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Jaga Jazzist

Un sentiment de frustration…

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C’est en 2005, lors de la sortie de « What We Must », que le collectif norvégien Jaga Jazzist s’est réellement fait connaître hors des frontières scandinaves. Un premier excellent elpee publié sur le célèbre label électronique anglais, Ninja Tune. A l’époque, sa musique privilégiait l’originalité. Mêlant subtilement jazz et post-rock, elle avait ainsi donné naissance au style ‘nu-jazz’. Depuis lors, les musiciens se sont quelque peu dispersés. Plusieurs d’entre eux ont quitté le navire. Des tas de nouveaux ont débarqué. Les changements de line up sont d’ailleurs impressionnants. Et ceux qui sont restés multiplient les projets. Deux albums studio en 10 ans (« One-Armed Bandit » en 2010 et « Starfire » en 2015), ce n’est pas Byzance ! En outre, aucun n’est arrivé à la cheville de « What We Must ». N’empêche, ce samedi 7 novembre, la troupe se produisait au Vk de Bruxelles. Une belle occasion de la découvrir, en ‘live’…

La salle molenbeekoise est cependant loin d’être remplie pour accueillir la formation nordique, démontrant que sa notoriété est en déclin. Le supporting act est assuré par un duo électro belge répondant au doux patronyme de Seizoensklanten.

Le concert de Jaga Jazzist débute vers 21h. Sur l’estrade, une forêt de néons ont été posés à la verticale ; et en arrière-plan, une toile aux motifs psychédéliques a été tendue. Les huit musicos grimpent sur le podium : un drummer, deux claviéristes, un bassiste, deux guitaristes ainsi que deux préposés aux cuivres (trompette, tuba, trombone, …) Ce sont, en outre, tous des multi-instrumentistes capables d’échanger leurs instruments d’un morceau à l’autre. Ainsi, par exemple, un des claviéristes joue également du xylophone et de la gratte. Le combo norvégien est parfaitement en place. Il enchaîne des morceaux issus de ses trois derniers opus. Le light show entretient un climat cosy. Mais au fil du set, on se rend compte que l’expression sonore manque de punch et de relief. Se complaisant dans une atmosphère monocorde. Et puis, les cuivres sont beaucoup trop en retrait. Ils sont même carrément noyés, lors des interventions de claviers. Conclusion, après une petite heure de concert, l’auditoire est au bord de l’assoupissement. Or, lors du dernier titre, Jaga Jazzist va le réveiller, en lui réservant un superbe « Oslo Skyline ». Un horizon que le mélomane aurait préférer davantage voir explorer, celui-ci éprouvant logiquement un sentiment de frustration, à l’issue du concert… 

(Organisation VK)

 

Motorpsycho + Jaga Jazzist Horns

In The Fishtank n°10

On vous parle régulièrement de la série « In The Fishtank » : des compilations imaginées par le label hollandais Konkurrent, dont l’objectif est de réunir deux groupes dans un studio pendant quelques jours et les laisser délirer comme bon leur semble, aux frais de la Reine Beatrix. Cette fois (le n°11 a déjà été chroniqué en ces pages), ce sont les Norvégiens de Motorpsycho et de Jaga Jazzist qui s’y collent. Le résultat est détonnant, avoisinant sur certains titres le psychédélisme jazz d’allumés notoires comme Pharoah Sanders et Steve Coleman, voire le prog et le krautrock seventies chers à Weather Report, Can et Blue Oyster Cult (un bien beau mélange !). Encore une fois, la confrontation de deux univers plus ou moins différents (l’électro-jazz-post-rock de Jaga Jazzist, dont on retrouve seulement ici la section des cuivres, et le rock dégénérescent de Motorpsycho) fonctionne à merveille, même sur la cover de « Theme de Yoyo », pourtant du funk blanc aussi subtil qu’un album de Bowie (justement) période Tin Machine. Le dernier des cinq titres ici proposés, « Tristano », lorgne lui du côté du jazz rock le plus famélique : 21 minutes de délire free au compteur, qui passe comme une lettre à la poste. A condition bien sûr d’être un amateur de ce genre de jams un peu démonstratifs, gratinés de cuivres infatigables et de soli homériques. Qui a dit pouet pouet ?

