La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Mike Donovan

Mike Donovan s’éclaire à la lampe de poche…

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Depuis 2011, Mike Donovan est un pilier du label Drag City, d'abord en compagnie de Sic Alps, puis en solo et avec The Peacers ; mais Mike ‘The Mighty Flashlight’ Fellows est une figure des coulisses de Drag City depuis les premiers jours, jouant sur scène et sur disque avec Royal Trux, Silver Jews et Will Oldham. Fellows a également contribué aux albums de Endless Boogie, Pigeons, Weeping Bong Band et Prison au cours des dernières années.

Chez Mighty Flashlight, le chemin serpentueux de Donovan devient de plus en plus élastique, s'amplifie de ligne en ligne, de changement en changement, sa souplesse d’esprit permettant de percevoir des formes différentes dans nos oreilles.

Sur le single, "Planet Metley", Mike and the Mighty Flashlight nous guide dans un labyrinthe de psych-rock glamour et garage.

"Meets The Mighty Flashlight" le nouvel opus, paraîtra ce 13 octobre 2023.

Issu de cet LP, "Planet Metley" est disponible sous forme de clip,

 

 

Mike Polizze

Long lost solace find

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Etabli à Philadelphie, Mike Polizze appartient à cette vague d’artistes indie-rock talentueux sur laquelle Adam Granduciel (leader de War on Drugs) et Kurt Vile (ex-War on Drugs) surfent comme meilleurs ambassadeurs.

Alors qu’il milite chez Purling Hiss, une formation rock/garage issue de  Philadelphie, Mike cherche déjà à explorer d’autres horizons musicaux. Il décide alors de débrancher l’électricité et de se lancer en solo. 

Pour enregistrer son premier opus, il s’est bien entouré, puisqu’il a pu compter sur le concours de son ami Kurt Vile (il se sert ici de toute une panoplie d’instruments et se charge des chœurs) et de Jeff Zeigler, ingénieur du son pour War on Drugs, Kurt Vile et Steve Gunn).

Vu la liste des collaborateurs, il n’est pas étonnant que la musique de ce « Long Lost Solace Find » nous plonge au sein d’un univers sonore réminiscent de Kurt Vile. Même le timbre vocal de Polizze est proche de celui de Vile. Et tout comme lui, il a décidé d’en revenir aux racines du folk/blues américain.

Impeccables, les dix ballades aux mélodies entêtantes et lumineuses se nourrissent judicieusement de guitare sèche (surtout), jouée en slide (évidemment !), d’harmonica et de cuivres, oscillant de l’allégresse (« Revelation ») à la mélancolie (« Cheewawa », « Wishing Well »).

Pour un premier essai, Mike Polizze marque des points. Son « Long Lost Solace » s’écoute d’une traite sans jamais baisser de régime. Et si l’artiste marche sur les traces de Kurt Vile, il n’est pas loin de le rattraper… 

Mike Bankhead

Anxious inventions & fictions

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Mike Bankead est issu de Dayton, dans l’Ohio. Auteur et compositeur, il est aussi pianiste et surtout bassiste. « Anxious inventions & fictions » constitue son second elpee, un disque qui fait suite à « Echo in the crevices », paru en juillet 2017.

Pour enregistrer son nouvel opus, il a reçu le concours de toute une série de collaborateurs, dont Tim Pritchard (The Boxcar Suite, Shrug) ainsi que le drummer Brian Hoeflich. Mike est manifestement inspiré par la musique des 90’s. Très électrique puisant dans l’alt rock et le grunge. Pensez à Bush, Smashing Pumpkins, Nirvana, Green Day, Hüsker Dü, Superdrag et même Ash. Enfin, sur les titres les plus saignants, l’album réservant également l’une autre ballade mid tempo ou sous forme de valse, à l’instar de l’hymnique « Never let go », une piste enrichie d’orchestrations et de chœurs. Ou encore « Goodbye », une chanson tramée sur un piano. Bénéficiant d’une jolie mélodie, « Partnerfamilias » est traversé par une intervention au violon, alors qu’empreinte de délicatesse, la guitare est jouée en picking.

Si les lyrics sont bien ficelés, traitant aussi bien du chagrin, de la découverte de soi, de la spiritualité, de la nostalgie, de la dépression et de l’amour et du désir, entre autres, la voix de Mike manque manifestement d’assurance et tombe même parfois à plat. Dommage, car l’expression sonore tient parfaitement la route.

Enfin, on épinglera encore, la joie pochette, imaginée par l’artiste-peintre Megan Fiely.

Mike Zito

Quarantine Blues

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Coronavirus oblige, les musiciens sont au repos forcé. Pour un hyperactif tel que Mike Zito, impossible de tourner en rond à ne rien faire. A l’issue de leur dernière tournée européenne, Mike et son band ont dû rester en quarantaine durant quatorze jours avant de retrouver leur liberté en mère patrie. Une belle occasion de composer de nouvelles chansons, de les enregistrer et d'offrir un album gratuit à leurs fans ; des chansons immédiates où transparaissent leurs émotions, espoirs, craintes, peurs et passions du moment. Finalement, dix chansons pour libérer le monde de ses anxiétés.

Le backing group de Mike implique Matt Johnson (batterie), Doug Byrkit (basse) et Lewis Stephens (claviers). Il a écrit et réalisé des démos qu’il a transmises à ses musicos, qui chacun de leur côté ont opéré leurs interventions respectives, puis retransmis la matière au leader. Ce dernier s’est alors chargé de collecter, mixer et produire l’ensemble. Le disque est disponible sur le site web de Mike, tant en cd qu’en téléchargement (voir ici)

L’opus démarre par l’excellent power blues rock "Don't let the world get you down" (Trad : 'Ne laissez pas le Monde vous descendre’). Le conseil d’un sage. La voix est juste, l'orgue, chaleureux, et la guitare, magique. Tout aussi délicieux, "Looking out this window" conjugue cordes électriques et acoustiques. Fruit d'une collaboration avec Tracii Guns, co-fondateur de Guns N' Roses et de L.A Roses, le puissant, "Don't touch me" baigne dans le métal. "Quarantine blues" s’abat comme un couperet et plombe l’ambiance. Un blues du mal-être, du repli sur soi, de la solitude. Face à la slide lourde et torturée, la voix ressemble à un cri. Le riff simple, mais efficace adopté sur "Walking the street" lorgne vers ZZ Top. La section rythmique épaule parfaitement la voix. Un climat qu’on retrouve tout au long de "Dust up". Slow blues, "Dark raven" baigne au sein d’une l'atmosphère dramatique. Mike double les guitares lors d’un duel où émergent des chapelets de notes entrelacés. Excellent, "Call of the world" est abordé dans l’esprit de Neil Young et son Crazy Horse. Cool, "After the storm" rappelle la collaboration entre Eric Clapton et JJ Cale. Mike avait écrit "Hurts my heart" en 2012 pour le Royal Southern Brotherhood, morceau qui figure sur son premier opus. Il nous en propose une nouvelle version. Et le long playing de s’achever royalement par la ballade acoustique "What it used to be".

