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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

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Slayer

Face The Slayer

Tool et Mastodon le mercredi 8 et le vendredi 10 novembre, et Slayer entre les deux : si nos calculs sont bons ça fait trois jours de metal dans le bide, un acouphène enfin disparu après trois visites chez le nez gorge oreilles, et une envie funeste de repeindre notre salon en rouge sang et noir corbeau, après avoir relu la Bible.

On évitera de s'appesantir sur les prestations heavy metal de Children of Bodom et d'In Flames, ridicules dans leurs futes moule-bites…  « In Your face » : c'est pourtant le titre d'un des morceaux des Finlandais de Bodom, mais 'en pleine poire' on n'a reçu que des paquets de tignasses, le headbanging restant une valeur sûre chez les métalleux de tous poils.

A la pause pipi l'ambiance monte d'un cran, et tous ces valeureux cosaques de la chose trash d'entonner de vigoureux cris de guerre, car c'est le moment du 'plat de résistance', comme on dit en anglais. 'Slayer ! Slayer ! Slayer !': dans ce hall de foire qu'est le Branbanthal quelques hirsutes vident rapidement leur bière, avant de rajuster leur marcel en jean décoré d'écussons à la gloire de Metallifuckin'ca. Il fait noir et fiévreux, Slayer déboule et balance « Disciple », seul track de la période Bostaph : c'est parti pour une heure de riffs sanguinolents et de raclements massifs, un peu comme en quarante (la guerre, vous savez ?) Jeff Hanneman et Kerry King, tous deux postés à chaque extrémité de la scène, tronçonnent leur manche comme des forcenés de la branlette salvatrice. Dave Lombardo, revenu d'entre les morts après ses escapades chez Fantômas, martèle sa batterie avec force et précision : le son est bel et bien énorme, et les titres s'enchaînent sans qu'on ait le temps de dire 'Fuck yeaaaaah !' La guerre ? Slayer n'a jamais caché son intérêt pour l'esthétique martiale, détournant les codes du genre pour mieux les pervertir. Que ceux qui considèrent encore le groupe comme une bande de nazillons relisent leur cours d'histoire, car Slayer n'a rien du bazar facho pour décérébrés en manque de viande fraîche. « War Ensemble », « Jihad », « Cult » : sur l'écran défilent des images de Bush, de Ben Laden, de Riefenstahl et de tours jumelles qui s'écrasent. L'amalgame est dangereux, mais Slayer a toujours aimé jouer avec le feu, sans pour autant se compromettre. Un petit « Seasons in the Abyss » remet les pendules à l'heure, avant le doublon « Mandatory…. Suiciiiiiiide ! » (gueule le public) et « Dead Skin Mask ». Aux premiers rangs certains esprits s'échaudent, les poings volent en cadence et les mâchoires se tendent dans un rictus famélique. « Consfearacy » et « Eyes of the Insane » rappellent que les Américains viennent de sortir un bon disque (« Christ Illusion »), le meilleur depuis quasi quinze ans. Un tremblement de terre surgit alors aux tréfonds de nos tympans en berne : c'est « Raining Blood », hymne métal d'une violence inouïe, suivi des non moins cultissimes « South of Heaven » et « Angel of Death ». L'épitaphe est monstrueuse, et laisse pour mortes nos vertèbres cervicales. La fin des hostilités ? Nos quatre soldats quittent la scène après quelques remerciements, tandis qu'apparaît sur l'écran une photo de Dimebag Darrell, assassiné il y a deux ans. Heureusement qu'avec lui le metal n'est pas mort : la preuve par Slayer, 25 ans au compteur et toujours la 'niak'. Hell yeah !!!

Organisation Live Nation

Slayer

Personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête…

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‘Vous n’auriez pas une place à revendre ?’ Face à l’Ancienne Belgique, la question se répète inlassablement. Des négligents et des malchanceux cherchent à se procurer quelques chers sésames pour le show de ce soir. Et pour cause, la mythique salle de concert bruxelloise affiche sold out depuis quelques mois déjà. Il faut dire que programmer Slayer n’était guère risqué. Malgré trente-six années de présence sur scène, les pionniers du Thrash Metal attirent toujours autant les foules, celles d’hier et même d’aujourd’hui.

