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Le parfum de vie de Goudi

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The Fleshtones

Brooklyn Sound Solution

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Les Fleshtones comptent aujourd’hui plus de 35 années d'existence. Une formation newyorkaise légendaire qui semble s’être stabilisée sur son dernier label, Yeproc, depuis 2003. Une performance, quand on sait que lorsqu’ils ont quitté IRS, en 1985, ils ont changé une dizaine de fois d’écurie.

Pour enregistrer « Brooklyn Sound Solution », le combo a reçu le concours de Lennye Kaye, guitariste du backing group de Patti Smith, mais également responsable de la célèbre compile « Nuggets », consacrée à la scène garage issue des 60’s. Et comme The Fleshtones est l’archétype du groupe garage, sa collaboration coulait de source. D’ailleurs, il est de notoriété publique que The Fleshtones pratiquait du rock garage, avant même que ce style soit taxé de rock garage.

Découpé en 12 pistes, « Brooklyn Sound Solution » privilégie covers et instrumentaux. Trois compos personnelles : « Bite of my soul » ainsi que deux versions de « Solution ». Ou plus exactement deux exercices de style. L’un scandé, plus que chanté, signé Keith Streng. L’autre, par Zaremba. Plus allègre, cet instru met en exergue le talent de leur fidèle saxophoniste, Steve Greenfield. Sans quoi le tracklisting nous plonge dans un climat r&b digne des Animals, lorsqu’il ne nous rappelle pas carrément les Doors (ce clavier rogné, ‘manzarekien’). Hormis la cover frénétique du « Day tripper » des Beatles, les morceaux sont issus de la plume d’obscurs compositeurs issus des 60’s. Enfin, pour le mélomane lambda. Des noms ? Mel Tormé, Billy Boy Arnold, Ted Taylor, Sleep John Estes, etc. Trois titres quelque peu insolites à épingler : “Back beat #1”, caractérisé par son mini-solo de batterie, le saignant “You give me nothing to go on”, déchiré par les interventions de Zaremba, à l’harmonica ; et en final un titre issu de la plume de Lenny Kaye, « Lost on Xandu ». Encore un instrumental, mais épique, presque prog. Ce qui contraste avec le reste de l’elpee au son crade, malsain, comme s’il avait été immortalisé à l’issue d’une jam session. Alors, après 35 ans d’existence, le meilleur groupe sur scène au monde, aurait-il retrouvé son second souffle ? Possible, puisque le rock garage est à nouveau dans l’air du temps…

 

The Fleshtones

Stocking stuffer

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Apparemment, les Fleshtones ont voulu se payer un album récréatif en hommage au père Noël. Une majorité de titres sont inspirés par la musique surf des 50’s, même si on distingue certains accents empruntés aux débuts des Beatles. Les clins d’œil adressés à AC/DC sur « Six white boomers », Jerry Lee Lewis sur « Christmas with Bazooka Joe » et surtout Johnny B. Goode de Chuck Berry tout au long de « I still believe in Christmas » manquent quand même de subtilité. Aussi, malgré toute l’estime que je porte au groupe newyorkais, il faut avouer que cet elpee est loin d’être indispensable.  

The Fleshtones

Take a good look !

Écrit par

Trente-deux ans que les Fleshtones dispensent leur garage/rock aux quatre coins de la planète. Un peu plus de trois décennies qu’ils pratiquent la même musique, sans se soucier du temps et des modes. Pourtant, au cours des dernières années, on les avait quelque peu perdus de vue. Et pour cause, ils avaient beau continuer à sortir des albums ou se produire en concert, leurs labels successifs se souciaient de leur promo comme un poisson d’une pomme.

