La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (10 Items)

(The Reverend) Shawn Amos

Blue sky

Écrit par

Agé de 52 ans, Shawn Amos est issu de New York City. Il est chanteur, compositeur et producteur. En 1997, il bossait pour le label Rhino. Parallèlement, il grave alors, un album solo. Intitulé "Harlem", il paraît en 2001. Son second elpee personnel, "In between", sort l’année suivante. Il décide alors de se consacrer à la production (Dirty Dozen Brass Band, Solomon Burke). En 2005, il publie "Thank you Shir-lee May", un opus qui rend hommage à sa maman, qui s’était suicidée deux années plus tôt. En 2014, opte pour le patronyme The Reverend Shawn Amos et enregistre à une cadence infernale.

Pour concocter "Blue sky", il a reçu le concours de son backing group, The Brotherhood ; en l’occurrence le drummer Bobby Blader, le bassiste Christopher Thomas et le guitariste Doctor Roberts. La prise de son s’est déroulée à Wimberley (NDR : c’est au Texas) au sein des studios Blue Rock, en compagnie de nombreux amis, invités pour la circonstance.

Un solide tempo entraîne la pedal steel pour lancer "Stranger than today", alors que la voix sereine et les interventions tout en douceur de l’harmo entretiennent le contraste. Chargés de reverb, des riffs propulsent "Troubled man", une piste imprimée sur un mid tempo. Shawn et la Texane Ruthie Forster (NDR : une chanteuse de blues et de folk notoire) chantent en duo ce morceau qui baigne au sein d’un climat menaçant. Excellent ! Ballade acoustique, "Her letter" met en exergue la contrebasse de Christopher. Puissant, offensif, "Counting the days" constitue le point d’orgue de l’elpee. Un blues rock qui s’appuie sur un riff redoutable. Epaulée par un chœur féminin, la voix est bien distincte ; et pourtant, les solistes, que ce soit le gratteur ou l’harmoniste, tirent leur épingle du jeu. "Hold back" trempe dans le pur rock'n'roll. Bien que d’excellente facture, il se révèle un peu trop court. Bien enlevé, "The job is never done" est soutenu par l'ensemble vocal féminin Sisterhood. La voix d’Amos brille également dans l’univers du rythme très lent. A l’instar des dépouillés "The pity and the pain" et "Albion blues". Kenya Hathaway (NDR : c’est la fille de l’illustre chanteur de soul, Donny Hathaway) lui donne la réplique, face au piano de Matt Hubbard. Le Révérend réserve, en fin de parcours, un envol à l’harmo au jump blues sémillant, "27 dollars". Cet LP s’achève par "Keep the faith, have some fun". L’ambiance participative du brass band nous entraîne alors à la Nouvelle Orléans…

Reverend Freakchild

Dial it in

Écrit par

Reverend Freakchild est né dans les îles Hawaï. Fort d’une longue carrière, il a mené de multiples expériences, dans la région de New York. Il a également fréquenté l’université, à Boston, pour y suivre des cours de philosophie religieuse. Etudes qu’il a accomplies, avec succès. Actuellement, il poursuit un autre cursus dans le Colorado, où il s’est établi, afin de décrocher un master en divinité. Et pourtant, il proclame que ‘Music is my religion’. Credo qu’il a concrétisé a travers une discographie conséquente, privilégiant le blues largement teinté de psychédélisme. Pour enregistrer ce nouvel elpee, il s'est retiré, en compagnie de quelques uns de ses meilleurs amis, au sein des studios Excello de Brooklyn.

