Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Laika

Lost In Space - Volume One (1993-3002)

Quand Laika est apparu il y a 10 ans, c'était en pleine tempête trip-hop : à l'époque, on y croyait déjà plus trop, et tous les groupes nés de la cuisse de Portishead semblaient bien fades à côté de l'excellence du groupe de Barrow et Gibbons. A l'écoute de ce best of, il faudra pourtant se rendre à l'évidence : Laïka ne faisait pas partie de ces ersatz pseudo-bristoliens aux trajectoires filantes et à l'éclat bien terne. Trop vite catalogué comme membre de la nébuleuse trip-hop, Laïka rata donc sa cible (les fans de musique extra-terrestre), et nous poussa à aller voir ailleurs. Il aura fallu dix ans et une compile pour qu'enfin Laïka soit considéré à sa juste valeur. Parce que ce groupe mariait avec bonheur le krautrock et le post rock, le trip-hop (quand même) et la pop, les rythmes de l'Afrique et la musique électronique. Comme une étoile, dont la luminescence, la flamboyance ne nous arrive qu'en temps décalé, des années plus tard… Le premier disque regroupe les meilleurs morceaux du groupe (" Breathe ", Bedbugs ",…), le deuxième propose peel sessions, remixes, live et faces B (dont une reprise de Wire, " German Shepherds "). La plupart des étoiles que l'on voit briller dans la nuit sont en fait déjà mortes : ce décalage, toujours. Que ce best of scelle la fin du groupe serait dommage, même si leur talent, déjà en 93, fut étouffé dans l'œuf du trip-hop alors en vogue. " Lost In Space " ? A notre firmament, Laïka brille encore pourtant de milles feux. Peut-être que dans dix ans on en reparlera (" 2013, l'odyssée de… ", titreront les magazines de rock)… Jusque-là, on a le temps de réécouter tout ça avec plaisir, seul avec ces bugs cliniques, ses rythmes tribaux et ces voix venues d'ailleurs.

Boris & His Bolshie Balalaika

Psychic Revolution

Début des années soixante, ce fils de diplomate russe passe à l'ouest. Il accompagne sa famille qui se fixe alors en Suède, pour fuir le régime soviétique. Dès 1967, Boris assiste aux prestations légendaires de Jimi Hendrix, à Stockholm. Ce sera le déclic. Il quitte son domicile en emportant la balalaïka de son père. Expérimente le théâtre rural, lorsqu'il n'accorde pas d'aubades aux passants. Cette situation le pousse à militer en faveur des opprimés. Et notamment des victimes du totalitarisme. Quoi de plus normal. Si bien qu'en 1985, il se retrouve en Hongrie aux côtés des étudiants qui se battent pour être libérés du joug de l'Est. Vu ses antécédents, Boris se retrouve au goulag. Jusqu'en 1978. Il retrouve alors sa famille en Angleterre pour y mener une vie plus conventionnelle. Mais en 1983, le virus de la musique le reprend. Il participe au festival de Stonehenge l'année suivante où il fait un véritable tabac. Bien que multipliant les prestations scéniques, Boris n'accepte d'enregistrer son premier album qu'en 1992, "Psychic Revolution". Un disque qui vient enfin d'être distribué chez nous. Pendant plus d'une décennie, il s'est évertué à fignoler son mélange de folk song traditionnel russe et de space rock improvisé. Et cet opus est le résultat de son travail. On y retrouve, bien sûr, deux covers d'Hendrix, "Purple Haze" et "Voodoo Chile", et puis sept fragments néo psychédéliques du meilleur acabit.

 

Laika

Le secret ? Le travail à la maison !

Écrit par

En juillet 93, la presse spécialisée parlait de Moonshake. Entre autres choses captivantes, on apprenait que Margaret Fiedler quittait le groupe (en compagnie du bassiste Jon Fennett et du producteur Guy Fixsen) pour former Laika, laissant Dave Callahan seul aux commandes du vaisseau. Et, à écouter parler Margaret et Guy, il est quand même amusant de constater à quel point leurs discours sont proches…

Margaret : La séparation était avant tout une décision de Dave. Il voulait continuer sous le nom de Moonshake, afin de prendre d’autres directions. Et je crois qu’il est le seul membre originel qui y soit encore. C’était son choix ; mais je ne le déplore pas. Je pense qu’on est tous les deux beaucoup plus heureux ainsi.
Guy : Mon regard est plus extérieur puisque je n’étais jusqu’ici que producteur ou ingénieur. Mais il me semble que l’intérêt de Moonshake procédait de ce contraste entre deux styles d’écriture très différents. Comme j’écris aussi, maintenant, j’espère qu’on retrouvera dans Laika ce genre de nuances, de combinaisons étranges.

Format chanson

Que pensez-vous, aujourd’hui du tout premier Ep de Moonshake, sorti sur Creation ?

MF : Dave de l’aime pas. Mais moi, c’est le tout premier disque que j’ai enregistré, même si j’ai milité dans des tas de groupes, pendant plusieurs années. J’y suis donc attachée. Je crois que pour un premier disque, ce n’était pas trop mal. Dave qui en comptait déjà 20 à son actif, pensait qu’il n’avait pas réussi ce qu’il voulait faire.
GF : Perso, c’est le deuxième disque que je produisais. On était encore assez naïfs, ce qui s’entend sur l’Ep… On est toujours très liés au format chanson, parce qu’il donne la vraie responsabilité d’une musique. Aussi bizarres qu’ils soient, tous les titres de l’album ont des couplets et un refrain. Comme il n’y a pas de guitares habituelles, c’est moins facile, mais la structure reste celle d’une chanson. Par exemple, on se lancerait pas dans 10 minutes d’ambient, sans vocaux. On aime les mélodies ! Et puis, on ne voudrait pas enregistrer des disques dont les gens pourraient se dire : ‘c’est très intelligent, mais je n’aime pas’. Il faut qu’ils aient avant tout du plaisir à l’écoute de notre musique.

Quels rapports entretenez-vous avec la guitare ?

MF : On utilise quand même des guitares en studio, mais peu sur scène. Juste parfois pour en sortir des sons qui de toute façon ressemblent à des samples. En concert on utilise avant tout ces samples, mais aussi des sequencers, des percussions et de la flûte. Un instrument n’est pas bon ou mauvais en lui-même, que ce soit une guitare ou un sampler, tout dépend de la manière dont on s’en sert. Tu sais on travaille beaucoup à la maison et, du coup, on a tout notre temps pour essayer plein de trucs et se rendre compte de ce qui vaut le coup ou pas. Si quelque chose marche, ça finit par atterrir sur le disque, que ce soit acoustique ou électronique, programmé ou live. On n’a pas la contrainte d’entrer dans un studio, loué pour une semaine avec l’obligation de boucler un album.

Leur propre studio

GF : des groupes comme Kraftwerk, Can ou aujourd’hui My Bloody Valentine, Cocteau Twins et les Beastie Boys possèdent leur propre studio. Et c’est la raison pour laquelle ils ont un son caractéristique, qu’on l’aime ou pas, qui leur appartient vraiment. Non seulement, ça personnalise leurs disques, mais ça leur permet de ‘vivre avec’. En tant que producteur, j’ai vu tellement de groupes obligés de bosser dans la précipitation, et frustrés de ne pas toujours obtenir ce qu’ils souhaitaient. Parfois, parce que moi-même, je n’avais pas le temps de vraiment comprendre ce qu’ils espéraient. Dans ces conditions, la chance compte énormément, pour réussir ou non un disque.

(Article paru dans le n°29 du magazine Mofo de décembre 94)