L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Long Distance Calling

Le spectre de Long Distance Calling

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Long Distance Calling a partagé « A Secret Place », premier single accompagné d’une vidéo, annonçant le long playing « The Phantom Void », attendu pour le 10 avril 2026. 

Présenté comme l’album le plus court, le plus dur et le plus puissant de leur carrière, « The Phantom Void » marque une prise de position artistique audacieuse. Entièrement instrumental, il déroule un récit sombre, cinématique et émotionnellement intense, porté par la tension, l’atmosphère et une profonde narration. Côté son, le groupe fusionne des paysages sonores massifs, des détails minutieux, des grooves percutants et une écriture plus directe et focalisée que jamais.

« A Secret Place » ouvre un concept audiovisuel : le clip constitue le premier chapitre d’une série connectée qui se déploiera dans les prochains mois, explorant cauchemars récurrents, boucles sans fin et menace invisible et inévitable – des thèmes qui reflètent le cœur hanté de l’elpee. Son et image s’entrelacent pour faire de « The Phantom Void » une expérience totalement immersive.

Le clip est disponible ici

 

 

The Long Blondes

Comme une lettre à la Poste?

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L'Orangerie bat son plein dans l'attente du défilé vintage Long Blondes, qui pose bagage dans une ambiance feutrée, le 'catwalk' décoré d'amplis Epiphone. La nouvelle collection de la couturière Kate Jackson prend alors place sur le podium pour une déambulation de cinquante minutes, retraçant les vieilles photographies d'un almanach nostalgique.

Du « Sweet Heart » ouvre le bal, fidèle au poste, dans une représentation honorable de rock féminin. Tout sourire et la sensualité débordante, Miss Jackson accueille ses adeptes en bonne et due forme, ravis de participer à ce spectacle qui bat la chamade. Notre guide nous propose, en effet, tout un circuit accompli dans les douces vallées d'un rock anglo : celui qui s'est arrêté de grandir, il y a 50 ans. Les titres s'enchaînent comme on changerait l'huile de moteur : « Once & Never Again », « Swallow Tattoo », « Week End Without Make Up ». Toute la clique du « Someone To Drive You Home » y passe, invitant en chemin de vieilles connaissances (le single « Appropriation » entre autres…) Les transitions sont marquées par les quelques mots prononcés en français, balancés depuis des lèvres maquillées de rouge flamboyant, avant de poursuivre les déhanchements, le temps d'un set. Un départ énergique, triomphant, acclamé et envoûtant qui devient cependant vite étiré vers des longueurs au beau milieu de la manche. Les compositions s'enlisent, malgré elles, dans un mimétisme qui crève les yeux, transformant la scène en une sorte de présentoir sans éraflures. Le groupe débite son flux mais la vie manque, la sueur et les clopes aussi, et le sentiment d'assister à de simples accords joués à la chaîne commence à nous envahir. Quand il ne s'agit pas pour la guitariste Emma Chaplin de faire la potiche et d'aligner trois notes, afin de ne pas abîmer son vernis. Le quartet surmonte cependant ses failles et délivre son concert comme on confie une lettre à la poste, cachetée par la voix omniprésente de la factrice, le timbre joliment alléché. Malgré un public statique mais enthousiaste, survolté à l'appel des tubes, la séance se révèle agréable sans pour autant toucher le summum de l'excitation. The Long Blondes, chez soi ou devant ses orbites, équivaudrait presque à la même chose, un son bien habillé mais sans aucune tache.

Organisation Botanique

Daddy Longlegs (Canada)

The devil's in the details

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Daddy Longlegs est considéré comme un groupe de garage. Il nous vient de Waterloo, dans l'Etat d'Ontario, au Canada. Fondé en 2001, il a décroché un Maple Blues Award (César du blues canadien), en 2008. Le line up réunit le chanteur/guitariste Mike Elliott, l’harmoniciste Chris ‘Junior’ Malleck, le bassiste Steve Toms et le drummer Jeff Wagner. Les musicos revendiquent comme influences majeures, les spécialistes du West Coast blues, comme Rusty Zinn, le regretté Nick Curran, les Fabulous Thunderbirds, Red Devils, James Harman et Little Charlie and the Nightcats. "The devil's in the details" constitue leur 5ème opus.

