Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (6 Items)

Amadou & Mariam

Une ambiance de fête...

Écrit par

Morley est un trio drivé par la chanteuse/compositrice/ chorégraphe Morley Kamen. Elle pratique un folkpop qui déborde d'émotion, une expression semi-acoustique élégamment colorée par les accès d'un violon et d'une guitare sèche ; le tout souligné par la voix bouleversante de Morley. Son deuxième album, 'Days like these', vient de paraître tout récemment.

A l'instar de Salif Keita et d'Ali Farka Touré, Amadou & Mariam appartiennent à une scène pop afroworld qui récolte pas mal de succès en Europe. Atteint de cécité, le couple a bénéficié du concours de Manu Chao en personne, pour l'enregistrement de son nouvel opus, "Dimanche à Bamako'. Une influence bien présente tout au long de cette plaque ; mais aussi une marque de reconnaissance de la part de l'ex leader de La Mano. Et le résultat ne s'est pas fait attendre, puisque les ventes de disques cartonnent et les concerts attirent la foule.

Bourrée de swing, de groove, la musique d'Amadou & Mariam est à la fois dense et chaleureuse. Le recours à l'électronique, la double percussion, les rythmes répétitifs et le chant alterné ou d'ensemble colorent inévitablement leurs compositions. Sur les planches, Amadou & Mariam sont soutenus par quatre instrumentistes. Et ce sextet a accordé un set riche, attachant et bien en rythme. Le couple apprécie le public et le remercie vivement pour ses acclamations. Tout au long de la soirée, l'accent a été mis sur leur dernier album. Dès le début, "La fête au village" a plongé le public dans leur univers si caractéristique. Fouettés par la double percussion, les groovy et remuants "Artistiya" et "Beaux dimanches" ont constitué les premiers points culminants du set ! "M'bife balafon" et "Nangaraba" se sont davantage révélés contagieux et luxuriants. Amadou se met parfois dans la peau de John Lee Hooker. Ce qui explique sans doute pourquoi son jeu de guitare est aussi inspiré. Lors de leur voyage musical à Bamako, l'instrumentation et les harmonies vocales semblaient si naturelles et rafraîchissantes qu'ils conféraient à l'ensemble un parfum d'été. Et des titres comme "La paix", "Chantez, Chantez" ou "La réalité" en sont les plus belles illustrations. En rappel, ils ont interprété des morceaux plus anciens comme "Je pense à toi", fragment souligné par les harmonies vocales et la guitare d'Amadou, "Mon amour, Ma chérie" et "Pauvre type", des chansons qui ont mis en exergue leurs superbes harmonies vocales tout en déclenchant une véritable ambiance de fête. Amadou & Mariam ont laissé une forte impression: ils ont illuminé ces jours gris d'une teinte sensuelle d'été tout en éveillant en notre fors intérieur une envie de danser. Des festivals estivaux ( ?!?!?) comme Polé Polé, Sfinks ou Folkdranouter devraient y trouver leur compte…

(Traduction : Nico Verhelle/ Adaptation B. Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

Amadou & Mariam

Une transe purificatrice ?

Écrit par

Amadou et Mariam sont de retour à l’Ancienne Belgique. Alors, un tel concert, votre serviteur n’a certainement pas envie de le manquer. Le spectacle est sold out. Le début des hostilités est fixé à 20h30, et il n’y a pas de supporting act. Normal, puisque la prestation va durer deux bonnes heures. Et être particulièrement propice à la danse.

Le couple Amadou et Mariam, de leurs véritables noms Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia, sont des musiciens et chanteurs de nationalité malienne. Ils sont aveugles tous les deux. Amadou a perdu la vue à l'âge de seize ans, tandis que sa compagne l’est devenue à celui de cinq ans. Ils sont en tournée pour défendre leur dernier opus, « La confusion », paru 5 longues années après « Folila ». Peu d’artistes ou de formations pratiquant la ‘world music’ sont parvenus à autant transcender les genres et à bosser en compagnie de figures aussi marquantes de la scène internationale que Damon Albarn, Manu Chao, Nas et Damian Marley, Santigold, TV On the Radio ou encore Bertrand Cantat.

