La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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The Notwist

The Notwist nous donne des nouvelles de la Planet Zombie…

The Notwist revient sur le devant de la scène après des années d'exploration et d'expérimentation, en livrant « News from Planet Zombie », un album riche à la fois en mélancolie et en positivité, esquissé à travers une suite de chansons pop passionnantes et engagées. Sur cet opus, la formation reflète un monde chaotique, mais y répond avec chaleur et générosité. C'est le premier elpee studio depuis « 12 », paru en 1995, que le groupe a enregistré en studio dans sa formation live élargie.

Un nouveau long playing de The Notwist est toujours une entreprise curieuse. Leur langage musical est aussi cohérent et résilient que les contextes de créativité sont imprévisibles et en constante évolution. Pour « News from Planet Zombie », le trio central composé de Markus et Micha Acher et Cico Beck a embrassé les multiples possibilités d'écriture collective, apportant des chansons au band, puis arrangeant, répétant et enregistrant ce matériel ‘live’, en studio.

Le résultat est un album énergique, pleinement ancré dans le présent, ponctué de moments spectaculaires où l'on peut entendre la magie opérer dans la dynamique entre les Acher, Beck et leurs collègues Theresa Loibl, Max Punktezahl, Karl Ivar Refseth et Andi Haberl.

The Notwist n'est pas particulièrement connu pour ses reprises, mais « News from Planet Zombie » en recèle deux : une magnifique version de « Red Sun » de Neil Young (extraite de « Silver & Gold », gravé en 2000), que le groupe avait initialement composée pour une pièce de théâtre mise en scène par Jette Steckel, et une version de « How the Story Ends » du groupe folk-pop Lovers, originaire d'Athens, en Géorgie (USA). Elles s'intègrent parfaitement dans le récit de l'opus, comme de vieilles amies, révélant The Notwist comme des interprètes poétiques.

« News from Planet Zombie » reconnaît la détresse de l'impasse géopolitique actuelle, tout en nous rappelant qu'il existe des moyens collectifs d'aller de l'avant. À travers la figure du zombie, Markus Acher explore nos angoisses : ‘Dans le titre et certaines paroles, je fais référence aux films de série B et aux films d'horreur, qui sont une référence au monde fou dans lequel nous vivons actuellement, qui ressemble à un très mauvais film de série B irréaliste.’ Mais, il nous rappelle ici ne pas perdre complètement le fil, que ces choses aussi passeront.

« How the story ends » est en écoute

 

The Notwist

The Notwist donne des nouvelles de la planète Planet Zombie

Sur « News from Planet Zombie », The Notwist revient sur le devant de la scène après des années d'exploration et d'expérimentation. Un album riche en mélancolie et en positivité, esquissé à travers une suite de chansons pop passionnantes et farouchement engagées. Il s’agit d’un opus qui reflète un monde chaotique, mais qui y répond avec chaleur et générosité afin d'atteindre une consolidation créative et spirituelle. Enregistré dans leur ville natale de Munich, ce nouvel opus studio est leur premier depuis « 12 » en 1995.

Un nouvel elpee de The Notwist est toujours une entreprise curieuse ; leur langage musical est aussi cohérent et résilient que les contextes de créativité sont imprévisibles et en constante évolution. Pour « News from Planet Zombie », le trio central constitué de Markus et Micha Acher et Cico Beck a embrassé les multiples possibilités de l'écriture collective, en apportant des chansons au groupe, puis en arrangeant, répétant et enregistrant ce matériel en live, en studio.

Ainsi, « News from Planet Zombie » a été enregistré en une semaine à Import Export, un espace à but non lucratif dédié aux arts et à la musique. Et cela s'entend : on y trouve des imperfections agréables, comme si la quête d'une perfection floue de The Notwist leur donnait suffisamment confiance pour laisser les chansons respirer et muter entre nos oreilles. Cette ouverture au hasard accueille également des amis locaux et internationaux, reflétant le caractère cosmopolite de Munich : Enid Valu participe au chant, tandis que Haruka Yoshizawa joue du taishōgoto et de l'harmonium, Tianping Christoph Xiao de la clarinette et Mathias Götz du trombone.

Si The Notwist n'est pas particulièrement connu pour ses reprises, « News from Planet Zombie » en compte deux : une version de « Red Sun » de Neil Young (tirée de « Silver & Gold » en 2000) et une autre de « How the Story Ends » du groupe folk-pop Lovers, originaire d'Athens, en Géorgie (USA). Elles s'intègrent parfaitement dans le récit du long playing, comme de vieilles amies, révélant The Notwist comme des interprètes poétiques.

A propos de récit, « News from Planet Zombie » reconnaît la détresse de notre impasse géopolitique actuelle, tout en nous rappelant qu'il existe des moyens collectifs d'aller de l'avant. À travers la figure du zombie, Markus Acher explore nos angoisses : ‘Dans le titre et certaines paroles, je fais référence aux films de série B et d'horreur, qui sont une référence au monde fou dans lequel nous vivons actuellement. Ce dernier ressemble à un très mauvais film de série B irréaliste.’ Mais il nous rappelle ici de ne pas perdre complètement le fil, que ces choses aussi passeront.

« X-ray », extryoutubeait de  « News from Planet Zombie », est en écoute

 

The Notwist

Vertigo days

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Changement de line up chez The Notwist, puisque Cico Beck a remplacé Martin Gretschmann. Ce programmateur avait rejoint le groupe en 1997. Et c’est surtout lui qui a entraîné le groupe à se tourner davantage vers l’électronique. Les frères Acher, Markus Acher (guitare, chant) et Michael (basse) ainsi que le drummer Andi Haberl sont toujours bien au poste, mais pour enregistrer son huitième opus, ils ont reçu le concours de toute une volée d’invités.

