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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Neil Young

Chrome dreams

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Neil Young continue de dépoussiérer ses archives. Cet elpee devait sortir en 1977 ! Le plus curieux dans cette histoire, c’est que l’artiste a publié une suite en 2007, « Chrome dreams II ». L’original ne comptait que 12 titres. Sur cet opus, il y en a 15. Uniquement acoustiques. Soit la voix de Neil, son harmo, son piano, sa sèche et/ou son orgue à soufflets. Depuis le temps, tous ces morceaux ont été intégrés progressivement sur différents long playings, parfois en versions électriques, live, en solo ou en compagnie du Crazy Horse. Si bien qu’il n’y a pas d’inédits sur ce disque du ‘Loner’, mais deux morceaux sensiblement différents : « Hold back the tears », qu’il se réserve en solitaire, avec un texte plus long et « Sedan delivery » qu’il interprètera plus tard en compagnie de son incontournable Cheval Fou.

Et si les compos sont datées, il faut reconnaître que l’ensemble ne manque pas de charme et sont inspirées, tant du point de vue mélodique qu’émotionnel. Ainsi, en bénéficiant d’arrangement aussi soignés que sur « Harvest » et « Harvest moon », elles auraient pu y figurer.

Neil Young

Way down in the rust bucket

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Neil Young n’en finit plus de publier des albums. En fait, il s’agit d’un nouveau volume de la série ‘Performance’ des archives du loner. Et après avoir pris la peine d’en avoir écouté quelques longues heures, il faut savoir que ces sorties vont encore se multiplier, dans les mois, voire les années futures.

Double album, « Way down in the rust bucket » a été immortalisé le 13 novembre 1990, au Catalyst de Santa Cruz, en Californie ; un set destiné à rôder la future tournée ‘Ragged glory’. L’opus recèle donc une majorité de titres de ce disque, mais nous réserve également d’inévitables classiques, dont les incontournables « Like a hurricane », « Cinnamon Girl » et une version chargée de feeling de « Cortez the Killer ». 

Petit historique, « Ragged glory » est une œuvre célébrant les retrouvailles de Neil et de son Crazy Horse, après trois années de bisbrouille avec le bassiste Billy Talbot et le batteur Ralph Molina. 

Aux grattes, Young et Frank ‘Poncho’ Sampredo sont toujours aussi complémentaires. A la fois mélodieuse et vivifiante, l’intensité électrique libérée vous remue littéralement les tripes. A tel point qu’à un certain moment, vous vous mettez à rêver d’un retour à la normale, afin de savourer une fois encore un concert de Neil Young et de son Crazy Horse sur les planches. Et il ne faudra pas trop gamberger, car Neil a fêté ses 75 balais en novembre dernier et si la scène, c’est aussi sa vie, il ne faut pas oublier qu’il a aussi l’âge de ses artères…

Sur les titres 19 proposés, trois sont cependant dispensable. En l’occurrence « Farmer Joe », une cover liquoreuse de Don Harris et Dewey Terry, le très léger « Roll another member (for the road) » et le plus glam « Homegrown ». A contrario, on épinglera encore les versions épatantes de « Love to burn », « Fuckin’ up » et « Love and on ly love ». A noter enfin, la présence de « Danger bird », un morceau issu de « Zuma » qui n’avait alors jamais été joué en ‘live.

Le set fait également l’objet d’un DVD sur lequel figure « Cowgirl in the sand », mais le morceau n’a pas été retenu pour le disque, car jugé de qualité sonore insuffisante…

Neil Young

Return to Greendale

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« Return to Greendale » n’est autre que la version ‘live’ de « Greendale », un album de Neil Young paru en 2003. On y raconte l’histoire d’une famille confrontée à un meurtre dans la petite ville fictive de Greendale. Un récit imaginaire destiné à développer des thèmes chers au loner, tels que l’environnement, la place de l’être humain dans la société moderne et la corruption organisée par les multinationales et les politiciens véreux. Dix titres en plus d’une heure dix, dont certains dépassent les 10’ (NDR : 13’23 pour « Grandpa's Interview », une plage dont les riffs crasseux rappellent « Cowgirl in the sand »).

Hormis l’acoustique « Bandit » et « Bringin’ down the river », dont le spleen infini est accentué par l’orgue à soufflets, le fil rouge des compos repose sur l’intensité électrique si caractéristique chez le Crazy Horse. Même les blues. Que ce soit le cool, sale et chaloupé « Double E », le boogie « Sun green », au cours duquel Neil n’hésite pas à clamer haut et fort, dans un mégaphone, son point de vue sur la monde politique, qu’il juge corrompu, quand il ne souffle pas dans son harmo ; mais encore « Devil’s sidewalk », un morceau au cours duquel les choristes féminines répètent régulièrement ‘Greendale !’. Un harmonica qui décape la ballade puissante « Leaving the driving ». Et si l’opus s’ouvre par une compo au refrain simple, répétitif et facile à reprendre en chœur (« Fallling from above »), il s’achève par « Be the rain », un hymne qui exhorte à la protection de la nature. Passionné, enrichi de chœurs, il s’agit certainement de la meilleure plage de cet LP.

Pas de mauvaise surprise sur ce « Return to Greendale », mais un album de plus dans la discographie déjà impressionnante de Neil Young. Quand on pense, qu’il vient de graver « Times », un Ep acoustique, sortira « Archives Vol 2 » d’ici quelques semaines et rééditera « After the gold rush », dans le cadre du 50ème anniversaire de sa sortie, en 2021…

Neil Young & Crazy Horse

Neil Young

Homegrown

Écrit par

46 ans plus tard, Neil Young exhume un album qu’il avait décidé de ne pas sortir, suite à sa rupture avec feue l’actrice Carrie Sondgress, la mère de son fils Zeke. Enregistré entre juin 1974 et janvier 1975, soit entre « On the beach » et « Tonight’s the night », il est considéré, par l’artiste lui-même, comme le chaînon manquant entre « Harvest » (1972) et « Comes a time » (1978). Donc il privilégie la forme acoustique. Enfin, pas seulement, puisque si, en général, les compos mettent en exergue ce type d’instrumentation (sèche, banjo, piano, contrebasse, harmo, etc.), sans oublier la voix de Neil et les backing vocaux (NDR : assurés sur deux pistes, par Emmylou Harris), elles concèdent circonstanciellement une part d’électricité. De la pedal steel (Ben Keith), ce qui semble logique, mais également de la basse (Tim Drummond), des drums (Levon Helm) et de la guitare électrique. Dispensée parcimonieusement, sauf sur « Vacancy », dont l’intensité caustique et les harmonies vocales spécifiques rappellent les meilleurs moments du Crazy Horse, et dans une moindre mesure le blues déglingué « We don’t smoke it no more », dont le groove est tramé sur un piano boogie. Et puis il y a « Florida », un morceau bizarre, au cours duquel on entend un monologue un peu barré divaguer sur des larsens de guitare.

