La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Selfless Orchestra

Great barrier

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Selfless Orchestra est un collectif réunissant des musiciens (violon, violoncelle, alto, flute, basse, piano, drums, guitares et water harp) et une choriste qui militent chez Karnivool, Last Quokka, The Weapon is Sound ou Injured Ninja… notamment. Pour enregistrer « Great barrier », il a également reçu le concours du Perth Symphony Orchestra. Découpée en 11 fragments, cette œuvre a été enregistrée en prise directe, sans montage.

Titre révélateur, « Great barrier » cherche à sensibiliser le monde à la protection de la Grande Barrière de Corail en Australie. Exclusivement instrumental, cet opus nous propose une musique cinématographique et épique qui aurait pu naître de la rencontre entre Godspeed You ! Black Emperor et Broken Social Scene auxquels Clare Torry (NDR : souvenez-vous de « Dark side of the moon » du Floyd) serait venue pousser des vocalises (NDR : pour la circonstance, il s’agit de Bhavani Naea). La plupart des compos sont construites par paliers, alternant crescendos et moments plus paisibles (au cours desquels on entend sporadiquement des chants de baleines), des mouvements qui atteignent parfois l’intensité cataclysmique.

Les prestations ‘live’ sont accompagnées de vidéos consacrées à ce combat destiné à sauver la grande barrière de corail…

Un groupe qui pourrait aisément revendiquer une place dans l’écurie Constellation…

Self-Evident

We built a fortress on short notice

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Self-Evident est issu de Minneapolis, un trio drivé par le chanteur/guitariste Conrad Mach. Première constatation, ce dernier possède une voix aussi écorchée et sinusoïdale que celle de Sting, mais en moins falsetto. Une sensation accentuée, lorsque Tom Berg, le bassiste, vient y apporter son soutien aux chœurs. Quant à la musique, elle s’inspire essentiellement des années 90. Pensez à Sebadoh, Guided By Voices, Shellac, Cursive ou à Firehose. Une expression sonore complexe, truffée de brisures de rythmes ; mais dont le sens mélodique est constamment préservé. En outre, solide, la section rythmique libère un groove phénoménal. L’expression sonore serait –en lisant les articles publiés sur la toile– le fruit de la rencontre entre emo, hardcore, punk, jazz, indie, post et math rock. Pourquoi pas ! Découpé en 10 pistes, « We built a fortress on short notice » constitue quand même le sixième elpee du combo ; une formation qui de toute évidence mérite une mention particulière pour son implication dans l’univers du rock alternatif…

 

Kevin Selfe

Buy my soul back

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Kevin Selfe est originaire de Virginie, aux States. A l’âge de 23 ans, il intègre le Fat Daddy Band qui décroche une place de finaliste à l'International Blues Challenge de Memphis. Nous sommes alors en 1997. Le band grave trois albums. En 2003, Kevin rejoint Little Rodger and The Cheap Thrills ; puis, en 2005, fonde son propre groupe, Kevin Selfe and The Tornadoes. L’équipe publie "Selfe Contained", en 2006. En 2007, Mr Selfe émigre au bord du Pacifique, du côté de Portland, dans l'Oregon. Il monte une version locale des Tornadoes, et publie "Playing the game", en 2009. Ce chanteur/compositeur/guitariste/harmoniciste signe sur le label Delta Groove en 2013. Et dans la foulée, il grave "Long walk home", un disque qui rencontre un franc succès chez les passionnés de blues. Faut dire que pour concocter cet opus, il a notamment reçu le concours d’invités de marque, dont le pianiste Gene Taylor, l'harmoniciste Mitch Kashmar et le claviériste Doug James. Un LP paru sur l’écurie dynamique, Vizztone. Tout au long de ce long playing, il se réserve le chant et la gratte. Lors des sessions il a, en outre, bénéficié de la participation du drummer notoire Jim Bott, et de son pote Allen Markel –un ex-Tornado– à la basse. En outre, de nombreux guests ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Roseleaf Recording, à Portland.

