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Le parfum de vie de Goudi

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Tad Robinson

Back in style

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Originaire de New York City, Tad est compositeur/chanteur/harmoniciste. Outre-Atlantique, sa voix est considérée comme un petit bijou national. Otis Clay, l'un des seigneurs du soul blues a déclaré qu'à sa mort, il aurait sa place réservée au paradis de la soul! Il y a longtemps qu’il sévit sur la scène de Chicago. Ses débuts, il les a accomplis au sein de la formation blues rock, Big Shoulders. Chez Dave Specter and The Bluebirds, il en est le frontman. Et participe à la confection de leur elpee, "Blueplicity". Tad est ensuite signé par le célèbre label local Delmark. En 1995, il grave "One to infinity" puis "Live in Europe", en compagnie du guitariste Dave Specter. Il publie "Last go round" en 1998. Avant de rejoindre l’écurie Severn, où il sévit toujours. Depuis, il a souvent fait équipe avec Alex Schultz (NDR : issu de la West Coast, ce guitariste notoire a milité chez le William Clarke Band et les Mighty Flyers), et notamment en 2005, lors de la confection de "Think about it", de ce partenaire. En solo, il est également responsable de "Did you ever wonder", paru en 2004 et "A new point of view", en 2007. Il a été nominé à plusieurs reprises comme artiste ou pour l’album de soul blues de l'année. On le compare souvent à d'autres blancs du style ; et en particulier Darrell Nulisch ainsi que Curtis Salgado.

A 54 balais, il nous revient donc pour un nouvel opus. Il est soutenu par son équipe de base : le bassiste Steve Gomes, le drummer Robb Stupka, le claviériste Kevin Anker et son grand ami Alex Schultz, à la guitare. De nombreux invités se sont joints à la fête. Notamment des cuivres et des choristes.

"Rained all night" nous entraîne au cœur d’un univers empreint de douceur et de passion. Une compo à la jolie mélodie issue de la plume de son bassiste Gomes. Face à l'orgue Hammond d'Anker et les cordes discrètes d'Alex, la voix de Tad est bien mise en exergue. "Full attention blues" constitue la plage qui me botte le plus. C’est aussi certainement la plus spécifiquement blues. Une plage introduite par l'harmonica de Tad (NDR : il ne faut pas oublier qu’il est également un souffleur raffiné, citant volontiers Big Walter Horton, Sonny Boy Williamson, Junior Wells et James Cotton, parmi ses références). Alex lui donne la réplique et se réserve une sortie parcimonieuse aux cordes. Exquis ! La plus belle mélodie est incontestablement rencontrée tout au long de la reprise du "You name it I've had it" de Clarence Shields. La voix est pure, lumineuse. Les chœurs féminins et le front de cuivres lui donnent la réplique. La tonalité grave de l'orgue ne fait que souligner la richesse et la profondeur de la voix. Les jolies ballades soul se succèdent : "On and on", "I'm in good", "Just out of my reach", au cours duquel Mr Schultz se révèle très économe mais tellement efficace à la gratte, ainsi que "Half smile", caractérisé par ses chœurs féminins. Benji Porecki se consacre à l’orgue Hammond tout au long de "Sunday morning woman", et il tire parfaitement son épingle du jeu pendant qu’Alex et Dan Hovey (NDR : le leader du groupe de blues psychédélique GHZ) se partagent les cordes. Un feeling que l’on retrouve lors de la finale, "Get back in love". "Turn to the music" véhicule des tonalités jazz bien ciselées. Les cuivres sont à l'avant-plan. Kevin Anker manifeste une grande versatilité sur les touches de son piano électrique Fender Rhodes. Je recommande chaudement cet album aux amateurs de soul blues.   

 

Tony Furtado

Live Gypy

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Tony Furtado et ses American Gypsies ne jouent pas du blues mais de la roots ; c'est-à-dire une musique aux racines très diversifiées et au panorama sonore beaucoup plus ample. Tous les musiciens sont talentueux : Tony à la slide, Myron Dove à la basse, Tom Brechtlein aux drums, John R. Burr aux claviers et Paul McCandless au saxophone, à la clarinette et à la flûte.
 