Sept plages sur les douze qui figurent sur cet LP n’étaient jamais officiellement sorties. Mais elles avaient déjà soit été interprétées en ‘live’, soit figuré sur l’un ou l’autre opus, sous des versions différentes. On épinglera quand même « White line », une chanson que Neil avait enregistrée en Angleterre, en compagnie de Robbie Robertson, le guitariste de The Band.  

Toutes les compos ont été remasterisées et tiennent parfaitement la route, même si certaines peuvent parfois paraître un peu datées.

Neil Young

Colorado

Écrit par

A 73 balais, Neil Young a toujours soif d’idéal. Après avoir mené un combat contre la multinationale Monsanto, pour la toxicité de ses pesticides (NDR : notamment le fameux Roundup) en 2015 (« The Monsanto Years »), il a décidé de continuer sur sa lancée, en militant cette fois pour le climat, à travers son nouvel elpee, « Colorado ». Un disque qu’il a enregistré à Telluride, dans les Rocheuses, au sein d’un studio perché à plus de 2 500 m d’altitude. En compagnie de son Crazy Horse. Soit sa fidèle section rythmique constituée du bassiste Billy Talbot et du drummer Ralph Molina, mais sans le gratteur Poncho Sampredo. Momentanément indisponible, il a été remplacé par Nils Lofgren. Et s’il a été emprunté au E Street Band de Bruce Springsteen, il faut reconnaître que depuis 1970, il revient régulièrement au sein du line up, pour remplacer les absents, au pied levé. Comme en 1973, lorsqu’il avait dû relayer feu Danny Whitten, pour enregistrer « After the gold rush ». Cet opus (NDR : le 39ème ? Le 40ème ?), est également dédié à un vieux pote de Neil, Elliott Roberts. C’était aussi son manager depuis 1967 ; et il est décédé cette année à l’âge de 76 ans…

Vu la présence du Crazy Horse, on se doute que l’album sera très électrique. Mais pas seulement ! Car il nous réserve justement l’une ou l’autre plage acoustique. A l’instar du plus country « Think of me », qui ouvre la plaque, un morceau souligné par un harmonica et des chœurs, de « Green is blue », tramé sur le piano ainsi que du bouleversant et personnel « I do », des morceaux qui s’inscrivent davantage dans l’esprit de « Harvest » voire de « Harvest moon ». Sans oublier la ritournelle automnale « Eternity », qui aurait pu figurer sur « After the gold rush », une chanson également balisée par les ivoires.    

Sur les 10 pistes de ce long playing, une seule passe un peu à travers. Et pourtant, elle est bien électrique et est imprimée sur ce fameux tempo tribal, emprunté aux amérindiens : « She showed me love ». S’étalant sur plus de 13’, la compo démarre plutôt bien, mais rapidement elle se complait dans un exercice de style stéréotypé et stérile, alors que banal, le refrain manque quand même de consistance. C’est le seul bémol !    

Touchant et bénéficiant d’une jolie mélodie, « Olden days » évoque justement le décès d’Elliott Roberts. « Shut it down » se distingue par son contraste entre la douceur des harmonies et le bruit corrosif des grattes. « Milky way » est à la fois hanté par « Zuma » et « Cortez The Killer ». Hymnique, l’indolent « Rainbow of colors » est chanté à l’unisson par toute la troupe. Et ces titres sont aussi électriques que brillants ! Mais la meilleure plage est incontestablement le furieux et engagé « Help me lose my mind », au cours duquel le loner alterne chant et débit déclamatoire.

On attend Neil Young et son Crazy Horse en concert près de chez nous. Car c’est toujours sur les planches qu’il atteint sa plénitude...

Neil Casal

Décès de l’ex-guitariste de Ryan Adams, Neil Casal

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Né le 2 novembre 1968, Neil Casal s’est donné la mort ce 26 août 2019. Outre sa carrière solo au cours de laquelle il a publié douze elpees solos, ce guitariste, chanteur, auteur-compositeur et photographe américain a notamment milité chez le Hard Working Americans, mais également au sein du Chris Robinson Brotherhood et surtout du backing group de Ryan Adams, The Cardinals, de 2005 à 2009, sans oublier ses multiples collaborations (NDR : entre autres, Cass McCombs, Willie Nelson, James Iha, …) Il avait gravé son dernier album personnel, « Sweeten the Distance », en 2011 et avait terminé les sessions d’enregistrement d’un nouvel opus, une semaine avant sa mort, en compagnie de son groupe, Circle Around the Sun.

RIP  

Neil Young

Psychedelic Pills

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Après avoir commis un elpee consacré à des traditionnels américains (« Americana »), Neil Young et son illustre Crazy Horse ont donc décidé de graver une œuvre bien électrique. Le Loner et le trio Talbot/Molina/Sampedro nous ont même réservé un double elpee. Huit titres pour près de 90 minutes ! Et pour les fans du Canadien, c’est exactement l’album qu’ils attendent depuis longtemps. Oh, tout n’est pas parfait, mais on a droit à une bonne dose de grattes rugissantes, crépitantes, déchiquetées, expansives ; déchirées par la voix gémissante de Neil et soutenues par des chœurs hymniques. Classique ! Mais prenons un peu la peine d’analyser cette œuvre.