Heureusement, en 2003, ils atterrissent chez Yep Roc. Et rapidement concoctent « Do you swing ». Mais faute de distributeur motivé, le disque reste dans les starting blocks. « Take a good look » semble enfin bénéficier d’un meilleur support. Et ce n’est pas usurpé, car ce « Take a good look ! » est tout bonnement excellent. Douze titres aussi excitants les uns que les autres qui ne durent jamais plus de 3 minutes. Soit une bonne demi-heure de groove et de fun. Des compos qui s’inspirent inévitablement du punk des sixties (pensez aux compiles « Nuggets », donc aux Sonics), mais aussi aux Stones époque « Sticky fingers ». On a même droit sur « Back to school » à un clin d’œil adressé au « Gimme some lovin’ » du Spencer Davis Group, et sur « Love yourself », au « Gloria » du Them. Plus curieux encore, « This is time Josephine » semble hanté par les Kinks, alors que sur le titre maître, Peter Zaremba déclame à la manière d’Eric Burdon, lorsqu’il sévissait chez les Animals. Parce qu’en général le timbre de Peter est plutôt rauque et chaleureux. Un Peter qui apporte régulièrement de petites touches d’harmonica ou de farfisa à cette solution sonore qui vous communique instantanément l’envie de danser et de faire la fête. Et j’imagine que ces titres doivent faire un tabac lorsqu’ils sont sur les planches. Pas pour rien que leur show est considéré, par les spécialistes, comme le meilleur au monde. Et si les Hives et les Strokes prétendent incarner leurs héritiers naturels, les maîtres sont toujours bien les Fleshtones. D’ailleurs, s’ils passent près de chez vous, ne les manquez sous aucun prétexte. En attendant, je vais appuyer sur la touche replay de ce « Take a good look ! ». Rock’n rollllllllllllllllllllllllllllllll…

The Fleshtones

More than skin deep

Les Fleshtones viennent de fêter leur 22ème année d’existence. Et pourtant, ce groupe manifeste toujours le même enthousiasme, la même fraîcheur et la même fougue rock’n’rollienne. Sceptiques ? Allez donc les voir, lorsqu’ils se produisent sur les planches, et vous comprendrez pourquoi leurs concerts ont valeur de mythe. Le quatuor new-yorkais vient, en outre, de sortir un nouvel album, " More than skin deep ", un disque alliant fun et énergie, mais sans grande surprise. D’autant plus que sa confection n’a bénéficié d’aucune collaboration notoire à la production, de type Peter Buck ou Steve Albini, comme sur les précédents opus. Ce qui n’empêche pas les quatorze fragments de ce morceau de plastique de faire la part belle au psyché/garage/rock de la meilleure veine. Des chansons inévitablement hantées par les spectres des Yardbirds, de Count Five, de Sam the Sham, des Sonics, de Question Mark & The Mysterians ou des Stooges. Imprimées sur un tempo toujours aussi tribal, sur lequel vagabonde la ‘six cordes’ cristalline de Keith, elles sont écorchées tantôt par l’harmonica poussiéreux, le farfisa aigrelet et surtout la voix gémissante de Zaremba. Du pur Fleshtones quoi !…

 

The Fleshtones

Laboratory of sound

Faute de distribution officielle en Belgique, Musidisc France a donc eu la gentillesse de nous fournir le nouvel album des Fleshtones. C'est vrai qu'il est sorti fin de l'année dernière. Mais le quatuor new-yorkais est un groupe beaucoup trop important dans l'histoire de la musique pop/rock pour se permettre de faire l'impasse sur sa création. Produit par Steve Albini, ce "Laboratory of Sound" revient à un style plus "live", à des sonorités plus crades, plus saignantes, plus viscérales, même si elles sont régulièrement décolorées par le rythm'n blues. Plus rien à voir avec la pop ‘remesque’ de "Forever". Mais un garage de la trempe de "Roman Gods" voire d'"Hexbreaker". Comme sur "Hold you" et "We'll never forget". Garage parodique également. Dans le collimateur, le "Gloria" du Them ("Nostradamus Jr"), Question Mark & The Mysterians ("A motor needs gas"), les Heartbreakers et même les New York Dolls ("Let's go" et "One less step"). Le tout ponctué par une hommage à Jimi Hendrix lors d'une cover d' "I don't live today" programmée en 69ème plage. Manque plus que l'image pour savourer pleinement l'énergie éternellement juvénile dispensée sur les planches par le groupe. Cette fièvre, ce fun, cet enthousiasme communicatif. Rien que d'y avoir participé une seule fois, vous aurez la folle envie d'y retourner. Nous en sommes convaincus...

