Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Kim Gordon

The Collective

Des basses profondes, des rythmes hip-hop grinçants, du ‘noise’, de l’électronique fissurée et si une guitare arrive, elle passe dans le hachoir à viande. Il ne s’agit pas d’un cliché du dimanche, mais simplement une métaphore pour décrire le nouvel opus de l’obstinée et légendaire Kim Gordon qui vient encore de frapper. Cette icône de Sonic Youth est celle qui s’est le plus éloignée du son original à travers son travail solo. Et même si son expression sonore navigue plutôt à contre-courant, c’est bien sûr ce que Sonic Youth a toujours défendu au corps de son aventure.

A l’instar de son précédent elpee, « No Home Record », le producteur, auteur-compositeur et ingénieur du son Justin Raisen, plutôt proche des cercles hip-hop, est en partie responsable des paysages sonores fissurés. Il s’est produit un déclic entre les deux artistes, c’est certain. Raisen injecte les bons rythmes et les bonnes nuances sur la voix sombre et déclamatoire de Kim Gordon.

Le résultat est aussi surprenant qu’innovant. Et pour une dame de 70 ans, c’est épatant !

Mount Kimbie

La guitare muette de Mount Kimbie…

Écrit par

Mount Kimbie et une formation britannique considérée comme visionnaire. Drivée par Dominic Maker et Kai Campos, rejoints par leurs collaborateurs de longue date Andrea Balency-Béarn et Marc Pell, elle a passé les quinze dernières années à élaborer un vaste catalogue de la musique la plus séminale, la plus durable et la plus influente de la vibrante scène électronique londonienne. Depuis son premier album, « Crooks & Lovers », paru en 2010, elle a continué à évoluer au fil du temps et des sorties, devenant l'un des principaux noms de la musique électronique britannique et servant également d'avant-garde à une nouvelle indie moderne, notamment sur son récent LP, « Love What Survives », gravé en 2017. Il est estimé par médias spécialisés comme probablement le plus réussi et le plus révolutionnaire de sa discographie, à ce jour. Il a ainsi influencé de nombreux groupes post-punk de la capitale anglaise.

« Dumb Guitar » s’ébroue sur des synthés ondulants rappelant les premiers long playings du combo, avant de s'enfoncer dans le fuzz de guitare frénétique de « Love What Survives ». Et il est en écoute

 

Et pour votre info, sachez que non seulement Kai et Dom drivent Mount Kimbie, mais en parallèle, ils mènent également des carrières solos fructueuses.

 

Kim Dies Laughing

Acid Rain

Écrit par

Kim Dies Laughing réunit un ex-bassiste de Treponem Pal, Kim S, et le chanteur/guitariste du défunt Curtain, Emma B, un duo parisien qui vient de graver son premier elpee, « Acid rain ».

Si la voix est particulièrement vindicative, la musique puise essentiellement ses sources dans les eighties. Depuis l’EBM au post punk, en passant par l’indus la cold wave, la dance et le synthrock. S’il n’y avait le vocal, le titre maître qui ouvre l’opus, les boucles entêtantes et la sonorité de claviers nous rappelleraient « Sleeper in Metropolis » d’Anne Clark. « Grounded cherche un compromis entre Joy Division et New Order. « No future » nous renvoie à l‘Ep de Wire, « Mannequin, 12XU/ Feeding Called Love » alors que le spectre de Depeche Mode circa « Construction time again » plane tout au long d’« Inner circle ». Hormis le plus cosmique « Somewhere », les compos sont régulièrement découpées par des riffs de gratte en fusion et parsemées de bruits stridents, indus si vous préférez. Des références ? Executive Slacks, Alex Sex Fiend et Front 242. Il y en a d’autres, mais les nostalgiques des eighties devraient les déceler aisément. Le meilleur morceau de cet LP ? « Razor blade ». Plus riche, il autorise des belles envolées de gratte carillonnantes, une incursion de claviers vaporeux et une ligne de basse caoutchouteuse tout en ne négligeant pas les accès de cordes grinçants…

Kim Wilde

Une belle nuit avec Kim Wilde...

Ce soir, Kim Wilde nous a fixé deux rendez-vous. Contrairement à Laurent Voulzy, qui se lamentait pendant ses ‘nuits sans Kim Wilde’, nous allons passer ‘une belle nuit en sa compagnie’… Lors du concert, bien sûr, accordé dans la salle De Roma, à Anvers, mais grâce aussi, juste avant, lors d’une entrevue exclusive que la reine de la synth-pop des années 80 a accordée à Musiczine. Encore un peu de patience avant de découvrir cette interview qui sera publiée prochainement. Par contre, vos yeux impatients lisent, pour l’instant, le compte-rendu de sa performance 'live'…

Après avoir aligné une multitude de hits entre 1981 et 1985, puis traversé une période de repli dans le calme de sa propriété sise au cœur du Hertfordshire, Mrs Smith (NDR : c'est le vrai nom de Kim Wilde) opère pour l'instant une seconde carrière étonnante, déplaçant les foules dans l'Europe entière. Pour se rendre compte de sa popularité, il suffit de regarder les premiers rangs. Plusieurs centaines de fans sont massés devant le podium de la Roma dès l'ouverture des portes, attendant impatiemment leur idole.

C'est une véritable ovation que reçoit la chanteuse au moment où elle monte sur l’estrade. Elle porte une tenue noire de 'space warrior', chamarrée de pépites qui scintillent sous les 'sunlights'. Evidemment, les années ont passé et la jeune fille élancée est devenue une femme mûre aux formes plus rondes. Mais le caractère est toujours bien là : Kim Wilde est souriante, enjouée même. Dès les premiers morceaux, « Stereo Shot » et « Water On Glass », elle s'amuse avec le public et ses musiciens. Dans le groupe, on retrouve bien entendu son frère Ricky, co-compositeur et producteur, que la chanteuse présente comme celui sans lequel rien ne serait arrivé. A côté d'elle, figure également la fille de Ricky, Scarlett, qui s'acquitte des 'backing vocals' et virevolte sur scène comme une jeune polissonne un peu gothique.

Les hits sont interprétés dans des versions plus 'rock' que les originaux ; et pour cause ce soir le line up implique deux batteurs et deux guitaristes. Les arrangements très 'power-pop' permettent de passer un petit coup de baume sur les « View from A Bridge » et autre « You Came ». Seul le morceau « Cambodia », enrichi de superbes sons de synthétiseurs, conserve ses arrangements originaux. Au fur et à mesure que les hits se succèdent, la ferveur est de plus en plus palpable dans la fosse. Vers le milieu du show, Kim s'offre une petite session en acoustique pour interpréter des versions touchantes de « Hey Mr Heartache » et « Four Letter Word ».

Mais dès la fin de cette séquence, le rouleau compresseur se met en marche. Les volumes grimpent dans le rouge pour la version remixée de « Cyber Nation War », le puissant et efficace « Chequered Love », ainsi que la reprise du « You Keep Me Hanging On » des Supremes, dont le refrain est repris en chœur par tous les fans, du premier au dernier rang. Un grand moment ! 