Elle s’ouvre par « Driftin’ back », une piste de 27’ qui s’ouvre par un léger grattage acoustique, avant de se lancer dans une jam électrique sinueuse et un peu gratuite. Le genre de compo qui ferait un malheur sur les planches. Sur disque, ça fait un peu bois de rallonge… « Ramada Inn » dure 16’50. Chargée de feeling, c’est une des meilleures plages de l’elpee. Quant aux lyrics, ils traitent de la vie commune qu’il partage avec son épouse, Peg. De leur amour. Des bons et moins bons moments rencontrés dans leur couple. Du refuge qu’ils ont parfois cherché dans la boisson, pour surmonter les difficultés de l’existence. Le troisième plus long morceau s’étale sur 16’20. Empreint de nostalgie, il s’intitule « Walk like a giant ». En fait, il revient sur le rêve hippie. Cette génération ‘Woodstock’ qui allait sauver le monde. Mais dont l’objectif n’a jamais été atteint. Une plage épique caractérisée par des sifflotements guillerets et surtout contagieux. A tel point qu’au bout de quelques minutes on se met instinctivement à siffloter avec lui. Le titre maître bénéficie de deux versions. Particulièrement soumise à la distorsion, la première me fait penser à Hawkwind. Mais en plus light. La seconde figure en morceau caché. Plus percutante, elle lorgne quelque part vers « Cinnnamon girl ». Sur « Twisted road », Neil nous parle encore de son passé. De Dylan, du Band et de Grateful Dead. Ses idoles. Passé qu’il évoque également sur « Born in Ontario », compo americana au cours de laquelle, il nous réserve un arrangement d’orgue dont il a le secret. Ballade sentimentale semi-acoustique, « For the love of man » est dédié à son fils handicapé. Et sur cet opus, figure un titre absolument remarquable, « She’s always dacing ». Le tempo est offensif. La mélodie irrésistible. Les chœurs magiques. Les ‘six cordes’ croisent le fer. Certains médias l’ont déjà comparé à « Like a hurricane ». Votre serviteur pense plutôt à l’album « Everybody knows this is nowhere », et à « Cowgirl in the sand », en particulier. Une chose est sûre, en écoutant cette compo, on ferme les yeux, et des frissons vous traversent l’âme…

 

Neil Young

Year of the horse

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On se souvient encore des deux fabuleux sets que Neil a accordés en Belgique. L'an dernier, tout d'abord, à Torhout, en compagnie de son inévitable Crazy Horse. Et puis surtout en 95, dans le cadre du 10ème anniversaire du Pukkelpop, flanqué des musiciens de Pearl Jam. Il devrait, à nouveau nous revenir en automne prochain, pour un concert, prévu, à l'origine, en juin dernier. Neil avait alors dû annuler sa tournée européenne, après s'être ouvert la main, en voulant ouvrir un sandwich. En attendant, on se contentera de ce double album enregistré en public. Pas de standards issus de son répertoire, mais uniquement des compositions extraites de ses deux derniers albums, ainsi que quatre titres destinés à sonoriser un documentaire cinématographique de Jim Jarmusch : " Barstool blues ", " Big time ", " Sedan delivery " et " Slip away ". Bien sûr, ici dans des versions ‘live’. On reprochera peut-être à ce " Year of the horse ", la longueur, parfois excessive des morceaux. Mais dans l'ensemble, ce double elpee ne manque pas d'allure...

 

Neil Young

Paradox

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« Paradox » constitue la bande originale du film du même nom, réalisé par la compagne de Neil Young, l’actrice Darryl Hannah. Un western tourné dans les Rocheuses, au Canada et aux States, au cours duquel le Canadien et les musiciens de Promise of The Real jouent le rôle de cow-boys plongés dans une aventure futuriste et surtout farfelue.

Il s’agit cependant du troisième LP pour lequel le Canadien a reçu le concours de cette formation, au sein de laquelle figurent les fils de Willie Nelson. Sur les 21 plages de ce long playing, figurent de nombreux interludes, parfois de quelques secondes, qui ont également servi à la B.O. de ce moyen métrage (NDR : 1h13). L’opus alterne morceaux acoustiques et électriques. Il y a même un extrait de 46’, réservé au « Happy together » des Turtles, chanté quasi-a cappella, si on ne tient pas compte des sifflotements et des quelques accords de banjo. D’ailleurs, de nombreux titres semblent avoir été enregistrés atour d’un feu de camp.

On va donc ce pencher sur la quintessence de cet opus. Côté ‘unplugged’, on épinglera une version épurée de « Show me », une plage issue de « Peace trail », qui aurait pu figurer sur l’album « Harvest ». Puis le titre maître de cet opus susvisé, interprété à l’orgue à soufflets. Tout comme le crépusculaire « Pocahontas ». Lukas, le fils de Willie, se consacre au micro sur quelques morceaux, dont le blues « How long » et « Diggin’ in the dirt » composé par Neil et les deux fistons du légendaire octogénaire. Face électrique, l’elpee recèle une adaptation de « Cowgirl in the sand » (« Everybody knows this is nowhere ») rebaptisée pour la circonstance « Cowgirl jam ». Dix minutes instrumentales, chargées d’intensité crazyhorsienne. Dommage, que la voix du Canadien soit totalement absente. Puis deux pistes imprimées sur un tempo tribal, amérindien, soit « Hey » et encore un blues intitulé « Running to the silver eagle ».

Bref, en tirant dans toutes le directions, Neil et sa bande n’ont blessé personne. C’était du cinéma ! D’ailleurs en final, caractérisé par sa jolie mélodie et ses arrangements à la Walt Disney, « Tumblewood » pourrait servir à la bande originale d’un dessin animé pour enfants. Un autre paradoxe !

