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Belle & Sebastian

Un groupe profondément attachant...

Depuis leur passage remarqué au Botanique, il y a environ quatre ans, les charmants Ecossais de Belle and Sebastian n'étaient plus jamais revenus fouler les scènes de notre plat pays. Selon Stuart Murdoch, le chanteur à la voix d'ange mais aux idées noires, ce concert-là n'était pas à retenir dans les annales du rock… " Nous essayerons de mieux jouer cette fois-ci ", lance-t-il goguenard aux fans venus nombreux en cette fin de journée printanière pour déguster ses chères ritournelles folk-pop. Mais quoi qu'il dise, on ne le croit pas : ce concert, il y a quatre ans, était fiévreux et onctueux, et l'on croise les doigts pour qu'encore une fois, lui et ses amis nous emmènent dans leur petit monde chéri, où les délicats Simon and Garfunkel (pour les mélodies) jouent à la marelle avec Stephen Jones (pour l'ironie) et Leonard Cohen (pour la poésie). Venus spécialement pour promouvoir leur nouvel album (bientôt dans les bacs) et la BO de " Storytelling " (qu'ils ont composée), les douze (ou treize ?) membres du groupe ont tout l'air d'un groupuscule néo-hippie, les chemises à fleur en moins : en parfaite symbiose pendant tout le concert, ils n'auront de cesse d'échanger leurs instruments, comme on se passe un joint. L'atmosphère est d'ailleurs des plus bucoliques, et les mélodies chantées à bout de voix par Stuart et sa jolie copine semblent parfaites pour les veillées autour du feu… Mais attention : derrière ses complaintes baba susurrées d'une voix presque enfantine et ces minois charmants se cachent des petits malins qui jouent avec nos nerfs, plus proches de songwriters comme Randy Newman que de la Kelly Family. Car en se penchant sur les paroles de leurs chansons soi-disant guillerettes, l'auditeur attentif trouvera des thèmes souvent pessimistes, voire glauques. Belle and Sebastian n'est donc pas un groupe pour midinettes, mais plutôt le moyen idéal de refouler ses pulsions négatives dans une musique apparemment inoffensive : en d'autres termes, celui qui dit encore une fois que c'est de la musique de tapette a mon poing dans sa figure.

A part ça, le concert privilégia dans sa première partie de nouvelles compositions, dont une très flamenco. Puis les tubes s'enchaînèrent, de " Dog On Wheels " à " Sleep The Clock Around " en passant par " The Fox In The Snow ". En une heure et demie, Belle and Sebastian a prouvé, encore une fois, qu'il était un grand groupe, peut-être pas assez aventurier (c'est finalement toujours à peu près la même recette) mais profondément attachant.

 

Belle & Sebastian

The third eye centre

Écrit par

Le dernier opus de Belle and Sebastian, « Write About Love » remonte à 2010. Il serait donc temps que le groupe se décide à publier un nouvel opus studio. Pour tenter de nous faire patienter, il vient de sortir une compile qui couvre la période oscillant entre 1997 et 2002. Soit la moins intéressante de leur carrière. D’autant plus que la plupart des plages sont des chutes de studio, et la moitié d’entre elles ne sont même pas chantées par Stuart Murdoch. Néanmoins, sur les 19 pistes, on relève quand même quelques morceaux intéressants, dont un remix du « I’m a cuckoo » par The Avalanches, subtilement parcouru de percus et de chœurs afro, et un autre particulièrement dansant de « Your cover’s blown », opéré par Miaoux Miaoux. Un véritable inédit ! Enfin, après l’allègre et contagieux « Suicide girl », le caribéen « Love on the March » et une perle de folk/pop soyeuse intitulée « (I believe in) travellin’ light », on peut tirer le rideau. Pas que les compos sont de mauvaise facture, mais elles font un peu pâle figure par rapport à l’œuvre de Belle and Sebastian.

