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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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3 South & Banana

3 South & Banana

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3 South & Banana, c’est le projet d’Aurélien Bernard, un Français exilé à Berlin. Producteur, compositeur et interprète, il a milité chez Vadoinmessico, formation qui a ensuite opté pour le patronyme Cairobi. Il nous propose son premier elpee. Et il est éponyme.

Découpé en 11 pistes, cet opus baigne au sein d’une pop teintée de psyché aux ondes positives. Seuls « Bâtons Mêlés » et « Avec Le Cœur » sont interprétés dans la langue de Molière. Et ils lorgnent manifestement vers François and the Atlas Mountains. Des compatriotes ! Les autres le sont dans celle de Shakespeare. Mais s’il fallait tracer un parallèle entre 3 South & Banana et un autre artiste hexagonal, on penserait plutôt à Orval Carlos Sibelius. Tout comme ce dernier, l’exilé berlinois est responsable de morceaux colorés, chantés sur un ton faussement nonchalant. Outre les instruments basiques, Aurélien tire également parti de sonorités insolites, probablement nés de la magie des synthés ; ce qui communique à son expression sonore un léger côté foutraque comme on aime…

Bref, non seulement le premier essai de 3 South & Banana est réussi, mais on vous invite à le découvrir. A défaut de city trip avorté pour cause de covid-19, optez plutôt pour ce trip psychédélique.

Southern Culture on the Skids

The Electric Pinecones

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Southern Culture on The Skids, mieux connu sous l’acronyme SCOTS, est une formation de roots rock américaine, établie en Caroline du Nord. Fondée en 1983, son line up implique toujours le même trio de base ; en l’occurrence le chanteur/guitariste Rick Miller, le chanteur/bassiste/claviériste Mary Huff et le drummer Dave Hartman. Plutôt personnel, son style est le fruit d’un savant dosage entre rockabilly, R&B, blues, country et surf rock, outre son attitude qui flirte carrément avec le punk. Vu le parcours, vous vous doutez que sa discographie est conséquente. Son premier elpee remonte d’ailleurs à 1985. Et il est éponyme. Fin des eighties, les SCOTS ouvraient parfois leurs concerts sous le patronyme de The Pinecones, en dispensant une musique baptisée folkabilly garage, très susceptible d’intégrer de larges références à la westcoast de la fin des 60’s.

Découpé dans de solides riffs, "Freak flag" ouvre le bal. Un morceau de garage/rock aux sonorités bien réverbérées. Et tout particulièrement celles de la guitare. Fuzz, déjantées, virevoltantes. Epaulé par le timbre félin de Mary, Rick se réserve le micro. Et Mary, tout au long de "Dirt road", un morceau réminiscent de la fin des sixties, au cours duquel les cordes de Miller se multiplient à l’infini. Omniprésentes, doublées, triplées même, toujours allumées et saturées, elles suintent de psychédélisme. "Baby I like you" macère dans du SCOTS pur jus. Mary et Rick chantent en duo au sein d’une atmosphère country/pop. "I ain’t gonna hang around" concède des accents sudistes, proches du Tex Mex. Les tonalités d’orgue dispensées par Mary sont surannées. Latinos, celles de la gratte adoptent des accords rythmiques. Plutôt folk/pop, "Grey skies" nous replonge dans l’univers West Coast de la fin des sixties. L’introduction est superbe. Le spectre du Jefferson Airplane… plane. Surtout à cause des interventions de cordes, exécutées à la manière du mythique Jorma Kaukonen. Quoique plus torturé, "Waiting on you" emprunte un style semblable. Conjuguées, les deux voix évoquent l’association entre celles de Grace Slick et Paul Kantner. Et cette plage classieuse, sculptée dans le folk psychédélique, finit par véhiculer des accents magiques aux saveurs orientales.  Mary se consacre au micro et au piano électrique sur "Midnight caller", une plage R&B dansante, subtilement funk (à cause des drums) et épicées de cordes astucieuses. Le combo propose une nouvelle version de "Swamp Fox – the original", un titre qui lui a valu un hit, à ses débuts. Et cette piste de swamp rock’n’roll est bien balisée par les interventions puissantes de Dan, sur ses fûts. Piano électrique et guitare réverbérée dominent "Downward mobility", un blues rythmé et hypnotique proche d’un Howlin’ Wolf. Invité, Ray Gittens s’applique au frottoir sur "Rice and beans", une plage de country/folk ludique et entraînante que les percus impriment sur le tempo… du trot… "Given to  me" est une ballade agréablement désuète, chantée en duo. Affichant une forme de beauté naturelle, "Slowly losing my mind" clôt la plaque. Bien réverbérée, la guitare libère des sonorités métalliques réminiscentes de Duane Eddy et ses Ventures, alors qu’en duo, les voix rappellent les Mamas & Papas de leur grande époque !

 

Royal Southern Brotherhood

The Royal Gospel

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Le Royal Southern Brotherhood est un supergroupe dont la musique oscille entre blues et soul. Les deux membres fondateurs sont le chanteur/percussionniste Cyril Neville et le drummer Yonrico Scott. Publié en 2015, le précédent opus, "Don’t look back", impliquait aux grattes Bart Walker et Tyrone Vaughan (le fils de Jimmie). Ils figurent toujours au sein du line up. Par contre, la basse a été confiée à Darrell Phillips. En outre, lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Dockside, invité, Norman Caesar est venu apporté son concours à l’orgue Hammond B3.