 

Neil Young

Living with war

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On a beau être fan de Neil Young, il y a des moments où on se demande s’il a encore toute sa tête. Flash-back : à l’issue de l’attentat perpétré le 11 septembre par les intégristes islamistes, Neil avait ouvertement pris parti pour l’administration Bush. Emporté par la spirale propagandiste du président des Etats-Unis et surtout de ses sbires, il avait même déclaré que l’invasion (NDR : la deuxième) des troupes US en Irak était parfaitement justifiée. Dans les années 80, il avait déjà défendu les idées d’une autre dangereuse marionnette : Ronald Reagan. Avant de s’excuser pour sa méprise. L’histoire est un éternel recommencement, puisque le Canadien vient de se rendre compte qu’il s’est encore fourvoyé. Et que GWB et sa bande ont mené l’Amérique en bateau. Voire au bord de la guerre mondiale. Sans oublier de rappeler les multiples dérives de l’infâme personnage qui utilise la religion pour se faire élire ou diviser le peuple tout en négligeant les populations noires, comme celles victimes du désastre qui s’est produit à la Nouvelle Orléans. Nous on veut bien, mais comme dirait Jacques Dutronc après avoir retourné sa veste, le voilà qui retourne son pantalon. Les Etats-Unis auraient besoin d’un leader. Un vrai. Un tatoué ! Et pourquoi pas une femme ou un homme de couleur ? Mieux vaut tard que jamais ; mais il aurait peut-être fallu qu’il explique pourquoi il a diamétralement changé d’avis…

On passe maintenant à l’aspect musical. Et là, c’est une excellente nouvelle. Après le décevant Prairie Wind, commis l’an dernier, Neil en est revenu à l’électricité la plus urgente, la plus vivifiante, la plus rageuse. Et sans son Crazy Horse ! Composé, écrit et enregistré en 9 jours, son 39ème elpee propose une majorité de plages sculptées dans l’électricité la plus blanche, la plus crue. Neil considère même cette musique comme du metal folk ! On n’est ainsi parfois plus très loin du Paisley Underground d’un Steve Wynn. Et il faut remonter à « Mirror ball » (1995), concocté en compagnie des musiciens de Pearl Jam ou « Ragged Glory » pour retrouver une telle débauche d’intensité électrique. D’ailleurs, des compos comme l’hypnotique et vindicatif « The restless consumer » (NDR : digne de « Southern man »), les hymniques « Shock and awe » et « Lookin’ for a leader » (« Rockin’ the free world » ?) ou le ‘dylanesque’ « Flags of freedom » valent leur pesant de bonnes vibrations. La touche d’originalité procède de la présence circonstancielle d’une trompette. Maintenant, tout n’est pas parfait. Parce qu’il y a deux flops magistraux. Deux titres qui prêtent à sourire. Tout d’abord le grotesque « Let’s impeach the president » (NDR : c’était pas destiné à une œuvre caritative ?) qui a réuni plus de 100 musiciens et chanteurs ; et puis le final « America the beautiful », sorte d’éloge grandiloquent de l’Amérique et de ses Américains (NDR : Joyeux Noël !). Drôle d’idée ! Mais il est vrai que le Canada fait également partie du continent américain… N’empêche, nonobstant l’un ou l’autre dérapage, il y a des lustres que le loner ne nous avait plus réservé un opus d’aussi bonne facture…

 

 

Neil Young

Earth

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On savait Neil Young engagé dans la lutte pour la sauvegarde de la planète ; mais on n’imaginait pas qu’il allait saupoudrer “Earth”, un double opus ‘live’, de bruitages saugrenus. Parfois urbains ou météorologiques (tempête, pluie) ; mais surtout immortalisés dans la nature (corbeaux, vaches, loups, guêpes, cigales et probablement une baleine, entre autres). Heureusement, ces éléments ne perturbent jamais l’ensemble. Au contraire. Ils y créent même le plus souvent, un climat champêtre…

Les 13 pistes cadrent, en outre, parfaitement avec son combat environnemental, qu’il mène depuis de nombreuses années. Depuis « Mother Earth » à « The Monsanto years », en passant par « Wolf moon », « Hippie dream », « After the gold rush », « Western hero » ou encore « Human highway ». Un seul inédit : « Seed justice ». Et en finale, on a droit à un morceau particulièrement électrique de près d’une demi-heure. Intitulé « Love and only love », il rappelle le fameux « Cowgirl in the sand », un titre qui figurait sur son second elpee solo, « Everybody Knows This Is Nowhere », paru en 1969. Un petit bémol, la fin est un peu tirée en longueur. Ces compos ont bien sûr été revisitées. Les lyrics ont même parfois été adaptés en conséquence pour coller au thème central : la préservation de la terre (« Earth »).

Neil Young nous rappelle encore ici que c’est sur les planches qu’il est au sommet de son art. Après avoir assisté au set accordé au Zénith de Lille, flanqué de son nouveau groupe, Promise of the Land, au sein duquel militent les deux fils de Willy Nelson aux grattes, en juin dernier, je ne puis que confirmer. Près de 2h40 de concert, sans la moindre faille. Et en écoutant cet « Earth », les images de ce show me reviennent à l’esprit. Comme si elles dataient d’hier. Et elles ne sont pas prêtes de s’effacer de ma mémoire…

Ross Neilsen

Elemental

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Agé de 41 ans, Ross Neilsen est issu du New Brunswick, au Canada. Ce chanteur/guitariste affiche une solide discographie. En 2007, l’artiste avait tout quitté, son job, sa compagne et son domicile pour embrasser une vie de musicien. Au cours des dix dernières années, il n’a jamais cessé de tourner ; et puis, il a décroché de nombreuses nominations, dont celle de ‘meilleur artiste acoustique’ en 2016, dans le cadre des Maple Blues Awards. Fin 2015, à la limite du burn out, il décide de prendre une pause. Et commence à écrire des chansons qui traitent de son existence, de ses aventures, ses passions et ses frustrations. "Elemental" en est donc le résultat. Un LP qui réunit dix plages écrites ou coécrites par Ross, et une reprise. C’est son ami Steve Marriner qui s’est chargé de la production. En outre, lors des sessions ce dernier s’est servi de toute une panoplie d’instruments : depuis l’harmonica aux guitares, en passant par les claviers, les percussions et le vibraphone. Cet artiste est également le leader d’un des meilleurs groupes canadiens, Monkey Junk. Pas étonnant que Darcy Yates et Matt Sobb (également impliqués chez Monkey Junk) se consacrent à la section rythmique. Enfin, Jim Bowskill assure la plupart des parties de guitare électrique (NDR : âgé de 25 printemps, ce jeune Canadien milite chez Sheep Dogs). 

