals d’été ?

Setlist : Middle Fingers Up – Hellraiser - Party With the Devil - Callout, - Sex, Drugs, & Violence - Break Shit - Shots for the Boys - Temper - Payback - Rage *** Rappel : About That Life                               

Attila

About That Life

Écrit par
J’ai grimacé en glissant le premier album d’Attila dans ma platine, je dois le reconnaître. D’abord l’emballage transpire le deathcore convenu, cliché et mille fois transpiré par tous les pores. Et de fait, Attila ne s’économise aucun poncif… Tout y est : les guitares 7 cordes et le son pompé à Meshuggah, la bad boy attitude mi-metal mi-hip hop et les paroles provoc’ à deux balles. Difficile dès lors d’extraire le combo du phototype au sein duquel ils semble se complaire. Et puis, au détour d’un break, on entend autre chose. Une influence southern metal non négligeable, un chant qui se veut plus varié qu’à l’accoutumée (« Rageaholics »), et une ‘fuck you’ attitude certes un peu puérile, mais terriblement efficace !! Au milieu de la troisième chanson, on est happé par la machine et on se rend compte qu’Attila est plus proche dans son attitude d’Emmure, Deez Nuts ou The Hell que du deathcore pur et dur. L’ouverture d’esprit est donc de mise, le groupe n’hésitant pas à mêler les genres, au service d’une efficacité de tous les instants qui greffe à sa base deathcore du death, du djent, du hip hop, de l’électro, du stoner, voire même du nu metal ! Ce n’est pas cérébral, ça ne réinvente pas la roue, mais c’est la bande son idéale d’une fête apocalyptique, de celles qui se terminent quand le jour s’est levé depuis longtemps…

 

 

 

 

Bilal

A Love Surreal

Écrit par

Bilal Oliver, originaire de New-York, est l’un de ces chanteurs R&B qui préfère la retenue aux grandes effusions médiatiques. C’est donc en toute discrétion que le chanteur publie « A Love Surreal », son troisième LP en douze ans. Bilal privilégie les complaintes chaudes et sobres, du genre néo-soul, qui l’inscrit dans la même lignée que des artistes comme Erykah Badù ou The Roots, la notoriété en moins.

Si les mélodies sont parfois ultra-efficaces (« Back To Love », « Climbing », « Never Be The Same »), il en est moins pour le phrasé du chanteur qui s’enlise dans une suavité lassante au bout de quelques morceaux. D’autant plus lorsqu’il force les intonations ou les maniérismes pour les rapprocher de celles de Prince. Des défauts aussi manifestes qu’une vache au milieu d’un pré sur des morceaux comme « Longing and Waiting » ou « Slipping Away ».

« A Love Surreal » perd de sa consistance au fur et à mesure que les minutes défilent tant Bilal Sayeed Oliver s’attarde sur des ballades qui se suivent et se ressemblent beaucoup trop. Un disque plutôt anecdotique, donc.

 

Lilacs & Champagne

Danish & Blue

Écrit par

En marge du rock instrumental de Grails, Emil Amos et Alex Hall ont mis sur pied un projet parallèle baptisé Lilacs & Champagne. Le groupe tire parti d’obscurs samples, de solos de guitares bavards à la Ratatat et de touches hip-hop old-school pour créer une musique étrange inspirée par la musique de films X et de série-B scandinaves de la fin des années 60… Les deux sbires nous apprennent, par ailleurs, que le Danemark a été le premier pays à légaliser la pornographie. C’était en 1969 ! Intitulé « Danish & Blue », leur 2ème album permet au duo américain de jouer avec les ambiances et les sons dans un esprit lubrique proche du Sébastien Tellier de « Sexuality ». Entre lounge sombre (« Le Grand »), prog (les guitares qui sévissent sur « Metaphysical Transitions II »), funk bizarroïde (« Police Story »), hip-hop détraqué (« Sour/Sweet ») et percussions perverses (« Danish & Blue »), cet opus louvoie instinctivement d’un style (et d’une ambiance) à l’autre… Quoiqu’éclectique, ce disque demeure cependant cohérent et nous invite à voyager au cœur d’une culture underground vintage passionnante…

 

