Un dixième album studio pour Idlewild

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La vérité selon RORI

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Admiral Freebee

Admiral Freebee a plus d’une corde à…

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Ce 20 janvier 2024, Tom Van Laere (aka Admiral Freebee) se produisait à l'Ancienne Belgique dans le cadre de Rewind ; l'occasion pour ce musicien d’exécuter dans l'ordre et intégralement son premier elpee éponyme. En 20 ans de carrière, cet artiste –frère du galeriste anversois Tim Van Laere– qui avoue s'inspirer énormément de Tom Waits, mais dont la musique lorgne manifestement vers Neil Young et Bob Dylan, a pris de l'amplitude et n'a cessé d'améliorer son jeu. Pas étonnant quand on sait qu’avant de se lancer dans la musique, c’était un espoir du tennis belge, sport qu'il pratique cependant, toujours quotidiennement… L'occasion de demander, sans le prendre de ‘court’, à ce manieur de raquette et de guitare anversois son avis sur l'évolution du rock belge depuis deux décennies…

Quelle est l'importance d'Anvers dans votre musique ? 

Énorme... Sur mon premier album, que je vais réinterpréter complètement demain, la chanson « There is a Road » évoque la Noorderlaan. Je suis né à Brasschaat, et cette artère mène à Anvers.

Sur « Get out of town », la première chanson du disque, je parle de la transition difficile vers l'âge adulte tout comme l’effort qu’exige aller de Brasschaat à Anvers. Ensuite, se rendre à New York ou à Tokyo n'est pas compliqué quand on a pris confiance en soi, et lorsqu’on devient un homme. Car en ville, on découvre la vraie vie, on doit se prendre se prendre en main et on y fait de bonnes et de mauvaises rencontres…

Dans vos chansons, on ressent souvent une pointe de l'amertume…

Je ne suis pas quelqu'un d'amer dans la vie, mais j’éprouve le droit de l'exprimer dans ma musique ; c'est une sorte de catharsis. Lorsque je suis sur scène, je chante incarner un ‘loser’ et quand je m’adresse au public, j'affirme que nous le sommes tous, mais que nous allons célébrer cette condition. En tant qu'Admiral Freebee, je proclame ne pas savoir comment m'y prendre avec les impôts, les femmes... bref, que je ne sais pas comment vivre, mais que le public va se reconnaître dans les paroles de mes chansons. Ce qui engendre une certaine communion d’esprit, de progression collective...

Sur « I'm Bored », Iggy Pop chante ‘I'm the chairman of the bored. I'm a bit the chairman of the losers’ (rires)

La compo « The Worst Is Yet To Come » symbolise cette perspective ?

C'est du Schopenhauer (NDLR : un philosophe allemand qui a exercé un impact important sur de très nombreux écrivains, philosophes ou artistes majeurs du XIXe siècle et du XXe siècle) ! Il a écrit que lorsqu’on imagine le pire, on a l'heureuse surprise de constater ensuite que ce n'est pas le cas. Bref, il est préférable de prévoir le pire...

Vous aviez débuté une carrière de tennisman. Quel est le rapport entre le tennis et la guitare ?

Il y en a tellement que je pourrais rédiger un livre sur le sujet. À l'instar du tennis, en matière de jeu de guitare par exemple, on vous apprend que pour ‘speed up, you have to slow down’. Pour être meilleur, il faut ralentir un peu son jeu.

Par ailleurs, lorsque je dispute un match de tennis important ou me produis à l'AB voire à Werchter, c'est chaque fois dans ces moments importants que je joue le plus mal. Question de mental ! 

Enfin, dans ces deux disciplines, c’est au bout de milliers d’heures de pratique qu’on atteint un certain niveau.

Et vous pratiquez toujours le tennis ?

Oui, une fois, voire deux fois par jour ! Mais j'ai arrêté un moment, car la musique devenait trop envahissante. Mais désormais, comme je joue au tennis plus souvent et mieux, mes concerts sont bien meilleurs ! Ma résistance s‘est accrue eet mes poumons sont en pleine forme. Le tennis est un sport très intense, et chanter ressemble à de la course à pied...