Le titre maître entame les hostilités. Excellent, il privilégie les voix : celle de Neilsen est épaulée par les autre musicos. Et finalement, les percussions de Sobb y assurent l’essentiel de la partie musicale. "Black coffee" est un blues imprimé sur un mid tempo. Amplifiée la guitare de Ross sonne comme celle de Billy Gibbons (ZZ Top). Marriner double à l’harmonica et à la batterie. Bowskill se réserve la mandoline. La basse de Yates est bien mise en avant tout au long de "Woman’s name", une compo indolente au cours de laquelle les guitares entretiennent une atmosphère menaçante : Marriner à la baritone et Bowskill à la slide. Et les harmonies vocales sont lumineuses. Excellent country/rock, "Devil made you" mêle cordes acoustiques et électriques, tant de Ross que de Bowskill à la slide. Ballade étrange, "Ash fault" exhale un parfum oriental. Jimmy Bowskill est passé au violon. Ses interventions sont versatiles, mais superbes. Marriner balise l’ensemble de sa baritone. Le Canadien Paul Reddick cosigne le tendre "City of regret", une ballade acoustique et atmosphérique. Country/folk, "Nobody gets lonely" est une piste entraînante ; mandoline, pedal steel et gratte s’intégrant parfaitement dans l’ensemble. Marriner siège derrière l’orgue pour "The race", une ballade soul R&B. Des cuivres et une voix féminine y apportent davantage d’amplitude. Encore une ballade : "The arrow". Subtilement funky, elle est parcourue par des interventions de piano électrique et se distingue par une remarquable sortie sur les cordes acoustiques de Neilsen, dans une attitude très JJ Cale! Willie P. Bennett (NDR : un chanteur folk canadien disparu) a composé "Ballad in low E". La version de Ross est excellente. Très roots, flemmarde, elle est soulignée par la slide de Jimmy et l’harmonica de Steve, alors que le chant est chargé de passion. Et de toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Step into the light", une ballade country dépouillée, "Step into the light". Les voix sont à l’unisson et la pedal steel libère toute sa sensibilité.

 

Corneille Nyungura

Entre Nord Et Sud

Écrit par

L'artiste en est aujourd'hui à son septième album.

Ne connaissant Corneille que par le single de ses débuts, « Parce qu'on vient de loin », peut-être suis-je passé à côté de quelque chose.

L'index balance la première.

Le premier tour de piste se passe sans encombre, idem pour le second qui se voit affublé d'une touche de rap plutôt sympa.

Les événements se compliquent au troisième tour. C'est un basculement, une glissade dans le décor, percutant de plein fouet les panneaux commerciaux.

Difficile d'en ressortir. Il y a un blocage à tous les étages. La verve est pauvre, la composition sans envergure et les onomatopées insistantes en deviennent irritantes.

Tant bien que mal, j’arrive à la piste 11 qui semble être annonciatrice d'un nouveau départ. L'espoir est, cependant, de courte durée, et ce jusqu'à la ligne d'arrivée.

L'alliage de plusieurs courants musicaux n'a pas aidé l'artiste.

Sans doute, aurait-il été préférable de le voir évoluer vers davantage de simplicité. Guitare folk, basse, batterie par exemple.

Je retiens trois pistes : "Les sommets de nos vies", "Ego" et "Au bord du lac".

Pour le reste, Corneille,  je bâille.

 

Neil Holyoak

Rags Across the sun

Écrit par

Issu de Los Angeles, Neil Holyoak a décidé d’émigrer à Montréal ; et vu les artistes qui ont collaboré à la confection de son (déjà) quatrième album, il faut croire qu’il s’est bien intégré dans cette ville en pleine effervescence culturelle. Ainsi, on retrouve à la production Dave Smith (Wolf Parade, Patrick Watson, Sunset Rubdown) et Howard Bilerman (Arcade Fire, Handsome Furs). En outre, il a reçu le concours du ‘maître des cordes’ canadien, Joe Grass (à la pedal steel), ainsi que d’autres musicos qui sévissent sur la scène folk montréalaise.

Première constatation, la voix de Neil Holyoak est très proche de celle de Jonathan Meiburg (Shearwater) voire de son acolyte Will Sheff (Okkervil River). Elle libère la même fièvre, communique un même trouble, des impressions très susceptibles de nous bouleverser. Et surtout lorsque la musique s’emballe (« Sideral Sunrise », « Fancy Moonlight »). D’ailleurs, elle évolue dans un registre semblable aux deux maîtres. En particulier en première partie de cet elpee, particulièrement jubilatoire. Malheureusement, après le sixième titre, l’intensité baisse d’un cran et les morceaux (plus classiques) se révèlent bien moins intéressants (« Silvery Skies », « Only him or me »). Heureusement, Neil Holyoak se ressaisit et conclut par plusieurs morceaux dignes du début de parcours, à l’instar de l’excellent « Jeremy Song ». 

Une œuvre en demi-teinte pour cet artiste bourré de talent qu’on espère bientôt découvrir en concert bientôt chez nous… 

 

Neil Young

Live at the cellar door

Écrit par

Nous sommes fin 1970. Neil Young se produit à 6 reprises au Cellar Door, célèbre club de Washington DC. Il vient de publier l’incontournable « After the gold rush ». Et une majorité de titres joués au cours de ces sets sont issus de cette œuvre. Dont le titre maître. Les 13 plages de ce long playing ont donc été sélectionnées parmi cette série de shows. Acoustiques. Sur ce disque figurent également deux covers de Buffalo Springfield, « Flying on the ground is wrong » et « I am a child », un inédit, « Bad fog of loneliness », une version unique de « Cinamon girl » interprétée au piano et deux plages jamais immortalisées en public, « Old man » et « See the sky about to rain », qui ne seront gravées sur disque que quelques années plus tard. Neil chante de sa voix si caractéristique, en s’accompagnant tantôt à la sèche ou au piano. L’émotion est palpable. Mais un set ‘unplugged’ se vit plus qu’il ne s’écoute. Et plus particulièrement chez le Canadien…

