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The Dandy Warhols

…The Dandy Warhols come down

Psychédélique jusqu’au bout des orteils, ce quatuor issu de l’Oregon, de Portland très exactement, remet au goût du jour le garage/pop sixties avec beaucoup de savoir-faire. Farfisa rogné, crémeux, guitares distordues, vibratoires, harmonies vocales lysergiques, angéliques. Tout y est. Un peu comme si on célébrait une hypothétique rencontre entre Spacemen 3, les Stone Roses, Syd Barrett, House Of Love et Inspiral Carpets. En fait, la musique de Dandy Warhols avoue un net penchant anglophile, même si le groupe reconnaît pour influences majeures le Velvet Underground et les Beach Boys. Qu’à cela ne tienne, son deuxième opus vaut son pesant d’or mélodique, recelant quelques véritables petites perles, telles " Boys better ", " Good morning ", " Every day should be a holiday ", et bien sûr le single hyper contagieux, " Not if you were the last junkie on earth "…

 

The Dandy Warhols

En rodage...

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La tournée 2005 des Dandy Warhols accompagnait la sortie de leur nouvel album : « Odditorium or Warlords of Mars ». Les critiques sont mitigées. Certains estiment que l'album est un retour au très bon « Thirteen Tales From Urban Bohemia ». Les autres pensent que cet opus confirme le présage annoncé par de « Welcome To The Monkey House » : les Dandy, ce n'est plus ce que c'était !

Nonobstant les critiques, un concert des Dandy Warhols à Paris ne se loupe pas ! Malheureusement, on ne peut pas dire que leur prestation d'ensemble ait été à la hauteur. Bien que satisfaite de voir les Dandys en live, je dois reconnaître que le set a alterné le bon et surtout le moins bon. Mon enthousiasme a ainsi souvent été gâché par la maladresse. On n'a jamais ressenti ce rythme soutenu. Les moments de véritable intensité ont été éphémères. On avait l'impression qu'il y avait quelque chose de cassé. L'équilibre des Dandys est fragile et il suffit d'un rien pour le faire basculer. Seules les chansons des premiers albums sont parvenues à réchauffer quelque peu la salle. Lors des morceaux incontournables, "Bohemian Like You" et "We Used To Be Friends", par exemple. A cet instant, le groupe semble plus à l'aise et bien moins empêtré dans la rigidité d'« Odditorium ». La voix de Courtney Taylor n'est pas très assurée. Sur certaines chansons, il crie plus qu'il ne chante (exercice que, malheureusement, il ne maîtrise pas). Bien sûr, la prestation n'est pas fondamentalement médiocre (mention spéciale à Pete Holmstrom pour son élégance et son jeu de scène) ; mais les morceaux des deux derniers albums passent mal la rampe. La qualité des chansons interprétées n'est peut être pas la cause (NDR : encore que pour certaines, c'est justement le problème) mais plus que probablement leur transposition sur scène. Notamment, lorsqu'ils abordent le répertoire le plus récent. A contrario, les titres les plus anciens, déjà rodés au fil de leurs tournées précédentes, se révèlent impeccables.

La prestation des Dandy Warhols n'a pas été parfaite. Certes. Mais ils semblaient heureux d'être de retour sur une scène française. Jusqu'au tout dernier moment, ils sont restés en compagnie du  public. Fait rare de nos jours : le groupe n'a pas accordé de rappel. Il a simplement préféré dispenser son set d'1h30. D'une traite. Sans quitter une seule fois la scène.

The Dandy Warhols

This Machine

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Pour fêter ses dix-huit années d’existence, The Dandy Warhols a donc décidé de sortir un nouvel album. Il s’intitule « This Machine ». Ces maîtres de la vague électro-pop-psychédélique remettent une nouvelle fois leur ouvrage sur le métier. Pour mener à bien cette ultime aventure, ils ont reçu le concours de Tchad Blake qui a milité comme mixeur/réalisateur sur les deux derniers opus des Black Keys.