"Where there’s smoke there’s fire" est une entrée en matière solennelle et solide. La six cordes de Tyrone Vaughan entretient ce climat. Une rythmique cool balise "Blood thicker than water", une composition complexe qui monte lentement mais sûrement en puissance. Superbe ! Et c’est dans cette même atmosphère que baigne "I wonder why", un blues signé Pop Roebuk Staples (NDR : le regretté leader des Staple Singers). Les arrangements vocaux sont ambitieux. Yonrico Scott imprime le tempo. Et l’orgue Hammond tapisse l’ensemble. Une ambiance qu’on retrouve encore tout au long d’"I’m comin’ home". Talonnée par la slide bien amplifiée de Walker, la voix de Cyril Neville est superbe. "Everybody paid some dues" baigne le funk. Neville est ici dans son jus. Et c’est la guitare tourmentée de Walker qui libère le groove. Angélique, la voix illumine, la ballade dépouillée "Face of love". Autoritaire, celle de Barth Walker domine "Land of broken hearts", un morceau sculpté dans un blues/rock coriace, bien alimenté par la guitare largement amplifiée. Plus lent, quoique rythmique, "Spirit man" adopte un même profil. Walker, Neville et Gary Nicholson cosignent cette compo cool au cours de laquelle la slide de Walker se réserve une sortie remarquée. R&b funkysant, "Hooked on the plastic" est une piste bien ficelée et entraînante. Non seulement elle incite à remuer le popotin, mais également à reprendre le refrain en chœur, en compagnie des musiciens. Neville et Vaughan cosignent "Can’t waste time", un morceau taillé dans le pur funk, au cours duquel Tyrone se réserve le micro et surprend par ses interventions à la gratte. Et l’opus s’achève par l’enlevé "Stand up", une piste caractérisée par des échanges animés entre les deux sixcordistes. 

 

Royal Southern Brotherhood

Don't look back

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Royal Southern Brotherhood est en quelque sorte un super-groupe créé en 2011 dans la Crescent City de la Nouvelle Orléans. Quatre ans plus tard, il publie déjà son 4ème elpee. Il fait suite à un éponyme et un live ("Songs from the Road") gravés en 2012 et "Heartsoulblood", paru en 2014. Au fil du temps le line up a subi quelques changements. Cyril Neville, assure toujours le chant. L'extraordinaire section rythmique, constituée du batteur Yonrico Scott et du bassiste, est toujours en place. Les deux guitaristes ont été remplacés. Mike Zito a quitté le navire en 2014. Il a depuis embrassé une carrière solo qu’il mène avec succès. Il a cédé le relais à Bart Walker, issu de Nashville. Récemment, Devon Allman a été remplacé par Tyrone Vaughan, le fils de Jimmie Vaughan et neveu de Stevie Ray. Les sessions de ce dernier elpee se sont déroulées au célèbre studio Fame, à Muscle Shoals, dans l'Alabama. Il a été produit par Tom Hambridge.

Coécrite par Cyril Neville et les deux nouveaux gratteurs, "I wanna be free" est une plage puissante qui déménage au sein d’un climat southern rock. Les trois musicos se partagent le chant. Une véritable propagande pour la musique de ce band issu de New Orleans. Une même puissance alimente "Reach my goal". La voix de Cyril est toujours aussi superbe. Les percussions de Yonrico crèvent l'écran alors que la gratte de Bart Walker est toujours aussi brûlante. Ivan Neville siège derrière l'orgue Hammond. Funkysante, la basse de Charlie amorce "Don't look back". Walker est passé au banjo. L'attaque percussive adopte même un profil reggae. Plus funk encore, mais contaminé par la soul, "Hit me once" est issu de la plume de Danny Dugan, le leader de Sons of Soul. Tapissé par les sonorités du Hammond et caractérisé par des accès de basse insatiables, "The Big Greasy" baigne dans le même climat. "Hard blues" en revient au rockin' blues ; un titre séduisant signé par le producteur Tom Hambridge. Les riffs des deux grattes sont puissants sur cette piste southern rock. Ballade atmosphérique, "Better half" sert d’intermède pour les frangins Cyril et Ivan Neville. "Penzi" est une compo coécrite par Charlie Wooton et Cyril. Exotique, elle véhicule des accents cubains. Bart se consacre à la mandoline, face au percus entraînantes de Yonrico et Cyril. Paisible, "It's time for love" concède des inflexions jazz et country. La voix de Mr Neville est lumineuse et les sixcordes sont hantées par l’Allman Brothers Band. "Bayou baby" macère au cœur des bayous louisianais. Un blues imprimé sur un tempo indolent dont s’évade un harmonica, alors que Bart dispense des tonalités métalliques à l’aide de sa slide. Tyrone chante son "Poor boy", un blues nerveux légèrement teinté de funk. A la fois technique et chargé de vécu, son envol sur les cordes est brillant. En outre, il n’hésite pas à se servir de ses pédales. Il est aussitôt relayé par un Walker bien inspiré. R&B dynamique et dansant, "They don't make 'em like you no more" est enrichi de cuivres parmi lesquels le saxophone de Jimmy Hall s’autorise un billet de sortie, alors que les sixcordes entrent en effervescence. Devon Allman participe à l’écriture de "Come hell or high water", une compo luxuriante dominée par le chant et dont la ligne mélodique est à la fois accrocheuse et participative. Cyril Neville et Anders Osborne cosignent "Anchor me", une finale acoustique… 

 

Royal Southern Brotherhood

Heartsoulblood

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Après avoir publié un opus éponyme et un live ("Songs from the road"), l’an dernier, ce super groupe de blues rock, issu de la Nouvelle Orléans, nous propose déjà son troisième elpee. Le line up implique trois chanteurs. Soit Cyril Neville, l'un des fameux frères qui symbolise si bien cette Big Easy. Puis Devon Allman, le fils de Gregg et le neveu du regretté Duane. Et enfin, Mike Zito, performer particulièrement doué. Zito et Allman se réservent les guitares. Les cinq musicos participent à l'écriture. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio louisianais de Dockside, à Maurice, sous la houlette de Jim Gaines. Et sa mise en forme est impeccable.

