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The House Of Love

30 ans plus tard…

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Votre serviteur avait assisté à un concert de The House of Love, pour la première fois, dans le cadre du Pukkelpop, en août 1991 (NDR : à la même affiche, il y avait aussi, notamment, Sonic Youth, les Ramones, Ride, les Pogues, Dinosaur Jr et Nirvana). Il avait ainsi eu l’opportunité d’interviewer, son leader Guy Chadwick (à retrouver ).

Mais surtout le 8 mars 1993, le groupe avait accordé, à l’Aéronef (NDR : l’ancien, celui de la rue Solférino), un des 20 meilleurs concerts au cours desquels il a pu assister en un peu plus de 5 décennies…

Bref, 30 ans plus tard, la formation revenait à Lille, toujours à l’Aéronef, mais celui qui est Implanté au cœur du centre Euralille depuis 1995. Et nostalgie quand tu nous tiens, il y avait une envie irrépressible d’y retourner de la part de qui vous savez.

Depuis sa création, le quatuor a connu pas mal de changements de line up. Il s’est séparé et s’est reformé plusieurs fois. Guy Chadwick a tenté une expérience en solo, mais malgré deux elpees, elle s’est soldée par un échec. Enfin, membre fondateur, Terry Bickers, le guitariste soliste, a abandonné puis réintégré le navire, à plusieurs reprises, et la dernière fois qu’il avait tiré sa révérence, c’était en 2020. C’est Keith Osborne qui le remplace. Et la basse a été confiée à son fils, Harry. Autre jeune recrue, le drummer Hugo Degenhardt.

Lorsque The House of Love monte sur les planches, le club est très bien garni et on y dénombre une majorité de quadras, quinquas et même sexagénaires.

Le set d’ouvre par « Cruel » et première constatation, malgré une belle envolée du soliste, la voix de Chadwick a perdu de sa superbe. En début de concert, elle n’est pas du tout en place. Le groupe embraie par « Christine », un hit paru en 1990. Le baryton de Guy passe mieux tout au long de « Hope », mais c’est quand il la sollicite en falsetto que les choses se compliquent. Heureusement, au fil du spectacle, il parviendra un peu mieux à la maîtriser, malgré des chœurs, pas toujours très en harmonie. Quant au drummer, pendant une bonne moitié du set, il va aussi sembler à la traîne. Mais à partir de l’excellent « Burn down the world », moment choisi pour se servir de sticks en feutre, il va trouver la bonne carburation. Heureusement, les gratteurs excellent. Les guitares sont tour à tour cristallines, gémissantes ou tintinnabulantes. La ligne de basse est profonde.

La setlist inclut quatre plages du dernier elpee, « A state of grace », dont le titre maître, le bien rock « Sweet water » et le lancinant « Sweet loser ». Mais pas de trace d’harmonica sur le « Light in the morning », malgré ses accents country…

Evidemment, ce sont les classiques qui enchantent l’auditoire, dont il reprend les refrains en chœur, à l’instar du ‘reedien’ « The Beatles & The Stones » et de l’incontournable « Shine on ». D’ailleurs, les ¾ du répertoire proposé ce soir sont consacrés à des titres issus de la première période d’existence du band, soit en 1988 et 1993. Mention spéciale à « Se dest », une ballade mid tempo énigmatique, atmosphérique, qui s’autorise quelques coups d’accélérateur bien sentis.

En rappel, Guy Chadwick revient d’abord en solo pour attaquer « Don’t pay the way ». Puis les trois autres musicos le rejoignent pour nous livrer trois compos, dont en finale, une version remarquable de « A love in a car ». Elle monte progressivement en intensité, avant de s’achever dans un climat noisy digne du 8 mars 1993 ; les trois gratteurs faisant alors face au batteur qui démontre alors que son jeu n’est finalement pas dénué de subtilités…

Bref, malgré les quelques imperfections, ce concert, qui s’est achevé en apothéose, ne pouvait rappeler que de bons souvenirs…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist :

Cruel
Christine
Hope
Light of the Morning
The Beatles and the Stones
Into the Tunnel
Sweet Loser
The Girl With the Loneliest Eyes
Shine On
Sweet Water
Crush Me
Burn Down The World
Destroy The Heart
Se Dest
State of Grace

Rappel :

