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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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The Fresh & Onlys

Wolf Life Down

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Quelques mois après avoir publié son dernier opus solo (NDR : l’un des plus beaux secrets cachés de 2017, soit dit en passant…), Tim Cohen nous propose une nouvelle livraison en compagnie de son groupe, The Fresh & Onlys. Même si la musique continue de naviguer quelque part entre psyché/rock, garage/pop et new wave, elle est davantage électrique.  

« Wolf Life Down » constitue le 7ème elpee de la formation issue de San Francisco. Découpé en 9 pistes, il s’inscrit dans la lignée de sa discographie précédente. Mais si ce nouveau chapitre n’est pas de nature à révolutionner l’univers sonore des Californiens, entre distorsions fuzzy (« Wolf Life Down »), moments plus paisibles (« Walking Blues ») et morgue country, (« Black Widow »), il démontre encore que ces vieux routiers de la Bay Area excellent dans l’art de torcher de solides compos… 

 

Ulysse

Pas étonnant qu’Ulysse ait décroché un Octave de la musique, en 2016, dans la catégorie ‘Electro’ !

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La soirée avait été décrétée soldout depuis un mois. Au programme, un double affiche, FùGù Mango et Ulysse. Des groupes belges émergents, dont l’organisation, l’ASBL Silly Concerts, leur sert en quelque sorte de tremplin…

Ulysse réunit Arnaud Duynstee, Benoît Do Quang, Julien Gathy et un nouveau drummer, Martin Grégoire, qui a milité également chez Glass Museum, Rince Doigts et Perils Of Penelope. Après deux Eps, le quatuor a publié un nouveau single, « Manana », en octobre dernier.

Une intro préenregistrée précède la montée sur les planches des musicos. Le set s’ouvre par « Cashmere Guns ». En couches, les nappes électroniques sont presque homériques. Et les harmonies vocales, sucrées, éthérées. Un titre au cours duquel la gratte s’immisce discrètement. Changement d’instrument et de place pour les 3 frontmen avant d’aborder « Liquefy » et « Thunder », deux morceaux aux percus enivrantes. Benoît se consacre à la guitare tout au long du paisible « Cactus Blood », un titre qui pourrait tout aussi bien être interprété ‘unplugged’ ou carrément a cappella. « 1000 Sirens » est tout aussi calme, mais se révèle propice à l’étreinte de couples, sur la piste de danse. Vu le peuple présent, c’est impraticable !

Dominé par les ivoires, « Witness » se distingue par ses harmonies vocales atmosphériques, avant que les percussions ne prennent le relais. Et en y injectant une petite dose de hip hop, la musique incite les spectateurs à remuer le popotin ; sauf, bien sûr, les piliers de comptoir… 

Un des membres du band révèle qu’« Acid » a été cosigné par Roméo Elvis. Le fils de Marka n’est pas de la partie, ce soir, mais la version passe bien la rampe. Et c’est le nouveau single, « Manana », qui clôt le set.

Suite aux nombreux applaudissements, le band revient sur l’estrade. Et va nous réserver les imparables « Many Times » et « Wounds », deux compos puissantes qui au contact de l’électronique, virent alors au délire. Pas étonnant qu’Ulysse ait décroché un Octave, en 2016, dans cette catégorie… Une très chouette prestation !

FùGù Mango prend le relais, un groupe dont la musique est le fruit d’un cocktail subtil entre pop, afro et électro. Fondé en 2013, il réunit aujourd’hui les frères Jean-Yves et Vincent Lontie, respectivement guitariste et chanteur/percussionniste, Anne Hidalgo à la basse, aux percus et aux synthés, ainsi que Sam Gysen (Arno, Arsenal) aux drums, qui a remplacé Franck Baya. Votre serviteur a certainement déjà assisté aux prestations de ce band, à une dizaine de reprises. Mais aujourd’hui il se sent comme dans une boîte à sardines. Impossible de se faufiler pour atteindre les premiers rangs. Il fait particulièrement chaud, dans la salle. A l’instar du titre qui ouvre le set, « Summer Days ». Et la musique baigne déjà dans l’afro beat. Faut dire que les racines de la fratrie sont africaines Pourtant ils sont blancs. Mais leur maman est née au Congo. Dès « Kylie's Dream », la fosse est transformée en Matongé. Il manque de place à ‘Mama San’ pour vendre ses bananes plantains ou son moambe. « Blue Sunrise » transforme la piste en dancefloor torride. La version afro beat du « Golden Brown » des Stranglers est devenu un hit pour le band. Et son interprétation en ‘live’ constitue toujours un point d’orgue pour les shows de FùGù Mango.

