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Kid Loco

Confessions of a Belladonna Eater

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« Confessions of a Belladonna Eater » n’est pas le coup d’essai de Kid Loco, alias Jean-Yves Prieur. « A Grand Love Story » avait, en 1998, marqué le début du succès du musicien et producteur français. D’autres expériences ont suivi : la bande originale du film « The Graffiti Artist » et l’exercice de DJ, entres autres. Mais il n’a plus raflé tous les suffrages, comme à la fin des années 1990.

Pour les amateurs du genre, cet album pourrait bien être une aubaine. Car si on peut émettre quelques réticences à l’égard du clip de « The Morning After », au cours duquel une fille ‘zombifiée’ dévore à pleines dents, un homme, jusqu’aux organes ou même vis-à-vis des paroles de chansons qui loin d’être de grande qualité n’abordent guère de sujets hautement philosophiques (en même temps, serait-ce encore du vrai Kid Loco si tel était le cas ?) « Confessions of a Belladonna Eater » a le mérite de surprendre, de plonger l’auditeur dans le monde psychédélique de son auteur. Et ce dernier sait comment tenir son public en haleine. La preuve en est donnée par le titre maître, « Ballad for A Bella Donna ». La composition musicale de ce morceau est tout simplement un coup de maître. L’accordéon, qui en est l’atout majeur, y est transcendant. La chanson y figure deux fois : la première, en introduction, bercée par une voix féminine ; la seconde, au beau milieu du défilé des titres, quelque peu psalmodiée, par le producteur lui-même. Un reflet sincère de cet album, en fait, marqué par l’intelligence musicale plus que par le talent pur. Mais une compo diablement efficace.

Kid Loco

Party Animals & Disco Biscuits

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Jean-Yves Prieur alias Kid Loco est un des pionniers de la musique alternative hexagonale. Pseudonyme délibérément inspiré d’un documentaire de Jean Rouch, « Les Maîtres Fous » au cours duquel l’ethnologue français observe scrupuleusement les rituels de transe des populations Haouka au Ghana. C’est à partir de ce rite de la possession que le Kid compose une musique où  ‘les opprimés deviennent, l’espace d’un instant, les possédés et les puissants’, une musique hypnotique et transcendante.

Chef d’œuvre de trip-hop ambient sensuel et album de référence de la musique électronique chic et frenchie, « A grand Love Story » propulse rapidement Kid Loco en 1998 sur le devant de la nouvelle scène électro française, alors en pleine effervescence (Air, Daft Punk, Dimitri From Paris…) A la suite de ce succès critique et public, Jean-Yves Prieur se lance dans une série d’expériences dj (‘DJ-Kicks’) et enregistre de nombreux remix pour des groupes tels que Mogwai, Pulp ou encore Stereolab. Paru en 2001, « Kill Your Darlings » ne rencontre malheureusement pas le même succès populaire. Hormis la bande originale du film « The Graffiti Artist » réalisé par James Bolton en 2004, sept ans de mutisme précédent la sortie du troisième opus « Party Animals & Disco Biscuits ».

Artiste imprévisible rejetant toute étiquette qui limiterait sa liberté d’expression, Jean-Yves Prieur souhaite s’extraire de cette  french-touch qui le caractérise désormais et dans laquelle il s’était totalement investi à la fin des années 90. Parfaitement serein, il abandonne le côté ‘Kid Loco’ hype pour se tourner vers un concept plus personnel : ‘Je ne cherche pas à coller à la mode’.

« Party Animals & Disco Biscuits » est le premier album entièrement chanté par Kid Loco. Un concept album qui conte les tribulations nocturnes d’un jeune homme plongé dans les tourments de la drogue, du sexe et de l’amour. Onze pistes à la trame narrative linéaire qui errent dans les sinueux méandres d’un underground aux odeurs d’opium et de backrooms. Un voyage au bout de la nuit illustré en filigrane sur la  pochette du CD (pipe à opium, orgie…). Ensemble où chacun des titres présente une vision sombre et glauque d’un monde en perdition, qui n’est pas sans rappeler l’affection particulière que porte le chanteur au Velvet Underground. Détresse existentielle parfaitement palpable sur le « Oh Lord ! » d’ouverture ou sur « Confessions ». 

L’enfant fou des Hauts-de-Seine revient alors à ses premières amours et plonge l’auditeur dans l’espace amphibie, entre musique psychédélique et beat électro, pour lui faire goûter à sa singulière psychelectro. Ici, les instruments guident le climat. Rien de comparable aux précédents albums. Ici, la présence des guitares s’efface et entrouvre aux claviers l’espace le plus vaste. La musique électronique s’habille alors d’un océan de pianos et d’orgues Hammond (« Motocycle Angels »). Orgues et beats électroniques traversent parfois les atmosphères d’Arizona Dreams et froissent, se heurtent à celles de Lost in Translation sur « The Specialist ». Morceau qui se transforme subitement en une douce pop au piano légèrement bercée de la voix de Jean-Yves Prieur. Autre curiosité : une reprise d’« Ann » des Stooges qui brille par son originalité. Inattendue et déroutante elle s’écoute sur un fond d’électronique, de guitare, de clavecin et de scratch (NDR : ne la cherchez pas sur le verso de la pochette, elle n’y est pas inscrite !) Les exercices de style scratch figurent d’ailleurs en nombre sur la galette (« Pretty Boy Floyd », « Oh Lord ! »...).

Tout en laissant l’électro au centre du sujet, Kid Loco use de sa longue expérience pour mêler habilement et étrangement les genres musicaux et ouvre les portes à un public qui serait encore allergique à la musique électronique.