Fade Away (Guy solo)
In a Room
I Don't Know Why I Love You
Love In A Car

(Organisation : Aéronef, Lille)

The House Of Love

Days run away

Écrit par
Terry Bickers et Guy Chadwick ont donc enterré la hache de guerre; mais surtout ils se sont rendus compte qu’ils avaient besoin l’un de l’autre pour atteindre le sommet de leur art. « Days run away » constitue donc l’album de leur réconciliation. Et s’il ne figurera pas parmi les chefs d’œuvre de House Of Love, il a au moins le mérite de ne pas décevoir. On y retrouve cette conjugaison de sonorités de guitares chatoyantes, carillonnantes, troublantes, pétillantes, réverbérantes échangée entre Terry et Guy. Ces harmonies vocales ‘brianwilsoneques’. Le timbre nasonnant, empreint de mélancolie qui n’appartient qu’à Chadwick. Et puis ces mélodies pop contagieuses qui ont enfanté autrefois des classiques tels que « Christine », « Shine on » ou encore « The Beatles & the Stones ». Et « Gotta be that way » en est certainement le plus bel héritage. En outre des chansons comme le ténébreux « Love you too much », l’épique « Money and time », le stellaire « Days run away » ou encore le ‘sydbarrettien’ « Wheels » ne manquent pas d’allure. L’opus recèle encore en « Kinda love », une ballade countryfiante, qui aurait pu figurer sur l’opus solo de Chadwick, « Lazy soft and slow ». Le reste est moins percutant. C’est d’ailleurs le seul reproche que l’on peur faire à cet elpee : il y manque des plages de la trempe de « Destroy the heart ». Car si cette condition avait été remplie, cet opus aurait alors mérité de décrocher un must !

The House Of Love

Best of

5 albums sortis en 8 ans d’histoire. House of Love restera l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire du rock. Créé en 1986 par l’incontournable Guy Chadwick, le groupe nous aura offert, jusqu’à sa séparation, tout ce dont un amateur de musique pop rêve d’avoir. Et cela, sur disque comme sur scène. La fraîcheur, la finesse, la tendresse, les mélodies mélancoliques, poignantes, l’énergie, l’aura, la recherche. Rien ne manquait pour que le quatuor grave son nom en lettres d’or sur le parvis de la maison rock. Pourtant, House of Love est resté dans l’anonymat. Victime du temps et de la mode, ils sont à nos yeux les pionniers de la noisy et surtout de la britpop contemporaine, plantant dès 1986, les racines d’un arbre dont ils ne pourront jamais cueillir les fruits. Nous sommes à ce moment là à la fin de l’air " postcard " des Smiths et au début de la vague " indie dance " des Stone Roses et Happy Mondays. Les fruits ont été récoltés, la saison dernière, par Oasis et, malgré notre admiration pour Richard Ashcroft, par The Verve. Ce " Best of " rassemble donc le meilleur d’un des meilleurs. Du pétillant " Shine on " au savoureux " Crush me ", en passant par le nostalgique " Beatles and the Stones ", le déchirant " Christine " et le tendre " Loneliness is a gun ". Petite imperfection (NDR : décidément, rien est parfait), on se demande pourquoi le dernier opus du combo est passé sous silence. Une histoire de business certainement… Une compile qui reste cependant indispensable.

 

The House Of Love

C’est comme crier ‘Ne m’ignorez pas !’

Écrit par

The House of Love, c'est le nom d'une nouvelle  érotique d'Anais Nin. Mais, The House of Love c'est aussi le patronyme du groupe qui s'est formé en 86 autour du chanteur Guy Chadwick et du guitariste Steve Bickers. Depuis, Steve est parti, pas en très bons termes, pour former Levitation (NDR : qui vient d'ailleurs de sortir son premier album). The House of Love est rapidement devenu un des groupes chéris par les médias britanniques. Exemple : au cours de la même semaine, ils ont fait la ‘une’ du New Musical Express et du Melody Maker, les deux grands journaux musicaux insulaires ! A ce jour, la formation a sorti trois albums et une compilation. Les trois disques s’intitulent tout simplement « The House of Love » (NDR : pas facile de s'y retrouver !) Et Guy a prouvé qu'il était un grand compositeur de morceaux pop ! Suffit d'écouter les bijoux que sont « Shine on », « Destroy the hear », « Christine » ou « The Beatles and the Stones ». Néanmoins, depuis le début des années 90, le groupe s'est montré très discret. Le grand retour est-il pour bientôt ? Ou bien le train est-il passé ; et la grande percée sur le continent n'est-elle pas encore pour cette année ? Guy Chadwick nous éclaire à ce sujet…

Au cours des derniers mois, House of Love s’est montré plutôt discret. Peut-on espérer du changement dans un futur immédiat ?