L’elpee démarre par le titre maître. Un brûlot à l’impact direct. Les sonorités primaires dispensées par la guitare me rappellent les Red Devils. La voix est caractéristique des ‘garage bands’. L’harmonica est plutôt détonnant. "Your love is killing me" élève le tempo. Chris Malleck est incapable d’attendre son tour et aligne une série de notes torrides, explosives. Il est rapidement relayé par Elliott qui n’hésite pas à en remettre une couche. Mike chante, d’un timbre à la fois perçant et émouvant, le blues lent "Lonely". Sa sortie aux cordes est bien plus parcimonieuse, face aux interventions graves et écrasantes de la section rythmique. Guitare et harmonica se conjuguent pour attaquer le nerveux "Borrowed time". Wagner en profite pour s’exciter sur ses fûts, alors que Malleck nous réserve un solo plein de dynamisme. Shuffle menaçant, "40 hour wreck" est balisé par le travail rythmique de la guitare. Une compo qui brille par sa cohésion. Manifestement la formation canadienne prend plaisir à nous faire partager sa musique."Easy for me" adopte le rythme du Chicago Westside originel. La voix se déchaîne sur "Get drunk and be someone", du pur rock'n'roll, très jump, au cours duquel Chris souffle dans son harmo comme un possédé alors que Mike semble hanté par le regretté Hollywood Fats. Ralentissement de tempo pour "You wonder", une plage qui baigne au sein d’une atmosphère lourde et au cours de laquelle la guitare se charge de reverb’. Malleck aborde le thème musical de "Summertime" dans sa partie libre à l'harmonica. "The one" lorgne à nouveau vers les Red Devils de Lester Butler. Le rythme est hypnotique et la six cordes totalement déjantée. "Half pint" nous replonge dans le West Coast jump. De bonne facture, cet opus s’achève par un blues acoustique intitulé "Dug my own grave".

 

Year Long Disaster

Black Magic

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Les membres de Year Long Disaster ont déjà tous flirté, d’une manière ou d’une autre, avec la célébrité. Vous pourriez probablement lire leurs aventures, dans la rubrique ‘Potins Rock/People’ de ce webzine, si ses concepteurs avaient eu la mauvaise idée d’en créer une. Daniel Davies, le guitariste/chanteur du combo n’est autre que le rejeton de Dave Davies, gratteur chez les mythiques Kinks. A la fin des sixties, ce groupe rock anglais a décroché toute une série de hits, dont les fameux « Lola » et « You Really Got Me ». Et puis surtout publié un chef-d’œuvre et album culte intitulé « Are the village green preservation society ». Rich Mullins a forgé sa notoriété de quatre-cordiste chez Karma To Burn. Quant à Brad Hargreaves, il a connu la gloire et la fortune en cognant les fûts chez la formation américaine très vendeuse Third Eye Blind.

Le rock, ce n’est pas la téléréalité. La célébrité ne suffit pas pour s’y faire un trou. C’est pourquoi, depuis sa formation en 2004, Year Long Disaster n’a cessé de multiplier les tournées. Ce travail scénique intensif l’a incité à partager la scène en compagnie de pointures comme The Cult, Velvet Revolver ou les Foo Fighters. Le premier album, éponyme, sorti en 2007, va leur attirer les faveurs d’un certain Lemmy Kilmister (Motörhead). Ce dernier, non content de les emmener en tournée, va dispenser à leur égard des compliments plus qu’élogieux au fameux magazine rock anglais Kerrang.

« Black Magic; All Mysteries Revealed », le second opus sorti en mars, est une véritable relecture modernisée de la mouvance classic hard rock anglaise des seventies. Produit par Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Alice In Chains, Rush), l’album devrait squatter les platines lasers de tous les amateurs de rock costaud inspiré des glorieuses années septante. Pas question ici de ‘revival seventies’. YLD ne se contente pas –comme beaucoup de combos se prétendant ‘vintage’– de rejouer les riffs lourds de Black Sabbath en essayant de retrouver le son minimaliste de l’âge d’or du rock. Le son, ici, est tout ce qu’il y a de plus moderne. Boosté à la sauce Raskulinecz. Les compositions, par contre, ont ce côté heavy rock ronflant et chaleureux, saturé de groove et bourré de feeling que seules les formations rock classiques britanniques comme Led Zeppelin, Whitesnake ou Deep Purple étaient capables de créer.

Les amateurs des trois dinosaures susvisés et de plus jeunes loups comme Wolfmother, par exemple, seraient donc bien inspirés en jetant une oreille velue sur cet excellent « Black Magic; All Mysteries Revealed ». Le rock, comme il doit être joué. C’est Lemmy qui l’a dit.