"Picking empty pocket" ouvre l’LP. Une plage rythmée soutenue par une section de cuivres. Brad Ulrich s’autorise un premier billet de sortie sur son saxophone baryton, suivi rapidement par un envol de Selfe, particulièrement saignant sur ses cordes. Jim Bott (drums), Willie J. Campbell (basse acoustique) et Mitch Kashmar (très inspiré à l'harmo) dominent le shuffle entraînant, "Fixed it til it's broke". Enrichie par la section de cuivres, "Buy my soul back" concède des accents soul proches du Memphis blues, un blues enlevé au cours duquel James Pace siège derrière l’orgue et Lisa Mann (NDR : issue de Portland, cette chanteuse n’est autre que l’épouse du bassiste, Alan Markel) participe aux chœurs. Parcimonieuse, l’approche de Kevin sur ses cordes lorgne vers Robert Cray. La voix devient autoritaire sur le bluesy "Digging my own grave". La sonorité de la slide est impeccable. R&B lent, "All partied out" est le théâtre d'une superbe envolée de Selfe. Excellent, "Keep pushing or die trying" est encore imprimé sur un tempo soutenu. Steve Kerin se consacre au piano, alors que transcendé, Kevin se déchaîne à la manière d'un Jimmie Vaughan au sommet de son art ! "Bluesman without the blues" est une autre tranche de Memphis Blues. Orgue et cuivres tirent leur épingle du jeu ; mais surtout la gratte lumineuse réminiscente d’Albert King. "I'm on fire" est sculpté dans la roots. Une piste ‘unplugged’ à laquelle participent Kevin à la slide, Mitch Kashmar à l’harmo et Don Shultz à la batterie. Les ivoires de Gene Taylor sont jazzyfiantes tout au long de "Don't tear me down". Sa guitare, hantée par Omar Dykes, nous entraîne dans les bayous louisianais. Impressionnant ! Davantage roots, "Virginia roots" permet à Kevin de nous rappeler ses racines. Après l’instrumental "Pig Pickin'", le long playing s’achève par "Staring up at the Bottom", un morceau souligné par les chœurs gospel et tapissé par l’orgue… 

 

Melt Yourself Down

Melt Yourself Down

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Alors que les cendres du groupe londonien de free-jazz Acoutic Ladyland sont encore chaudes, le leader et saxophoniste Pete Wareham monte un nouveau projet et le baptise Melt Yourself Down. Histoire de ne pas être trop perdu, il a fait appel à son ancienne collègue Ruth Goller afin de tenir la basse. On retrouve derrière les fûts Tom Skinner. Un deuxième saxophoniste (Shabaka Hutchins), un claviériste (Leafcutter John), un percussionniste (Satin Singh) et un chanteur (Kushal Gaya) complètent le line up du band.

Peu enclin à respecter les codes, Melt Yourself Down se plaît à brouiller les pistes et apparaît comme un réel OVNI musical. Difficile de rester en place à l’écoute de ce premier album. Les Anglais n’hésitent pas à teinter de nuances orientales, de l’afro-jazz ou de la musique latino. Dynamisant le tout d’énergie punk et la saupoudrant de quelques particules d’électro. Un sacré fourre-tout donc ! Mais pour un résultat impressionnant. Car ça groove ! C’est hypnotique. Au chant, Kushal Gaya, le shaman, semble littéralement possédé. Les saxophones sont épileptiques. Et le plus extraordinaire c’est qu’au final, les huit morceaux restent accessibles.

Cet album devrait plaire aux amateurs de musique du monde mais pas seulement, car Melt Yourself Down parvient à transgresser les frontières et transcender les genres. N’hésitez donc pas à vous y plonger. Sensations fortes assurées !

 

Kevin Selfe

Long walk home

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Kevin Selfe est un artiste méconnu. Et pourtant, ce Virginien a été signé par le label californien de blues notoire, Delta Groove. Il a décroché un diplôme en météorologie, à l'université de Raleigh, en 1995. Il décide cependant de tourner le dos aux prévisions climatiques, pour embrasser une carrière musicale, et tout particulièrement dans l’univers du blues et de la soul. En 97, il rejoint le groupe local Fat Daddy Band. Il y militera six ans et participera à l’enregistrement de trois elpees. Il passe alors chez Little Rodger & The Cheap Thrills. En 2005 enfin, il fonde son propre groupe, Kevin Selfe & The Tornadoes. Au cours de sa carrière, il a accompagné des légendes comme Eddie Clearwater ou Carey Bell.