 

The Fleshtones

Manitou nous sortira du trou

Écrit par

Distribué chez nous mais privé de la moindre promo, "Laboratory of Sound" n'a pas fait beaucoup couler d’encre. Et pourtant, produit par Steve Albini, il couronne les 20 ans de carrière du plus culte des vieux groupes new-yorkais (en vie). A cet égard, il aurait mérité un peu plus d’attention de la part de son label distributeur. Cette absence de soutien alimente le début de l’entretien. Peter Zaremba, Keith Streng et Bill Milhizer se disputent même pour répondre.

Bill: C'est d'autant plus dommage qu'une reproduction de l'Atomium figure à l'intérieur du booklet !
Peter: La prochaine fois, on fraudera des centaines d'exemplaires de l'album, en passant la douane belge. Pour les donner aux pauvres... Non, sérieusement, j'aime beaucoup ce disque. Il faudra se débrouiller pour que ces albums soient disponibles à plus grande échelle en Belgique. En plus, comme celui marque un changement de cap ou une sorte de retour aux sources, il s'agit de ne pas le rater. Depuis plusieurs années, on nous demande pourquoi les disques des Fleshtones ne sonnent plus comme les Fleshtones. Et bien, c'est ce que fait celui-ci. C'est dit!

- Vous enregistrez aujourd'hui pour le label Ichiban, après en avoir fréquenté pas mal d'autres. Ca ne facilite rien?

Peter: C'est une véritable malédiction! Elle doit être inévitable, mais je ne comprends pas. Sans doute s'entoure-t-on de personnes incompétentes. Peut-être parce qu'on aime ça... je ne sais pas! Ces gens sont censés contrôler nos affaires et faire connaître le groupe dans le monde. A la place, ils s’évertuent à nous rendre encore plus inaccessibles. Mais crois-moi, les responsables payeront un jour! Ils vont m'entendre, même si pour cela il faut que j'aille trouver le grand Manitou.

Steve Albini

Puisqu'elle est inévitable, évacuons la question tout de suite: pourquoi avoir choisi Steve Albini comme producteur?

Keith: Steve n'est pas vraiment producteur, mais plutôt ingénieur du son. Il aime être comparé à un ‘enregistreur’. Quand nous avons travaillé avec lui (dans son studio de Chicago), nous avions l'impression d'être dans un laboratoire de sons. Ce qui explique le titre de l'album. Steve un est véritable chercheur, un scientifique. Il accorde une grande importance à la technique. En même temps, c'est aussi un puriste dans son approche du rock.
Peter: Au départ, nous pensions enregistrer le disque sous la houlette de Butch Vig ou Scott Litt. Tous deux étaient intéressés, mais indisponibles. Et en fait, c'est Vig qui nous a proposé d'aller voir Steve, qui rapidement s’est réservé un peu de temps pour s'occuper de nous. Nous avons vécu deux semaines à Chicago, et sommes restés tout le temps auprès de lui, même hors des studios.
Keith: Steve nous a expliqué que c'est un groupe canadien, les Shadowy Men ou Shadowy Planet, quelque chose comme ça, qui lui avaient beaucoup parlé de nous. Ce sont eux qui l'ont convaincu de nous rencontrer. Steve utilise une formule personnelle pour enregistrer. Il demande au groupe de tout faire en une seule prise. Ensuite, il garde tout. Enfin, du moment que c'est enregistré proprement, je suppose.
Peter: Le destin a joué pour nous car il était le producteur idéal. Pas le genre à sortir un son bien produit. Steve joue le jeu du groupe. Il s'occupe plus des gens que de la technologie ou d'une manière qu'il aurait de concevoir un enregistrement. Il est parfait!
Bill: En tout cas, il n'apprécie pas qu'on retouche ses œuvres. Du moins pas n'importe qui. Scott Litt avait été choisi par exemple pour retravailler plusieurs des chansons qu'Albini avaient produites pour Nirvana.