"World Blues" célèbre la fraternité sudiste. Solide, l'assisse est assurée par Yonrico Scott et Charlie Wooton. Les trois vocalistes chantent en chœur. Les guitares crachent rapidement leurs flammes ; et déjà à l’avant-plan, la slide est dévorante. Cyril signe "Rock'n'roll", une compo qui porte bien son titre. Elle déménage. Et puis la voix veloutée de Neville prélude les envols des deux grattes, toujours à l'affût! Tramé sur une rythmique syncopée et caractérisé par l’excellente intervention vocale, "Groove on" libère effectivement énormément de groove. Soutenu par la basse, "Here it is" est sculpté dans du pur funk. Zito chante d’un timbre rauque et ravagé. Zito signe la musique de "Callous", une piste qui baigne au sein d’une atmosphère quasi irrespirable. Quoique agonisante, la voix est bien maîtrisée. Les sonorités des guitares sont tourmentées, torturées, mais tellement enivrantes. Toujours issu de la plume du même Zito, "Ritual" opère un retour au southern blues, une plage qui monte irrésistiblement en puissance, avant l’explosion attendue des cordes. Devon Allman signe "Shoulda known", une jolie ballade soulignée par une voix lumineuse. Cyril chante son "Let's ride", un autre funk néo-orléanais imprimé sur un tempo lent. Le climat est dramatique. Toutes en rythme, les grattes se reconnaissent progressivement. Devon Allman se réserve le micro pour attaquer son "Trapped", encore un morceau qui monte graduellement en intensité. Des cordes acoustiques caressent "She's my lady", une ballade empreinte d’une grande douceur, au cours de laquelle tous les vocalistes reprennent le refrain en choeur. Et "Takes a village" s’inscrit dans le même cadre. Une sorte de gospel moderne dont le climat est à la fois dépouillé et riche en tonalités diverses, des variations produites par la sèche et un Resonator aux sonorités métalliques. Remarquable ! "Love and peace" clôt l’opus, une finale très caractéristique de la culture néo-orléanaise. Les percus sont bien mises en exergue, alors que toutes les voix se conjuguent pour propager ce message d'amour et de paix…

 

Royal Southern Brotherhood

Songs from the road (Cd + Dvd)

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"Songs from the road" est une œuvre qui a été immortalisée à la Nouvelle-Orléans, en 2012, dans le cadre du Crossroads Blues Festival. Ce set est reproduit sur cd et dvd.

Le compact disc s’ouvre par "Fired up!", une compo réminiscente du Santana d’une certaine époque. Yorinco est bien calé sur son siège, derrière une imposante batterie. Cyril est debout à l'avant-plan, face à un impressionnant dispositif de percussions. Les deux musicos mènent la danse. Cyril est aux vocaux. Les accords de guitare concédés par Devon sont nerveux. Mike prend le relais au chant sur "Hurts my heart". Sa voix est stupéfiante. Ce solide roots rock est appuyé par un riff rythmique, pendant que Devon remplit tous les intervalles à l’aide de notes bien grasses produites par sa Gibson Les Paul. Devon Allman chante "Gotta keep rockin'", dans un style aussi autoritaire que celui de son père, Gregg. Mike Zito se réserve à son tour le rôle de soliste. Le refrain est repris en chœur par les trois vocalistes. Victor Wooton assure discrètement et efficacement la partie de basse. Neville interprète, d’un timbre clair et mélodieux, "Moonlight over the Mississippi", un funk pourtant solide. Devon est au micro pour "Left my heart in Memphis", un blues rock lent aux accents dramatiques. Légèrement acide, la guitare nous invite au voyage. Mike a armé son doigt d'un bottleneck pour aborder "Fire on the mountain, une chanson roots signée Mickey Hart. Cyril est à nouveau aux vocaux et Zito se signale par une superbe partie de slide. Une piste qui trempe dans des sonorités southern blues rock dignes de l’Allman Brothers Band ! Et dans le même esprit, il cède ensuite le relais à Allman, pour consacrer une fête des cordes. Moment au cours duquel on se remémore la fabuleuse paire constituée par Duane Allman et Dicky Betts ! D’une voix naturellement puissante, Zito se charge du paisible "Ways about you", théâtre de joyeux échanges de cordes entre les solistes. "Sweet Jelly Donut" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Les percus de Yorinco sont bien présentes. Cyril est aux vocaux. Zito se révèle très agile en se servant du bottleneck sur la slide. Et la section rythmique participe activement aux réjouissances… Morceau de roots pop, "New horizons" surprend par son refrain facilement mémorisable et ses interventions de guitares en folie. Le public est de plus en plus en effervescence. Mike Zito marque de son empreinte "All around the world", une des meilleures compositions du groupe. Il est encore aux cordes et Devon se réserve le micro pour "Sweet little angel", un blues lent classique qui figurait au répertoire de BB King. Lors du dernier rappel, le Royal Southern Brotherhood adapte le "Gimme Shelter" des Rolling Stones. Attention, cette finale figure sur le dvd, mais pas sur le cd. Une excellente propagande pour le blues…

 

The Lonesome Southern Comfort Company

The Big Hunt

Écrit par

Avant de devenir une ‘compagnie’, The Lonesome Southern Comfort était le projet solo du Suisse John Robbiani, un musicien influencé par la country et le rock. Il avait monté cette compagnie imaginaire, en 2006. Elle s’est cependant rapidement élargie, pour finalement devenir un quatuor. « The Big Hunt » constitue est le 3ème essai de cette bande issue de Lugano, une formation indubitablement plus bercée par la musique yankee que par celle du bastion du Gruyère. Les paroles des morceaux sont engagées, un comble pour des Suisses ! Pour la circonstance, le groupe s’est autorisé l’une ou l’autre incursion dans l’electro. A l’instar de l’inaugural « When He’s Down ». Mais entre envolées rock (« Rent ») et ballades folk délicates (« 64 Warwick Way »), l’opus respecte une ligne de conduite dictée par l’alt country. Quand à la voix de John Robbiani, profonde, elle me rappelle celle du chanteur du combo français Santa Cruz, Pierre-Vital Gerard. Les fans de Magnolia Electric Co ou de Wilco devraient apprécier cette version helvétique d’un americana pur jus.