Mais interpréter « 1969 », en fin de concert, constitue une petite erreur stratégique. Enfin, à notre humble avis. En outre, l'ambiance retombe d’un cran lorsque Kim raconte sa rencontre avec un OVNI, une expérience vécue en 2009. D’autant plus que le morceau, extrait du dernier album « Here Come The Aliens », ne déclenche pas l'hystérie escomptée. Au contraire, le traitement scénographique du thème ‘ufologique’ est par trop ironique pour ne pas dire dénigrant ; les effigies d'aliens imprimées à l'arrière des vestes des musiciens et les lasers ‘martiens’ accentuant cette impression. Dommage, surtout quand on considère le sérieux et la sincérité la chanteuse par rapport au thème des objets volants et phénomènes aérospatiaux non identifiés (NDR : on en reparlera dans l'interview).

Heureusement, lors du rappel, un autre nouveau morceau, « Pop Don't Stop », remet les pendules à l'heure grâce à son refrain imparable et le final est, comme on s'en doutait, consacré à « Kids In America », un bijou sorti en 1981.

Sur les planches, d'une gentillesse et d'une sincérité remarquables, Kim Wilde est tout simplement lumineuse. Sa voix est impeccable et, malgré quelques petites imperfections, la magie du concert a opéré, ravissant, finalement, tous les fans, dont votre serviteur…

Pour regarder les photos de David Alexandre, c'est ici

Organisation : De Roma

Merci à Kim et Ricky Wilde, à Sean chez Mixdown Management, à l'émission WAVES (Radio Vibration) et à De Roma.

Setlist Kim Wilde :

Stereo Shot
Water on Glass
Never Trust a Stranger
Kandy
Krush
Cambodia
Birthday
Yours 'til the End
Solstice
Words Fell Down
Bladerunner
Hey Mister Heartache
Four Letter Word
Rosetta
Cyber Nation War
View From a Bridge
Chequered Love
You Came
You Keep Me Hangin' On (The Supremes cover)
1969

Encore:

Pop Don't Stop
Kids in America

En supporting act, un jeune duo hollandais répondant au patronyme de Pyn nous a réservé un set sculpté dans un style indie-pop électronique et minimaliste…

Kim Wilde

La galaxie Kim Wilde…

Avant son concert accordé à la Roma d’Anvers, Kim Wilde a eu la gentillesse de réserver une interview à Musiczine. Icône de la new-wave, elle a marqué de son empreinte une période s’étalant de 81 à 86, grâce à sa synthpop hyper-mélodique, style qui influence encore aujourd'hui les jeunes groupes de la scène 'Wave'. Bien sûr, quand on parle d’elle, on pense immédiatement à son hit monumental, publié en 1981, ‘Kids in America’. De son véritable nom Kim Smith, elle est née en Angleterre en 1960. C’est la fille de Marty Wilde, un chanteur qui a rencontré un certain succès à la fin des années 50. Il a écrit les paroles de la plupart des hits de Kim. Le frère de Kim, Ricky, a joué et joue encore un rôle capital dans la carrière de sa sœur car il cumule les rôles de compositeur, arrangeur et producteur, depuis le début. Et pour confirmer qu’il s’agit bien d’une histoire de famille, Scarlet, la fille de Ricky, assure les backing vocaux, et compose également.

Le dernier elpee de la belle Kim, « Here Come The Aliens », est paru l’an dernier. Moins synthpop, il est davantage orienté power-pop, grâce aux guitares. Il marque en quelque sorte le come-back de la chanteuse, qui se produit aujourd'hui de nouveau à guichets fermés un peu partout en Europe.

Pendant notre conversation, Kim raconte que son frère, Ricky, avait quitté l'école et son père, Marty, ne voulait pas qu'il tourne mal. Ricky était un fan de new-wave. Notamment de Gary Numan et OMD. Ricky s’est d’ailleurs inspiré d’une ligne mélodique de ‘Messages’ d’Orchestral Manœuvres In The Dark, pour élaborer la structure de ‘Kids in America’. Il avait pu réserver un studio et a joué de tous les instruments lui-même, sauf la batterie. Et il a utilisé un synthétiseur WASP, un petit synthé analogique. Ils le possèdent toujours mais malheureusement, il ne fonctionne plus. Kim demande si, à tout hasard, on connaîtrait un technicien capable de le réparer ; et DA*, qui accompagne votre serviteur lors de l’interview, répond par l’affirmative... C'est à l’aide de ce synthé que la séquence pulsée dans l’intro du titre a été réalisée...

C’est d’ailleurs Ricky qui signe la musique et son père Marty, les paroles de cette chanson. Le paternel était un des premiers compositeurs de chansons pop de sa génération. Au départ, comme pas mal de ses contemporains, son répertoire était constitué de reprises, réalisant notamment une excellente version de ‘Why Must I Be a Teenager in Love’ ; puis il a commencé à écrire son propre répertoire. ‘Bad Boy’ est ainsi devenu un hit, en 1959. Il a continué à écrire dans les années 60 et 70 et en 80, il était prêt à poursuivre cette activité pour laisser libre cours à son imagination.

Au départ, il faut savoir que c’est Ricky qui se destinait à une carrière musicale. En 1972, alors qu’il n’a que 11 ans, son père lui offre de sortir un 45trs. Intitulé ‘I'm an Astronaut’, ce morceau a d'ailleurs été repris par Snow Patrol en 2006. « Ce qui est dingue », dit Kim en souriant. Et quand la chanson ‘Kids in America’ est née, Ricky était très heureux que Kim assume le rôle de chanteuse principale. L'inspiration de Ricky pour cette chanson est intéressante. Leur enfance avait baigné dans le glam rock et notamment celui de T-Rex, mais aussi la pop, dont celle d’ABBA, le rock et aussi le punk, les Sex Pistols en tête. Finalement, ils aiment un peu de tout, ce qui explique sans doute pourquoi leur musique est le fruit d’un crossover entre différents genres, mais aussi l'histoire de toute leur vie car, dit-elle. ‘Here Come The Aliens’, son dernier elpee, constitue un peu l'aboutissement de cette recherche permanente. Ils y ont réussi à concentrer la quintessence de ce qu'ils cherchent. Et donc comme vocaliste, compositrice et performeuse, elle a atteint son objectif, à l’âge de 60 ans. « Ça valait la peine de faire tout ce voyage », ajoute-t-elle.

A la question de savoir si, à l'époque, elle se sentait appartenir à la vague new-wave, Kim reconnaît que des groupes comme Heaven 17, ABC ou The Human League ont eu une influence importante, mais également Gary Numan, considéré comme le parrain de toute cette vague, et Kraftwerk bien sûr, qui a également bercé sa jeunesse…

Son elpee ‘Here Come The Aliens’ est paru il y a un peu plus d’un an. Il recèle au moins 3 ou 4 hits potentiels. Kim Wilde explique la genèse de l'album « Au départ on disposait de chansons composées par Ricky et sa fille, Scarlet, qui ne m’étaient pas nécessairement destinées. Ensuite je suis allée en Suède où j’ai reçu le concours de Fredrik Thomander et Anders Wilkström (NDR : ils militent au sein du projet Epicenter) pour composer ‘Candy Crush’. Ensuite, Ricky et moi avons écrit la plage titulaire et ‘1969’ ». En général, Kim se charge des mélodies, la 'top line' et écrit les paroles. Par exemple, ‘1969’ était, dit-elle, très stimulante à composer. La base musicale était particulièrement glam-rock, avec un refrain en forme d’hymne pop. Pour elle, c'est la meilleure chanson de l'album.

