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The 44s

Twist the knife

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Issue de Los Angeles, The Forty Fours est une formation fondée en 2007. Au départ, elle était drivée par l'harmoniciste d'origine japonaise, Tex Nakamura, et le chanteur/guitariste Johnny Main. Depuis le départ du premier cité, Johnny se réserve le leadership.

"Twist the knife” fait suite à "On the 13th", un opus qui remonte déjà à quatre longues années. Entretemps, le batteur originel, JR Lozano, a cédé le relais à Gary Ferguson, et Eric Von Herzen se charge de la musique à bouche, un musicien qui drive également son propre band, The Atomic Kings. Le bassiste Mike Hightower est cependant, toujours au poste.

Instrumental, "Cuttin' deep" ouvre les hostilités, une compo signée par le band. Un r&b attaqué dans l’esprit de Harpo, qui bénéficie du concours d’un invité de luxe. En l’occurrence le gratteur californien Junior Watson. Et sa présence bonifie l’ensemble. En outre, bonne nouvelle, ce guitariste exceptionnel participe à la quasi-totalité des plages du long playing. A contrario, on regrettera la carence en compos personnelles. D’ailleurs, les sept plages chantées sont toutes des reprises. Dont "Sugar you", un titre écrit et interprété par Richard Berry en 1957. Watson s’éclate sur ses cordes tout au long de ce r&b old school. Le "Howlin'" de Howlin' Wolf (of course) est imprimé sur un tempo assez alerte. La voix forcée de Main adopte celle, rauque et ravagée, du géant du blues, alors que Van Herzen souffle dans son harmo à la manière de James Cotton. Blues lent, "Champagne and reefer" est issu du répertoire de Muddy Waters. La voix est aussi ravagée que celle de Wolf, alors que Van Herzen se réserve de nouveau une brillante intervention. Le "Too many drivers" de Lightnin' Hopkins se distingue par son rythme explosif, mais également par le déchaînement de Watson sur ses cordes, vite rejoint par son collègue souffleur. Dans un autre style, la version du "Rosie" de Doyle Bramhall II (NDR : il a longtemps milité au sein du backing groupe d’Eric Clapton), est imprimée sur un tempo répétitif, une piste caractérisée par un seul envol ; en l’occurrence celui de Johnny Main, particulièrement élaboré, créatif et surtout très réussi. En outre, l’intervention finale de Van Herzen est un réel bonheur et rappelle le regretté Lester Butler, une légende qui nous a quittés voici déjà 21 ans. Blues lent, "Helsinki blues" est signé par l’harmoniciste James Harman (NDR : issu de Los Angeles, ce vétéran est également un de leurs potes). Ce morceau permet encore aux deux solistes de briller de mille feux. Et cet LP ‘artisanal’ s’achève par le "44's Shuffle" de T-Bone Walker, un final sont The 44s s’acquitte avec passion et brio…

The 44s

On the 13th

Écrit par

Fondé en 2007, The 44s est un quatuor établi à Los Angeles. Son blues s’inscrit dans l’esprit de formations particulièrement populaires, y compris chez nous, comme le James Harman Band et le Red Devils du regretté Lester Butler. Son premier opus remonte à 2011. Intitulé "Boogie disease", il avait été produit par leur ami Kid Ramos (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds), un elpee suivi l'année suivante par "Americana", deux disques parus sur le label local Ripcat. En 2009, le combo publie un Dvd baptisé "Live at Bacci's". Puis plus rien. Et pourtant le groupe roule toujours sa bosse sur les routes… Si Johnny Main, le chanteur/guitariste, est toujours aux commandes, secondé par le batteur J.R Lozano, les deux autres musiciens ont été remplacés. La basse est aujourd’hui dévolue à Mike Hightower, un ancien membre des Mama's Boys de Johnny Mastro (NDR : un autre combo pur et dur issu de L.A), et le remarquable harmoniciste japonais Tex Nakamura a cédé le relais au jeune et prometteur ‘Shady’ Jake Huffman, un disciple de Rod Piazza.