Et puis j'écoute beaucoup au tennis... car de nombreux joueurs crient, sans que ce soit du chiqué…

J'entends cela et je me dis ‘c'est génial le rock’ (rires) ! Je vais m'y mettre aussi ! Donc en concert, j'imite un joueur de tennis (rires) !

Quel est votre guitariste préféré...

Keith Richards. Enfin, notamment ; parce qu'il joue à l’économie, sans emphase. Ce qui n'est pas simple ; et il rejoint ainsi l'approche du tennis. Il a confié dans une interview que si la toile est le support du peintre, pour le guitariste, c'est le silence...

Après 20 ans de carrière, comment jugez-vous l'évolution du rock en Belgique ?

Immense ! Lorsque j'ai débuté, tout le monde était influencé par dEUS, moi y compris. La formation combinait des éléments du rock qui ne l'avaient jamais été précédemment. Aujourd'hui, elle mélange bien d'autres styles : rap, hip-hop, jazz... Comme des tas d'autres groupes, d’ailleurs…

Qu'en est-il de la scène, des concerts ?

On ne parle plus de concert, mais de show. À mes yeux, un concert c'est quand on commet des fautes. C'est forcément imparfait. Lors d’un show, entre en compte le jeu de lumière et la gestion par ordinateurs qui évite les erreurs ; tout y est parfait… trop parfait, trop léché…

Y a-t-il désormais trop de festivals en Belgique ?

Non. Beaucoup de groupes belges sont excellents parce qu'ils peuvent justement se produire dans de nombreux festivals.

Comment expliquez-vous qu'il y ait autant de groupes en Flandre et moins en Wallonie ?

Mais il existe de nombreux bons groupes en Wallonie. Cependant, je ne comprends pas pourquoi les groupes wallons ne se produisent pas davantage en Flandre. Sans doute parce que les Flamands sont snobs... (rires)

Pourtant, à mes yeux, la meilleure artiste belge, la plus authentique c'est Mélanie De Biasio. Elle joue d'ailleurs énormément en Flandre. Elle est tellement formidable, qu'au début, je pensais qu'elle était flamande (rires) 

La réédition des 4 premiers albums d’Admiral Freebee est sortie ce 10 novembre, en série limitée, sous forme de vinyle et dans un même box.

 

Admiral Freebee

Wake up and dream

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Lors de l’enregistrement de son précédent elpee, « The great scam », Tom Van Laere avait décidé d’introduire des cuivres. En catimini. Mais lorsqu’il s’est produit dans le cadre du festival Cactus, en 2014, il avait carrément fait appel à une section. Fallait donc s’en douter, tout au long de « Wake up and dream », le sixième elpee d’Admiral Freebee, ils sont encore plus présents. Enfin, pas seulement, car lors des sessions d’enregistrement, outre son fidèle backing group, il a reçu le concours d’une dizaine de collaborateurs. 

Et c’est le titre éponyme qui ouvre le long playing, une compo truffée de bruitages, aux arrangements riches, qui oscille entre pop, rock et prog, un peu dans l’esprit d’un Floyd circa « Dark side of the moon ». Mais en général, et selon sa bonne habitude, les références –innombrables– aux artistes yankees sont bien plus présentes. Tom emprunte le timbre vocal nasillard du Zim sur le dylanesque « Maybe this is the end », un morceau sculpté dans les cordes semi-acoustiques (dobro, sèche) et la slide. Premier single à avoir été extrait de l’opus, « Too much of everything » est carrément hanté par Lou Reed ; soutenu par des chœurs masculins contagieux (référence à Monty Python ?), la voix de l’Anversois s’avérant étonnamment déclamatoire. De nombreux titres sont imprimés sur un mid tempo. Même les ballades. A l’instar de « Buddy », un r&b qui lorgne vers Mink Deville. « Let’s plan a miracle » constitue un hymne bien sudiste (ZZ Top ?) Humoristique, « The easy way in (Kim Bassinger) » est un pastiche des Pixies. Et si on retrouve des traces de Lloyd Cole ainsi que de Tom Petty, parsemées tout au long de cet LP (NDR : non, ce ne sont pas des pokémons), paradoxalement le groove irrésistible de « Bad year for rock’n’roll (part 2) » est digne du groupe australien Midnight Oil. Encore plus curieux, sur « Let it shine » (NDR : c’est le deuxième single extrait de la plaque), une plage enrobée de chœurs gospel, Tom adopte les inflexions de Mick Jagger. Ah oui, car le plus souvent, sa voix rappelle celle de Steve Kilbey (The Church). Et pour que votre info soit complète, sachez que c’est Tom qui se charge de la mise en forme. Excellent !  