Après avoir encaissé un semi-échec, consécutif à la production de Nick Rhodes (Duran Duran) et malgré la désertion d’une grosse majorité des fans, peu satisfaits, à l’époque, du recours aux nombreuses nappes de synthétiseurs, le combo natif de Portland est parvenu à remettre les pendules à l’heure, en publiant « Odditorium Or Warlords Of Mars », en 2005, et « ... Earth To The Dandy Warhols », en 2008. Cependant, la qualité présente sur les premiers elpees, « Thirteen Tales from urban Bohemia », « The Dandy Warhols come down » ou encore « Welcome to the Monkey House », n’a plus jamais remontré le bout du nez ou alors très épisodiquement.

« This Machine » tente une nouvelle percée après ces deux demi-échecs ou semi-réussites, c’est selon.

Force est de constater que si les Dandy Warhols restent fidèles à leur réputation, à savoir qu’ils ne se soucient d’aucune mode ni de personne pour créer leur musique, le résultat est loin d’être convainquant.

Où sont les directs au foie, les refrains endiablés, les rythmes obsédants, les morceaux qui avaient pour bonne habitude de nous mettre la tête dans le c… ?

Evidemment, la créativité est toujours au rendez-vous mais on est toujours en attente du hit, d’un tube planétaire, de la mélodie parfaite, entraînante à souhait qui ferait même danser sur sa chaise, un tétraplégique…

Pas mauvaises en soi, sans doute même très recherchées, les onze plages peuplant ce nouvel essai s’écoutent sans frémir, sans éveiller le monstre qui est en chacun de nous. Plaisant mais trop prévisible, sans aucune bonne surprise, ce huitième album ne sera qu’une pièce de plus au puzzle des (ex-)maîtres du pop-art.

On fera un petit effort pour épingler un morceau par-ci et un autre par-là, pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ou pour ne pas sombrer dans la déprime totale. Sortent donc un peu (si peu) du lot « I am free », une compo légèrement amusante ou « The Automn Carnival », une plage qui possède un petit quelque chose de plus que le reste. Mais faut bien chercher et faire l’effort pour les dénicher…

Comme quoi, rien n’est acquis d’office. On ne peut pas être et avoir été !

Pour avoir assisté à leur concert récemment, j’en ai aujourd’hui l’intime conviction…

 

The Dandy Warhols

Pop-art ? Où, quand ? Pas vu, ni entendu !

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Ah les Dandy Warhols ! Je les avais ‘vus’, pour la première et dernière fois en ouverture du concert de David Bowie, au Sportpaleis d’Anvers. C’était en 2003. Ben ça fait un bail, non ? A l’époque, je m’étais dit à posteriori qu’il serait plus que nécessaire de les revoir et surtout de les réécouter dans de ‘bonnes conditions’. En effet, le ‘Ziggy’ du haut de sa gloire ne leur avait laissé que quelques malheureuses miettes carrées (drôle, non ?) devant un rideau immaculé et une sono pourrie pour pouvoir s’exprimer. Un peu peu… Mais leur répertoire, un véritable juke-box de rock électro-psychédélique ne m’avait pas découragé ; et je fredonnais plus que je ne percevais ou n’entendais ce soir-là.

Dix ans plus tard, l’occasion m’est donnée d’assister à leur prestation sous une bien meilleure configuration. Ce rendez-vous là, pas question de le louper ! Coup de bol, ils ne se produisent que cinq fois (!) sur le Vieux Continent : Amsterdam, Düsseldorf et ouf, Bruxelles enchaînés en trois soirées. Un petit jour de relâche puis direction Paris pour terminer le lendemain leur tournée européenne à Luxembourg. Quelle santé ! Cinq dates en six jours…

Mon billet en poche, je prends la route pour la capitale et rejoins sa petite mais excellente salle de l’Ancienne Belgique. Une dizaine de fans se pressent déjà devant les portes, deux heures avant l’ouverture. Le temps d’aller boire un  coup et de manger un morceau… Chouette, c’est vendredi et on est quatre.