 

Man From the South

Koblenz

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Contrairement à ce qu’indique son patronyme, Man From the South ne nous vient pas du Sud, mais bien des Pays-Bas, d’Eindhoven tout particulièrement. En fait, il s’agit du projet de Paul Van Hutten. « Koblenz » constitue son premier opus et il a failli ne jamais voir le jour. En effet, les neuf morceaux étaient demeurés à l’état de démo ; et c’est sous l’insistance de ses amis que le Batave s’est enfin décidé à le publier. Conseil éclairé, car il aurait dommage de ne pas découvrir l’elpee de ce barbu. Un excellent songwriter, qui a eu l’occasion de jouer en compagnie de Mr Howe Gelb et de Flying Horsemen. Belle carte de visite, en effet…

Man From the South cite comme influences majeures  Bob Dylan, Townes Van Zandt, Eddie Vedder, mais également David Eugène Edward (Wovenhand, Sixteen Horsepower). On l’a donc compris, le Néerlandais regarde de l’autre côté de l’Atlantique. Son style oscille de l’americana au blues (« Hardy Man », « Life May Be Sweet »). Les morceaux sont dépouillés. Paul ne s’accompagne qu’à la guitare. Mais l’artiste a le bon goût d’avoir recours aux loops, pour étoffer sa solution sonore. Le ton est tantôt grave (« Something made The Streets Melt »), tantôt plus paisible (« Right On ») voire allègre (« Into the Gloom »). Mention spéciale à l’excellent « Goodbye Hawaii », dont la mélodie continue de trotter dans votre tête, quelques heures après son écoute.

 

South of No North

Octopussies Liquor Store

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South of No North est un quintet musical constitué de ‘vieux briscards’ de la techno belge, puisque tous les membres du groupe sont d’anciens DJs qui ont récolté un certain succès sur la scène électro nationale et internationale, durant les années 90 et 2000.

« Octopussies Liquor Store » constitue le second album du groupe mené tambour battant par Cédric Stevens. De l’aveu même de son créateur, sa musique évolue au sein d’un style mêlant psychédélisme, free jazz et world music. Avant-gardiste aussi. Son nouveau né est double piste.

« Serotonin Sea » en est la première. Après une introduction calme et douce, on attend vainement que la mélodie démarre, qu’un rythme s’installe et… ça ne vient pas ! Le tempo est comme absent, parti ailleurs, et on se retrouve sur un morceau sans âme ni structure, voire parfois totalement cacophonique. L’attente est longue. Et encore. 36 minutes plus tard, le morceau s’achève enfin… pour un résultat presqu’aussi perturbant qu’au départ : dans l’ensemble, c’est un véritable capharnaüm sonore !

Vient ensuite le second, et déjà dernier, morceau de l’album : « Midget’s Midnight Bath ». Et ici également, même remarque : il manque totalement de structure. Et atteint même d’ailleurs le seuil de l’inaudible, lorsque les instruments s’emmêlent les pinceaux… Je vous laisse juger du plaisir suscité par l’écoute de ce morceau procure, sachant qu’il dure, quant à lui, 25 minutes.

Cette ‘musique d’ambiance’ n’est pas vraiment ce qui me botte particulièrement. Soit ! Mais ce qui dérange le plus n’est pas tant la mauvaise qualité de l’ensemble mais plutôt cette absence quasi-totale de fil conducteur. Tout part à vau-l’eau, dans un désordre parfois total.

Après avoir consulté une nouvelle fois la pochette, je note alors l’inscription, dissimulée sur le dos du cd : « Both Tracks were improvised by the band » (= les deux pistes furent improvisées par le groupe). Ceci explique donc sans doute cela… Définitivement pas un album pour votre serviteur. Et sincèrement, je me demande bien pour qui, d’ailleurs.

 

Southside Jukes

Cold Chills! Hep & shakin’

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John Lee Williamson nous permet de vivre un nouveau chapitre dans la vie des Southside Jukes. Et à ce titre on peut le remercier. Après avoir réédité leur album de 1995, "Cool cool place to go", et gravé "Down in Hollywood", à l’aide des bandes récupérées lors des mêmes sessions accordées au sein des Pinetone Studio de Slim Green, il est parvenu à rendre la vie à une toute nouvelle série de blues sales et primaires, mais aussi enchanteurs. Et aussi très 50’s. D’ailleurs le son est loin d’être hi-fi, mais c'est bien la dernière chose que l'on attend de ces archives datant de plus d’un demi-siècle.

