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La Chiva Gantiva

Du papillon à la chenille…

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Bien que le nouvel opus de La Chiva Gantiva, « Despegue », soit sorti ce 15 septembre, la release party est programmée ce 2 novembre. A la Rotonde du Botanique. Le concert est soldout. A l’instar de sa traduction en français, cet elpee décolle…

Le supporting act est assuré par Juicy, un duo réunissant deux filles, Sasha Vovk (NDR : de son véritable nom Oton) et Julie Rens, casquette retournée vissée sur la tête, qui milite également chez Oyster Node et ExtraSystole. Issues du conservatoire de Bruxelles, elles cherchent à remettre au goût du jour le r’n’b et le hip-hop des années 2000, dans un style minimaliste et électrique. Elles ont enfilé des tee-shirts de couleur bleue, un peu trop longs pour elles, sur lesquels sont imprimés, dans le dos, ‘Juicy 18’, en lettres blanches. Le répertoire est constitué de reprises des années 90 et 2000. Les deux filles se consacrent aux synthés, aux samplings et au chant. Julie se réserve la gratte semi-acoustique. Avant chaque chanson, elles se font face et entament une danse en ondulant. Une situation qui provoque l’hilarité au sein du public. Elles signalent être venues pour mettre le feu et décoincer la foule. Les morceaux sont interprétés tantôt dans la langue de Voltaire ou de Molière. A l’instar de la cover du « Candy shop » de 50 Cent et du « Boulette (génération nan nan) » de Diam’s, un morceau paradoxalement non prévu dans la setlist. Contrat rempli. Un Ep est en préparation et devrait proposer des compos originales.   

Setlist : « Try Again », « Crush On You », « What's Love », « Partition », « Candy Shop », « Run It », « Work It », « One Love », « Caught Out There ».

Cocktail passionné et passionnant d’émotion, de sueur et de rythme, les prestations ‘live’ de La Chiva Gantiva sont devenues notoires. Manifestement, les musicos ne montent plus sur l’estrade, masqués. Chevelure colorée imposante, Rafael Espina est toujours la tête pensante du band. Vêtu de noir –pantalon et veste de pirate– il se consacre au chant, et circonstanciellement, à la gratte, à la gaïta et aux percus. Des percus qui jouent un rôle primordial dans la musique de La Chiva Gantiva et auxquelles a également recours, Natalia Gantiva. Elle porte une jupe de couleur blanche ultracourte et un tee-shirt à l’effigie du drapeau colombien. Felipe Deckers, le gratteur, a enfilé un peignoir aux motifs fleuris et un short. Un short, mais hawaïen, qu’a également choisi Tuan, le préposé au saxophone, à la flûte à bec ou traversière et à la clarinette. Quant à la section rythmique, elle est composée du bassiste Jose Buc Chavez et du drummer, Martin Mereau, installé au centre, mais en retrait.

Propice à la danse, « El Ritmo Lo Llevo Yo » (NDR : dont le clip délirant met en scène cosmonautes, singes savants et hôtesses de l'air ; voir ici) ouvre le set. Rafael frappe énergiquement sa conga, bien calée entre les jambes. Il semble heureux d’être là et signale que la soirée sera explosive. Il invite également la foule à remuer. Ce qui déclenche instantanément une forme d’hystérie, dans l’auditoire. Rafael se prend pour un kangourou. Ses acolytes finissent par l’imiter. L’ambiance monte alors encore d’un cran. Et tel un papillon, le concert décolle… Trempant dans le funk/jazz, « El Vivo » est dynamisé par des percus caribéennes. Et « Cuero » baigne au sein d’un même climat, même si c’est le bassiste qui tire ici son épingle du jeu. Rafael confesse que tout petit, il dormait la lumière allumée, parce qu’il craignait les fantômes. Une phobie qui le taraude encore aujourd’hui. Et « Fantasmas » reflète ces appréhensions. Chanson d’amour paisible, « Me Lo Llevo » marque une pause.

« Montanas De Selva Verde » relance la machine. La montée en puissance des cordes et la section rythmique y contribuent largement. Les musicos entament la chenille sur les planches, dans le sens des aiguilles d’une montre, avant d’opter pour la direction inverse. La foule leur emboîte le pas. Un moment de folie ! Une seule chanson interprétée en français, « Fais Comme Si ». Rafael en profite pour prendre un bain de foule. Faut dire que tout au long de ce show, il était littéralement déchaîné. Bref, ce soir on a kiffé grave. Merci aux artistes !

(Organisation : Botanique)

La Chiva Gantiva

Plus un poil de sec !