Retour sur place un peu avant 20h00. Nous sommes ‘limite’ car on apprend qu’AK/DK qui assurait la première partie a déjà débarrassé le plancher. Ouille, ouille, faudrait quand-même pas que l’on rate les trois coups de l’entrée en scène des Américains ! A peine dans la salle, j’ai juste le temps de jeter un œil vers l’estrade. Un énorme drapeau aux couleurs du band sert de fond d’écran. Le minimalisme donc est de rigueur. Les drums sont réduits à une grosse caisse, une claire et trois cymbales. Au rayon grattes, une basse et une guitare électrique, point barre. Et pour terminer, car c’est déjà tout, à l’extrême gauche, un synthé plus étroit qu’un banc d’écolier. Sûr que le supporting act est terminé ? Pas possible ! Les Dandy Warhols ne disposent que de ce matos ? Bon, ok on verra à l’autopsie alors. Ah oui, les spectateurs ! A vue de nez, 1 500 personnes. Pas beaucoup plus, car les gradins quoique relativement bien garnis, laissent apparaître quelques vides ; et en bas, la fosse n’est pleine qu’aux quatre-cinquièmes ; (première) petite (mauvaise) surprise.

Black out et premiers accords alors que tous n’ont pas intégré la salle au vu de l’heure !

« We used to be friends » entame le set. Morceau culte s’il en est, Courtney Taylor-Taylor, frontman du groupe a bizarrement quelques difficultés à faire prendre la mayonnaise. Froid, distant, il débite les lyrics tel un automate, sans âme, sans sentiment… Etrange. « Not if you were the last junkie on earth » embraie. Quoiqu’également excellent (sur disque), il laisse un sentiment d’état de manque (sans jeu de mot cette fois) ; car rien ne transpire : aucune énergie, aucune présence, aucun échange avec les fans. Il faudra cinq titres avant d’entendre quelques mots sortir de la bouche du leader et encore, totalement incompréhensibles. Entretemps, on a eu droit à un « I love you » d’un ennui mortel, le « Good morning » bâclé et une version de « Last night » tirée exagérément en longueur. Ces cinq premiers morceaux accentuent un sentiment de déception chez votre serviteur : que sont devenus ces leaders de la musique électro-pop psychédélique et hypnotique qui dévastaient tout sur leur passage ?

« I’m free » premier extrait du dernier elpee débarque enfin. C’est sans doute ce que Courtney a tenté d’expliquer aux centaines d’individus qui l’observent et que visiblement il boude ou ignore. Sait-il qu’il joue devant un auditoire, ce soir ? On se le demande. Encore heureux que le batteur met généreusement ses cordes vocales à la disposition des compos du band ; car sans cette contribution, je crois que j’aurais déjà vidé les lieux !

Revenons à l’essentiel : la musique. Ce premier extrait est d’un bon niveau et en l’écoutant à tête reposée ce matin, il est encore meilleur, une constante dans le chef de The Dandy Warhols. Le reste du spectacle sera du même tonneau. Rien, absolument rien ne se passe, hormis l’interprétation rarement bonne, parfois hésitante, souvent mauvaise d’une petite vingtaine (dix-huit pour être précis) de titres. Même pas « Bohemian Like You », que l’on croyait être enfin le signal de départ d’un événement. Cette adaptation complètement décalée du standard du groupe constituera le comble du mauvais goût. Seul à la guitare, Taylor Taylor a massacré ce hit pour en faire le flop le plus magistral du concert (?).

Heureusement que deux potes m’ont soutenu durant les deux heures qu’a duré cette galère (merci Fanny pour le Jacob’s Creek, excellent lui au moins).

Et ce n’est pas « Get off » ou encore « Godless », en bout de parcours, qui m’ont permis de changer d’avis. Certes on a tenté de se déhancher un peu, histoire ne pas finir complètement rouillés, en fin de soirée ; mais hélas, bien trop tard. Le mal était fait. Quand le ver est dans le fruit, il n’y a plus qu’une solution, le jeter au compost.

Ce soir, l’AB n’était qu’une immense poubelle que des gars complètement à l’Ouest sont parvenus à remplir avec une cargaison de hits (pourtant tellement beaux sur CD) entièrement dénaturés, en moins de deux heures. Dramatique ! Encore heureux qu’ils n’aient concédé aucun rappel (une première) aux désabusés qui leur faisaient face. Un signe de plus de leur détachement. Mais qu’est-ce qui a bien pu leur arriver ?