On épinglera quand même le magnifique digipack qui habille le disque. Une des rares raisons qui pourrait pousser les aficionados à se le procurer…

 

SebastiAn

Presidential Suite

Écrit par

‘Il est quand même bizarre ce type !’ me glisse à l’oreille une amie venue également se trémousser sur les beats putassiers de SebastiAn, qui se produisait pour la première fois en Live. Et je lui ai répondu : ‘Non, pas bizarre. Juste Français’. Parce que du drapeau français on en a bouffé durant la petite heure qu’a duré le set du Parisien. Et côté ambiance, « Total », son premier LP, n’a fait trembler l’Orangerie que par intermittence.

Bilan mitigé pour le premier passage ‘live’ de l’enfant terrible d’Ed Banger. Après un hommage sympathique à DJ Mehdi qui nous a quittés il y a quelques semaines, dans des circonstances ridiculement tristes et évitables, SebastiAn, de son vrai nom Sebastian Akchoté, se place derrière ses manettes. Devant lui, une console surélevée et recouverte d’une toile sombre. Pour qu’on ne puisse pas observer ses doigts alterner du bouton ‘play’ à ‘plage suivante’ ? Parce que le set de SebastiAn consiste en un enchaînement pas bien original des extraits de son album, entrecoupés par deux ou trois plus vieux morceaux.

Derrière lui, un écran illustre les beats grossiers du bonhomme d’images souvent subversives. Des « Primary Tour », « Votez SebastiAn », « SebastiAn Président », sur fond de drapeau bleu-blanc-rouge, ponctuent le show visuel à intervalles très, voire trop, réguliers. Le DJ ne s’exprime pas, il laisse l’écran le faire à sa place. L’air pincé, il se contente de lever le doigt pour intimer à l’assistance d’hurler à sa gloire. A mi-parcours, deux drapeaux sont lâchés du plafond pour atterrir de part et autre de la scène. Deux bannières sur lesquels sont imprimés un énorme V (pour victoire, évidemment) frappé des contours de l’hexagone, lui-même recouvert du S de SebastiAn. Tiens, un drapeau belge apparaît à l’écran… Histoire que le jeune homme se souvienne de l’endroit où il se trouve ?

Et, délires mégalos mis à part, qu’en est-il de la musique, me demanderez-vous ? Et bien, pas grand-chose à signaler. Monsieur le Président a beaucoup plus soigné sa mise en scène que son set. Un mardi à 21h, il faut, déjà au départ, que l’artiste soit surmotivé s’il veut faire danser les foules. Mais tapi derrière sa console-mystère, SebastiAn ne communique pas grand-chose à ses fans, loin d’être venus en masse. L’Orangerie n’est en effet remplie qu’aux deux-tiers de sa capacité, voire moins.

Après un départ teinté par des grincements, que l’ingé son va rapidement corriger, le DJ ne trouve son rythme de croisière qu’une bonne vingtaine de minutes plus tard. Du côté du public, on gigote ici et là, mais toujours en retenue, malgré les vibrations tonitruantes provoquées par les basses. C’est qu’on ne danse pas de la même manière un mardi à 21h, comparé à un samedi à 2h du mat’ ! Et là réside tout le problème. Le spectacle politico-mégalo de SebastiAn serait passé comme une lettre à la poste en weekend, aux petites heures de la nuit. Ce soir, il n’y a donc pas eu de réel climax, hormis les tubes « Ross Ross Ross », « Embody » ou « Arabest » qui sont parvenus à secouer légèrement l’assistance. Et on passera sur la boucherie que l’artiste a opéré sur son « C.T.F.O. », ‘dé-M.I.A.sé’ au possible et ‘dubstepisé’ pour la plus grande joie des 14 à 18 ans. C’est décidé, la prochaine fois que j’irais voir SebastiAn, j’me bourre la gueule.