Les percussions entament les débats, avant l’arrivée d’une slide qui rugit déjà l'espace de quelques notes. L'orgue Hammond vient se fondre dans la rythmique. Une flûte timide filtre dans le lointain. La musique baigne au sein d’un climat délicieux, au parfum d'Orient. Puis progressivement, l’ensemble embrasse une jam allègre, de laquelle s'évade un saxophone très free. L'atmosphère est assez planante, féerique, exaltante. Elle me fait même parfois penser au Kaleidoscope de Chris Darrow et de David Lindey ou encore à Ry Cooder. Le bottleneck glisse furtivement sur les cordes amplifiées. On y distingue le son métallique. Tony introduit ainsi "The ghost of Blind Willie Johnson", un instrumental qui évolue au coeur du Delta. Mais à l’arrière, la richesse sonore est intense et la section rythmique impériale. Avec pour fil conducteur le piano. Les Gypsies adaptent "Rueben's train", un morceau traditionnel de country. Et c'est à nouveau la fête. La country se fait même raga. Furtado est un musicien assez exceptionnel. Il est capable d’extraire des sons inhabituels de sa slide. Très jolie ballade instrumentale, "Hartford" appartient au folklore américain. Cette musique si simple à la base, avec banjo, piano, violon et clarinette, nous permet de revenir au temps des pionniers. Autre ballade à la douce mélodie, "Some of Shelly's dream" est signé par l’ex Monkees, Michael Nesmith. L'introduction à la slide, opéré sur "Far fry on the Hog farm", me rappelle le grand Lowell George. Et la suite confirme cette sensation. A cause des percussions, du piano et du saxophone qui s'articulent au sein d’une démarche musicale familière à Little Feat. Furtado empoigne le banjo pour attaquer "St John's fire", un fragment qui glisse vers une nouvelle jam ; une jam conduite d’abord par le piano jazzyfiant de John Burr. Juste avant que le banjo ne se mette à délirer face à l'orgue Hammond et au saxophone ! "Oh Berta Berta" nous replonge d’abord dans un univers proche de Santana, époque "Abraxas". Et, suivant la bonne habitude, la solution sonore dérive dans une nouvelle jam. Les percussions y font un véritable tabac, tandis que Paul se prend pour Greg Rolie, à l’orgue. La mélodie de "Bottle of hope" est étincelante. Elle semble avoir été héritée en ligne droite de la vieille tradition américaine, comme "Amazing grace". Les interventions au saxophone et du piano y sont véritablement émouvantes. Le traitement du traditionnel "Stagerlee" est de la même trempe. Et en finale, pour "Waiting for Guiteau", le banjo bluegrass atteint le sommet de la folie pure. Je vous recommande chaudement cet opus de roots fusion. Enregistré live, dans le Nord Ouest et l'Ouest des Etats-Unis, en 2002, il devrait vous permettre de mieux faire la différence entre des styles aussi classiques que la country, le bluegrass, le blues, le jazz et le folk.

Tad Morose

Matters of the dark

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Tout au long de cette nouvelle plaque, dont la pochette fait la part belle aux légendes de l'Ancienne Egypte, Tad Morose ne change rien à sa recette. Groupe suédois formé en 1993, le band officie dans le créneau power métal tout en se revendiquant de Black Sabbath, Jag Panzer et Savatage. Rien de bien original jusque là, mais ce "Matters of the dark" témoigne d'une musique mise en place avec précision, superbement exécutée et qui saura séduire les amateurs de mélodies rugueuses et variées. Des titres tels que "Sword of revolution" ou "Another way" n'auraient pas, s'ils bénéficiaient d'une production à la hauteur de leur talent, dépareillés sur les dernières productions du groupe des frères Oliva. Parfois, les lignes guitaristiques flirtent avec le prog, évoquant les délires tarabiscotés d'un Symphony X ou les arpèges baroques d'Yngwee Malmsteen. Trop riche pour être décrit en quelques lignes, "Matters of the Dark" nécessite une bonne dizaine d'écoutes avant d'en apprécier toute sa complexité. Tad Morose sillonnera les routes d'Europe en compagnie des vétérans de la NWOBHM Demon. Belle affiche en perspective!

 

Tad

Infrared Riding Hood

Tout comme Melvins, Mudhoney, Soundgarden et Nirvana, Tad appartient au patrimoine grunge des States. Simplement, Tad s'est toujours plus impliqué politiquement que musicalement. Avec pour résultat une expression sonore qui n'a pratiquement pas évolué au cours des six dernières années. Réduit aujourd'hui à un trio, le combo a fait appel à Jack Endino pour produire son cinquième opus. Figure emblématique, Endino avait d'ailleurs mis en forme leur premier elpee, "God's ball". Mais également "Bleach" de Nirvana et quelques autres œuvres du patrimoine de Mudhoney et Soundgarden. Malgré le concours de l'illustre maître ciseleur, "Infrared riding hood" ne parvient pas à s'extraire de ce climat oppressif, pesant, maladif, qui lui colle aux basques depuis 1989, suppurant un groove paresseux, torturé, tortueux que gangrène les refoulements gutturaux de Tad Coyle. Un éléphant a beau rêver de voler comme un oiseau, il ne parviendra jamais qu'à se vautrer dans la gadoue.