Ouf, il me reste ma chaîne hi-fi. Tout n’est pas perdu…

(Organisation Ancienne Belgique)

 

The Dandy Warhols

…Earth to the Dandy Warhols…

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Après les ventes catastrophiques de l’album « Odditorium or Warlords of Mars » ainsi que les prestations en dents de scie accordées par le groupe en ‘live’, Capitol a décidé de virer les Dandy Warhols de son écurie. Pour retomber sur ses pattes, la formation a donc dû créer son propre label et s’autoproduire. C’est à la mode, en plus ! Leur huitième opus (et pas sixième come j’ai pu lire erronément dans la presse spécialisée ; car on oublie trop souvent le tout premier, « Dandys Rule, OK » paru en 1995 et « The Black Album », en 2004) est toujours aussi généreux dans l’effort. Il atteint ainsi presque 70 minutes en 13 morceaux, dont une dernière plage de près d’un quart d’heure, réminiscente des expériences menées par Brian Eno et Robert Fripp dans le domaine de l’ambient (NDR : pensez à l’album « No pussyfooting »).

Mais venons-en à l’analyse de cet elpee. Que nous pourrions qualifier d’honnête facture, sans plus. Première constatation, à de nombreuses reprises, Courtney Taylor-Taylor emprunte un baryton semblable à celui d’Andrew Eldritch (Sisters of Mercy) voire de Marilyn Manson. Et en particulier sur « Mission control » et puis l’hymnique « Talk radio ». Une compo pourtant très Dandy Warhols, tout comme le puissamment psychédélique « Wasp in the lotus » et ses étranges harmonies vocales. Ou encore l’excellent morceau dansant qui ouvre l’opus, « The world come on », dont le riff typique évoque « Bohemian like you ». Sans quoi l’elpee tire un peu dans toutes les directions. Ainsi « Welcome to the third world » épouse un groove disco funk susceptible d’évoquer tantôt le “Let’s dance” de Bowie, le “Magnificent seven” de Clash et les polyrythmes de Talking Heads opérés sur l’incontournable « Remain in Light ». Tout un programme ! Pour « Love song », Mike Campbell des Heartbreakers est venu donner un petit coup de banjo et Mark Knopfler de guitare sèche. Pas de quoi pavoiser, néanmoins. En outre, l’enlevé et presque post punk « Now you love me », le garage sixties « Valerie Yum » ainsi que le sinueux « And then I dreamt of Yes » ne sont pas plus convaincants. Par contre, on épinglera « Mis amigos » pour sa rencontre réussie entre harmonies vocales à la Beach Boys et krautrock (Can ?), le boogie singulier « The legend of the last of the outlaw truckers aka the ballad of sheriff shorty » (NDR : ils auraient pu choisir un titre encore plus long !) et l’opiacé « Beast of all saints », surtout à cause de sa seconde partie imprimée sur un mid tempo. Les aficionados des Dandys vont adorer. Les autres en prendre et en laisser.

 

The Dandy Warhols

Odditorium or warlords of mars

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Si les prestations scéniques du groupe de Portland se sont rarement révélées transcendantes, il faut reconnaître que leurs disques ne déçoivent jamais. Et le cinquième, « Odditorium or warlords of mars », ne déroge pas à la bonne règle. Bien sûr, la perfection est rarement au rendez-vous. Par contre, le souci de se remettre en question est toujours très présent. Le nouvel opus souffre, par exemple, d’une tendance à allonger inutilement les morceaux. Un peu comme si le groupe voulait en remettre une couche. Et puis recèle l’un ou l’autre fragment, ma foi, fort dispensable. Mais sur la longueur ( ?!?!?) l’ensemble tient finalement très bien la route, épinglant quelques perles qui devraient plaire aux nostalgiques de « Thirteen tales from urban Bohemia ». Et je pense tout particulièrement à « Down like disco », sorte de version psychédélique du « Gloria » du Them. De « Holding me up », dont la mélodie imparable vagabonde sur une rythmique impitoyable. Ou encore de « Love is the new feel awful », nonobstant son final interminable qui s’égare dans le free jazz. Les arrangements de cuivres ont d’ailleurs une plage de choix tout au long de cet opus. Souvent dans l’esprit des Stones circa « Exile on main street ». Les deux dernières plages s’enfoncent même dans l’éther vaporeux, atmosphérique. Longue plage incantatoire, « A loan tonight » nous replongeant même dans l’univers hallucinatoire de My Bloody Valentine…