Essentiellement instrumental, "Opus Earth" ouvre la plaque. Une plage déjà étrange, déjantée, au cours de laquelle le Rev se réserve les cordes, l’harmo et les mots récités face aux solides percussions de Chris Parker. "Personal Jesus (on the Mainline)" revisite le traditionnel "Jesus on the Mainline" et le "Personal Jesus" de Depeche Mode. Au départ empreinte de douceur, la piste vire rapidement au boogie furieux que dynamise son pote Hugh Pool à l'harmonica. Assez impressionnant ! Il nous replonge un demi-siècle en arrière, dans la baie de San Franisco, tout au long de "Hippie Bluesman Blues" ; et les sonorités acides y sont dispensées par le gratteur de Ratdog, Mark Karan. Soutenu par la voix et l'harmo de Garrett Dutton (G Love), il teint de hip hop son blues, sur le titre maître. "Roadtrance" est un petit bijou psychédélique. Un morceau à nouveau acide, allumé et débridé pour lequel il reçoit encore le concours de son pote Hugh Pool, aux fûts. Rachel Benbow vient poser sa voix sur "15 going on 50", une bonne tranche de rock'n'roll stimulée par les ivoires de Brian Mitchell, un ex-musicien de BB King. Autre moment marquant, la cover vivifiante du "It's alright, Ma (I'm only bleeding)" de Bob Dylan, interprétée par un trio réunissant Rev au chant et à la gratte traitée au bottleneck, Chris Parker aux percus et Jay Collin, un ex-musico de Greg Allman, au saxophone. Et ce dernier est véritablement déchaîné. Excellent, cet opus s’achève par "Space", une projection dans le cosmos qui mêle bruitages contemporains et instruments classiques du delta…

 

Reverend Freakchild

Preachin' blues

Écrit par

Bien que né à Hawaii, le Reverend Freakchild a passé l'essentiel de sa vie à New York. Particulièrement prolifique, il avait publié, il y a moins d’un an, un triple cd baptisé "Illogical optimism". "Preachin' blues" est un elpee plus personnel. C’est d’ailleurs en solo et armé de sa gratte ainsi que d’un harmonica, qu’il interprète les morceaux taillés dans un blues pur et dur. Ce disque a été enregistré ‘live’, au studio KBOO à Portland, dans l'Oregon, lors d’une tournée estivale de trois mois. Mais à San Francisco, on lui vole son matériel, et tout particulièrement ses guitares. Pas découragé, il rachète aussitôt une nouvelle Resonator et décide de continuer à prêcher son blues. C'est donc dans ce contexte qu’il a immortalisé cet opus, au cours duquel il propose country/blues, folk et americana. Un elpee qui réunit compos personnelles et reprises de standards du style. 

Titre court, "Holy breathing blues" ouvre la plaque. Un blues authentique qu’il souligne d’interventions à la Resonator et à l’harmo. Il présente brièvement les plages suivantes à l'aide de courts prêches. Il nous parle ainsi de ses ancêtres avant d'attaquer le "See that my grave is kept clean" de Blind Lemon Jefferson, une plage au cours de laquelle il affiche beaucoup de conviction et montre tout son talent. Il s’exprime au sujet de la vie et de la mort, puis affronte "In my time of dyin'", un traditionnel adapté par Blind Wilie Johnson, Josh White, Bob Dylan et même le Led Zeppelin. Sa lecture du classique de Son House, "Preachin' blues", est à nouveau impeccable. Son approche aux cordes est à la fois verveuse et plutôt brutale. Plus étonnant, la cover du "Kiss" de feu Prince. "All I got is now" est issu de la plume du Reverend (NDR : cette piste entame "Hillbilly zen-punk blues", un LP publié en 2015). Encore un traditionnel, mais attribué à R.L Burnside : "Wish I was in Heaven sitting down". Et la version est totalement bouleversante, l’artiste s’immergeant totalement dans son blues. Il revisite le "It's gonna be alright" de Reverend Gary Davis. C’est la plage la plus longue. L’album recèle un bonus track, en l’occurrence une version a capella du "Grinnin' in your face" de Son House, immortalisée live au Yorkschloesschen Blues and Jazz Club, à Berlin, en août 2013…

 

Reverend Freakchild

Illogical Optimism

Écrit par

Etabli aujourd’hui à New York City, Reverend Freakchild est diplômé de l’Université de Boston, en philosophie et religion. C’est à cette époque qui monte son premier groupe, Bananafish. Sa culture musicale est bien ancrée dans le blues. Et à travers ses projets, il ne cesse de l’explorer.  