Joe Lee Bush se met dans la peau de Rice Miller pour attaquer "Eyesight to the blind". Il enchaîne en manifestant la même authenticité par une version coupée au rasoir de "Baby please don't go", et embraie sur une reprise extraordinaire de "Got to find my baby". Une nouvelle fois, il parvient à faire revivre, tant dans le son que dans la démarche, le génial Little Walter! John Lee Williamson prend le relais aux vocaux pour aborder "Fishtail Cadillac". Le son est toujours aussi pourri. Bush souffle la tête rentrée dans les épaules, comme si sa vie en dépendait. Le lieutenant Jones malmène sa basse. Elle ronfle à l'avant-plan. Ce blues explosif est beau à pleurer! La machine des Jukes est parfaitement huilée. On a l’impression d’assister à un set au cours duquel tout est parfaitement en place, un set prêt à opérer une symbiose totale entre tous les partenaires. Ces artistes ne se prennent pas au sérieux, mais ils manifestent tellement de sincérité et d’authenticité, que rien de fâcheux ne peut leur arriver. Le cœur empli de joie, John Lee chante "She's dynamite!". La guitare de Moates sort de sa réserve. Elle libère un son pas possible. Plage instrumentale, "All that piano & harp boogie" est suffisamment explicite par son titre. Un boogie infernal au cours duquel Green et Bush s'échangent des chorus intenses. Williamson s’approche du micro. La rage au ventre, il nous crie son "Cold chills! Hep shakin", et embraie aussitôt par un "Secret weapon" paresseux, semblant sorti tout droit d'un joint poussiéreux de Baton Rouge. Bush arrache encore des notes de son harmonica, qu'il décoche comme autant de flèches brisées. Et il nous en remet une couche lors du classique "Mean old world". Bush est un extraordinaire harmoniciste de blues. Chacune de ses interventions est une marque de classe. Elles sont, en outre, empreintes de cette sensibilité qui le hante en permanence. Et ce feeling revient continuellement. A l’instar de l’instrumental "Chicken shack basement". Quand Williamson chante "Wee wee hours", Bush lui répond sur l'harmo chromatique ; à cet instant, on croirait entendre l'inoubliable George Smith en compagnie du Muddy Waters Band. D'ailleurs le "Telephone blues" relevait bien du répertoire de Smith. Et cette bonne tranche de downhome blues s’achève par un dernier classique intitulé "Key to the highway".

 

Southside Jukes

Cool cool place to go

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Les musiciens vous le confessent d'emblée : ‘Si vous voulez vous remettre en mémoire tous ces grands disparus, ces légendes qui ont fait le blues, écoutez donc notre album. Fermez les yeux, vous verrez défiler ces fantômes. Et surtout vous passerez un bien bon moment!’ C'est comme si vous remettiez vos vieux 78 ou 45 tours Chess, Veejay et Trumpet sur le tourne-disque…

L'album s'ouvre par "Rocket sixty-nine", une plage qui baigne dans le style west coast. Cette bonne partie de jump est entretenue par les cordes de Moates et les ivoires de Green. Quel bonheur d'entendre Joe Lee Bush souffler dans son harmonica chromatique. A l’époque, ce gosse n’avait que 14 ans ; et pourtant, il avait tout appris de Little Walter en personne, qui n’avait d’ailleurs pas dix ans de plus. L’interprétation du notoire "Black night" est admirable. Bush nous communique un sérieux frisson dans le dos à chacune de ses interventions. John Lee nous emmène sur ces routes sans fin, au volant d'une vieille Ford ou d’une Chevrolet. Il chante d’un timbre généreux "Motorhead babies", tout en grattant sa guitare rythmique à la manière d'Eddie Taylor. Les Jukes rendent d'ailleurs honneur à l'un de leurs héros : Jimmy Reed. John emprunte sa voix pour introduire "That aint right". Bush commence également à souffler comme le vieux Reed. Le blues lent a bien entendu sa place. Joe Lee chante le "Worried life blues" de Maceo Merryweather, face au piano de Green. Il souffle comme Walter Jacobs. "Someday baby, I ain't gonna worry my life anymore" est un incontournable du blues! "All messed up" nous ramène sur la route 66 : l'axe Chicago-Los Angeles! "Houserockin' boogie" déménage vigoureusement. Bush injecte toute sa puissance pour attaquer le titre maître. Il souffle à la manière de Sonny Boy Williamson II. Trouble et émotion nous envahissent. Dans la foulée, Joe Lee embraie par "Soon forgotten". Il y reproduit toutes les caractéristiques de son moule favori, en se faisant à nouveau Little Walter pour interpréter un lumineux "You better watch yourself". "Atlanta blues" est un rare témoignage live des Jukes. Williamson chante ce blues lent autobiographique. Moates, Bush et Green s’autorisent un moment de liberté, en démontrant une nouvelle fois qu’ils ont le blues dans l'âme. John chante encore "Irene". Un Texas blues proche des marais et des swamps louisianais. Cette tranche de vie fascine par sa simplicité et nous touche directement au cœur. Cet elpee d’excellente facture s’achève par "Merry Christmas baby". Slim Green se met dans la peau d’Otis Spann pour exécuter cet autre slow blues empreint d’une grande sensibilité et accordé dans le cadre d’une soirée de fête.

 

Southside Jukes

Down in Hollywood

Écrit par

On retrouve les mêmes Jukes qui ont concocté l'album "Cool cool place to go". Ils démarrent en force par "Rock awhile", du rock'n'roll dynamité par les échanges opérés entre les cordes de Moates et les ivoires de Green. La machine s'emballe. Sur "Tell mama", elle emprunte le rythme du chemin de fer. Derrière ses fûts, le remuant Kokomo en est le principal responsable. Cette musique est à l'état brut, sans fioriture. Signé Guitar Slim, "Things I used to do" campe un blues louisianais par excellence. La version indolente des Jukes ne maque pas d’allure. Les interventions de Moates à la guitare sont superbes. John Lee chante "Black drawers". Son style rappelle Chuck Carbo. Tout au long de ce swing californien, le piano se révèle très présent, léger et sautillant pendant que la guitare manifeste une efficacité sans faille. "Sparks" nous invite à pénétrer dans l’univers d'Elmore James. Slim Green a empoigné sa slide. Il ne la ménage guère. Joe Lee Bush ressuscite Little Walter lors de l’adaptation du célèbre "Blues with a feelin'". Les flots de feeling dispensés par chaque note sont impressionnants. On en a les larmes aux yeux. Pourtant, ils prennent du bon temps nos Jukes et sont incapables de réfréner leurs propres exploits instrumentaux. Cette musique est souvent caractérisée par un son pourri. Simple et naturelle, elle nous pénètre jusqu’au plus profond de notre âme. A l’instar de "She's tryin' to ruin me", un downhome blues reflétant le désenchantement de John Lee. Les cordes sont maltraitées en rythmique pour communiquer cette déchirure. Direct, ce blues puise la majeure partie de son inspiration dans le blues de Chicago. Shuffle léger, "Red headed woman" libère sa dose de groove. Les guitaristes ne sont sans doute pas des virtuoses mais ils manifestent tellement de respect pour leur musique, un feeling naturel, de la sensibilité, du goût et de l'amour. Williamson chante le "Hustler blue" de Juke Logan, un blues très lent, simple et dépouillé. Les vocaux paresseux se traînent. Quelques notes de piano et de guitare s'échappent ça et là. C’est le bonheur! Génial, Bush impose le respect sur l'instrumental "Roller Coaster". Un bien bel hommage au style de son maître! De sa voix chaude, grave et noire LT Jones interprète "King Bee". La tonalité de son timbre est très proche de celle de Muddy Waters. Pendant ce temps, la slide flâne dans le décor! John Lee chante "TV the thing this year", l’esprit serein, alors que l’équipe se charge d’entretenir un excellent swing. "West Memphis" est un autre grand blues qui tourne au ralenti. Bush est au chant ; mais il souffle également dans un registre assez proche de Sonny Boy Williamson (Rice Miller). Cet excellent opus baigne manifestement au sein d’une atmosphère générée par le blues urbain d'après-guerre. Et il s’achève par "Rain", un bel instrumental au cours duquel la slide de Slim Green semble hantée par ses héros, Elmore James et Freddy Roulette.