The Dandy Warhols

Welcome to the monkey house

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Les Dandy Warhols aiment brouiller les pistes. Observez la pochette, tout d'abord : elle arbore une banane qui s'ouvre à l'aide d'une fermeture-éclair. Soit une allusion à peine voilée au Velvet Underground qui se serait ouvert aux Rolling Stones de " Sticky fingers ". Après avoir écouté l'album, j'ai vainement cherché le rapport. La raison est toute simple, pour enregistrer son nouvel opus, le groupe a bénéficié du concours de toute une équipe qui s'est surtout illustrée au cours des eighties. Soit Nick Rhodes, l'ex claviériste de Duran Duran à la co-production (qui a emmené le chanteur, Simon le Bon, dans ses bagages), Nile Rodgers de Chic (qui avait aussi travaillé à une certaine époque avec les DD) à la guitare, et Tony Visconti (le producteur de Bowie) à la basse (mais pour un seul titre). Résultat des courses, la première moitié de l'opus nous replonge 20 bonnes années en arrière. Pour y danser sur une pop synthétique ; ou si vous préférez une new wave dansante, teintée avec chic ( ?!?!?) de disco et de funk. Et je vous avoue que " We used to be friends ", " Plan A ", " The dope (wonderful you) " et " I'm a scientist" recèlent ce 'groove' contagieux et viscéral qui gangrenait des hits tels que " Planet Earth " et " Girls on films ". Même le nonchalant " I am over it " adopte un profil semblable. Plus rock dans l'esprit du précédent album, " The Dandy Warhols love almost everyone " marque un changement radical de cap. Co-écrit avec Nick Rhodes, le très beau " Insincere because I " nous entraîne dans un univers atmosphérique, glacial, cristallisé par de superbes harmonies vocales. Le spectre de Bowie plane sur le dispensable " I am sound ". Calquant même sa rythmique sur " Ashes to ashes ". Une ombre qui hante de nouveau " You were the last high ". Ecrit en collaboration avec Evan Dando, ce morceau produit une très belle mélodie 'garynumanesque'. Mid tempo, " Heavenly " possède tous les atouts pour devenir un tube. Par contre le glam " Hit rock bottom " pastiche un peu trop T Rex, à mon goût. L'opus s'achève par l'envoûtant, énigmatique, " You come in burned ", sorte de Fad Gadget sous valium. Dommage que tout l'album n'affiche pas la pêche des premiers morceaux.

The Dandy Warhols

Thirteen tales from urban bohemia

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Pour enregistrer leur troisième album, les Dandy Warhols ont procédé au remplacement de leur drummer. Ce qui n'a pas changé grand chose au produit fini, le quatuor continuant d'observer un rituel psychédélique dans le sens le plus pop du terme. Mélange incendiaire d'élégance sordide, d'humour caustique, d'hédonisme pervers et de glamour érotique, cet opus nous propose treize contes de bohême urbaine, ou plus exactement treize chansons qui reflètent un état d'esprit nomade, un mode de vie néo-hippie, une certaine image de la contre-culture, que partage le quatuor au quotidien, par la force des choses.

" Thirteen tales from urban bohemia " se veut donc psychédélique. Tantôt revivaliste sixties, floydien, hawkwindien ou même contaminé par l'acid rock du début des seventies (Jefferson Airplane, Grateful Dead, Quicksilver), cet opus multiplie, en outre, les références. Empruntées tantôt à la noisy de Ride circa " Leave them all behind " sur " Nietzche ", le punkabilly tribal des Cramps pour " Shakin' ", mais également les Kinks, les Beach Boys, Blur, les Silencers et bien d'autres. Sans oublier les Stones. Dont on retrouve le climat spectral de " Gimme Shelter " chez " Mohammed " et ni plus ni moins les effets extatiques des riffs et du groove de " Brown sugar " tout au long de " Bohemian like you ". Espérons, à cet égard, que le combo ait pris les précautions d'usage en matière de droits d'auteur, sans quoi il risque de connaître la même mésaventure que Richard Ashcroft, lorsque son défunt Verve avait samplé quelques notes de " As tears go by " pour enregistrer " Bitter sweet symphony ". Sans quoi, cet opus devrait figurer parmi les ‘must’ de l'an 2000.

