Ce soir-là, l’été n’était pas encore au rendez-vous, alors que la musique de Real Estate est estivale. Il venait donc défendre son nouvel album « Atlas », dans la Rotonde. L’elpee rencontre déjà un certain succès ; ce qui explique donc pourquoi l’hémicycle était sold out. Issus du New Jersey, ces Nerds ont clôturé leur tournée européenne par Bruxelles, et paradoxalement, en montant sur l’estrade, on sent qu’ils sont assez impressionnés par la configuration des lieux…
Ensoleillée, légèrement teintée de psychédélisme, la pop produite par ce quatuor yankee semble émaner directement des sixties. Martin Courntey en est le guitariste et également le chanteur. Un chanteur à la voix très ‘british’ qui déblatère des lyrics mélancoliques ; et finalement me fait penser à Ian Brown.
Le set d’ouvre par « The bend » et enchaîne par le single « Crime », deux titres caractérisés par leurs superbes mélodies. Et la suite va se poursuivre dans le même esprit. Les compos sont pétillantes, animées et bien construites ; et il émane même une certaine sérénité de leur musique. Mais c’est également ici que le bât blesse, car si le concert s’avère agréable et soigné, il manque de relief ; et parfois on a l’impression que les chansons se ressemblent. La transposition du disque en ‘live’ n’apporte strictement rien de neuf. C’est un peu comme quand on boit une cannette d'ice-tea : la première gorgée est un délice, mais le reste de la boîte devient de plus en plus fade.
En fin de parcours, le band va quand même attaquer des morceaux plus psychédéliques et dynamiques, des compos pimentées par les interventions judicieuses du drummer. Plage plus ancienne, « It's real » –caractérisée par ses ‘ooohs’ et ‘aaahs’– va d’ailleurs constituer un des moments forts de la soirée. Tout comme le plus mélancolique « Had to hear ». Balisé par une rythmique intéressante, ce titre sera vivement acclamé par le public.
Naviguant quelque part entre dream pop, surf rock et psyché rock, Real Estate tente de suivre une route tracée par d’illustres prédécesseurs comme Galaxie 500, Pale Saints, Yo La Tengo ou The Chills, mais si leur set ne manque ni d’élégance, ni de subtilité, il est encore trop hésitant et uniforme pour rivaliser avec ceux que nous ont dispensés ou dispensent encore aujourd’hui leurs maîtres…
Playlist: The bend/ Crime/ Easy / Past lives / Fake blues / Green aisles / Backwards / Horizon / Hmil / Muni / Real / Primitive / Dogs / Had to hear Bis: 2 part / all the same
Photos: http://musiczine.lavenir.net/fr/photos/botanique/
(Organisation: Botanique, Bruxelles)