Mike Zito

Rock'n'roll

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Mike Zito fêtera le demi-siècle en cette fin d'année 2020. Originaire de St Louis, dans le Missouri, ce musicien est certainement l'un des plus actifs dans l’univers contemporain et du blues et du rock. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, il est aussi l'une des chevilles ouvrières du label allemand Ruf. On lui prête des grandes vertus comme l’honnêteté, l’authenticité et l’intégrité. Mike possède un cœur de rocker. Pas étonnant qu’il ait alors intitulé cette plaque "Rock'n'Roll" en la sous-titrant ‘A tribute to Chuck Berry’. Tout comme Mike, Chuck Berry était né à St-Louis. Il nous a quittés en mars 2017, à l’âge de 90 ans.

Mr Zito produit cet opus qui réunit vingt titres issus du répertoire du grand rocker disparu. Il est soutenu par son band et, vu les moyens mis à sa disposition, a invité toute une série d'invités notoires.

L’ouverture est royale. Mike s'affiche en compagnie de Charles Berry III, le fils de Chuck pour "St Louis Blues", un morceau écrit par le légendaire WC Handy, en 1914. Un véritable festival de hits du grand rock'n'roller défile ; et il est émaillé de quelques incontestables réussites. A l’instar de "Johnny B. Goode", pour lequel il est épaulé par Walter Trout, "No particular place to go", par son concitoyen Jeremiah Johnson, le boogie infernal "Reelin' and rockin'", par Tommy Castro ou encore "Let it rock", par Jimmy Vivino. Berry avait signé son premier contrat sur le label Chess, à la demande de Muddy Waters en personne. Le blues n’est donc pas négligé. Le superbe "Wee Wee hours" auquel collabore un Joe Bonamassa en très grande forme le confirme. Mais la face roots non plus. Comme sur ce "Memphis", une piste au cours de laquelle les interventions d’Anders Osborne à la slide sont élégantes. Puis "Too much monkey business", une plage à laquelle Luther Dickinson (North Mississippi All stars) et Stephens au piano boogie participent. Et aussi l’exotique "Havana Moon", une compo alimentée par la slide Sonny Landreth. Mais également "Brown eyed handsome man", un titre que chante Zito, épaulé par Kirk Fletcher et Josh Smith aux cordes. Et enfin, la finale, l'amusant "My ding a ling" morceau auquel contribue Kid Andersen. Un excellent hommage !

Mike Zito & Friends

Mike Krol

Power chords

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Grafic-designer de profession, Mike Krol déserte son bureau à ses heures perdues pour changer d’air et déverser son trop plein d’énergie dans la musique. Trois ans après avoir gravé son précédent opus, le Californien opère son retour en publiant un second album signé sur Merge (Arcade FIre, Lambchop, Destroyer, Dinosaur Jr, ...) Lors des sessions, il a reçu le concours de musicos issus des quatre coins des USA.

A l’instar d’un King Tuff ou du regretté Jay Reatard, Mike Krol maîtrise parfaitement son sujet. Ses morceaux sont sculptés dans un rock garage aussi mélodique qu’énergique. La machine est impeccablement huilée. Et Mike est aussi à l’aise sur les tempos lents que plus rythmés. Sous une production lo-fi, les riffs sont imparables et les refrains judicieusement repris en chœur. Les onze morceaux de “Power Chords” défilent sans le moindre contretemps.

Cet album constitue certainement l’un des meilleurs remèdes au spleen provoqué par le manque de lumière de ce mois de décembre…

Mike Zito

First class life

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La carrière de ce chanteur/guitariste originaire de St Louis est exemplaire, dans l’univers du blues/rock. Mike vient d'ailleurs d'être nommé ‘Artiste blues rock de l'année’ lors de la Cérémonie de remise des ‘Blues Awards’ de la Blues Foundation. Il signe ici son 14ème elpee !

Embarquement pour des "Mississippi nights". La slide de Mike et le piano Lewis Stephens soutiennent parfaitement la voix cassée. Une voix qui nous emporte tout au long du titre maître, une plage qui baigne au sein d’une excellente ambiance. Idéale pour le ‘live’ ! Et cette voix est vraiment proche de Ray Charles, tout au long de "The world we live in", un blues lent savoureux caractérisé par un toucher de cordes saturé de feeling. "Old black graveyard", aux intonations volontiers dramatiques et "Damn shame" sont deux autres plages indolentes.   Paru en 1974, "I wouldn't treat a dog" est un hit signé Bobby Bland. Délicatement soul et funk, la version roots est superbe. Mike et le redoutable Bernard Allison partagent les cordes sur le funk nerveux "Mama don't like no wah wah", ce dernier favorisant son jeu sur les pédales. Mike Zito affiche une grande sérénité dans l'exercice du Memphis blues, qu’il soit rythmé comme sur "Dying day" ou funky, tout au long de "Back problems". De toute bonne facture, cet opus s’achève par le rock'n'roll classieux "Trying to make a living", un hit chanté par Bobby Saxton en 1960 !

Lal & Mike Waterson

Bright Phoebus

Écrit par

Lal et Mike Waterson étaient frère et sœur. Responsable d’une musique folk, le duo a sévi il y a un peu plus de quatre décennies. Il avait choisi d’abord, pour patronyme, The Watersons et pratiquaient un folk plutôt traditionnel. Lal et Mike avaient enregistré un elpee, intitulé "Bright Phoebus", paru à l’origine en 1972. Des artistes notoires britanniques, comme Martin Carthy, Richard Thompson, Ashley Hutchings, Tim Hart et Maddy Pryor avaient participé aux sessions. La plupart des collaborateurs militaient alors chez Fairport Convention et Steeleye Span ! Pressé à 2 000 exemplaires, le long playing sera rapidement épuisé. Il vient donc d’être réédité, en version remasterisée.

