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Ibeyi

Une histoire de famille…

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Ce soir, Ibeyi se produit à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Le concert est sold out. Ibeyi signifie ‘jumelles’ en langage yoruba, idiome africain hérité des esclaves noirs, dans les Caraïbes. Etablies et nées à Paris, elles sont d’origine cubaine. Le père de Lisa-Kaindé et Naomi Díaz était percussionniste chez Buena Vista Social Club auprès d’Ibrahim Ferrer, Rubén González et Máximo Francisco Repilado Muñoz. À sa mort, les deux sœurs, alors âgées de 11 ans, apprennent à jouer du cajón, l'instrument fétiche de leur paternel, et étudient les musiques folkloriques yoruba. A leur actif, quelques Eps, et déjà trois elpees.

Le supporting act est assuré par Astrønne, une chanteuse/compositrice française qui, récemment, a publié un Ep, « Blue Phases », pour lequel elle a reçu la collaboration de LaBlue.

A 19h30, elle grimpe sur les planches, armée d’une gratte semi-acoustique. C’est la première fois qu’elle se produit en Belgique. Elle signale qu’elle se nomme Astrønne sans le ‘aute’ et qu’elle va interpréter huit chansons tristes. Elle s’installe sur un siège haut, face à son micro et une loop machine.  

Elle interprète des chansons intimistes, aussi bien dans la langue de Voltaire que de Shakespeare. Elle y parle de l’amour universel. De la passion qui emporte. Ses compos murmurent les amours qui nourrissent, qui brûlent. Et elle partage ces sentiments avec nous.

Sa voix est douce et fluette, mais au fil du set, elle prend de l’assurance. Très souvent, on pense à Irma.

Elle remercie également les sœurs Ibeyi de l’avoir choisie comme première partie. Jolie découverte !

(Voir notre section photos ici)

Vêtue d’un pantalon mauve et d’un body noir et jaune fluo, Lisa Kaindé a les cheveux longs et crépus. Elle va se charger des percus, et tout particulièrement des djembés. Habillée d’un pantalon noir et d’une veste jaune fluo parsemée d’étoiles, Naomi Diaz est coiffée en couettes. Elle se consacre au piano. Les jumelles se partagent le chant, tour à tour en français, anglais, espagnol ou dialecte yoruba. Quant à la musique, elle oscille de la world à la soul en passant par le trip hop, la néo soul, l’électro, la soul et le negro spiritual, mais sous une forme contemporaine.

Le set s’ouvre par « Made Of Gold », un extrait du dernier opus. La voix de Naomi est plus grave que celle de Lisa, mais leurs harmonies vocales sont enchanteresses voire féériques. Elles célèbrent l’attachement et le respect mutuel mais également les souvenirs vivaces et autres traditions qui vibrent en elles. Elles ressentent aussi bien la joie que la nostalgie marquée par la douleur et la disparition d’êtres chers à travers des titres vibrants et déroutants, à l’instar de Sangoma ». Elles clament leur amour l’une pour l’autre, tout au long de l’émouvant « Sister 2 Sister », en évoquant leur histoire, leurs débuts, leur famille ; et le tout est illustré par des photos et vidéos d'elles enfants

Outre le tout dernier single, « Juice Of Mandarins », le tandem va nous réserver une reprise à la sauce latino du « Would You Mind » de Janet Jackson. Mais elles ne vont pas pour autant oublier d’anciennes compos telles que « Me Voy », « Away Away », « Oya », « Ghosts » ou encore « River » …

Enfin, le groove des compos et les déhanchements dangereusement sexy des deux filles vont constamment donner envie à la foule de danser…

(Voir notre section photos )

Setlist : « Made Of Gold », « Me Voy », « Rise Up », « Lavender & Red Roses », « Exhibit Diaz », « Away Away », « Ghosts », « Creature (Perfect) », « Juice Of Mandarins », « Would You Mind » (Janet Jackson cover), « Waves », « Mama Says », « Oya », « Sangoma », « No Man Is Big Enough for My Arms », « Rise Above (This Is Not America) », « Deathless », « Hacia El Amor », « Sister 2 Sister », « River », « Ibeyi (Outro) ».