Organisation : Botanique

  

Belle & Sebastian

Write About Love

Écrit par

Stuart Murdoch et sa bande ont mis quatre ans pour pondre « Write About Love », le successeur de « The Life Pursuit ». Entre-temps, Murdoch et une bonne partie de ses camarades ont gravé le premier LP du projet parallèle God Help The Girl, en 2009. Un disque qui aurait tout aussi bien pu être publié sous le sobriquet originel. Concrètement, il n’aura donc pas fallu attendre bien longtemps pour connaître la suite des aventures de Belle & Sebastian. « Write About Love » poursuit la phase ensoleillée et allègre de la discographie de la formation, entamée sur « Dear Catastrophe Waitress », en 2003. Mais pas avec autant de brio. Murdoch se casse ici les dents à plusieurs reprises, ses onze nouvelles comptines pop ayant un peu de mal à captiver. Le disque sonne beaucoup plus comme une série de faces B qui auraient été réunies pour le plaisir des plus inconditionnels de la formation.

La plume de Murdoch demeure l’atout principal du travail de Belle & Sebastian, mais ne délivre cette fois qu’une ridicule poignée de titres convaincants (« I Want The World To Stop », « Write About Love », « I’m Not Living In The Real World », « Sunday’s Pretty Icons »). L’intervention de Norah Jones au micro de « Little Lou, Ugly Jack, Prophet John » y est même anecdotique. « Write About Love » est d’un ennui surprenant, tant on imaginait l’esprit de Murdoch foisonnant de bonnes idées. Comme quoi, ça peut pas marcher à tous les coups…

 

Belle & Sebastian

The life pursuit

Écrit par

Orphelin de Suart David et d’Isobel Campbell (NDR: c’est à dire le co-fondateur et la chanteuse du groupe) depuis 2002, Belle and Sebastian était quand même parvenu à sortir la tête de l’eau en commettant le très honnête « Dear catastrophe waitress ». En 2002. Depuis, les aficionados ont dû se contenter d’un opus enregistré en public (« If You're Feeling Sinister: Live at the Barbican », 2005), de quatre singles ("Step Into My Office, Baby", 2003; "I'm a Cuckoo", 2004; Books, 2004 et "Funny Little Frog", 2006) ainsi que d’une compile de singles et Eps parus sur le label Jeepster (« Late Night Tales: Belle and Sebastian », 2005). Bref, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Autant dire que le nouveau long format était très attendu. Bénéficiant de la production du réalisateur Huffer (Beck, Supergrass, Mariane Faithfull), « The life pursuit » nous offre toute une série d’excellentes compositions, avant de s’essouffler aux deux tiers du parcours. Délicatement bossa nova, « Act of the apostle I » est raffiné par de superbes harmonies vocales sixties. Légèrement countryfiant et délicieusement suranné, « Another sunny day » est traversé de guitares byrdisiennes. Le refrain est accrocheur. La combinaison du chant féminin et masculin judicieuse. Et la nostalgie omniprésente, malgré le tempo allègre. Imprimé sur un tempo rappelant vaguement Gary Glitter, « White collar boy » concède une mélodie pop réminiscente des Shins. « The blues are still blue » et le boogie « Sukie in the graveyard » évoluent manifestement dans un registre glam bolanesque. Discrètement cuivrée par une trompette, « Dress up in you » est une belle ballade satinée d’harmonies vocales à la Chumbawamba. R&B contagieux, « We are the sleepyheads » conjugue choeurs et claviers, dans un style immortalisé par Booker T & The MG’s. C’est à partir de cet instant que l’œuvre perd de sa superbe. La formation écossaise s’essaie alors au cabaret, au disco ou à l’électro. Sans vraiment convaincre. Reste quand même « For the price of a cup of tea », sorte de postcard teinté de soul et de r&b comme l’imaginait si bien Orange Juice. Et puis le très sixties « Funny little frog », dont le refrain semble pompé au « Death on two legs » de Queen et éventuellement le final de six minutes, « Mornington crescent », ballade qui met bien en exergue la voix posée, douce et sensible de Stuart Murdoch. Dommage que la fin ait ainsi été bâclée, sans quoi « The life pursuit » aurait pu revendiquer une place parmi les albums de l’année…

