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Matmos

Supreme Balloon

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Jamais à court de concepts étranges à transférer sur disque, le duo électronique américain a cette fois-ci décidé d’enregistrer un disque sans utiliser de micro. Tous les sons de « Supreme Balloon » sont donc générés par une batterie de synthétiseurs de toutes les époques, qui rendront jaloux les collectionneurs. Du Moog au Arp en passant par le Coupigny (vieux synthétiseur de l’I.N.A. utilisé par les compositeurs de musique concrète), les instruments de culte ne manquent pas.

Les sept pièces musicales (dont une dépasse les vingt minutes) réunies sur ce « Supreme Balloon » convient l’auditeur à un voyage décalé dans un monde un peu grotesque et désuet. Les hostilités débutent par « Rainbow Flag », une sorte de bossa moqueuse et flasque traversée de sons ‘bruissants’. Dans le même style, « Les Folies Françaises » pastiche les travaux de Wendy Carlos, pionnière du Moog dont les adaptations de Bach ont été largement utilisées par Kubrick dans Orange Mécanique. Moins anecdotique, « Mister Mouth » est rehaussé par la présence de Marshall Allen (Sun Ra Arkestra) à l’‘Electronic Voice Instrument’ (un oscillateur vocal). Cette pièce évoque les travaux décalés de Mr Oizo. Une espèce de funk futuriste qui part dans tous les sens, mais aussi un des sommets créatifs de l’album. Le titre maître s’étale sur plus de vingt minutes. Il semble avoir été conçu pour illustrer un documentaire. Guère passionnant, il soulève cependant la question de la vie extra-terrestre.

A l’atterrissage, l’album séduit plus par la qualité indiscutable de la recherche sonore du duo que par la qualité des titres proposés. Hormis l’un ou l’autre morceau (« Polychords », « Cloudhoppers »), il ne suscite guère d’intérêt. Et si vous êtes patients, après dix minutes de silence, vous avez encore droit à un bonus track. Une sorte de titre house dont le traitement dub est finalement assez convaincant…

 

Matmos

The Rose Has Teeth In The Mouth Of A Beast

Pour Drew Daniel et M.C . Schmidt, musique = politique. Depuis leurs débuts, ces deux agitateurs sonores n’ont jamais cessé d’interroger la société en usant de la musique comme vecteur intellectuel, historique, physique. « The Rose… » se veut une série de portraits en hommage à quelques-uns de leurs idoles, de Ludwig Wittgenstein au Roi Ludwig II de Bavière. Pour arriver à leurs fins postmodernes, Daniel et Schmidt ont rassemblé des objets de la vie de ces personnalités pour en extraire la sève musicale. Une sorte de grand raout à base de sampling, de bruitages divers et de ‘mickeymousing’, dont la méthode interpelle davantage que le résultat. « Roses And Teeth For Ludwig Wittgenstein » se construit ainsi sur base d’une phrase déclamée extraite d’un livre du penseur, selon laquelle une ‘rose aurait des dents’. On y entend la phrase, sur un lit de samples de roses et de dents manipulées par le duo. « Steam And Sequins For Larry Levan » se révèle le morceau le plus dansant du lot, à la Metro Area. Rien de plus normal, puisque Larry Levan est une figure légendaire du disco, l’un des premiers DJ’s en tant que tel. La structure rythmique de « Tract For Valerie Solanas » repose sur des bruits de ciseaux, de couteaux, de vagins en plastique et d’utérus de vache. Pour rappel, Solanas voulait ‘détruire le sexe masculin’ (c’est répété dans le morceau), d’où l’utérus de vache : quand tu souffles dedans à pleine bouche ça fait un son bizarre, ici catalogué. CQFD. L’hommage à James Bidgood (le réalisateur de « Pink Narcissus », film gay culte) est construit à partir de piano, de cordes (de l’American Contemporary Music Ensemble) et du bruit amplifié du sperme de Daniel qui tombe sur une feuille. C’est Antony (d’Antony & the Johnsons) qui chante. « Snails And Lasers For Patricia Highsmith » ? Des escargots traversent un tube de glace, transpercé par des lasers connectés à un theremin. Quand la bête entre en contact avec le laser, il enclenche le theremin. L’auteur adorait les escargots, et si le morceau évoque du ‘jazz noir’ (dixit Matmos), c’est évidemment parce que Highsmith écrivait des polars. « Germs Burn For Darby Crash » se base sur des bruits de brûlures : celles de cigarettes, sur le bras de Daniel. C’est Don Bolles, l’ancien batteur des Germs, qui le torture. Un bel hommage à ce jeune punk de Darby, mort à 20 ans d’une overdose volontaire. « Solo Buttons For Joe Meek » mixe cordes sépulcrales (du Kronos Quartet) et surf music, tandis que « Rag For William S. Burroughs » rappelle la transe des Jajouka (et donc ses voyages africains). Détail amusant : le morceau commence comme un ragtime (piano et bruits de machine à écrire), avant d’être interrompu par un coup de revolver et de virer tribal. Ce coup de revolver renvoie sans doute au morceau qui le précède, puisque Joe Meek s’est suicidé en 67 en se tirant une balle dans la tête… Elémentaire, mon cher Watson ! Dommage que Matmos ne soit pas fan de Sherlock Holmes (pourtant gay refoulé) : avec des pipes (sic), un manteau de tweed et quelques sachets d’Earl Grey, ils auraient pu signer un tube.

