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The Dirtbombs

We Have You Surrounded

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Depuis 1996, les Dirtbombs maintiennent très haut la flamme du garage rock. Ils pratiquent une musique livrée à l’état brut, mais qui ne se contente pas de faire du bruit ; elle soigne les mélodies tout en puisant son inspiration dans la soul, le post-punk et le blues. La bande à Mick Collins (fondateur des légendaires et excellents Gories) possède aussi le chic pour reprendre de toujours belle manière des classiques ou des titres obscurs dans à peu près tous les genres. Cet album est le premier depuis 2003 ; mais entretemps, le groupe est resté fidèle à son habitude de sortir des ‘split singles’ sous la forme du vinyle, en compagnie d’artistes comme Adult, King Khan ou les Black Lips.

« We Have You Surrrounded » est un album hanté de sombres présages, dont les paroles tournent souvent autour de la dérive autodestructrice de notre civilisation. « It’s Fun Until They See You Cry », « Pretty Princess Day », « They Have Us Surrounded », « I Hear the Sirens » constituent un bloc de chansons à l’ambiance paranoïaque et torturée. Cette gravité est compensée par quelques envolées plus insouciantes comme les très soul « Ever Lovin’ Man » et « Indivisible ». Dans un rayon plus pop on épinglera le visionnaire « La fin du Monde » (chanté en français !) et « Sherlock Holmes », une belle reprise des Sparks. Malgré ses bons moments, « We Have You Surrounded » n’est pas le meilleur album des Dirtbombs et il ne constitue pas la pièce idéale pour entrer dans l’univers de la formation. Pour y parvenir, on vous conseillera plutôt la compilation « If you Don’t Already Have A Look », œuvre réunissant de nombreuses raretés de haute tenue.

 

The Dirtbombs

Dangerous Magical Noise

Mick Collins, on le sait, est un vieux de la veille question garage punk : les Gories, les Blacktop, et maintenant, depuis quelques années, les Dirtbombs… Qu'on ne vienne donc pas lui dire qu'il prend le rock'n'roll revival en marche : des coups pourraient se perdre. Quand Jack White usait encore ses pantalons (rouges) sur les bancs de l'école, Mick Collins gueulait déjà dans un micro. Pas étonnant qu'aujourd'hui, toute la scène de Detroit le traite avec respect, tel un Don Corleone aux lunettes noires et au sourire de bête. D'autant que tout au long de ce nouvel album, moulé dans le groove le plus crade et hypnotique, Mick Collins se paie le luxe d'écraser (presque) toute concurrence. Ca démarre en trombe par " Start The Party ", où l'on retrouve avec plaisir ce qui fait des Dirtbombs un grand groupe : rythmique endiablée, terrorisme sonore, glamour et décadence. Des chansons d'amour, surtout, hululées avec panache par un écorché vif saoulé à l'essence plombée de General Motors. Le genre de Mr 100.000 volts tripé au rock incantatoire des Stooges et à la soul humide de James Brown et de la Motown. Voilà pour le tableau… Que personne ne se plaigne après d'en prendre plein la gueule ! L'adrénaline n'a jamais rien eu d'inoffensif… Niveau gros son qui pète, " Dangerous Magical Noise " est donc une pure merveille, le disque idéal pour à la fois se taper la tête contre les murs et se taper une gonzesse, de préférence une fan de rock braillard qui tache. A celle-ci, on dédiera " Don't Break My Heart ", " Sun Is Shining " et " Earthquake Heart ". En cas de râteau, il restera toujours " I'm Through With White Girls ", chanté par Jim Diamond, bassiste en chef (il y en a deux) et producteur vedette d'à peu près tout ce qui chante et fait du rock à Detroit (cfr la compile " Sympathetic Sounds of Detroit "). C'est ça qui est bien chez les Dirtbombs : dans tous les cas, ils tombent à point. Au prochain album, on exigera d'être remboursé par la mutuelle.