Les musicos débarquent sur les planches au compte-gouttes. Le drummer et le percussionniste se plantent sur une même estrade surélevée, du côté gauche. Ils saluent le public en frappant dans les mains. Le claviériste, s’installe sur un autre petit podium, à droite. Et après le bassiste, Amadou et Mariam font enfin leur apparition, en compagnie d’une choriste/danseuse. Et danser, elle ne va jamais s’en priver tout au du show, se lançant le plus souvent dans une forme de transe. En outre, son timbre de voix est à la fois puissant et grave.

Extrait du nouvel elpee, « Ta Promesse » ouvre le bal. La frappe du drummer est résolument rock. La ligne de basse soutient parfaitement l’imparable rythmique. On apporte une gratte à Amadou qui demande à la foule, s’il va bien. Pendant ce temps, Mariam chauffe déjà la fosse. Des spots rouges se focalisent sur les visages des artistes, qui sont –et ce n’est jamais une surprise– de bonne humeur. Il y a quelque chose de fort à voir deux personnes, atteintes de cécité être aussi heureux et complices sur les planches.

« C’est chaud » véhicule un message politique engagé. Les mots sont pourtant simples, puisqu’il s’agit d’une énumération des troubles subis par le monde contemporain, comme l’insécurité, la xénophobie, la haine et la crise économique, qui forcent les hommes à quitter le pays, laissant derrière eux, femmes et enfants. Non seulement, Amadou impose sa voix, mais il affiche un fameux toucher sur les cordes, parfois digne d’un Joe Bonamassa. « Filaou Bessame » campe un blues du désert ; plusieurs morceaux vont d’ailleurs nous y entraîner…

Pas de Mathieu Chedid pour « Masiteladi ». Les textes mêlent français et bambara. Et le résultat est fabuleux. Une chanson propice à la transe purificatrice et à l'éloignement des mauvaises ondes.

Issu du dernier elpee, le single « Bofou Safou » parle de jeunes garçons fougueux préférant aller danser plutôt que de travailler, une composition pimentée de sonorités électroniques, fait plutôt rare chez le duo malien.

« Africa » reflète la joie de vivre de ce couple magique et si chaleureux. Le titre maître de l’opus « La Confusion » pose un constat flagrant : ‘Les hommes et les femmes ont démissionné / Les enfants sont abandonnés dans les rues / Les mariés sont en train de divorcer, alors que jadis ils se mariaient tranquillement le dimanche’. Il soulève cette confusion ambiante qui ronge le Mali. Et « La Réalité », qui termine le show, communique un message de la même trempe.

Lors du rappel, le hit intemporel « Dimanche A Bamako » va faire chavirer le public. Même qu’à l’étage, plus personne n’est assis. Et le message de « La Paix » clôt ce magnifique set. Aujourd’hui, c’est également l’anniversaire d’Amadou, auquel la foule va lui réserver un vibrant ‘happy birthday’…

(Organisation : AB + UBU)

Amadou & Mariam

Folila

Écrit par

Nous les attendions impatiemment depuis qu’ils nous avaient accueillis, de leur voix, au Mali. Amadou et Mariam nous ont surpris tout au long de leur dernier album « Welcome To Mali », sorti en 2008, par le souffle moderne et électro insufflé à leurs morceaux, laissant un peu moins de place aux rythmes traditionnels. Surpris également par la collaboration de tant d’artistes ; de Damon Albarn à M. Ils réitèrent sur ce nouvel essai, un cran plus haut. Huit artistes différents sont présents sur « Folila », un LP réunissant treize titres. Retenons Theophilus London, Jake Shears du groupe Scissor Sisters ou encore Bertrand Cantat, en featuring sur quatre chansons. Un album où l’anglais semble avoir pris le dessus sur l’originel bambara. Le groupe perdrait-il sa griffe à travers tant de collaborations ?

« Dougou Badia » amorce l’album et nous emmène d’emblée dans un ailleurs où les voix des chœurs, de Santigold  et de Mariam alternent entre bambara et anglais tout en flirtant avec les guitares électriques. Un ailleurs qui perdure grâce à « Wily Kataso », pour lequel le duo malien est rejoint par TV On the Radio. L’organe de Mariam y est mis en avant et se fait métallique quand les autres voix, plus lointaines, s’expriment dans la langue de Shakespeare. Nous rencontrons Bertrand Cantat au détour de la troisième piste, « Oh Amadou ». Le chanteur français pose sa voix d’écorché et confère un côté rock à ce morceau où l’on retrouve les paroles parfois ingénues du groupe ‘y’a des jours de bonheur, y’a des jours de malheur’ ; ‘la misère, personne ne veut la vivre’. La voix d’Amadou connaît elle aussi son moment de gloire sur « Metemya », rehaussé par la présence de Jake Shears des Scissor Sisters.