- Un musicien de Shellac, le groupe d'Albini, joue de la trompette sur votre album. Mais on retrouve aussi Gordon Spaeth, votre ancien saxophoniste...

Keith: Il joue d'une façon ridicule, mais géniale. Il était le seul à pouvoir faire ça. C'est une chance qu'il soit venu! On a fait appel aussi à trois autres musiciens qui se chargent des cuivres. L'un d'entre eux milite dans un groupe de Chicago qui s'appelle les Cocktails.
Peter: Keith, de son côté, assure toutes les parties de guitare. J’ai pourtant essayé de convaincre Steve Albini de s’y mettre un peu. Il a refusé.

- Hormis le producteur, quelles sont les grandes différences entre "Laboratory of Sound" et "Forever Fleshtones", votre elpee précédent?

Peter: La différence est énorme. "Laboratory of Sound" est plus direct. Il a un feeling plus live, plus agressif, alors que "Forever Fleshtones" était assez introspectif
Keith: Oui, c'est un peu un retour à l'esprit de "Roman Gods", alors que sur "Forever Fleshtones", il y avait plein d'instruments différents. C'était la première fois que nous utilisions de la pedal-steel guitar d'une manière aussi intéressante...

- Le come-back de la surf music, popularisée par des gens comme Dick Dale, est-ce une bonne nouvelle pour les Fleshtones?

Keith: Non. On aimerait bien, mais il n'a aucune répercussion sur notre parcours. Sans doute avons-nous joué un rôle dans le regain d'intérêt pour cette musique. Mais finalement on a aussi participé au retour du rock garage, du trash, du rock instrumental, du rock bourré, du rock à boire...

Groupe de bal ?

- Le New-York Times vous décrit comme le groupe ‘idéal pour soirées’ ?      

Keith: C'est dit de façon un peu superficielle, mais c'est juste. Nous sommes bien le groupe idéal pour vos soirées. Si on gratte un peu, nous sommes aussi plus que ça. En fait, notre musique est très réfléchie, mais elle passe souvent au-dessus de la tête des gens. Je pense sincèrement qu’elle contient beaucoup de bonnes choses. Elle recèle une multitude d'aspects quant au fait d'être un être humain, de vivre, de toucher à la vie, aux sentiments... C'est ça aussi, notre musique. Bien-sûr, quand on est superficiel, pas de problème, on ne regarde pas plus loin, c'est pour les soirées.

- Etes-vous toujours des passionnés du rock australien?

Peter: C'est en allant sur place qu'on a découvert que la scène rock y était vraiment fantastique, mais plutôt inaccessible à l'observateur moyen. Plein de groupes australiens sont d'ailleurs des fans des Fleshtones!
Keith: J’adore, par exemple, tout spécialement l'album des City Doll ou les trucs de Christ Avenue et de Cruel Sea dont le dernier album n’est pas disponible aux Etats-Unis. Pour un pays aussi peu peuplé que l'Australie, il est presque étonnant d'y rencontrer autant de bons groupes.

- A propos de l'Australie aussi, avez-vous des nouvelles des Hoodoo Gurus? Le groupe devait venir en Belgique l'an dernier, mais la tournée a été annulée...

Peter: Oui, Keith a la réponse.
Keith: Hé, ho, non, je ne sais pas pourquoi la tournée a été annulée...
Peter: Si, il sait pourquoi! C'est parce qu'ils ont perdu leur distributeur. Enfin, non ils ne l'ont pas perdu. BMG, qui s'occupe d'eux aux Etats-Unis, ne voulait simplement plus les distribuer. Ils se sont fait complètement jeter en Amérique. En Europe aussi je pense. Ils ont donc annulé la plupart des dates de leurs tournées.
Keith: Mais les événements vont peut-être évoluer favorablement. Il y a huit jours, Dave m'a téléphoné pout me dire qu'il venait de terminer un nouvel album, enregistré à Sydney. J’ignore qui le produit, mais Dave est très heureux, parce qu’il va sortir... Je ne sais pas davantage qui va se charger de la distribution en Europe et aux States. Ce qui est sûr, c'est qu'ils vont repartir en tournée.