Balisé par les ivoires, le paisible « Black Powder » permet à tout le monde de souffler quelque peu. Avant de repartir en Afrique du Sud, à Johannesburg très exactement, tout au long de « Bats », un morceau hanté par le « Graceland » de Paul Simon. D’ailleurs, particulièrement funky, les accords de gratte sont découpés à la manière de Nile Rodgers, chez Chic. Dynamisé par les percus, « Walk On By » baigne plutôt au sein d’un climat latino-américain, avant de virer à la pop sucrée. Pop et dansant comme « Alien Love ». Titre à la ligne mélodique soignée, il est enrichi de moult chœurs et autres envolées lyriques. Et c’est au sein d’une atmosphère tropicale que s’achève la prestation du combo bruxellois…

(Organisation : Silly Concerts ASBL + Salon de Silly)

 

LYS

Un rêve d’adolescent, devenu réalité…

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Quatuor breton, LYS jouit d’une authentique crédibilité outre-Manche. Faut dire qu’il a bénéficié, notamment, du soutien voire de la collaboration de Steve Hewitt (batteur emblématique de Placebo), du fameux producteur anglais Paul Corkett (The Cure, Bjork, Nick Cave, Radiohead, Fiction Plane, Placebo…) ainsi que de Craig Walker (Archive, The Avener). Le groupe se produisait, pour la deuxième fois, dans le cadre du festival ‘La Vie en Rock’, un événement destiné à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer (NDR : ne pas oublier que cette maladie tue, chaque année, 3 500 Hennuyers). Nicolas, son leader charismatique, a accepté de répondre aux questions de Musiczine…

Dès les premières secondes de « Redbud », la musique baigne au sein d’un climat festif et communicatif ; elle est plus rock et plus mature que sur le précédent opus. Aviez-vous fixé une ligne de conduite particulière pour enregistrer cet elpee ?

En fait les éléments se sont goupillés tout naturellement. Je souhaitais concocter un album positif. Le premier était plutôt mélancolique. Celui-ci l’est un peu moins ! Je voulais qu’il soit plus entraînant. J’avais vraiment envie de faire évoluer le son.

On retrouve du beau monde derrière ce disque. Notamment, Steve Hewitt (ex-batteur de Placebo), Paul Corkett (producteur anglais de The Cure) et aussi Craig Walker (ex-Archive), qui cosigne certains lyrics et figure comme invité sur « The Mistake ». Comment ces collaborations sont-elles nées ?

Il est clair que collaborer avec des pointures du genre constitue un plus dans la carrière d’un artiste ! Est-ce indispensable ? Je ne le pense pas ! C’est clairement une belle carte de visite, par contre ! Se nourrir de l’expérience des uns et des autres permet de progresser et de se redéfinir dans la confiance que l’on peut avoir vis-à-vis de soi et d’autrui.

On sent chez LYS une certaine filiation avec le meilleur des hymnes pop rock anglo-saxons. De qui Lys pourrait être est le digne successeur ?

Nous sommes assez proches de la ligne mélodique de Placebo. J’adore la première époque du groupe. Il a apporté du neuf dans le rock ! En France, il n’y a plus vraiment d’émergence dans l’univers du ‘rock alternatif’. La mouvance est surtout électro, rock-électro ou encore indie. Nous sommes peut-être le premier groupe de rock alternatif qui mise sur la qualité (rires).

Le premier long playing vous a permis de vous produire en Europe, et notamment à Londres, mais également aux Etats-Unis, au travers de grands festivals comme le SXSW d’Austin ou le CMJ de New York, en 2013, ainsi qu’en Chine au MIDI de Shanghaï et Beijing, en 2014. Que retirez-vous de ces expériences ?

Une richesse artistique et humaine à la fois ! Par exemple, en Chine, le bénéfice a pris davantage la forme scénique que professionnelle. Le public, très nombreux, a été réceptif à notre univers. C’était tout simplement magnifique. Comparativement au Texas, la démarche était donc un peu différente ! Les Américains aiment le rock et y connaissent un rayon ! Nous avons pu rencontrer des gens du milieu et nouer des contacts professionnels. Leur spontanéité est très appréciable !

