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La fuite d’Ellside

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Måneskin

Rush

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Quand on parle de Måneskin, on pense immédiatement au concours Eurovision, remporté par le quatuor rock italien, en 2021. Pourtant, il vient d’enregistrer son troisième elpee. Les 17 titres qui ont été enregistré à Los Angeles, en Italie et à Tokyo. Le groupe y montre ses vulnérabilités, sa colère, ses joies et s'en prend au rêve américain qui ne le représente pas vraiment.

Pour concocter son glam rock très old school, il a puisé dans les meilleurs fertilisants rock’n’roll : l’insolence (« Bla Bla Bla »), le désir charnel (« Timezone ») et le vice (« Feel »). Outre le band, de nombreux producteurs se sont chargés de la mise en forme. Parfois plusieurs pour un même morceau. Si bien que tout est parfaitement ciselé. A l’instar de « Supermodel » ou de la ballade sirupeuse « The Lonelist ». Malgré son refrain théâtral et accrocheur, « Gossip » souffre de la prestation vocale inoffensive de Tom Morello (Rage Against The Machine). Enfin les ballades « Timezone » et « If Not For You » sont un peu trop revivalistes.

Heureusement, il y a le post punk incendiaire « Mark Chapman » (NDR : souvenez-vous, c’est l’assassin de John Lennon), mais également le sauvage « Kool kids », au cours duquel Victoria s’en donne à cœur joie sur ses quatre cordes.

Finalement, ce sont les compos interprétées en italien qui se révèlent les plus incisives. Ainsi, la voix de Damiano David est particulièrement grisante sur « La Fine » et « Il Dono Della Vita ».

Toutes les dates de la tournée sont sold out, même les deux concerts programmés à Forest National les 2 et 3 mars 2023.

Måneskin

Teatro d'ira - Vol. I

 Maneskin a donc décroché la victoire pour l’Italie, lors de l’édition 2021 du concours eurovision, en interprétant « Zitti E Buoni ». Cette chanson qui se traduit en langue française par ‘Taisez-vous et tenez-vous tranquille’ a donc logiquement fait le buzz.

Le sulfureux quatuor réunit le chanteur Damiano David, le drummer Ethan Torchio, la bassiste particulièrement sexy Victoria de Angelis et enfin le guitariste Raggi. Le combo a été fondé à Rome par les deux derniers cités.

Son patronyme, Måneskin, signifie ‘clair de lune’ en danois, et il a été choisi parce que la bassiste possède des racines danoises.

Måneskin était parvenu, sur son premier elpee, « When We All Fall Asleep, Where Do We Go ? », paru en 2019, à transformer la chanson sombre et déconcertante de Billie Eilish, « Bury A Friend », en morceau de rock hymnique (NDR : une adaptation ‘live’ a été immortalisée dans le cadre de la dernière édition du Ronquières Festival, ici).

Et c’est également à travers une cover, celle du « I Wanna Be Your Slave » d’Iggy Pop que le band affiche son côté le plus dévastateur. Un titre qui figure sur ce second long playing et dont une version a bénéficié du concours de l’Iguane, mails elle ne figure qu’en bonus track sur le pressage japonais.  

Les influences du groupe sont multiples, elles oscillent de Led Zeppelin, à Franz Ferdinand, en passant par Fleetwood Mac et David Bowie. Mais en général, elles creusent dans le passé.

De plus, il est très surprenant de découvrir des albums où la langue interprétée est alternée. Ainsi, au fil de l’écoute, on remarque que l’italien et l’anglais se côtoient, sans pour autant se marcher sur les pieds.

Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas, même si on y reconnaît des similitudes. Une constante quand même, le côté très théâtral des parties vocales, assurées par Damiano. Parfois même dans l’esprit de David Bowie. Et « Lividi Sui Gomiti » en est certainement l’exemple le plus flagrant. Encore que parfois, elles sont plus proches de la déclamation, voire du rap.

Les contretemps exécutés à la batterie sont sublimés par les accès de basse, très présents. Ce qui communique un sentiment de fraîcheur aux morceaux.  

Si « La Paura Del Buio » et « In Nome Del Padre » libèrent une fameuse dose d’intensité, cette intensité monte en crescendo sur « Coraline ». En début de parcours, les cordes de gratte sèche épousent la voix alors claire, avant que les autres instruments n’entrent dans la danse. Puis la gratte s’électrifie et la piste grimpe progressivement en puissance….

Et l’opus de s’achever dans le calme et la douceur, par Vent’Anni » …

Måneskin se produira à Forest National le 10 février 2022 ; et c’est complet depuis longtemps.


 

BleedSkin

Jouer dans un festival majeur d’Europe serait un rêve…

Écrit par
Fondé en septembre 2016, BleedSkin pratique du death metal. Ses sources d’inspiration majeures ? Slayer, Cannibal Corpse, Abnormality, Behemoth, Dying Fetus, Deceide ou encore Aborted. En bref, les formations du style qui ont sévi au cours des 80’s et des 90’s. Son prochain elpee devait sortir en juin 2020. Malheureusement, à l’instar de nombreux bands ou artistes, la crise du corona est passée par là. Figures de proue du combo, Céline et Rémy ont accepté de nous parler de leurs projets, dont une future participation au Metalworks.

Les médias vous collent une étiquette death metal. En général, les artistes n’aiment pas trop ces classifications ; mais les mélomanes, bien. Pourriez-vous, quand même, attribuer une définition à votre style musical ?

Rémy : Bleedskin est un groupe de death metal typé old-school. Tous les musiciens du groupe ont des goûts divers et variés. Que ce soit pour du metal ‘modern’ ou ‘old-school’. Mais aussi de la pop, du jazz, du funk et du classique…

Céline : Les riffs que nous jouons sont contemporains, mais le son que nous essayons de capter aussi bien en live qu’en studio tirent vers l’old-school.

De quand date les prémices du groupe ? Le line up est-il toujours le même depuis ses débuts ?

R : Nous sommes les membre fondateurs (Céline Mazay, guitare rythmique) et Rémy Asma, chant, guitare). Fin 2016, Tom (Massart, batterie) et Logan (Dykens, chant/guitare) nous ont rejoints. Sous ce line up on a enregistré un premier Ep, en 2018.  Mais en 2019, ces deux derniers nous ont quittés. Ils ont été remplacés par Benjamin (Lefèvre, guitare) et Anouk (Debecq, chant).