 

Admiral Freebee

The great scam

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Pour enregistrer son nouvel album, Tom Van Laere a de nouveau enregistré aux States. A Hoboken, près de New York, très exactement. Et sous la houlette de John Agnello. Un producteur notoire qui bosse ou a bossé régulièrement pour Sonic Youth, Dinosaur Jr, Kurt Vile, et bien d’autres, dont Cell, un quartet qui avait publié deux elpees épatants au tout début des 90’s.

Lors des sessions, l’Anversois a bénéficié du concours de quelques grosses pointures. Dont le drummer du défunt Sonic Youth, Steve Shelley, des guitaristes Jeff Bailey (Phosphorescent) et J Mascis (Dinousaur Jr), ainsi que de David Mansfield, à la mandoline et surtout à la pedal steel, un musicien qui a milité, au cours des 70’s au sein du backing group de Bob Dylan.

A l’écoute de cet opus, on ressent la patte d’Agnello. Le son est chaud. Typiquement américain. Un climat qu’on retrouve également dans la musique de Lloyd Cole (NDR : il est pourtant britannique, mais vit aux States depuis plus d’un quart de siècle). Tom possède une voix rauque parfaitement adaptée à ce type de répertoire, une voix qu’il ponctue épisodiquement d’interventions à l’harmonica.

Enrichi de cuivres et caractérisé par ses arrangements luxuriants, l’hymnique « Nothing else to do » évoque plutôt Ryan Adams. Bien balancé, « Walking wounded » lorgne vers Chuck Prophett (NDR : deux artistes bien yankees !) Un titre au cours duquel on a envie de danser ou tout au moins de taper du pied. J Mascis vient donner un bon coup de gratte sur « Finding my way back to you ». Et particulièrement offensif, « No one here » nous communique irrémédiablement la bougeotte. Vous avez sans doute déjà entendu le single « Breaking away », sur l’une ou l’autre station radiophonique, une compo contagieuse dont les cordes de guitare tintinnabulantes évoquent The Church.

Mansfield dispense ses interventions à la pedal steel sur les pistes les plus alanguies. A l’instar de « The land of lack » ou du mid tempo « Don’t want to feel good today ». Autre piste mid tempo, « Making love in 2014 » est parcourue de sonorités de guitare bringuebalantes ; un morceau dont la mélodie semble ficelée à la manière de feu John Lennon. Conjuguant bossa nova et country & western, « In spring » constitue la plage la plus ensoleillée du long playing. A contrario, « Sad old light » l’achève sur un ton plus ténébreux ; une plage crépusculaire, presque martiale, rythmée par le glas d’une cloche et enveloppée de chœurs. Enfin, on épinglera encore l’émouvant « The poet’s words », une compo caractérisée par la participation d’une section de cordes ainsi que d’une harpiste ; puis l’étonnant « Do you duty », un morceau discrètement épicé de swing qui lorgne subrepticement vers la Nouvelle Orléans…

Son meilleur album à ce jour. Il figurera certainement parmi mon Top made in Belgium pour 2014. Si pas davantage…

 

Admiral Freebee

Facebook ? Du tape-à-l’œil !

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Admiral Freebee vient donc d’enregistrer un nouvel album, « The great scam ». Traduisez : la grande arnaque. Il s’agit de son quatrième. Un disque enregistré sous la houlette de John Agnello, à New York ; et pour lequel il a reçu, entre autres, le concours de Steve Shelley (Sonic Youth), J. Mascis (Dinosaur Jr) et surtout de David Mansfield (NDR : au cours des seventies, il a milité au sein du backing group de Bob Dylan puis de T-Bone Burnett). Bonne surprise, ce nouvel elpee est excellent (voir chronique de l’album ici). Il méritait au moins que son géniteur, Tom Van Laere, nous en parle. C’est ce qu’il a accepté, et dans la langue de Molière. Sympa !