Aujourd’hui, on est loin de vos premières répétitions dans ce vieil hangar breton. Quel regard portes-tu sur ton parcours et celui de LYS ?

J’ai fait de la musique, mon métier ! Un rêve d’adolescent ! Devenu réalité aujourd’hui ! J’ai davantage les pieds sur terre que je ne les avais autrefois ! Je reste conscient que tout peut s’arrêter un jour sans crier gare ! Ce monde est friable ! La somme de travail et d’investissement est colossale ! Je me suis battu pour devenir ce que je suis ! Plus globalement, peut-être aurions-nous pu prendre davantage d’envergure… Nous avons déjà une certaine notoriété ! Nous ne le devons qu’à nous-même !

LYS est un groupe français qui chante en anglais. Est-ce un choix artistique ou marketing pour mieux s’exporter ?

Il s’agit d’un choix purement artistique !

Comment se déroule le processus de création ? Es-tu le seul aux commandes ou chacun apporte-t-il ses idées ?

Chacun peut amener sa pierre à l’édifice. Généralement, j’amène la base, c’est-à-dire la mélodie, la structure et les textes. Anthony, mon guitariste ajoute des riffs qui communiquent au format une couleur particulière. Steve Hewitt a assuré la partie rythmique.

Le line up de LYS a beaucoup changé depuis ses débuts ! Est-il difficile de maintenir le paquebot malgré les défections de certains de ses matelots.

Les gens se barrent parce que je suis un gros con (rires) ! Peut-être que certains le pensent après tout (re-rires) ! Pour rester sérieux, constituer un groupe est un travail de longue haleine. Idem pour garder ses membres ! Depuis 2013, ce sont plus ou moins les mêmes ! Il suffit de s’entourer de la bonne équipe ! Me concernant, j’ai mis du temps à la trouver, c’est vrai…

La bassiste est nouvelle au sein du band…

Il s’agit de notre troisième bassiste depuis la constitution du groupe en 2008 !

Confidence pour confidence, celle qui figurait dans le clip « In my mind » dégageait quelque chose…

C’était notre première bassiste !

Si je te dis que j’ai fantasmé sur cette femme…

Pas étonnant ! Moi aussi, il y a très longtemps. C’était ma copine de l’époque (rires).

Oups, désolé !

Ne le sois pas (rires), c’est naturel !

Je suis rassuré alors (rires) !

Tout compte fait, sois désolé ! Non, je déconne (rires) !

En écoutant LYS, on a l’impression que le temps n’a pas d’emprise sur les tubes… Il y a une sorte d’intemporalité dans les sons et les arrangements, à l’image de The Cure, par exemple…

J’adore ce groupe ! Je les ai redécouverts récemment ! Ca me fait plaisir ce que tu dis ! J’espère que tu as raison ! L’avenir nous le dira !

C’est la deuxième fois que LYS se produit dans le cadre de la Vie en Rock. Est-il important pour vous de participer à ce genre d’évènement caritatif ?

Oui, effectivement, c’est très important ! Je connais un peu l’organisatrice (NDR : Janique Saussez). Elle nous suivait régulièrement lors de nos passages en Belgique. C’était une fan. Une groupie même en quelque sorte. Toujours fidèle à notre univers. Du coup, j’estimais tout à fait logique d’être présent au festival qu’elle organise. Par rapport à ce qu’elle a vécu aussi en particulier et à la thématique de ce soir en général ! C’est un fléau ! Il faut le combattre ! Les artistes doivent pouvoir s’impliquer pour récolter des fonds !

Vous êtes-vous déplacés expressément pour cette date belge ?

Nous avions un concert en France hier soir ! Nous étions donc sur la route ! Mais, nous aurions pu faire un aller-retour uniquement pour cette date belge.

D’autres participations pour d’autres causes ?

Oui ! Pour l’association Laurette Fugain qui lutte contre la leucémie. Nous avions joué à l’Olympia de Paris.

Les artistes étrangers disent souvent que le public belge est bon client. Quel est ton rapport avec la Belgique ?

Les Belges sont effectivement de bons clients, mais davantage en cas d’effet de masse. En dehors, ils sont un peu timides, quand même ! Ce soir par exemple, il a fallu attendre la fin du set pour que le public ne sorte de sa léthargie !

De qui te sens-tu artistiquement proche en Belgique ?

J’aime beaucoup Ghinzu. dEUS également. Puggy aussi, c’est sympa. Arno est un artiste assez éloigné de notre univers, mais l’homme me plait. C’est un type complètement décalé. Ca fait du bien d’avoir des mecs comme lui dans le paysage musical !