Intitulé "Blues & Spitiruals", son premier opus remonte à 2001. Et sa dernière, "Hillbilly Zen-Punk blues", à avril 2015. Pour graver son sixième elpee, il a fait fort, puisque "Illogical optimism" est triple ! Sous-titré "Odds, ends and other amazingness", le premier réunit quinze reprises préparées à la sauce Freakchild. Baptisé "Everything is now", le deuxième propose différents mixages de la même compo. Enfin le troisième, "Kairos", n’est pas un disque du Reverend, mais d’un ami, Ramblin’ Jennings.

Le premier volume est excellent. Il s’ouvre par une reprise somptueuse d’"Imagine" de Lennon. Reverend la chante à la manière de Lou Reed. Une version très saisissante, illuminée par des cordes immaculées. Le "Hey Pocky A-way" des Meters baigne dans le style New Orleans. Piano, batterie et cuivres participent activement à cette fête du rythme. "I still have joy" nous entraîne dans l’univers du gospel. Et quelles voix ! La cover du "Cryin’ Holy unto the Lord" de Bill Monroe vire au country. Guitare en picking et orgue se taillent ici la part du lion. Il s’attaque brillamment au répertoire de Bo Diddley, et tout particulièrement à son "Who do you love". A celui de Bob Dylan, dont le "All along the watchtower" est traité à la sauce reggae, nonobstant la guitare déjantée. Il se réincarne en John Lee Hooker, quand il aborde le boogie "Shark Boogie". Country punk, "Pretty Boy Floyd" raconte les aventures d’un ancien braqueur de banques. Il n’oublie bien entendu pas les chantres du country/blues d’avant-guerre. En s’autorisant des version décoiffantes du "See that my grave is kept clean" de Blind Lemon Jefferson, du "Hell hound on my trail" de Robert Johnson et du "Death don’t have no mercy" de Rev Gary Davis, qu’il souligne d’une intervention de flûte primitive. Il se met même à iouler sur le nerveux "Big Mouth blues" de Gram Parsons. Son ami Hugh Pool, l’épaule à l’harmo, sur la cover impeccable du "Yer blues" de John Lennon (Plastic Ono Band).  

Le deuxième compact disc recèle donc douze versions différentes –funk, reggae, punk, rock, hillbilly, krautrock, etc.– d’"Everything is now". Deux sortent quand même du lot : la ‘Low Society Remix’, caractérisée par la slide bien métallique, et une basiquement blues, qualifiée de ‘DJ Billy E’, rehaussée par la présence d’un harmonica. Sans quoi, on y rencontre également plusieurs pistes assez planantes, un ‘Dream-like Nature remix’, un long trip spatial de plus de 8’ et une finale qui pourrait servir de bande son instrumentale pour un court-métrage !

Enfin, le prêcheur floridien a donné carte blanche à Ramblin’ Jennings pour graver le troisième cd. Ce dernier y propose un country/blues assez personnel. Naturellement puissante, sa voix est excellente. Il manifeste beaucoup de présence lors des titres les plus nerveux ; à l’instar de "Safe in the storm", "I saw a wheel", "Livin’ and dyin’" et "Last train blues". Particulièrement lents, "Please send me" et "Silver sandals" transpirent de vécu. Dans le même registre, il opère un dialogue avec l’harmonica sur "Sinner blues", dans un style proche de Sonny Boy Williamson 2. Et le traditionnel "John the Revelator" est interprété a cappella. Ce type est un véritable passionné !

 

(The Reverend) Shawn Amos

Loves you

Écrit par

Issu de New York, Shawn Ellie Amos est compositeur et producteur. Mais il se consacre surtout au chant. Comme sa mère qui avait été artiste de cabaret, sous le pseudonyme de Shirl-ee May. Elle a cependant mis fin à ses jours en 2003. L'année précédente, Shawn avait gravé son premier elpee, "In between". Et en 2005, il a publié "Thank you Shirl-Lee May", en hommage à sa maman. Il a été réédité en 2014 avec un Ep 6 titres, "The Reverend Shawn Amos tells it".