Jaga Jazzist

A Livingroom Hush

Même si cet album est sorti il y a plus de deux ans en Norvège, pays d'origine de ce big band électro-jazz-fusion de haute volée, il n'a toujours pas, depuis lors, quitté notre lecteur de salon. C'est que " A Livingroom Hush " (notez la contrepétrie) ne fait pas partie de ces disques qui s'apprivoisent en une écoute. Imaginez Aphex Twin, Tortoise et Herbie Hancock tapant le bœuf en plein désert arctique, avec Tom Jenkinson et Nils Petter Molvaer servant du vin chaud entre chaque impro décervelée. Jagga Jazzist, ce serait donc un délirant Big Bazar, un supergroupe aux pensionnaires infidèles (on les retrouve aussi chez Supersilent, Jazzkammer, Bugge Wesseltoft, Biosphere, etc), qui malaxent le jazz, l'électro et le rock en toute innocence, comme si rien avant eux n'avait existé. Comme si tout était encore à faire. Parce que la musique mutante de Jagga Jazzist ne ressemble à rien de connu ; et c'est ça qui la rend si attachante.

" Animal Chin ", le morceau d'ouverture, sonne ainsi d'abord comme du Tortoise, pour se transformer brutalement en drum'n'bass plein de flûtes et de cuivres, jusqu'à l'explosion finale, parasitée d'interférences. La suite (" Going Down ") accueille des guitares acoustiques et des bleeps timides, alors que, de temps en temps, une contrebasse, un tuba, un xylophone, un sampler s'en mêlent, sans se tirer la couverture. Pour se partager tous ces instruments aux sonorités chaudes et tactiles, aux contacts desquels tous les genres se confondent, il fallait du monde : Jagga Jazzist compte ainsi dix personnes (!), dont le leader reste incontestablement le batteur, Martin Horntveth, d'une technicité impressionnante. En tout cas, rarement pop music et avant-gardisme auront fait si bon ménage… Car malgré l'aspect parfois revêche (ces cassures) de ce magma sonore sans cesse bouillonnant, les compos de Jagga Jazzist restent étonnamment joviales et séduisantes. " The Stix ", leur deuxième album, vient de sortir. Si vous fondez pour ce genre de musique organique, qui bat en brèche tous les lieux communs du rock, du jazz et de l'électro, un conseil : achetez directement les deux… Vous ne serez pas déçus !

Jaga Jazzist

The Stix

La chronique de " A Livingroom Hush " à peine dans ces colonnes, voilà que Jagga Jazzist nous revient déjà avec un nouvel album, tout aussi bluffant que son prédécesseur. Pour rappel, Jagga Jazzist est une sorte de big band électro-jazz de la banlieue d'Oslo, dont la musique mutante rappelle en même temps Squarepusher, Soft Machine, Supersilent, Frank Zappa, Talk Talk et Tortoise. Un sacré topo d'influences, pour un disque heureusement amène et frétillant, qui dépasse la citation pour asseoir son propre univers, génial et décalé. Pour ceux que les mélanges étranges (électro, jazz, rock, impro, etc) angoissent, un seul conseil : écouter, et se laisser aller. Comme carte de visite, un " Kitty Wu " fera l'affaire : du xylophone, du tuba, de la flûte traversière, des guitares, à peine maîtrisées par une batterie métronomique doublée d'une boîte à rythmes et de bleeps affolés. Tous les ingrédients sont là : de l'acoustique et de l'électronique, de l'organique et du mécanique. Rarement le mariage de telles forces antagonistes, qui le plus souvent s'annulent ou se gênent, n'aura provoqué une si belle débauche de sons et de couleurs, d'impressions et de relief. On ne vous avait que trop conseillé l'écoute de " A Livingroom Hush "… On persiste et signe : Jagga Jazzist rules !