La sortie de cet Ep, « The Rotten One », en 2018 vous a-t-elle permis d’ouvrir les portes des organisations de concerts et des promoteurs ? Et quel accueil a-t-il eu auprès du public et des médias ?

C : Je ne m’attendais pas à ce que l’Ep nous ouvre autant de portes et que le public soit aussi réceptif ! C’est d’ailleurs grâce à cette sortie que nous avons connu Renald (NDR : le booker) …
R : Il faut reconnaitre que la qualité de cet Ep est loin d’être exceptionnelle.   Par contre j’ai été surpris du nombre de réactions positives. Ce qui a sans doute incité les organisateurs/promoteurs à nous programmer…

Il est étrange que dans un petit pays comme la Belgique les groupes wallons éprouvent énormément de difficultés à percer en Flandre, mais également l’inverse. Enfin, c’est une impression. Est-ce dû à une sensibilité différente entre les publics de ces deux régions linguistiques ?

C : C’est exact ! Peu d’artistes wallons se produisent en Flandre, et flamands, en Wallonie. Les accès semblent bouchés, d’un côté comme de l’autre. Serait-ce dû à la barrière de la langue ? C’est à méditer. Enfin, on a la chance de pouvoir compter sur Renald pour booker toutes nos dates en Flandre…
R : En Flandre, le public remue beaucoup plus qu’en Wallonie. Il est ainsi très agréable de jouer chez eux…

Récemment, vous avez publié des titres issus du ‘Live at Heretic Metal Fest 2020’, sur votre Bandcamp (en écoute ici). Une raison ?

R : On a sorti ce live 3 titres en réponse au confinement (coronavirus). A défaut de concerts, nous voulions quand même proposer des chansons à nos fans. C’était également l’occasion de proposer du contenu enregistré en compagnie du nouveau line up.

Vu la pandémie, votre tournée a été fortement réduite. Comment gérez-vous cette situation ? 

C : Tous nos concerts jusque septembre sont tombés à l’eau. Et malheureusement il y en avait quelques-uns… Certains ont été reportés plus tard dans l’année, mais d’autres ont tout simplement été annulés…

R : Nous venions de terminer l’enregistrement de notre nouvel album lorsque le confinement a été décrété. La parution du CD était prévue pour le mois de juin. Tout est malheureusement postposé… Mixage, pressage du digipack, tournage du clip, etc. Nous devrons patienter jusqu’au retour à la normale des activités économiques en Europe. Nous espérons le sortir en septembre ou octobre.

Comment gérez-vous cette crise, comme groupe et puis, individuellement ?

C : Humainement, l’épreuve est assez difficile. Nous nous réunissions plusieurs fois par semaine. Outre le groupe, nous sommes tous des amis…

Vous n’envisagez pas de diffuser des performances ‘live’ en direct via les réseaux sociaux ? De nombreux groupes ou artistes les proposent aujourd’hui… 

C : Non. C’est très compliqué. Même sur Facebook. Parce que nous n’avons pas accès à l’ensemble de nos instruments. Et tout particulièrement la batterie…

Quels seront vos projets, lorsque la crise sera terminée ?

R : Sortir l’album, tourner un clip, reprendre les répétitions et se produire en concert…

Le métal véhicule pas mal de clichés, comme celui d’un univers où on picole pas mal. Dans une de vos interviews, vous avez déclaré que votre environnement familial était compréhensif à votre égard. Quelles sont les réactions de vos proches, aujourd’hui, après plusieurs années de parcours ?

C : Dans ma famille tout se passe très bien. Le monde du métal ne leur est pas inconnu. D’ailleurs mon père est un grand fan d’Iron Maiden…
R : D’un point de vue professionnel, j’évite d’en parler. Le cliché est toujours d’actualité. C’est un débat qu’on pourrait porter dans les réseaux sociaux… 

Vous avez également été invité à participer au Metalworks, suite à un concours auquel vous avez participé ? Qu’attendez-vous de ce festival, quand on sait que l’affiche est quand même impressionnante ?

C : Se produire devant du public et, si possible, présenter des titres du futur album…
R : On ne vient pas jouer pour gagner, mais pour prendre du plaisir. Ce sera notre premier concert post-confinement…

Quel est l’objectif ultime de Bleedskin ? Que voulez-vous absolument réaliser en tant que groupe, artiste ou personne ?

C : Je n’ai pas spécialement d’objectifs finaux au sein du groupe. On verra bien où l’aventure nous mène. Si notre musique plait au public, tant mieux : alors nous continuerons à composer et sortir des albums…
R : Jouer dans un festival majeur d’Europe serait un rêve…

Vu l’absence de concerts, comment le public peut-il faire pour acheter des produits dérivés et autres ?

R : Via notre page Bandcamp ! (voir ici) Ou alors en suivant notre actualité sur Facebook (voir ), mais encore notre Instagram (voir encore ici)

Que préférez-vous ? Spotify ou Bandcamp, et pourquoi ?

C : Spotify. Il draine le plus d’internautes. Mais Bandcamp permet de vendre un peu de merchandising.

Merci pour cet entretien, en espérant pouvoir renouveler l’expérience, en tête à tête. Mais en anglais, alors.

Céline et Rémy :  Merci beaucoup pour l’interview ! Au plaisir de se parler de vive voix…

(Adaptation B.D.)

Photo : Djinn Photography

Wildernessking

Mystical Future

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Wildernessking est issu de Cape Town, en Afrique du Sud. « Mystical Future » constitue son second album studio en cinq années d’existence. A la grosse louche, cet opus est à ranger dans le tiroir Black Metal, mais nul doute qu’il devrait s’y sentir quelque peu à l’étroit tant les cinq chapitres de cet elpee regorgent d’ingrédients différents. Difficile ici de parler de morceaux, l’architecture de chacun d’entre eux se distinguant par sa progression élaborée, pour ne pas dire complexe. Faut dire aussi que le label, les Acteurs de l’Ombre, poursuit agréablement son chemin en mettant sous le feu des projecteurs des groupes riches, talentueux et bien souvent novateurs en la matière ou qui, du moins, ne se contentent pas de resservir une soupe déjà tiède.