 

The Longcut

Open Hearts

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La scène de Manchester a toujours été riche. Enfin surtout depuis 1976. Auparavant, on y a quand même recensé des artistes ou des groupes comme les Hollies, Herman Hermit’s ou encore 10cc. Mais c’est en 1978, lors de la naissance du label Factory, que le phénomène va prendre toute son ampleur. The Fall et Joy Division vont tracer la voie à des tas de formations (The Smiths, Durutti Column, A Certain Ratio, etc.), mais surtout déclencher un mouvement qui va être étiqueté ‘Madchester’ et au sein duquel des groupes comme Happy Mondays, The Inspiral Carpets, The Stone Roses, O.M.D et évidemment New Order, vont littéralement s’engouffrer. Une constante : que ce soit dansant. Raison sans doute, pour laquelle, l’électro va y jouer un rôle important. On va parler ensuite de ‘baggy’, histoire d’être alors à la mode. Et ce mouvement va même déborder largement au cours des 90’s. Depuis, on ne peut pas dire que la relève ait été assurée. Hormis Chemical Brothers, la suite des événements va surtout mettre en exergue des formations de britpop comme Oasis ou The Verve. Ce qui ne veut pas dire que l’héritage ait été laissé en friche. Simplement, on en a moins parlé ; et puis il a été néanmoins entretenu, vaille que vaille, par quelques vieilles gloires (Ian Brown, Black Grape,…) Or une nouvelle génération semble vouloir reprendre le legs à son compte… (B.D.)

Ainsi plus récemment, après Delphic, The Longcut revendique également la succession. Son premier elpee était paru, il y a trois ans : « A Call And Response ». Chez Deltasonic, une filiale anglaise de Sony. Mais le trio mancunien a décidé de changer de maison de disque en signant sur le label indépendant Melodic (Windmill, The Isles, …), afin de jouir de plus de liberté. Et la quasi-totalité de « Open Heart » a été enregistrée au domicile du guitariste de Nine Black Alps.

Dès le titre d’ouverture, on retrouve les éléments principaux qui avaient marqué de leur empreinte le premier opus. Tout d’abord le timbre vocal perçant, éclatant et reverb de Stuart Olgivie. Ensuite les tempos sautillants nés de la conjugaison entre boîte à rythmes et drums. Et enfin, les nappes profondes de synthés qui confèrent aux différents morceaux, une belle consistance. Manifestement, au cours des trois dernières années, le trio a pris de la bouteille. Ainsi, il parvient à maintenir une pression constante tout au long de ses morceaux électro-rock qui flirtent régulièrement avec les six minutes. Un peu comme si The Rapture ou encore Foals s’étaient légèrement frottés au post-rock. Et le résultat est tout simplement surprenant. Deux coups de cœur : le titre maître et « Bloody Sunshine », deux plages caractérisées par une superposition de sonorités qui s’achèvent dans une véritable déflagration sonore. Excellent !

 

Luke ‘Long Gone’ Miles

Riddin' around in my V8 Ford

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Luke Miles est né en 1925. Au Texas. Mais ce bluesman noir est disparu depuis bien longtemps. A l’âge de 62 ans. En 1987. A l'instar de noms prestigieux comme T-Bone Walker ou Percy Mayfield, il s’est éteint en Californie. Il était surnommé 'Long Gone'. A cause de son premier enregistrement. Un single intitulé "Long gone", paru en 1961, pour lequel il avait reçu la collaboration de Sonny Terry et Brownie McGhee. Dès 1959, il avait accompagné le grand Lightnin' Hopkins. A Houston. Pour y jouer et enregistrer. En 1964, il grave "Country born", un elpee qui sera suivi par quelques 45 tours. Il va même partager un duo en compagnie de George ‘Harmonica’ Smith sur "Hello Josephine" et "Little sweet thing". Enfin, il figure également sur la collection "Blues from Los Angeles", un recueil caractérisé par les débuts de William Clarke et de ses Nightowls!

John Williamson des Superstitions l'avait rencontré en 78. A Long Beach. Lors de la première convention de la Southern California Blues Society. Long Gone Miles était un artiste élégant, souvent vêtu de blanc. Mais affublé de chaussettes rouges. Williamson est parvenu à mettre la main sur des bandes immortalisant un concert accordé dans un petit pub, sis Washington Boulevard, à Venice, la plage à la mode de Los Angeles. Une prestation accordée un samedi après-midi, devant une cinquantaine de personnes, tout au plus. Déjà très affaibli par le cancer qui allait l'emporter, Mike se produisait pour une des toutes dernières fois de sa vie. Pourtant, sa joie de vivre était manifeste, sur les planches. Et les huit titres de ce disque en sont un parfait témoignage.