 

 

Belle & Sebastian

Books

Belle and Sebastian brille par sa constance : à chacun de ses albums c’est (presque) le bonheur… Et c’est pareil pour les maxis. Cette fois c’est « Wrapped Up In Books », tiré de « Dear Catastrophe Waitress » : une ritournelle pop comme on les aime, produite pourtant par l’infâme Trevor Horn. L’inédit ? « Your Cover’s Blown », qui comme d’habitude vaut son pesant de faces B (deux versions existent, longue ou courte). Belle and Sebastian, on aime : ce n’est plus un secret. Vivement qu’ils nous sortent une compile de tous ces chouettes morceaux relégués en seconde division, car ils valent mieux que ça.

Belle & Sebastian

Dear Catastrophe Waitress

Ouf ! La catastrophe est évitée : c'est qu'après l'indigent " Storytelling ", on avait peur pour Belle and Sebastian. Peur que Stuart Murdoch et ses amis d'Ecosse aient perdu, dans cet exercice de style (la BO), leur innocence et leur candeur si attachantes. Peur qu'après le départ d'Isobel Campbell, l'ambiance s'électrifie et les mélodies en pâtissent. Peur que toute cette troupe de vieux ados franchissent trop vite le seuil de l'âge adulte et y laissent leurs plumes d'éternels " freshmen ". Bref, peur que la magie s'éteigne. Ouf ! On a eu chaud. Parce qu'il faut bien dire que ce cinquième (sixième, avec la BO) album des Belle and Sebastian est une totale réussite, un rêve (de gosse) qu'on n'osait plus trop imaginer. Belle and Sebastian reste bien ce groupe un peu midinette qu'on chérit avec tendresse, qui ose toujours revendiquer ses penchants pour une pop un peu désuète, limite variet', sans jamais pour autant s'engluer dans de la guimauve de ménagères, tendance FM. Stuart Murdoch est l'un des (trop) rares songwriters actuels qui n'a pas peur d'en rajouter une couche, au risque de dégoûter toujours davantage ses détracteurs les plus féroces. Les autres s'en délecteront jusqu'à la crise de foie, certains qu'écouter cette pop savante remplacera toujours n'importe quelle cure de jouvence… Cerise sur le gâteau : la voix de plus en plus juste de Murdoch, qui ne chevrote plus à la moindre émotion, et la production, lustrée et clinquante, de Trevor Horn. De lui aussi, on avait peur : qu'il transforme nos fidèles compagnons de la chanson en copies carbone de Tatu ou de Frankie Goes To Hollywood. L'horreur. Heureusement, Stuart n'a pas lâché ses rênes d'équilibriste pop, même si on sent clairement l'influence de Trevor Horn sur un titre comme " Stay Loose ", très… Human League. Pour le reste, c'est du Belle and Sebastian grand cru, plein de cuivres, de violons, de chœurs et même de boogie-woogie (" Roy Walker "). Une véritable renaissance, et un grand disque de plus.

 

Belle & Sebastian

Storytelling

L'exercice périlleux de la BO de film semble un passage obligé pour bon nombre de groupes pop-rock soucieux de montrer leur savoir-faire ou de remonter la pente. Malheureusement, beaucoup s'y sont cassé les dents, y laissant souvent leur inspiration se noyer entre deux extraits de dialogues. C'est le cas de Belle and Sebastian : à trop vouloir copier-coller leurs ritournelles impressionnistes sur les images de Todd Solondz, Stuart Murdoch et sa bande de joyeux drilles ont oublié leur génie mélodique à la maison. Résultat : un pseudo-album en demi-teinte, limite ennuyeux. Où sont passés les airs d'antan et d'où sort cet instrumental, qu'on croirait chipé aux " Jeux Interdits " de Narciso Yepes ? A part ce " Wandering Alone " très Calexico et ce " Scooby Driver " wilsonien, rappelant les loopings pop de " Rollercoaster Ride ", " Storytelling " est une histoire à dormir debout.