Votre serviteur s’intéresse beaucoup au nouveau paradigme de la conscience tel qu'on l'observe dans la physique post-quantique, le chamanisme ou les phénomènes paranormaux comme les OVNIs, la télépathie ou les NDE. Une occasion unique de soulever la question auprès de Kim, puisqu’elle a vécu l’expérience d'observation d'un OVNI en 2009 depuis le jardin de sa maison, dans le Hertfordshire, au nord de Londres. Cet événement a eu un impact sur sa carrière, son inspiration et son évolution en tant qu'être humain.

En 1969, alors qu’elle avait 8 ans, elle et toute sa famille ont regardé le premier homme marcher sur la lune à la télévision. Elle a été frappée par cet événement et son père a toujours été obnubilé par le sujet. Il les a emmenés voir le film ‘2001, Odyssée de l'espace’ dans un cinéma imax et donc elle a toujours eu cette connexion avec l'espace. Mais aussi, la lune. Elle a beaucoup écrit sur cet astre.

Donc, elle n’a pas vraiment été surprise quand elle a observé les lumières d'un OVNI. « C'était juste impossible à décrire. Une vision magnifique. » Mais ce qui est intéressant c'est que la première chose qu'ils ont entendue et vue c'était des hélicoptères. Mais ceux-ci étaient clairement brouillés, parce qu'ils ont disparu alors que les lumières ont persisté et ce pour une période assez longue.

Kim estime qu’il s’agissait d’un vaisseau-mère parce que deux autres lueurs, plus petites, suivaient. La grande lumière restait statique et puis, tout-à-coup elle est passée de 11h à 2h très rapidement. Ces appareils étaient peut-être basés sur terre, peut-être dans la zone 51 ou sous les océans, mais en tout cas ce qu’elle a vu ne provenait pas de notre planète.

Cette expérience a changé la vie de Kim Wilde. Et c’est très important. Mais il a fallu du temps avant qu'elle ne comprenne l'impact de la vision.

Elle avait déjà commencé à se rapprocher de la nature, en installant un potager dans sa propriété, mais la vision de l'OVNI a probablement eu une autre conséquence qui lui a permis d’élever son niveau de conscience, son taux vibratoire, pour lui faire comprendre l'importance de la nature. Enfin, c’est une théorie personnelle…

Kim confirme cette interprétation et que cette expérience a eu une incidence positive sur sa vie. Elle ajoute que ce n'était pas une hallucination car toute la population du village a vu les OVNIs ; d’ailleurs, justifie-t-elle, l'événement a fait la une des journaux locaux.

Ainsi, quand on écoute certaines paroles des chansons de Kim, on détecte des sujets liés à la conscience comme dans ‘Rosetta’, par exemple. C'est en effet ce qu'elle ressent. Elle ajoute que sa vie est magnifique pour l'instant. Elle a une nouvelle perspective de l’existence et une autre destination, un nouveau focus. Sans vraiment comprendre de quoi il s'agit mais c'est ce qui l’excite. Quand on compose la musique on peut contrôler mais quand on touche à la conscience et à l'esprit, il faut être guidé par quelque chose ou quelqu’un. Donc, elle se laisse porter et dans la foulée, élève complètement son expérience de vie. Et c'est pourquoi pour Kim vieillir est fantastique : c'est une odyssée, une aventure. Au lieu de se plaindre sur ses 50 balais, bientôt 60, elle s’exclame : « OK, faites venir la suite ! Je veux voir quelle est la destination et profiter au maximum tant que je suis ici. »

Un grand merci aux responsables de la salle Roma à Anvers, à Sean chez mixdown management, Musiczine et DA* (Luminance).

Pour écouter la version audio de l'interview, rendez-vous sur la page mixcloud de l'émission de radio WAVES ici

Photo : David-Alexandre Parquier

 

 

Kim Wilde

Here come the aliens

Écrit par

Quand on évoque Kim Wilde, on pense immédiatement à « Cambodia », « You keep me hangin’ on » et bien sûr « Kids in America ». Des tubes qui ont marqué la première moitié des eighties. Entre 95 et 2005, elle va prendre une longue pause pour élever ses enfants. On ne peut pas dire que son come-back sera fracassant, mais il tient honnêtement la route. Entre-temps, elle se lance dans l’horticulture, publiant sur ce sujet, des bouquins, des articles dans la presse et présentant même l’émission ‘Garden Invaders’, à la BBC, dès 2001.

Elle est donc repartie en tournée, périple qui passait d’ailleurs par le W-Fetival, en août dernier. Et puis vient de publier un nouvel elpee, « Here come the aliens », un disque pour lequel elle a reçu le concours de son frère, Rick Wilde, à la production, ainsi que sa nièce, Scarlett.

Particulièrement entraînant, l’électro/pop « 1969 » traite d’un cataclysme écologique que seul les extraterrestres pourraient éviter. C’est le seul véritable titre intéressant du long playing. Le reste oscille entre bubblegum (Spice Girls, Abba ?), pop mièvre, hymnes contagieux mais déjà entendus et chansons dignes de l’Eurovision. Il y a bien quelques bonnes interventions de gratte et surtout une superbe ligne de basse tout au long de « You’re t’il the end » (Mike Karn ?), mais en général ces excellentes dispositions sont rapidement noyées dans l’expression sonore générale. Un single aurait suffi.

Kim Simmonds

The devil to pay

Écrit par

La naissance de Savoy Brown remonte à 1965. Du mouvement ‘British Blues Boom’ issu des sixties, cette formation est donc une des dernières encore vivante. Bien entendu, du line up initial, il ne reste plus –et depuis bien longtemps– que son fondateur, le guitariste Kim Simmonds. En outre, il y a aussi un bail qu’il s’est installé aux States, dans l'état de New York. Des dizaines de musiciens se sont succédés et près de quarante albums alimentent la carrière du groupe. Pour l'heure, Savoy Brown est réduit à la formule trio. Kim chante et se consacre à la gratte, Pat DeSalvo à la basse et Garnet Green à la batterie. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Subcat à Syracuse (NY). Simmonds signe toutes les plages et assure la production.

Blues lent extrêmement dépouillé, "Ain't got nobody" brille par son originalité. Depuis quelques années, Kim a récupéré le micro. Ce n’est pourtant pas un chanteur extraordinaire ; mais sa voix est particulièrement harmonieuse. Une entrée en matière remarquable, au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, tout en y injectant un max de feeling. Après une longue intro aux cordes, Kim passe aux vocaux sur "Bad weather brewing", une piste plus enlevée, judicieusement imprimée par la section rythmique. Et son ouverture de "Grew up in the blues" adopte un même profil. Kim chante sa passion pour le blues et sa gratte revient constamment à l'avant-plan. Evoluant sur un mid tempo, "When love goes wrong" démontre toute l’expérience du leader. Pas pour rien que le band compte un demi-siècle d’existence ! Il sort son harmonica et double la guitare sur "Oh Rosa", un blues/rock particulièrement subtil. Et ce même s’il n’est pas un souffleur exceptionnel. Caractérisé par ses accents country/blues, le titre maître nous entraîne dans le Mississippi. "Stop throwing your love around" replonge Kim Simmonds dans les 70’s, lorsque Dave Walker était le chanteur du combo. "Snakin'" est une plage instrumentale séduisante, réminiscente de Freddie King. "Got an awful feeling" campe un autre blues indolent, mais empreint d’émotion. Cette manière de créer son solo, de le développer et d’atteindre sa cible, tout en ne dispensant que les notes nécessaires, est un véritable art chez Kim. Armé de sa slide qu’il frotte frénétiquement de son bottleneck, il chante "I've been drinking". Secondé par sa section rythmique, il nous emmène dans le Delta. Kim se convertit au jazz pour attaquer un "Watch my woman". Et si sa technique est irréprochable, il n’en oublie pas pour autant le swing. Un style qu’il poursuit tout au long de "Whiskey headed  baby", une piste singulière et créative. "Evil eye" clôt l’elpee. Une pièce de bravoure. Un blues subtilement teinté de rock. Kim est convainquant au micro. Sa guitare s’envole vers les sommets. Il la fait souffrir, mais plus rien ne peut l’arrêter…