Le style des 44's est toujours aussi primaire, âpre et sans concession. Imprimé sur un tempo digne de Howlin' Wolf, "Fade to black" ouvre l’LP. J.R et Mike balisent la compo afin de permettre aux deux solistes de se libérer ; et le premier à démontrer tout son talent est le nouveau souffleur Shady. Johnny Main tire également son épingle du jeu en adoptant un style spontané, parfaitement adapté aux rythmes. Tout au long du "Too many drivers" de Smokey Hogg, un blues cool mais implacable, Jake Huffman prouve qu’il s’est parfaitement intégré au line up. Le tempo monte d’un cran pour "Ninety-nine to life", une plage enregistrée chez Grazies, un restaurant italien d'Upland, à l'est de Los Angeles. Le groupe se comporte en studio comme s'il se produisait en ‘live’, dans un club de la Cité des Anges. Plutôt longues et sans artifices, ses compos sont destinées à communiquer leur plaisir à jouer du blues ; à l’instar du flemmard "Easy baby", un titre signé Magic Sam Maghett. Johnny y est très inspiré et s’exprime à l’aide de ses cordes en y injectant un maximum de sensibilité… Les plages instrumentales ne manquent pas d’allure. A l’instar de "Johnny's" qui adresse un clin d’œil à Albert Collins, mais également à Freddie King, au shuffle "Medium shade", moment choisi par Shady, inspiré par Little Walker, de nous enchanter, et du tonique "Jake's Juke", au cours duquel Jake Hoffman marche sur les traces de son mentor, le grand Rod Piazza, leader intemporel des Mighty Flyers. Baignant dans le Delta, "Slip slide est caractérisé par de très beaux échanges entre l'harmonica et la slide de Main. Les 44's sont sur les rails, plus rien ne peut les arrêter. Main fait encore la différence en faisant vibrer ses cordes tout en construisant parfaitement son solo. Sans surprise, les 44's reprennent le "Devil woman" de Lester Butler, un titre qui figurait sur l’elpee "King King" des Red Devils, une piste de plus de 9' qui rend hommage à feu l'inoubliable souffleur disparu en 1998. Balisé par la solide section rythmique, "Hanging tree" clôt l’opus, un boogie frénétique balayé par de petits envols successifs exécutés par l'harmonica…

 

The 44s

Americana

Écrit par

The 44’s est l'une des formations de blues les plus actives en Californie du Sud. Elle rayonne d’ailleurs autour de la mégapole de Los Angeles. Le Dvd "Live at Biacci", paru en 2009 et l’elpee "Boogie disease", publié l’an dernier, avaient déjà été chroniqués dans Musiczine. Le line up du groupe est identique.

Imaginez un vieux club de L.A. dont le podium est constitué d’un plancher en bois. S’y produisent The 44’s. Tex Nakamura est au milieu de la scène. Les yeux du souffleur japonais sont dissimulés par de sombres lunettes. Un chapeau est éternellement vissé sur son crâne. Il est posté derrière son micro. Chanteur et guitariste, Johnny Main est couvert de tatouages. Mike Turturro l’est tout autant. Il passe régulièrement de sa basse électrique à une contrebasse plutôt encombrante. Ses accords sont lourds. Enfin, derrière ses fûts, siège J.R Lozano. Tout comme pour le dernier opus, c’est la légende locale, Kid Ramos qui s’est chargé de la production. En outre, il a apporté sa contribution personnelle aux sessions d’enregistrement.

