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Peter Murphy

L’ombre argentée de Peter Murphy…

Après avoir sorti « Let The Flowers Grow » (un ‘duo surprise’ avec Boy George) en tant que single indépendant, fin 2024, l'icône post-punk Peter Murphy l'a fait suivre à la mi-février par « Swoon », une majestueuse tranche de synth-punk/funk.

Son tout nouveau single « The Artroom Wonder » est désormais disponible. Il décrit sa propre chanson en ces termes : ‘Elle a une approche surréaliste. Elle raconte l'histoire dans mon style oblique typique, y compris la description d'un coup bas qui mène à une évocation de l'être humain parfait, à savoir le prophète Muhammad (que la paix soit avec lui). Le dernier vers célèbre ma propre progression et ma position à cet égard’.

Justin Chancellor de Tool joue de la guitare basse sur « The Artroom Wonder ». C’est l'un des nombreux musiciens invités sur le nouvel album de Murphy, « Silver Shade », dont la sortie est prévue pour le 9 mai 2025 via Metropolis Records. Recelant à la fois « Swoon » et « The Artroom Wonder », les formats physiques et numériques incluront également « Let The Flowers Grow » en tant que titre bonus.

Produit par le bassiste de Killing Joke, Youth (Pink Floyd, The Verve, Crowded House, The Orb, The Firemen), dans son studio en Espagne, « Silver Shade » constitue le dixième elpee studio de Murphy et la suite tant attendue de « Lion », sur lequel les deux artistes ont travaillé ensemble il y a dix ans. Murphy a également déclaré : ‘Ce nouvel album est aussi puissant que n'importe lequel de mes travaux à ce jour’.

« Swoon » est écoute ici

 

 

Peter Murphy

Lion

Écrit par

A cinquante-sept ans, Peter Murphy poursuit la recherche de son propre absolu et nous gratifie d’un dixième elpee solo plutôt réussi.

Si cette recherche personnelle d’émancipation n’a pas toujours donné lieu à de grands disques, il faut saluer l’abnégation d’un artiste qui refuse les compromis tout autant que de se reposer sur ses lauriers.

Ainsi, « Lion » semble un excellent résumé de sa démarche intègre et de sa vision artistique.

Certes, le sentiment de claustrophobie règne encore en maître, comme une ombre menaçante, mais quelques pans de lumière qui choient ci et là en cascades, différencient nettement le travail solo de l’œuvre de Bauhaus.

Ici, l’ex-figure de proue de la mouvance Gothique se réinvente tout en usant brillamment de ses propres codes, évitant l’enlisement.

Et comme l’équilibre n’a jamais été le point fort au sein de Bauhaus, il était donc essentiel pour son leader de se retrouver seul, afin de structurer son travail, choisissant pour y parvenir, des collaborateurs sur la même longueur d’ondes.

Ainsi, produit par Youth (Killing Joke), « Lion » fait entendre la voix d’un Peter retrouvé, certes en lutte constante avec ses démons, mais suffisamment éloigné de ses fantômes que pour avoir encore, malgré le temps, toujours quelque chose à dire.

Le choix du titre de cet album n’est en ce sens pas anodin.

Le lion représentant la personnalité de notre homme, bien mieux que la chauve-souris qu’on associe volontiers à l’image qu’on s’en fait.

Bien sûr, quelques vielles guenilles traînent encore sporadiquement ; mais comparativement à certains de ces derniers travaux, on évite le piège de l’auto parodie.

Ne cachant pas son admiration pour Bowie, Murphy adapte son chant à des arrangements plus ouvertement accessibles (comme l’illustre « The Rose »), et semble surtout retrouver le plaisir tout au long de cet elpee.

Bien sûr, on reste dans un registre goudronné qui devrait séduire son cheptel de fans croassant, mais l’audace insufflée dans ces onze titres permet d’imaginer la suite de sa carrière sans l’éternelle étiquette qui lui colle à la peau depuis 79.

Après avoir apprivoisé ce « Lion », il sera donc à présent possible d’aborder Peter Murphy sans faire référence à son illustre passé.

Et c’est sans doute la plus grande réussite de cet album.

 

Peter Murphy

Peter Murphy ressuscite la magie gothique de Bauhaus...