On dit souvent qu’une fille au sein d’un groupe de garçons suscite une certaine rivalité. Cette cohabitation provoque-t-elle ce phénomène chez Lys?

Pas du tout ! Pas avec Manon en tout cas ! Je te rejoins, les nanas sont chiantes par essence (rires).

Vous avez été repérés par une grande marque de vêtements qui a sorti une ligne à votre nom ‘LYS by IKKS’. C’est quand même assez peu courant non ?

C’est une opportunité qui s’est présentée en 2012. Cette idée m’a séduit immédiatement ! Ce qui a permis de se produire en showcase dans des magasins approvisionnés par IKKS. Sans oublier les fringues et une bonne communication surtout ! C’était une expérience super sympa !

Pour terminer, as-tu une petite info croustillante à dévoiler pour les lecteurs de Musiczine ?

Nous allons probablement partir en tournée au Japon, en Afrique du Sud et en Australie. Nous sommes sur des plans exotiques en ce moment.

 

 

SØLYST

Lead

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SØLYST c’est le patronyme choisi par Thomas Klein pour publier son second album solo. L’artiste est surtout notoire comme drummer au sein de Kreidler, un groupe allemand qui milite plutôt dans l’univers du rock et a vécu ses heures de gloires, à la fin des années 90. Thomas cherche aujourd’hui à explorer de nouveaux horizons sonores. Ce qui explique pourquoi ce « Lead » évolue au sein d’un style électro atmosphérique.

Si le résultat se révèle à première écoute singulier, je dois avouer qu’il ne m’a guère enthousiasmé. Malgré ses sonorités cristallines (gouttes d'eau, cascades, etc.), sonorités qu’il traduit également à travers le visuel de la pochette, on a l’impression que SØLYST a oublié le fil conducteur. Qu’il patauge dans un fouillis d’idées. Pas toujours très inspirées. En outre, faute de parties vocales, l’ensemble n’est vraiment pas fait pour me séduire. D’un titre à l’autre, les rythmes ne diffèrent guère et les boucles nous conduisent vers un infini privé de spontanéité ...

Thomas Klein a manqué sa cible. Il aurait tout intérêt à se refaire une santé chez Kreidler…

 

The Fresh & Onlys

Long slow dance

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The Fresh & Onlys est de retour, deux ans après voir publié « Play it Strange ». A l’époque, le groupe San Franciscain nous avait réservé un album fort intéressant, influencé par le psychédélisme des 60’s, certains morceaux lorgnant même vers le garage-punk.

Tim Cohen (NDR : également impliqué dans un projet solo baptisé Magic Trick) et sa troupe semblent quelque peu s’être égarés en route. Et pour cause, dès le premier titre, « 20 Days & 20 Nights », une compo inondée de claviers, on replonge dans le pop/rock mélancolique, insulaire, des 80’s. Pensez à The Cure. Et « Presence of Mind » nous renvoie carrément aux Smiths. Une forme de revivalisme, voire de pastiche, qui ne manque pourtant pas d’allure. Malheureusement, la suite dérape dans l’insipidité et une compo kitsch comme « Fire Alarm » flirte même avec le mauvais goût. En fin de parcours, « Euphoria » et « Foolish Person » en reviennent au garage/punk de leurs débuts. Probablement des pistes issues des sessions de « Play it strange ». Elles sont nettement plus convaincantes, c’est une certitude ! 

En concoctant « Long slow dance », The Fresh & Onlys a sans doute tenté de s’ouvrir de nouveaux horizons. Il a au moins le mérite d’avoir essayé, même si on ne pas dire que le résultat soit une réussite

 

Alys

Happy Days

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La charmante Alys a plus d’un tour dans son sac. Dotée d’une voix douce pleine d’innocence, cette jeune à la French Touch assure un sacré coup de balai aux chansons actuelles tout au long de son premier opus, “ Happy Days”. D’une fraîcheur hors pair, en quelques notes, elle arrête le temps et ouvre les portes de l’évasion. Ses chansons donnent envie de courir pieds nus dans l’herbe couverte par la rosée du matin, pour ensuite les réchauffer, sous un soleil dont les rayons se déposent timidement sur notre peau.

Alys, c’est un style s’imposant dans la même lignée que Cœur de Pirate.