La chanson « Africa Mon Afrique » s’avère être la plus engagée de l’album. Amadou et Mariam exaltent ‘le changement politique, idéologique, éthique’ tandis que Bertrand Cantat assène : ‘Africa mouvement quand le pouvoir vous ment plus question de subir le présent l’avenir, il faut saisir la chance’. Ironie de la situation alors qu’un coup d’état de la junte a renversé le gouvernement au Mali, à quelques semaines des élections présidentielles, prévues pour ce 29 avril.

« C’est pas facile pour les Aigles », bénéficiant de la participation d’Ebony Bones, révèle un titre jovial qui nous donnerait presqu’envie de sautiller pour supporter ces ‘Aigles’, autre nom de l’équipe de football malienne. Plus envoûtante est « Wari », qui se traduit par ‘argent’, composé en compagnie d’Amp Fidler. « Sans toi » se focalise sur l’amour et l’être aimé, si souvent décrits par Amadou et Mariam dans des morceaux tirés de leurs disques précédents comme « Je pense à toi », extrait de « Sou Ni Tilé » ou « Sabali », de « Welcome to Mali ». « Mogo » et « Another way », tous deux ‘featuring’ Bertrand Cantat, nous ramènent à des sonorités plus traditionnelles. Le touareg du Niger Abdallah Oumbadougou accompagne Amadou et Mariam sur « Bagnale ». Titre qui ouvre nos oreilles sur des horizons lointains et captivants. Suit l’hybride « Nebe Miri », auquel participe Theophilus London, qui introduit une touche de rap à l’aide de paroles heurtées s’entremêlant à la voix désormais familière d’Amadou. L’opus se clôt sur la gentille « Chérie », où résonnent des chœurs d’enfants ainsi que la voix maternelle de Mariam.

Aussi diverses et inattendues soient leurs les collaborations, Amadou et Mariam ont toujours le don de les orchestrer brillamment.

 

Amadou & Mariam

Amadou et Mariam raniment La Défense

Écrit par

Le groupe malien Amadou et Mariam présentait son dernier album « Folila » lors d’un concert, accordé ce 20 mars, dans le cadre du Festival Chorus, dans les Hauts-de-Seine. Sous le chapiteau Magic Mirror, le duo est parvenu à réchauffer le public, au beau milieu du quartier d’affaires de La Défense, à cette heure, désert et austère.

Prendre son temps semble sacré pour les Maliens, à Bamako comme à Paris. Il faut patienter jusqu’à 22 heures environ pour apercevoir les silhouettes d’Amadou puis celle de Mariam, guidée par un confrère, s’avancer tranquillement vers la scène. Le duo perce l’obscurité de la salle. Il n’a rien perdu de son goût pour le doré, des lunettes aux bijoux en passant par l’habituelle guitare électrique d’Amadou. Vêtus d’un traditionnel bazin bordeaux, les chanteurs prennent place sous un Magic Mirror déjà chauffé au son reggae de Clinton Fearon ainsi qu’aux résonances planantes du balafon et du vibraphone de Lansiné Kouyaté et David Neerman. Deux choristes et danseuses accompagnent Amadou et Mariam.

Le duo entame le concert par « Mogo » tiré de leur nouvel album « Folila » qui sort le 2 avril prochain. Un morceau qui permet au public de retrouver le groupe dont le dernier opus, le  protéiforme « Welcome to Mali », date de 2008. L’attente en valait la peine, les choristes nous assurent que ‘Tout le Mali est là’.

Viennent « Magosa », qui emplit nos oreilles de la douce mélodie de la langue bambara. Puis « Batoma ». Cette chanson nous parle d’une personne désinvolte qui se fiche de tout, même quand la collectivité chante, danse, tchatche et bouge, comme nous en ce moment!

Mariam met un point d’honneur à garder la température de la salle élevée en ponctuant sa chanson de ‘yepa’ et de ‘chaud’, appelant le public à frapper des mains. De son côté, Amadou, le sourire imperturbable, demande si l’on est ‘prêt à sauter’. Les spectateurs s’exécutent avec plaisir.