« Mystical Future » ne fait pas exception à la règle. Apprêtez-vous à partir en voyage vers nulle part, où les balises s’effacent au profit de l’instinct et des sentiments. « Whites Horses » ouvre les hostilités. Le son est froid, brut, chargé de spleen et d’amertume. Une promenade sous un temps gris et brumeux jusqu’à ce que la voix écorchée de Keenan Nathan Oakes vienne déchirer le ciel. Une lente montée en puissance d’un peu moins de dix minutes, où l’ambiance ne cesse de s’amplifier, de s’alourdir, de se dramatiser au fur et à mesure du temps qui passe. Une bonne entrée en matière, mais qui ne sert, au final, que d’introduction au morceau qui suit, « I Will Go to Your Tomb ». On enclenche directement la troisième vitesse, à cause de la dimension épique de la compo, particulièrement savoureuse et efficace, rappelant la quintessence de Windir. Tout mélomane qui se contenterait de n’écouter que la première plage de cet LP risquerait fort de passer à côté d’un groupe particulièrement intéressant, maîtrisant l’ambiance recherchée, mêlée de violence glacée et de progressions guerrières. Après le déchaînement des hordes, le calme revient en maître sur la plaine dès « To Transcend », plage atmosphérique dont la douceur des guitares vient rivaliser avec des murmures mortuaires en arrière-plan, tel un jeu de question-réponse entre souffles de vie et râles de mort. Une pause pacifique, avant un retour en apnée belliqueuse sur « With Arms Like Wands », titre le plus violent de « Mystical Future ». Une fois de plus, Wildernessking démontre sur cette piste, qu’il est particulièrement doué dans la recherche du développement dans les compositions, d’une montée en puissance qui anéantit tout sur son passage. Une œuvre qui s’achève par « If You Leave ». Telle une promesse suspendue, cette plage nous permet de quitter la terre pour rejoindre un espace flottant, angélico-dépressif. En un peu moins de trois-quarts d’heure, le band sud-africain est parvenu à charmer les amateurs de ballades incertaines, laissant sa raison sur le côté de la route afin de ne plus laisser parler que ses sentiments, exposer sa fragilité tout en attisant un feu de la colère intérieure. Un périple initiatique.

 

Flygmaskin

Fall

Écrit par

Flygmaskin est un quatuor liégeois qui marche sur les traces de l’ensemble anversois DAAU. Découpé en 10 titres instrumentaux, « Fall » révèle en tout cas un fameux potentiel onirique, inspiré par le pianiste Sébastien Willemyns. L’accordéon vivace, la cadence imposée par la contrebasse et les accords d’ivoires délicats sont les principaux ingrédients qui illuminent les perles composant cet opus. La justesse de la mélodie (« Résonnance »), la liberté de ton inhérente au jazz (« Mississimi », « Arpèges »), le tempo enlevé imposé aux valses (« Escalions » et son final euphorisant) et même parfois une certaine accessibilité (« Harmonie du Soir ») illustrent parfaitement les paysages visionnaires de « Fall », une œuvre à la fois poétique, fragile et classique, mais surtout d’une grande qualité musicale. Mot suédois, Flygmaskin se traduit par ‘Machine Volante’ ; et en effet, on a vraiment l’impression de voyager, à leurs côtés, dans l’atmosphère, en écoutant cette musique…

 

Asking Alexandria

En panne d’inspiration?

Écrit par

Asking Alexandria, mon groupe de métalcore favori, se produisait, ce lundi 6 octobre, au 110 du Boulevard Anspach, endroit idéal pour ce genre de soirée. C'est la troisième fois que votre serviteur assiste à un de leurs concerts. En 2013, ils avaient eu le bon goût d’entraîner, dans leur sillage, d’excellentes formations comme While She Sleeps, Motionless In White et Betraying The Martyrs. Et la grande salle était comble. Mais des problèmes vocaux rencontrés par Danny Worshop avaient réduit le set à 45 minutes. Compréhensible. Aujourd’hui, l’auditoire est en mode box, mais n’est rempli qu’aux trois-quarts. Le band souffrirait-t-il d’une perte de notoriété ou alors les trois ‘supporting act’ sont-ils un peu trop anonymes ? Quoiqu’il en soit, le périple est baptisé 'From Death To Destinity'.

Secrets ouvre les hostilités à 18h30. Originaire de San Diego, il pratique du post hardcore particulièrement énergique. Le line up réunit le chanteur Aaron Melzer, le guitariste Richard Rogers (également préposé aux vocaux), le drummer Joe English, Michael Sherman à la seconde gratte et Tim Trad à la basse. Le combo dispose de très peu d’espace. Il est même confiné à l’avant-scène. Faut dire que le matos de la tête d’affiche est plutôt envahissant. Le combo est venu présenter son dernier elpee, « Fragile Figures », paru l’an dernier, un disque qui fait suite à « The Ascent », publié en 2012. Les deux plaques sont sorties chez Rise Records et ont bénéficié du concours de l’ex-gratteur de A Day To Remember, à la production. On attendait donc un solide cocktail de metalcore mélodique, souligné par des voix claires et sucrées. Un peu dans l’esprit de Sleeping With Sirens voire de Pierce The Veil.

Le set s’ouvre par « The Oath », extrait du premier long playing. Les guitaristes et le bassiste sont alignés face au public. Tous les musicos se démènent sur les planches. Y compris le chanteur, Aaron. Gros problème, on n’entend pas sa voix. J’ai beau changer de place, rien n’y fait. Secrets embraie par cinq plages issues de son second elpee, « Ready For Repair », « Artists Vs. Where? », « Dance Of The Dead », « Fragiles Figures » et achève le show par « Live Together, Die Alone ». La majorité du public est constituée de jeunes adolescents. Ils pogotent ou amorcent de timides round circles. Trente minutes, c'est un peu court pour évaluer les aptitudes un groupe. D’autant plus que le son est exécrable…

Petit changement de matériel et les planches de la vénérable institution accueillent le deuxième combo de la soirée : Crown The Empire. A ce jour, leur discographie épingle un Ep sept titres, gravé en 2011 (« Limitless ») et deux albums ; « The Fallout » en 2012 et « The Resistance : Rise Of The Runaways » en 2014. Sur l’estrade ils sont six. Originaire de Dallas, le line up réunit les vocalistes Andy Leoau et David Escamilla, les guitaristes Brandon Hoover et Benn Suede, le bassiste Hayden Tree ainsi que le drummer Brent Taddie. Le set s’ouvre par un morceau tiré de leur nouvel opus, « Call To Arms (Act1) ». Malheureusement, les deux chanteurs ont beau gueuler dans le micro, on les entend à peine. Et le son est toujours aussi déplorable. Après « Initiation », je m’éclipse…  