 

Neil Young

Rock’n’roll is not dead

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La route qui nous conduit à Forest National est toujours aussi pénible. Dès l’entrée de Bruxelles, on est confronté aux ralentissements et bouchons rituels. Et pourtant, nous sommes un samedi soir. Mais, c’est vrai, il y a Neil Young qui se produit dans cette grande salle. Oui, je suis demeuré un grand aficionado du ‘loner’, mais le gigantisme, ce n’est plus ma tasse de thé. Et le prix des places a de quoi effrayer, même les plus grands admirateurs de l’artiste. Néanmoins, mes amis néerlandophones, Sam et Johan, respectivement collaborateur de longue date et rédac’chef du website pour le Nord du pays, m’ont convaincu de les accompagner. Bien sûr, le Canadien va encore revenir chez nous pour participer à plusieurs festivals cet été ; mais il commence à prendre de l’âge (NDR : il est né le 12 novembre 1945, donc approche les 70 balais), et il n’est pas sûr qu’il reparte encore pour de si longues tournées…

Lorsque nous débarquons dans l’hémicycle, Los Lobos a déjà entamé son set. Pas des néophytes, puisque le band s’est formé en 1973. Et le sextet tient la route, même si on se rend compte qu’un endroit comme l’AB serait certainement plus adapté à leur style de musique, fruit d’un cocktail de rock, rhythm’n’blues, country, tex-mex et conjunto. N’empêche, pour un supporting act, c’est du solide. Et le groupe recueille un accueil chaleureux de la part d’un public plus que nombreux. Tiens, petite remarque, la voix de David Hidalgo, me fait penser, ce soir à celle de Stevie Winwood, détail qui m’avait toujours échappé sur disque.

Avant que ne débute le set de Neil Young & Crazy Horse, on remarque la présence de quatre énormes caisses rectangulaires, sur l’estrade. Deux verticales et deux horizontales. Elles doivent certainement abriter le matos du groupe. Deux écrans sont disposés de chaque côté de la scène. Mais reconfigurés en écrans TV à la mode sixties. Une excellente initiative, car vu l’assistance, et la distance qui nous sépare du podium, on ne distinguera pas toujours très bien les musicos. Votre serviteur ne mesure pas non plus 1m90. Dès lors, on apprécie cette configuration…

Une équipe de techniciens s’affaire sur les planches. Certains sont vêtus de tabliers blancs. On dirait des savants fous. D’autres, portent des salopettes bleues, et sont coiffés de casques rouges, comme sur un chantier de construction. Tout ce beau monde semble se chamailler. Belle mise en scène. Puis les hommes casqués commencent à relever les caissons pour laisser apparaître les immenses enceintes ‘Fender’. Les musiciens débarquent enfin et se mêlent à la cohue. Pas très longtemps, car soudain, la ‘Brabançonne’ retentit. Et tous ces acteurs s’alignent face au public en portant la main droite sur le cœur. Neil, en tenant son chapeau. Manifestement, ils sont au courant de l’engouement suscité par les Diables Rouges, la veille, lors de leur victoire face à la Serbie. Un petit couac quand même. Si un grand étendard est déroulé à l’arrière, ce n’est pas aux couleurs de la Belgique, mais un hybride entre celui de la France et des Pays-Bas. Connaissant la rivalité qui existe entre ces deux pays et le nôtre, dans le domaine du football, le flop est diversement apprécié. On ne va pas non plus en faire une affaire d’état ; m’enfin, c’était quand même pas la lune de se procurer un drapeau adéquat…

Sur les planches, Neil est soutenu par Frank Sampredo à la seconde gratte ainsi que Billy Talbot à la basse et Ralph Molina aux drums. Ce dernier, la casquette vissée sur la tête paraît un peu écrasé entre les énormes haut-parleurs.

L’an dernier, Neil avait commis deux elpees, dont le remarquable « Psychedelic Pill ». Ce soir, il va en reprendre trois plages. Le titre maître, une version phénoménale de « Ramada Inn » et une autre tout aussi remarquable de « Walk like a giant ». Caractérisé par son sifflotement contagieux, ce morceau constitue certainement un des sommets du concert, la compo s’achevant dans une véritable éruption noisy, digne de Sonic Youth. A cet instant, on pense vraiment que le groupe va enchaîner par « Like a Hurricane ». Ce ne sera pas le cas. Car le plus paradoxal, c’est l’absence de chansons vraiment phares, au cours de ce set. Deux inédits quand même. Tout d’abord « Hole in the sky ». Une intro dantesque. Des tas de sachets en plastique et des détritus volent sur scène. L’intensité électrique est alors à nouveau à son paroxysme. Car manifestement, vu le volume sonore dispensé, un trou a dû se former dans le ciel. Autre nouveauté, « Singer without a song », interprété au piano, moment choisi par une demoiselle pour déambuler sur l’estrade, sans trop savoir où elle aurait pu poser son instrument, qu’elle trimbale dans une housse. Une reprise, le « Blowin’ in the wind » de Dylan, que Neil aborde seul à l’harmo et à la sèche, pendant que le logo du festival de Woodstock, apparaît en arrière-plan. Précédé par « Comes a time », quand même, sous la même configuration. Mais surtout des compos qu’on n’a plus l’habitude d’entendre. Comme « Fuckin’ up », moment au cours duquel les musicos se marrent comme des baleines. Ou « Welfare Mothers », un extrait de « Rust never sleeps ». Surprise, le tracklisting épingle une compo datant de son séjour chez le Buffalo Springfield, « Mr Soul » (NDR : elle remonte quand même à 1967 !), et en rappel, le titre maître du premier opus de Neil Young & Crazy Horse, « Everybody knows this is nowhere » ainsi que « Roll another number », issu de son elpee le plus ténébreux, « Tonight's The Night ». Quand aux deux premiers titres du concert, « Love and only love » et « Powderfinger », ils ont immédiatement donné la coloration du set : très électrique. Et le rythme tribal, offensif, colle toujours autant aux racines indiennes de Neil. Pas de trace cependant de « Cortez The Killer », « Like a Hurricane », « Cowgirl in the Sand » ou « Down by the river », mais bien de « Cinnamon girl » et d’une version apocalyptique de « Hey hey, my, my (into the black) ». Mais pas de quoi se plaindre, car en plus de 2h30 de concert, Neil Young et ses potes ont vraiment tout donné ce qu’ils avaient dans le ventre.