C’est donc John Agnello qui s’est chargé de la mise en forme du long playing. A la production et aux manettes. Pas n’importe qui, puisqu’il a notamment bossé pour Sonic Youth et Dinosaur Jr., mais aussi pris soin du dernier opus de Kurt Vile, « Wakin on a pretty daze ». C’est d’ailleurs après avoir écouté l’elpee du Philadelphien, que Tom a conclu que c’était le meilleur choix. Il s’explique : « J’aime beaucoup Kurt Vile et War on Drugs (NDR : l’ex-groupe de Vile). Et évidemment, le dernier album de Kurt. Mais John a réservé un traitement personnel au mien. J’apprécie quand un producteur sent ce qui colle le mieux au climat de tes chansons. » D’accord, mais en matière de prod, Agnello a un son bien à lui. Perso je me souviens d’une formation américaine –excellente, par ailleurs– que j’avais interviewée il y a une quinzaine d’années, et qui répondait au patronyme de Cell. Et John avait enregistré leur long playing dans une église en bois, près de Woodstock. Faut croire qu’il a un secret de fabrication… « Le secret, c’est qu’il utilise les même effets pour tous les instruments. Que ce soit les guitares, les claviers ou la batterie. » Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Hoboken, près d’Anvers. Amusant, quand on sait qu’il existe un autre Hoboken au Sud d’Anvers. Tom revient sur cette coïncidence : « Je lui ai raconté, mais il n’a pas vraiment compris. Par contre, c’était aussi sympa de savoir que Frank Sinatra est né à Hoboken… »

Quatre ans sans sortir d’album ! Panne d’inspiration ou envie de créer un effet de manque chez les fans ? Il se justifie : « Pas tellement une absence d’inspiration, mais oui peut-être afin de créer un manque. Cependant, quand tu enregistres un album, il faut au moins une bonne année avant qu’il ne sorte réellement. Et je suis entré en studio, à New York, en juin 2013. En outre, lors de la sortie du disque précédent, je suis de nouveau parti en tournée ; et deux ans passent vite sur la route. Enfin, il faut aussi vivre un peu ; rencontrer beaucoup de femmes et connaître de nouvelles aventures (rires). Il n’y a pas que la musique dans la vie… »

Tom a un jour déclaré qu’il était fan des erreurs brillantes. Lors d’une interview un peu folle, qui s’était déroulée en compagnie de tous les musiciens d’Ozric Tentacles, l’un d’entre eux m’a tenu le même langage. Car ces dérapages leur permettaient d’improviser. Notre interlocuteur approuve : « J’aime également les erreurs, car je suis un petit peu une erreur (rires). Si je n’aime pas les erreurs, je ne m’aime pas moi-même. Quand je me trompe, je dis toujours à mes musiciens, qu’au bout de la troisième fois, ce n’est plus une erreur… »

Le dessin est très important dans le processus de composition chez Tom. Il est étroitement lié à l’écriture. Il approuve : « Pour composer les chansons de cet album, j’ai beaucoup dessiné. Des visages. Et ces croquis m’inspirent pour jeter les bases d’une chanson que je consacre à la personne que j’ai dessinée. »

‘The great scam’ se traduit par ‘La Grande Arnaque’. Tom réagit : « C’est la traduction en français ? C’est bon à savoir ! Alors, quand je vais causer avec des journalistes francophones, je vais pouvoir leur déclarer que je suis le Monsieur de la Grande Arnaque. » Par rapport à la symbolique du titre, est-ce bien l’image, l’apparence qu’il considère comme une grande arnaque ? Ce qu’on appelle vulgairement de la com’. Très présente dans l’univers de la politique, par exemple. Afficher un visage différent de celui que nous devrions montrer ? Considérer l’authenticité comme un produit ? Mais est-ce la raison pour laquelle il a déclaré que le monde serait meilleur s’il était plus vulnérable ? Il commente : « Le plus bel exemple de tape-à-l’œil, c’est certainement Facebook. Ah oui, le commun des mortels affirme que la solution de tous nos problèmes passent par les réseaux sociaux ; que grâce à eux, tout baigne. Mais ce n’est pas la réalité. Aujourd’hui, il est de bon ton de nager dans le bonheur. C’est pourquoi j’ai écrit la chanson ‘I don’t want to feel good today’, car j’estime que quand tu n’es pas heureux, ce n’est pas grave. Tout le monde traverse des moments difficiles. Mais pourquoi simuler un état de bonheur quand on ne le vit pas ? Pour faire croire à ton entourage que tu es constamment heureux ? C’est un peu difficile de l’exprimer en français, mais l’authenticité est devenue une façade. Le paraître a pris le pas sur l’être. Et ça c’est la plus grande arnaque. Donner l’illusion que tu es sincère, alors que tu ne l’es pas. Et être convaincu de ta sincérité. Perso, j’estime qu’il est quand même préférable de savoir quand tu joues la comédie… »