Il y a belle lurette qu’il s’est établi à Los Angeles. Il a bossé pour l’écurie Rhino, participant notamment à la confection d’un recueil consacré à Quincy Jones. Avant de passer sur le label Shout! Factory, où il a ainsi apporté sa participation à certains long playings de Solomon Burke. Les sessions d’enregistrement de "Loves you" se sont déroulées à Shreveport, en Louisiane. Un LP découpé en douze plages, dont dix sont issues de sa plume. 

L’opus démarre en force par "Days of depression", un blues dépouillé aux accents primaires d’une tribal song. Les percus sont sommaires. Les voix des Blind Boys of Alabama sont magiques. "Brand new man" change radicalement de style. Un funk/rock énergique caractérisé par des changements de tempo. Différents musicos entrent en lice. Chris ‘Doctor’ Roberts d’abord ; et sa guitare est débordante. Des cuivres également. Soit les saxophones de Miss Mindi Abair (elle milite aussi bien dans le jazz que la pop) et la trompette de Lewis Smith. Bien balancé, "Boogie" est imprimé sur un mid tempo. Talonnée par le piano d'Anthony Marinelli et bien soutenue par celle de Missy Andersen (NDR : de couleur noire, cette excellente vocaliste est originaire de Detroit, mais réside à San Diego), la voix d’Amos est autoritaire, alors que le Reverend se met à souffler de bonheur dans son harmonica. Tout comme sur l’excellent r&b, "Brothers keeper". Ou l’accrocheur "Will you be mine". Et encore "Hollywood Blues". Autre r&b, "You're gonna miss me (when I get home)" est à la fois funkysant, dansant et entraînant, un morceau illuminé par la qualité des différents instrumentistes. Amorcé par les cordes de Roberts, "Juliet Bound" campe un blues pur et dur. Et le Reverend s’y enfonce encore plus profondément sur "The outlaw". La gratte est bien sentie. Puissante, la voix force le passage. Une seule véritable reprise, le "Bright lights, big city" de Jimmy Reed, un classique qu’il interprète en compagnie de la jolie Mindi Abair et que balise les ivoires de Marinelli. "Put together" est un autre r&b funkysant alimenté par l’orgue B3, les cuivres, les percussions de Brady Blade et la guitare déjantée de Roberts. Et de bonne facture, cet opus s’achève par le flemmard et intimiste "The lost boy I'm losing you", un r&b tapissé par l’orgue Hammond, qui met en exergue de bien jolies voix.

 

Reverend Freakchild

Hillbilly Zen-Punk Blues

Écrit par

Chanteur/compositeur, Reverend Freakchild a longtemps vécu à New York City. Il est né dans l'île d'Hawaï. Son blues, il le teinte volontiers de country et de psychédélisme. Il a décroché un diplôme en philosophie et théologie, à l'Université de Boston. Mais c’est surtout un musicien qui s’intéresse à la scène alternative. Du blues, mais pas seulement. En 2001, il publie un album solo, "Blues & Spirituals". Et embraie par deux autres. Il faut cependant attendre 2010 pour qu’il donne une suite à sa discographie. Il grave alors "God shaped Hole", et en 2013, "Chaos and Country Blues". Il se serait aujourd'hui établi à Boulder, dans le Colorado, où il étudie le bouddhisme ; mais confesse que sa religion, finalement, c'est la musique. Et comme il aime surprendre, en risquant l'irrévérence, il nous propose ce "Hillbilly Zen-Punk Blues" ! Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à New York, au studio Excello, dont le propriétaire n’est autre que son ami Hugh Pool, par ailleurs responsable de la coproduction. Les notes mentionnées sur la pochette renseignent pourtant un certain Sal Valentine, à la mise en forme, mais finalement, il s’agit d’un des pseudos du Révérend (NDR : parmi les autres, on relèvera ceux de Fleetwood, Birdham ou encore Bhoomi Sparsha). Il chante et se consacre à la guitare Resonator. Il est soutenu par le batteur Chris Parker et le bassiste Tugboat Eustis. Sans oublier Hugh Pool, qui se réserve la lap steel et l'harmonica. Particulièrement homogène, cet elpee ne manque finalement pas de charme… 