L’été approche à grandes enjambées. Les gosiers ont besoin d’être désaltérés. Le bar de l’AB est en coulée continue. De houblon ! Ça discute, ça parle, ça rigole. Quelques grosses voix beuglent : ‘Slaayyyeeerr’. Un cri de ralliement, nourri à la testostérone et à la virilité. Slayer, c’est pas pour les rigolos ! Une troupe s’affaire autour du stand de merchandising et agite des billets de dix et vingt euros pour ramener un précieux souvenir de guerre qui s’annonce. Bien que… quelle que soit la renommée du groupe ou l’importance de la bataille, débourser trente euros pour une casquette ou vingt euros pour un bracelet/éponge peut très vite faire mal à l’arrière-train. Business is business, messieurs, dames ! Mais direction l’arène, où le spectacle va bientôt commencer…

Il faut manifester une belle dose de confiance en soi –ou d’inconscience !– pour ouvrir la soirée des vétérans du Thrash. Un défi héroïque relevé par The Charm The Fury, un combo batave pratiquant un Groove Metal à la sauce Metalcore. La fosse est encore clairsemée, seul-e-s les plus curieuses et les plus curieux sont proches de l’estrade. Caroline Westendorp a enfilé un t-shirt noir moulant et transparent ainsi qu’un jeans troué de rigueur (un dress code du band apparemment). Elle se débat comme une belle diablesse et alterne habilement chant clair et hurlé. Le groove des morceaux ainsi que certains breaks provoquent quelques hochements de tête, d’abord timides puis progressivement assumés. Rolf Perdok attaque une reprise de Metallica à la gratte. Les autres musicos embraient. Ce qui agite quelque peu les esprits. Il n’empêche que face aux monstres qui s’apprêtent à leur succéder… le set, s’avère finalement, inoffensif. La vocaliste laisse même parfois l’impression de s’excuser d’être là, incitant plus d’une fois la fosse à crier en l’honneur de Slayer. Il aurait peut-être été plus judicieux de dénicher un supporting act davantage caustique, afin d’astiquer, comme il se doit, les metalheads avides de blasts et riffs endiablés.

Il reste à présent vingt minutes. Le temps nécessaire pour permettre au band orange de remballer son matos et l’équipe technique de Slayer, de dresser le théâtre des opérations. Du moins… les armes létales de chaque artiste ; le reste de l’espace scénique se limitant à un large backflag frappé en son centre d’une représentation christique et implorante de la cover de son dernier elpee, « Repentless ». Un Dieu terrorisé, au regard niché dans le plafond qui n’ose pas braver ses détracteurs sur scène. Les guitares sont accordées au poil. Surélevée, la batterie trône au milieu de la scène. J-2 minutes, un dernier coup de chiffon est appliqué un peu maladroitement sur le micro. Les haut-parleurs crachent quelques morceaux du répertoire d’AC/DC. De quoi tuer le temps. Les minutes s’égrènent. Les esprits s’échauffent. Quelques t-shirts commencent à tomber. Immersion dans l’obscurité. Des spots bleus blafards éclairent l’arrière-plan apocalyptique. La guitare ronde et délicieusement ironique de « Delusions of Saviour », morceau d’introduction du dernier LP, prélude l’arrivée des artistes sur le podium. Tapie dans l’obscurité, la silhouette imposante du vocaliste Tom Araya commence, petit à petit, à se dessiner. Épaisse chevelure sombre, barbe grise généreusement fournie. Il se plante devant son micro, visage empreint d’un sourire énigmatique. Son rictus figé entre la possession maligne et l’ironie légèrement présomptueuse. Il est sobrement fringué d’un t-shirt et d’un pantalon en cuir noirs. À sa gauche, Kerry King, armé de sa B.C. Rich conçue spécialement pour lui, détonne par davantage d’extravagance : crâne fraîchement rasé et tatoué à l’arrière, épaisse barbe réunie par plusieurs élastiques, singlet à l’effigie du band laissant apercevoir ses imposants tatouages, pantalon de cuir noir surmonté d’une grosse chaîne ramassée sur elle-même. Les deux survivors du line up originel. À la droite du Père Araya, Gary Holt, successeur du regretté Jeff Hanneman, visage mangé par d’importants favoris, cou de taureau dopé au headbanging forcené, t-shirt frappé d’un grand pentagramme, veste à patchs et jean noir. Le musicien ne manque d’ailleurs pas de rappeler –que ce soit par un des bracelets éponge qu’il porte ou par un des patchs cousus à l’arrière de sa veste– qu’il est également toujours le maître à bord d’Exodus, autre combo yankee de Thrash des premiers jours. Le batteur Paul Bostaph, quant à lui, est entièrement dissimulé derrière son kit de batterie. Seules quelques mèches de cheveux flottantes confirment qu’il existe, en arrière-plan, une trace de vie.