De « Dobe Mangan » à « Wari », qu’Amadou nous traduit du bambara par ‘argent’, l’enchaînement des morceaux est régulièrement et naturellement entrecoupé de dialogues entre Amadou et Mariam et quelques personnes du public qui les interpellent dans leur idiome. Des échanges verbaux souvent rapides, parfois plus longs. Nous tentons de comprendre le sujet. Nous nous contenterons de deviner le contenu positif à entendre Mariam répéter ‘Ini tché’, soit merci dans sa langue.

Retour dans l’exaltation sur « Africa mon Afrique » nouveau titre au texte engagé qui inscrit le duo malien dans la tradition des chanteurs clamant un changement politique pour le continent africain. Amadou et Mariam y prônent le ‘multipartisme, la transparence et les élections libres’ ou encore ‘la démocratie et le changement’.

On se surprend à espérer voir surgir Bertrand Cantat des coulisses, qui est en featuring sur quatre morceaux de « Folila », mais en vain.

« Masiteladi » » et « Wily Kataso »  maintiennent un public attaché et remuant qui se sépare  petit à petit de quelques prudents qui ne veulent pas rater le dernier métro.

« Dogon » nous entraîne un peu plus haut, dans les terres ancestrales du Mali, un pays qu’Amadou nous encourage vivement à venir découvrir.

Le duo va puiser toute l’énergie du public en balançant tour à tour « La réalité », tiré de l’album « Dimanche à Bamako » (2004) qui nous rappelle l’Amadou et Mariam d’antan, celui de Manu Chao, des sonorités légères et frétillantes ; puis « C’est pas facile pour les aigles » et « Beaux dimanches », le tout, avant de se retirer de scène.

Et de laisser le public encore plus sur sa fin. Grondement de pieds.

Amadou et Mariam reviennent pour entonner « Chérie » et « Sebeke ». Les danseuses sont survoltées et s’accaparent le devant du podium en rivalisant de mouvements frénétiques et imposants alors que le public s’imagine sur un autre continent.

Il est bien plus de minuit et personne n’est sûr de pouvoir rentrer chez soi. Finalement pas certain de le vouloir non plus.

 

Amadou & Mariam

Un rayon de soleil venu d’Afrique…

Amadou et Mariam sont loin de se cantonner dans une world music classique et banale. Pour preuve, sur leur dernier opus, Dave Albarn était venu ajouter une discrète mais élégante touche électro, alors que Tiken Jah Fakoly s’était illustré en posant délicatement sa voix sur des accords reggae. Et Manu Chao avait apporté à certains titres de « Dimanche à Bamako », leur avant-dernier opus, un parfum sud-américain particulièrement séduisant. Cette date bruxelloise constituait déjà la quinzième d’une longue tournée baptisée ‘Welcome to Mali’, un périple qui a débuté à Reims, ce 21 janvier. Au cours de ce concert on s’est d’ailleurs rendu compte que le rodage de leur spectacle n’était pas encore achevé, et qu’il ne pouvait que bonifier au fil du temps. Une période qui devrait suffire pour être au top, entre le 10 et le 24 février, point d’orgue de leur tournée, puisqu’ils ont été invités par Coldplay (NDR : et oui, rien qu’eux !) pour assurer leur première partie aux States.

Mais revenons à ce set pour lequel nous sommes arrivés malheureusement trop tard, afin d’assister au supporting act. Faut dire que l’Ancienne Belgique a décidé de n’annoncer les horaires et le nom des artistes programmés en première partie, que le jour même, à partir de 12 heures ! Dans ces conditions, difficile d’être ponctuel. Surtout lorsqu’on passe l’avant-soirée dans un bistrot sympa de la capitale, fréquenté par Arno.

Bref, sur le coup de 20h50 (NDR : précises, chapeau à l’organisation !), nos Maliens montent sur les planches. Le début de concert est plutôt calme mais riche en émotions. On ressent toute la complicité et l’amour (NDR : pour leur couple, la musique, leur pays et l’humanité… n’ayons pas peur des mots !) partagé par le duo. Tout au long de la première partie, les chansons traduisent la générosité des artistes et véhiculent des thèmes fédérateurs de paix et de tolérance. Conquis, le public belge ne faillit pas à sa bonne réputation ; mais il a envie de bouger. Un souhait qui ne sera exaucé que lors du deuxième acte, grâce notamment aux chorégraphies déhanchées des deux charmantes choristes et aux rythmes endiablés d’un percussionniste venu mettre l’ambiance sur l’avant de la scène. Inévitablement, la température monte d’un cran au sein du public et un rayon de soleil africain vient nous réchauffer le cœur (et le corps !)