A l’issue du concert, je tergiverse. Je ferai bien l’impasse sur The Ghost Inside. Par correction pour les artistes, je retourne au charbon. The Ghost Inside est responsable d’un metal hardcore lourd mais mélodique. Un quintet qui a commis trois elpees à ce jour : « Fury And The Fallen Ones » en 2008, « Returners » en 2010 et « Get What You Give » en 2012, paru chez Epitaph. Les deux premiers avaient été publiés chez Mediaskare. Le line up du band californien implique le chanteur Jonathan Vigil, les deux guitaristes Aaron Brooks et Zach Johnson, le bassiste Jim Riley et le batteur Andrew Tkaczyk. Le son est encore toujours aussi médiocre. C’est même de pire en pire. J'écoute « Faith Or Forgiveness », puis quitte à nouveau la salle.

Asking Alexandria a pris de la bouteille. Pas de nouveau cd en chantier, cependant. Leur troisième, « From Death To Destiny », est paru en 2013. Le line up est inchangé, soit Danny Worsnopau au chant, Ben Bruce et Cameron Liddell aux guitares, Sam Bettley à la basse et James Cassells aux drums. Danny est vêtu d'une veste à franges et coiffé d'un chapeau de cow-boy. De là à proposer du country & western… J’ai pris la bonne initiative de ne pas vider les lieux. Le son est bien meilleur. Le changement d’ingé-son y est manifestement pour quelque chose…

« DonT Pray For Me » et « Killing You », figurant sur l’LP « Death To Destinity », ouvrent le bal. Une bonne mise en jambes pour une soirée qui prend enfin une autre tournure. La setlist embraie par « The Final Episode (Let's Change The Channel) », un extrait de l’excellent « Stand Up and Scream », deuxième opus gravé en 2009. La foule commence à remuer et à pogoter. Sur l’estrade, les musicos s’agitent généreusement ; et tous les gratteurs arpentent le podium de long en large. Quoique distant (NDR : et pas seulement, parce qu’il est en retrait), le drummer ne ménage pas sa peine sur ses fûts. Il est même plus que percutant ; à cause de la seconde grosse caisse qu’il pilonne à l’aide d’un de ses pieds. Le répertoire aligne des plages tirées de leurs quatre long playing, dont « Someone, Somewhere », « Moving On », « Break Down The Walls », « Poison », « Not American Average », « To The Stage » et pour terminer, « A Lesson Never Learned ». Pas la moindre nouvelle compo. Et 50 minutes de set en tout et pour tout. Asking Alexandria serait-il en panne d’inspiration ?

Bref, j’espérais passer une excellente soirée. C’est raté. Peut-être la prochaine fois. Quand il y aura un nouvel opus ; et je l’espère, pour y vivre une soirée plus réussie, quand même…

(Organisation : Ancienne Belgique)

YesKing

Re Record Not Fade Away

Écrit par

Le producteur gallois Rhys Adams est de retour sous le sobriquet de YesKing. Il vient ainsi de pondre un nouvel album pour le compte du label BBE (The Last Skeptik), maison toujours très attachée à la culture urbaine. Dans un canal naviguant entre dub, trip-hop, hip-hop et reggae boosté par une technique de studio particulière attachée au son des 60’s, l’Anglais n’est cette fois plus accompagné de son compère Mark Rae… Mais le résultat n’en n’est pas moins convaincant ! « Re-Record Not Fade Away » voit les participations du guitariste des Soothsayers, du chanteur togolais Kodjovi Kush sur l’afrobeat « One More Time », du vétéran anglais dancehall Kenny Knotts, mais aussi des stars montantes du même mouvement comme Toddla T et Sticky. Tous les morceaux possèdent cette ravissante saveur enfumée (« Raise Up ») et une production dub rappelant The Black Seeds. D’une autre envergure et bien plus authentique que le dernier Snoop Lion…

 

Skinny Molly

Haywire riot

Écrit par

Skinny Molly est né en 2004, lorsque John Estes, ancien membre de Lynyrd Skynyrd, Dave Hlubeck du Molly Hatchett et le drummer Kurt Pietro décident de partir en tournée européenne. Et au départ, leur aventure ne devait pas aller plus loin. Mais à l’issue du périple, le combo a décidé de poursuivre l’expérience. La formation a d’ailleurs sorti un premier album, "No good deed", en 2008. Hlubek est alors parti pour retrouver ses amis de Molly Hatchett. Il a depuis été remplacé par un ex-Blackfoot, Jay Johnson, un autre acteur de la grande famille du rock sudiste. Et c’est Luke Bradshaw qui se charge de la basse.

SM est plus populaire en Europe qu’aux States. Pas étonnant dès lors qu’ils aient été signés chez le label allemand Ruf! Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Sheffield, dans l’Alabama et à Nashville, au Tennessee.

Dès le premier morceau, l’opus baigne dans une ambiance sudiste. Le son est puissant, lourd, chargé de décibels. Les guitares sont évidemment à l’avant plan. Imprimé sur un mid tempo, "If you don't care" ouvre les hostilités, un blues rock, caractérisé par la voix imposante de John, talonnée par les deux six cordes. "Devil in the bottle" adopte un profil semblable, même si une des grattes bien grasse, très amplifiée, s’autorise un billet de sortie. Cette plage rappelle inévitablement Lynyrd Skynyrd. Pas étonnant puisqu’elle avait été écrite par Estes, Johnny Van Zant et Gary Rossington, pour l’album "Endangered species" de Skynyrd. "Two good wheels" hausse le rythme. Illuminée par une mandoline, cette piste baigne dans un climat roots. Les spectres de Steve Earle ou des Georgia Satellites ne sont plus très loin. "Too bad to be true" adopte un profil plus classiquement rock. Les guitares s'y réservent un duel fraternel. Menaçant, inquisiteur, "Judge Parker" ne prête guère à sourire. Les changements de rythme accentuent la gravité du thème abordé. Et pourtant, il s’agit de la meilleure plage du long playing. ZZ Top aurait pu composer "Bitin' the dog". On croitrait même que c’est Billy Gibbons qui est à la guitare... Une voix grave se frotte aux cordes acoustiques et à la slide bien réverbérée sur "Lie to me", une ballade bien southern. Autre ballade, "None of me no more" véhicule des accents tragiques. Chargées de tonalités country, "Dodgin' bullets" clôt l’album, une piste qui permet une dernière fois aux six cordes d'Estes et de Johnson de jumeler leurs accords…

