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Polvo

Siberia

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Actif de 1990 à 1998, Polvo est un groupe étasunien considéré comme source du mouvement math-rock. Ce qui lui a permis d’entrer dans l’histoire du rock. Lorsqu’il décide d’opérer son come-back en 2009, après plus de dix années de silence, on craint alors que cette reformation soit purement lucrative. Les pauvres gars de Chapel Hill sont certainement sans le sou et cette décision est une manière de mettre un peu de beurre dans les épinards. Seulement, Polvo n’est pas un band mercantile ; et il le démontre en publiant dans la foulée, un nouvel album, « In Prism ». La critique est unanime. Si Polvo est de retour, il a de la suite dans les idées.

Cinq ans plus tard, le quatuor version 2000 nous propose un nouvel opus. Et à nouveau, Polvo nous démontre que sa nouvelle aventure n’était pas que du vent. « Siberia » constitue une nouvelle étape dans leur évolution. Leur style s’est quelque peu apaisé (NDR : quoique !) pour embrasser un indie-rock accrocheur qui fleure toujours les 90’s, tout en alliant sens mélodique et intensité. Si leur musique semble à premier abord plus accessible, elle demeure quand même plutôt complexe et regorge de subtilités. La structure des 8 compos de l’opus est certainement le fruit d’élucubrations démentielles. Mais si le chant d’Ash est davantage posé qu’auparavant, le moment opportun, il est capable de montrer les crocs. Les riffs de guitares sont particulièrement efficaces, et certains solos méritent de rentrer dans l’histoire (« The Water Wheel »). Des claviers s’intègrent parfois dans l’ensemble et le climat peut prendre une coloration orientale, à l’instar d’« Old Maps ». Quant au batteur, on se demande comment il parvient à retrouver ses jeunes. Et comme si son drumming n’était pas assez périlleux, il y introduit des contretemps.

Mon analyse peut sans doute vous paraître succincte, mais c’est parce que ce « Siberia » est tout simplement un des meilleurs albums écoutés depuis quelques mois. Je le conseille même vivement à tout artiste qui voudrait se lancer dans l’aventure d’un groupe. Un exemple à suivre. L’album parfait de A à Z !

 

Polvo

Exploded drawing

Bob Weston, compère de Steve Albini au sein de Shellac produit le quatrième album de cet ensemble new-yorkais (Chapell Hill). Ce qui explique sans doute pourquoi ce morceau de plastique risque de passer moins inaperçu. Et pourtant, la musique de Polvo vaut son pesant d'or expérimental. Si à première écoute, on a l'impression de retrouver les prémices de U2, donc du fameux elpee "Boy" ; au fil des écoutes, c'est plutôt du côté de Wire, Captain Beefheart et Television qu'il faut lorgner. Et là, ce sont des références! Maintenant, n'imaginez surtout pas que cet ensemble yankee se contente de revitaliser ce prestigieux passé; vous vous berceriez de douces illusions. En fait, tout comme Archers of Loaf et Superchunk, il affronte un punk pop sans doute mélodique, certainement teinté d'exotisme, très branché sur l'électricité des guitares (deux!), mais surtout découpé dans des rythmes très versatiles, tantôt lents, obsédants ou rapides, lorsqu’ils ne sont pas déchiquetés à la manière du légendaire et défunt Pixies...