Pour l'histoire, Lal Waterson est décédée d'un cancer du poumon en 1998, et Mike est également disparu, mais en 2011. Ils n'ont donc pas eu la chance de connaître cette deuxième vie, accordée à leur « Bright Phoebus »… 

"Rubber Band" et "Magical man"empruntent certaines saveurs au "Sgt Pepper" et "Magical Mystery Tour" des Beatles. Des compos empreintes de bonne humeur qu’alimentent les voix multiples et certains instruments, comme les percussions ou la clarinette. Le reste de l’opus propose un folk classique, le plus souvent non amplifié. Si la voix de Mike se révèle fragile, celle de Lal est autrement limpide. Et des plages comme "Fine horseman", traversée par une clarinette ou "Never the same", soulignée par un violoncelle, en sont les plus belles illustrations. "Shady lady" et "Bright Phoebus" constituent les meilleurs titres du long playing. Le premier se distingue par ses voix féminines polyphoniques et des cordes électriques aussi discrètes qu’efficaces. Le second est également le titre maître. Un morceau de folk/rock au cours duquel, elles ces cordes sont à la fois parcimonieuses et élégantes…

 

Mike Biggar

Go all in

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Ce Canadien a décroché de nombreux prix dans le New Brunswick, dont il est originaire, et sur la côte est du Canada. Un chanteur/compositeur de roots. "Go all in" constitue son troisième opus. Mike possède une bonne voix et n'hésite pas à aborder des styles différents, comme le blues, le r&b, le rock et la country. Pour mettre en boîte les douze plages de cet LP,  il a reçu le concours de son backing group. Il signe la presque totalité des compositions!

Cette voix est d'attaque dès "Blood from a stone". Cordes acoustiques et métalliques du dobro soutiennent l’offensive. La température monte d’un cran sur "Go all in", une superbe piste largement amplifiée et cuivrée, au cours de laquelle les grattes cavalent. Frétillante et séduisante, la voix s’impose sur "Can't believe it", un roots rock entretenu par les guitares, le banjo et la pedal steel. Un style qui correspond parfaitement à l’artiste. Dynamisé par les cordes électriques en verve de Kris Richards, "Hell and high water" et "Playdate" en sont d’autres belles illustrations. Mike est également à l’aise quand il aborde la country. A l’instar de "Leaving these days", souligné par la mandoline, et "Kinda sad", une plage caractérisée par un dialogue subtil entre la pedal steel et la guitare de Grant Heckman. Les interventions de Charlie A'Court, un autre artiste roots canadien sont véritablement magiques, tout au long de "Love & Insanity", un titre que les deux artistes cosignent. Et l’intervention vocale est à nouveau superbe ! Enfin, imprimé sur un mid tempo, "That takes some balls", bénéficie du concours du producteur Terry Wilson, qui se charge de la basse, de la guitare et du piano électrique…

 

Monster Mike Welch and Mike Ledbetter

Right place, right time

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Issu de Boston, Monster Mike Welch est un guitariste un hyper doué. Depuis son plus jeune âge, il sillonne les circuits de blues. Il milite chez The Bluetones, le solide backing group du chanteur/harmoniciste Sugar Ray Norcia.

Mike Ledbetter nous vient de Chicago, un endroit idéal pour pratiquer le blues. Il milite au sein d’une formation locale, le Nick Moss Band, comme gratteur rythmique.

"Cry for me baby" ouvre la plaque. Sculptée dans le Chicago blues cette compo enlevée figurait au répertoire d'Elmore James. Légèrement nasillarde, la voix de Ledbetter est surprenante. Insatiable, la six cordes la talonne, alors que les interventions au piano d'Anthony Geraci (Sugar Ray Bluetones) tapissent l’ensemble. L'intro d’"I can't please you" sert de rampe de lancement à un r&b cuivré, au cours duquel les cordes de Welch atteignent une nouvelle fois les sommets. Chicago shuffle, "Kay Marie" est une plage entraînante. Les notes dispensées par Anthony Geraci, aux ivoires, sont à la fois belles à pleurer mais aussi hantées par son maître, le regretté Pinetop Perkins. Du blues 5 étoiles ! La performance vocale n'est pas banale tout au long du "I can't stop baby" de Willie Dixon, un titre popularisé par un des leaders du Chicago Westside, Otis Rush. Welch démontre une nouvelle fois sa parfaite assimilation du style, alors que les saxophones de Sax Gordon et de Doug James colorent l’expression sonore. Le "How long can this go on?" de Junior Parker est imprimé sur un tempo vivace, proche du boogie. Mike Welch et Laura Chavez (NDR : c’était la soliste du backing group de la regrettée Candye Kane) se partagent les envols de cordes. Constituée de l’ex-Fabulous Thunderbirds Ronnie James Weber (NDR: impliqué aujourd’hui chez Rick Estrin & The Nightcats) et Marty Richards (Duke Robillard Band), la section rythmique est d'une solidité à toute épreuve. Ledbetter signe "Big Mama" et "Can't sit down", deux excellentes plages, au cours desquelles Geraci se sublime aux ivoires. Blues lent, "I'm gonna move to another country" est issu de la plume de Welch, un classique enflammé par la voix de Ledbetter qui flirte avec les aigus. Monster peut tout se permettre sur ses cordes tant il a assimilé toutes les ficelles du style ! Le "Cryin' won't help you" de Tampa Red et le "Goodbye baby" d'Elmore James sont deux excellentes reprises. La première nous plonge dans le Westside ; et elle de nouveau est si proche de l’univers d'Otis Rush. La seconde nous entraîne au cœur du downhome blues, une piste qui se distingue par sa slide chargée de feeling. Un des sommets de cet opus ! Caractérisée par ses échanges entre Mike et Laura Chavez, "Brewster Avenue Bump" clôt cet elpee, une piste instrumentale signée Welch, mais abordée dans l’esprit de Freddie King. Manifestement, "Right place, right time" constitue un des meilleurs albums de l’année !

 

Mike Elliott

Elliott and The Audio Kings

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Ce trio de blues/rock est canadien. Issu de Waterloo, dans l’Ontario, très exactement. Son leader, le chanteur/guitariste Mike Elliott a milité au sein du Daddy Longlegs, un groupe de garage blues local, avant de monter son propre projet. Il a ainsi recruté le drummer Johnny Sauder et le contrebassiste Scott Fitzpatrick, comme section rythmique. Et qu’il a baptisée The Audio Kings. Eponyme, cet opus constitue le premier elpee du combo et réunit onze plages signées par Elliott.