 

Mount Kimbie

La muette de Mount Kimbie…

Écrit par

Depuis la sortie de leur premier album en 2010, « Crooks & Lovers », le duo londonien ne cesse de gravir les échelons. Une expérience acquise au fil des tournées, mais également suite à la réalisation de nombreux remixes pour leurs contemporains. Et notamment consacrés à Foals et The XX. Début 2013, la paire insulaire grave un deuxième opus intitulé « Sketch on Glass ». Un elpee plus pop que le précédent, mais surtout un disque immédiatement acclamé par la critique. Faut dire que le tandem avait bénéficié, lors des sessions d’enregistrement, de deux featurings accordés par le fameux King Krule. Pas étonnant, dès lors, que pour ce set, l’Orangerie affichait une nouvelle fois ‘complet’.

Après un supporting act anecdotique assuré par un autre duo, mais belge, en l’occurrence Palsembleu, les deux musiciens britanniques montent sur l’estrade et s’installent immédiatement derrière leurs machines. Il doit être alors plus ou moins 21 heures. Le set s’ouvre par deux morceaux de dubstep, histoire de plonger le public dans l’ambiance. D’ailleurs, percutées par les rythmes des basses, les têtes ne tardent pas à remuer. Les jeux de lumières sont placés dans le dos des musicos ; aussi on ne distingue seulement que leurs visages. Et on ne peut pas dire que le tandem réunisse des showmen. En outre, le premier quart d’heure de leur set ne casse vraiment pas la baraque, même si leur électro ne manque pas de charme. Heureusement, passé ce démarrage un peu laborieux, un drummer vient rejoindre le line up. C’est alors que Mount Kimbie décide d’attaquer les plages de son dernier long playing. Un opus résolument plus pop voire même rock. Et pour cause, Kai Campos empoigne alors une guitare, puis une basse, le tout alors en alternance, Dominic Maker finissant par l’imiter. Tout en laissant tourner leurs machines. A un certain moment, on se serait cru lors d’un concert de post-rock. Et manifestement pour jongler entre différents instruments, le duo est plutôt habile. Et à en juger par les réactions et les cris qui fusent dans l’auditoire, le public semble conquis. Faut dire que ce cocktail est alors bigrement efficace. Dommage que les deux artistes ne soient pas plus causants. Le discours s’est d’ailleurs réduit à quelques remerciements…

Mount Kimbie attache une importance primordiale à sa musique et la retranscrit parfaitement en ‘live’. Pour le plus grand plaisir des mélomanes. Par contre, question visuel et communication, il y a encore du pain sur la planche…

(Organisation Botanique)

 

Kimbra

Vows

Écrit par

Si Katy Perry et Zooey Deschanel s’envoyaient en l’air en poussant la chansonnette, leur divin enfant aurait toutes les chances de s’appeler Kimbra. Inconnue au bataillon il y a un an et demi, elle doit sa soudaine exposition médiatique au tube « Somebody That I Used To Know » de Gotye, à qui elle est redevable d’une fière chandelle. Quoique... 

« Vows », publié en 2011 dans son Australie natale, s’est frayé un chemin jusqu’en Europe plus d’un an après sa sortie, profitant du succès du morceau mentionné plus haut. Un bien maigre argument de vente, le premier LP de la demoiselle étant loin de répondre aux attentes. Ecoutés séparément, les singles « Settle Down », « Cameo Lover » ou « Two Way Street » sont à priori construits autour d’une pop des plus avenantes. Mais c’est lorsque l’on s’attarde sur toute la longueur de l’œuvre que l’on se rend bien compte du peu d’intérêt de la plaque.

Le joli timbre de voix qui faisait éclater la vérité dans « Somebody That I Used To Know » est, ici, totalement  indigeste. Si bien que s’enfiler les treize morceaux d’affilée s’apparente à une séance de flagellation auditive, tant la chanteuse ne semble pas savoir comment doser ses envolées verbales. Elle en use et en abuse, au point de saboter l’entièreté de « Vows », un disque à des milliers de lieues de la pop subtile que la série de singles déjà publiés pouvait laisser entendre. Grosse déception.

 

Matt & Kim

Sidewalks

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Sur scène, Matt & Kim sont redoutables. Kim cogne sur ses fûts comme s’ils avaient proféré des insultes à son encontre tandis que Matt hurle dans le micro et tapote sur son synthé comme un gosse devant des paquets cadeaux au réveillon de Noël. Lorsqu’on découvre le duo sur les planches avant même d’écouter leur discographie, c’est cette folle énergie que l’on s’attend à retrouver incrustée au cœur de chaque morceau. Mais le résultat des sessions studio est parfois moins probant que leurs délires ‘live’. « Sidewalks » démarre sur les chapeaux de roues par une série de compositions frétillantes, d’hymnes ‘sing-a-long’ donnant envie de parcourir des kilomètres à cloche-pied sans s’arrêter (« Block After Block », « AM/FM Sound », « Cameras »). Sans être des modèles de perfection, les chansonnettes du duo se consomment d’une bouchée.

Arrivé à mi-parcours, Matt Johnson et Kim Schifino s’essoufflent un peu. S’ensuivent une petite série de titres bancals (« Good For Great », « Where You’re Coming From », « Wires ») et manquant cruellement de relief. Il faut dire que les vocalises de Matt ne sont pas toujours les plus harmonieuses et ne se prêtent pas vraiment à l’interprétation de ballades. Ce qui peut déboucher sur des morceaux carrément indigestes (« Northeast »). Le duo se reprend sur la dernière ligne droite grâce à deux tubes potentiels (« Silver Tiles » et un « Ice Melts » qu’Architecture In Helsinki n’aurait pas renié). Si « Sidewalks » ne convainc pas entièrement, sa transcription ‘live’ est, quant à elle, immanquable.

Matt & Kim seront sur les planches de Tour&Taxis pour la Pias Nite du 25 mars.

 

Kim Wilson

Smokin' joint Volume Two

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Le premier opus live solo de Kim Wilson s’intitulait "Smokin' joint". Publié en 2001, sa pochette était illustrée par une paire de chaussures fumantes. L’album réunissait des enregistrements live opérés en deux endroits différents. Tout d’abord, au Rhythm Room (NDR : c’est à Phoenix, en Arizona), cher à Bob Corritone. Puis au Café Boogaloo d’Hermosa Beach, à deux pas de Los Angeles. Ce nouvel elpee n’a été publié qu’en tirage limité. Il a été baptisé "Smokin' joint Volume 2". Et pour cause, il immortalise la suite des sessions ‘live’ accordée au Rhythm Room. Au cours desquelles avaient participé quelques fabuleux musiciens, dont Larry Taylor, Richard Innes, Rusty Zinn et Billy Flynn.