Le monde a découvert Bauhaus en 1982, grâce au clip d'introduction du film culte "Les Prédateurs" ("The Hunger"). Le groupe y interprétait "Bela Lugosi's Dead" derrière un grillage, lors d’une soirée postpunk décadente. Au cours de sa brève carrière, la formation créée en 1978 à Northampton par Peter Murphy, Daniel Ash, Kevin Haskins et David J, a jeté les bases d'un genre musical nouveau, le rock gothique, en combinant le punk et le glam-rock, tout en n’oubliant pas d’y coller un côté théâtral et cinématique sombre inspiré des films de vampires des années 30. Après la séparation du groupe en 83, Peter Murphy a formé un duo éphémère (Dali's Car) en compagnie de Mick Karn, le bassiste de Japan ; mais s’est surtout concentré sur une carrière solo au succès inégal, publiant huit albums consacrés à un éventail de styles musicaux beaucoup plus large. Bauhaus a reformé brièvement le combo. A deux reprises. Tout d’abord, en 1998 pour le besoin d’une tournée. Et puis entre 2005-2006, pour un autre périple, accompli en compagnie, entre autres, de Nine Inch Nails ; mais également pour graver un elpee proposant de nouvelles compositions, "Go Away White".

Les dernières apparitions de Bauhaus en Belgique remontent à 2006. Lors d’un très bon concert accordé à l'Ancienne Belgique, mais également d’une prestation décevante octroyée aux Lokerse Feesten, en raison d’évidentes dissensions qui avaient éclaté entre les musiciens du groupe. C'est donc en affichant un grand intérêt et une grande curiosité que nous attendions ce concert de Peter Murphy, organisé dans le cade d'une tournée d'hommage (Mr Moonlight Tour) destinée à célébrer les 35 ans d'existence de la formation.

Lorsque le chanteur charismatique monte sur l’estrade, il est accompagné de Mark Gemini Thwaite, son fidèle guitariste (ex-The Mission), du bassiste/violoniste Emilio Chine et du batteur Nick Lucero. Vêtu d'une veste bordée de fourrure et d'un pantalon en cuir, il arbore un look 'dark glam' parfaitement de circonstance. Bien sûr, il accuse ses 55 ans, arborant un début de calvitie mais tant au niveau des prestations vocales que dans son attitude, il assure un maximum! La formation entame le set, en douceur, par "King Volcano", une valse quasi-acoustique interprétée dans la pénombre. Elle embraie par "Kingdom's Coming", une compo également dominée par la guitare à douze cordes, évoquant évidemment une des références majeures du chanteur, David Bowie.

Mais ce calme relatif est de courte durée, car place ensuite au rouleau compresseur: "Double Dare". Un morceau caractérisé par son riff de basse saturé carrément metal, rappellant Killing Joke, voire Black Sabbath. La salle de l'Ancienne Belgique n'est pas complètement garnie, mais on sent déjà que la température monte d'un cran. Particulièrement sauvages, les parties vocales de ce brûlot sont exécutées à la perfection par Murphy. Sa maîtrise est étonnante et il accorde une attention permanente au son, donnant régulièrement des instructions aux ingénieurs responsables, sis sur le côté de la scène. Sa manière de faire varier la distance entre le micro et sa bouche, en fonction de la puissance des sons émis par sa voix, est très caractéristique... Et quelle voix ! Un baryton profond qui vous glace le sang dans les basses et explose de puissance dans les aigus. 

Plus tard, « In the Flat Field » constituera, pour le public, la première occasion de manifester son enthousiasme, et on décèle déjà, ça et là, les prémisses des premiers pogos. Murphy va ensuite puiser dans des titres un peu moins connus de Bauhaus pour en tirer des perles comme « God in an Alcove », « Boys » et surtout le magnifique « Silent Hedges ». Après « Too Much 21st Century », le seul titre tiré de l'album réunion « Go Away White », on a droit au second grand hit du groupe : « Kick in the Eye ». La basse quasi funky/disco d'Emilio Chine communique un groove irrésistible au morceau et Murphy se déhanche avec une belle élégance.

Peter nous accorde ensuite sa première composition 'solo', en l’occurrence la très jolie chanson « A Strange Kind of Love », que le chanteur interprète en s’accompagnant à la guitare sèche. La mélodie instrumentale n'est pas exécutée à la trompette comme sur la version studio mais, très belle surprise, par Chine au violon ; et en fin de parcours, Murphy chante un extrait de « Bela Lugosi's Dead » sur les accords de cette ballade. Transition toute logique pour introduire ce chef-d’œuvre de 9 minutes, qui est considéré comme la première chanson ‘gothique’ de l'histoire de rock. On attendait évidemment les musiciens au tournant sur ce titre et le résultat est tout bonnement époustouflant. En fermant les yeux, on aurait pu croire que Bauhaus renaissait de ses cendres. Le public tout entier chante à l'unisson avec Murphy : ‘White on white, translucent black capes, back on the rack... Bela Lugosi's Dead’. Un superbe moment, rehaussé d'un light show de toute beauté. Regardez la vidéo là 