Dès le départ, la formule trio s’impose. Très rock’n’roll et clairement jump, "When they say about you" est parfaitement balisé par la section rythmique. De quoi permettre au leader, dès qu’il en a l’opportunité, de prendre un billet de sortie sur ses cordes. Volubile, il étale également toute sa technique sur sa gratte. Tout au long du boogie "One of a king", Elliott ne laisse pas le moindre espace disponible. "What tomorrow brings" est imprimé sur un tempo plus lent. Le drumming se charge de swing. Un swing entretenu par la basse acoustique de Scott sur "Friday night". La voix est limitée, mais la créativité sur les cordes est constamment présente. Les musicos reprennent en chœur le refrain pendant "Come on home", une plage caractérisée par un rythme, ma foi, plutôt exotique. Shuffle bien texan, "Easier said than done" est à la fois passionnant, entraînant et efficace. Elliott souffle dans son harmonica tout au long de "No need to be alone", un blues enlevé. "Another day, another dollar" campe un rockabilly bien vivifiant. Et la guitare est omniprésente. Il manquait un blues lent. "Jealous kind" comble cette lacune. Les cordes fluctuent constamment et s’autorisent même une sortie tout à fait convaincante. Dommage que la voix de Mike ne soit pas davantage chargée de passion ! Les percus syncopées de Johnny nous entraînent au cœur des rues de la Nouvelles Orléans pour un "I don’t want to work" propice à la fête. "I know" met le cap sur Chicago, une finale particulièrement Westside qui véhicule les accents d’une rumba, dans l’esprit d’Otis Rush. Et Mike Elliott s’y réserve une de ses meilleures sorties sur les cordes.

 

Mike Zito

Make blues not war

Écrit par

Originaire de Kansas City, Mike Zito est incontestablement l’un des bluesmen les plus doués et prolifiques, de sa génération. Agé de 46 ans, ce chanteur/guitariste/compositeur/producteur a, bien entendu, participé à l’aventure du Royal Southern Brotherhood ; ce qui ne l’a pas empêché de participer à différents projets ou encore de mener une carrière en solitaire. Et avec succès ! Son dernier opus, "Keep coming back", remonte à novembre 2015. "Make blues not war" constitue une nouvelle étape dans l’émancipation de Mike. Elle n’est d’ailleurs plus signée par Mike Zito & The Wheel, mais simplement sous son nom.

C’est après avoir rencontré le célèbre batteur/producteur issu de Nashville, Tom Hambridge, que Mike a décidé de publier cet opus solo. D’ailleurs les sessions se sont opérées au Studio Soundstage, sous la houlette de Tom. Pour la circonstance, Mike et Tom ont reçu le concours du bassiste Tommy McDonald et du guitariste Rob McNelley. Mais également de toute une série d’invités prestigieux. Zito et Hambridge cosignent 5 plages. Ce dernier se réserve le reste.

"Make blues not war" : faites le blues, pas la guerre. Le message est clair ! Rock’n blues particulièrement dense, "Highway Mama" évoque le "Going down" de Don Nix. Mike chante tel un possédé. Il a convié un des grands adeptes du style, Walter Trout. Ce qui déclenche un terrible duel entre les gratteurs ; Walter sur les cordes classiques et Mie en slide, débouchant sur une véritable orgie de cordes. Blues/rock puissant, incandescent même, "Wasted time" campe un shuffle réminiscent de Stevie Ray Vaughan ; la voix de Zito est d’ailleurs alors très proche de celle du regretté SRV. Solide et homogène, la section rythmique constitue une assise parfaite pour les envols de cordes. Zito ne se gêne pas pour en profiter largement. Et le résultat est un pur bonheur ! Autre blues/rock, "Redbird" est imprimé sur un mid tempo. Mike écrase ses pédales, et son intervention est à nouveau brillante. Tom Hambridge reproduit le rythme du cheval au galop sur ses fûts, pour "Crazy legs" ; alors que les deux sixcordistes rivalisent de dérapages contrôlés dans un climat proche du métal. Un même tempo qu’on retrouve sur "One more train". Hambridge chante aux côtés de Mike. Ce dernier se concentre sur la slide tandis que Jason Ricci opère son retour à l’harmonica. Chicago blues, le titre maître est abordé dans l’esprit de Muddy Waters. Prodigieux harmoniciste, Jason Ricci s’illustre sur son instrument. Mais le sommet de cet LP est atteint par la version du "Bad news are coming" du géant disparu, l’incomparable Luther Allison. Un blues lent aux accents dramatiques au cours duquel Kevin McKendree double piano et orgue Hammond, alors que le leader chante d’une voix particulièrement expressive tout en libérant ses cordes, dans un concentré de feeling exacerbé. Empreintes d’émotion, "Girl back home" et "Road dog" sont deux jolies plages roots. Et le dernier sommet est atteint par "Chip off the block", un autre shuffle tapissé par les claviers de McKendree, alors que Mike et son fils Zach échangent de superbes phrases sur leurs grattes. Epatant, ce long playing s’achève par une cover rock’n’roll ; en l’occurrence le "Route 90", de Clarence Bon Ton Garlow. McKendree se déchaîne sur son piano tandis que Zito chante et joue à la manière de Chuck Berry. A coup sûr, l’une des meilleurs plaques blues de 2016.

 

Mike Sponza

Ergo Sum

Écrit par

Italien, Mike Sponza est chanteur/guitariste. Il a entamé son projet ‘Kakanik Blues’, en 2005. Objectif, réunir un max de musicos issus d’Europe Centrale. Aussi, lorsque l’album "Kakanic Blues 2.0" paraît en 2008, ce ne sont pas moins de 25 musiciens qui y apportent leur contribution ; et ils sont issus de pays aussi différents que l’Italie, l’Autriche, la Hongrie, la Serbie, la Croatie, la Bosnie, l’Irlande, l’Angleterre et les Etats-Unis. Il remet le couvert, dès 2011, en publiant "Continental shuffle". Cinq ans plus tard, il tente une nouvelle expérience. "Ergo Sum" (Trad : ‘Donc, je suis’) cherche à démontrer que les sources d’inspiration du blues sont l’amour, l’amitié, la famille et la politique, des sujets développés par Willie Dixon, Muddy Waters et Bob Dylan ; mais aussi qui alimentaient les anciens auteurs latins. A l’instar du héros légendaire romain, Horace le Borgne, ainsi que des poètes romains, Catullus, Martialis et Juvenalis. Soutenu par le talentueux Ian Siegal, Sponza a donc mis en musique ces anciens bardes. Les sessions se sont déroulées au sein des célèbres studios Abbey Road de Londres.