 

Centro-Matic / South San Gabriel

Dual Hawks

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Split album plutôt étonnant, puisqu’il réunit le nouvel opus de Centro-Matic et celui de South San Gabriel sous le même écrin. C'est-à-dire les deux projets de Will Johnson. Manquait plus qu’il soit triple et consacre un exercice en solitaire (NDR : aventure qu’il a déjà tentée à deux reprises : en 2002 et 2004). Si l’artiste explore sa face la plus rock chez Centro-Matic, il embrasse des desseins plus acoustiques au sein de South San Gabriel.

Le line up de base est identique au sein des deux formations ; mais chez SSG, on y rencontre une belle brochette d’invités. Et pour la circonstance Matt Stoessel (pedal steel), Bryan VanDivier (basse, guitare, percussions), Jeffrey Barnes (clarinette, saxophone, flûte, etc.), Buffi Jacobs (violoncelle), Tamara Cauble (alto, violon), David Pierce (trombone), James Driscoll (contrebasse) ainsi que Robert Gomez aux arrangements. Une solution sonore qui pourrait sembler luxuriante, vu la présence de ces collaborateurs. Et pourtant on est loin du compte, ces musiciens se révélant d’une grande efficacité, mais aussi d’une remarquable sobriété. Atmosphériques, mais également particulièrement sombres, les 12 plages de ce disque manifestent ainsi une grande richesse dans les subtilités. Depuis le majestueux « Kept on the sly » au légèrement psyché, exotique, « Trust to lose », en passant par un remarquable « When the angels will put out their lights » aux influences vocales nettement soul et le menaçant, sinistre « Of Evil/For evil », déchiré entre blues et musique de chambre, on ne peut que se montrer admiratif face à une telle puissance d’écriture. Tout ceci sur un rythme lent, parfois même slowcore ou au moins imprimé sur un mid tempo. Et lorsque la solution sonore vire vers la lo-fi (« My goodbyes »), le spectre de Bonnie ‘Prince’ Billy se met à planer…

Plus électrique, l’opus de Centro-Matic s’illustre d’abord par une grande sensibilité mélodique. Les compos contagieuses et souvent hymniques sont balayées de savoureux accès d’électricité. Jamais envahissants, mais toujours judicieux. Inoculés dans l’esprit du mouvement Paisley Underground (Dream Syndicate en tête) et bien sûr du légendaire Neil Young. Une des ses influences majeures. Tout Bruce Springsteen et Bob Dylan, « Twenty-four », me rappelant étrangement « Blowin’ in the wind », mais en plus allègre. Bref si l’essentiel de ce disque est agité par des riffs de guitare grésillants, crépitants, déchiquetés, crazyhorsiens, quoique insidieux voire rampants (NDR : ces accès d’électricité vivifiants sont même parfois enfouis sous la ligne de flottaison instrumentale, avant de remonter à la surface, comme s’ils avaient fait le plein d’énergie), la fin de parcours en revient à une formule plus acoustique. Minimaliste et semi-acoustique sur « Counting the scars » (NDR : on entend les doigts glisser sur les cordes de la gratte) et le final « A critical display of sankes », morceau étrange mais romantique évoluant à mi-chemin entre Centro-Matic et South San Gabriel. Ben tiens !

 

Southern Culture on the Skids

Countrypolitan

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Fréquentant l’univers plus ou moins  underground depuis plus de vint ans, les punkabilly rockers de Southern Culture on the Skids (Scots pour les amis) ont décidé de prendre du bon temps en concoctant un album de reprises. Des covers qui puisent alternativement dans le catalogue pop (T Rex, The Who, The Byrds, The Kinks) et les sons hillbilly et blues (Slim Harpo). Réputés pour leur curieux sens de l’humour, les Scots réalisent des versions ‘countrypolitan’ (un son country plus clinquant) de morceaux rock et apportent une coloration soul sixties aux classiques ruraux, comme sur le « Te Ni Nee Ni Nu » du grand Slim Harpo. Caractérisés par un son vintage (orgues, guitares surf pleines de reverb) cette douzaine de titres brillamment exécutés pourraient facilement divertir une soirée arrosée dans un bar au fin fond du Kentucky. Dans le tas, une belle reprise au banjo du « Happy Jack » des Who se détache sans difficulté. Mais on a du mal à entrer dans leur monde. Parce que les pauvres Européens que nous sommes ne connaissent et ne comprennent guère cette sensibilité typiquement américaine. Un peu comme si un disque de reprises des Snuls était uniquement distribué à New York. Pas vraiment désagréable donc, mais tout de même un peu anecdotique…

Southern Voodoo

Devil's drive

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“The Love Militia”, première décharge des Flamands de Southern Voodoo, avait fait l’effet d’une bombe à sa sortie, il y a un peu moins de deux ans. La plaque était sans nul doute la meilleure chose qui soit arrivée au hard rock belge depuis l’avènement des Brugeois de Cowboys and Aliens. Moins stoner que ces derniers, et davantage rock n’ roll, Southern Voodoo et son charismatique frontman Dominique De Vos, n’ont d’yeux et surtout d’oreilles que pour Motorhead, AC/DC, Nashville Pussy, Dead Boys et autre Russ Meyer, cinématographe bien connu pour ses obsessions mammaires.