Écrit par

La Chiva Gantiva a été fondé par 3 Colombiens expatriés en Belgique. Dont le leader Rafael Espinel, chanteur/percussionniste qui avant de vivre à Bruxelles pour y suivre des cours de Beaux-Arts, avait transité par le Sud de la France. C’est en partageant une collocation au sein de la capitale, qu’il va rencontrer la plupart des musiciens qui vont former le groupe, un line up que rejoint alors un Français, un Vietnamien, et deux Belges. Et il faut avouer qu’en un peu plus de cinq ans, le septuor a pris de l’envergure. En 2010, il se produisait encore au Harby Festival à Anseroeul, entre Tournai et Renaix. Puis, après avoir effectué plusieurs allers-retours entre la capitale de l’Europe et la Colombie, où il remporte un franc succès, il commence à écumer des festivals de plus en plus conséquents en Belgique (Esperanzah, Couleur Café, Dour, etc.), et même à travers tout le Vieux Continent. Il vient d’enregistrer son second elpee, « Vivo », et se prépare à une tournée mondiale. En attendant, il se produisait ce vendredi 28 mars dans un AB Club sold out !

Vers 20h40, le combo monte sur l’estrade. Un drummer, un bassiste vêtu d’une salopette rouge, un guitariste (NDR : Felipe Deckers, également co-responsable de l’écriture des morceaux), deux cuivres dont un saxophoniste et un clarinettiste, une percussionniste en short, dont les cheveux bouclés lui tombent jusqu’au bas du dos ; et enfin, Rafael –cheveux noirs mi-longs en broussaille et barbe– armé d’un micro surmonté d’une mini caméra destinée à le filmer (voir résultat ici) Le set s’ouvre par le titre maître du dernier elpee, « Vivo ». Et on entre directement dans l’ambiance. Cumbia, champeta, afrobeat, funk, hip hop et rock vont faire bon ménage, ce soir. La température s’élève d’ailleurs rapidement dans la salle ; et le public a déjà des fourmis dans les jambes. Régulièrement, Rafael vient frapper sur son llamador ; mais surtout, il harangue la foule et l’invite à participer au spectacle. Lui demandant de répondre à ses onomatopées ou plus tard de lever les bras en les balançant de gauche à droite ; ou encore de faire le plus de bruit possible pour dépasser les 100 décibels. Il chante la plupart du temps dans la langue de Cervantès, parfois de Voltaire (« Pigeon »). Après quelques titres, il se retrouve en marcel et fatalement, à mi-parcours, torse nu. Bien vite imité par le drummer. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud, dans l’AB Club. La percussionniste frappe sur une sorte de tambour couché (tambora allegre) ou alors un tube en laiton. Après l’avoir détaché de son support, elle le secoue ou le gratte, à l’aide d’une sorte de racloir. Elle se déhanche sensuellement, un sourire permanent aux lèvres. Et puis, lorsqu’elle empoigne ses maracas, on a l’impression qu’ils ne font qu’un avec elle. La setlist épingle également l’un ou l’autre titre plus rap metal, abordé dans l’esprit de Rage Against The Machine ; moment choisi par les musicos pour bondir sur le podium, incitant la foule à les imiter. Même les cuivres s’y mettent, venant parfois se mesurer en bord de podium. Puis, le groupe nous présente un invité colombien. Il a emporté son propre llamador. Le premier titre auquel il participe manque un peu de cohérence ; mais dès le suivant, les ‘battles’ entre percus se multiplient. Natalia prend place derrière les fûts, afin que le batteur puisse passer à la trompette ; et son intervention est vraiment remarquable. Et quand La Chiva Gantiva attaque « Apreatao », on n’est plus loin d’une ambiance de carnaval, Natalia entamant alors une danse bien sud-américaine. Un petit bémol ? Certaines longueurs dans les morceaux ; et puis lorsque le guitariste, doué d’une excellente technique pourtant, en rajoute une couche. Ce qui heureusement, ne va pas nuire au climat général du set.

Le rappel s’ouvre par « Pa Ke Gozen ? ». Le gratteur a opté pour une sèche à 12 cordes tout au long de cette compo imprimée sur un tempo frénétique, au cours de laquelle Rafael prend son micro pour un revolver. Excellent ! Pour le très dansant « Amamar », Rafael s’est coiffé de son célèbre chapeau de flamant rose, et le fait tourner autour de la tête. Ebouriffant ! La finale est particulièrement percussive. Le drummer a enfilé sa tenue de squelette et le public ne tient plus en place. Hormis le batteur, tous les musiciens sont en front de scène et semblent particulièrement heureux de l’accueil que lui réserve l’auditoire. C’est bras dessus bras dessous, que les sept musicos, complètement trempés, viennent saluer un public conquis et en transpiration. Plus un poil de sec !

