L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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L7

The beauty process: triple platinium

En 1994, on ne donnait plus très cher de la peau du groupe de filles le plus redoutable de la scène rock yankee. Surtout lorsque Jennifer Finch, membre fondatrice, décida d'abandonner ses copines pour reprendre les études. Heureusement, l'arrivée de Gail Greenwood, bassiste qui avait sévi trois ans au sein de Belly, va donner une nouvelle impulsion à L7. Et surtout à sa musique. Bien sûr, sur ce nouvel opus, on y retrouve encore une majorité de compositions féroces, sauvages, tribales, taillées dans le métal. Et puis, les lyrics, que se partagent aujourd'hui les guitaristes/vocalistes Donita Sparks et Suzi Gardner continuent de traiter de sexualité, d'alcoolisme et de politique. Mais on découvre sur certaines chansons, une sensibilité pop plus perceptible, un registre mélodique plus étoffé, que nous ne leur connaissions pas. Comme sur les excellents " Drama " et surtout " Moonshine ". Une texture instrumentale beaucoup plus fouillée aussi. A l'instar du très intense " Non-existent Patricia " ou du remarquable " Bitter wine ", où la basse pulsante, aquatique de Gail, fait absolument merveille... Et plus étonnant encore, ce disque s'achève sous la forme d'un clin d'œil adressé au country & western, " Lorenza, Giada, Alessandra ". Même D.A.D. devrait apprécier!

 

L7

Hungry for stink

Les quatre filles de ce quartet californien (Los Angeles) sont de véritables phénomènes. Pas seulement parce qu'elles s'éclatent au sein d'un groupe de heavy metal sauvage, tribal et dévastateur. Mais parce qu'elles militent activement aux States pour la dépénalisation de l'interruption de grossesse. Elles ont même fondé un mouvement, ‘Rock For Choice’ destiné à préserver les droits constitutionnels des femmes. Ce qui explique sans doute pourquoi leur activisme féministe fait tant de vagues au Pays de l'Oncle Sam. L7 en est aujourd'hui à son troisième opus, si on ne tient pas compte du mini elpee "Smell The Magic". Plus sournois, plus basique, il épouse plus systématiquement le fameux tempo 4/4 des Ramones. Sans quoi on y retrouve les célèbres riffs de guitare piqués de feedback et puis surtout la voix ‘lyndonesque’ de Donita. En outre son titre délibérément ambigu a fait et fera encore l'objet de spéculations salaces...

 

L7

En Amérique, on a un autre sens de l’humour

Écrit par

Après avoir publié un "Bricks are heavy", produit par Butch Vig, qui les a révélées au grand public mais dont elles disent le plus grand mal aujourd'hui (‘trop propret, bidon’), les filles de L7 présentent leur nouvel album ("Hungry for stink" chez Phonogram), mais réfutent toujours l'étiquette grunge qu'on leur a collée sur le dos. Dee Plakas, la drummeuse du groupe, justifie son raisonnement.

On est ensemble depuis 8 ans, bien avant que quiconque ait entendu parler de Sub Pop et du grunge. Le grunge, ce n'est qu'une étiquette simplificatrice !

Votre album a été enregistré au moment du tremblement de terre de Los Angeles. Mais ce séisme a-t-il influencé votre travail ?

Franchement, je ne le crois pas. Nos chansons étaient écrites avant. On a juste été freinés dans notre élan. Notre matos est tombé par terre et a été endommagé. Résultat : on a pris du retard sur le planning prévu. Mais rien de plus...

Vous avez, cette fois, fait appel à Garth Richardson, le producteur de Rage Against The Machine...

Il est très différent de Butch Vig avec qui nous avions travaillé pour "Bricks are heaven". Par exemple, il n’aime pas utiliser des casques de retour ; il préfère un bon gros bon gros baffle qui crache fort. Dès lors, en studio, on s'est senties vraiment comme sur scène, sans casque sur la tête et mais beaucoup de boucan autour de nous. C'est ce qui nous convenait comme manière de travailler. Et puis, on a enregistré au sein de trois studios distincts. J'ai donc joué de la batterie dans différentes pièces, ce qui donne un son chaque fois différent. Les grandes pièces donnent un son large, les petites un son, disons plus ‘étroit’...

Le ‘Tampon-jet’

Votre bio parle d'une provocation...