Dès "All I got is now", une constatation s’impose : le timbre vocal de notre Reverend est agréable à l’oreille. La section rythmique soutient un ensemble, parcouru par la lap steel de Pool. Spectrale, atmosphérique, elle traverse l’expression sonore, au gré de son inspiration. "Angel of Mercy" nous entraîne sur les pistes poussiéreuses et désertiques de l’Ouest profond. Une plage instrumentale dont les cordes véhiculent des accents roots, alors que l'harmonica se complait dans les gémissements. "It's gonna be alright" relève le tempo. Le Reverend Gary Davis s’enfonce davantage dans le folk. Les Mulebone Singers, Hugh Pool et John Ragusa assurent les choeurs. Freakchild chante "Keep on trucking", en glissant nerveusement son bottleneck le long des cordes de sa Résonator. Parker dirige la manœuvre depuis ses drums. Pool souffle discrètement dans sa musique à bouche. Autre instrumental, "Lullaby" est une plage instrumentale dépouillée à l'extrême ; elle se fond ensuite dans "Moonlight messages", une chanson plutôt folk, parcourue par les interventions de flûte de John Ragusa. Signé Hugh Pool, "She wants my name" nous replonge dans le blues du Delta, une plage caractérisé par les sonorités de la Resonator et de l’harmo, authentiques. Encore un instru : "Soul transforming realization". Les percus balisent ce morceau au cours duquel cordes amplifiées et acoustiques se conjuguent à la perfection. Et "Tears of fire" nous entraîne encore plus profondément au cœur du Delta. Un titre dont l’expression sonore primaire est alimenté par les cordes amplifiées et les fûts de Parker, alors que la voix du Reverend monte en puissance avant qu’elle ne finisse par cracher ses mots. La compo finale est superbe. Les accents métalliques de la slide véhiculés par Mississippi Fred McDowell oxydent judicieusement la voix caverneuse de Freakchild, tout au long de "I wish I was in Heaven sitting down". Original et excellent !

 

Grey Reverend

Of The Days

Écrit par

L’univers sonore de Grey Reverend serait-il gris ? Voire ténébreux ? On pourrait le croire, à la lecture de ce patronyme ecclésiastique. Mais, en écoutant attentivement « Of the Days », son premier opus, on décèle quelques nuances dans son folk d’apparence très (trop !) classique. Né LD Brown, l’Américain fait ses débuts à New York. En assurant le supporting act de The Cinematic Orchestra. C’était déjà, il y a quelques années. Pas étonnant qu’« Of the Days » soit donc publié sur Motion Audio, le label de Jason Swinscoe, leader du Cinematic Orchestra.

Tout au long de son album, notre Reverend tisse subtilement de douces et simples complaintes acoustiques dans le blues/folk. Parfois, il souffle dans un harmonica (« Forsake »). Les textes sont épurés mais forts et profonds. Le meilleur morceau de l’elpee ? Le craquant « Little Eli ». Phénomène inévitable, vu le dépouillement des compos, au fil de l’écoute, un certain ennui commence à vous envahir. Je conseillerai donc l’écoute de ce disque, à celles et ceux qui recherchent la relaxation, et de préférence dans le noir (NDR : le gris ?)