Tiré des ‘Satires’ de Horace, "Modus in Rebus" ouvre la plaque. La guitare est fluide. Le tempo, cool. La voix, grave et puissante. Dean Ross (NDR : il a sévi et sévit toujours au sein du groupe de ska, The Selecter) siège derrière l’orgue Hammond. Et pourtant, Mike laisse éclater ses cordes. Ian Siegal le rejoint pour exécuter "Carpe Diem". Il se sert d’un bottleneck. Imprimé par les percussions de Moreno Buttinar, le morceau nous entraîne du côté du Delta, alors que le billet de sortie est accordé au saxophone de Matej Kuzel. Et il tire à nouveau son épingle du jeu sur "Penelope", un blues lent qui ne manque pas de charme. Slide et gratte se conjuguent. Un brin graveleuse, la voix est surtout chaleureuse. Coécrite par Sponza et Dana Gillespie (NDR : une chanteuse britannique notoire), "The thin line" est une plage relaxante et atmosphérique entretenue par la trompette de Chris Storr, l’orgue Hammond et la sèche frottée par un bottleneck. Dana Gillespie se réserve le micro. Son timbre est jazzzyfiant. Longue piste, "See how the man" est sculptée dans le funk/jazz. Bien mise en exergue, la voix est déclamatoire, un peu comme dans le rap. Les cuivres cherchent à s’imposer, mais c’est la six cordes qui tire son épingle du jeu. Plus conventionnel, "Poor boy" opère un retour au blues rythmé ; un shuffle de bonne facture au cours duquel Sponza et Siegal se partagent les vocaux. Les musiciens sont à la fête. Et notamment Ian Siegal, intenable à la slide. Pourtant, les deux gratteurs se relaient régulièrement, alors que le piano de Ross et les cuivres balisent la compo. Un très grand moment ! Court, "Kiss me" est un morceau bien nerveux. La guitare bien amplifiée de Sponza et celle traitée par le bottleneck de Siegal sont parfaitement complémentaires. "Prisoner of jealousy" clôt l’elpee. Une ballade r&b lente et majestueuse que chante remarquablement Siegal, en manifestant une passion dévorante, devant les cuivres…

 

Little Mike

How long ?

Écrit par

Little Mike Markowitz est un chanteur/harmoniciste qui jouit d’une solide notoriété dans l’univers du blues. Natif du Queens, il passe aujourd’hui l'essentiel de son temps en Floride. Depuis sa tendre jeunesse, c’et un grand fan de Muddy Waters, John Lee Hooker et Paul Butterfield. En 1978, il monte sa formation, les Tornadoes. Au fil tu temps, elle aura l’opportunité d’accompagner des stars du Chicago Blues, comme Jimmy Rogers, Pinetop Perkins ou Hubert Sumlin. Le premier elpee de Little Mike and the Tornadoes, "Heart attack", remonte à 1990 ; il est paru sur le label  Blind Pig. En 2015, elle publie trois elpees : "Live at St Augustine Bluzfest", "Friday night", qui bénéficie du concours de chanteuse noire, Zora Young, et "Genuine legends", auquel participent les légendes Pinetop Perkins et Jimmy Rogers. Ce nouvel opus est exclusivement attribué à Little Mike. Réunissant 12 plages, dont 4 reprises, il a été enregistré au sein du studio Electric Lady, à New York. La plupart des morceaux sont instrumentaux ; ce qui n’est guère étonnant vu le talent des différents instrumentistes.

"Cotton Mouth" rend hommage à un souffleur mythique, James Cotton. Et Little Mike y étale toute sa virtuosité à l’harmo. Plus cool, "Moanin" est une compo signée par Bobby Timmons, un pianiste et vibraphoniste de jazz qui a milité chez les Jazz Messengers d’Art Blakey! Une autre cover du "Slam hammer" de Johnny Young, un des rares grands mandolinistes du blues. Et l’adaptation est dynamique, nerveuse même. Particulièrement lent, "Sam’s blues" est chargé de feeling. Mike double au piano. Parmi les plages impliquant le chant, on épinglera deux reprises. Tout d’abord le "How long" de JB Lenoir. Mike siège derrière le piano alors que Troy Nahumko distille de très belles phrases sur ses cordes. Derrière son micro, le leader est très expressif ; mais c’est surtout Troy qui tire son épingle du jeu. Classique d’Eddie Taylor, "Bad boy" est amorcé par les ivoires. Mike double à l’harmonica et au chant et sa voix semble dévorée par sa passion. A la gratte, que ce soit Troy Nahumko ou John Edelman, le résultat est tout à fait emballant! Endiablée, "Smokin’" est une piste imprimée sur le rythme du chemin de fer. Notre petit Mike s’éclate sur son harmonica ; et ses véritables coups de griffe évoquent un Rick Estrin au sein de ses Nightcats. La claque ! Vivifiant, "When my baby left me" est un Chicago blues classique, caractérisé par une excellente interactivité entre l’harmo et la guitare. La six cordes semble particulièrement inspirée tout au long du funky blues "Whatcha’ gonna do". Longue plage, "Now what Mama planned" est bien plus versatile. D’abord, elle baigne au sein d’une atmosphère dépouillée. On pénètre dans le Sud profond, et plus que probablement la Louisiane. Mais d’abord flemmarde, cette piste glisse progressivement vers un funk lustré. Très rythmique, la gratte s’évade ; alors que créatif, l’harmo s’aventure… La voix est nonchalante tout au long du Chicago shuffle "Tryna' find my baby". Mike s’y révèle une fois de plus maître du style et surtout de son instrument. Minimaliste, "Sittin' here baby" est un blues lent remarquable. Chargée d’une émotion intense, la voix est fragile. Elle est, en outre, talonnée par des interventions d’harmonica décharnées. Les notes alignées sont réduites au strict minimum, afin d’intensifier le feeling.

 

Mike & The Melvins

Three men and a baby

Écrit par

Les sessions d’enregistrement de « Three men and a baby » ne datent pas d’hier. Flash-back ! Nous sommes en 1998. A l’époque, Mike Kunka milite au sein de GodheadSilo, un duo basse/batterie qui pratique une forme de musique noisy. Alors que la formation est sur le point de se séparer, les Melvins invitent Kunka à les accompagner lors de sa tournée. La collaboration est fructueuse. A tel point que la bande à Buzz Osborne décide de mettre en boîte une dizaine de titres, l’année suivante. La suite de l’histoire est bien plus nébuleuse. Pour une raison inconnue, les morceaux ne sont gravés sur aucun support. Et l’idée semble abandonnée. Alors que les Melvins poursuivent leur route et publient régulièrement leurs propres albums, Mike Kunka participe à différents projets (Dead Low Tide, Enemymine, Smoke and Smoke).

Ce n’est qu’en 2015 que Mike reprend contact avec Les Melvins. L’album est enfin mixé et Sub Pop qui avait financé l’enregistrement à l’époque accepte de sortir « Three men and a baby », 17 ans plus tard.