 

Soap&Skin

Narrow

Écrit par

A 18 ans, Anna Plaschg livrait tout son saoul sur « Lovetune For Vacuum », un premier album qui prouvait une nouvelle fois qu’en matière de talent, l’âge importe peu. Trois ans plus tard, la jeune Autrichienne nous revient, un nouvel LP de Soap&Skin sous les bras. Un disque affecté par la mort de son père à qui elle dédie le morceau introductif, « Vater », interprété dans sa langue natale. Une superbe composition tout en crescendo. Des délicates premières notes de piano à l’explosion mélodique du final, la jeune femme laisse libre cours à sa peine et ses tourments, qu’elle verse également sur l’étonnante reprise du classique de Desireless (si, si), « Voyage, Voyage ». Soap&Skin ou comment faire du kitsch une superbe mélopée tout en spleen.

L’Autrichienne retrouve ensuite ses expérimentations à la Xiu Xiu sur des titres tels que « Deathmental » qui doivent certainement prendre toute leur amplitude sur scène, encore plus lorsqu’elle s’accompagne de son Ensemble. « Narrow » est un disque affecté mais sans excès, dont l’hétérogénéité est la principale qualité mais également le principal défaut. Soap&Skin ne se laisse pas appréhender facilement. C’est ce qui fait tout son charme.

 

The 4 Skins

The Return

Écrit par

Les 4 Skins ne sont pas des rigolos. En 1979, les quatre membres de ce groupe punk/oi! sont tous plus ou moins Skinheads. Issus de l’East End londonien, ces fans de foot survivent en travaillant comme roadies pour Sham 69, Menace et Cockney Rejects. Ils publient trois albums (« The Good, The Bad & The 4-Skins » - 1982, « Fistful Of...4-Skins » -1983 et « From Chaos to 1984 (Live) » - 1984). Les chansons suintent la violence urbaine (bien que le groupe se défende d’en faire l’apologie) ; en outre, les 4 Skins dénoncent les réalités de la rue, le harcèlement policier, la corruption politique, la guerre et le chômage. Le combo anglais splitte en 1984.

En 2007, Gary Hodges, le chanteur original, reforme The 4 Skins, mais en remaniant complètement son line up. Il est, bien sûr, toujours aux commandes, et a recruté trois membres du groupe Oi!/Punk, Indecent Exposure. Le nouvel album, très judicieusement intitulé « The Return » sort en avril 2010, sur le label allemand Randale Records.

En 26 ans, pas grand-chose n’a changé pour Hodges. En bon skinhead, le vocaliste crache son venin, déteste tout le monde et glisse parfois dangereusement sur le terrain nauséabond du nationalisme. Si, au niveau musical, le punk rock simpliste mais bouillonnant d’énergie ainsi que la voix rugueuse du porteur de bretelles au caillou rasé, titille agréablement notre oreille endolorie, le discours violent et néolithique nous gâche franchement le plaisir.

« The Return » réunit quatorze titres. Six nouveaux, six anciens réenregistrés par la nouvelle mouture du combo et, très étrangement, deux reprises du groupe glam rock anglais des seventies, Slade. La version skin du célèbre « Cum On Feel The Noize », violente, martiale et ponctuée de ‘oi ! oi! oi!’ en lieu et place des ‘Oh, Oh, Oh’ originaux vaut d’ailleurs son pesant de cacahuètes empoisonnées.

Savoureux au niveau musical mais éthiquement indéfendable. A ne pas mettre entre toutes les mains (NDLR : oreilles ?) !

 

Soap&Skin

Marche Funèbre (Ep)

Écrit par

Tout comme Mozart, elle est autrichienne. Et c’est également une surdouée de la musique. Son nom ? Anja Franziska Plaschg. Elle n’a que 19 ans et a adopté pour pseudonyme, Soap & Skin. Etudiante en art, cette jeune pianiste, malgré le titre de son Ep (NDR : « Marche funèbre » est une œuvre qui a figuré tant au répertoire de Mozart, de Chopin et même de Beethoven), lorgne davantage vers la musique gothique que classique. 

« Marche funèbre » est également un extrait de son album « Lovetune For Vacuum », un disque paru en mars 2009. Les accords de piano sonore dispensés par Anja semblent résonner au cœur de la nef d’une cathédrale. Son timbre de voix est aussi ténébreux qu’envoûtant. La presse spécialisée la compare tantôt à Chan Marshall alias Cat Power ou encore Feist ; mais une chose est sûre, la « Marche funèbre » de Soap & Skin fait l’objet d’un véritable hype en Autriche. Personnellement, le climat glauque et monocorde entretenu tout au long de cette plage ne me botte pas trop. Il correspond davantage aux aspirations des âmes déchirées et des corps meurtris. L’Ep est enrichi de deux remixes. Le premier a été manipulé par Yrasor, un traitement aux beats électros traversé par des cris de violons stridents. Le second a été opéré par l’excellent DJ Koze ; qui lui, semble avoir tout compris de l’univers de la jeune fille. L’ambiance ‘burtonienne’ y est presque magique. Le potentiel de ce talent à l’état pur est considérable. C’est incontestable. Néanmoins, à mon humble avis, Soap & Skin aurait tout intérêt à ne pas trop s’attarder dans cet univers crépusculaire. Sinon, elle risque de ne plus cibler qu’un public marginal et à l’esprit parfois détraqué. Ce qui n’est pas toujours bon pour sa réputation.

Leopold Skin

The Blue House Dandelions

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Après Delano Orchestra et St Augustine, le label français Kütü Folk continue à nous réserver de bonnes surprises. Et Winter & Bonfire, le nouveau projet monté par Leopold Winter, St Augustine et A-Delano, en est un autre exemple. Bref, Clermont-Ferrand est apparemment occupé de devenir la capitale du folk hexagonal. Vous pensez déjà à Zak Laughed, ce fameux songwriter de 14 ans ? On y reviendra. En attendant, penchons-nous sur le cas de Leopold Skin.