Lors du premier rappel, le duo décide de plonger toute la scène dans le noir, afin de sensibiliser la foule au travail des associations qui s’occupent des aveugles. Un moment de recueillement de brève durée, puisque les lumières se rallument progressivement, provoquant à nouveau l’enthousiasme de l’audience.

Et en second rappel, le couple nous délivrera « Senegal fast food », avant un dernier titre salvateur…

L’éclectisme rencontré tout au long de leur dernier opus a donc bien passé la rampe, sur la scène bruxelloise. Bien sûr, on aurait souhaité que le show s’enflamme davantage et puis de vivre un show de la trempe de ceux que leur pote a l’art de nous livrer (NDR : on parle bien ici de Manu Chao !) Ce sera peut-être pour la prochaine fois. C'est-à-dire lors de l’édition 2009 du Couleur Café, festival au cours duquel Amadou et Mariam sont d’ores et déjà programmés…

Organisation UBU.

Amadou & Mariam

Welcome to Mali

Écrit par

Autant l’avouer de suite, cet elpee figurera parmi mes coups de cœur de l’année 2008. Il s’agit déjà du cinquième d’Amadou et Mariam, si on ne tient pas compte du coffret compilatif « 1990-1995: L'Intégrale des Années Maliennes ». Il fait suite à « Un dimanche à Bamako », paru en 2004 ; une œuvre qui avait bénéficié de la collaboration de Manu Chao. Responsable de la production, il s’était également impliqué dans le futur hit « Sénégal fast food ». C’est à partir de ce moment que l’histoire d’Amadou et Mariam va démarrer et nous en mettre plein la vue (NDR : sans faire de mauvais jeu de mots).

Après avoir commis un album aussi populaire, on craignait que le duo ne bascule dans la world radiophonique. Ou si vous préférez qu’il ne se soucie plus que du grand public. Heureusement, « Welcome to Mali » remet les pendules à l’heure. Et n’hésite pas à brouiller les pistes. « Sabali » ouvre le disque. Damon Albarn, le leader de Blur, y apporte son concours. Une compo surprenante par sa légèreté. A cause de son mélange entre chant traditionnel et électro minimaliste. Les puristes risquent cependant de crier au scandale ; et n’hésiteront probablement pas à clamer haut et fort que ce titre ne ressemble à rien. Pourtant, en manifestant un peu d’ouverture d’esprit, cette prise de risque est tout à fait louable. En fait, l’échange vocal opéré habituellement au sein du duo a été ici purement et simplement remplacé par un couplage entre la voix de Mariam, enrichie de chœurs, et une boîte à rythme prête à imploser. « Ce n’est pas bon » se révèle beaucoup plus engagé. Côté textes, bien sûr. Il est plus proche de racines maliennes. En outre, le mélange world/funky est parfaitement soutenu par la guitare bluesy d’Amadou. L’œuvre recèle bien sût des morceaux plus classiques. Et je pense tout particulièrement à « Magossa » puis « Djama ». De quoi remettre l’église au milieu du village ; car ces deux plages renouent avec le style Amadou et Mariam pur et dur.

A l’écoute de cette œuvre, on comprend mieux pourquoi les auteurs qualifient leur musique de ‘Pour tout le monde’ plutôt que de ‘Musique du monde’. Outre Damon Albarn, les invités sont légion. Mathieu Chedid prête ses backing vocals à « Masiteladi ». Et inocule quelques riffs de guitare très caractéristiques. Keziah Jones, K’naan et même Tiken Jah Fakoly sont également de la partie. Laurent Jaïs, aussi. Mais à la console de mixage. Il faut cependant avouer que la présence d’une telle brochette de collaborateurs comportait un risque : s’égarer des pistes maliennes pour emprunter des chemins un peu trop exotiques. Mais les craintes ont été rapidement balayées. Cet album respire l’amour et la joie de vivre. Enfin, pas nécessairement sur les morceaux les plus mélancoliques. Une chose est sûre, Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia conduisent ici parfaitement leur barque. Et nous invitent à voyager dans leur univers multiculturel éclectique, mais tellement savoureux. Je vous suggère même de placer ce compact disc sous le sapin de Noël, ce 24 décembre. Et pourquoi ne pas y joindre des places pour le set qu’ils accorderont le 18 février 2009, à l’AB de Bruxelles ? De beaux cadeaux en perspective !