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Joan Shelley

Joan Shelley

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Deux ans après avoir publié le paisible « Over and Even », Joan Shelley nous propose déjà son sixième elpee ; et il est éponyme. Première constatation, la native de Louisville (NDR : c’est dans le Kentucky) n’y réserve pas vraiment de bouleversement notable. Lors des sessions d’enregistrement, elle a d’ailleurs encore reçu le concours du guitariste Nathan Salsburg et du pianiste James Elkington. Pourtant, elle a quand même bénéficié de la collaboration de Jeff Tweedy (Wilco) à la production et de son fils, Spencer, à la batterie. Du beau monde, manifestement…

Minimaliste, l’instrumentation est cependant parfaitement calibrée ; et tout particulièrement les lignes de guitare. L’écriture est subtile. Les musiciens sont talentueux. Et la songwritrice parvient à insuffler aux compos un supplément d’âme, grâce à des variations parfaitement maîtrisées. Si certaines mélodies accrochent instantanément, à l’instar de « Where I’ll Find You », d’autres nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. 

Dépouillé et authentique, le folk de Joan Shelley se savoure au coin du feu, lors des longues nuits d’automne…

 

Joan Shelley

Over and even

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Joan Shelley nous vient de Louisville, dans le Kentucky. La musique de cette jeune femme évolue à des années lumières de celle proposée par certaines de ses contemporaines qui se (com)plaisent à en faire des tonnes en habillant leurs morceaux de cuivres, de cordes, et autres instruments. Son folk est donc minimaliste et authentique.

Et « Over and Even », son troisième album, constitue un bel exemple. Joan et Nathan Salsburg se consacrent à la guitare. Une instrumentation simple et efficace qui met bien en exergue la voix douce et paisible de Mrs Shelley. Selon les titres, des interventions de piano ou de lap steel viennent discrètement enrichir l’ensemble. En outre, elle échange quelques harmonies vocales bien senties et surtout remarquées, en compagnie du roi du folk, Will Oldham, sur « Stay On My Store », « Jenny Come In » et « Subtle Love ». Malgré cette instrumentalisation dépouillée, Joan Shelley parvient à insuffler un souffle à ses morceaux ; comme sur l’excellent « No More Shelter ». Et finalement, les compos de cette artiste parviennent à nous entraîner dans un univers très proche de Bonnie Prince Billy (bien sûr), Joan Baez ou encore Emmylou Harris.

Joan Shelley démontre, tout au long d’« Over and even », qu’il n’est pas nécessaire d’enfouir de bons morceaux sous une orchestration luxuriante. Parfois la grâce d’une sèche est bien plus efficace et troublante qu’une armée de violons.

 

Shelley Short

The came the after

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Shelley Short est né aux Etats-Unis. A Portland dans l’Oregon, très exactement. Dès sa tendre enfance, la jeune fille baigne dans le milieu musical. Très jeune, elle apprend la basse puis la guitare. Au lycée, elle écrit ses premières chansons. Shelley s’inspire de tout ce qui l’intéresse au quotidien : la littérature, le cinéma et bien entendu la musique. Bref, tout ce qui peut développer son imagination. Influencé par le folk et tout particulièrement l’americana, elle enregistre ses premières compos en 2003. Elle publie, ensuit quatre albums sur le label Hush (Laura Gibson, Loch Lomond, …) Ce qui lui permet de tourner aux States, mais aussi sur le Vieux Continent. Elle a notamment assuré la première partie du dernier périple de M.Ward. Et c’est à cette époque, qu’elle a composé les chansons de ce nouvel elpee, « Then came the after ».

Je dois avouer ne pas très bien connaître cette Shelley Short. Mais j’ai vraiment été surpris d’apprendre qu’elle avait signé chez Africantape, une écurie au sein de laquelle on ne rencontre pas vraiment d’artistes pratiquant ce style musical. Faut croire que le label français a décidé d’élargir son champ d’action. 

Pour concocter cet opus, l’Etasunienne à quand même reçu le concours de vielles connaissances. Et en particulier Alexis Gideon, Nate Query (aperçu auprès de The Decemberist) ainsi que Rachel Blumberg (M.Ward, The Decemberist). Du beau monde, en perspective, donc… Et le résultat est plus que satisfaisant. Ses compos sont recherchées mais aussi parfois bouleversantes d’émotion. Les mélodies ne se dévoilent qu’après plusieurs écoutes. La production est soignée. L’instrumentation diversifiée : depuis la harpe à la trompette, en passant par l’ukulélé ainsi que les grattes électrique et acoustique.

Lorsqu’on écoute la musique de Shelley Short, on ne peut s’empêcher de projeter dans son esprit les images des paysages verts et paisibles de l’Oregon.

