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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

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Oxmo Puccino

Minutes Magiques

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Oxmo Puccino occupe une place bien à part dans l’univers du hip-hop français. Il possède en effet une écriture tout en nuances qui lui a, un jour, valu le surnom de ‘Black Jacques Brel’. Le Malien d’origine décline un verbe poétique et humaniste, bien moins agressif que la plupart de ses collègues et amis, et en particulier les membres de son ancien collectif Time Bomb, au sein duquel militaient Booba et Pit Baccardi.

Le ‘Black Desperado’ sort aujourd’hui son 2ème album ‘live’. Il fait suite à premier opus publié en 2005. Les 15 morceaux de « Minutes Magiques » ont été immortalisés à La Cigale de Paris, en mai 2010. Abdoulaye Diarra semble avoir atteint un niveau de maîtrise et de connivence optimale avec son public. Parfaitement à l’aise, il y interprète la plupart de ses tubes : « Mama Lova », « J’ai Mal au Mic », « L’Arme de Paix » et « Cactus de Sibérie ». L’auditoire semble visiblement acquis à sa cause. Oxmo est épaulé par un véritable groupe –c’est décidemment une manie chez les rappeurs confirmés–, les Jazzbastards. Ce qui lui permet de balancer ses répliques mythiques avec style, sur un ton finalement assez rock quoique parfois jazzy. Dommage que son flow soit parfois un peu banal ; car ses textes sont d’une rare justesse. Oxmo Puccino prouve en tout cas que s’il s’embourgeoise peut-être (il a d’ailleurs composé pour Florent Pagny et Alizée !), il reste l’un des rappeurs français les plus doués de sa génération. Toutefois, pour les fans de mauvaises manières et de gros son, le nouvel album de Booba arrive à point nommé !

Oxmo Puccino

Lipopette bar

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Oxmo Puccino sur Blue Note : de quoi mettre l’eau à la bouche. Pour ceux qui ne sont pas coutumiers du Black Mafioso, sachez que le sieur Puccino est une des plus fines lames du rap français. Je sais, l’expression ‘rap français’ peut faire fuir. Jetez une oreille attentive à « Opéra Puccino », son premier album, et vous verrez que Fun Radio n’a rien compris à rien. Que les choses soient bien claires : nous parlons ici d’un véritable parolier, au timbre de voix servant une histoire de gangsters que ne renierait pas Guy Ritchie (celui de « Arnaques, Crimes et Botanique », la bonne période, et non pas la suivante…)

Surtout, le président du Club des Black Millionnaires, ex-fer de lance de la mythique écurie Time Bomb. Il a le don de la narration. Embarquement immédiat pour le « Lipopette Bar », un bouge douteux où se croisent différents personnages hauts en couleurs. Oxmo nous conte les mésaventures de Tito, Pile Ali, Billie, Yago, Barbie, Tookie et bien d’autres, accompagné de main de maître par les Jazzbastards, Aristochats des temps modernes. Ca sent les volutes de cigares et les vapeurs de whisky, le tripot et les magouilles. Le Lipopette Bar, c’est un peu le repère de Rattigan, en plus dangereux. Ca tire dans tous les sens, ça parie gros. Ca s’embrouille et ça trahit. Puis tout à coup, le cd s’arrête, je reviens à la réalité. Sur un coup de poker, Oxmo et les Jazzbastards ont raflé la mise. Coup de bluff ? Détrompez-vous, tout a été savamment calculé. Et ils n’ont même pas payé leurs consommations.