Encore : « Tears Are Our Medicine »

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

 

Ibeyi

Du cœur et de l’énergie à revendre…

Écrit par

Près d’un an après la sortie de son dernier opus et plus de cinq après son dernier passage à Bruxelles, Ibeyi est de retour dans la capitale européenne. Manifestement, les jumelles franco-venezuelo-cubaines (NDR : ce sont les filles du regretté Anga Diaz, l’ex-percussionniste de Buena Vista Social Club) ont pris du galon. En outre, de curiosité, le duo est passé au statut de hype, depuis l’an dernier. Le dernier elpee a été salué par la critique. Même Beyoncé est tombée sous le charme. Un disque pour lequel elles ont reçu le concours de Kamasi Washington, Mala Rodriguez ainsi que de Chili Gonzalez, lors des sessions d’enregistrement. Le concert est soldout depuis plusieurs mois. Ce qui confirme l’engouement suscité par les filles…

Une demi-heure après la fin de la première partie, assurée par le duo louvaniste, Esther and Fatou (pour les photos, c’est ici), les lumières s’éteignent à nouveau. Quelques instants plus tard, les deux sœurs montent sur l’estrade, vêtues de combinaisons rouges. Elles ne se ressemblent pas comme deux gouttes d’eau, mais il y a quand même un air de famille. A droite de la scène, Lisa-Kaindé, la pianiste à la voix haut perchée, se différencie par sa coupe de cheveux africaine. De l’autre côté, derrière un sample pad et un bata (deux tambours en sablier à tête double), Naomi Diaz, la percussionniste à la voix cassée, laisse pendre deux longues tresses sur les côtés de son visage et une à l’arrière de la tête. Les personnalités se complètent à merveille. Au fond de la scène, en guise de décor, le logo de la pochette d’« Ash » est suspendu. 

Pendant une heure et demie, elles vont servir un cocktail de r’n’b, soul et musique latine, sur lequel elles chanteront, tantôt en anglais, en espagnol ou en yoruba (langue originaire d’Afrique de l’Ouest qui s’est étendue aux Antilles suite à la traite négrière). Elles ouvrent le show par « I Wanna be like You » et embraient par « No Man is Big Enough for My Arms » et « Away Away ». Dès le début, les jumelles sont dans leur rôle. Elles se déplacent de gauche à droite (NDR : ou l’inverse) et se motivent mutuellement. Entre les morceaux, elles n’oublient pas d’échanger quelques mots avec un public conquis d’avance. Après l’avoir bien chauffé, elle se plantent au centre du podium, côte à côté : Lisa-Kaindé derrière plusieurs claviers, Naomi sur un cajon (caisse claire originaire d’Amérique latine). Elles attaquent alors plusieurs morceaux plus paisibles tels que « Vale » ou « Mama Says ». Mais après cette accalmie, le set redémarre de plus belle, notamment à travers le plus latino « Me Voy » ou le single issu du premier LP, « River », interprété lors du rappel.

Au-delà de la richesse de leur musique, ce qui impressionne, c’est le cœur mis et l’énergie déployée par Ibeyi tout au long du spectacle. Un bel exemple ? Lorsqu’elles exhortent la foule à les suivre pour crier ‘Whatever happens, whatever happened (oh hey). We are deathless’ sur le judicieusement intitulé « Deathless ». Et les quelques petits problèmes techniques rencontrés en milieu de parcours ne sont pas parvenus à déstabiliser les frangines. Au contraire, cet incident va décupler leur vitalité déjà débordante (pour le photos, c’est ).

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

 

Ibeyi

Le mystère… fil rouge du concert…

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Parti de Soignies à 17h20, votre serviteur a débarqué vers 20h15 à l’AB, ce vendredi 9 octobre. Trajet par métro, y compris. Il a passé plus de trois heures dans les embouteillages ! L’enfer ! Heureusement que la STIB n’avait pas décrété un mouvement de grève... Et le nouveau piétonnier n’est certainement pas de nature à améliorer la situation. En arrivant dans la salle, plus moyen de s'asseoir au balcon pour apprécier un concert confortablement. C’est la nouvelle politique de l’organisation. Faudra s’y plier. Tu dois acheter ton ticket par Internet, et l’ordinateur détermine ton fauteuil. Pas de contestation et 2€ de frais supplémentaires sont à ta charge. Bref, je me plante à l'extrême gauche de la scène, juste à hauteur de la rangée de baffles qui te crache les décibels dans les oreilles et sous les feux (NDR : c’est le cas de le dire !) d’un énorme spot led placé à ta gauche, destiné à te faire transpirer. DD n’est pas très heureux ; alors il prend refuge au second étage. Il n’y a guère de monde, mais la vue est quand même imprenable. On se console comme on peut !

Il y a déjà pas mal de monde quand Témé Man, de son véritable nom Tanguy Haesevoets, se lance dans son 'one man show'. Un artiste plutôt sympathique et très interactif avec le public. Son coeur balance entre Détroit, Kinshasa et Bruxelles. Il est impliqué dans différents projets. Dont Goulash et un autre en compagnie de Noza. Sous le patronyme des Matiti, il a créé le buzz, lors du festival Esperanzah, cet été. C'est la cinquième fois que l'artiste squatte les planches de l'AB.