Au sein d’un genre qui se mord trop souvent la queue, « The came the after » est manifestement une bonne surprise.

 

Meshell Ndegeocello

The world has made me the man of my dreams

Écrit par

Personnage à part (et plutôt ombrageux) dans l’histoire de la musique contemporaine, cette bassiste virtuose a pris l’habitude d’être là où on ne l’attendait pas. A l’époque où elle était hébergée sur le label de Madonna, Meshell Ndegeocello a tâté du hip hop et des sons r’n’b. Elle y a bien sûr imprimé sa touche iconoclaste et intellectuelle qui lui a valu d’être virée sans ménagement du label de la Material Girl. Elle emprunte depuis un chemin musical torturé et peu facile d’accès, qui a au moins le mérite d’être sans concessions. Cet album ne fait pas exception à la règle. « The world has made me the man of my dreams » a été conçu comme un hommage au jazz cosmique de Sun Ra. Même si l’esprit mystico-religieux est identique, musicalement on est loin des morceaux du légendaire jazzman. C’est un album qui pioche beaucoup dans le jazz électrique et métallique, les percussions latines, la new wave (« The sloganeer ») et les bruitages électroniques ; mais aussi dans un dub-punk qui n’est pas sans rappeler les travaux des Bad Brains. Meshell Ndegeocello chante et déclame des textes d’amour saphique, parle religion et s’amuse à saboter les morceaux, entraînant l’auditeur au sein d’un univers inexploré. Quelques pauses plus mélodiques (« Lovely Lovely », « Shirk ») aideront les téméraires à pénétrer dans cette jungle musicale complètement barrée.

Meshell Ndegeocello

Cookie : The Anthropological Mixtape

Depuis son premier album (" Plantation Lullabies " en 1993), Meshell Ndegeocello s'est construit une carrière musicale d'une richesse étonnante et d'un engagement jamais démenti : ses trois albums lui ont valu la reconnaissance de ses pairs, et son message politique (paix, amour et tolérance) s'est affiné au fil des années. Aujourd'hui, elle nous revient avec ce " Cookie " volubile et fringant, toujours à la croisée des chemins de la soul, du funk, du jazz, du hip hop et du spoken word ; bref à l'épicentre de la musique black la plus torride et la plus revancharde. En prêchant la bonne parole sur un tapis tressé de beats languides et poisseux, Meshell nous rappelle qu'avant Alicia Keys, Jill Scott et Erykah Badu, elle était la seule à lutter haut et fort contre l'injustice et l'argent roi, sources de tous les maux. Sur l'album, elle est d'ailleurs accompagnée de Gil Scott Heron et d'Angela Davis (l'égérie des Black Panthers), prouvant encore une fois son attachement à la cause noire, autrement dit à combattre l'indifférence et la haine raciale. De " Dead Nigga Blvd. (avec l'ex-Funkadelic Michael Hampton) à ce " Pocketbook " remixé par Missy Elliott, le chemin proposé par Meshell est ainsi pavé de bonnes intentions - celles qui ont pour but notre prise de conscience, des problèmes sociaux, raciaux, ou relationnels. Sans jamais baisser la garde, Meshell Ndegeocello (" libre comme l'oiseau " en dialecte swaali) n'en oublie pas pour autant la musique : sophistiquée, insaisissable, elle déconcerte d'abord (c'est tout et rien à la fois), puis séduit, réchauffe, rassure. Parfois très chaude (le torride " Trust " et ses paroles érotiques) ou très jazz (" Criterion "), la musique de Meshell ne se suffit d'aucun terme, forcément réducteur. Finalement, le principal, c'est qu'elle touche au cœur. Autant vous dire qu'elle ne rate jamais son but.

 

William Sheller

Live au Théâtre des Champs Elysées

Écrit par

Lorsque Sheller s'entoure d'un groupe traditionnel en plus d'un ensemble à cordes, je crains toujours le pire. En général, ça casse plus souvent que ça ne passe. Impression confirmée par cet enregistrement live de la tournée qui a suivi la sortie des "Machines Savantes", dernier album studio en date. Dès la deuxième plage, la batterie enlève toute la finesse de "Moondown". Au troisième, le solo de guitare saccage "Les millions de singes"… Sans le groupe, les choses s'arrangent sur les quatre fragments qui suivent : "Les orgueilleuses", "To you", Centre ville" et "Un endroit pour vivre" ; pour finalement repartir sur du rock (ou du métal) de bas étage. Fin du premier cd. Le second est différent. Sur les 11 titres seuls 3, regroupés en fin de concert, sont taillés dans le rock (dont "Rock n' roll dollars"). Sheller ne s'y trompe d'ailleurs pas et plaisante à ce sujet lors de la clôture. Parce qu'il doit reprendre l'exécution de sa "Chanson lente", tant l'écart entre les deux mondes, qu'il tente de faire cohabiter, est grand. Bon, voilà pour l'aspect "technique". L'interprétation générale est évidemment de qualité, la présence d'une clarinette ou d'une trompette ça et là donne une nouvelle dimension à certaines chansons. Le track list judicieux recèle quelques classiques ("Genève","Une chanson qui te ressemblerait",…) et de nouveaux titres. Mais si tout se marie plutôt bien, ce mélange rock/classique ne soude pas spécialement l'ensemble. Alors soit vous créez une programmation, soit comme moi vous réécoutez Sheller. "En solitaire" !