Dans un répertoire anglophone, les chansons s’interprètent de manière joyeuse mais laissent exprimer des textes aux thèmes plutôt sombres. Y sont ainsi abordés des sujets tels que l’anorexie sur “Anna”, la relation homme-femme interprétée de manière humoristique dans “Time”, mais aussi les difficultés du deuil traduites à travers “ Overseas”.

“Happy Days” est donc très éclectique et nous offre une autre manière d’aborder les sujets qui fâchent en coloriant les mélodies de tons pastel.

Alys, magicienne? Peut-être, en tout cas, elle a de quoi donner le sourire tant sa simplicité se propage comme des petits papillons qui viendraient nous chatouiller les oreilles, afin de nous réveiller de se doux rêve incarné par cet album.

 

The Anomalys

The Anomalys

Écrit par

Les Anomalys débarquent de cette ville portuaire où les marins pissent, comme Brel pleure, sur les femmes infidèles. Et ces trois rockers ont la ferme intention de prouver au monde entier que les Pays-Bas peuvent encore produire autre chose que du métal gothique à chanteuse. Les Anomalys viennent d’Amsterdam et leur musique ne s’embarrasse d’aucune fioriture: trois mecs, deux guitares, une batterie et un micro ; c’est largement suffisant pour faire du rock.

Pour son premier album éponyme le combo batave a mitonné neuf titres intenses et percutants  de ce mélange graisseux de rock garage et de punk qu’il dépeint comme du ‘Negative Tequila Rock’n’Roll Sex’.

Le son des guitares est cradingue. Il évoque l’intensité du rock’n’roll garage de la fin des sixties. La patte pré-punk du MC5 et la folie des Stooges sont conjugués à des textes à haute teneur sexuelle. Le pied garanti pour ceux et celles qui préfèrent l’efficacité à la haute fidélité.

Audio Bullys

Higher Than The Eiffel

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A la vue du lettrage reproduit sur la pochette, je me suis souvenu de la claque que m’avait flanqué Audio Bullys, en 2003. Lors de la sortie d’« Ego War » Que d’heures à taper des pieds. Que de cris retenus dans le tram, quand passait entre le voile et la membrane de mon casque, « Real Life », « We Don't Care » ou « Face In A Cloud ». Cet excellent souvenir, s’est cependant rapidement calmé, lorsqu’après avoir poursuivi son cycle de recherche, ma mémoire s’est figée sur « Generation ». Une véritable daube qui avait engendré une immense déception, chez votre serviteur. 

Aussi, avant d’écouter ce « Higher Than The Eiffel », j’étais quelque peu inquiet. Le titre qui ouvre l’elpee lorgne du côté d’Amadou & Mariam. Bizarre ! Puis soudainement, on a droit à un gros son qui décape ; celui qui ne laisse aucune couche. Lancinant et hypnotique, il installe l’ambiance. La patte des Anglais est directement perceptible. Et puis il y a cette voix nasillarde à la Rob Birch (Stereo MC’s) et cet accent ronflant. Bref, les Londoniens sont de retour et ça va claquer. Si les pistes s’enchaînent, elles sont loin de se ressembler. Mais il faut une écoute complète de l’opus, avant de se rendre compte de sa qualité. Toutes les plages sont savamment orchestrées, mais aussi puissantes et surtout convaincantes. Entre electro jungle et hip hop rock, le duo transgresse les règles des styles afin d’éviter tout risque de formatage. Le tout est saupoudré de rythmes technos ou cubains. Une prise de risque constante, même sur les plages les plus accessibles. Mélodieux, le son peut se transformer en dard et après avoir effleuré le grain de la peau, la piquer. L’énergie libérée par le combo semble inépuisable. Frappé au flanc gauche, puis droit, on encaisse les coups et les effets de manches avec délectation. Et même si « Higher Than The Eiffel » ne révèle rien de bien neuf ni d’extrêmement ‘trendy’, l’intensité est permanente. Enfin, il y a cet aspect ‘roots’ si savoureux rencontré sur certains morceaux (« Twist Me up », « Dynamite », …) Un chouette album, même s’il n’est pas aussi exceptionnel que celui paru en 2003. Faut dire que les Britons avaient fait fort, aussi…

 

Alys

Is this Love ? (single)

Écrit par

Une nouvelle voix dans le paysage pop…

Bien qu’interprétant ses titres en anglais, Alys est une formation française. L’âme du groupe réunit Alice Rabes et son complice Gaëtan Zuliani. Mais le duo est accompagné, lors des sessions d’enregistrement et des concerts, de Ryan Damiral à la guitare, Anne Millioud au violon, Philippe Poinet aux percussions et Annick Agoutborde à la basse.