La même paire de chaussures fumantes est reproduite sur la pochette. Kim Wilson se sent chez lui à Phoenix. Il est relax et manifeste une belle assurance. Il s’avance vers le micro et balance au public, un ‘How do you feel tonight ?’ La guitare de Rusty Zinn embraye aussitôt pour attaquer "Same old blues". Ce Blues avec un grand ‘B’, l’équipe va le célébrer pendant une bonne heure. En y manifestant de la bonne humeur tout en y répandant d’excellentes vibrations. Au cours de cette compo, la contrebasse acoustique de Larry Taylor se distingue. Kim sort de sa cartouchière un harmonica et démarre sans attendre, une assez longue introduction à "Take a little walk with me". Le tempo est paresseux. La ligne mélodique ressemble étrangement au célèbre "Sweet home Chicago". Le rythme s'accélère sensiblement lors du "Hands outa my pocket" de Sonny Boy Williamson. Un schéma que n'aurait pas renié Mr Jimmy Reed. Kim est en très grande forme. Il souffle généreusement dans son harmo et étale toute l’amplitude de son registre, face au groove dispensé par le maître percussionniste Dick Innes, le vétéran du Hollywood Fats Band. La progression rythmique s'intensifie encore. Et en particulier sur "I'm leavin' you". J’ignore si c’est Rusty ou Billy qui est responsable de la sortie de cordes, mais elle est remarquable. Un crescendo qui conjugue intensité et finesse. Changement de climat lors du "Learn to treat me right" des Fabulous Thunderbirds. A cause des sonorités trempées dans le delta du Mississippi, des accents métalliques de la guitare et des interventions à l’harmo, subtiles, brèves, mais tellement efficaces. Le Kim Wilson Blues Review met le cap sur la cité des vents (NDR : oui, oui, Chicago). A la slide, Billy Flynn jouit d’une expérience certaine. Il concède un riff cher à Elmore James avant de s'embarquer dans "Blue eyed baby". Ses interventions constituent autant de coups de griffes. Kim souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Nonobstant leur prestige, les collaborateurs manifestent une cohésion stupéfiante. Ce qui n’empêche pas les solistes de prendre leur billet de sortie, à tour de rôle. Et pour cause, ils sont conscients de la capacité des autres musicos, à assurer les arrières. A l’instar de "Date bait", dont l’envol au cordes rejoint la cinquième étoile. Slow blues royal, "Please come back to me" est empreint d’une grande sensibilité. Chicago shuffle, "Born (eyesight to the) blind" est absolument superbe. Sans surprise, Kim se révèle, derechef, disciple de Sonny Boy. Excellent texas blues, "Please don't leave me" trahit un aspect T-Birds indéniable. Kim s’y sent comme un poisson dans l'eau! Bourré de swing, "I'm going home" nous embarque dans un West Coast jump, un aventure au cours de laquelle Rusty jouit de toute liberté pour mettre en exergue son propre style. Le Please don't leave" de Fats Domino nous replonge dans l’ambiance louisianaise. Un style tellement apprécié par Kim. Au cours du "Gumbo blues" de Smiley Lewis, Mr Zinn se déchaîne sur ses cordes. Que du bonheur! Les musiciens sont rappelés pour s’engager lors d’un medley final de plus de 10', au cours duquel, ils vont mêler "I hear you knockin" et "Bring it on home". Un conseil ? Précipitez vous sur le site de Bluebeat Music!   

Joakim

Milky Ways

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Qui est Joakim Bouaziz ? En 2007, il gravait « Monsters & Silly Songs », un disque mêlant habilement disco, post-punk et pop. C’est également un ingénieur du son notoire. Il a ainsi opéré des remixes, entre autres, pour Cut Copy, Simian Mobile Disco, Annie et Poni Hoax. Et puis il est également le fondateur du label electro mythique Tigersushi.

Le nouvel elpee du Parisien est très surprenant. Parce que sa musique ne correspond en rien à la description formulée dans le premier paragraphe. Les 8 minutes du titre d’ouverture, « Back To Wilderness », donnent le ton. Imaginez Black Sabbath passé au post-rock ! Original. Malheureusement, le morceau ne décolle jamais réellement. Trop brouillon, pas assez d’âme et trop peu de passion. Si le modèle de Joakim était Sunn O))), c’est raté. Et la majorité des plages de « Milky Ways » tentent différentes approches du métal. C’est audacieux, mais le sens mélodique est cruellement absent. Pire encore, « Fly Like An Apple » est tellement dissonant qu’il en devient désagréable à l’oreille. Le sommet de l’horreur ! Même le morceau disco, « Love & Romance & A Special Person », est poussif. Il faut attendre « Spiders », caractérisé par ses chœurs féminins (NDR : le premier single officiel), pour enfin entendre quelque chose de convenable et un semblant d’harmonie. Et après écoute attentive, il faut reconnaître que cette compo électro pop est manifestement réussie. Tout comme « Travel In Vain », par ailleurs. Une chanson du même style. Un style qui semble beaucoup mieux correspondre au Français. C’est d’ailleurs cette direction qu’il aurait tout intérêt à emprunter…

« Milky Ways » constitue donc une mauvaise surprise. Cette odyssée dans la voix lactée est éprouvante et dérive sans le moindre but. Joakim y expérimente (NDR : ou pastiche ?) une multitude de styles : psyché, krautrock, blues, new wave, etc. ; que certains illuminés ont déjà baptisé ‘psyché-disco’. Mais il s’y révèle rarement convaincant. Même les fans irréductibles du Français risquent de déchanter. Joakim a beaucoup d’imagination, il faut lui concéder ; cependant, il aurait tout intérêt à la canaliser afin de rendre sa solution sonore, au moins cohérente. Une grosse déception. N’est pas Can qui veut.

 

Kim Field

Blue smoke

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Agé aujourd’hui de 57 ans, Kim Field est issu du Nord-ouest américain. De Seattle très exactement. Avant d’opter pour l’harmonica, il était d’abord trompettiste. Chanteur et guitariste, aussi. Une décision qui date quand même de 1968. A l’époque, il avait été impressionné, lors d’un trip à San Francisco, par la prestation de James Cotton et de Paul Butterfield. Un événement qui va orienter son choix.

Il a entamé sa carrière à New York, chez les Sting Rays. Revenu chez lui à Seattle, il s’associe au chanteur noir Isaac Scoot, en compagnie duquel il signe deux albums. Puis au guitariste Louis X Erlanger (NDR : un ancien partenaire de Mink Deville) pour fonder les Slamhound Hunters. Le combo tourne en Europe et aux States et commet deux elpees : "4/1 mind" et "Private jungle". Kim a également écrit un livre consacré à histoire et au rôle joués par l'harmonica dans la musique américaine : "Harmonicas, harps and heavy brothers".

Le Mighty Titans of Tone constitue son dernier projet en date. Le line up implique le guitariste Steve Yonck, le bassiste Brady Millard-Kish (NDR : deux ex-Hudson Blues Band), le chanteur/drummer Billy Spaulding et un second guitariste qui double au chant, Eric Daw. " Blue smoke" est le tout premier opus du combo. Un ‘live’ ! Il a été immortalisé en septembre 2008, au Highway 99 Blues Club de Seattle. Pendant plus d’une heure, le combo alterne compositions personnelles et solides reprises.