Le chanteur français nous propose donc son premier elpee. Un disque qui synthétise un demi-siècle d’histoire de la musique folk. « The Blue House Dandelions » aurait cependant pu se muer en exercice de style académique. Il n’en est rien. Bien sûr, l’opus souffre de quelques faiblesses ; et puis son intemporalité grève son originalité ; mais en général il reste agréable à écouter. Les compos oscillent entre folk, rock et country. Les vocaux sont doux et mélancoliques. Cithare, guitare, banjo, mandoline et harmonica constituent la base instrumentale. Mais au sein du tracklisting, j’épinglerai quand même deux plages. Tout d’abord « Wild Flowers ». S’ouvrant dans un style emprunté à Johnny Cash et épanchant une sensibilité digne d’Elliott Smith, elle se transforme, en fin de parcours, en chorale réminiscente de Polyphonic Spree. 5 minutes de bonheur ! « Flowers & Trees » ensuite. Une compo à la mélodie contagieuse, au cours de laquelle les deux voix se conjuguent à la perfection. Après avoir écouté ce titre, vous vous rendrez compte du grand vide laissé par St Thomas, à sa mort.

Leopold Skin possède un talent indéniable. Nonobstant l’une ou l’autre lacune, compréhensible lors de la confection d’un premier elpee, « The Blue House Dandelions » affiche un potentiel qui devrait lui ouvrir la voie du succès. J’utilise le conditionnel, car je crains fort qu’il ne le récolte jamais…

Soap&Skin

Soap & Skin (Ep)

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Alias Soap & Skin, Anja Plaschg vient juste de fêter ses 18 ans. Elle est autrichienne. Et c’est la nouvelle sensation médiatique sur la toile. Formée aux Beaux-arts de Vienne, elle a plus d’une corde à son arc. Auteur, compositrice, pianiste, interprète, productrice, peintre… elle a également réalisé l’artwork de cet album.

Cet Ep est paru il y a quelques semaines. Il recèle quatre titres, dont un remix ambiant signé Fennez totalement dispensable. Mais venons-en au trois premières plages. Je dois avouer que dès les premières notes, il y a de quoi être impressionné. Pourtant, sa musique se résume à un piano et une voix. Et ses  mélodies profondes, glacées, ténébreuses, fragiles, torturées et mélancoliques vous touchent instantanément en plein cœur. Nico et Fiona Apple ne sont jamais très loin. Les compos sont celles que l’on attendait de Cat Power depuis « Moon Pix ». « The Sun » ou « Janitor of lunacy » sont de véritables petites pépites. Les mauvaises langues risquent peut-être de lui reprocher de remettre des clichés au goût du jour. Mais rarement des clichés auront été mis autant en valeur.

Ce disque est une belle introduction à son univers sonore! Réalisée par le jeune artiste, la production est parfaite. Soap & Skin est également branchée sur l’électro, paraît-il. On devrait donc découvrir cette facette de l’artiste, sur son premier album, dont la sortie est prévue pour le 16 mars. Jusque là, cet Ep devrait nous aider à patienter. Un bien beau savon pour purifier vos blessures de l’âme.


 

Skin

Fake Chemical State

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On a eu chaud. S’il avait fallu deux ans à l’ex-Skunk Anansie pour nous pondre un album aussi immonde que les premiers titres de « Fake Chemical State » laissaient présager, le second effort solo de la demoiselle au crâne culte aurait rapidement valsé à la corbeille. Dépassé les affreux « Alone In My Room » et « She’s On » ainsi que le très moyen « Movin’ », Skin se réveille et se révèle dans une suite d’arrangements sensés (« Just Let The Sun ») et sensibles (« Nothing But »). Malgré cette amélioration ponctuée par « Don’t Need A Reason », point culminant accrocheur sur lequel Ben Christophers l’accompagne à la guitare et au clavier, le disque ne parvient jamais à décoller. De la pointe de conviction qu’elle tente maladroitement d’insuffler aux morceaux les plus durs, il ne résulte que de candides compositions, sans grand intérêt et bien qu’elle se laisse écouter, on ne retiendra pas grand-chose de cette nouvelle plaque, hormis les ballades. Les fans de Skunk Anansie qui espéreraient retrouver en ce « Fake Chemical State » la force et la détermination des « Post-Orgasmic Chill » et autres « Stoosh » risquent d’être fort déçus.

The Blueskins

Word of Mouth

Après un EP furibard, voici enfin le premier album des Blueskins, jeunes rockeux bien dans leur perfecto, la coupe de cheveux sans doute savamment négligée, à peine vingt ans au compteur et déjà la classe. Si l’on croyait d’abord que ces quatre garçons dans le vent pratiquaient un rock garage rageur mais en rien inventif, force est de constater que tout au long de cet opus, les Blueskins font preuve d’un indéniable éclectisme. Si « Bad Day » sonne comme du Soledad Brothers pur jus (ce genre), la suite voit se bousculer au rayon des influences The Wildhearts (« Love Boat » et son riff punk rock neuneu), Led Zeppelin (« Magpie Blues »), voire Supergrass (« My Love is Law ») et The Coral (« Go »). The Blueskins n’est donc pas qu’un gang de petites frappes nourris aux mamelles de Meg White : même si ça cartonne pas mal, tout n’est pas ‘simplement’ rock’n’roll. Ces mecs ont du talent, de la morgue et de l’allant. Ils pourraient devenir grands… A moins que d’autres rockeurs du même genre ne piquent leur place dans les six mois. Jusque-là, on dira que les Blueskins sont un groupe à suivre, et que leur album est à écouter à fond les ballons.