 

Reverend Horton Heat

Laughin’ and Cryin’ With The Reverend Horton Heat

Écrit par

Si vous avez déjà eu l’occasion de voir le film de série B « Love and a .45 », mettant en scène Renée Zellweger, vous vous souvenez probablement du passage où le héros entre dans un bar dans lequel un trio rockabilly se démène sur scène. Ce groupe, c’est le Reverend Horton Heat. Leur apparition dans ce navet justifie à elle seule la location du film. Car Jim Heath (le Reverend) et ses deux compagnons, qui pratiquent le Psychobilly et le Rockabilly déjanté depuis 1985, sont de véritables bêtes de scène. Malheureusement « Laughin’ and Cryin’ With The Reverend Horton Heat», leur nouvel album studio, donne plus envie de pleurer que de rire. Mais qu’est il donc arrivé au rock’n’roll déjanté teinté de punk auquel les Texans nous avaient habitués depuis douze albums ? Le révérend aurait-il troqué sa banane pour un stetson ? Toujours est-il qu’il nous propose ici un album de country rock plutôt décevant. Seul l’hilarant « Death Metal Guys », où le groupe nous décrit, avec un humour corrosif son incompréhension du death metal, rappelle un peu la splendeur passée du combo. Un seul titre vraiment rock (même s’il est excellent) sur les 14 qui compose l’album, c’est peu maigre.

« Laughin’ and Cryin’ With The Reverend Horton Heat », est un donc album à écouter de préférence en camion ou à cheval en fumant une Marlboro.

 

Reverend Raven

Big bee

Écrit par

Rev Raven est issu du South Side de Chicago. C’est après avoir assisté à un concert de Freddie King qu’il se décide à jouer le blues. Il y a déjà 35 ans. Avant de se fixer définitivement dans le Milwaukee, il a servi dans la Marine. Pendant 15 ans. Son 1er album, "Slow burn", date déjà de 1998. A cette époque, le Révérend drivait déjà son groupe : les Chain Smokin' Alter Boys. D’excellente facture, "Live at Blues on Grand" précédait "Big bee". Ce nouvel opus a été enregistré dans les studios El Rancho de Milwaukee. Pour la circonstance Raven est soutenu par P.T Pederson à la basse, Spencer Podash au drums et Benny Rickun à l'harmonica. Cet autre soliste est également un protégé du remarquable souffleur Jim Liban. Un concitoyen du Révérend, aussi. Ce dernier apprécie tout particulièrement la collaboration des harmonicistes talentueux. Il a ainsi bénéficié, en son temps, du concours de Cadillac Pete, puis de Madison Slim (NDR : un ami de longue date de Raven, mais surtout l’ex harmoniciste de Jimmy Rogers). Depuis, Rickun a repris le rôle avec beaucoup de talent. Hormis deux fragments (NDR : signés respectivement par Jim Liban et Benny Rickun - un instrumental !) Raven a composé toutes les plages. Et pour notre plus grand plaisir, son blues est toujours aussi imprégné de Chicago Blues urbain…

L'album s’ouvre par "My life". Un blues imprimé sur un tempo vif qui s’inspire du riff notoire d'Elmore James, mais sans slide. Dès le départ Rickun tire la couverture de son côté. Son solo est spectaculaire. Il libère tout ce qu’il a dans les poumons. Les cordes du Révérend le suivent à la trace. "Big bee" est manifestement contaminé par le célèbre "I'm a king bee" de Slim Harpo (NDR : un de ses maîtres). La guitare en profite pour prendre un billet de sortie. Aventureuse et nerveuse elle reste cependant bien dans le tempo. "Once the woman start talkin'" épouse un rythme plus syncopé. Une nouvelle fois proche de celui d’un Slim Harpo. Une occasion rêvée pour Benny de s'éclater. "Someday when I'm dead and gone" rappelle "Tee na nee na nu". Une compo qui baigne dans l'ambiance suffocante des swamps louisianais. La section rythmique est bien mise en évidence. Rickun se déchaîne. Quel panache ! Ce jeune musicien vit réellement son blues. Signé Jim Liban, "You ain't no friend of mine" opère un retour vers le South Side blues, cher à Muddy Waters. Un slow blues classique, simple, mais efficace. La voix de Raven n'est pas exceptionnelle, mais le message passe bien. Le tempo s'affole et la machine rythmique se met à swinguer tout au long de "Two times fine". La bande à Raven exécute un west coast jump blues de qualité. Les deux solistes sont soumis à rude épreuve. "Bad little girls" poursuit dans le même style. Benny est passé sur l'instrument chromatique. Autre compo signée Jim Liban, le solide "I don't want to know" permet à Rickun d’afficher toute l’étendue de son talent. "Here comes my baby" et "I wanna love you" replongent au cœur des swamps. Raven et ses musiciens trempent dans leur milieu naturel. L’instrumental "Benny's bounce" est issu de la plume de Rickun. Une parfaite synthèse du savoir-faire de cet homme, à l’harmonica! Raven sort enfin de sa réserve lors du tonique "Don't get on the wrong side of my baby". Il y accorde manifestement sa meilleure partie aux cordes. Très affirmé, autoritaire même, rien ne semble plus pouvoir l'arrêter. De bonne facture, cet opus s’achève par "She's movin' on". Le band y montre un concentré de ce qu’il fait de mieux : du rythme, de l’énergie, de la passion ; et puis les interventions survoltées de l'harmoniciste et du guitariste. Et pour que votre info soit complète, sachez que Jimmy Schwarz et Paul Stilin des Blues Disciples assurent brillamment la production de cet elpee.