Dès le premier titre, « Chicken’ndump », on est surpris par l’accessibilité de leur noise/rock/metal. Mike and the Melvins envoie du lourd, ce n’est pas une surprise. La ligne de basse est omniprésente. Ecrasante aussi. Mais les riffs sont accrocheurs. Et puis, surprise, les compos ont concédé de l’espace aux refrains. A l’instar de « Bummer Conversation ». L’elpee recèle des titres plus complexes, comme « Dead Canaries », mais également dispensables, tels « A friend in need's a friend you don't need » ou encore « Art School fight song ». Mais les albums concoctés par la bande à Buzz Osborne sont souvent de la même trempe, soufflant à la fois le chaud et le froid.

Mais finalement, exhumer ce « Three men and a baby » était une bonne idée. Même après autant de temps d’attente. D’ailleurs, il n’a pas pris une ride. 

 

Mike Zito

Keep coming back

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Originaire de St Louis, dans le Missouri, Mike Zito est âgé de 45 ans. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, sa première partie de carrière, il l’accomplit en solitaire. Ce qui lui permet de graver trois elpees sur le label Eclecto Groove. En 2010, il devient cofondateur du Royal Southern Brotherhood, en compagnie duquel il publie plusieurs superbes albums. En octobre 2014, il quitte RSB pour relancer son parcours solo. Enfin, presque, puisqu’il monte un nouveau backing group, The Wheel. Une formation dont le premier LP, "Gone to Texas", sort en 2014, chez Ruf. Le line up est inchangé et réunit le saxophoniste Jimmy Carpenter, le claviériste Lewis Stephens, la bassiste Scot Sutherland et le drummer Rob Lee. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Dockside, sis au cœur de la Louisiane, sous la houlette de Miss Trina Schoemaker (Emmylou Harris, Sheryl Crow, Queens of The Stone Age).

Keep coming back" ouvre la plaque. Un rock'n'roll dynamisé par le piano sautillant de Lewis, alors que la gratte de Mike est déjà chauffée à blanc. "Chin up" est imprimé sur un tempo aussi enlevé. La voix est autoritaire. La guitare, omniprésente. L'artiste se fait et nous fait plaisir ! Zito et Anders Osborne (NDR : un chanteur/compositeur d'origine suédoise qui vit à la Nouvelle Orléans) cosignent trois plages : "Get busy living", une superbe ballade roots qui colle parfaitement à la voix rauque et impérieuse ; "I was drunk", une plage à la fois belle (NDR : ces cordes acoustiques !) mais réaliste, au cours de laquelle Mike et Anders se partagent les vocaux ; et le blues indolent "Lonely heart". "Early in the morning" est une autre ballade sculptée dans l’americana. "Girl from Liberty" libère de chouettes vibrations rythmiques. Le saxophone de Jimmy Carpenter est bien à l’avant-plan alors que les cordes du leader rockent dans un esprit plus vrai que nature. "Get out of Denver" est un autre rock'n'roll. Il est signé Bob Seger, le célèbre rocker de Detroit. Endiablée, la nouvelle version emprunte son riff à Chuck Berry et autorise des sorties remarquées au piano, au saxo et à la guitare. Ce riff devient ‘stonien’ pour amorcer "Nothin' but the truth", un plage participative au cours de laquelle Carpenter nous réserve une envolée lumineuse sur son sax ténor. Swamp rock, "Cross the border" nous ramène au cœur de la Louisiane. Suze Seems se consacre au micro. La gratte libère des sonorités réverbérées et métalliques. Rob Lee excelle aux percus et Stephens tapisse l’ensemble de son orgue. "What's on your mind" est une longue ballade roots. Naturellement accrocheuse, la voix communique ses émotions, des émotions accentuées par les interventions du saxo qui collent littéralement aux vocaux. "Bootleg" clôt cet LP. Une cover de Tom Fogerty. Qui hante cette compo. Tant la voix que les accords de gratte dispensés par Mike Zito évoquent l'ex-leader intemporel de Creedence Clearwater Revival. Un excellent album!

 

Zora Young & Little Mike

Friday Night

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Originaire du Mississippi, Zora Young est une chanteuse de couleur noire. Il semblerait qu’elle soit une cousine éloignée du mythique Howlin' Wolf. Elle était encore très jeune quand sa famille s'est fixée à Chicago. Elle a publié plusieurs albums solos, dont trois sur le label notoire chicagoan, Delmark.

Little Mike, c'est le pseudo de Michael Markowitz, un harmoniciste originaire du Queens, à New York, mais établi en Floride depuis quelques années. En 1978, il avait monté son groupe, Little Mike and The Tornadoes. Le dernier elpee du combo, "All the right moves", date de 2014. Et début 2015, LM&TT avait déjà publié un ‘live’ en compagnie de Zora Young, "Live at the St. Augustine Bluzfest". "Friday Night" été enregistré dans le studio Eclipse de Ste-Augustine, sous la houlette de Markowitz.

"I've been a fool too long" ouvre l’elpee. Un blues puissant signé par Markowitz, au cours duquel parcimonieuses, les cordes de O'Melio sortent déjà de leur réserve, alors que l’ensemble est soutenu par le saxophone de Rick Johnson et la trompette de Gary Smith, pendant que Jim McKaba double piano et orgue. Quel panache ! Zora a du vécu ; ce qui lui a permis de forger son expérience. Naturelle, sa voix est chargée de passion et de feeling. Et "A fool's lament" en est une belle illustration ; un soul/blues flemmard, caractérisé par la première intervention à l’harmo de Little Mike. Les accords des ivoires vous entraînent à travers les rues de la Nouvelles Orléans sur le célèbre "44 blues" de Howlin' Wolf, une version étonnante et par ailleurs excellente. Le piano de McKaba est omniprésent tout au long du R&B "True love is hard to find", une plage colorée par les cordes parcimonieuses d'O'Melio. "I love Chicago" nous entraîne, bien évidemment, à Chicago, un blues que souligne de ses touches d’ivoire, Jim, manifestement inspiré par les mythiques Otis Spann et Sunnyland Slim, alors que Tony s’autorise distinctement un billet de sortie sur sa guitare. Rythmé et cuivré, l’épatant "Friday night" se signale par une sortie percutante et troublante de Little Mike à l’harmo. Zora ne boude pas le blues lent. Elle se délecte ainsi au chant de "Chains of love", un morceau issu de la plume de feu Harry Van Walls, un pianiste de couleur noire. Et bien sûr, c’est McKaba qui siège derrière le piano. Il occupe même l'avant-plan avant que Tony ne dispense ses accords de cordes bouleversants. En fin de parcours, Miss Young s'installe solidement à Chicago et nous réserve le "Just your fool" de Little Walter, une version au cours de laquelle Little Mike est impérial à la musique à bouche. L’opus recèle deux reprises d'Otis Spann, le génial pianiste du Muddy Waters Band : "Country girl" et l'instrumental "Spann's boogie". Enfin, toujours dans le même style, une autre de Bonnie Lee, chanteuse disparue en 2006, "I'm good". Un excellent album!

