Dans l’univers du country/folk américain, Townes Van Zandt est un artiste légendaire. Il n’a réellement jamais été très populaire auprès du grand public. Il était, par contre, très apprécié de ses pairs. Notamment Willie Nelson, Merle Haggard, Emmylou Harris, Steve Earle, pour ne citer qu’eux. Il a eu une existence assez compliquée. Introverti, il était accro à l'alcool et aux drogues. Ses problèmes psy est ses démons intérieurs, il les reflétait à travers des textes sombres. Il était né en 1944, au Texas. Musicalement, il sera d'abord influencé par le bluesman noir Lightnin' Hopkins et par Bob Dylan. De son vivant, il a publié une dizaine d'albums. Il est décédé à 52 ans, des suites d'une fracture de la hanche.
Trois artistes à la tête du label Neurot ont tenu à rendre cet hommage à l'artiste disparu. Un choix surprenant quand on sait qu’ils trempent surtout dans le metal. Scott Kelly est chanteur et guitariste chez Neurosis, Tribes of Neurot et Shrinebuilder, Steve Von Till, au sein de Neurosis et Tribes of Neurot et Scott ‘Wino’ Weinrich, de Saint-Vitus ainsi que Shrinebuilder. Ils défendent également une carrière individuelle. Ces collaborations croisées expliquent sans doute le partage de ce projet. Sur ce ‘tribute’, ils interprètent, à tour de rôle, trois compos de Van Zandt. Un projet institué par leur ami Ansgar Glade, responsable du label My Proud Mountain (NDR : le titre d’une chanson de Townes), créé pour la circonstance.
Steve Von Till chante "If I needed you". Sa voix est grave. L’atmosphère est sombre. Les cordes acoustiques sont subtilement ponctuées par des notes amplifiées qui se fondent dans l’ensemble. Steve interprète "Black Crow blues", d’une voix saturée d’émotion. Un superbe poème empreint d’une tristesse intense. Il adapte "The snake song" sous une forme particulièrement dépouillée au sein d’un décor électronique morbide. La voix de Scott Kelly est davantage adaptée au folk. Probablement forgée par les excès, elle évolue dans le même registre pour attaquer "St John the Gambler", une compo au cours de laquelle la pedal steel de Jesse Baldwin entretient discrètement ce climat lugubre. La voix de Kelly est déclamatoire tout au long de "Lungs", un folk blues hypnotique au cours duquel le motif rythmique est inlassablement répété devant la puissance électrique, pourtant tapissée en arrière-plan. Tegumsek Valley" est loin de baigner dans la félicité. Wino se réserve "Rake" d’un timbre moins grave, qu’il souligne de cordes qui collent au texte. Il embraie par "Nothin' et "A song for", des folk song typiques. Les performances de Kelly et Von Till me semblent les plus intéressantes ; néanmoins, il est nécessaire de bien comprendre les subtilités de la langue de Shakespeare pour apprécier pleinement cette œuvre…

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