Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Steve Von Till

A life unto itself

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Lorsque Steve Von Till prend congé de Neurosis pour embrasser une carrière solo en parallèle, ce n’est certainement pas dans l’apaisement ni la détente. Et pour cause, son œuvre en solitaire ne respire jamais la joie de vivre. Elle baigne même dans une atmosphère sombre et mélancolique. Et « A life unto itself », quatrième opus de l’Américain, ne déroge pas à la règle.

Dès « In Your Wing », morceau qui ouvre la plaque, le ton est donné. Sculpté dans des cordes ténébreuses, l’americana de Von Till est à la fois douloureux et minimaliste. Un paradoxe ! Le violon d’Eyvind Kang (vu notamment aux côtés de John Zorn) et la pedal steel de Jason Kardong (Band of Horses) soutiennent parfaitement la voix rauque de Steve. Les percussions sont quasi-inexistantes. Bref, le climat entretenu tout au long de cet LP serait très susceptible de rendre dépressif le plus heureux des hommes. 

Steve Von Till est donc demeuré fidèle à sa ligne de conduite, et poursuit en version dark-folk ce qu’il avait entamé, au sein de Neurosis.

Scott Kelly, Steve Von Till & Scott ‘Wino’ Weinrich

Songs of Townes Van Zandt

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Dans l’univers du country/folk américain, Townes Van Zandt est un artiste légendaire. Il n’a réellement jamais été très populaire auprès du grand public. Il était, par contre, très apprécié de ses pairs. Notamment Willie Nelson, Merle Haggard, Emmylou Harris, Steve Earle, pour ne citer qu’eux. Il a eu une existence assez compliquée. Introverti, il était accro à l'alcool et aux drogues. Ses problèmes psy est ses démons intérieurs, il les reflétait à travers des textes sombres. Il était né en 1944, au Texas. Musicalement, il sera d'abord influencé par le bluesman noir Lightnin' Hopkins et par Bob Dylan. De son vivant, il a publié une dizaine d'albums. Il est décédé à 52 ans, des suites d'une fracture de la hanche.

Trois artistes à la tête du label Neurot ont tenu à rendre cet hommage à l'artiste disparu. Un choix surprenant quand on sait qu’ils trempent surtout dans le metal. Scott Kelly est chanteur et guitariste chez Neurosis, Tribes of Neurot et Shrinebuilder, Steve Von Till, au sein de Neurosis et Tribes of Neurot et Scott ‘Wino’ Weinrich, de Saint-Vitus ainsi que Shrinebuilder. Ils défendent également une carrière individuelle. Ces collaborations croisées expliquent sans doute le partage de ce projet. Sur ce ‘tribute’, ils interprètent, à tour de rôle, trois compos de Van Zandt. Un projet institué par leur ami Ansgar Glade, responsable du label My Proud Mountain (NDR : le titre d’une chanson de Townes), créé pour la circonstance.

Steve Von Till chante "If I needed you". Sa voix est grave. L’atmosphère est sombre. Les cordes acoustiques sont subtilement ponctuées par des notes amplifiées qui se fondent dans l’ensemble. Steve interprète "Black Crow blues", d’une voix saturée d’émotion. Un superbe poème empreint d’une tristesse intense. Il adapte "The snake song" sous une forme particulièrement dépouillée au sein d’un décor électronique morbide. La voix de Scott Kelly est davantage adaptée au folk. Probablement forgée par les excès, elle évolue dans le même registre pour attaquer "St John the Gambler", une compo au cours de laquelle la pedal steel de Jesse Baldwin entretient discrètement ce climat lugubre. La voix de Kelly est déclamatoire tout au long de "Lungs", un folk blues hypnotique au cours duquel le motif rythmique est inlassablement répété devant la puissance électrique, pourtant tapissée en arrière-plan. Tegumsek Valley" est loin de baigner dans la félicité. Wino se réserve "Rake" d’un timbre moins grave, qu’il souligne de cordes qui collent au texte. Il embraie par "Nothin' et "A song for", des folk song typiques. Les performances de Kelly et Von Till me semblent les plus intéressantes ; néanmoins, il est nécessaire de bien comprendre les subtilités de la langue de Shakespeare pour apprécier pleinement cette œuvre…

 

Steve Von Till

If I Should Fall To The Field

Le folk hanté de Steve Von Till fout les jetons. Pas étonnant quand on sait que ce type est aussi le leader (chanteur et guitariste) du groupe Neurosis. Pas des drôles, ces castards : suffit de voir les pochettes de leurs disques, et surtout d'écouter leur musique, sorte de métal-doom tuberculeux à faire passer Marilyn Manson pour le Grand Jojo. Ca commence mal, donc : du folk de métalleux ? En général, ceux qui s'y sont essayés nous ont plus fait rire que nous faire frémir. Dernier exemple en date ? Stone Sour, le side-project pour midinettes du chanteur de Slipknot. Sauf qu'ici, c'est pas du marketing ; et le résultat, en fin de compte, n'est pas catastrophique. Au contraire, Steve Von Till gagne haut la main son pari : celui de faire de la country avec des tripes, sans passer par la case Willie Nelson. Dépressif (certes), dépouillé (aussi), prenant (souvent), " If I Should Fall To The Field " réussit la gageure d'inviter Neil Young (la reprise " Running Dry ") au Bal des Vampires, avec David Eugene Edwards en maître de cérémonie ( " This River " et son banjo malingre - référence au film " Delivrance " ?). Tout ça n'est pas drôle, et dégage un parfum de moisi qui ne déplaira pas aux fans d'Anathema et de Johnny Cash (quand il reprend " Hurt " de NIN). Avec sa voix grave à la Mark Lanegan, Von Till se la joue cow-boy neurasthénique qui aurait peur de la lueur du jour (après " Delivrance ", " Vampires " de John Carpenter). A écouter, de fait, tout seul et dans le noir. La musique de Steve Von Till ? Mieux qu'un film d'horreur. Interdit au moins de 18 ans et aux fans de nu-métal (pléonasme), cela va sans dire.

Steve Von Till

As the crow flies

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Steve Von Till n'est autre qu'un des guitaristes/chanteurs de la formation californienne Neurosis. Nos joyeux lascars ont donc décidé de sortir une production alternative sur leur propre label, Neurot Recordings. "As crow…" apparaît comme une version unplugged de certaines intros des morceaux de Neurosis. Dans le plus simple accompagnement (guitare acoustique, violon, violoncelle et piano), Von Till oublie partiellement sa voix caverneuse et menaçante pour poser concrètement des mélodies (NDR : faut quand même pas espérer du Tom Jones, hein !) et tisser des ambiances épurées, mais toujours basées sur la répétition. Le climat ainsi créé n'aide pas vraiment à sortir du brouillard et ferait passer l'aspect déprimant de Sophia pour une ode à la joie. Les familiers de Neurosis y retrouveront leur bonheur; les autres pourraient se servir de cette plaque comme une introduction en douceur à l'univers complexe de ce groupe, tout en acceptant de laisser quelques plumes au passage…