La musique de Témé Tan est le fruit d’un cocktail entre soul ‘motownesque’, world latino et surtout congolaise (pensez à Kasai Allstars, Konono n°1, Staff Benda Bilili ou encore Jupiter & Okwess International). Damon Albarn avait d’ailleurs eu le nez creux en prenant ces derniers sous son aile. Pas besoin de se prendre la tête, cependant, pour assister au spectacle de Témé Tan. Il ne transporte pas tous ses instruments, comme Rémy Bricka, mais les garde à portée de main. Il se sert d’une loop machine, de synthés, d’une boîte à rythmes, d’une guitare en modèle réduit et d’une basse. Les compos sont rythmées. La voix est chaude et sucrée. L’artiste prend son pied sur les planches. Et finalement Tanguy remplit parfaitement son rôle de supporting act. A revoir dans une salle plus intimiste…

Ibeyi est un duo réunissant des soeurs jumelles. Le patronyme est inspiré des dieux jumeaux yoruba (NDR : le yoruba, c’est également la langue du culte vaudou cubain). Leur mère était vénézuelienne et leur père cubain. Pas n’importe qui, puisque feu Anga Diaz (NDR : il est décédé en 2006) était percussionniste chez Buena Vista Social Club. Dont votre serviteur est un grand aficionado. Et pour que votre info soit complète, sachez qu’elles ont grandi à Paris. Naomi et Lisa-Kainde Diaz chantent tour à tour dans la langue de Shakespeare ou dans ce dialecte, idiome importé à Cuba au dix-septième siècle, par des esclaves originaires du Nigéria et du Bénin.

Richard Russell, le génial producteur londonien (Adele, Radiohead, Jack White, Gil Scott-Heron, Damon Albarn) et boss du label indépendant XL, a signé Ibeyi et a mis en forme le premier opus des filles ; un disque paru en févier dernier. Qui a été encensé par la critique et le public (NDR : pas pour rien que la salle est comble). Un contrat conclu après avoir visionné la vidéo de « Mama Says » ; et ce, à l’issue d’une seule rencontre.

Le décor est dépouillé. Des claviers et une loop machine sont destinés à Lisa. Le cajon, les percus et la boîte à rythmes à Naomi, la sauvageonne. Les frangines allument chacune une bougie, avant de la placer aux extrémités du podium, communiquant une certaine forme de magie à l’atmosphère. Les projecteurs sont placés sur le côté et à l’arrière des artistes. Elles débarquent sur l’estrade sous les acclamations. Naomie est tout de noir vêtue. Y compris le chapeau. Elle s’avance vers la foule et du geste l’invite à applaudir. Naomi et Lisa se font face. Leurs regards sont complices. Elles attaquent à deux voix « Eleggua », dans un climat de recueillement. Un morceau bref, mais intense et envoûtant. Elles rejoignent alors leurs instruments respectifs. Naomi met en route sa machine, frappe sur son cajon et prend la direction des opérations. Elle entame « Ghosts » au micro. Lisa embraie aux ivoires. Les harmonies vocales vous emportent au cœur de contrées secrètes, énigmatiques et sauvages. Le mystère semble être le fil rouge du concert.

Avant de passer à « Lost In My Mind  », Lisa décrit les rythmes cubains, importés du Bénin et du Nigéria, par les esclaves. Les choeurs sont vaudous. Des images de ruines sont projetées, en arrière-plan, sur un écran. Naomi, assise sur son cajon, se balance en cadence au rythme des percus électro. Un compo contemporaine qui regarde vers le passé africain. Place ensuite à « Mama Says », leur hit. Et les voix sont à nouveau splendides. Naomi frappe le cajon de son corps pour dispenser des sonorités à la fois précises et spécifiques. A cet instant, l’expression sonore évolue au carrefour du hip-hop, de la soul et de la musique cubaine ; une world urbaine aux contours afropéens. Serait-ce un clin d’œil adressé à Karavan, un groupe qui reprend a capella le répertoire d'Arno ?

Les soeurs se lèvent et font face au public. A deux voix, elles abordent « Yemaya ». L’ambiance est alors contemplative. Et soudain, elle prend une autre tournure, grâce à « I'm On My Way ». C’est le souk au sein des premiers rangs alors que les deux nanas demandent à l’auditoire de reprendre des paroles en chœur. Et impossible pour elles d’en placer une, à la fin du morceau, tant l’ovation est monumentale. Les jumelles zoukent encore ferme pour « River ». Le déhanchement sensuel de Naomi vous incite à jumper et à remuer le popotin. Une belle communion entre la foule et les artistes. « Yanira » se révèle plus électro-tribal alors que des images ténébreuses et déconcertantes défilent sur l’écran. Spectrales, les voix nous plongent alors au sein d’un univers fantasmagorique en expansion digne de Björk. Un morceau puissant, tapissé par les sonorités d’orgue. Du futur elpee, elles vont nous réserver « Fly ». Et elles ne vont pas oublier de rendre un brillant hommage à feu leur paternel, Anga Diaz, à travers « Think Of You » ; bien sûr, au cœur d’un climat afro-cubain. Enfin, en rappel, elles vont encore nous réserver « River », a capella. Impressionnant !

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)