Vraiment ? Quoi ?

On relate que Donita au festival de Reading a jeté un tampax dans le public...

Oh, la belle affaire ! C'est sans importance. Donita l'a fait, mais il faut remettre son geste dans le contexte. La foule nous envoyait de la boue sur la gueule ! Donita n’a pas du tout apprécié d’être ainsi traitée, ne comprenant pas, sur le moment, qu'en fait, il s'agissait pour le public d'une manière de manifester son enthousiasme ! Bon, toute cette boue sur sa guitare, ça l'a fait chier et elle a réagi instinctivement. Elle a pensé que ce serait rigolo d'envoyer son tampon... Les gens ont essayé d'attraper le projectile au vol, un spectateur l'a saisi et s'est rendu compte de ce que c'était...

Pourquoi le mentionner dans la bio, si vous estimez que c'est ‘sans importance’ ?

On ne l'a pas écrite nous-mêmes, cette bio. Je suppose que certains estiment ce geste provocateur... Pour nous, c'est simplement marrant. Peut-être qu’en Europe, les gens comprennent-ils mal cette attitude ? En Amérique, on a un autre sens de l'humour qu'ici. Crois-moi, lancer son Tampax, ce n'était pas une prise de position politique.

Camel Lips

Vous apparaissez dans "Serial Mother", le dernier John Waters. C'était votre premier rôle dans un film?

Oui, j'ai un grand respect pour John et toutes, nous sommes des grandes admiratrices de son style, ça va sans dire. Mais j'ai aussi une grande considération pour les acteurs. On doit se lever très tôt le matin et on passe la plupart de son temps assis à attendre très, très longtemps, tout en ayant sur soi un maquillage ou un costume. C'est pas toujours marrant ! Nos habits avaient été spécialement coupés pour nous. Des pantalons très, très étroits ! Dans le film, notre groupe s'appelle les Camel Lips.

Pourquoi John Waters vous a-t-il demandé de jouer dans son film et comment est-il parvenu à vous convaincre d’accepter la proposition ?

Apparemment –enfin, c'est ce qu'on nous a dit–, il nous apprécie et avait écouté notre premier CD. Quand il a écrit les scènes avec le groupe, il pensait à nous pour le rôle, il a donc contacté notre agent. On a lu le script, qu'on a trouvé rigolo. Voilà... je pense qu'on s'est bien défendues. Bien sûr, pour nous, c'est une bonne promotion, même si dans le scénario, on ne se comporte pas comme L7 ; là, on est très métal, très cliché, très femelles, aussi...

Un peu comme dans Spinal Tap ?

Je n'y avais pas pensé, mais je crois que la comparaison est tout à fait justifiée.

Tu t'intéressais au cinéma avant cette expérience?

Bien sûr, je suis d'ailleurs une grande collectionneuse de bouquins sur le Hollywood de la grande époque. Je suis fascinée pour tout ce glamour : Gene Harlow, Clark Gable, Greta Garbo, des gens comme ça... Et puis, je possède des cassettes vidéo. Avec mon mari, il nous arrive souvent de rester au lit et de se brancher sur une chaîne télé qui ne diffuse que des vieux films de ce style, comme "Casablanca", par exemple… j’aurais bien voulu vivre dans les années 30!

Tu es riche?

Oh non ! Tu as entendu parler de cette chanson des Replacements : "One foot in the door, the other foot in the gutter" ? Eh bien, c'est nous ça : les gens nous ont entendues, commencent à nous apprécier, mais il nous reste un pied dans la gouttière ! On vit toutes dans de petits appartements au milieu de quartiers miteux. Peut-être que grâce à notre nouveau disque, on pourra déménager ! Parce que je n'en fais pas de mystère : j'aimerais être plus riche et je serais heureuse de m'acheter une chouette petite bicoque dans un beau coin tranquille où je pourrais promener mon chien...

Tu as un chien ?

Plus maintenant, ma chienne vient de mourir. Tu ne devineras jamais comment elle s'appelait : 'Jah Wobble’, comme le bassiste de Public Image ! Quand elle était petite, elle était toute chancelante (‘wobbly’ en anglais) et comme j'étais, à l'époque, une grande fan de PIL...

(Article paru dans le n°26 du Magazine Mofo de septembre 1994)