Skin

Fleshwounds

Si certains regrettent toujours la fin prématurée de Skunk Anansie, qu'ils se rabattent sur le premier album solo de Skin. Posé et sincère, ce " Fleshwounds " n'a pourtant rien à voir avec le metal FM de " Selling Jesus ". Finies, donc, les hymnes féroces et les poses un peu fourbes : Skin est désormais plus chatte ronronnante que panthère rugissante. Ses griffes rétractées, la belle ne montre plus maintenant que des pattes de velours : sur " Fleshwounds ", on n'entend d'ailleurs presque plus de guitares. Sans doute se sentent-elles un peu gênées de troubler notre quiétude. La colère d'autrefois semble avoir disparu au profit d'une sérénité presque douteuse, tant la féline s'est assagie : à part sur " Listen to Yourself " et " Trashed ", plus aucune trace de ce passé houleux, de ces refrains gueulards qui montraient les dents. Il faudra donc se faire une raison, et jouer ce disque pendant les slows, non plus pendant les pogos. Désormais, Skin n'aura plus à crier pour se faire entendre : il lui suffit de murmurer (le très beau " 'Til Morning ")… David Kosten (alias Faultline) et Ben Christophers font (presque) tout le reste. Ces ornements délicats - un piano en sourdine, des beats feutrés, tout en subtilité - sont le point fort de " Fleshwounds "… Et bien sûr cette voix, toujours aussi puissante, mais cette fois davantage en nuances. Skin chante des histoires d'amour qui tournent mal, mais on pâtit. Grâce aux talents d'arrangeurs de Kosten et Christophers, la dame de pique du rock anglais s'est transformée en dame de cœur (" Faithfulness ", " You've Made Your Bed "). On n'en demandait pas tant.

 

The Blueskins

Magic Road (Ep)

Ces quatre garçons dans le vent (le plus jeune a 17 ans !) font pas mal de boucan, parce qu'à cet âge on préfère emmerder les parents en jouant de la guitare dans sa chambre que faire ses devoirs. Pourtant, rien de vraiment puéril dans ce rock garage tendu comme le fil d'un rasoir : juste de la hargne pubère, et une innocence qui fait plaisir à entendre. Ces quatre jeunes rockeurs empoignent leur guitare comme si leur vie en dépendait, et comme si le rock était pour eux un truc nouveau, découvert il y a peu par les White Stripes et les Soledad Brothers. De cette naïveté face à l'instrument, de cette inspiration dénuée de toute référence, les Blueskins ont mis au monde un rock urgent et direct, comme un uppercut. Le chanteur/guitariste, Ryan Spendlove, est justement un ex-boxer. Autant dire qu'à l'écoute de cet ep frondeur, on préfère ne pas trop lui chercher des noises : un coup est si vite parti… Et puis de toute manière, qu'irait-on leur reprocher, à ces gamins à la moue boudeuse ? De copier leurs aînés, de profiter du rock'n'roll revival pour nous refourguer leurs " 1, 2, 3, 4 " à la noix ? Pfff, ce n'est pas notre genre : on adoooore le garage-blues-machin-chouette. C'est comme une cure de jouvence. Un tigre dans notre moteur. Une manière de ne jamais vieillir. De vider nos nerfs. La suite pour de nouvelles aventures, la semaine prochaine. Jack et Meg se remarieront-ils ? VV et Hotel (The Kills) troqueront-ils leur nihilisme pour l'intégrale des Beatles ? Kings of Leon se raseront-ils la moustache ? Julian Casablancas (The Strokes) arrêtera-t-il de se croire incompris ? Et surtout, quand viennent chez nous les Stooges ?

My Skinny Wonderland

Wat went wrong ?

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Alias Skinny, Philippe Tasquin est un artiste dont le talent et l'éclectisme lui ont permis de travailler en compagnie d'une multitude de musiciens en Belgique. Aussi bien dans le domaine de la pop, du rock, de la musique alternative, contemporaine, symphonique et de la variété. Parmi les plus notoires, je citerai Pierre Vervloesem, Bernard Plouvier et Klaus Klang. Le rôle de directeur musical (pour le Théâtre National, par exemple) lui a même parfois été confié. A ma connaissance, je ne lui connaissais, que deux albums solos. Dont le deuxième " Stars & clowns " lui avait permis, entre parodie et romantisme, de mêler rock seventies et fantaisies pianistiques.

" Wat went wrong ? " constitue le premier elpee de son nouveau projet, My Skinny Wonderland. Un disque pour lequel, il a quand même reçu le concours de toute une série de collaborateurs, dont un certain Luc Tytgat, un ingénieur du son qui avait notamment travaillé pour Siglo XX, Neon Judgment, Kat Onoma, Asylum Party et Little Nemo, aux célèbre studios 'Pyramide'. Il est ici derrière les manettes sur la moitié de l'opus.

Mais venons en à ce " Wat went wrong ? ". Un disque très surprenant (NDR : mais est-ce une surprise ?), dont les compositions filmiques, capable de transcender les genres et les styles, nous entraînent au cœur d'un univers à la fois sombre et lyrique, riche et dense, ironique et angoissant. Des compositions dont les thèmes sont reflétés à travers un superbe booklet (NDR : signé Thierry Mondelaers). Des compositions alimentées par des arrangements de cordes et des chœurs somptueux, des guitares noisy, un piano jazzyfiant, cabaret ou tourmenté, des clavecins et des harmoniums, des cuivres débridés, etc., que souligne parfois le falsetto céleste de Philippe. Sans oublier les collages, les bruitages et les samples. Passé l'intro, on entre immédiatement dans le monde de l'étrange : fruit d'une rencontre hypothétique entre Ravel et Frédéric Rossif, " Quiet village ", hit obscur des 50's signé Les Baster, est ainsi remodelé en cocktail instrumental préparé à base de rumba et de music-hall. Tout un programme ! La prog y a également son mot à dire. A l'instar d’" Have finally found a job ", sorte de King Crimson 'hitchcockien'. De " Whodunit ", au cours duquel on imagine Miles Davies venir faire une jam avec Magma. Du redoutable " Blind alley ", hymne à la paranoïa. Et enfin du titre maître, thriller imaginaire hanté par un piano spectral et écartelé entre funk blanc et jazz moderne. Skinny aborde donc aussi le music hall. Américain. Celui de l'avant-guerre. Il se fait ainsi crooner classe sur " Town without pity ", en adressant un clin d'œil à Frank Sinatra. Cartoonesque tout au long du très 'old fashion' " The new liberace ", une plage parcourue par des chœurs doo wop. Fred Astaire aurait pu y danser des claquettes ! Et enfin sur le chant de Noël " The paramount ". Deux plages s'écartent ( ?!?!?) totalement de l'ensemble. Tout d'abord le sauvage, presque métallique (Primus ?) " Damned messiah ", et puis le très pop " Finally ", chanson qui aurait pu relever du répertoire d'un Perry Blake. L'élégance d'un John Barry, la folie de Mr Bungle et l'avant-gardisme de Tuxedo Moon n'ont jamais fait aussi bon ménage…

 

Erskine Oglesby

Honkin´ & shoutin

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Originaire de St Louis, dans le Missouri, Erskine Oglesby est âgé de 67 ans. Un saxophoniste qui avait commis "Blues dancin", l'année dernière sur le label Black & Tan, label considéré comme le porte-drapeau du St Louis blues! Depuis, Oglesby a accompli une tournée européenne en compagnie de la très talentueuse formation allemande de blues, BB & the Blues Shacks. L'occasion était donc belle de réunir tout ce beau monde en studio. Une réunion qui s'est produite au cours du mois d'avril dernier. Et ce " Honkin'& shoutin " en constitue le résultat.