Luke ouvre son set par un vibrant "Mojo hand", une compo signée par son ami Sam Hopkins. Le timbre vocal est chaleureux. L'accompagnement est parfois approximatif, mais il est bien soutenu par un harmoniciste très alerte. Indolent, "38 Pistol & a V8 Ford" est un excellent downhome blues. Très Chicago blues, il est dynamisé par la slide. On est plongé dans un climat proche du blues et du boogie. Dans l’esprit de Lightnin' Hopkins. Et c'est encore évident sur le rapide "Shake now baby shake". L'alternance entre les tempos rapide et très lents caractérise à nouveau "My little one room country shack", une plage au cours de laquelle un harmoniciste anonyme se met en évidence. Luke embraie par "It's mighty crazy", un boogie qu’il interprète face à un bien maigre public ; puis enchaîne par "Long gone (with my red pajama's on!)", son hymne personnel. En guise de rappel (NDR : c’est également un bonus track), il nous réserve une finale attachante, mais trop brève, "I can't get along with you", proche du swamp blues. Un document!

Young James Long

You ain't know the man

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Découpé en cinq titres, ce disque est le résultat de la rencontre entre trois personnages : tout d’abord les Texans Taylor Young et Kirkland James, respectivement drummer et guitariste, ainsi que l'énigmatique TW Long, originaire lui de la cité du métal, Detroit. C'est dans cette ville inhumaine qu'il a fait ses premiers pas. Fin des années 80. En perpétuant l'héritage de gloires locales comme le MC 5 ou encore Iggy Pop & The Stooges. PW a milité chez Mule, un trio responsable d’une fusion entre rock, country, blues et métal. En 96, Long change d'air et fonde un duo : Reelfoot, en compagnie du batteur Mac McNeilly (ex-Jesus Lizard). Le chanteur énigmatique disparaît une fois de plus de la circulation pour embrasser une carrière de chroniqueur. Une situation qui le conduira au cœur du Texas, à Dallas – Fort Worth. Là, le goût de la musique lui revient. Une petite tournée accomplie en Angleterre éveille l'intérêt du label Southern. Taylor Young est déjà préposé aux percus lorsqu’il concocte l'album "God bless the drunkard's dog", un disque qui ne paraît qu’en édition limitée. Et sous la forme d’un vinyle. Sur le sous-label Black Diamond.

« You ain't know the man » constitue le résultat de la rencontre entre ces trois musiciens qui ont choisi en toute modestie le patronyme Young James Long. Une rencontre assez brève, puisqu’elle n’a accouché que d’un enregistrement de 7 bonnes minutes. Mais une rencontre d’une densité exceptionnelle. Les éclats métalliques sont délivrés sous leur forme la plus brute. Encore une fois, il ne s’agit pas d’un opus, mais d’un exercice de style destiné à nous plonger dans un autre monde. Une invitation à un voyage sans retour ; car nos oreilles ne peuvent rester intactes après avoir vécu une telle expérience sonore. D’ailleurs, nos organes de commande ne répondent plus suite à une telle épreuve. Et nous en perdons tous nos points de repère. Si la base de lancement est située à Dallas, le projectile fonce tête baissée plein sud-est ; vers le Delta du Mississippi. Les références musicales puisent dans le blues profond, brut, primaire, rudimentaire ; mais ces mécaniciens du son ont emporté leurs machines. Ils récupèrent les métaux lourds, les tordent, les déchiquètent à la disqueuse, les broient, provoquant des gerbes d’étincelles incandescentes ! Ces cinq brûlots inextinguibles laissent transparaître, à travers ce kaléidoscope d’image déchirées, des artisans métallo de Detroit ; mais également les fantômes des vieux bluesmen partis trop tôt de ce monde malsain ainsi que les inévitables MC5 et Stooges… faisant passer les parties déjantées organisées dans les studios Fat Possum ou le pays des collines du Nord du Mississippi ainsi que les délires du Blues Explosion de Jon Spencer, comme des exercices délicats, sis à des années-lumière de cet univers inaudible. Une expérience à goûter quel que soit l’âge, à condition d’avoir été vacciné. A partir de cet instant, vous pourrez accéder au cœur de cette orgie sonore où seules les guitares lacérées, les percussions martelées et le chant sauvage on droit de cité. Soutenue par des chœurs incantatoires, cette voix devient même caverneuse tout au long de "Oseadelia" et de "Badcox", alors que véritable rouleau compresseur, "Her Jammies" écrase tout sur son passage… Wow !