Le signal de départ est à peine donné, que les 44’s se lancent dans un boogie bien huilé. Le riff est emprunté à John Lee Hooker. La machine à rythme soutient les deux solistes. Déjà épaulé par Ramos à la guitare, Tex dissémine de courtes phrases incendiaires ; mais c’est Johnny qui dirige admirablement la manœuvre. La mise en forme est impeccable. Imprimé sur un tempo hypnotique, accentué par le saxophone de Ron Dziubla, "Lady luck" est sculpté dans un funk contagieux. Ce morceau qui invite à la danse me rappelle la quintessence du Creedence Clearwater Revival, et en particulier la reprise du classique "Suzie Q". La sortie parcimonieuse aux cordes de John et de Kid est superbe. "Cocaïne" campe un shuffle. Les cordes impriment un rythme cher à Jimmy Reed. Tex souffle dans les aigus et le chant de Main est une nouvelle fois impeccable. Rockabilly blues, "Dixie" évolue sur un tempo très soutenu. Blues incantatoire, "She's poison" évoque les meilleurs moments des Red Devils. La mémoire de Tex est bien hantée par le fantôme de Lester Butler. Et Main démontre qu’il a accompli d’énormes progrès sur son instrument. Le son des 44’s est authentique. Il est vrai que tous les musicos se servent d’instruments ‘vintage’! Remarquable, "Pleading my case" nous plonge au cœur du Chicago Southside. Kid Ramos a saisi son bottleneck et lance le riff de slide d'Elmore James. John vocalise énergiquement. Tex souffle à la manière de Junior Wells voire de Louis Myers. Johnny chante, sanglote même "Mr Operator", le blues lent de circonstance, un titre à l’instrumentation minimaliste. Le sax de Dziubla et la guitare lumineuse de Ramos alimentent "You'll be mine", un R&B imprimé sur un tempo enlevé. Main s’est manifestement amélioré aux vocaux. Il a acquis une telle expérience qu’il se révèle redoutable sur le country blues électrique "You'll be mine", une piste au cours de laquelle il se réserve également la partie de slide. Elle est même ravageuse. Et il remet impeccablement le couvert sur "Slip slidin' thang", pendant que notre Japonais, disciple de Magic Dick, signe sa meilleure sortie. "99 to life" est un authentique exercice de style acoustique. Dernier shuffle, "Mr Highway man" replace tous les acteurs sous les projecteurs. Et pour cette compo, ils ont une pêche pas possible. Des cuivres brûlants irradient "Hold on". "Americana" constitue le meilleurs elpee commis par les 44’s depuis "So Cal"! Et à coup sûr l'un des musts en blues, pour l’année 2012. 

 

The 44s

Boogie disease

Écrit par

Ce quartet californien avait déjà fait l’objet d’une chronique sur Musiczine. En 2008. Mais elle était consacrée au Dvd "Live at Biacci". « Boogie disease » constitue donc leur premier enregistrement audio, un disque sur lequel figure trois titres repris sur leur Dvd. Au sein du line up, militent toujours le chanteur/guitariste Johnny Main, l’harmoniciste Tex Nakamura (NDR : de nationalité japonaise, il est né à Tokyo) et le drummer J.R Lozano. Par contre, changement de bassiste, puisque le poste est aujourd’hui occupé par Mike Turturro, un musico qui dans le passé à sévi au sein des backing groups de Lynwood Slim et Candye Kane. La force de frappe des 44's est sans aucun doute son souffleur japonais. A une certaine époque, il se produisait en compagnie de War. Toute cette équipe fait partie de la grande famille musicale de Los Angeles, on sein de laquelle on retrouve les musiciens de Los Lobos, Rod Piazza et surtout Kid Ramos. Tous des potes, par ailleurs. C'est d'ailleurs ce dernier qui non content de jouer sur plusieurs plages, produit l'album.

Les 44's démarrent en puissance par leur "Pull my strings". La guitare de Johnny introduit la compo. La section rythmique est brillante. Et pour cause, la contrebasse de Mike ronronne devant les fûts de Jason. En outre, la dynamique de groupe est impressionnante. Main a une bonne voix. Son timbre est naturellement puissant. Tex entre enfin en scène. Son souffle est extraordinaire. Il est le principal soliste du band. C’est un admirateur de Lee Oskar (son prédécesseur chez War), Magic Dick, Mark Wenner, Kim Wilson, William Clarke et surtout du regretté Lester Butler. Les 44's reprennent d'ailleurs deux compositions de Butler, dont "So low down". Et si la version est superbe, Tex s'y révèle époustouflant. Direction Chicago, pour attaquer le "Take it easy baby" de Willie Dixon. La sonorité s’avère très Westside. Leur "Boogie disease" constitue un véritable remède contre la morosité. On en attrape même des fourmis dans les jambes. Tous les orteils sont en effervescence. Le tempo est très élevé. Main nous communique son virus du boogie. Nakamura en profite pour décoller vers les sommets et c'est Mr Ramos himself qui se réserve les cordes ; et franchement, le Kid est loin d’être un manchot ! Retour vers Chicago pour la cover du ténébreux "Commit a crime" signé par le légendaire Howlin' Wolf. Johnny pousse sa voix au maximum pour rivaliser de puissance avec le bon vieux ‘Loup hurlant’. Bien balisé par la section rythmique, le riff est hypnotique. La guitare grave et lugubre. "Going to the church" est l'autre reprise du répertoire de Lester Butler. A nouveau une plage très nerveuse évoluant sur un tempo rapide. Et Tex s’illustre encore sur sa musique à bouche. Il empoigne ensuite son harmonica chromatique pour rendre hommage au regretté William Clarke à travers l'instrumental "Blowin' like hell". Le petit homme jaune, le Stetson vissé sur le crâne, y est vraiment diabolique. Leur version du "Automatic" de Willie Love" est également de très bonne facture. Tout au long de ce shuffle brûlant, Kid Ramos est en verve. La cohésion de l'ensemble est sans faille. A l'époque de ses Red Devils, Lester Butler avait également adapté cet "Automatic". Ramos est tellement heureux de participer à cette session qu'il interprète son "Johnny Cochino", un instrumental au cours duquel Mr Tex Nakamura tire une nouvelle fois son épingle du jeu. Dommage que les 44's se focalisent autant sur les covers ; néanmoins, je vous recommande chaudement ce long playing…