Il a aussi déclaré que ses chansons étaient à la fois un testament et une résurrection. Là manifestement, on entre dans le domaine de la religion. Tom confesse : « Simplement, je ne suis pas particulièrement religieux, même si je crois en Dieu. Lorsque je regarde une femme noire très belle, je pense réellement que Dieu en est le créateur. C’est aussi comme quand j’écris une bonne chanson ; ce n’est pas moi l’auteur, mais Dieu… »

En écoutant son album, trois références me viennent à l’esprit : Ryan Adams, Chuck Prophet et Lloyd Cole. La réponse fuse : « Lloyd Cole, je l’ai beaucoup écouté. Tu es le premier qui m’en parle, et tu as raison. Mon album de chevet, c’est… il est de couleur bleue, je ne reviens plus sur son titre… » (NDR : ‘Broken Record’ ?)

David Mansfield, un ancien et illustre collaborateur de Bob Dylan s’est chargé de la mandoline et surtout de la pedal steel, lors des sessions d’enregistrement. « Il est incroyable. A l’âge de 15 ans, il tournait déjà en compagnie du band de Bob Dylan. Il était très jeune et côtoyait déjà des vétérans. Il a participé à l’enregistrement de 7 elpees de Bob Dylan, et a également bossé pour Tom Waits et T-Bone Burnett. » On suppose que c’est John qui a eu l’idée de l’inviter. « Oui, il le connaît très bien. Il travaille beaucoup avec lui. Mais le plus impressionnant, c’était sa rapidité d’adaptation. Je voulais lui expliquer les accords et lui me répondait que ce n’était pas nécessaire. Il les écoute et les reproduit instantanément. Et quasi à la perfection. Il se plante rarement… »

John Mascis joue sur un des titres de son nouvel album, « Finding my way back to you ». S’il a joué aussi fort en studio qu’en live, toute l’équipe devait se protéger à l’aide de boules Quiès… Tom précise : « Sa collaboration s’est effectuée via internet. Il ne s’est pas déplacé à Hoboken. On a d’abord communiqué via skype ou e-mail. Puis il a exécuté sa partition dans son home studio. C’était mieux ainsi, car il était loin de nous ; mais c’était déjà trop fort pour nos oreilles. » (rires)

Tom a tourné aux States, il y a un quelque de temps, en compagnie de Neil Young. Un musicien dont il apprécie particulièrement la musique. Mais comment est-il parvenu à concilier son agenda et le sien, souvent considéré comme démentiel, quand on sait que l’Anversois n’aime pas trop faire le forcing lors des tournées, pour y privilégier, notamment, le contact avec l’habitant. Tom clarifie : « Cet été je vais encore tourner avec lui. Non, mais pas de souci, je n’ai accepté que trois ou quatre dates. »

A propos de concert, votre serviteur avait eu l’occasion d’assister à un set d’Admiral Freebee, en 2005. Tom me demande : « C’était en trio ou dans un groupe avec deux ou trois guitaristes ? » C’était en compagnie d’un groupe. Il ajoute alors : « Et maintenant, c’est un nouveau line up, et il y a des cuivres. » Pour donner une coloration plus swing et r&b ? Comme sur ‘Do your duty’, un titre un peu festif, abordé dans l’esprit de la Nouvelle-Orléans ? « On va le jouer au Cactus (NDR: ce samedi 12 juillet 2014). Et la présence de cuivres nous entraîne un peu dans l’univers de la Nouvelle Orléans, un peu comme chez Dr. John. Tu connais la série télévisée américaine ’Treme’ ? Elle baigne dans ce climat musical louisianais… »