 

The Dandy Warhols

Sex Drugs and Rock n roll

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Originaires de Portland, dans l'Oregon , les Dandy Warhols sont considérés comme le groupe américain le plus anglais des nineties. Version britpop, bien sûr. Encore qu'en y regardant de plus loin (NDR : Pourquoi pas de plus près ?), cette pop britannique contemporaine doit également beaucoup au garage sixties américain… D'ailleurs, Courtney Taylor, chanteur et leader de la formation, ne croit pas (ou si peu) à l'originalité pure et dure, mais plutôt à l'originalité du recyclage…

L'enregistrement de votre deuxième album a nécessité 5 mois. Un accouchement apparemment laborieux ?

Si son enregistrement a duré si longtemps, c'est que nous avions besoin de tout ce temps pour le réaliser. En fait, nous disposions de 5 mois. Personne n'achève jamais tout à fait un album. En vérité, lorsque tu n'as plus de fric, l'enregistrement est terminé. Or, nous disposions de suffisamment de ressources pour y passer 5 mois. Si nous en avions eu pour le double de temps, nous serions resté 10 mois en studio. Notre premier opus, " Dandy's rule O.K. ", n'avait pris que deux semaines. Et nous n'étions pas en studio tous les jours. En fait, sur les 2 semaines, 3 jours avaient été consacrés à l'enregistrement, et 3 autres au mixing. Nous y étions contraints. Et le résultat fut superbe. Nous avons réalisé un grand album en 5 mois, parce que nous en avions les possibilités. C'est vrai que deux semaines, c'est peu, mais c'est toujours mieux que rien du tout…

A propos de ce premier album, vous semblez en être à la fois fiers et embarrassés. Une raison ?

Il est comme il est. Nous l'avons écouté, hier dans le bus. Et lorsqu'il est arrivé à la plage " Lou Weed ", j'ai regardé Pete en lui disant : " C'est ça notre premier album ? " Nous qui écumions les petites salles et les petits clubs depuis à peine une année étions déjà capables d'atteindre ce niveau de maturité. Incroyable ! Le mixing est un peu faible, mais ce disque est un témoignage de ce que nous étions alors capables de faire. En fait, je n'arrive pas à croire que nous étions déjà aussi bons à cette époque…

Tu as un jour déclaré que les Dandy Warhols étaient le produit d'un environnement. Lequel ? De Portland ? De la fin des nineties ? Et pourquoi ?

Simplement parce que nous sommes tous issus de cette région. Naître à Portland n'est pas ce qui pouvait m'arriver de mieux ! Tu parles d'un environnement, d'un décor ; de ce côté là, on n’est vraiment pas gâtés !

Courtney, tu as étudié la musique, la psychologie, la philosophie, la photographie et l'histoire de la civilisation américaine, à l'univ. Mais tu ne sembles guère branché par la politique. Or, suivant l'adage, si tu ne t'intéresses pas à la politique, la politique s'intéressera à toi. Ce n'est pas un problème pour toi ?

Non, pas encore. Pas la politique internationale en tout cas. Ca me dépasse. Elle ressemble à une toile d'araignée (NDR : il éternue.). Et je ne vois pas comment on pourrait s'en dépêtrer. C'est beaucoup trop compliqué d'harmoniser tous ces peuples qui éprouvent des envies et des désirs différents. Je m'intéresse davantage à la politique individuelle. Celle qui me permet de défendre mes propres intérêts face à mon label, face à mes employeurs. Mais je me débrouille plutôt bien dans ce domaine. Je n'insulte pas trop de monde. Et même personne, sauf ceux qui le méritent. Non, sincèrement, je préfère m'impliquer dans la musique. Parce qu'elle répond à un besoin du public. Et puis, c'est beaucoup plus facile.