Le quintet ouvre les hostilités par le "Texas Hop" de Pee Wee Crayton, un west coast blues très rythmé. Les cordes de Steve Yonck mènent la danse. Steve a manifestement bien intégré les techniques de ses maîtres ; et en particulier Hollywood Fats ou Junior Watson. Autre instrumental, la cover du "Don't lose your cool" d'Albert Collins opère un changement de style. Pour la circonstance, Eric Daw se révèle un excellent élève dans la technique du picking chère au Maître de la Telecaster! Kim Field entre en scène et s’installe derrière le micro pour attaquer une version engagée du "Good good lovin" de James Brown. Il sort enfin l'harmonica de sa poche et souffle aussi vigoureusement que clairement. Il embraie par "The girl that radiates that charm", une composition signée R and J isle, popularisée par Lynwood Slim et Mark Hummel. Et la sienne tient tout aussi bien la route, bénéficiant pour la circonstance d’excellents échanges de soli entre Kim et Steve. Imprimé sur un tempo très lent, le titre maître est ballade instrumentale dont la mélodie est, ma foi, fort jolie. Field est doté d'un fameux organe vocal. Une aptitude qui lui permet de parfaitement s’adapter aux schémas R&B. A l’instar de "It hurts to be in love", du "You're losing me" de BB King ou encore d’"Unchain my heart". Les deux autres vocalistes reçoivent leur instant de gloire. Tout d’abord Eric Daw. En interprétant le blues lent "A fool for you", une compo issue de la plume de Ray Charles et caractérisée par une très bonne sortie sur les cordes. Et puis Billy, le drummer. Il se réserve une version très R&B du "You belong to me" de Magic Sam. Field et son ami local Henry Cooper ont coécrit "Dis pas ça". Rock'n'roll zydeco, ce moment de bravoure se révèle très participatif. Enfin, la reprise du "That's the chance you've got to take" de Johnny Guitar Watson est de toute bonne facture. Pour un travail d'artisan, le résultat est vraiment remarquable…

 

Kim Wilson

My blues sessions : Kim's Mix Vol I

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Kim Wilson est incontestablement un des plus grands harmonicistes blues de la planète. Et il l’a démontré aussi bien chez les Fabulous Thunderbirds que tout au long de sa carrière personnelle, radicalement et authentiquement blues ! Natif de Detroit, Kim est aujourd'hui âgé de 56 ans. Il a passé sa jeunesse en Californie, mais son aventure musicale n’a réellement commencé qu'en 1974 ; c'est-à-dire lorsqu'il s’est fixé dans le Texas. A Austin, très exactement. Il y fonde les Fabulous Thunderbirds en compagnie du guitariste Jimmy Vaughan.

En 1997, Kim avait commis son deuxième elpee solo. Intitulé  "My blues", il était paru sur le label Blue Collar. Le présent album a été réalisé par Kim en personne. Il réunit des sessions datant de l'enregistrement de "My blues" et épingle des versions alternatives de titres issus de l’opus ainsi que des plages inédites. Un petit trésor pour les nombreux admirateurs de l'artiste. Sur ce Cd, figurent sept plages qui figuraient sur l'album originel, mais aussi autant de titres non retenus pour la plaque.

Elle aligne d’emblée deux prises différentes et alternatives de "Oh baby". Un shuffle bien nerveux marqué par l'harmonica. Impérial, cet instrument dirige toute la manœuvre. Je préfère cependant la version qui ouvre le disque. Plus courte, son impact est plus direct. On imagine même facilement l'artiste se produisant juste devant nous. Faut dire que son blues sans la moindre fioriture est interprété avec tellement de présence et d'autorité. Bénéficiant du concours de deux cuivres, en l’occurrence Tom Fabre au saxophone et Scott Steen à la trompette, "Everything I do is wrong" amorçait l’elpee "My blues". Sans guitare, cette plage mettait en exergue le talent d’un Fred Kaplan étincelant et virevoltant devant son piano et une section rythmique chargée de groove, constituée de Larry Taylor et Richard Innes. Les mêmes musiciens sont reconduits pour attaquer l'instrumental "Hop, skip and jump". Entre les deux versions de "Tryin' to make a livin'", la seconde semble la plus saignante. Faut dire qu’elle implique le concours très perceptible du grand Junior Watson aux cordes, dont l’intervention ici est tout à fait exceptionnelle. Rusty Zinn coopère aux cinq derniers morceaux dont "Gumbo blues" et "Break it up". Adepte du style de Junior Watson, il se révèle particulièrement brillant. Cheval de bataille des concerts de Kim Wilson, "Tell me why" est le théâtre de la plus époustouflante partie de musique à bouche! La claque! Et puis, le tracklisting réunit également des compos qui n'ont pas passé le cap de la sortie officielle de l'album. Tout d’abord "Bea's boogie". Bien entendu un boogie. Un boogie marqué par la versatilité du pianiste et la sortie sur le fil du rasoir de Jr Watson. "Irene" ensuite. Un swamp blues proche de Guitar Slim. Imprimé sur un tempo particulièrement paresseux, il semble sortir des faubourgs de Baton Rouge. Un style qui colle à la peau de Kim. "Mambo crazy" est une plage instrumentale percutante. Dynamisée par le rythme exotique du mambo, elle frôle la perfection. Kid Ramos est impressionnant à la guitare. Les changements de rythme sont bien huilés. Les roulements de caisse d’Innes irréprochables et l'harmonica chromatique de Wilson au sommet de son art. Le riff d'Elmore James, imposé par le Kid sur sa slide, sculpte le chicago blues classique "Blues eyed baby". "Born blind" est un exercice de style proche de l'un des maîtres de Kim : Sonny Boy Williamson II. En particulier son "Eyesight to the blind". Et pour être complet, sachez que l’œuvre recèle encore deux instrumentaux, "Come and git it" et le titre final, modestement intitulé "Instrumental Take 3". Cet album ne bénéficiera pas d’une distribution officielle. Vous pourrez cependant vous le procurer lors des concerts accordés par Kim ou en vous branchant sur le site de Bluebeat Music. Il devrait être suivi par deux autres volumes. Fans de Kim, soyez attentifs!

Joakim

Monsters & Silly Songs

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Bienvenue dans l’antre électronique des ‘monstres et des chansons idiotes’. Aussi inquiétante et sombre qu’elle soit, il n’est pas question de fuir. Au contraire, on aurait tendance à s’y précipiter tête la première, sans se soucier de ce qu’il pourrait arriver. Et on s’y enfonce avec délectation jusqu’à destination. Attendus de pied ferme par Joakim et son orchestre de créatures nocturnes inquiétantes, on se laisse soudain envahir par un sentiment d’insécurité tandis qu’un sombre « Sleep In Hollow Tree » se dégage du fond de cet antre.