Tom chante, joue de la guitare et de l’harmonica. Or, en général, un harmoniciste est disciple d’un maître du jazz ou du blues. Tom avoue : « J’aime beaucoup le blues. Et ma référence est Little Walker. On va également se produire au festival de Peer, cette année. Pour y jouer du blues. Une majorité de compos de blues… »

 

Amirali

In Time

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« In Time » constitue le premier album d’Amirali, un jeune artiste canadien d’origine iranienne. L’elpee réunit 13 pistes et, autant être clair, son premier essai ne manque pas d’allure. Si l’ensemble n’est pas sans défaut, plus d’un artiste rêverait de pondre un album aussi sympathique, surtout pour un premier long playing.

Le style, dans la continuité des morceaux parus isolément en 2011, reste comparable à ce que des groupes tels que Depeche Mode ou Radiohead sont susceptibles de nous réserver. On pourra même y retrouver des relents de rock en tendant plus attentivement l’oreille.

L’intro est excellente et instaure délicatement l’ambiance. De quoi nous inciter à écouter la suite. Suivent ensuite des morceaux où la voix suave du chanteur s’impose naturellement, et convainc de la maîtrise déjà acquise par ce jeune producteur. Citons notamment « My Way » et « Beautiful Words », pour les plus emballants.

Toutefois, malgré cette franche réussite, épinglons tout de même le défaut central de cet album : une certaine morosité. Et elle peut envahir le mélomane. A cause de la voix d’Amirali. Un peu trop mollassonne et monocorde.

En conclusion, il manque encore un ‘je ne sais quoi’ pour transformer l’essai en réussite. Gageons que le Canadien corrigera le tir sur son prochain elpee (NDR : on n’en doute pas !) Ce qui n’empêche pas ce disque de se révéler un très bon choix, si vous souhaitez découvrir sa musique… 

 

Admiral Freebee

The Honey & The Knife

Écrit par

En 2003, Admiral Freebee publiait un premier opus. Remarquable, il était éponyme. Progressivement, il s’était peu à peu éloigné des eaux turbulentes de son style originel, pour embrasser un profil davantage ‘mainstream’. Et les deux elpees suivants corroboraient cette situation. Curieusement, cette métamorphose l’a rendu moins populaire. Pas étonnant qu’il ait dès lors voulu en revenir aux sources. « The Honey & The Knife » en est une parfaite illustration. Et selon ses déclarations, il a retrouvé la liberté de ton et d’improvisation. En outre, la production a été confiée à Jo Franken, responsable de la mise en forme du premier long playing.

Cette autonomie, s’exprime parfaitement sur les deux premiers extraits de l’album : « Blues From A Hypochondriac (Always Hoping For The Worst) » et « My Hippie Ain’t Hip ». Deux plages formidables, très électriques, sauvages et totalement débridées. Deux compos qui donnent vraiment l’envie de les (re)découvrir sur scène. Dommage que cet esprit ne hante pas l’intégralité de « The Honey & The Knife ». Mais une chose est sûre, Tom Van Laere était particulièrement inspiré quand il a composé ces deux titres. Passé l’orage, le reste du tracklisting s’avère plus calme, mais néanmoins de bonne facture. La voix du vieux loup de mer est toujours aussi expressive et peut même se révéler bouleversante. Une émotion particulièrement palpable sur « Look At What Love Has Done ». Certains titres sont enrichis tantôt d’un harmonica, d’accords de piano, d’arrangements de cordes ou encore de chœurs féminins, rendant l’ensemble plus éclectique. On a même droit à une chanson dansante : « Always On The Run ». Un morceau fluidifié par des claviers ‘vintage’, alors que Tom emprunte des intonations vocales ‘rollingstoniennes’. Et le tout est contaminé par l’humour du grand gaillard. Faut dire que l’Anversois ne se prend pas la tête ; mais prend le soin de ne pas confondre bonne humeur communicative et facilité.