- Un mot à propos d'un vieux groupe, qui doit bien vous avoir influencés: quelle place occupent les Flamin' Groovies dans le cœur des Fleshtones?

Keith: Ah, c'est amusant, Roy Loney est venu nous voir en concert à San Francisco, il y a deux mois. C'est sûr que son ancien groupe tient une grande place dans nos cœurs. C'est un groupe fantastique, non?
Peter: Absolument génial! Ces gens ont entretenu la flamme, comme l'ont fait aussi les Stooges et MC5. Personne ne remplacera jamais les Groovies. Il y a 10 ans, ils nous avaient invités à jouer pour leur quinzième anniversaire...
Keith: Mais non, c'était il y a quinze ans!

Article paru dans le n°41 du magazine Mofo de mars 1996

The Fleshtones

Forever

Fondé à New York, à la fin des seventies, The Fleshtones a forgé sa réputation sur les planches. Là ils y manifestait une vitalité bien crade, bien rauque, bien ‘speed’ en pratiquant un style musical mi-garage, mi-psychédélique, inspiré du rock des Yardbirds, de Count Five, de Sam The Sham ou de Question Mark & The Mysterians, et saupoudré de rhythm’n’blues. Un cocktail détonnant qui lui permettra de devenir un véritable groupe culte. Aujourd'hui le combo semble s'être assagi, et on ne parle plus guère des sempiternelles altercations entre les deux leaders du groupe, Keith Streng et Peter Zaremba. Zaremba s'intéresse d'ailleurs de plus en plus à la production. Ce qui ne l'a pas empêché de faire appel à Peter Buck, son pote de toujours, pour produire cet album; et puis d'inviter Mike Mills autre REM pour assurer les claviers. Bref, on comprend mieux pourquoi les Fleshtones diluent aujourd'hui leur agressivité dans un garage pop. Même le titres les plus remuants n'ont plus rien de dérangeant. "Forever Fleshtones" macère ainsi dans une solution légèrement cuivrée de r&b, solution filtrée successivement par les vertus les plus mélodiques des Kinks, de Van Morisson, d'XTC et des Stones.

 

The Fleshtones

Beautiful Light (Ep)

Titre maître de cet Ep, "Beautiful Light" reflète l'aspect le plus pop, le plus soft du dernier album de cet ensemble new-yorkais. C'est peut-être la raison pour laquelle, il a été pressé en single. Une jolie chanson qui aurait pu tout aussi bien appartenir au répertoire de REM. Normal, lorsqu'on sait que l'album a été produit par Peter Buck. Le deuxième titre, ne figure pas sur "Forever Fleshtones", mais bénéficiant de la participation de Mike Mills aux claviers, ne s'éloigne pas tellement du climat général du CD. Finalement, c'est le troisième fragment de ce maxi qui nous semble le plus intéressant. Mixé par Jim Ball et le combo au studio RPM de New York, il recèle un son beaucoup plus crade, plus punk, qui correspond beaucoup mieux au style garage auquel le groupe nous a toujours habitués, et qu'il manifeste si bien sur les planches...

 

The Fleshtones

Nous préférons être un groupe-culte que rien du tout...

Écrit par

Les Fleshtones, c’est l’archétype du garage band. Inspiré à l’origine par le rock des Yardbirds, Count Five, Sam the Sham & the Pharaohs, Question Mark & The Mysterians, Suicide et par le rhythm’n blues coloration ‘stax’, les Fleshtones voient le jour en 1976, et vont s’imposer comme un des meilleurs groupes de scène, réputation qui leur vaut aujourd’hui un véritable culte. Et si leur 8ème album (« Forever Fleshtones ») se révèle moins crade et moins speedé, leurs qualités scéniques sont demeurées intactes. Le quatuor au grand complet avait voulu participer à cette interview. Ambiance…

Le fait que vous avez décidé de former le groupe parce que vous estimiez que la musique diffusée aux ‘parties’ n’était pas à votre goût, c’est une légende ?