 

Mighty Mike Schermer

Blues in good hands

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Mike Schermer est un guitariste de blues notoire. Il chante et compose également. Au cours de sa jeunesse il apprend à jouer de la guitare, la trompette et la clarinette. Mais il succombe au blues à l’écoute du ‘Master of the Telecaster’, le Texan Albert Collins! Ce dernier le guide vers T-Bone Walker. Ce qui provoque un nouveau déclic chez l’artiste. Aujourd'hui, à l’instar de Duke Robillard et Roy Gaines, on le considère comme celui qui a le mieux assimilé le style de Walker. Il développe son univers sonore, en y intégrant du r&b et du jazz. Il monte The Soul Drivers, une formation californienne qui se forge une solide réputation, à la fin du siècle dernier. Il fonde ensuite son Mighty Mike Schermer Band. Le combo publie "1st Set" en 2000, "Next Set" en 2005 et "Live Set" en 2008. En 2009, il quitte la baie de San Francisco pour se fixer à Austin, au Texas. Rapidement, il rejoint le backing group de la chanteuse/pianiste louisianaise, Marcia Ball. Ce qui ne l’empêche pas de mener en parallèle, une carrière personnelle. Pour concocter "Blues in good hands", il a reçu le concours de ses musicos. Soit le drummer Paul Revelli et le bassiste Steve Ehrmann. L'enregistrement a été réalisé au sein du studio Greaseland de Kid Andersen, à San José, en Californie. Des sessions au cours desquelles, il a bénéficié de la participation d’invités talentueux. Schermer signe pratiquement seul, les treize plages.

Soutenu par l'orgue de Tommy Stead, le piano d'Austin Delone et des chœurs féminins, "Baby don't stop" ouvre la plaque. Le rythme est entraînant. Terry Hanck se réserve le premier envol, sur son sax ténor. Il est rapidement relayé par les cordes de Mike. "Heaven's on the other side" est un funk blues qui tourne au ralenti. La section rythmique épaule parfaitement Schermer. Les accords de gratte sont parcimonieux mais efficaces. La voix de Mike est très expressive, tout au long d’"It's a pleasure", une ballade à la mélodie particulièrement riche. "One tear at a time" opère un petit détour par le reggae. Blues aux inflexions jazzyfiantes, "World gone crazy" lorgne vers l’atmosphère d’un Steely Dan. Soul/blues, la voix fait mouche devant le saxophone de la charmante san-franciscaine Nancy Wright. Avant que la piste ne tourne au délire. Le titre maître est un bon blues. Impeccable, la voix bénéficie des excellentes répliques féminines formulées par Shelley King et Carolyn Wonderland, avant que ne débarque le honky saxophone de Terry Hanck qui prépare la plus belle sortie de cordes de l’opus. Lorsque l'harmonica montre le bout du nez, le blues n'est jamais bien loin. A l’instar de "Wait on me woman" et "Take my hand", deux plages au cours desquelles Greg Izor (NDR : il est issu d’Austin !) souffle admirablement dans sa musique à bouche. Et il apporte une coloration texane à la compo portée par une section rythmique particulièrement efficace, assurée par Damien Llanes et Johnny Bradley du Gary Clark Jr Band. Elle apporte encore son concours sur "Stop crying", un autre blues brûlant au cours duquel les guitares de Mighty Mike et Tommy Castro s’échangent de superbes échanges, au cœur d’un climat Chicago Westside. Balisé par les ivoires d’Austoin Delone, "Most people" baigne dans une ambiance davantage néo-orléanaise. Comme "Barkin' up the wrong tree", un morceau qu’enrichissent les pianos de Delone (électrique) et son amie, Marcia Ball (conventionnel). Un régal pour les oreilles ! Shuffle texan, "Baby be kind" est un autre sommet de l’LP. Et c’est le talentueux Californien John Nemeth qui souffle classieusement dans son harmo. D’excellente facture, ce long playing s’achève par le plus cool "Hear me calling him Baby"…

 

Mike Vernon

Just a little bit

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Mike Vernon est avant tout producteur. Il est aujourd’hui âgé de 70 balais. Au cours des 60’s, il était devenu un véritable moteur du blues anglais. Ainsi, dès 1966, il produit le fameux album "Bluesbreakers with Eric Clapton" de John Mayall avant d’embrayer par "A hard road", "Crusade" et "Blues for Laurel Canyon". Il a également mis en forme des long playings de grands noms du British Blues Boom : Fleetwood Mac, Chicken Shack, Savoy Brown et Ten Years After ; mais également les premiers de David Bowie. C'est aussi Mike Vernon qui a fondé le label mythique Blue Horizon, en 1965. Mike a gravé deux albums personnels : "Bring it back home" en 1971 pour Blue Horizon et "Moment of madness" en 1973. Plus de quarante années plus tard, il publie ce nouvel opus, soutenu par un groupe espagnol baptisé Los Garcia et impliquant deux gratteurs, un bassiste et un drummer. Au menu, quatorze reprises dont une majorité de classiques du blues, du R&B et du rock'n'roll. En fait, cette œuvre rend en quelque sorte hommage à une musique que l'artiste a toujours vénérée. Mike n'a pas une voix inoubliable, mais ses musicos ibériques sont loin d’être des manchots. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein du studio Antequera, en Andalousie.

Le "Kansas City" de Leiber & Stoller est une bonne entrée en matière. Quique Bonal se consacre aux cordes. Une atmosphère boogie jump baigne "All by myself". Interprété à la manière de Fats Domino, ce titre met en exergue Juan Ramon Veredas, très en verve, aux ivoires. Roscoe Gordon avait décroché un hit pour "Just a little bit", au cours des fifties. Excellente, la nouvelle version met en exergue Kid Carlos Moreno à la guitare et Javier Magallanes au saxophone. "Seventh son" est un blues issu de la plume du grand Willie Dixon. Quique Bonal y brille à la gratte. "Hot Little Mama" rend un autre hommage à Johnny Guitar Watson. Et c’est Gabi Robledo qui se distingue à son tour, aux cordes. Le blues lent n'a pas été négligé. A l’instar du "Black night" de Jessie Mae Robinson, souligné par le piano de Juan Ramon Veredas, le "When things go wrong with you" de Tampa Red, par le kazzo de Mr Vernon et le "Please send me someone to love" de Percy Mayfield, par les remarquables interventions de Kid Carlos Moreno à la six cordes. Parmi les plages qui déménagent le mieux, on épinglera encore "I'm shakin'" et "All around the world", deux hits décrochés par Little Willie John, et en finale, "Shake rattle and roll", caractérisé par la présence des frères Robledo aux grattes. Mike Vernon est un véritable passionné ; il partage sa vie entre Anetequera et Londres où il se produit en compagnie d’un band constitué de remarquables musiciens anglais, The Mighty Combo.