Retour gagnant pour cet artiste attachant. Enfin, c’est tout ce qu’on lui souhaite. L’amiral semble en pleine forme et pour défendre son « The Honey & The Knife » il a décidé de voguer de salle en salle, à travers la Belgique, pour notre plus grand plaisir ! Il se produira d’ailleurs en concert le 4 avril à l’AB de Bruxelles…

Mirah

(a)spera

Écrit par

Malgré une discographie conséquente, Mirah Yom Tov Zeiltyn n’a jamais été de celles qui ont brillé par un quelconque succès de ce côté de l’Atlantique. Un manque d’intérêt probablement dû au style pratiqué par la demoiselle, à ses débuts, un peu trop proche de celui des Lisa Loeb et autres Liz Phair. Autrement dit, des artistes qui n’ont jamais réellement suscité l’intérêt européen. Son éveil artistique, Mirah l’a vécu en compagnie de The Microphones, une collaboration reconduite à deux reprises. Dix ans et presque autant de projets parallèles plus tard, la demoiselle originaire de Philadelphie présente un quatrième recueil solo pour lequel elle semble enfin avoir trouvé sa vitesse de croisière.

Mirah reste fidèle à ses thèmes fétiches, la nature en tête, et les célèbre au travers de ritournelles sans prétention dont certaines peuvent même se révéler trop courtes. On pointera du doigt les excellents « Gone and The Days » ou « The Forest » et son final en fanfare qui aurait gagné à ne pas être freiné en plein climax. « (a)spera » regorge de très bonnes idées, pas toujours correctement exploitées. Mais dans l’ensemble, ce nouveau recueil pourrait être celui qui, lentement mais sûrement, halera Mirah vers la lumière.

 

Miranda Lee Richards

Light Of X

Écrit par

Originaire de San Fransisco, Miranda Lee Richards a su bien s’entourer. Ainsi, lors de sa terminale, elle fait la rencontre de Kirk Hammett (Metallica) qui la prend sous son aile et lui enseigne les bases de la guitare. Cette amitié permet alors à la Californienne d’enregistrer ses premières démos. Celles-ci atterrissent quelques mois plus tard entre les mains d’Anton Newcombe, tête pensante des Brian Jonestown Massacre. Elle accompagne ensuite au micro la formation pendant six mois avant de rendre son tablier, refusant d’accompagner le combo en tournée pour des raisons que ceux qui ont visionné l’excellent docu « Dig ! » peuvent facilement imaginer. Richards gardera contact avec Newcombe pour lequel elle coécrira quelques morceaux avant de lancer sa propre carrière. En 2001, la jeune femme signe chez Virgin Records et publie « The Herethereafter », qui fait un flop intégral et provoque, déjà, le terme de son contrat.

Huit ans plus tard, Miranda Lee Richards, désormais au sein du label Nettwerk, garde la tête haute et fait un retour en douceur. D’aucuns diront même ‘trop en douceur’. « Light Of X », entièrement écrit et composé par son interprète, est de ces recueils qui privilégient l’ambiance à la variété des mélodies. Peut-être aurait-il fallu que la demoiselle s’entoure un peu plus, comme c’est le cas sur « Early November », cosigné par un certain Rick Parker et seul titre de l’ensemble à s’apparenter à une relative réussite. « Light Of X » souffre également de longueurs inutiles, de vocalises parfois lassantes et d’une monotonie cruellement assommante. Miranda Lee Richards n’a manifestement pas tiré parti de son premier échec.

Mira Calix

Eyes Set Against the Sun

Écrit par

L’ancienne Djette résidente des clubs londoniens (sponsorisés par Warp) se peaufine dans une complexité sonore éprouvante qu’offre son troisième album « Eyes Set Against the Sun ». Boucles bruitistes, breaks minimalistes et nappes orchestrales, synthétiques ou instrumentales matérialisent une humeur dénudée, cyclique et fusionnelle. Mira Calix (aka Chantal Passamonte), dame de cœur, pique dans le ressenti et dévoile son être sous des compositions sensibles parcourues de chœurs et de cordes (l’archet de Ciaran Mc Cabe). Une musique de phase, contemporaine et expérimentale où l’alliance de l’école classique (Streetwise Opera, Britten-Pears Orchestra, Woodbridge School Junior Chair) et de tonalités électroniques se projette dans une dimension bipolaire. L’apprentie surdouée, élevée à l’electro de Ninja Tune et Warp (Strictly Kev et ses mentors Derrick May, Aphex Twin, Boards of Canada), module les tonalités dans une sphère de performance symbolique pour en libérer des compositions parfaitement abouties.