A-t-on fait le bon choix en y pénétrant ? La confirmation ne tarde pas. En voyant débarquer des visiteurs impromptus, le maître des lieux et ses musiciens insolites enchaînent sur des « I Wish You Were Gone », « Three Legged Lantern » et autres « Peter Pan Over The Bronx » déconcertants. Nous aurait-on menti ? Les ‘chansons idiotes’ dont il est question n’étaient-elles qu’une vilaine légende ? Pas de doute. « Drumtrax », « Love-Me-2 » et « The Devil With No Tails » constituent à eux seuls la raison pour laquelle tous ceux qui se sont aventurés dans l'angoissante propriété de Joakim n’ont jamais été revus. Hypnotisé par l’ensemble, il devient impossible de ne pas se proposer en offrande à sa horde de monstres qui s’en délecte d’avance…

 

 

Kimya Dawson

Remember That I love you

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On se souvient d’un temps (que les moins de 20 ans...) où Kimya Dawson s’affublait d’un costume de lapin géant tout en donnant la mesure au jeune Adam Green. Ce dernier, déguisé en Robin des bois, accompagnait Kimya au sein des regrettés Moldy Peaches. Mais Adam Green devait en avoir assez de cette scénette anti-folk, marre de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Préférant prendre aux riches pour devenir riche, Adam Green abandonna Kimya et Robin s’évada dans les bois pour la carrière solo qu’on lui connaît. Trop sensible, intègre et effacée, Kimya préféra s’engager dans la continuité de ses premiers essais discographiques. Perpétuant la tradition anti-folk délaissée par Adam Green, la voici aux commandes d’un cinquième album solo : « Remember That I Love You ». Après avoir sorti de nombreux disques lo-fi autoproduit, elle récidive par l’entremise de douze titres lorgnant sur les cordes d’un folk urbain. Ce nouvel album de Kimya Dawson ne change guère la donne. L’univers est identique, inamovible. Mais ce disque sent le soleil, les relents des pots d’échappement new-yorkais. Si la notion même d’anti-folk se cherche toujours une définition, il s’agit certainement du pendant le plus citadin de la musique folk. Et, à ce titre, Kimya demeure une des figures de proue de ce mouvement musical. « Remember That I Love You » n’est pas le meilleur enregistrement de Kimya. Mais l’intitulé même de ce disque constitue une confession poignante. On s’en souviendra...

Kim Simmonds

Struck by lightning

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Le leader charismatique du british blues band Savoy Brown est aujourd’hui âgé de 57 ans. Ce Gallois d'origine vit cependant depuis bien longtemps près de New York, avec sa famille. Au fil du temps, il s'est assagi et se réserve des moments plus personnels, plus intenses, dans un monde acoustique, sans la moindre amplification. Il a ainsi commis "Solitaire" en 1997 et "Blues like midnight" en 2001. Deux elpees, enregistrés en solo, vous vous en doutez.
 
Ce nouvel opus trempe encore dans l’univers de l’unplugged. Kim ouvre cette plaque par le titre maître. Il est à la recherche de la vérité, et sous l'emprise des artistes de Fat Possum, le challenge n’est pas évident à accomplir. La guitare est très claire. Seules quelques timides percussions colorent cette plage. Il est soutenu par une section rythmique constituée de Dennis Cotton à la batterie et de Pat Desalvo à la basse acoustique, pour attaquer "Then last train has gone". Une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Il se rappelle ses jeunes années passées au Pays de Galles, lorsqu’il admirait les machines à vapeur alimentées au charbon local! Blues lent, envoûtant, "The truth comes on" est une chanson personnelle marquée par l'apparition de Mark Nanni (de Los Blancos) au piano. "Ain't no free" est une plage issue du répertoire de NRBQ que Kim avait déjà interprétée lors des concerts de Savoy Brown. Il en donne ici une version acoustique, très riche dans le jeu de cordes. Il reprend une ballade blues composée dans les années 20 par Pettie Wheatstraw. Un bluesman décrit comme le beau-fils de Satan bien avant que Robert Johnson ne vende son âme au même diable. Elégante, cette plage est illuminée d'un bref solo que soulignent les accents métalliques du dobro. La reprise du "So glad you're mine" d'Arthur Crudup marque un changement de style. A ses débuts, Elvis Presley l’avait adapté sur le ton rock, à l’instar de "That's alright mama". Respectueux de la version blues originale, Simmonds y étale une classe certaine. Son "My home is a highway" traite du sort des sans-abri. Il s’agit probablement de la plus belle page de l'œuvre. Un blues fragile marqué par la pureté de son jeu de guitare. L'elpee est agréable, même s'il n'est pas bouleversant. Et recèle encore de très bons moments. A l’instar de "Living in New York" et de la finale, une version différente du titre maître. Brute, très naturelle, elle est issue de la démo originelle. Néanmoins, je préfère de loin le Kim Simmonds électrique ; celui qui dirige Savoy Brown depuis près de quarante ans. Excusez du peu!

Akim El Sikameya

Aïni

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Violoniste originaire d’Oran, Akim est un spécialiste de musique arabo-andalouse. Ce style musical est nettement exploré sur ce second album, mais enrichi de salvatrices entorses à la tradition et de multiples emprunts aux autres musiques (latino, soul, funk). Ajoutez-y un logique parfum ‘raï’, car n’oublions pas qu’Oran a vu naître ce courant musical qui a conquis la jeunesse algérienne (dans un premier temps) et la France (remember 1, 2, 3 Soleils), et vous aurez une idée plus ou moins exacte de l’univers sonore au sein duquel baigne cet opus. Entièrement chanté par le violoniste, « Aïni » oscille entre plages mélancoliques (« La’miss », « Wissal ») et plages plus festives où les cuivres ont la part belle (« He Mama », « Ayli », le très soul « Ya habibi ya lil »). Si on regrettera la production un peu sage, cet excellent opus parvient tout de même à séduire grâce à de très bonnes mélodies. Et sans effets de manche. Ce qui est assez rare pour être signalé.

Kim Wilson

Lookin´ for trouble!

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Kim Wilson est incontestablement un des plus brillants et des plus populaires bluesmen contemporains. Jadis, il impressionna le légendaire Muddy Waters pour son extraordinaire talent à l'harmonica, alors qu'il débutait dans son groupe déjà mythique, les Fabulous Thunderbirds. Il est né en 1951. A Detroit, dans le Michigan. Il a grandi en Californie et a tout naturellement émigré au Texas, dans les années 70. A Austin, très exactement. Kim mène aussi aujourd'hui une carrière individuelle ; mais il prend toujours soin de s'entourer d'excellents musiciens, en compagnie desquels il a notamment commis "Tigerman", "That's life" et "My blues". Il a signé chez MC au début de ce nouveau siècle. Pour lequel il a enregistré le 'live' "Smokin' joint", "Memphis barbecue sessions" en compagnie de Big Jack Johnson, l'an dernier, et enfin, " Lookin' for trouble', son premier album studio en six ans.