Belle & Sebastian

Fold your hands child, you walk like a peasant

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Ce n'est pas demain la veille que Belle and Sebastian se retrouvera à l'affiche d'un festival hardcore. Non, trop gentil, il n'a pas sa place dans un tel événement. Ni pour participer à un festival, d'ailleurs. Tout au plus dans une salle ronde bruxelloise. Non, il faut écouter Belle and Sebastian assis confortablement (donc il ne faut pas aller les voir en concert). Prêt à s'assoupir en se laissant bercer par de doux rêves où peuvent nous emmener ces 11 comptines. Pourquoi Belle and Sebastian ferait-il une musique différente de celle qu'il nous propose depuis maintenant 4 albums ? Je vous le demande. Non, le groupe a sa patte, reconnaissable entre toutes ; et ce n'est pas ce nouvel opus qui changera les choses. Le style musical au sein duquel il évolue le confine dans un monde enfantin, candide, loin des tracas de la vie. Leurs âmes vivent dans la montagne, accompagnées d'un gros chien blanc et courent au travers de hautes herbes bien vertes. Tout au plus ils ont appris que John Lennon était mort et ont écouté l'intégrale de l'ex-Beatles. Ainsi qu'Elton John pour le piano (pas pour les costumes, quoique…). Mais le groupe a besoin de se recycler. La tentation du plagiat et une volonté de ne pas se répéter sont grandes. L'ennui c'est qu'il semblerait que ces motivations aient été les seules. Résultat des courses, en tentant de s'éloigner de ces précédentes compositions, la formation de Glasgow s'en rapproche dangereusement. Le prochain épisode nous dira de quel bois se chauffe réellement, Belle and Sebastian…

 

Belle & Sebastian

Ne pas avoir d’image est devenu notre image

Écrit par

On les dit fragiles et délicats, tout sauf sévèrement burnés. Les Belle & Sebastian vous plaisent peut-être si vous aimez les Smiths, Ennio Morricone, Burt Bacharch ou Pulp ; et puis si vous ne crachez pas sur les accents country ou folk. Le groupe de Glasgow en est à son 4ème album (« Fold your hand child, you walk like a peasant ») qui confirme que la mode est aux titres longs. A l’interview, on nous avait promis le chanteur autiste ; on a dû se contenter de Richard Colburn, un batteur sympathique.

Votre chanteur Stuart Murdoch n’accorde pratiquement aucune interview. Il est timide ou paresseux?

Il a tenté à nouveau l’expérience, il y a quelques semaines, mais sans succès… Je crois que parler de lui, ça l’emmerde.

Il est plutôt introverti que joyeux drille, non?

Introverti, je comprends qu’on le dise et l’écrive ; mais ce n’est pas comme ainsi que je le vois. Il joue même au foot, ce n’est pas ma définition de quelqu’un qui vit reclus.

Vous avez pourtant plutôt joué sur cette image-là, non?

Pas volontairement, en tout cas. Disons qu’on ne voulait pas mettre notre image en avant. Mais finalement, ne pas avoir d’image est devenu notre image ! On s’est fait rattraper par notre choix en quelque sorte. Ce qui me permet de penser que dans ce genre de combat, on ne peut pas toujours gagner.

Etre batteur d'un groupe qui répugne à utiliser les rythmes, c'est plutôt reposant ou plutôt difficile?

Je ne suis pas d’accord avec votre question. Pour moi le rythme est une composante importante de nos chansons, même si, c’est vrai, les mélodies et les atmosphères sont plus souvent nos priorités… Certaines chansons du dernier disque sont même dansables. Je pense à « Beyond the sunrise » ou « Wrong girl ».

OK, c'est votre 4e album. Est-il plutôt meilleur ou pire que les précédents?

