Bientôt tous les acteurs de l’équipe gagnante du Buena Vista Social Club auront commis leur disque solo. Hormis le Wu-Tang Clan, on ne voit pas très bien qui a fait mieux jusqu’ici. Mirabal, qui est le trompettiste du club, profite de cette occasion pour rendre hommage à son maître Arsenio Rondriguez, illustre auteur de mambos endiablés il y a une quarantaine d’années. Une plaque au cours de laquelle Ibrahim Ferrer vient pousser la chansonnette, Manuel Galban apporte sa guitare et Cachaito Lopez installe ses lignes de basses sinueuses. Enregistré en une prise collective (pas d’overdubs), cette récréation de musiciens garde un côté frais et spontané qui sied à ce genre d’exercice. Chacun y va de son solo poisseux, mais c'est surtout le 'tres' (NDR : un instrument qui possède 2mi aigus) plutôt rock'n'roll du dénommé Papi Oviedo qui tire son épingle du jeu. Soyons francs, cet opus s’adresse aux fans incurables du Buena Vista. Ceux qui ont trouvé leur bonheur dans le premier séminal album du Club ou plus récemment chez Omara Portuondo risquent fort d’être désarçonnés par la rugosité sonore de l’ensemble, mais aussi par l’accent mis sur l’ambiance plutôt que sur des morceaux destinés à rester dans l’oreille.