 

 



Carmen Miranda

Original Recordings 1930-1950

Écrit par
Carmen Miranda est la première artiste brésilienne à avoir conquis un public international. Ses travaux musicaux, exécutés entre 1930 à 1950, sont ici compilés et résument son évolution artistique. Depuis la période brésilienne (en gros de 1930 à 1939) jusqu’à l’hollywoodienne, au cours de laquelle Carmen tourna une dizaine de films aux titres pour le moins évocateurs : « Week-End in Havana » ou encore « That Night in Rio ». L’époque brésilienne est caractérisée par une simplicité de bon aloi. Les guitares, les flûtes et les percus s’y taillent la part du lion dans un style qui prélude la musique brésilienne moderne. L’américaine se révèle plus clinquante et évoque l’exotisme bon marché en vigueur dans le cinéma américain d’alors. Entendre Carmen Miranda chanter « Week-End in Havana » fait à peu près le même effet que Dean Martin qui s’époumone sur « Arrivederci Roma »… C’est d’ailleurs cette compromission artistique qui perdra la chanteuse, puisque son public brésilien finira par la bouder, lui reprochant de s’être trop américanisée… Reste quelques chouettes chansons, qui plairont surtout à ceux qui ont craqué sur les disques calypso de Robert Mitchum.

Manuel 'Guajiro' Mirabal

Buena Vista Social Club présents... Manuel ´Guajiro` Mirabal

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Bientôt tous les acteurs de l’équipe gagnante du Buena Vista Social Club auront commis leur disque solo. Hormis le Wu-Tang Clan, on ne voit pas très bien qui a fait mieux jusqu’ici. Mirabal, qui est le trompettiste du club, profite de cette occasion pour rendre hommage à son maître Arsenio Rondriguez, illustre auteur de mambos endiablés il y a une quarantaine d’années. Une plaque au cours de laquelle Ibrahim Ferrer vient pousser la chansonnette, Manuel Galban apporte sa guitare et Cachaito Lopez installe ses lignes de basses sinueuses. Enregistré en une prise collective (pas d’overdubs), cette récréation de musiciens garde un côté frais et spontané qui sied à ce genre d’exercice. Chacun y va de son solo poisseux, mais c'est surtout le 'tres' (NDR : un instrument qui possède 2mi aigus) plutôt rock'n'roll du dénommé Papi Oviedo qui tire son épingle du jeu. Soyons francs, cet opus s’adresse aux fans incurables du Buena Vista. Ceux qui ont trouvé leur bonheur dans le premier séminal album du Club ou plus récemment chez Omara Portuondo risquent fort d’être désarçonnés par la rugosité sonore de l’ensemble, mais aussi par l’accent mis sur l’ambiance plutôt que sur des morceaux destinés à rester dans l’oreille.

Miracle Of 86

Every Famous Last Word

Peu importe quel fût le miracle dont ces quatre rockeurs parlent, il semble évident qu'il ne s'agit pas de leur musique : de l'indie pop formatée pour les College Radios d'Amérique, évidente mais pas très finaude. Si la plupart des 12 titres qui composent cet album n'ont pas grand chose à envier à ceux de Fountains of Wayne et d'Everclear, il s'en dégage une impression tenace de nonchalance appliquée qui finit vite par agacer. C'est encore quand Miracle of 86 lâche les gaz qu'il émeut le plus : " Call of the Cops ", " I Think You Meant to Say No ", " Your Quicksilver Moment " et " Sleep All Damn Day ", plus en nuances folk, parviendraient presque ainsi à nous faire oublier ces moments de franche rigolade power pop qui sévissent tout le long de l'album, d'une puérilité en tous points condamnables. Dans un tel contexte, celui du moindre effort, on préfère passer son tour. Dans la cour des miracles pop rock, ces types passent pour des clowns.