Beat Assailant

B

Écrit par

En toute logique, « B » marque le début de la seconde phase de la carrière de Beat Assailant. Et pour cause, le MC natif d’Atlanta exilé en France a décidé de complètement revisiter son répertoire sur ce nouvel opus. Alors que son hip-hop était jusqu’ici principalement influencé par le jazz, Adam Turner a décidé de lorgner ver le ‘dirty south’, c’est-à-dire un style pratiqué dans sa région d’origine, rendu célèbre par d’aimables artilleurs tels que Lil’ Jon, Ludacris ou Outkast. En se servant d’un flow efficace, l’Américain quitte les ambiances enfumées et la compagnie de musiciens pour revenir au plus près de beats old-school concoctés par Farhot, HKCorp Musik ou Lyrikal. A côté des hits ensoleillés –parfois un peu faciles– comme « B » ou le funky « Rain or Shine », le Géorgien balance des pures tueries sudistes telles que « Birds of Prey » ou « Hands Up ». Si en partant dans tous les sens, « B » risque de perdre en cohérence, il constitue une véritable bouffée d’air frais, dans l’univers du hip hop. A noter encore, la participation d’Oxmo Puccino sur le très cool « Justified »…

 

Milann & Laloy

Rozz

Écrit par

Décidément, il ne se passe pas une semaine sans l’apparition d’une nouvelle formation ou d’un nouveau projet musical belge. Milann & Laloy, comme son nom semble pourtant l’indiquer, n’est pas un duo ! Non, non, ils sont même quatre, étonnant, non ?

A tout seigneur tout honneur, commençons donc par les deux figures de proue : Didier Laloy et Milann Lafontaine. Ce sont véritablement les deux moteurs de ce ‘quatre places’ ; le premier se consacre à l’accordéon, où il est quasi-omniprésent et le second à la guitare ainsi qu’au chant. Ils se partagent également le travail d’écriture et de composition des quinze titres réunis sur leur (déjà) second album. Efficacement mais discrètement secondés par Didier Fontaine aux drums et Thierry Rombaux à la basse, ils  reçoivent également un coup de pouce d’un certain Philippe Lafontaine (parent lointain ?), responsable de quatre textes mais également partie prenante en ce qui concerne la partie vocale sur « Tu me danses 2.0 ». On épinglera encore deux autres collaborations, Séverine Crayon qui prête également ses cordes vocales sur « Quand mère nature se fâche » et Luc De Vos qui interprète… en néerlandais « Waar is het zwembad ». Drôle, non ?

Une autre particularité de cet album, c’est que bien que répertorié en pop/rock, il recèle cinq plages interprétées dans notre seconde langue nationale, deux dans le dialecte issu du nord de notre pays et sept en anglais. La quinzième, une seconde version de « Tu me danses », est totalement anecdotique…

Le fils du papa de « Cœur de loup » a vraiment hérité des gênes de son père : même facilité de composition de ballades, musicalité et mélodies entraînantes. Sur cet héritage viennent se greffer de façon efficace et pointue les partitions d’accordéon qui font plus que participer à l’accompagnement musical. Elles régulent véritablement la partie musicale des titres qui sont habillées de ces sonorités si particulières du piano à bretelles.

Voguant allègrement entre plusieurs eaux, le ‘quatre places’ surfe sur toutes les crêtes qui se présentent : rock, folk, pop, tango, tout en gardant toujours le cap.

Dans l’ensemble, l’opus est assez convaincant, quelques titres sortant toutefois du lot. Et, serait-ce un effet du hasard, les plages issues de la plume de papa sont diablement plus rythmées et accrocheuses (« Reste d’ivre », « Dès que je te vois »et le déjà cité « Tu me danses »).

Ah, les papas ont toujours quelque chose à transmettre à leurs rejetons, toujours, tout le temps, partout !

Faudrait pas s’en priver, même si un jour, va vraiment falloir voler de ses propres ailes… En attendant, savourez ce beau disque rafraîchissant et original, résultat d’une rencontre étonnante entre un songwriter talentueux et un accordéoniste au potentiel surprenant !

 

Milagres

Glowing Mouth

Écrit par

Memphis Industries est un label exigeant. De qualité aussi. C’est ainsi la maison mère des Anglais de The Field et des Américains de Coulourmusic. Il concède cependant un fort penchant pour le rock progressif, un brin cérébral et sous addiction. Milagres, trio issu de Brooklyn, ne déroge pas à la règle, en dispensant une dream-pop à tendance… progressive. Dans un style sis à la croisée des chemins de Beach House, Grizzly Bear et Flaming Lips…

« Glowing Mouth » est un opus riche et varié. Les compos sont inventives et intemporelles, mais parfaitement maîtrisées. Longues en bouche elles surprennent et parfois même émerveillent. « Here to Stay » puise ses sources à la fois chez Arcade Fire et R.E.M., « To be Imagined » pourrait correspondre à une version moderne des Beach Boys (NDR : Kyle Wilson, chanteur du groupe au falsetto éthéré, partage d’ailleurs curieusement le même le nom de famille), alors que le titre maître, caractérisé par son électro-soul subtile et chaloupée, rappelle carrément James Blake. Des synthés bizarres soutiennent des harmonies vocales étonnantes de maturité pour une formation dont c’est le premier elpee. Il faut dire que Kyle Wilson a disposé d’énormément de temps pour le composer, immobilisé chez lui pendant de longs mois, à la suite d’un accident d’escalade !