Le show démarre sur les chapeaux de roue par « Repentless ». Constatation immédiate : le son est particulièrement net et puissant. Pourtant, en festival, Slayer traîne la mauvaise réputation d’être plutôt brouillon. La soirée s’annonce vraiment très bonne. L’enchaînement des morceaux donne également le ton : les maîtres du Thrash ne sont pas venus pour se la couler douce, mais bien pour botter le cul de 3 000 personnes qui garnissent la salle. En plus de trente ans de carrière, ce n’est évidemment pas le choix des morceaux qui manquent. Bien que leur dernier opus soit en toute logique mis en exergue –à l’instar du dévastateur « Take Control », mais aussi du plus paisible, mais tellement malsain « When The Stillness Come »– le combo est allé repêcher des compositions plus anciennes, dont « The Antichrist » datant de 83 ou « Postmortem », de 86. La fosse est littéralement survoltée, et dès les premières notes, c’est le remue-ménage. Les grands classiques, tels que « Disciple », « Seasons in the Abyss » ou encore « South of Heaven » vont remettre une couche de déséquilibre. L’ambiance ne connaît pas de haut ni de bas : elle est en constante progression. Force est de constater que bon nombre de fans de la première heure ont fait le déplacement et eux aussi veulent en découdre. L’antre de l’Ancienne Belgique devient un défouloir collectif, où les gros bras se bousculent. Un vrai combat de coqs où les torses imbibés de sueur s’entrechoquent et s’envoient en l’air à coups de stage diving. L’adage selon lequel ‘je faisais ça quand j’étais jeune, mais plus maintenant’ ne tient pas la route. Slayer, catalyseur de violence depuis 1981, n’a rien perdu de son pouvoir.

Sur les planches la hargne est beaucoup plus canalisée et jaillit dans la précision et la qualité d’exécution. Telle une huître bodybuildée, Kerry King est renfermé sur lui-même, plié sur son instrument. Aucun contact avec le public, si ce n’est un rare échange visuel de temps à autre. Garry Holt, partage davantage avec la fosse, grimaçant au gré de ses riffs ciselés. Mais le plus impressionnant reste néanmoins Tom Araya, du haut de sa stature impassible, fermant les yeux pour concentrer son énergie à travers son instrument et hurlant tel un gorille possédé. Il existe quelque chose de malsain en lui ; et impossible de différencier dans son regard, l’humour de la saine folie. Lors d’un break, il prend un malin plaisir à, lentement, parcourir du regard les premiers rangs, avant de remonter sur les deux étages de balcons. Comme si le mâle alpha tenait à dominer, un par un, les metalheads qui le bravent. La batterie retentit trois coups. Les musiciens font face à la batterie. Seconde semonce de trois coups, accompagnée d’une giclée de larsens. Le public le sait, la tension monte de façon exponentielle : dans quelques minutes, tout va exploser. Troisième semonce, les musiciens tirent le suspense en longueur, jusqu’à ce que le riff diabolique de Raining Blood n’envahisse l’espace. Le drumming démarre. Le feu est mis aux poudres. L’onde de choc se répand de long en large. Ça cogne sec et dur. Mais ils n’en n’ont pas encore fini et tiennent l’audience par la carotide. Un « Chemical Warfare » vient se planter dans les côtes, avant de profiter d’une envolée céleste grâce à « Angel of Death ». Pas de rappel, le credo a été récité. Pas de doute : les Californiens connaissent leur statut. Ils savent qu’ils sont connus et reconnus, et ne s’en privent pas de s’en servir. Ce soir, sur scène, ils ont été les Rois. Et personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête.

À moins qu’on ne l’ait déjà toutes et tous perdue.