Peter Zaremba : C’est exact ! Il n’y avait pas assez de bons vieux disques comme ceux de Lightnin’ Slim ou d’Iggy Pop. Alors on a pensé que ce serait bien de combler cette lacune. C’était avant que les Ramones ne commencent leur carrière…

Vous auriez voulu vivre les ‘sixties’ ?

P.Z. : Pour nous, il n’est pas important de retourner en arrière. Nous apprécions cette musique. Elle est excellente, excitante, mais bon, ça ne justifie pas d’avoir des regrets de ce type.

A ses débuts, les Fleshtones étaient comparés aux Barracudas. Vous connaissiez ce groupe ?

Bill Milhizer : Oui, mais les Barracudas n’existaient pas (rires). Au début, les Barracudas étaient comparés aux Fleshtones… Mais c’était quand même un bon groupe.

Huit albums sur cinq labels différents : les Fleshtones cherchent à concurrencer les Cramps ?

B.M. : Les Cramps n’ont pas les mêmes objectifs que nous. Ce qui nous est arrivé est accidentel. Aujourd’hui, nous sommes stabilisés. Nous venons d’enregistrer notre deuxième album pour Danceteria. Et c’est un record pour les Fleshtones ! Nous ne voulons plus vivre dans l’incertitude. Adopter le régime des Cramps doit être terrible. Pourquoi parles-tu des Cramps ?

Parce qu’il y a chez les deux groupes la même exploration des genres musicaux, le même esprit des adaptations, et le respect d’un style bien défini, pas une mode.

Keith Streng : C’est heureux que les Cramps existent. Un grand groupe ! Mais entre nous, il n’y a jamais eu de compétition. Nous avons même appartenu au même label.

P.Z. : Les Cramps sont nos amis depuis très longtemps. Nous avons travaillé ensemble pour la ‘Copeland Family’. Depuis cette époque, nous nous sommes liés d’amitié. Mais c’est vrai, et amusant aussi, qu’à l’origine, nous avions les mêmes sources d’inspiration.

K.S. : Alan Vega a également été important pour nous. N’oublie pas de le mentionner. Parce que Suicide fait partie de nos racines musicales…

Ne pensez-vous pas que « Roman God », enregistré en 81, reste à ce jour, le meilleur album des Fleshtones ?

K.S. : Non, ce n’est pas le meilleur. Mais probablement le plus important : il nous a permis de sortir de notre coquille. En Europe, et en particulièrement en France, il a coïncidé avec notre première tournée.

En devenant un groupe-culte, n’avez-vous pas l’impression, quelque part d’avoir un peu vieilli ?

Ken Fox : La vie, c’est la vie. Je en crois pas qu’un groupe-culte vieillisse plus qu’un autre. Nous préférons, de toutes manières, être un groupe-culte que rien du tout.

B.M. : C’est très bien un culte !

K.F. : Je ne suis pas fâché lorsqu’on nous dit qu’on vieillit, mais bien que notre culte vieillisse !

Dans le domaine du rythm’n blues et du garage, ne partagiez-vous pas, à l’origine, les mêmes idées que les Stranglers ?

P.Z. : Je n’ai jamais très bien compris les idées des Stranglers ; et encore moins leurs idéaux. Une véritable énigme. C’est le groupe le plus étrange qui ait existé. Un groupe mystérieux, obscur, qui n’a jamais exploré que son propre univers. Je les respecte. Ils sont apparus à la même époque que les Cramps et les Fleshtones. Et je pense que nous nous ressemblons tous dans nos différences. Chaque groupe est difficile à catégoriser. Ceux qui pensent pouvoir y parvenir, n’ont rien compris.

Etes-vous des collectionneurs de compilations ‘Peebles’ ou de vieux 45 tours ‘Stax’ ?