Bref « Glowing Mouth » est un disque ambitieux et frais, pas toujours très facile d’accès, malgré son sens mélodique aiguisé. A découvrir d’urgence!

 

Filacteria

The Rise Of The Lepers

Écrit par

Du Métal Pour Pas Un Balle…

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Dans cette rubrique, nous avons pris l’habitude de voyager. Cette fois, c’est dans l’île de Porto-Rico que nous nous rendons et plus précisément dans la ville de San Sebastian. C’est dans cette ville que sévit Filacteria, un combo plutôt énervé qui avoue être influencé par la musique de Meshuggah, Soilwork, Anthrax, Sevendust, Deftones et Kill Switch Engage. Autant dire qu’aussi bien les amateurs de black métal, de gothique que les fans de rock FM peuvent passer leur chemin.

C’est un album complet comprenant pas moins de onze titres au format mp3/192 kbps que le groupe propose en téléchargement gratuit sur son site officiel (http://www.filacteria.com) et sur sa page MySpace (http://www.myspace.com/filacteria) depuis début janvier 2010. Et, si vous appréciez le trash métal moderne et groovy, truffé de riffs assassins et de vocaux agressifs, pas de doute, « The Rise Of The Lepers » est un disque pour vous. Cependant, Filacteria ne fait pas que dans l’agression pure. Ses compositions à tiroirs, bourrées de rythmiques complexes à la limite du progressif laissent parfois la place à de véritables power ballades chargées d’émotion pure.

Un album très intéressant qu’il est possible de découvrir sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir les cordons de la bourse.

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Filacteria !

 

Beat Assailant

Rhyme Space Continuum

Écrit par

C’est un secret de polichinelle, le rap US est mort. Convoqué devant le Père fondateur, il a dû reconnaître ses fautes, ses écarts et sa sujétion à la cupidité. La sentence semble irrévocable : tourner en boucle avec des sons ‘cheap’. Néanmoins, certains rappeurs américains n’ont pas encore envie de déposer les armes et surtout de se laisser enfermer au sein d’une structure musicale aseptisée et récurrente. Beat Assaillant figure parmi ces réfractaires. Au lieu de rôder au volant de rutilantes cabriolets sur un quelconque bord de plage ou de subir les événements, il a anticipé et s’est cassé du pays de l’Oncle Sam. Direction : Paris. La ville lumière. Il y rencontre le producteur Danny Wild sur un Continent où mijote encore un certain bouillon de culture. Il décide de ne plus quitter les lieux. Et il ne lui en faut pas plus pour brancher le mic et balancer ses textes à la manière d’un sniper. Rapides, précis, imparables, les verbes s’enchaînent tout au long d’un sublime travail d’écriture.

Beat Assaillant aborde l’univers electro-jazz en commettant d’abord, dès 2005, « The Hard Twelve ». Il y est flanqué d’un véritable orchestre qui mène la danse. Aussi, Beat Assaillant a dû se battre pour y planter sa voix et imposer son univers personnel. « Rhyme Space Continuum » traduit une nouvelle fois son besoin d’afficher ses différentes influences musicales. Sur la galette, on rencontre ainsi des envolées funky, des riffs rock, certains aspects sombres du crunk, des paillettes disco et tout ce qui est encore susceptible de vous faire bouger le popotin. Variant les genres et les rythmes, Beat Assaillant lance la roue à vous donner le tournis. Si l’écoute est réellement agréable, les directions empruntées sont tellement variées, qu’on finit par en perdre le fil conducteur. Individuellement, les plages brillent par leurs remarquables orchestrations et les arrangements à couper le souffle. Mais cette opulence finit par provoquer une légère nausée. Pas un morceau pour se reposer ou pour réellement reprendre son souffle. Une telle richesse est même susceptible de vous transmettre un surplus de cholestérol. Une bonne raison pour ne pas de l’enfiler d’une seule traite.