De retour avec « Devil’s Driver », Southern Voodoo défend son ‘sexy hard rock n’ roll mayhem’ comme si la livraison de bière et de bourbon dans leur loge du prochain Pestpop festival en dépendait. Ca rock ferme, ça nettoie les cages à miel, ça décape grave… Loin de s’être assagi, Voodoo a gagné en énergie ce qu’il a perdu en mélodie. La production, qu’on imagine volontairement garage et poisseuse, est signée Chips Kiesbye, responsable du son des Hellacopters, et le dessin de couverture, des plus réussis, s’inscrit complètement dans un trip à la Monster Magnet ou même à certaines imageries psychobilly !

« Rocket to hell », « Tatto Lover » ou « Satan is a Woman » ne pourront que cartonner sur les planches. Une scène qui durant les mois à venir fera partie du quotidien du combo qui se produira dans tous les clubs de Belgique et de Hollande (ou presque), mais aussi dans des festivals (Pestpop le 21 avril) et même en ouverture de WASP à la salle Hof Te Lo le 5 mai prochain. Réjouissez-vous ! The true hard rock n’ roll made in Belgium is back !

 

South San Gabriel

The Carlton chronicles : not until the operation´s through

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Pour pouvoir écouler son stock de chansons, Will Johnson n’a guère le choix : multiplier les formules. Ce qui explique pourquoi il commet des albums pour Centro Matic, South San Gabriel ou en solitaire. Mais au lieu de vider ses fonds de tiroir, Will prend un malin plaisir à écrire (NDR : ça rime !). Donc, pour concocter « The Carlton chronicles : not until the operation´s through », il s’est fendu de toutes nouvelles compositions. C’est pas demain la veille qu’il épuisera ces fameux stocks ! Une plaque pour laquelle il a reçu le concours de toute l’équipe de Centro-Matic. C'est à dire Matt Pence, Scott Danbom et Mark Hedman. Ainsi que de toute une série de collaborateurs, dont Matthew Stoessel à la pedal steel et à la slide. Non seulement, Will est un lyriciste prolixe, mais surtout il compose des chansons à thèmes qui suscitent la réflexion. Il a cependant recours à un langage simple pour dépeindre des images abstraites. Ainsi, pour ce nouvel elpee, il s’est mis dans la peau d’un chat pour traiter de sujets aussi universels que le conflit, le succès, la solitude ou la cohabitation. Avant de les transposer sur le plan humain. La plupart des plages de ce disque évoluent sur un tempo lent, parfois même extrêmement lent, dans un registre alt country dépouillé, que Will interprète de sa voix fatiguée, austère, rongée par la douleur. Mais si on a souvent l’impression que ses compos naviguent dans un style proche d’Iron & Wine, de Sufjan Stevens voire de Smog, les harmonies vocales cristallines, extrêmement soignées, sont tout à fait dignes de Crosy Stills & Nash. Seuls « The dark of garage », déchiré entre piano et boîte à rythmes, le pseudo tango « Sicknessing », ainsi que l’allègre « I feel too young to die » ou encore l’opulent et excellent « I am six pounds of dynamite », balayé d’oscillations de claviers et de harpe, sortent quelque peu de cette léthargie visionnaire, pour ne pas dire hallucinatoire…

South San Gabriel

Welcome convalescence

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South San Gabriel est le projet de Will Johnson, le leader de Centro Matic. Il y consacre ses chansons les plus calmes, les plus mélancoliques. A sein du line up, on y retrouve, bien sûr, ses fidèles musiciens. C'est à dire Matt Pence, Scott Danbom et Mark Hedman ; mais également quelques invités de marque. Chris Pladival, le percussionniste/bruitiste de Stumptone qui avait participé à l'enregistrement du précédent opus, a cédé le relais au joueur de pedal steel Joe Butcher (Pleasant Groove), à celui de slide Brent Bent (Slobberbone), ainsi qu'au guitariste Bryan Vandivier (Wiring Prank). Première constatation, la technologie moderne y est plus présente. Un peu comme sur le fameux album de Wilco, " Yankee hotel foxtrot ". Et la comparaison n'est pas usurpée ! Des pépiements électroniques parsèment ainsi l'opus. Et en particulier sur l'angélique " New Brookland ". Ensuite, chez " Everglades ", une compo de plus de 8 minutes qui parvient à conjuguer vibraphone et steel. Des pépiements qui me font penser au clapotis de l'eau qui caresse le rivage avant de se transformer en battements de cœur. Epique, subtile, la mélodie de cette chanson me fait, en outre, penser à un Neil Young circa " Heart Of gold ". " Smelling medicinal " et de " The splinter angelic " constituent cependant, et à mon goût, les deux meilleures compositions de l'elpee. La première parce qu'elle est à la fois belle et contagieuse. La seconde parce que, tout en épousant la formule du crescendo, elle parvient à trouver le parfait équilibre entre violon grinçant et guitare acoustique, sur fond de bruitages, palabres et de feedback. Un crescendo qui balise également " Saint Augustin ", une plage hantée par un piano tellement limpide. " Ariza/184 " constitue le titre le plus curieux. Will y chante a cappella sur crachotements sonores. Tout au long de ces chansons spectrales, déchirantes, visionnaires, dont les lyrics parlent de séparation, de désolation, de désespoir et de mort, on a l'impression que Will chante dans son sommeil. Des mélodies aux lyrics sombres, poétiques, qui se consument lentement au cœur de paysages claustrophobiques et poussiéreux. Un bien bel album !