 

Mike Henderson

If you think it's hot here

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Chanteur, guitariste et compositeur, Mike Henderson est originaire du Missouri, mais il s’est établi depuis très longtemps à Nashville où il s’est forgé une solide réputation dans les milieux du blues et du bluegrass. Fin du dernier siècle, il avait fondé, en compagnie de quelques amis, le label Dead Reckoning, sur lequel il avait enregistré trois elpees, sous le patronyme de Mike Henderson and the Bluebloods : "Edge of night", "First blood" et "Thicker than water". En 2001, il tourne et enregistre avec Mark Knopfler. En 2006, il monte un combo de bluegrass, The Steeldrivers". Le banc commet deux long playings. Mike collectionne les nominations et autres Awards. "If you think it's hot here" marque un retour au blues. Un disque paru sur l'excellent label Ellersoul (NDR : c’est à Ashland, en Virginie). Les sessions se sont déroulées au Rock House à Franklin, tout près de Nashville, dans le Tennessee. Pour la circonstance, Mike a bénéficié du concours du bassiste Michael Rhodes, du drummer Pat O'Connor à la batterie et du talentueux claviériste Kevin McKendree qui se charge également de la production.

L’opus démarre très fort par "I wanna know why", un blues primaire que chante Mike d’une voix de mauvais garçon. La slide est sur le fil du rasoir et déjà le piano Kevin libère toute son énergie. Dans l’univers du blues et du boogie, c’est le meilleur à Nashville! Deux claques se succèdent alors. Deux titres issus de la plume de Hound Dog Taylor. Tout d’abord "Send you back to Georgia", une plage qui déménage. Solide, la section rythmique porte ses deux solistes vers les sommets. Mc Kendree est intenable tout au long de ce boogie de très grande classe qui permet à la slide de rayonner au sein de ce climat tempétueux. Ensuite "It's alright". La rencontre entre les ivoires et la slide y fait à nouveau merveille. Mike et R.S Field, le célèbre producteur de Nashville, cosignent "If you think it's hot here", une ballade R&B que chante Mike, d’une voix expressive et chargée de relief, alors que Chris et Morgane Stapleton participent aux choeurs. Introduit par des accords de gratte d’une grande pureté, "Weepin' and moanin'" est un blues de toute bonne facture. Le MH Band attaque ensuite une série de covers. Le "Mean red spider" de Muddy Waters. Une version très nerveuse, caractérisée par le travail impeccable opéré par la section rythmique et le piano insatiable de McKendree, destinée à propulser la slide au zénith. La reprise du "If I had possession" de Robert Johnson est très respectueuse de l'originale. Mike est d’abord seul au micro armé de sa gratte et de son son bottleneck. Il est ensuite rejoint par ses partenaires. Syncopé, le piano de Kevin est à nouveau épatant. Henderson chante encore l’"Unseen eye" de Sonny Boy Williamson II, un Chicago blues qu’il interprète d’une voix chargée de passion dévorante et empreinte d’une grande sensibilité. "Matchbox" est un blues traditionnel. Ecrit par Blind Lemon Jefferson, il sera repris plus tard par le rocker Carl Perkins. L’adaptation est revue et corrigée par Mike Henderson et Kevin McKendree. Un boogie furieux responsable de bonnes vibrations. "Gamblin 'blues" retourne dans le downhome blues. La slide est, pour la dernière fois, en effervescence sur ce morceau composé à l'origine par le Texan Melvin ‘Lil' Son’ Jackson. Mike et Kevin cosignent la finale. Instrumentale, "Rock house blues" est une piste qui s’inscrit dans l'esprit du blues originel d'avant-guerre. Un album de très grande classe !

 

Mike Osborn

In the dog house

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Quelle drôle d’idée de porter le même nom que l’ex-guitariste de John Lee Hooker ! Bref, le Michael Osborn qui nous concerne est né en Illinois. A 13 ans, sa famille s'établit près de Sacramento en Californie. Il suit des cours de guitare. En 1991, il devient musicien professionnel. Il se lance dans le blues et le rock. Son influence majeure ? Stevie Ray Vaughan. Il prend ensuite une pause dans sa carrière avant de refaire surface en 2006. En 2009, il publie son premier opus, "Fire & Fury". “In the dog house” constitue son nouvel elpee. Il a été enregistré dans le studio Dawghouse de Burbank, sous la houlette d’Alan Mirikitani (alias BB Chung King), qui s’est chargé du la production et du mixing. La majorité des plages sont signées par Mirikitani et Dennis Walker. Chanteur/guitariste, Mike est soutenu par le claviériste Teddy Andreadis, le bassiste Johnny Griparic et le drummer Lee Spath. Outre Stevie Ray Vaugan, Mike reconnaît aujourd’hui pour maîtres, Buddy Guy et Gary Moore. Il est responsable d’un blues/rock bien amplifié.

"Love vs Ego" entame les hostilités. La guitare y talonne la voix bien maîtrisée, qui domine même le sujet. Contagieux, "Company Graveyard" est un solide boogie qui fait mouche. Solide compo, "Lovin' time" est parcourue par des accords de gratte originaux. Et ils sortent même de leur réserve. Imprimé sur un tempo indolent, "Cold man cold" emprunte les riffs texans de ZZ Top ; et la guitare Epiphone est particulièrement adaptée à ce style. Des riffs rythmiques balisent "Fire & Gasoline", une piste rock, traversée par soli aussi soudain qu’audacieux. Andreadis tapisse "Tied up", un blues lent plutôt classique, de ses interventions à l’orgue, alors que le jeu de cordes est emprunté à Buddy Guy. Shuffle à la Texane, "Cheap women" est manifestement inspiré par le regretté Stevie Ray. "Veteran's song" concède des accents southern rock, une piste au cours de laquelle les cordes sont judicieusement libérées. Signé John Fullbright, un chanteur/compositeur issu de l’Oklahoma, "Satan & St Paul" nous entraîne dans l'univers de la country, une chanson de bonne facture enrichie par les interventions à la slide de Randy Mitchell. Autre boogie remuant, "Jump in your fire" nous plonge dans une ambiance fiévreuse. La voix est autoritaire et les intrusions de guitares prolifèrent. Le long playing s’achève par le titre maître, un instrumental au son bien métallique qui adresse un clin d'œil à la surf music. Excellent dans le style !

 

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