Que représente Ian Dury pour les Dandy Warhols ?

Je ne comprends pas la question. (NDR : ou il feint de ne pas la comprendre).

La devise des Dandy Warhols, à l'instar de la célèbre chanson de Ian Dury, n'est-elle pas " Sex and drugs and rock'n roll " ?

(Plutôt embarrassé) Tu veux savoir ce que j'en pense ? Je n'ai pas trop envie d'en discuter, à cause du groupe… Pourquoi Ian Dury chantait " Sex and drugs and rock'n roll " ? En fait les trois thèmes sont étroitement liés. Enfin étaient très liés au cours des 80's. Aujourd'hui, c'est beaucoup moins flagrant. En fait, les artistes qui n'abordaient pas la sexualité, étaient opposés à la drogue, jouaient du rock'n roll et s'impliquaient dans la lutte politique. U2, par exemple. Ce choix est personnel. Si tu fais du rock'n roll, tu peux le conjuguer avec le sexe et la drogue. Mais tu peux également associer le sexe et le rock'n roll sans toucher à la drogue. Enfin, tu peux t'abandonner au sexe et à la drogue, sans pratiquer du rock'n roll. Mes parents consomment du sexe, sans pour autant s'intéresser au rock'n roll et à la drogue. J'en suis pratiquement sûr. Il est vrai que s'il n'y avait pas de sexe, il n'y aurait pas de rock'n roll. Et probablement pas de drogue (NDR : ? ! ? ! ?). Aujourd'hui, les critères sont occupés de se modifier fondamentalement. La politique et le sexe sont beaucoup plus liés. Bill Clinton a remplacé la drogue par la politique. Il a ainsi inventé un nouveau concept : sexe, politique et rock'n roll. C'est son tiercé gagnant ! Mais je ne compte pas m'y lancer, parce que la politique est beaucoup plus imprévisible que la drogue. Ian Dury était un idéaliste. Lorsqu'il abordait le sexe, la drogue et le rock'n roll, il parlait de ce qu'il connaissait. Sans plus !

Il paraît que tu rêves de faire du cinéma. La musique n'est donc, pour toi, qu'un tremplin ?

Plutôt une thérapie. Chaque fois que vous écoutez votre chanson, vous affirmez votre identité, parce qu'elle vous ressemble. Je créerais de la musique, même si j'étais un robot. Je dois produire de la musique. Je me sens investi d'une mission. Après avoir accompli une tournée, je passe des journées entières à écouter de la musique, à composer. Des journées, que dis-je, des nuits à fumer des cigarettes, à boire des cocktails, à jouer de la guitare, à pousser mes amplis, le casque sur les oreilles. J'en oublie même d'en aller me coucher. Parfois, je travaille jusqu'au lever du soleil, pour créer, m'éclater. J'éprouve une sensation de chaleur intense, à l'intérieur de mon corps, rien qu'à y penser. Ce comportement reflète parfaitement ma manière de vivre. Ma personnalité. Je me suis toujours comporté de cette manière… Mais j'aimerais également, un jour, pouvoir interpréter un autre rôle que le mien. Au cinéma, par exemple. J'ai des tas d'idées dans ce domaine. J'adore le cinéma. Faire un film. Oui, mais pas seul. Avec mes amis et des tas de collaborateurs, des techniciens aussi. Ce serait drôle, mais bien, j'en suis sûr…

Quelle est ta définition du psychédélisme ?

C'est une question difficile. Quelque chose de profond. De difficile exprimer. Il me faudrait une bonne sieste pour pouvoir réfléchir à la question. Non, je préfère ne pas y répondre…

Avec un pied dans le rock américain des sixties et l'autre dans la britpop des nineties, vous n'avez pas peur de perdre votre équilibre ?

Pas du tout ! Il faut bien mettre les pieds quelque part. Ce qui compte c'est de savoir où on les met. Si notre prochain album devait renouer avec une certaine idée de ce qui se faisait en 1979, à Houston, dans le Texas, je m'en foutrais complètement.

Est-ce un plaisir pour vous de pasticher les autres groupes ?