(Organisation : AB + Live Nation)

Setlist

Vivo
Para Arriba
Estrenando
Pigeon
Por eso canto
El Pollo
Chofer
La Pecosa

El Valor tiene mareo
Pelao
Loco como yo
Wepaje
El chenche
Apretao

Rappel

Pa ke gozen?
Amamar
Migraño

(Voir aussi notre section photos ici)

 

La Chiva Gantiva

L’importance du paramètre visuel…

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Ce vendredi 13 octobre, le combo bruxello-colombien La Chiva Gantiva donnait un concert dans la petite salle de l'Ancienne Belgique. Rapidement sold-out, ce spectacle arrive un an après la sortie de leur disque "Pelao" chez Crammed Discs. Nourrie de cultures afro-colombiennes, leur musique, métissage de funk, rock, jazz, rap, afro-beat et cumbia se nourrit de percussions caribéennes, d'instruments typiques du rock, mais également de cuivres, et en particulier d’interventions de clarinette et de saxophone. Une demi-heure avant le concert du collectif, Raphaël Espinel, membre fondateur et chanteur de la Chiva, nous a accordé cette interview, au milieu du crew se préparant dans une ambiance tranquillement excitée.

Vous avez tourné dans plusieurs pays au cours de cette année. Vous êtes allés jouer en Colombie pour la première fois, où vous avez reçu un accueil très enthousiaste. Prévoyez-vous d'aller vous produire, à nouveau, en Amérique Latine ?

Bien sûr ! On a maintenant un label là-bas. On aimerait retourner jouer en Colombie, et dans toute l'Amérique Latine. Mais on entre maintenant dans une période consacrée à la composition. En fait, nous avons l'intention d'enregistrer un disque en 2013, qui sortirait idéalement à l'automne.

La Chiva Gantiva réunit sept musiciens, parfois des invités vous rejoignent sur scène. Comment se déroule le processus d’écriture ?

En général, c'est Philipp Deckers, le guitariste, et moi qui composons, ensuite on propose le morceau au groupe qui le façonne en le jouant. Pour le texte, je demande parfois conseil à des amis écrivains, journalistes...

Les membres du groupe ont fréquenté les beaux-arts ou suivi une formation de théâtre. Y en a-t-il qui ont également suivi un même cursus dans le domaine de la musique ?

Le guitariste et le batteur sont musiciens de formation. Effectivement, trois d’entre-nous sont issus du monde des arts plastiques (illustration, gravure, sculpture), un autre du théâtre ; ce qui explique pourquoi on conserve toujours cet intérêt pour le côté visuel. L'image reste un paramètre important pour nous.

On le voit dans vos deux vidéo-clips, il existe un vrai travail créatif, notamment dans “Pelao”, où un petit personnage de papier évolue au sein d’une ville multicolore, peuplée de jouets et de marionnettes. Cet aspect ludique semble très présent, que ce soit dans la façon dont vous jouez avec le public lors des concerts, sur la pochette d'album...

C'est vrai, d'ailleurs “Pelao” en Colombie signifie à la fois pelé, fauché ; et c'est également ainsi qu’on appelle les gamins. Même si on a un regard critique sur la société, c'est pas pour ça qu'on va s'habiller en noir et jouer les fatalistes ! On souhaite garder un regard d'enfant, être positifs même si on dénonce les clichés qui collent à la peau ou si les textes de nos chansons sont consacrés aux difficultés rencontrées par les immigrants.

Vos concerts sont efficaces. On y ressent une énergie très forte et communicative. Comment faites-vous pour préserver l’intensité de l'enregistrement du disque, sans l'éteindre ?

Pour “Pelao”, on a travaillé en compagnie de Richard Blair, producteur anglais qui vit depuis trente ans en Colombie. Il nous a proposé d'enregistrer en studio mais de garder les conditions du ‘live’. Nous avons joué ensemble, dans la même pièce. Chaque musicien ne s’est pas acharné à enregistrer des prises séparées. Cette technique aurait communiqué un climat plus froid à notre musique. C'est la raison pour laquelle, l’album a un son un peu ‘garage’. Mais ce choix est circonstanciel. On ne reproduira pas forcément cette recette pour le prochain disque.

Je laisse ensuite les musiciens finir de se préparer avant leur entrée en scène.

Le concert sera chaud, festif, le public bruxellois se prêtant volontiers aux jeux et danses proposés par la Chiva Gantiva. Comme quoi, avec un peu de bonne volonté, même un samedi 13, par un soir pluvieux d'automne, on peut garder la frite.