Le band ne cache pas ses influences. Sur les trois titres qui composent cet Ep, elles oscillent de Katie Melua (« Ferytaile ») à Mika (« Is this Love ?) » en passant par Tori Amos (« Sam Brook »).

Rien de réellement nouveau ou d’original à l’horizon. Cependant, la qualité des compositions et la voix (NDR : proche de celle de Kate Bush) d’Alice font merveille. Une pop franco/anglaise très fraîche, dansante et de très bonne musicalité. C’est sans problème qu’elle a dégoté les 15 000 euros nécessaires auprès d’internautes intéressés pour produire son album. A suivre évidemment…

 

Elysian

Blend

Écrit par

Lors de l’enregistrement de son premier album, Elysian avait reçu le concours de David Poltrock, le pianiste de Hooverphonic, à la production. Ce dernier est encore venu apporter sa collaboration à la finition ; mais il a cédé le relais au guitariste d’Arno, Geoffrey Burton pour la mise en forme. Et il faut avouer que les 12 fragments de cet opus sont particulièrement soignés, pour ne pas dire raffinés. On nage ici en pleine britpop (pas étonnant pour un groupe issu du Nord de la Belgique) dans l’esprit de Coldplay, Starsailor ou autre Keane. Et puis la chaleur du timbre vocal de Didier Colsoul colle bien à ce style musical. Le disque recèle même l’une ou l’autre compo contagieuse, à l’instar de l’hymnique « Time ». Et pour que le tableau soit complet, sachez que le guitariste y va régulièrement d’envolées ‘u2esques’ ou atmosphériques. Maintenant pour l’originalité, faudra repasser…

Audio Bullys

Generation

Trois ans plus tôt, la ‘hooligan house’ vivait son heure de gloire ; et ses beats puissance 4 de débouler sur le dancefloor comme un chien dans un jeu de quille. ‘Hooligan’, parce que fish & chips, « Carton Jaune » de Nick Hornby, refrains braillés en chœur et gros poumtchaks qui tapent comme on cogne les chopes. Et les Audio Bullys, responsables de tubes massifs comme « We Don’t Care » ou « Real Life », en étaient les plus fiers ‘Artabans’ : de leurs vrais noms Tom Dinsdale et Simon Francken, débarquaient sur les ondes deux beaux ‘lads’ venus foutre le bordel, la cannette à la main et les slaches qui collent. Mike Skinner (The Streets), certes, avait pavé la voie. Mais les Audio Bullys ont fait pipi dessus, et tout le monde s’est marré. Résultat : « Ego War », un premier disque aux beats balèzes et aux hymnes boueux, comme au stade ou dans un festival, quand il pleut (et en Angleterre, il pleut beaucoup). Sur ce nouvel album, Francken et Dinsdale nous réservent évidemment la même popotte, la rage en moins : déjà de l’embonpoint, mais si ça se trouve c’est de ‘génération’… Le pire du ridicule, c’est ce sample de « Bang Bang » de Nancy Sinatra, sur du big beat graisseux (« Shot You Down »). Frankie, dans son caveau, doit bien se marrer ! Et il n’a pas entendu le reste, surtout cet « I Want Let You Down » douteux (on dirait du Felix), et ces ballades trip hop qui manquent de pêche… Seuls « Made Like That » (avec Roots Manuva) réussit à sortir son épingle du jeu : normal, c’est un sample de « Rocky » ! L’œil du tigre, les gars, l’œil du tigre !

Audio Bullys

Ego War

Il paraît que Simon Franks et Tom Dinsdale, les deux teigneux qui se cachent derrière Audio Bullys, n'aiment pas qu'on décrive leur musique comme de la " house pour hooligans ". Quitte à se prendre des claques, nous on trouve qu'" Ego War " réunit pourtant tous les éléments basiques de cette purée " lad " qui fait la joie des supporters de David Beckham : gros big beat viril, argot des banlieues, refrains crétins, poumtchak qui mousse,… Ne manque plus que l'odeur des vestiaires ! N'empêche, pour foutre le feu aux " kop ", y a pas mieux qu'un petit " We Don't Care ", tube bâtard mais à l'addiction dangereuse… De ses grands frères baggy (Happy Mondays, Lo-Fidelity Allstars, voire EMF et KLF), Audio Bullys n'a gardé que le pire : du gros son qui tâche mais qui fait danser, surtout après dix à-fond. Parfois, ça se calme du côté de la buvette (" The Things "), mais jamais pour longtemps : il reste la deuxième mi-temps. En face, un noyau dur (Stereo MC's, Basement Jaxx, The Streets) semble difficile à battre. Carton rouge ! Le tournoi vient de commencer, et les voilà déjà sur le banc de touche ! Faites gaffe, les gars : en deuxième division, on rigole moins avec les branleurs.

