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Zaho de Sagazan

Le miroir de Zaho de Sagazan

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La matière pourrait être un velours métallique ; la texture, à la fois moelleuse et rêche ; le mouvement, osciller quelque part entre la vague d’air soulevant la soie et l’onde que fait une pierre de taille jetée à la surface d’un lac... La voix de Zaho de Sagazan a quelque chose d’étrange mais s’impose vite comme familière, puissamment proche. Une sœur ? Une meilleure amie ? Une chamane ? Une psy ?

Une autrice, compositrice et interprète singulière, en tout cas. Et son premier album, « La symphonie des éclairs », confirme la rumeur surexcitée circulant depuis l’enchainement des événements de 2022 : quelques premiers concerts, les Inouïs du Printemps de Bourges, le Chantier des Francos, le Prix Chorus des Hauts-de-Seine, les TransMusicales de Rennes...

A 23 printemps, Zaho de Sagazan nous propose des morceaux électro dark, entre chanson française introspective et électronique héritière de Kraftwerk, sis à l’improbable carrefour de Barbara et de Koudlam, de Christophe et de Cold Cave. Et sa voix charcute les sentiments, ravage les séductions tranquilles de la chanson de fille.

Zaho a dompté sa voix comme elle a dompté la musique, entre acharnement et plaisir. Au commencement, le piano est une affaire de beignets au chocolat – sa récompense après les cours classiques qu’elle prend en 6e. Dégoût. Mais elle y retourne d’elle-même quelques années plus tard.

Passion obsessionnelle et autodidacte dont son écriture d’aujourd’hui garde la trace – lancer les mélodies en ligne droite, répéter les mêmes deux accords en boucle jusqu’à l’hypnose...

Tout s’est ligué : infiniment rêveuse, elle a grandi sous l’injonction maternelle de ‘se mettre à la place des autres’, ce qui est à la fois une vertu charitable et un magnifique poste d’observation. Qu’elle dise ‘je’, ‘tu’ ou ‘il’, dans ses chansons, le sujet est toujours le même : une personne qui aime, souffre, hésite, se regarde dans le miroir, s’explore... Et ce personnage n’est pas toujours Zaho.

Immortalisé ‘live’ à l'Olympia de Paris, « Ne te regarde pas » est à découvrir ici

 

Saga

20/20

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Formé en 1978, Saga a subi en 35 ans plus de changements de line-up que n’importe quel autre groupe. Les légendes du rock progressif canadien nous proposent leur 20ème album (!!!) et enregistrent le retour de leur chanteur mythique Michael Sadler, remplacé en 2008 par Rob Moratti. Moins technique et envolée que celle de son successeur (ou prédécesseur, c’est selon…), la voix de Sadler colle toutefois mieux aux compos du band, question d’habitude sans doute. L’opus se veut dans la continuité de sa période de gloire, à savoir un mélange de progressif et de rock FM, qui tente quelques timides incursions dans le métal sans vraiment y croire (« Spin In Again »). Malheureusement, il ne décolle jamais, les compos se ressemblent toutes un peu, et manquent cruellement de pêche. En outre, quand on est canadien et qu’on se consacre au rock progressif, on a beau compter 20 elpees à son actif, on est forcément toujours un peu dans l’ombre des géants de Rush (« Six Feet Under »). Les fans seront sans doute ravis de voir revenir le vocaliste qui a fait le succès du groupe, mais le résultat reste poussif et lasse très vite...

 

Saga

Heads or Tales Live

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Les amateurs de sympho et de prog s’entendront tous pour parler de “Heads or Tales”, en termes élogieux. Un album studio datant de 1983 qui demeure le sommet de la carrière des Canadiens de Saga.

Il est vrai que l’œuvre n’avait jamais été interprétée dans son intégralité, à l’époque, et que ce type d’exercice devient de plus en plus répandu chez les groupes vétérans. Mais quel est l’intérêt d’enregistrer live, près de 30 ans plus tard, une œuvre aussi dense sans le chanteur Michael Sadler ?

Son remplaçant Rob Moratti, osons l’écrire, ternit abominablement les dix titres en tous points magnifiques, dans leur version originale.