A partir de cet instant, les hits imparables se succèdent, dont le lumineux « The Passion of Lovers », au cours duquel Murphy virevolte comme un derviche, et surtout, l'extraordinaire club-killer « She's in Parties », un hymne incontournable pour toute soirée 'dark' digne de ce nom. La rythmique est irrésistible et lors du refrain, Murphy oriente le micro vers le public, qui chante avec délectation. Au moment du break, Murphy va se placer à côté du batteur pour jouer du mélodica et l’accompagner aux percussions, tout en criant ‘Rastafari’ : on est en plein dub-reggae ! Revivez ce moment ici   

Si « Stigmata Martyr » nous crucifie sur place, « Dark Entries » déclenche instantanément un pogo, aux premiers rangs. Murphy y joue également de la guitare électrique. Curieusement, Murphy ajoute une reprise de Dead Can Dance, « Severance », comme dernier morceau du set, un choix discutable, car l'ambiance retombe malheureusement d'un cran à ce moment clef.

Lors du premier rappel, Murphy nous réserve le très beau « All We Ever Wanted Was Everything », sur lequel Emilio Chine utilise son violon comme une contrebasse, puis son deuxième morceau solo, « Subway », une chanson atypique, plutôt planante, dominée par de superbes nappes d'un synthé Roland Jupiter 80, sur lequel Murphy fait mine de pianoter, même si de toute évidence, cette partie est reproduite par un séquencer. Quoi qu'il en soit : c'est une bien belle chanson, qui montre toute l'étendue de l'inspiration de cet artiste polyvalent. Enfin, l'explosion finale nous viendra de « Ziggy Stardust », ce morceau de Bowie auquel Bauhaus avait donné une seconde vie.

Le second ‘encore’ est entamé par une version a capella de « Cool Cool Breeze », ce titre 'caché' tiré de l'Ep « Recall » de Peter Murphy (1998) et surtout, divine surprise, une de mes chansons préférées de Bauhaus, le lancinant « Hollow Hills ». Dans l'obscurité presque complète, la son de la basse se répand, rond et menaçant. Murphy chante et en même temps joue un jeu d'ombre et de lumière à l’aide d’un néon portable qu'il tient dans la main. Encore un moment magique, qui flanque la chair de poule ! Regardez la vidéo  

Pour clôturer ce concert d'anthologie, Peter Murphy et son band nous gratifieront encore un excellent « Spirit », extrait de « The Sky's Gone Out... » (1982). A l’issue du concert, on n’entendait que des louanges. Des louanges répercutées sur les réseaux sociaux. ‘Superbe concert !’ ou encore ‘Murphy is undead !’ ; et force est de constater que le fascinant chanteur a réussi son pari. Musicalement, c'était parfait et surtout, ce ‘godfather of goth’ a démontré qu'il avait l'énergie et la motivation pour ressusciter le moribond Bauhaus de si belle façon ! Pas de doute, Peter Murphy est toujours le Prince des Ténèbres...(voir section photos ici )

En première partie, Kiss The Anus Of A Black Cat (voir section photos ), la formation belge emmenée par Stef Heeren, a enchanté le public. Sa musique folk/darkwave aux accents tribaux évoque 16Horsepower pour la voix habitée à la David Eugene Edwards et Sisters of Mercy pour les superbes parties de guitare. Le groupe, dont le patronyme est tiré d'un rituel de sorcellerie, gagne clairement à être vu et entendu dans le cadre d'un concert complet, même si sa présence scénique pourrait être améliorée. Par le biais de vidéos, par exemple!! En tout cas, une très, très belle découverte. Regardez la vidéo du morceau « Take My Word As Gospel » ici 

(Organisation : AB)

 

Peter Murphy

Cascade

Peter Murphy en est aujourd'hui à son cinquième album solo. Figure emblématique, parolier et chanteur du mythique et défunt Bauhaus, il cherche désespérément depuis plus de dix ans, la voie de la réhabilitation. Et pourtant, ses œuvres en solitaire ne manquent ni d'aplomb, ni de charme. Il possède toujours cette voix distinctive, légèrement gémissante, sépulcrale qu'il met au service d'une poésie pourpre à l'imagerie oblique. Et sa musique possède toujours le même phrasé, le même voile de mystère qui enveloppait les opus du célèbre groupe batcave. Ce même mysticisme gothique viscéralement attaché au post punk du début des eighties. Mais son succès reste toujours otage de son illustre passé. Pour enregistrer "Cascade", Peter a fait appel au guitariste Michael Brook, proche de Brian Eno et de John Hassell, à Paul Shatham pour coécrire la musique et puis à Pascal Gabriel (Inspiral Carpet, EMF) pour le produire. Un éventail (!) d'invités de marque qui lui permet de retrouver fraîcheur vitalité, et incisivité glaciale, au sein d'un essai empreint d'accents mélodiques particulièrement prononcés. Un morceau de plastique dont la pochette est, en outre, illustrée par une peinture de l'artiste turc Shamil Agun. Exotisme oblige!