Le lightshow ? Simple et efficace, il s’est surtout focalisé sur les enceintes, soit sous une forme psychédélique ou tout simplement ludique, un peu comme les images des flippers conçus au cours des années 70.

Bref, votre serviteur était aux anges, quand il a quitté Forest National. Et dans sa tête, il chantait encore ‘Hey, hey, my, my’. Le rock’n’roll n’est pas mort et Neil Young en est la preuve irréfutable…

 

 

Neil Young

Americana

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Ben voilà Neil Young qui s’est mis en tête de reprendre des chansons traditionnelles américaines. Déjà qu’il ne lui arrive pas souvent d’adapter les compos de ses contemporains ; mais s’attaquer à un tel répertoire, me semblait quand même risqué. Pensez : des titres comme « Oh Susannah », « Tom Dula » ou encore « Jesus’ Chariot ». Et pourtant, ce sont ces versions qui figurent parmi les plus réussies de l’opus. Des morceaux qu’il a électrifiés comme lui seul est capable de le faire. Enfin, pas tout à fait, puisque pour y parvenir, il a quand même reçu le concours de son fidèle Crazy Horse. Neuf ans quand même que son band n’avait plus participé à la confection d’un disque (NDR : c’était pour « Greendale »). Et 16 pour Sampredo qui a décidé de réintégrer le line up. Sur cet elpee, j’épinglerai encore l’excellent « High Flyin’ bird » du Jefferson Airplane, préparé suivant la même recette et puis le plus acoustique « Wayfarin’ stranger ». Car si le Canadien a creusé dans l’histoire de la musique américaine, il n’en a pas pour autant oublié le XXème siècle. Comme sur la cover de « This is your land », une protest song écrite par Woodie Guthrie, en 1940. Et puis de quelques morceaux qu’il a trempés dans l’Americana pur jus, au sein d’un décor typiquement country & western. Pas nécessairement une réussite, à l’instar d’un « Gallows Pole » qui avait déjà été adapté en son temps –et beaucoup mieux– par le Led Zeppelin. L’album s’achève curieusement par une version –électrique celle-là– de l’hymne national britannique, qui sans le concours d’une chorale d’enfants aurait pu tourner au bide. N’empêche, un demi-cédé qui tient la route aujourd’hui chez Neil Young, est un bon album. D’ailleurs le dernier opus irréprochable remonte à 1995 ; il avait été enregistré en compagnie des musiciens de Pearl Jam (« Mirror Ball »). Hormis « Freedom », publié en 1989, la quintessence de son œuvre oscille entre 1969 et 1979. « Everybody knows this is nowhere », « After the gold rush », « Harvest », « Tonight’s the night » et « Rust nevers sleeps » constituent les autres elpees indispensables de sa discographie (NDR: et on ne parle pas de son aventure au sein du CSN&Y). C’est même dans ce prestigieux passé qu’il puise l’essentiel de sa setlist en ‘live’ ; car c’est encore et toujours sur les planches que le mythique artiste canadien donne toute la mesure de son talent tout en manifestant sa générosité (NDR : un concert set dure en général 2 heures). Un nouvel album est annoncé. Il bénéficiera à nouveau de la collaboration de son backing group…

 

Neil Taylor

Chasing butterflies

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Neil Taylor est anglais. Il n’est guère notoire au sein du grand public ; et pourtant, c’est le guitariste de Robbie Williams. Originaire de Bristol, il est âgé de 51 ans. A ses débuts, il militait chez Neon, une formation qui impliquait de solides noms issus de la new wave britannique ; et en particulier Curt Smith (Tears for Fears) et Pete Byrne (Naked Eyes). Il va d’ailleurs participer à l’aventure Tears for Fears. Depuis 2001, il est le gratteur attitré de Robbie Williams, l’illustre chanteur pop qui a fait les beaux jours du boysband Take That. Mais lorsque le natif de Stoke-on-Trent décide de retourner au sein du mythique quintet, en 2010, Neil décide de voler de ses propres ailes. « Chasing butterflies » ne constitue pourtant pas son premier essai en solitaire, puisqu’il avait déjà publié un premier elpee en solitaire, “No self control”, dès 2010, mais le disque était passé inaperçu.

Cette chasse aux papillons est essentiellement acoustique. Neil signe les onze plages. Quoique très personnel, son style reste marqué par ses différentes expériences. En particulier par celles qu’il a vécues chez Naked Eyes et surtout Tears for Fears. Et on s’en rend compte dès le titre d’ouverture, “Dream machine”. La production est impeccable. Les rythmes et les parties vocales sont bien mises en place. Les cordes acoustiques sont lumineuses. “Would you love me” baigne dans le même climat. Le sens mélodique est soigné. La guitare rythmique fougueuse. Des percus soutiennent l’ensemble. La voix sensuelle et puérile de Sachi Copley épouse parfaitement celle de Neil. Le long playing accorde également un espace au country blues, mais sous une forme toujours très personnelle. Et “Silver man” en est un excellent exemple. Une incursion dans le blues encore plus flagrante sur des titres comme “Cocaïne blues” et “Drunken lullaby”, deux plages subtilement caressées d’un bottleneck! Parfois, Taylor me rappelle les Beatles d’une certaine époque et même Marc Bolan. A cause de cette approche particulière mais limpide des vocaux. « Drive away » et le titre maître du disque, une ballade tout bonnement majestueuse, en sont les plus belles illustrations. Le son des cordes est d’une grande pureté tout au long de “Shadows fall”. Une technique qui me rappelle le gratteur de Felt (NDR : encore un combo insulaire né en pleine période new wave), Maurice Deebank. L’album recèle encore “No self control”, un rock’n’roll déjanté et s’achève par “No God”, confirmant l’esprit créatif qui règne tout au long de la plaque… 

 