Bien sûr on ne peut qu’éprouver un sentiment de bonheur à l’idée de réentendre « The Flyer », « Catwalk », « The Writing », « Social Orphan » ou « Pitchman », tous considérés comme des standards du hard FM. Et on ne peut nier l’excellente interprétation des musiciens du combo, Ian Chrichton en tête. Ses soli de guitare filent toujours autant de frissons.

La virtuosité demeure intacte. Mais imaginons un « Highway to Hell » enregistré sans Bon Scott ou n’importe quelle pépite de Rush chantée par Max Cavalera… C’est exactement le sentiment que l’on éprouve à l’écoute de « Heads or Tales Live ». Que ceux qui ne connaissent pas ce fabuleux album des eighties se précipitent sur sa version studio, disponible en réédition. Notons que depuis la sortie de ce live, Michael Sadler est rentré au bercail. Qui s’en plaindra ?

 

Saga

Marathon

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Teinté de hard FM, le rock progressif pratiqué par Saga est frais, innovateur et accessible. A l'aube des années 80, il ouvrait les portes d'un univers cosmique, en parfaite adéquation avec les superbes illustrations futuristes des pochettes de leurs albums ; et je pense plus particulièrement à " Silent Knight " et " Images at Twilight ", devenus des classiques aujourd'hui. Après un passage à vide, Saga réussissait un beau tour de force en 1999 en commettant " Full Circle ", un elpee qui renouait avec les sonorités qui avaient fait son succès jadis. " House of Cards " en était la suite logique, et le nouveau né, " Marathon ", concilie lui aussi passé et présent avec brio. Faut dire que le guitariste émérite Ian Crichton drive l'entreprise d'une main de fer dans un gant de velours. Les compositions sont surprenantes de qualité et d'intensité, l'interprétation irréprochable, et la production s'avère d'une qualité bien au-dessus de la moyenne. Bondissantes et romantiques, les onze nouvelles ritournelles du groupe s'affirment conquérantes et d'une cohérence suffisante pour conserver intégrité et crédibilité. L'apport modéré de nouvelles technologies renforce l'impact de titres novateurs comme le déroutant " Rise and Shine ", tandis que la plage d'ouverture, " Marathon ", single potentiel au refrain taillé pour la scène, renvoie l'auditeur à l'époque de " World's Apart ". Mais la marque du quintette de Toronto demeure la voix unique, veloutée et caressante du charismatique Michael Sadler, l'âme de Saga. A ce titre, le combo n'a rien à envier aux nouveaux ambassadeurs du genre que sont Archive ou Spock's Beard. Les vrais fans ne se priveront pas de s'offrir le DVD Silhouette qui recèle, outre les neuf premiers vidéo clips du band, du matériel 'live' enregistré au cours de la tournée Heads or Tales, des interviews récentes des cinq musiciens et même des images bootleg capturées par un fan londonien.

Saga

House of Cards

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Figure emblématique de la scène des années 80, cet ensemble canadien avait forgé sa réputation en brassant un subtil alliage de rock progressif, teinté de musique médiévale, à des éléments typiquement hard rock US. Après un passage à vide, amorcé en 1985 par le trop poppy " Behaviour ", Saga réussissait un beau tour de force, il y a deux ans, en sortant " Full Circle ". Un opus qui renouait avec le son qui avait fait son succès jadis. " House of Cards " en est la suite logique et renferme lui aussi tous les ingrédients qui ont façonné ses classiques. " God Knows ", " The runaway " et " Always There " séduiront d'emblée les inconditionnels du groupe période " Heads or Tales ", tandis que le " Chapter 11 " (NDR : les fans comprendront), dont le riff rend hommage au fameux single " Careful where you step ", concilie passé et présent avec fougue et brio. Mais la marque de fabrique de Saga demeure la voix superbe, unique, caressante, veloutée, immédiatement identifiable, de Michael Sadler. Loin de constituer une œuvre passéiste, House of Cards jouit de l'apport modéré des nouvelles technologies, comme les samples par exemple. Ainsi, sur le titre " That's how we like ", le combo s'est amusé à repiquer la foule chantant son refrain lors d'un concert à Toronto. Et ce n'est là qu'une des surprises qui jalonnent ces onze nouvelles fines pièces de dentelle !