 

Leila

Blood, Looms & Blooms

Écrit par

Avant d’embrasser une aventure en solitaire, Leila était la claviériste de Björk. Mais elle a également bossé en compagnie de Richard James (Rephlex Founder). Son premier opus solo était paru en 1998 (« Like Weather ») et le second en 2000 (« Courtesy of Choice »). Il lui a donc fallu huit longues années pour sortir ce « Blood, Looms & Blooms ». En fait, elle s’était retirée du monde de la musique, suite au décès de ses parents. Apatride (NDR : elle est née en Iran, mais vit aux Iles Britanniques depuis un quart de siècle), Leila Arab a tout misé sur son talent de claviériste, mais aussi son art à raffiner les sons et les arrangements. Il ne faut pas oublier non plus, qu’elle est aussi très habile à la console de mixage. 

Dès les premières notes de son opus, on retrouve les sonorités mystérieuses et envoûtantes dont seule Leila a le secret. On ne peut donc que succomber au charme de « Mollie », caractérisé par ses beats accrocheurs. Ou à la reprise très personnelle du « Norvegian wood » des Beatles. En outre, l’horizon sonore de Leila est enrichi par une palette de vocalistes, choisie judicieusement ! Que ce soit sa sœur Roya, Luca Luca Santucci, complice depuis ses débuts ou Martina Topley-Bird. Mais également Terry Hall (NDR : le leader des Specials). Il se charge du chant sur l’excellent « Time to Blow », une compo hantée par un vibraphone frémissant. Khemahl et Thaon Richardson collaborent au tout aussi bon « Little Acorns », une plage au cours de laquelle, Leila excelle sur son instrument de prédilection : le clavier !

En 14 plages, Leila nous invite à visiter son univers visionnaire. Sis peut-être en utopie. Mais qu’importe ! Il est sans tabou. Et tous les fantasmes sont susceptibles d’être assouvis. Un univers déchiré entre bonheur et désespoir… Un opus épatant, au cours duquel l’artiste démontre, une fois de plus, son savoir-faire tout en démontrant qu’elle reste l’une des figures les plus intéressantes et ésotériques de la scène trip-hop.

 

Annihilation Time

III, Tales of the Ancient Age

Écrit par

Annihilation Time ou quand quatre sales gamins californiens, nourris aux albums de Black Flag, Thin Lizzy et Discharge, unissent leurs efforts pour foutre un sacré bordel sur la nouvelle scène metal américaine. Sur ce premier album en forme de coup de poing flanqué dans la gueule, le malsain  combo se lance à travers un crossover infernal, savant mélange de hard-core/metal et de punk survitaminé. Dès l’écoute de « Slash Back » qui ouvre les hostilités, et dont l’intro a été empruntée à l’Exorciste, on se remémore les grands moments des groupes les plus underground de la scène New Wave of British Heavy Metal, tant le son et l’esprit semblent proches du Venom des débuts et même d’un certain Iron Maiden, quand celui-ci ne disposait encore que d’un 45tours autoproduit, qu’il vendait à la sortie de ses concerts.

Annihilation Time lorgne aussi, sans en être réellement conscient, vers Turbo Negro sur des titres comme « Get Ajob » ou « Just Guzzlin », et appartient à la même famille que les thrashers de Municipal Waste, dont ils partagent le sens de la dérision et l’imagerie post apocalyptique. Bien sûr, Annihilation Time ne révolutionnera pas l’industrie du disque, se limitant à accorder des concerts dans de petits clubs enfumés, réservés à quelques rares initiés. Mais ce sont des groupes de cette trempe qui donnent naissance à de nouveaux courants. Malheureusement, ils sont rarement récompensés par le fruit de leur travail, profitant le plus souvent à leur postérité. Et l’exemple le plus flagrant est incarné par un groupe canadien : Anvil. Un combo fantastique qui a créé le thrash. Pourtant, c’est Metallica qui s’est attribué la paternité du style. L’injustice dans toute sa splendeur !