 

The 44s

Live at Bacci’s (Dvd)

Écrit par

Los Angeles regorge d’excellents blues bands. Les 44's y sont originaires. Un quatuor réunissant le chanteur/guitariste Johnny Main, le bassiste Dug Mug Swanson, le batteur J.R Lozano et l'harmoniciste d'origine japonaise, Tex Nakamura. Dug Mug a milité au sein du groupe de Zac Harmon, le Mid South Blues Revue qui avait décroché, en 2004, l'International Blues Challenge Award. Le quartet écume cette scène locale particulièrement difficile en se produisant dans les petits bars et clubs de L.A. Une situation qui oblige les artistes à se battre pour vivre de leur musique plutôt que d’assurer leur confort de vie. A cet égard, la manière assez agressive du vocaliste est symptomatique. Elle communique une intensité particulière aux 44s, qui en font sa spécificité. Ces sessions ‘live’ se sont déroulées en février 2008, au ‘Biacci's’, un petit club/restaurant italien d’Upland, dans la banlieue est de L.A.

Nakamura est un harmoniciste au souffle puissant. Son intervention est pleine de verve tout au long de l’ouverture "So low down". Un véritable claque ! Main (NDR : un type tatoué comme ce n’est pas possible !) vocifère ses vocaux dans le style d'un Johnny Winter de la belle époque, tout en triturant nerveusement sa vieille mais fidèle Fender Stratocaster. Le combo attaque le "Too many drivers" de Lightnin' Hopkins, à la manière d'un shuffle texan. Une version dynamique, puissante, victorieuse. Tex est à nouveau impressionnant. Le Stetson blanc est bien vissé sur le crâne. Des lunettes fumées dissimulent ses yeux. Mais surtout, il souffle comme le Kim Wilson au sommet de son art. Celui qui militait chez les T-Birds, à leurs débuts. Johnny se réserve une première sortie sur les cordes tandis que la solide section rythmique met la main à la pâte à l'arrière-scène de la pizzeria. Le son du Chicago Westside est bien restitué lors du "Take it easy" de Magic Sam. Main n’est pas un virtuose ; mais, à la recherche du riff magique institué par Sam Maghett, il parvient à arracher des larmes de ses cordes. Quatre plages de ce concert sont issus de la plume d’un certain L. Butler, dont le ravageur et galopant "Goin' to the church". L'harmonica ne desserre jamais l'étreinte autour du chanteur. Une grande complicité s’établit entre les deux solistes. L’ensemble affiche une cohésion remarquable. Main sort de sa poche son bottleneck. Ses cordes ronronnent. Il se réserve une longue intro à la slide pour "Sweet tooth". La démarche est plutôt majestueuse. Plus aventureuse. Largement différente de celles des jams bands, auxquels il se raccrochait en début de parcours. Néanmoins, les interventions de Tex demeurent séduisantes, envoûtantes, magiques. "Shape I'm in" opère un retour au Texas. Un rock'n'roll tonique signé Bramhall (père et fils) et Marc Benno. Fin du concert. Et du film. Le générique final défile pendant que la bande sonore diffuse une reprise succincte du "Don't love your cool" d'Albert Collins.