                                                                                             

 

The Long Blondes

Someone to Drive You Home

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Patinage vintage recherche désespérément guitares baladeuses pour relation glamour. Munie de son rouge à lèvre flamboyant, Kate Jackson fait l’amour au micro et maquille le dancefloor de paillettes new wave. Synthétisant les années 80 et ses couleurs psychédéliques, la frontwoman applique son fond de teint à la Debbie Harry et déhanche sa voix telle une Chrissie Hynde nouvelle génération. L’équipe technique de Sheffield envoie son plein d’électricité dans les gambettes et le quintet peut alors jouer un revival de la scène rock glitter. Des cordes sorties tout droit d’un garage, une basse sensuelle et une rythmique pétulante miroitent sur des boules à facettes dont les reflets rétro s’allongeraient jusqu’aux rimmels waterproof. Honneur donc aux œstrogènes qui se bichonneront de ces mélodies charnelles « Heaven help the new girl », tandis que les allumeuses exhiberont leur soutif sur les tubes « Once and Never Again » et « Only Lovers ». L’album est donc à prendre comme la panoplie d’une Betty Boop armée, fréquentant les motards tatoués et le gratin de la coquetterie.

 

 

John Long

Lost & Found

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Avant sa mort, Muddy Waters avait déclaré que John Long était le meilleur jeune artiste de country blues encore en vie. Considéré par les spécialistes comme un véritable trésor national, John est né à St Louis, dans le Missouri. En 1950. Très jeune, il écoutait déjà les 78 tours de jazz et R&B de sa mère ou se postait devant sa radio pour écouter les programmes consacrés à la musique noire. Au début des années 60, il milite au sein d’un groupe de rock’n’roll et de R&B, en compagnie de son frère : les Mystics. Mais il séjourne régulièrement à St Louis où il côtoie de vieux bluesmen comme Big Joe Williams et Doc Terry. A l’aube des seventies, il atterrit à Chicago où il fréquente assidûment Homesick James Williamson. Ce dernier lui enseigne pas mal de ficelles. Il existe très peu de témoignages enregistrés de John Long. Ce qui explique pourquoi il est demeuré si longtemps méconnu. Il aura fallu qu'une de ses démos tombe dans les mains d'Al Blake, le chanteur/harmoniciste du Hollywood Fats Band et des Hollywood Blue Flames, pour le sortir de l’anonymat. Mis au parfum, Randy Chortkoff, boss de Delta Groove (NDR : dynamique label blues de Los Angeles), lui offre enfin l’opportunité de graver un album éponyme. Sous le charme, Chortkoff a le sentiment que cette découverte est semblable à celle d'Alan Lomax, lorsqu'il a invité Muddy Waters à entrer en studio, pour la toute première fois. John Long semble sorti tout droit des années glorieuses d'avant-guerre. Un bluesman pur et dur qui évolue sur le même terrain que Tampa Red, Scrapper Blackwell ou Peetie Wheatstraw. L'elpee a été concocté en une journée. A Burbank, en Californie. Long a composé la plupart des compos du disque. Il a cependant reçu le concours de son frère Claude pour quatre plages. A l’écriture. John chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Fred Kaplan (NDR : un acolyte de longue date d'Al Blake) le soutient au piano pour trois morceaux.