La formation grave un premier opus en 2006, "Selfe-Contained". Il s’établit alors à Portland, dans l’Oregon et remonte ses Tornadoes. Le combo publie "Playing the game", en 2009. Kevin se réserve le chant, la guitare et l’harmonica. Il est soutenu par le drummer notoire Jim Bott (Mannish Boys, Mighty Flyers) et le bassiste Alan Markel (Insomniacs). Il signe les onze plages et assure la production du long playing.

"Duct tape on my soul" ouvre la plaque. Du west coast jump bien nerveux, cuivré et tout en swing. Le coup de balai de Bott se charge de rendre l’ensemble homogène. Selfe s’autorise déjà un envol largement inspiré par T-Bone Walker. "Mama didn't raise no fool" est une compo aussi rythmée. L'harmoniciste californien Mitch Kashmar se réserve également une sortie remarquable ; mais il est relayé par Kevin qui ne tient plus en place. Le spectre de T-Bone plane à nouveau sur "Moving day blues", un slow blues à la texane. Gene Taylor (Fabulous Thunderbirds/Blasters) siège derrière le piano. Une superbe piste, au cours de laquelle, talonnée par le front de cuivres, la guitare se débride et s'envole vers les sommets. Retour aux origines du Delta pour "Last crossroad". Un chouette boogie qui adopte un profil plus minimaliste, limité au bottleneck et à la section rythmique. Caractérisé par un riff cher au regretté Magic Sam, "Dancing girl" nous transporte dans le Westside de Chicago. Kashmar est au chant. Le solo de  Kevin est éblouissant. Une slide aux intonations métalliques contamine "Midnight creeper", un morceau de plus de 7’ qui baigne au sein d’un climat sombre et lugubre. Boogie woogie amusant, "Walking funny" est illuminé par la dextérité de Gene Taylor sur ses 88 touches en ivoire. "Too much voodoo" est sans doute la plage la plus contagieuse. La mélodie accroche facilement. L'orgue de Dover Weinberg y est sans doute pour quelque chose, mais également la guitare dont les sonorités semblent être empruntées, à Mark Knopfler au sommet de son art. "Second box on the left" baigne dans le swing et lorgne du côté de Guitar Watson sur une piste au cours de laquelle les saxophones se libèrent. "The blues is my home" opère un dernier saut dans le Delta avant de céder le relais à "Put me back in jail", un blues rocker galopant qui termine l'aventure, tel un Jimmy Reed hyper speedé …

 

Paris Suit Yourself

My Main Shitstain

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Trois Bordelais rencontrent un drummer américain à Berlin et décident de fonder un groupe. Résultat des courses ? Difficile à imaginer. Par contre, le combo décrit sa musique comme le fruit d’un mélange entre a capella, dub et trance. Ben, pourquoi pas !

Après avoir écouté une première fois cet elpee, je me suis demandé si ce quatuor ne cherche pas à se foutre de notre fiole, tant leur mixture est déjantée et sans la moindre ligne de conduite. Pourtant, au fil des écoutes, on commence à accrocher aux morceaux. Les guitares stridentes (« Rolling On »), le climat psyché (« Craig Machinsky »), le format punk (« Brainwashed »), le chant délirant de Luvinsky Atche et les lignes de synthé surnaturelles débouchent finalement sur une solution sonore atypique, mais surtout intéressante et jouissive. Des comparaisons hasardeuses ? Deerhof ? Liars ? Mais en plus tribal. Une chose est sûre, Paris Suit Yourself nage dans un no man’s land musical.

Paris Suit Yourself est certainement l’un des groupes les plus originaux découverts en ce début d’année. Espérons qu’ils se produisent bientôt près de chez nous ; d’autant plus que, paraît-il, leurs sets sont, à l’image de leur musique, dévastateurs…

 

