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Pretty Girls Make Graves

Dans le vif du sujet...

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‘Andrea Zollo a de la fièvre !’, lance-t-elle à la fin d’un set qui ne nous a laissé aucun répit pour souffler un peu. Et en effet, elle nous a plus qu’enfiévré ce soir. A mi chemin entre Blondie et Courtney Love, sa voix se fond dans la complexité et la lancinance du son extrêmement puissant de ces Pretty Girls Make Graves. Forts de deux albums studio plutôt réussis, même si leur distribution est restée plus que limitée, elle nous a promenés une heure et demie au travers d’un concert qui aurait laissé pantois n’importe quelle autre rockeuse en devenir. Leurs influences tellement vastes se mêlent et explosent sur scène. On est transporté entre grunge de Seattle (NDR : parfait, ils en viennent !) pour les premiers morceaux (NDR : dans un style proche de Sleater Kinney, pour ne rien vous cacher) et punk. A l’instar de « Chemical, chemical », par exemple. Avant d’être carrément catapulté, en fin de parcours, au début des années 80 ; pour un titre qui aurait pu être emprunté à Siouxsie. Le plus étonnant est que si plusieurs écoutes sont nécessaires avant d’apprécier leur nouvel album, « The new romance » (NDR : un opus plus noir et plus novateur que le précèdent), en ‘live’, on entre directement dans le vif du sujet. Et on ne peut que se réjouir de les revoir… en festival, cet été, deux ans après leur première apparition en Belgique, au Pukkelpop.

Pretty Girls Make Graves

élan vital

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C’est la dernière bataille, l’« élan vital », le tout pour le tout. Andrea Zollo et ses sbires veulent y croire ! Une fois encore, pour le meilleur et pour le pire. Dès 2001, Pretty Girls Make Graves remue les cendres d’un revival rock en proie à ses balbutiements. Trop tôt…. Une écurie estampillée Strokes double la caravane des cinq rockeurs de Seattle. Sans trahir ses ambitions, la formation poursuit sa route, à l’ombre des sentiers battus. En résulte un premier album (« Good Health », 2002), suivi dès l’année suivante par l’entêtant « The New Romance », disque primesautier, enfermant le tubesque « This Is Our Emergency », véritable machine à danser. Mais au bout du dancefloor, le vide commercial : une fin de soirée au bar en compagnie d’irréductibles nerds mélomanes. Comment expliquer la mésaventure des Pretty Girls ? Un problème d’identité peut-être. Pas assez rock, un peu funk, légèrement punk, trop classieux et suffisamment Emo pour ne pas être expérimental. La question est réglée : les Pretty Girls Make Graves sont des métèques stylistiques, des apatrides catégoriels. Fiers de ce troublant constat, Zollo et ses zigotos se resservent deux boules glacées, aromatisées d’un arc-en-ciel de guitare. Pur frisson avant le grand plongeon ! Certains prônent la banane, d’autres la crème glacée. Les Pretty Girls sont de ceux-ci. La première écoute de leur « élan vital » laisse un goût de trop peu. On replonge alors dans la glacière. Et le léchage en devient inquiétant. Les riffs fondent sur la langue, les papilles gustatives sont en effervescence. Comme des goinfres, on léchouille les pépites pop (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit !) servies à nos oreilles : « The Number », « Selling the Wind » et son accordéon foldingue, la montée jazzy de « Pictures Of a Night Scene » ou le timbre vicelard d’Andrea sur « Wildcat ». Envie d’une boule de glace ? Deux boules, toujours deux boules !

 

 

Pretty Girls Make Graves

Good Health

L’année dernière sortait « The New Romance », le deuxième album de ces Américains qu’on aura trop vite faits d’étiqueter ‘post-punk’. C’est qu’on y décelait, aux détours des refrains vrombissants et des rythmiques métronomiques, des influences quasiment pop, qui collaient trop aux baskets pour qu’on puisse vraiment pogoter à notre aise. Ce premier album, sorti d’abord sur le label garage-punk Dim Mak, est enfin réédité à grande échelle (grâce à Matador)… Et sonne une fois pour toutes le glas des discussions sans fin de rock critics : Pretty Girls Make Graves est un sacré groupe de… rock. Point barre. Et qui cartonne, mesdames et messieurs : douze titres costauds et furibards, qui donnent envie de se taper la tête contre les murs (du son) et d’empoigner une guitare, même pour de faux. Une bonne chose que cette réédition : la preuve que tout ce revival rock’n’roll n’est qu’une grosse blague médiatique, puisqu’il a toujours existé des groupes qui castagnent, depuis la nuit des temps (rappelez-vous The Monks en 1965… le premier groupe punk). Le rock tient une pêche d’enfer, et PGMG en est le fruit défendu.

Pretty Girls Make Graves

The New Romance

On croyait au début que ce groupe de Seattle voulait lui aussi avoir sa part du gâteau post-punk, qu'il allait dire à Radio 4, The Rapture et les Liars d'aller se faire foutre, et que tout ça finirait mal, dans un bain de sang, avec la tête de Karen O (Yeah Yeah Yeahs) plantée sur un bâton. Cette basse vrombissante, ces guitares tournoyantes, cette batterie métronomique : le squelette rythmique des PGMG danserait-il comme à la Saint Glin-Glin, distribuant quelques pains à la ronde à tous ces faiseurs de mode qui lui piquent la vedette ? Non, trois fois non : les PGMG ne sont pas tout à fait " punk funk ", malgré l'étiquette qui leur colle aux fesses depuis qu'il est bon de dire que Gang of Four et Wire étaient les meilleurs groupes du monde… C'est plus pop. Comme Elastica et Magnapop. Même avec cette furie au micro (Andrea Zollo, tantôt candide, tantôt vicieuse) et cet ex-Murder City Devils qui parfois crache son venin (sur " All Medicated Geniuses " et " The Teeth Collector "), les PGMG restent de gentils Amerloques. Pop. D'accord, on y entend aussi les Slits. Et L7. Ce qui prouve que les PGMG ne se laisseront jamais enfermer à double tour dans aucune chapelle… " The New Romance " contient 12 mini-tubes acérés et accrocheurs, dont l'infernal " This Is Our Emergency ", d'une jouissance féroce et libératrice. A écouter, de fait, de toute urgence.