Entre 1990 et en 1991, il s'est passé une bonne chose pour nous : nous sommes devenus très populaires en France. Nous avons accompli une tournée dans ce pays et participé à une trentaine de festivals. C'était chouette et nous avons travaillé sur de nouvelles chansons. Notre nouvel album doit sortir bientôt.

Que pensez-vous de Levitation ?

Pas grand-chose. Je ne les ai jamais vus. J'ai reçu une cassette l'année dernière de leur projet ; mais je n’ai jamais assisté à un de leurs concerts. Et puis nous n’avons aucun contact avec eux!

Vous avez signé chez Phonogram ; ne craignez-vous pas de perdre votre intégrité?

Ce n’est pas un sujet qui me préoccupe. On fait ce qu'on aime. Je veux dire, je m'en fiche d'entendre dire que je peux perdre mon intégrité. Je sais que je ne la perdrai pas.

Que pensez-vous du public belge?

Je ne connais pas vraiment le public belge. Nous ne nous sommes produits que 3 ou 4 fois en Belgique. Nous avons joué à Deinze, je crois, en 1988 et à Bruxelles avec Ride.

Quels sont vos projets ?

Eh bien, l'album doit sortir.

Une tournée peut-être ?

Ah, oui. Probablement. Quelque chose dans le genre.

Pensez-vous être le meilleur groupe au monde ?

Guy (et les musiciens en chœur) : Oui !....

Vous le pensez vraiment?

Si je pense que nous sommes le meilleur groupe? Non! (Rires)

Quel est ton opinion sur les autres artistes relevant de Creation, votre ancien label?

J'en aime quelques-uns, oui. Comme Slowdive, Ride. J'aime aussi Teenage Fan Club. Tous ces groupes sont les meilleurs qu’ils n’aient jamais eus. C'est un bon label!

Vous sentez-vous influencé par les 60’s?

Oui.

The Beatles and The Stones?

Evidemment.

Etes-vous romantique? Pourquoi votre écriture est-elle si torturée ?

Romantique ? Non, je ne suis pas vraiment romantique. Enfin, si quand même, je le suis. (Rires) Si j'ai une écriture torturée, je pense que c'est à cause de mes lectures. Je suis consommateur d'une littérature du style, comme celle d’Ernest Hemingway ou d’Henry Miller. J'aime ces écrivains. Vous voyez, c'est plus un style que mes propres sentiments. Et même si j'éprouve parfois ces sentiments comme tout le monde, ma composition est plutôt instinctive.

Pensez-vous être chargé d’une mission dans le rock?

Oui. Enfin, je n'en suis pas certain. J'éprouve un sentiment, en mon for intérieur, qui me conduit : je dois faire de la musique. Au début, je croyais que c’était lié au succès ; mais je n'y crois plus maintenant. Mon but est de créer quelque chose dans la musique, quelque chose que les gens vont aimer. C'est comme un cri. Du genre : ne m'ignorez-pas! (Rires)

Es-tu prolifique ?

Je travaille beaucoup, mais peu m’importe de savoir si je vais vite ou pas. Je passe du temps sur des détails qui semblent importants à mes yeux. Utiles ou pas. C’est dans mon caractère. Enfin on apprend toujours. Comme quand je suis en route, je peux écrire des chansons instantanément (‘clic’). J'ai vécu des périodes au cours desquelles j’étais incapable d’écrire ou de faire quoi que ce soit. Je ne sais pas si c'est parce que je n'ai pas assez de capacités en tant que musicien ou bien si c'est juste dans ma nature. Ou si c'est un des symptômes chez un artiste.

Pensez-vous qu'un jour vous enregistrerez un album solo ?

Je n'y ai pas encore pensé ! Disons que pour le moment, c'est non.

Interview parue dans le n°1 du Magazine Mofo de février 1992.