The Lilys

Better can't make your life better

Pour reproduire le son du début des seventies, Lenny Kravitz avait choisi de n'utiliser que du matos d'époque, et en particulier de recourir aux célèbres amplis à lampes. Pour recréer le son des fifties et des sixties, les Lilys ont analysé le spectre harmonique des disques de l'époque, à l'aide d'un oscilloscope. Et comme les Lilys avouent une certaine admiration pour les Byrds, les Kinks, les Monkees, Big Star, et dans une mesure plus contemporaine, Pavement et My Bloody Valentine, vous aurez une petite idée du climat psyché pop au sein duquel baigne cet opus. D'autant plus, que les harmonies vocales sont aussi soignées que limpides. Superbe!

 

Elysian Fields

Fuck rock'n’roll !

Coiffée d’un chapeau de fourrure, la fille est jolie. Elle est troublante et sulfureuse, la chanteuse d'Elysian Fields. Les musiciens du groupe new-yorkais ne se sont pas rencontrés aux Champs-élysées mais à la célèbre Knitting Factory, un club où l'avant-garde côtoie le jazz, l'expérimental et le rock. C'est aussi un peu ce que « Bleed your cedar » laisse transparaître, un remarquable premier album, sensuel et libertin, sorte de réponse coquine à la mollesse psychédélique de Mazzy Star. Interview en deux parties : la première en compagnie de la lascive Jennifer Charles, chanteuse et figure de proue ; la seconde avec Oren Bloedow, guitariste et figure de l'ombre....

On vous dit influencée par le jazz, c'est vrai ?

Jennifer : J'aime beaucoup Archie Shepp, John Coltrane, Charlie Mingus, Miles Davis, Charlie Parker... J'ai en quelque sorte grandi avec eux. Mes parents avaient beaucoup vinyles de jazz. Mon frère était animateur d'une émission du style à la radio. J'ai été baignée dans cette atmosphère. J'ai écouté les disques qui étaient à ma portée dans les collections familiales.

Vu ce background très jazz, comment expliques-tu qu'Elysian Fields soit un groupe de rock?

J. : C’est que je ne me suis jamais cantonné au jazz. J'ai toujours cherché à découvrir plein de choses. J'ai aussi écouté du pop/rock comme les Beatles, Nick Cave ainsi que de Captain Beefheart. Et puis le blues de Muddy Waters, John Lee Hooker ou Little Walter Jacobs. Même la musique classique de Messiaen me séduit.

L’influence du blues, on la ressent surtout dans les paroles, non?

J. : J'ignore comment ce qu'on a pu écouter se retrouve dans notre musique. C’est un grand mystère. Mais peu ou prou, c’est quand même un constat. C’est un peu comme quand on me demande : ‘Tiens, pourquoi es-tu ainsi ?’. Et je réponds : ‘J'ai grandi dans cette partie du monde. A 6 ans, je suis allé là-bas. Mes parents étaient ainsi... » Mais en fait, je ne sais pas comment tout ce que j'explique se manifeste dans ma personnalité. Les éléments s'entrechoquent, mais où est l'influence ? Difficile à dire…

Ce que je voulais dire, c’est que les paroles de vos chansons regorgent de sous-entendus, de références au sexe, à la sexualité, comme dans le blues.

J. : J'ai peut-être un rapport avec la tradition blues, une ouverture à la sexualité, à l'émotion pure, effectivement... La sexualité est un terrain en friche et il est intéressant pour pas mal de monde. C’est aussi un sujet de conversation dynamique. Disons que pour éviter l'hypocrisie, j'aime beaucoup aborder le sexe en chanson ; c'est un terrain où je m'exprime convenablement. Et puis, briser un tabou, c'est amusant. Mais, j'ai d'autres sujets de préoccupations : la solitude, l'isolement, le désespoir, l'abandon, la libération, l'exploration, l'égoïsme, le rêve, les planètes, le cosmos aussi...  