Annihilation Time est l’exemple type du combo susceptible d’être programmé au Negasonic d’Alost, le plus petit, mais le plus sympa club metal de Belgique. Punks et thrashers, ne passez pas à côté de cette pépite de rock surexcité
 
Dans le cadre de son Euro Tour From Hell 08, Annihilation Time se produira :

Le jeudi 5 juin à Lyon, France (Le Sonic)
Le vendredi 6 jui à Paris, France (Le Klub)
Le samedi 7 juin à Gand, Belgique (Frontline)
Le dimanche 8 juin à Arnhem, Pays-Bas (The Stage)
Le lundi 9 juin à Amsterdam, Pays-Bas (Bitterzoet)

 
 

 


 

Breeding Lilacs

And The Cities... EP

Écrit par

Y’a comme une étrange sensation de vétusté qui se dégage de « And The Cities… », le deuxième EP de Breeding Lilacs. Un peu comme si on avait fait un bond de 10 ans en arrière et que l’album éponyme de Placebo faisait son apparition dans les bacs pour la première fois. Mais un Placebo ayant à sa tête un Brian Molko dont les cordes vocales auraient enfin achevées leur mue. Tantôt bruts (« Across The Sound ») tantôt plus techniques (« Just Like God »), les quatre titres de ce deuxième essai dévoilent une versatilité ne jouant pas vraiment en faveur du groupe. De plus, si la solution sonore lasse au bout d’un temps aussi court, c’est mal barré pour la suite. Le manque d'authenticité et d'énergie constitue le principal défaut de la formation. « And The Cities… » n’est pour l’instant disponible qu’en Suisse et en import. Ce qui, pour l'instant, est loin d’être regrettable...

The Sheila Divine

Where have my countrymen gone

Écrit par

Bien qu'issu de Boston, Sheila Divine puise essentiellement ses influences dans la musique insulaire. Et en particulier chez U2, Radiohead, les Smiths, Kitchens Of Distinction et la cold wave des eighties. Une musique qui libère beaucoup d'intensité électrique. Normal depuis que le line up du combo a engagé pour deuxième guitariste, l'ex-Lincolnville, Colin Decker. Une intensité électrique luxuriante, chatoyante, brumeuse, bringuebalante, soutenue par une section rythmique solide, hypnotique et modelée par un sens mélodique particulièrement contagieux. Une intensité électrique balayée par le timbre vocal languissant, déchiré entre passion et émotion d'Aaron Perrino, responsable de chansons tantôt tendres, tantôt frénétiques, tantôt houleuses, tantôt hymniques. Et là, vous allez me dire, encore un groupe qui use et abuse des clichés britpop ! Et vous n'avez pas tout à fait tort. Car, si cet album est plutôt bien ficelé et même très agréable à écouter, il ne fera certainement pas avancer le schmilblick…

 

Annihilator

Carnival Diablos

Écrit par

Au début des années 80, Annihilator est passé à deux doigts de devenir aussi populaire que Slayer ou Metallica. Victime d'un problème de promotion, mais surtout d'incessants changements de line-up, le groupe canadien pratiquait pourtant, déjà un trash technique, largement en avance sur son époque. Annihilator nous assène un nouvel opus fort copieux et jubilatoire, sous forme d'hommage à tous les groupes qui continuent à passionner le leader de cette formation, Jeff Waters. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, si les clins d'œil aux géants du métal y sont légion, il ne s'agit en aucun cas d'un album de reprises. A l'écoute de " Shallow Grave ", impossible de ne pas penser à " Overdose " d'AC/DC. " Hunter Killerne " ne dépareillerait pas dans le répertoire de Slayer, le titre maître sonne comme du Blue Oyster Cult survitaminé, tandis que l'ombre de Judas Priest plane sur le violent " Time Bomb ". Soulignons encore la qualité de la production et la performance du chanteur Joe Comeau. Cet ex-guitariste d'Overkill réussit l'exploit de moduler sa voix tantôt à la Bon Scott, à la Halford ou encore à la Bruce Dickinson. Varié mais homogène, puissant mais souvent mélodique, technique mais pas nombriliste pour un sou, l'œuvre constitue au final un très très grand album de trash métal old school ; un opus tout à fait incontournable pour les amateurs d'un style détrôné depuis une décennie par le black et le death métal, qu'il a pourtant engendré.

 

The Sheila Divine

New parade

Dans se moments les plus tendres, cette formation yankee évoque ni plus ni moins Morrissey, et surtout les Smiths. Cependant, ils sont tellement rares que cette comparaison nous semble finalement saugrenue. En fait, The Sheila Divine calque son pop rock hymnique sur celui de Deep Blue Something. Mais la voix de Perrino est tellement envahissante et surtout tempétueuse, qu’elle finit par étouffer la mélodie. Seul le titre maître parvient à trouver l’équilibre entre l’instrumentation et le chant. Mais un seul titre sur douze, cela nous semble trop peu !