Matmos

The Civil War

Après s'être distingués dans la musique d'objets chirurgicaux (" A Chance To Cut Is A Chance To Cure "), Martin C Schmidt et Drew Daniel dépoussièrent avec entrain les mythes guerriers et les oripeaux médiévaux. Sur " Regicide " et " Jealous Order of Candied Knights ", le duo californien s'amuse avec un Orgue de Barbarie et d'autres vieilleries de la Renaissance, pour un résultat cocasse où les aspérités électroniques finissent quand même par enrayer la machine (de guerre). Une rythmique martiale s'ajoute à la cacophonie ambiante, avant qu'un bruit SF nous replonge dans le futur, bref aujourd'hui, ou du moins c'est ce qu'on croit… Matmos aime brouiller les pistes et se jouer du contexte (musical, politique, technique) : forcément inclassable, sa musique est à la fois faite d'anachronismes vertigineux et d'avancées soniques encore sous-estimées. En utilisant des instruments d'un autre âge et d'autres accessoires d'une origine douteuse (la fourrure d'un lapin sur " Pelt and Holler "), Schmidt et Daniel ne font, en fin de compte, que recycler. De véritables maîtres-composteurs ! Qu'ils s'amusent avec nos nerfs (les chip tunes de " The Stars and Stripes Forever ") ou nous ménagent avec du folk en apesanteur (" la fin de " Y.T.T.E. " et " For The Trees "), les deux Américains ne font pas dans la dentelle. Sauf si c'est celle de Bruges, datée d'époque, à coudre au plus vite sur leurs costumes de fiers chevaliers de la cause postmoderne.

Matmos

A chance to cut is a chance to cure

Écrit par

D'ici quelques mois (temps terrestre) les Yankees Matmos auront envahi les ondes de notre bas monde pour mieux le mettre à feu et à sang. L'étoile biscornue Björk vient en effet de leur donner à traiter ses extravagances musicales sur son prochain brûlot " Vespertine ". Notre fringuant duo transex, habitué à ausculter les ratages numériques pour en faire autant de ready made sonores, ne délaisse pas ici son côté " infirmier des oreilles spécialisées " à travers le déstabilisant " A chance to cut is a chance to cure ". Un concept album sans œillères qui assimile avec un je-m'en-foutisme intello musique concrète, discoïde homo et quelques millilitres ouatés d'electronica rêches puisés sur les rebords liquides des salles d'opérations. Un concept pour le moins intriguant, lorsqu'on sait que ces dépuceleurs du rythme binaire, déjà responsables de trois albums electronico- barrés sortis sur Domino, agencent bruits de liposuccion, de laser, d' acupuncture, de rat en cage, récoltés pour la plupart en prise directe, afin d'obtenir des fragments baveux, aux structures bâties sur les miettes gore de peau raclée, avec ce sens du burlesque troupier qu'on jugerait par instant provenir de la perfide Albion. Points d'orgue de cet elpee, " Spondee " et " For Felix " empruntent l'énergie et les montées d'adrénaline propres à la house millésimée des clubs de San Francisco, pour la moudre à des stridences qui, en s'éloignant de l'univers oppressant qui les génère, émeuvent. Tu cherches la lumière et c'est l'impasse disait Bashung. Pour une fois, l'impasse aura l'aspect d'un matin d'été éternel, comme une joie simple perpétuellement renouvelée.