P.Z. : Non, je possède un bel éventail de disques et de 45 tours originaux, mais je ne suis pas un collectionneur.

K.F. : Lorsque tu es impliqué dans la musique jusqu’au cou, il est très difficile de te constituer une collection. Tu n’as pas suffisamment de temps pour fréquenter les boutiques de disques. Myriam Lennox des Cramps y parvenait, mais avec d’énormes difficultés.

« Forever Flesthones » a été produit par Peter Buck. Peter et Mike (NDR : Mills) jouent également sur le disque. Inévitablement, on ressent le feeling soft pop de REM dans les compositions. Ca ne vous a pas trop gênés ?

K.S. : Si !

P.Z. : Non (rires). Tu sais, nous avons élaboré le corps de la musique avant de rentrer en studio. Et à l’origine, il était plus doux !

K.F. : C’était inévitable ! Au sein d’une communauté aussi restreinte, si tu veux ajouter un peu de claviers, tu appelles Mike, et il rapplique sur-le-champ.

P.Z. : Le studio, c’est un peu sa vie.

B.M. : Peter Buck est un producteur formidable. Le meilleur que nous ayons eu depuis David Faulkner !

P.Z. : Mais son style est plus direct, alors que chez David, il est plus hermétique. David fait également très bien son job, mais il est plus strict. Peter est un type plus instantané. Il est du Sud. Très relax. L’album transpire cette tranquillité. Peter s’est investi à fond. Nous lui sommes très reconnaissants du fruit de son travail.

Vous êtes allés à Athens pour l’enregistrer ?

En chœur : De très, très, très nombreuses fois.

K.F. : Cet endroit était devenu notre seconde résidence.

P.Z. : il y avait même au bar, une banderole à notre attention : ‘Bienvenue aux Fleshtones à Athens !’ (rires)

Vous vivez toujours à New York ?

P.Z. : Absolument ! Mais pour l’enregistrement de « Forever Fleshtones », nous avons plus vécu à Athens qu’à New York…

Maganapop est également de cette région.

P.Z. : Peter, Mike et tous leurs amis ne jurent plus que par Magnapop. Nous on veut bien, mais à la fin, ça devenait vraiment de l’intox…

K.S. : S’il te plaît, ne nous cause plus de Magnapop aujourd’hui. (rires)

Vous êtes de grands fanas de musique australienne, paraît-il ?

P.Z. : Absolument !

K.F. : Hoodoo Gurus, Saints, Birthday Party, etc.

Died Pretty?

PZ. : Oui, mais ne mentionne pas notre nom si tu les rencontres. Lors d’une tournée en Australie, à Sydney, Ron Peno était tellement bourré qu’il a commencé à nous chercher misère. On s’est énervés, et puis on s’est tapé sur la gueule…

K.F. : Notre formation préférée est sans doute les Hoodoo Gurus. C’est le groupe le plus ‘groovy’ de la terre, etc., etc.

La wold cup aux States, ça vous intéresse ?

B.M. : (probablement distrait, il se lance dans une longue tirade sur l’organisation du festival anniversaire de Woodstock qui se déroulera en août prochain)

P.Z. : Hey Bill, c’est de la world cup de foot qu’on parle, pas de Woodstock ! (fou rire général)

B.M. : Ah… lorsqu’il y a une rencontre aux States, les gens semblent intéressés. Mais le lendemain, plus personne n’en parle. Ils reprochent au football de ne pas être suffisamment spectaculaire. Moi je préfère le base-ball.

P.Z. : La vérité est que les médias n’accordent pas l’importance voulue à ce sport. Pourtant, le soccer a aujourd’hui des structures qui n’existaient pas il y a dix ou vingt ans. On le pratique aujourd’hui dans le secondaire et les universités. Il existe un championnat. Et je pense qu’après la coupe du monde, les médias vont se rendre compte qu’il y a de l’argent à gagner en le popularisant. Ce sera le véritable déclic…

 
Interview parue dans le n°25 (juillet 94) du magazine Mofo.