Mindless Self Indulgence

If

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Mariage banal de Nu Métal et d’electro-punk, la huitième œuvre de Mindless Self Indulgence semble être figée en plein cœur des années ’90. Un peu comme si le quatuor refusait d’accepter le constat que le genre musical auquel il s’accroche, n’est aujourd’hui plus qu’un vague souvenir dans l’esprit des teenagers de l’époque. Parcouru de quelques hauts (le bien nommé « Mastermind » ou un « Bomb This Track » évoquant Hadouken!) et un peu trop de bas (les barbants « Revenge », « Get It Up », « Prescription », « Money »), « If » s’adresse avant tout aux fans de la première heure qui, eux, en auront pour leurs sous, au vu des innombrables bonus qu’il recèle. Outre les quinze morceaux originels de la plaque, la version européenne de cet essai contient donc deux inédits (les énergiques mais dispensables « Uncle » et « 3S ») ainsi que quatre versions remixées du single « Never Wanted To Dance ». De ces dernières, on retiendra principalement la réinterprétation ‘Nine Inch Nails-ienne’ du morceau par Combichrist. Et on évitera à tout prix l’affreux remix electro de Tommy Sunshine. L’énergie et la hargne dont le quatuor manifeste sur ce « If » sont irréprochables. Dommage que la créativité ne suive pas…

Self Scientific

Change

Écrit par

Duo atypique issu de Los Angeles, Chace Infinite et Dj Khalil viennent de concocter un solide album sur le label de Dj Muggs (Cypress Hill). Le propos sans concessions de Self Scientific se distingue par un travail musical de très haut niveau. En outre, il n’hésite pas à briser les clichés en vigueur dans le hip hop pratiqué sur la côte ouest des Etats Unis. Le disque est partagé entre productions très électro et plutôt down tempo (« Balance », « When I Die », « 2 step »), gros beats bien gras teintés de soul rappelant EPMD (les phénoménaux « Change » et « King Kong ») et autres titres au cours desquels les boucles de disques soul défilent deux fois plus vite que la vitesse normale (« Tears », « Live n Breathe », le génial « What You Need »). Nettoyées de ses clichés, les rimes de Chace Infinite (au flow très proche de Jay Z) font le reste. Que le propos soit politique ou se focalise simplement sur la vie de tous les jours. Synthèse réussie entre titres hédonistes et propos plus graves pour un disque (trop) discret mais d’excellente facture.

Weaselface

Aces only

Écrit par

Pas radin pour un sou, ce groupe suédois a bourré ce cd de tout pour ce que les fans de hard/punk/rock, qui doivent bien errer quelque part sur notre belle planète bleue, rêvent un jour de trouver. Les autres repasseront. Cet opus épingle quelques reprises : Motorhead (tiens donc), Joey Ramone (tiens, tiens) ou encore de Mel C. (tiens, tiens donc) ; un clip vidéo et des titres empruntés, ici et là, au cours des dernières années. Les intéressés de ce genre de rock devraient y retrouver leurs chats, et déjà saliver aux bières qu'ils pourront ingurgiter et aux courbatures qu'ils seront susceptibles de s'occasionner, lors du prochain passage près de chez eux. Les petits veinards !

 

Self

Subliminal plastic motives

Self, c'est une histoire de deux frangins qui se retrouvent après quelques années pour enfin monter leur propre groupe. En fait, si Mike Mahaffey sévissait déjà depuis quelques années au sein de groupe locaux dans son Tennessee natal, le parcours de Matt est beaucoup plus révélateur. A l'âge de douze ans, il joue de la batterie. A dix-huit, fréquente l'université où il commence à bidouiller des tas de styles musicaux à l'aide d'un quatre pistes et d'une guitare. Des expérimentations qu'il mène dans le domaine du hip hop, de la lo-fi et du rock alternatif. Mais pour enregistrer son premier album, et surtout pour monter son propre studio, qu'il veut à la pointe de la technologie moderne, il retourne écumer les clubs et les bars, derrière ses drums. Et lorsqu'il a amassé suffisamment de flouze pour passer à l'action, il rappelle son frère, engage quelques musiciens de studio et enregistre ce "Subliminal plastic motives". Si Mike et Matt se sont évidemment assuré l'essentiel de l'instrumentation, ce dernier s'est réservé, bien sûr, la composition, le chant, la production et surtout la gestion des samples. Il estime d'ailleurs que ceux-ci sont devenus une expression de sa personnalité et il les traite comme s'ils étaient devenus des instruments à part entière. Et le résultat est plutôt éloquent. Onze pop songs soignées, riches, opulentes, mélodiques. Au groove irrésistible, aux cordes de guitare croustillantes, effilées, aux harmonies vocales claires, suaves. Et si nous vous avançons que la musique est à la croisée des chemins de Weezer, de Beck et de Whale, comment voulez-vous dans ce cas, ne pas hériter d'un bon album?