 

South

From here on in

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Une chose est sûre, cette formation a été contaminée par le virus du baggy. C'est à dire le mouvement historique, né à Manchester au milieu des 80's, qui s'est traduit chez des groupes comme Stone Roses ou Happy Mondays à travers des sons répétitifs et hypnotiques de la house. Et qui a enfanté les Charlatans et Oasis (NDR : les temps ont changé depuis…). A l'instar d'UNKLE, South veut faire revivre cette scène. Sous une forme plus contemporaine, moins rigide. En lui donnant une nouvelle dimension, si vous préférez. Les deux groupes ont d'ailleurs travaillé ensemble, tout récemment, pour concocter la bande sonore du premier film de Jonathan Glazer, " Sexy beasts ".

Produit par le boss du label Mo Wax en personne, James Lavelle, " From here on in " constitue le premier opus du trio. Un disque particulièrement long, découpé en 16 morceaux, dont deux versions d'" All in for nothing ", trois de " Broken head ", quelques instrumentaux, et puis l'une ou l'autre ballade plus tendre, plus mélancolique. Dont un " Southern climbs " courtisé par un violoncelle et caractérisé par des sonorités de guitare acoustiques cristallines. Ou encore " Keep close ", hanté par le fantôme de John Lennon. Mais la musique de South baigne avant tout dans la house. Une house subtile, riche, insidieuse, climatique canalisée par la section rythmique contagieuse, sur laquelle papillonne le timbre vocal laconique, ‘ianbrownesque’ de Joel Cadburry. Une bonne surprise, nonobstant certains fragments qui ont tendance à tirer en longueur…

 

South San Gabriel

Songs music

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Si vous appréciez la lo fi de Smog, Will Oldham, Lamchop, Navigational et consorts, vous ne pouvez passer à côté du premier album de cet ensemble texan, de Denton pour être plus précis. Un projet, plutôt qu'un groupe, puisqu'on y retrouve les quatre membres de Centro-matic, rejoint pour la circonstance par le percussionniste/bruitiste de Stumptone, Chris Pladival. Chez South San Gabriel, ce sont apparemment Will Johnson et Scott Danborn qui tirent un peu toutes les ficelles. Ils chantent à tour de rôle. Le premier possède un timbre écorché. Il se réserve les compositions les plus minimalistes, en s'accompagnant même parfois uniquement de sa six cordes. Le second un timbre falsetto. Qu'il met au service des chansons les moins dépouillées. Et même d'une chanson tout à fait pop, commis dans l'esprit d'un Sunny Day Real Estate, " Proud son of gaffney ". Ou encore sur les deux plus belles compositions de l'opus, " Glacial slurs " et " Innocence kindly waits " ; Will en profitant pour y démontrer tout son talent de violoniste. Et lorsqu'il passe au piano, c'est pour nous transpercer l'âme sur le douloureux " One-hundred thousand bridesmaids ". Dommage d'ailleurs que tout l'opus ne soit pas de la trempe de ces quatre petites perles, la fragilité émotionnelle du reste de l'album nous plongeant dans un climat tellement morose qu'il en devient déprimant…

 

The Beautiful South

Quench

Difficile de chroniquer un album que toute la presse spécialisée s’est empressée d’encenser, alors que nous l’estimons d’honnête facture, sans plus. C’est vrai que le groupe célèbre ses dix années d’existence, et compte à son actif sept albums ! Que depuis que Paul Heaton a abandonné les Housemartins pour fonder Beatiful South, les hits singles se sont succédés à une cadence régulière, et les différents albums ont atteint une place de choix dans les différents charts. En plus, Norman Cook, le bassiste de la défunte formation, est venu donner un petit coup de main, lors des sessions d’enregistrement. Mais ce qui nous chagrine le plus, c’est que si les 13 compostions de " Quench " ont tout pour plaire, elles sont façonnées dans un même moule depuis 1988… Ce qui n’empêche pas la formation de faire preuve de beaucoup de charme et d’élégance dans l’approche du sens mélodique. De pouvoir compter sur des lyrics souvent sarcastiques, engagés, rebelles dans le contexte sociopolitique actuel. D’entretenir un climat intimiste, mélancolique, au sein duquel la voix chaude, souple de Paul Heaton, se sent comme un poisson dans l’eau. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si justement ce disque n’avait pas cet arrière-goût de déjà entendu…

 

Southern Culture on the Skids

Dirt track date

En remuant les entrailles du swamp rock, du bayou, du rockabilly, du blues et du boogie, Southern Culture on the Skids affiche une coloration franchement revivaliste. Et pourtant, ce "Dirt track date" nous a fait bigrement plaisir. Pas tellement sur les fragments taillés dans le surf, réminiscents des interludes diffusés sur le tube cathodique au cours des fifties, et encore moins sur les morceaux noyés dans le funk, mais surtout lorsque les chansons manifestent ce feeling marécageux, irrésistible, sudiste propre à Creedence Clearwarter Revival et à Tony Joe White. En l'occurrence sur "Fried chicken and gasoline", "Voodoo cadillac" et "8 Pice Boy". On quand on pénètre dans le monde malsain, insidieux des Cramps ("Greenback fly", "Skullbucket"), voire tribal, stoogien, implacable sur "White trash". Et rien que ces cinq titres sont parvenus à polariser toute notre attention, notre admiration...