A vous de trancher. Les deux précédents étaient bien, mais ce n’était pas exactement ce qu’on voulait faire. Cette fois, comme pour notre premier disque « Tigermilk », nous sommes contents à 100%.

Vous avez donc ressorti « Tigermilk », votre premier elpee. Plutôt parce que vous le vouliez ou parce que tout le monde vous disait de le faire?

On en avait pressé mille. Quatre cents sont partis à famille et aux proches. Conclusion : seulement 600 personnes avaient cet album. Notre but étant quand même de toucher un maximum de monde, on l’a ressorti. « Tigermilk » est notre disque le plus frais, parce que nous avons eu l’occasion de l’enregistrer très rapidement.

Le titre de votre nouveau disque est interminable. Plutôt parce que la mode est aux titres longs ou parce que vous vouliez montrer que vous avez beaucoup de choses à dire?

En fait, la citation provient d’un graffiti qu’on avait vu il y a dix ans à l’unif sur une porte des douches. C’était très mystérieux à nos yeux… Depuis on a appris qu’il s’agit d’une citation de ‘Devils’, une pièce de John Whitting ; ce qu’on ignorait. C’est seulement après la sortie de l’album que quelqu’un nous a montré l’extrait.

Le départ du bassiste Stuart David (NDR : il a choisi de se consacrer totalement à son projet Looper), c'était plutôt une époque qui se terminait ou un bon bol d'air?

Disons que ce départ était prévisible. On connaît Stuart depuis des années. Il y avait déjà vécu une éclipse (prévue) de deux ans. Elle a finalement duré quatre ans. Il ne voulait pas vraiment trancher entre Looper et Belle & Sebastian. Il voulait continuer de front tant qu’il s’en sentait capable ; mais nous, on ne pouvait pas non plus attendre éternellement qu’il soit libre… Cela dit, il joue encore sur la moitié du dernier album

Murdoch, c'est plutôt le nom d'un magnat de la presse ou d'un songwriter?

Heu, les deux, je crois.

(Article paru dans le n° 85 de juillet/août 2000 du magazine Mofo)

Belle & Sebastian

If you were feeling sinister

Deuxième opus pour ce septuor écossais, glasgowégien très exactement, dont le patronyme trahit un sens très aigu de l’esthétisme, tout en exhalant un parfum étrange, presque euphorisant de romantisme adolescent. Pourtant, si Belle and Sebastian conjugue l’insouciance des Pastels, la sensibilité acoustique de Nick Drake, l’intimisme chaleureux de Pale Fountains, la qualité des arrangements du mythique Go-Betweens et la fibre poétique d’un Donovan, il atteint la richesse instrumentale d’un Felt et la poésie des Smiths. Ce qui lui permet de ne pas se contenter de se lover dans la tendresse moelleuse, souvent responsable de chansons aseptisées. D’autant plus que les mélodies, contagieuses, astucieuses, sont servies par des lyrics aussi mordants et décapants que ceux de Jarvis Cocker (Pulp)…

 

Belle & Sebastian

The boy with the arab strap

Si vous aimez les Pastels et que vous regrettez toujours la disparition de Felt et surtout des Smiths, Belle & Sebastian devrait vous combler de bonheur. Un ensemble écossais, constitué de huit musiciens, dont l’imagination perverse et romantique, est sculptée dans une forme de folk esthétique et délicat. " The boy with the arab strap " constitue le troisième album de la formation. Un disque dont la résonance poétique doit beaucoup à son chanteur/compositeur, Stuart Murdoch. Encore que sur cet opus, le maître ait accepté de céder la plume à Isabel Campbell et Stuart David, sur quatre fragments. Ce qui ne change, cependant, pas grand chose au style proposé par le groupe, sur ce disque. L’instrumentation basiquement folk est toujours judicieusement enrichie d’une panoplie d’instruments, dont un violoncelle, une trompette, un hammond et une boîte à rythmes. " Post postcard " pour les puristes, ce disque est considéré, outre-Manche, comme un des meilleurs albums de l’année 1998…