Reverend Raven

Live at Blues on Grand

Écrit par
Le Reverend Raven est un des musiciens locaux les plus talentueux dans l’univers du blues de Milwaukee. Je luis avais déjà consacré une chronique lors de la sortie de son premier elpee, "Slow burn", en 1998 ; un disque commis en compagnie de ses Chain Smokin' Altar Boys. Cet enregistrement ‘live’ a été immortalisé le 22 mars 2002 à Des Moines, en Iowa, au Blues on Grand Club.
 
Le groupe ouvre le show par "I'm your honeyboy", une plage assez jump au cours de laquelle nous ressentons immédiatement une grande complicité entre la guitare du Révérend et l'harmonica de Madison Slim. Raven est un musicien complet. Il est parvenu à se forger un style en empruntant à Freddie King, Albert Collins et Magic Sam. Une écoute attentive de "Loving you" permet de discerner l’addiction du leader au Chicago Westside et de Madison Slim au Southside. Ce denier est un vieux routier du blues. Il a sévi chez le Jimmy Rogers Band, le groupe de Sam Lay ainsi que le Legendary Blues Band. Tout au long du concert, il nous démontre que son influence majeure est bien Shakey "Big Walter" Horton. Au sommet de son art, il parvient à nous arracher des larmes, tant le sentiment de tristesse vous envahit. "Got love if you want it", "I've got to be with you tonight" de Slim Harpo, et "Bee hive baby" (NDR : une espèce de medley entre "Tee na nee na nu" et "Scratch my back" écrit par Rev Raven en hommage à Slim Harpo), sont un véritable régal. Ce type de répertoire est bien dans les cordes du quartet. L'ambiance monte d'un cran et le tempo accélère pour attaquer le traditionnel "Bye bye baby", un fragment littéralement enflammé par la guitare. André Maritato à la basse et Kid Panosh aux drums poussent les deux solistes vers les sommets. Le reste de la soirée ne quittera plus Chicago. Rev Raven adapte "In the open" de Freddie King. Puis "Louise" de Howlin' Wolf, avec beaucoup d'intensité et d'expression. Il joue dans le style indentifiable de Magic Sam. Il poursuit d'ailleurs dans le même répertoire par "Who's been talkin". Il y introduit la guitare d'Otis Rush et les changements de rythmes familiers. Un frisson nous parcourt l'échine lors de l'introduction opérée à l'harmonica de "Sweet man", un slow blues signé Muddy Waters. Le set tire à sa fin. Mais on a encore droit au "Please let me explain" de Sonny Boy Williamson, à "The back scratcher" de Leroy Carr, une plage dont l’atmosphère me rappelle encore et toujours Slim Harpo, et enfin à "I can't get you off my mind" de Willie Mabon.