Neil Diamond

Dreams

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Ce 24 janvier, Neil Diamond fêtera ses 70 balais. Ne revenons pas sur sa carrière émaillée d’une multitude de hits. Ni sur les sixties aux cours desquels il a écrit une volée de tubes pour d’autres artistes. Mais simplement sur sa voix. Dont le timbre exceptionnel a de quoi vous flanquer des frissons partout. Malheureusement, il faut admettre que le New-Yorkais vit sur sa notoriété depuis belle lurette. Il vient même de décider d’enregistrer un album constitué de reprises. Choisies parmi ses groupes et artistes préférés ou qui l’ont influencé. Des Beatles à Leonard Cohen, en passant par les Everly Brothers, les Eagles ou encore Gilbert O’Sullivan. Sans oublier une nouvelle adaptation de sa chanson intemporelle « I’m a believer », un morceau popularisé par les Monkees et magnifié par Robert Wyatt. Il accompagne sa voix d’une guitare ou d’un piano et soutient le tout d’orchestrations, parfois un peu trop luxuriantes. Et puis l’indolence du ton général de cet opus nous entraîne progressivement vers un état de somnolence. Néanmoins, ce disque risque fort de plaire aux mélomanes, dont l’horloge s’est arrêtée voici quarante, voire cinquante ans…

Neil Young

Le Noise

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Ce n’est un secret pour personne, votre serviteur est un grand fan de Neil Young. Ce qui ne m’empêche pas de remettre les pendules à l’heure, lorsque le Canadien dérape. Que ce soit lorsqu’il prend parti pour Bush (NDR : depuis il a retourné sa veste) que lorsqu’il réclame des prix prohibitifs, pour se produire en ‘live’. Pourtant, ses prestations accordées en public, sont, le plus souvent, remarquables. Et sa discographie exceptionnelle.

Il y a bien quinze ans, qu’il n’a d’ailleurs plus publié d’opus incontournable. Le dernier, remonte d’ailleurs à 1995. Intitulé « Mirror ball », il avait été concocté en compagnie des musiciens de Pearl Jam. Pourtant, sur chaque elpee, le Loner parvient toujours à épingler une compo qui fait la différence. Et c’est encore le cas sur « Le Noise », elpee sur lequel figure « Love and war », splendide morceau qu’il interprète en s’accompagnant à la sèche. Le plus souvent en picking. Beau et bouleversant à la fois. Mais quid du reste de la plaque ?

Enregistré dans un manoir, à Los Angeles, « Le Noise » a été produit par son compatriote Daniel Lanois. Ce dernier a ajouté boucles, samples et bidouillages électroniques. Sans trop en remettre, il faut le reconnaître. C’est un bon point. Après l’aventure catastrophique vécue lors de la sortie d’« Island in the sun », en 1982, Neil tente donc une nouvelle expérience dans ce domaine. Mais c’est la guitare électrique qui domine le plus souvent le sujet. Sa Gretsch. Gorgée de fuzz, distordue, noisy, même (NDR : ben tiens). Et sa voix. Mais c’est ici que le bât blesse. A cause de la reverb qui la déforme sur les trois-quarts des compos. Au début l’effet peut paraître spectral, mais à force, il en devient agaçant. Et c’est vraiment dommage, car les mélodies sont superbes. Le son urgent, corrosif, aride. Et puis les textes riches. Tour à tour satiriques, sombres (NDR : faut dire aussi que juste avant d’entrer en studio, Bill Keith, steel-guitariste de son groupe, venait de décéder), autobiographiques (« The hitchhikker », compo au cours de laquelle il énumère les drogues qu’il a consommées, au fil des décennies), mais toujours engagés. Et le titre de l’elpee alors ? Sans doute un clin d’œil adressé à Lanois. Il ne faut pas oublier qu’il est né au Québec. Et puis, vu l’expression sonore, le titre leur semblait sans doute judicieux. Néanmoins, c’est la catastrophe qui s’est produite dans le golfe du Mexique, qui constitue le thème principal de son opus. Il en avait été très affecté. Ah oui, sur l’album, figure quand même une seconde compo dont le chant a été préservé de la reverb, « It’s an angry world » ; et elle est également excellente. On peut toujours rêver, mais l’idéal serait de demander à un ingénieur du son de recommencer le mixage en rendant à la voix de Neil, son naturel…

Neil Young

Fork in the road

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‘Fork in the road’ est une expression utilisée chez les Anglo-saxons pour exprimer un choix de vie. En ce qui concerne Neil Young, c’est celui de privilégier l’écologie. Il a d’ailleurs décidé que sa vieille Lincoln Continental 59 allait bientôt rouler à l’électricité. Et puis, c’est l’occasion d’évoquer la dépendance des yankees au pétrole, la crise économique et énergétique qu’ils traversent, ainsi que des problèmes rencontrés par l’industrie automobile aux States. C’est dans l’air du temps ! Mais venons-en à ce nouvel opus qui fait suite à « Chrome Dream II », paru il y a déjà deux ans. 

Découpé en 10 plages, il privilégie le blues rock bien basique au cours duquel il peut laisser sa Les Paul décharger toute son électricité. Malheureusement sur ces compos, il n’est pas toujours très inspiré. Une exception qui confirme la règle : « Just singing a song », une chanson particulièrement mélodique, dont l’intensité blanche nous replonge au début des seventies, à l’époque de « Everybody knows this is nowhere ». Et ses incursions dans le country/folk ne sont pas plus heureuses. Curieusement, c’est quand le Canadien se frotte au boogie qu’il se montre le plus percutant. A l’instar de « Get behind the wheel » ou encore lors du titre maître, deux morceaux au cours desquels vous ne pourrez résister à danser un rock’n roll avec votre partenaire. Un régal ! On retiendra également le funkysant « Hit the road » ; enfin plus funk blanc que funk vraiment, mais excitant en diable. Mais comme on sait que les albums de Neil Young ne sont plus parfaits depuis belle lurette, on se contentera d’en extraire la crème et de bien la savourer… Et pour que votre info soit complète, sachez que l’artiste sortira le 2 juin prochain une anthologie, en version Cd, BlueRay et Dvd, recelant de nombreux inédits.

 

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