(Organisation : Live Nation – Nuclear Blast)

Setlist : “Repentless”, “The Antichrist”, “Disciple”, “Mandatory Suicide”, “Hallowed Point”, “War Ensemble”, “When the Stillness Comes”, “You Against You”, “Postmortem”, “Born of Fire”, “Dead Skin Mask”, “Hate Worldwide”, “Pride in Prejudice”, “Take Control”, “Seasons in the Abyss”, “Spirit in Black”, “South of Heaven”, “Raining Blood”, “Chemical Warfare”, “Angel of Death”

Slayer

Décès de Jeff Hanneman, un des guitaristes de Slayer…

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Jeff Hanneman est né au Etats-Unis un 31 janvier 1964. C’est en 1981, en compagnie de l’autre gratteur Kerry King, qu’il lance le groupe Slayer, formation devenue l’un des leaders du thrash metal.

Slayer a publié de nombreux albums, onze en tout. Le premier « Show No Mercy » était sorti en 1983, un disque que le combo avait financé lui-même. Paru en 1986, « Reign in Blood », est considéré comme le meilleur disque de thrash metal de tous les temps. Pourtant cet elpee va susciter la polémique. Et pour cause, sur le titre « Angel Of Death », Araya, le chanteur, hurle ce que le médecin nazi Josef Mengele pensait en torturant les prisonniers juifs, dans les camps de concentration. Aux States, de nombreuses villes vont censurer l’album.

Malheureusement, un an plus tard, en mai 1992, le drummer Lombardo quitte le navire, suite à un conflit entre les membres du groupe. Slayer déniche alors Paul Bostaph pour remplacer Lombardo (qui reviendra en 2002).

Le dernier opus de Slayer auquel Jeff Hanneman avait participé était paru en 2009. Il s’intitule « World Painted Blood ». Ce n’est que deux ans plus tard, que l’artiste décide de prendre sa retraite ‘provisoire’ afin de se soigner d’une fasciite nécrosante (infection de la peau). Cette maladie aurait été provoquée par la morsure d’une araignée.

Jeff Hanneman est mort le 2 mai 2013 à l’âge de 49 ans, des suites d’une insuffisance hépatique.

 

Slayer

Christ Illusion

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Si le nouveau cru d’Iron Maiden constituera la grosse sortie métal attendue pour la rentrée, la nouvelle livraison de Slayer sera sans nul doute l’album qui aura marqué l’été 2006. « Christ Illusion » est enfin né. Mais qui aurait pu croire qu’il allait falloir patienter cinq années pour pouvoir poser une oreille sur le successeur de « God Hates Us All », sorti en 2001 ? Les ambassadeurs du métal extrême ont pris leur temps, enchaînant tournées sur tournées, se souciant peu des pressions de leur label pour entrer en studio. Mais le résultat est cataclysmique. Evidemment, le retour du marteleur de fûts, Dave Lombardo, n’y est certainement pas étranger. La machine de guerre s’est refaite une jeunesse pour un album envahi par les ténèbres, la violence et la technique ; soit tous les éléments qui caractérisaient le trash métal des années 80. Indéniablement, Slayer est le seul combo qui soit parvenu à surmonter les épreuves du temps. Les œuvres actuelles de Metallica, Megadeth, Anthrax et Venom semblent bien insipides face à ce « Christ Illusion » délicieusement malsain. Imaginez un croisement entre « Reign in Blood » (référence absolue du style) et « Seasons in the Abbyss » ! Des titres très rapides, parsemés de roulements de drums dégainés à une vitesse folle, par un Lombardo plus furieux que jamais. De gros breaks bien lourds et des changements de rythmes typiquement ‘slayeriens’. Comme à la grande époque !

Pur bâtard, « Catalyst » pourrait être le fruit d’une liaison illégitime entre « Disciple » et « Angel of Death ». Plus étonnant, « Jihad » rend un hommage trash à AC/DC. On retrouve certaines atmosphères propres à « South of Heaven ». Tom Araya pousse des cris de maniaque particulièrement aigus sur « Eyes of the Insane » et terrifiants sur l’excellent single « Cult ».

Quant aux textes de Hanneman, ils véhiculent évidemment les credo habituels contre la guerre et la religion. « Christ Illusion » n’est certainement pas le meilleur album de Slayer, mais il est sans aucun doute le plus convaincant depuis « Seasons on the Abyss ». En attendant d’assister au Unholy Alliance Tour 2 qui réunira Lamb of God, In Flames, Children of Bodom et Slayer (le 9/11/2006 au Brabanthal de Louvain), procurez-vous cette plaque explosive qui inspire le respect. De courte durée ? Oui… Moins de 38 minutes. Cela ne vous rappelle rien ?