Votre enfance a-t-elle été facile?

J. : Pas conventionnelle, en tout cas. J'ai été élevée par ma mère. Quand mes parents ont divorcé, j'étais encore très jeune. Après une autre femme a vécu à la maison, un peu comme si j'avais deux mamans. On disposait chacun de nos espaces à la maison, mais une partie de l’appartement était sous-louée à des locataires. Résultat : il y avait toujours du monde à la maison. On vivait dans une sorte de communauté. Pour une enfant, c'est une expérience enrichissante de pouvoir fréquenter des adultes, hors cellule familiale ou presque.

Une tribu plutôt qu’un groupe

Votre disque marche beaucoup mieux en Europe –et particulièrement en France– que chez vous aux States. Vous vous expliquez ce phénomène ?

Oren : A mon avis, c'est parce que les sensibilités sont différentes entre l'Europe et les Etats-Unis.

Une question de culture?

O. : Difficile à dire. Ma connaissance de la culture européenne est insuffisante ; surtout celle de la France dont je ne connais pas la langue. Mais en une semaine, on y a vendu autant qu'aux Etats-Unis, depuis la sortie du disque. Sans que notre musique parle plus aux Français?

Sur le Vieux Continent, les cinéastes notamment craignent une américanisation de la culture…

O. : Leur crainte est légitime. Si j’avais les moyens de m’opposer à l'américanisation aux Etats-Unis, je le ferais... Mais finalement, ce n'est que le retour de bâton de l'européanisation de l'Amérique, non ? Les pionniers blancs qui sont arrivés là-bas ont créé l'ultime société européenne! Maintenant il y a l'effet boomerang... De toute façon, nos racines sont européennes. Ma famille vit en Amérique depuis moins d'un siècle. Elle y est arrivée dans les années 20/30, de Vienne, d'Ukraine et de Prusse. Il y a ainsi dans ma famille une tradition de pensée engagée politiquement et culturellement. Ce qui influence inévitablement ma façon de vivre et de voir le monde.

Considérez-vous Elysian Fields comme un groupe intello ?

O. : On ne peut nier que notre travail fasse appel à l’intellect, mais ça veut dire quoi ‘intello’? Il serait impossible de sortir un disque sans avoir recours à des composantes intellectuelles. Ce n'est pas honteux.

Disons que le terme est péjoratif, surtout dans le rock'n'roll...

O. : Alors: ‘Fuck rock'n’roll !’ On ne pourrait pas être des rockers parce qu'on réfléchit ? Belle blague! On ne va pas prétendre qu’on a jamais lu un bouquin, vu un film d’auteur ou écouté Messiaen. Ce serait mentir. Il n'y a donc aucune raison de l’occulter. Le rock direct, sans background intellectuel, c'est un mythe perpétré par la bourgeoisie snob. Perso, je pense  qu’il est fondamental d'avoir le plus de culture possible et d'être le plus intello possible. Et l’humanité a besoin d'intellectualisme.

L’image de Jennifer dans le groupe semble envahissante. C’est elle seule qui est sur la pochette, sur les photos du groupe. Y a-t-il un confort à rester, comme vous, dans l'ombre?

O. : Jennifer a signé le contrat avec la maison de disques. Ne pas la monter épingle n’aurait eu aucun sens pour le directeur du label. Quand il l’a vue, il a pensé –et c’est aussi mon avis– que Jennifer était une jeune femme incroyable et qu'elle avait l'étoffe d'une star. Il n'y a aucune ambiguïté, elle est notre image, point à ligne.

Je vou1ais simplement dire qu’objectivement, vous êtes plus qu'un simple guitariste, vous composez et…

O. : Ecoute mec, si tu te baladais avec nous, je te jure que tu serais plus qu'un simple journaliste. On n’est pas du genre à rabaisser les autres, on a tendance à donner confiance à ceux qui gravitent dans le groupe et autour. Vivre aux côtés de Jennifer et n'être qu'un simple guitariste, ce n'est pas possible, tout simplement. On est plus une tribu qu'un groupe en quelque sorte...

Vous avez déjà écrit les chansons du prochain elpee?

O. : Oui et on en joue sur scène. On entre en studio cet été en espérant sortir l’album pour janvier 98. Tout est à peu près écrit, mais peut-être changera-t-on d'avis d'ici là et écrira-t-on de nouvelles compos…

(Article paru dans le n°53 du magazine Mofo de mai 1997)