Ouverture instrumentale, "Cold duck" annonce la couleur. Une composition signée Eddie Harris, au cours de laquelle le saxophone se fait autoritaire. Nous percevons enfin la dimension du talent d'Erskine, propulsé par le swing naturel des musiciens teutons. Une rampe idéale, quoi ! Bien huilée, la machine poursuit son œuvre tout au long de "Let me go judge". Constituée de Henning Hauerken et d'Andreas Bock, la section rythmique est d'une solidité à toute épreuve. Talonné par l'orgue Hammond de Roel Spanjers et la guitare d'Andreas Arlt, dont le régime me fait penser à Albert Collins, le sax peut aller et venir. La reprise d'"I got eyes" de Johnny Guitar Watson est magistrale. Passé au piano, Spanjers donne la couleur boogie, pendant qu'Andreas Arlt peut s'affirmer avec bonheur dans l'exercice Watson. Le lent "Fair skin woman" permet au frère Michael Arlt de souffler dans son harmonica. Erskine se concentre sur le chant à la puissance naturelle aisée. Une ambiance swamp ouvre "I know I care" dont le rythme syncopé rappelle, bien entendu, la Nouvelle Orleans. Spanjers y est heureux derrière ses ivoires. Imbibée du delta, "I don't want to be no fat man" est une parenthèse très roots. Les frères Arlt en soupirent d'aise. Le sax se tait mais revient aussitôt à l'assaut, ravageur et éclatant, pour shouter l'instrumental "Backstreet". Un amusant duel entre le sax hurlant et l'harmo de Michael qui ne se laisse absolument pas dominer! L'opus recèle, en outre, deux reprises réussies: "Waiting on you" de BB King, et un superbe "It's good to see you" de Percy Mayfield. Autre bon blues, "Mindgames" permet à Arlt de libérer de ses cordes, des phrases empruntées à T-Bone Walker. La dernière plage "Early in the mornin" est inspirée de BB King. Cet album est, sans hésitation, l'un des trois meilleurs du catalogue Black & Tan. Erskine met en exergue ses talents de chanteur tout en permettant aux autres musiciens de prendre le devant de la scène.

 

Beautiful Skin

Revolve

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Une chose est sûre, cette formation a beaucoup écouté la musique des eighties pour concocter un tel album. La new wave, la cold wave, le post punk, le funk blanc et tutti quanti. Hormis le final électro-atmosphérique " Current time ", titre qui aurait pu figurer, s'il n'y avait eu les parties vocales, sur un elpee de Tangerine Dream, les neuf autres fragments de l'opus agitent une multitude de spectres nés au cours de cette époque. Et en particulier ceux de Joy Division, PIL, Gang Of Four, Throbbing Gristle, Orchestral Manœuvres In The Dark, Simple Minds circa " Real to real cacophony " et Depeche Mode " Conctruction time again ". Et lorsque le groove prend une forme hypnotique, à l'instar de "Hold still", c'est même à Hunters & Collectors qu'on se met à penser. Dans ces conditions, il est facile d'imaginer que les mélodies trempent dans un climat mélancolique, un climat entretenu, inévitablement, par des vocaux ténébreux ou frénétiques, des synthés lancinants ou glacés, des accès d'électricité gémissants ou écorchés, un tempo convulsif ou robotique, ainsi que des expérimentations post industrielles…

 

Erskine Oglesby

Blues dancin´

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Le label Black & Tan poursuit son approche intéressante des bluesmen de St Louis, dans le Missouri. Ernest Oglesby est né à St Louis, en 1937. Son instrument, c'est le saxophone ! Mais, il est loin de jouir d'une énorme popularité à travers le monde. J'ajouterai même qu'il est presque un illustre inconnu. A l'âge de 20 ans, il avait pourtant rejoint le Billy Gailes Band. Ce qui lui avait permis d'accompagner des grands tels que Albert King, Ike & Tina Turner, Little Milton et puis d'autres. Ces dernières années, il a parcouru l'Europe avec les St Louis Kings of Rhythm. Il partage ses passions musicales entre le blues et le jazz. Ce qui peut aisément se comprendre à l'écoute de ce 1er album.

"Jack and Coke" ouvre par une session instrumentale. Le sax est immédiatement présent, mais c'est le guitariste Brian Melching qui tire son épingle du jeu. Erskine chante "I have the same old blues" (de Little Milton), sur un mode rythmé, pendant que guitare et sax s'entendent avec bonheur. "Two franc blues" hausse encore le rythme. Erskine est définitivement lancé. Il nous livre une subtile partie de "honky" sax. Melching s'échappe dans le style jazzy, proche de Charlie Christian. Swing et jump avec "Two shots of Jack". Bob Lohr est efficace au piano. Brian nous donne une leçon de jump style sur les cordes. Brillant! St Louis se fait Chicago Southside pour "Train I ride" et "Caress me baby" de Jimmy Reed. Bob et Brian se muent en Otis Spann et Jimmy Rogers. Boogie woogie pour "Back at BBs". Erskine se libère sur son sax tenor, à la seule pensée de flâner dans la Beale Street de Memphis. Même ambiance swing boogie sur "I'm trying". Le "Madison blues" d'Elmore James se fait Oglesby, tant la version est personnalisée. Un excellent album qui se referme sur "Next time you see me" de Jr Parker, avec une dernière grande prestation de Melching. Nonobstant son manque de notoriété, Ernest Oglesby est un grand musicien qui s'inscrit dans la lignée des saxophonistes leaders tels que AC Reed et Eddie Shaw.