Entièrement respectueux du blues ancestral, John chante "Hokum town" d’une voix vivace. Il la met cependant au service de la composition. Expert dans le traitement des cordes, ses attaques sont sans fioritures. Il les place pourtant au coeur de la tradition musicale. Et on ne peut alors s’empêcher de penser aux créateurs depuis longtemps disparus tels que Charlie Patton, Son House ou Willie Brown. "Pressure cooker ('bout to blow)" est imprimé sur un tempo bien marqué. John y ajoute l'harmonica ; mais il évolue ici dans un registre rythmique bien plus proche d’un Jimmy Reed. Fred Kaplan le rejoint au piano pour "Hell cat". Long manifeste une authenticité stupéfiante lors de léger blues alliant guitare et piano. Imaginez-vous soixante ans plus tôt à l’écoute de Leroy Carr et Scrapper Blackwell, Big Bill Broonzy ou encore de Big Maceo Merryweather, un peu plus tard. Authentique, il l’est tout autant sur "Blues and boogie woogie". Ce chanteur/guitariste se met dans la peau des artistes delta blues les plus significatifs. Et je pense tout particulièrement à Robert Johnson. Voire à Tommy Johnson. D’ailleurs cette compo aurait fait un malheur si elle avait été interprétée par le Canned Heat de Bob Hite et Alan Wilson! "Foot stompin' daddy" est de la même trempe. Et signé par son frangin, "Greyhound diver" joue les prolongations. Nuance : la présence d’un bottleneck ; et puis la voix est bien plus mâle que celle du légendaire Johnson! "Stranglevine" constitue un des meilleurs moments de l’elpee. Kaplan s’y réserve le piano. Long gratte en soufflant dans son harmo posé sur le rack. Nous ne sommes alors plus très loin d’un classique du blues comme "It hurts me too". A moins que ce ne soit de Big Bill Broonzy. A cause de la sobriété et de la facilité manifestées dans l’interprétation. Déconcertant ! Il remet le couvert lors du séduisant "Mean ole rootin' ground sloth". Un fragment bouleversant d'authenticité et de sincérité! John cumule guitare, harmonica et percussions sur le boogie instrumental "Johnnie's jump". Secondé par une guitare aux accords jazzyfiants, Long chante d’un timbre intimiste et chaleureux "Healin' touch". On ressent très fort sa présence. A un tel point que parfois, on a l’impression qu’il est assis près de vous. Impressionnant! Lost & found" s’achève par deux versions différentes de "Leavin' St Louis". Tout d’abord en solo : John, son chant volontaire, ses cordes, l'harmonica fragile et acéré comme un Jimmy Reed au sommet de son art. Assurément, Jon vit son blues. A un tel point que son inspiration, sa créativité, se fondent dans son art. Trop peu d’artistes contemporains manifestent une telle passion. Ce n’est donc pas une surprise lorsqu’il adapte ce thème, flanqué de Fred Kaplan aux ivoires. Difficile alors de ne pas penser au grand Otis Spann et aux belles années qu’il nous a gratifiées. On comprend mieux pourquoi, Jon impressionna en son temps une légende comme Muddy Waters! Cet homme attachant vient de commettre un album tout bonnement remarquable.

 

 

The Long Winters

When I Pretend To Fall

John Roderick est un des plus fidèles destriers de la pop gracile et champêtre. De très bon augure, ce " When I Pretend To Fall " recevra sans doute tous les honneurs, des amateurs de chansons folk-pop-country à la Wilco aux " College Radios " qui passent REM et les Counting Crows. De fait, The Long Winters sonne un peu comme la bande à Michael Stipe. Même Peter Buck a mis la main à l'ouvrage (la mandoline sur le merveilleux " Cinnamon "). C'est sympa, sautillant, charmant : " When I Pretend To Fall " possède une veine mélodique qui fait mouche à tous les coups, malgré la production de Ken Stringfellow (Posies, Big Star) un poil trop lisse. Le meilleur : ce " Blanket Hog " en forme de symphonie de poche (riffs costauds, violons, trompettes) suivi d'une ballade contrastée (" It'll Be A Breeze "), toute en simplicité et finesse (une guitare acoustique, une voix). En deux chansons, Roderick montre l'étendue de son talent de songwriter. Ne lui reste plus qu'à piquer la vedette au grand chauve efféminé pour faire péter la tirelire.

Longpigs

The sun is often out

Longpigs appartient à l'aile la plus fragile, la plus tendre de la britpop. Hormis "Happy again" imprimé sur un tempo psychobilly et le sauvage, tourmenté "Elvis", sorte de Thousand Yard Stare en moins funk, "The sun is often out" est texturé à la fois dans l'électricité grésillante, pétillante et les cordes de guitares semi-acoustiques. Un peu comme des Bluetones qui auraient beaucoup écouté les LA's. Faut dire que côté harmonies vocales le quintette peut compter sur deux excellents chanteurs, dont l'un affiche un timbre vocal aussi capricieux que celui de Loz Paul Hardy (Kingmaker) alors que l'autre épouse les inflexions opératiques de Rick Witter (Shed Seven). Excusez du peu!