 

Shellac

1000 hurts

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Tous les groupes de post rock et d'émo-core sont redevables de Shellac. Véritable objet de convoitise et de repère musical, ce projet " défouloir " imaginé par Steve Albini sort des plaques épisodiquement ; et en particulier lorsque ses emplois du temps lui permettent. C'est dire le caractère quasi événementiel qui revêt une telle sortie. Sous la forme du vinyle d'abord. Toujours. Le cd suivant quelques semaines plus tard. Aucun exemplaire promo de ce " 1000 hurts "n'a été envoyé à la presse. Les distributeurs ont même signé un contrat à cet effet. J'y suis donc allé de ma poche ( NDR : ça m'arrive encore souvent, faut pas croire). Petit détail, lorsque vous achetez le vinyle, le cd est négligemment inclus dans le box en carton… Passés ces détails, il faut bien admettre que Shellac possède toujours une longueur d'avance sur ses suiveurs. L'album est captivant de bout en bout, évitant finement les pièges du genre. Bien sûr le style est toujours le même : syncopé, aride et lancinant, mais la réinvention constante permet de passer outre l'impression de déjà entendu. Un cran au-dessus de " Terraform " (1997), mais pas de l'inégalé maître étalon, " At action park " (1994), " 1000 hurts " constitue une des très bonnes sorties de cette fin 2000.

Paul Rishell & Annie Raines

Moving to the country

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J'attendais tellement de ce nouvel album, après avoir craqué sur le sublime "I want you to know", qu'autant l'avouer de suite, je suis déçu. Oh, la qualité n'est pas en cause, au contraire, mais le titre de l'album nous met immédiatement au parfum. Il est tourné vers le country blues. Ce qui, sans doute, n'est guère surprenant ; car Paul Rishell est avant tout un artiste de country blues.

"Kansas City blues" ouvre le bal et nous permet de découvrir une nouvelle facette du talent d'Annie Raines. Elle joue de la mandoline. La plage titulaire suit. Imprimée sur un tempo solide, marquée par les baguettes de Marty Richards du Duke Robillard Band. Annie chante "I got the blues" de Bo Carter manifestant infiniment de respect pour la tradition. Une tradition à laquelle Paul reste très attaché. Mais comme il est surdoué, ça passe sans problème. Sa reprise de "Keep your hands off her" de Leadbelly est admirable, très roots ; sa guitare amplifiée se conjugue à la mandoline d'Annie. L’éclair, la claque survient à mi-parcours. A travers le très nerveux instrumental "Sweet tooth". Un tour de force à l'harmonica. Annie chante alors « Good women have bad days », une de ses compositions au titre tellement évident, avec à la clé, un solo d'harmonica chromatique, très Little Walter. Elle chante aussi son "Turning corner", tout en pianotant un Fender Rhodes électrique. Paul y décoche son meilleur solo. Beauté et pureté pour l'instrumental "Tears" de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli. Annie y joue la partie violon sur son instrument chromatique. Voilà, c'est tout, c'est un bon album mais je m'en vais remettre "I want you to know" dans ma platine.

 

Shell

Out of tune

Encore une formation new-yorkaise. Excellente, par ailleurs. Dont on ne connait cependant pas grand chose. Le booklet nous apprend quand même que c'est un certain O' Schaier qui signe toutes les compositions. Mais pour le reste, c'est le mystère le plus complet. Treize fragments découpent cet " Out of tune ", treize chansons qui ne dépareraient certainement pas le répertoire d'un Sebadoh, d'un Pavement ou d'un d'un Swell. Encore que le timbre vocal écorché du chanteur nous fasse plutôt penser à John Mascis de Dinosaur Jr. Et si on y retrouve ça et là quelques traces de claviers, minimalistes bien sûr, et d'harmonica, c'est dans les cordes de guitares ébréchées, déchiquetées que sont taillées les mélodies, des mélodies mélancoliques, contagieuses, fondamentalement ‘lo fi’...