La première plage laisse augurer une suite fort intéressante. Véritable brûlot, "Looking for trouble", nous plonge dans une ambiance boogie rock'n'roll. Un son pourri se dégage des cordes. Le piano de Mark Stevens (aujourd'hui impliqué au sein de Roomful of Blues) frétille. "Tortured" est un R&B cuivré, ficelé à la manière des shouters de Kansas City. La voix de Kim est autoritaire. Proche du style de Luther Tucker, la guitare de Troy Gonea réussit un parcours sur le fil du rasoir. L'harmonica est ici manifestement influencé par la West Coast. L'instrument chromatique évolue sur l'axe Chicago Los Angeles, à l'instar d'un George Smith des meilleurs jours. Swing et jump investissent "Hurt on me". Constitué de Jon Ross à la basse et du professeur Richard Innes à la batterie, la section rythmique étonne par sa légèreté. La section de cuivres est très efficace. Pas étonnant lorsqu'on sait qu'on y retrouve de fameux clients tels que "Sax" Gordon Beadle au sax ténor, Doug James au sax baryton et Scott Aruda à la trompette ; une armada que complète sans faille le jeu du maître à l'harmonica! Le solo dispensé à l'harmo est d'une classe indiscutable. Avec Kim, tout semble si facile! Direction Chicago et le South Side pour "Money marble and chalk" dont l'introduction sonne tellement proche du Muddy Waters Band. Il est vrai que ce fragment est issu de la plume de Jimmy Rogers. Le jeune Troy Gonea a parfaitement assimilé le jeu des vieux maîtres. Le son de l'harmo est particulièrement bien rendu. L'émotion et l'intensité qui se déversent peuvent nous rappeler le meilleur Big Walter Horton voire Junior Wells… entre autres. Toujours confiné dans la cité des vents, il reprend "Love my baby" de Willie Dixon, dans un style pur jump. Toute la machine est bien huilée. Le piano de Mark Stevens se fond dans la section rythmique. Gonea étale toute sa virtuosité devant les petits riffs de cuivres. Shuffle bien marqué, "Love attack" opère un changement de rythme. La section rythmique est d'acier, l'harmonica n'a plus qu'à s'envoler, et Monsieur Wilson ne se fait pas prier. Sur cet axe Chicago Austin, il manifeste sa parfaite intégration du meilleur Little Walter. Il embraie immédiatement par "F Fat", un instrumental à couper le souffle. Kim poursuit son voyage vers la Nouvelle Orleans. Sa palette est très diversifiée. Ses musiciens n'ont pas froid aux yeux. Ils s'attaquent au répertoire de Dave Bartholomew avec aisance, à l'instar de "Hook line and sinker". Gordon Beadle y est intenable sur son sax ténor. Cosigné par Wilson et Danny Kortchmar, "Hand to mouth" date sans doute de leur collaboration accordée, voici quelques années, aux Fabulous Thunderbirds. Cette longue épopée hypnotique est imprimée sur un rythme cher à Howlin' Wolf. Le climat de l'album continue à voler très haut tout au long de "Sometimes. Inspirée par le BB King des débuts ou encore par un Otis Rush au sommet de son art, la guitare de Gonea est très saignante. Ce blues très rythmé et nerveux fait très forte impression. Nous demeurons dans le Chicago de la grande époque pour le "Tried to ruin me" de Snooky Pryor. Le rythme force l'admiration. Mark Stevens pianote comme un des ténors des ivoires. Et je pense tout particulièrement à Sunnyland Slim. Heureux comme un gosse, Kim reprend la plage titulaire de l'album ; mais pour la circonstance comme un shuffle texan. Nous sommes ici très proche des T-Birds des débuts. Un véritable régal ! Kim souffle comme un dieu, avec puissance, profondeur, passion et plaisir. Le swing n'est pas abandonné. Il est omniprésent sur "Down with it" de L.C McKinley. Gonea y est impérial. Autre titre victorieux, le boogie "Highline" affiche un maximum de vigueur dans le jeu d'harmonica, pendant que les cuivres et le piano le suivent à la trace. Ce superbe album s'achève par un instrumental à la tonalité jazz. Stevens y va de son Jimmy Smith à l'orgue et Troy s'emballe une dernière fois dans le swing. Ce " Lokin' for trouble " figurera sûrement parmi les meilleurs albums de l'année 2003.

 

Joakim

Fantômes

Après avoir commis un premier album assez proche des délires free jazz de Sun Ra, Joakim (alors Joakim Lone Octet) aurait pu passer pour un drôle de zigue, à l'instar d'un Arnaud Rebotini ou d'un Sébastien Tellier… A l'heure qu'il est, le Français semble avoir retrouvé la raison. Moins casse-tête, plus accueillant, ce disque sympa en est la preuve. Pourtant, en intro (" Into "), le boss de Tigersushi voudrait encore démontrer son savoir-faire : ces xylophones hypnotiques, on dirait presque Steve Reich ! Mais dès les premières notes d'" Are You Vegetarian ", on remise nos critiques au placard : c'est bien sur le dance-floor, et pas en classe de l'IRCAM, que Joakim veut nous emmener. Cette basse, ces " claps " en cadence, ces bleeps de laser : depuis Metro Area, on n'avait plus entendu pareille house, intelligente et entraînante, qui s'adresse aussi bien au cerveau qu'à nos guiboles. La suite ressemble à un film noir. Katerine, en acteur inquiet, se demande quelle mouche a piqué " John " : une sombre histoire à la Melville qui met en scène François de Roubaix aux claviers et Alan Vega dans l'ombre. Egrenant doucement ses notes de piano sur des nappes bruitistes à la Pole, " L'amour c'est pas pour les caniches " n'est pas moins cinématographique. Mais la piste nous rappelle, avec " Cotton Gun " et son beat à la Carl Craig (Innerzone Orchestra ?) : c'est le quart d'heure américain, avant la pause punk funk et ses vocodeurs eighties (" The Minimum of Life "). Sur " Resistance on an Island ", Joakim nous refait une démonstration de musique répétitive, mais passée au filtre house : 8'30'' de bonheur. " Come Into My Kitchen " frise l'exercice elektroklash tendance Playgroup, comme si le Français voulait montrer à tout prix son éclectisme… Pour conclure, deux morceaux calmes, à l'hébétude reposante. A l'arrivée, tout le monde est content : on en a eu pour notre argent.

Kim

Married on

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Ce musicien bordelais compte déjà la bagatelle de 11 albums à son actif. Un multi-instrumentiste (piano, guitare, basse, claviers, melodica, chant, drums, harmonium, samples,…) qui sévit également au sein de Combinaison, un trio impliquant également Hugo (membre de Calc) et Gwen (de le Havre).

Pour enregistrer cet opus, Kim s'est quand même entouré de quelques musiciens de studio. Pour y jouer de la trompette, de la flûte traversière et du violoncelle. Ainsi que de deux choristes féminines. A l'origine, les 8 titres de ce disque ont été composés au piano. Ce qui explique pourquoi la ligne conductrice de cet elpee repose sur cet instrument. Ce qui n'empêche pas l'expression sonore d'être très riche. Kim traite le thème du titre maître sous trois formes. Ils sont intitulés " Married on ", "Married out (part 1) " et " Married out (part2). Il en conserve, à chaque reprise le refrain. Un refrain contagieux tramé sur le piano/cabaret, qu'il accompagne parfois au chant. Un refrain qui lui sert, en quelque sorte, de rampe de lancement pour s'évader dans l'univers du prog rock. Celui de Robert Wyatt voire de Hatfield and The North, c'est une certitude. A cause des vocaux éthérés, des claviers atmosphériques et des cuivres jazzyfiants. De Weather Report, lorsqu'il s'abandonne dans le free jazz. A l'instar du troisième exercice de style. Même si au beau milieu de cette longue odyssée sonore, la musique glisse dans le monde du King Crimson circa " In the Court of The Crimson King ", voire de " Lizard ". Même la batterie me fait penser à Michaël Giles et la trompette à Ian Mc Donald. Une technique aux drums qu'il reproduit chez la ballade " Rome for lady eight ". Le prog est encore présent pour " Lady eight melodin sane ". Celui du Floyd. Un peu comme s'il voulait réaliser la fusion entre " More " et " Atom heart mother ". Polyphonies vocales, percussions robotiques et piano déchiré entre arpèges symphoniques et expérimentations contemporaines justifiant cette impression. Dans le même style, les 12 minutes du tendre et romantique " Rome for melodin sane " me semblent un peu tirées en longueur. C'est sans doute le seul reproche que l'on puisse faire à ce disque. Car il recèle encore, à travers " Sexy lady lane ", un titre allègre, sculpté délicatement dans le funk blanc, qui ondule sur le postcard d'Orange Juice. Et puis chez " If Molly can work ", un track que Pavement aurait pu écrire s'il avait opté pour le psychédélisme plutôt que la lo-fi. Etonnant que cet artiste soit aussi méconnu…