En quelque sorte. Plus exactement un hommage éhonté. J'ai essayé de me fendre Neil Young. Mais n'y suis pas encore parvenu. En fait, je n'ai jamais rien trouvé de plus stupide que ces formations qui se contentent d'imiter les autres groupes en niant l'évidence. Comme si les influences n'existaient pas. Personne ne serait capable de concocter sa propre musique si quelqu'un ne l'avait pas pratiquée auparavant. Personne n'a inventé la musique. Elle a évolué. Il est impossible de progresser sans regarder dans son rétroviseur. Nous existons parce que d'autres ont existé avant nous. Ceux qui pensent le contraire sont des crétins. Et il en existe beaucoup dans le domaine du rock…

Je sais que tu apprécies beaucoup Neil Young. Mais en même temps, tu as un jour déclaré que les musiciens de Pearl Jam étaient une bande de poseurs stupides. Or ce groupe a joué avec Neil ; et ils ont même enregistré un album ensemble. N'est-ce pas paradoxal de tenir un tel discours ?

En fait, ma remarque s'adressait surtout à Eddie Vedder. C'est un type impersonnel, immature, et certainement pas un idéal. Il se crée un personnage plutôt que d'être lui-même. C'est sans doute dû à l'énorme pression qui pèse sur lui. Je reconnais que le fruit de la rencontre entre Pearl Jam et Neil Young était nickel. D'autant plus que les musiciens du groupe aiment beaucoup Neil Young. A une échelle moins importante, cela nous fait penser à une formation de Portland qui nous aime également très fort. Notre batteur, Eric, les a pris sous sa houlette, et est allé en studio pour produire une de leurs chansons. Il l'a ainsi rendue époustouflante. Ce travail lui a pris sept heures. Il l'a fait, pas parce qu'ils sont brillants, mais parce qu'ils sont sympas. Vraiment des chouettes gars. C'est superbe de pouvoir travailler avec des gens qui aiment ce que vous faites. Je suis convaincu que les musiciens de Pearl jam ont passé de bons moments en compagnie de Neil…

Quels sont les plus noceurs ? Oasis ou les Dandy Warhols ?

Oasis ! Parce qu'ils gagnent plus de fric. Ils sont des rebelles totalement insouciants et vivent à cent à l'heure. Ils se comportent comme des gosses sans scrupules qui auraient décidé de ne plus se rendre à l'école parce que leurs parents, décédés, leur auraient légué une fortune. Personne ne pourra les arrêter. Ils semblent vraiment hors de contrôle. Et leurs pitreries n'amusent plus personne. Ni eux, ni leur entourage. Nous sommes beaucoup plus conservateurs. Nous ne passons pas des nuits blanches à guindailler sous l'influence des drogues. Sauf lorsque le lendemain on peut dormir… Nous n'emmerdons pas les gens, sauf lorsqu'ils nous font chier. Là est toute la différence…

Tu as déclaré qu'il était utopique de croire que quelqu'un puisse encore réinventer la technique de la guitare. Tu n'as jamais cru en Sonic Youth ?

Ils sont formidables. Mais ils n'ont rien inventé ni réinventé de nouveau. En fait, ils régurgitent ce que d'autres, avant eux, avaient déjà fait. Tu peux tout disséquer si tu veux, tu retrouveras le canevas ou le beat de Can ou de Suicide. L'astuce est de capter des sources différentes et d'essayer de les brasser pour obtenir quelque chose de nouveau. Mais pas consciemment. Instinctivement, comme elles arrivent. On se fiche pas mal de l'origine ou de l'existence des influences. Inévitablement, il existe toujours un moment où vous avez l'impression de gratter quelque part dans le passé. Mais pourvu que cette sensation ne vous envahisse pas au point de vous agacer, et qu'elle soit suffisante pour que vous aimiez. Ce qui est important, c'est d'imaginer quelque chose qu’on n’entende pas, mais qui ressort. Sans quoi, on penserait trop, et on ne créerait plus rien…

Merci à Vincent Devos.

(Version originale de l'interview parue dans le n° 62 - avril/mai 1998 du magazine Mofo)