Et d’abord Juliana Molina pour « Al sur ». La productrice argentine y pose sa voix sur des spasmes tumultueux de percus et quelques bruitages expérimentaux. Saya (Tenniscoats, Spirit Fest), la sienne sur l’intriguant « Ship ». Une compo paradoxalement imprimée sur un tempo motorik, alors qu’elle y glisse délicatement son timbre suave. Un rythme krautrock qui revient ponctuellement à la surface sur cet elpee, à l’instar d’« Exit strategy to myself ». La clarinette d’Angel Bat Dawid se frotte à des sonorités de trompette sur le jazzyfiant « Into the ice age », une piste qui frémit au gré des oscillations de synthés. Le multi-instrumentiste américain Ben LaMar Gay a composé le sombre « Oh sweet fire » et y partage le micro avec Markus. La voix de ce dernier est douce et fragile alors que celle de Ben, se révèle plus conquérante. Langoureux, légèrement teinté de dub et de jazz, ce morceau frôle l’univers trip hop d’un Massive Attack.

Outre les deux interludes instrumentaux, l’opus nous réserve également l’une ou l’autre composition plus romantique voire mélancolique. Dont « Into love / Stars », qui paradoxalement nous plonge quelques secondes dans le carnaval. D’« Into love again », morceau qui clôt cet LP, auquel participe le groupe japonais Zayaendo (au sein duquel on retrouve Saya). Ou encore du superbe « Loose ends », dont la fin de parcours se charge progressivement d’intensité électrique.

Enfin, on épinglera encore un « Night’s too dark » aux arpèges de sèche et surtout à la jolie mélodie.

Les 14 plages de cet LP se fondent les unes dans les autres, et défilent en suivant pour fil rouge, la voix fragile, vaporeuse et tellement sensible de Markus Acher.

En gravant « Vertigo days », le groupe allemand a de nouveau démontré qu’il était encore à la pointe de l’expérimentation dans sa fusion entre rock indé et électronica, tout en ne négligeant jamais l’aspect mélodique de ses compositions.

Votre serviteur n’est pas un grand fan d’électro/pop, mais à partir du moment où elle est créative et accessible, il ne peut que s’incliner…

The Notwist

Encore trop d'imprécisions...

Pendant tout un week-end, les Allemands de Notwist ont pris d'assaut l'AB avec tous leurs copains, pour deux soirées spéciales autour du groupe : films, clips, merchandising, DJ-sets, et surtout des concerts, de Notwist (en apothéose) et de leurs side projects (Console, Lali Puna, Ms John Soda, Tied & Tickled Trio, Couch). The Notwist, c'est donc une nébuleuse, une constellation : autour du groupe gravitent plusieurs formations qui ont toutes en commun cette propension à mixer indie pop et électro (de l'indietronica), émotion et technologie, impro et refrains chantés. En cela, The Notwist est une petite entreprise qui fonctionne plutôt bien : la « scène » dont le groupe s'est retrouvé fer de lance connaît un beau succès d'estime, en témoigne ce soir une AB bien remplie, alors qu'au début l'événement était prévu dans l'ABBOX.

C'est Couch qui ouvre les festivités, un trio rappelant Add (N) to X (une femme, aussi, aux claviers) et ces groupes de post-rock qui malmènent leurs guitares sans dire un mot. Les riffs sont répétitifs et la batterie reste calée sur le même rythme, provoquant chez leurs géniteurs une transe solitaire qui n'emporte que très peu de spectateurs. Une heure de concert, ce fût long, malgré quelques bons moments.

Arrive alors Lali Puna, qu'on a rarement le plaisir de voir en concert. Valerie Trebeljahr chante timidement, tandis que Markus Acher (chanteur-guitariste des Notwist) reste courbé sur sa guitare, l'air concentré ou l'esprit ailleurs. Des nouveaux morceaux, et quelques perles de « Scary World Theory », leur dernier album en date, un véritable petit joyau. En rappel, une reprise de « 40 Days » de Slowdive, qu'on retrouve sur la compile « Blue Skied An' Clear » du label Morr Music.

Vers 22h30, les Notwist entrent en scène. Il y a plus d'un an qu'on ne les a plus vus, depuis ce passage raté à Werchter, avec Arne Van Petegem en remplacement de Micha Acher et son plantage sur « Pick up the phone » (un grand moment). Cette fois, le groupe est au complet. Les hits y passent, surtout ceux de « Neon Golden » (à part un « Chemicals » un peu fade), plus quelques morceaux plus noisy, traces un peu crasses de leur passé d'ados tourmentés (les premiers albums). C'était là qu'en effet, le bât blessait : peut-être à cause d'un manque de répétition, d'une cuite à la bière belge ou d'un gros rhume chopé pendant le voyage, les quatre Allemands semblaient à côté de leurs pompes quand il s'agissait de jouer ensemble et de jongler avec les crescendo. Pendant ces morceaux rock, de longues plages de silence, avant l'explosion, cassaient tout rythme, et toute ambiance (n'est pas Mogwai qui veut). Un peu comme si on avait coupé le courant pendant quelques secondes (« Mais qui a éteint la musique ? », était la réaction la plus fréquente), avant de rebrancher les prises et de laisser les quatre Allemands faire leur boucan en totale discordance. Bizarre qu'après un an de tournée, deux albums excellents, The Notwist soit encore victime de telles imprécisions. A tel point qu'après trois-quarts d'heure de concert, l'attention du public n'était plus que polie (il était tard aussi), et l'ambiance de partir en couilles comme un vulgaire plat de nouilles. Pas glop.

The Notwist

Oser s'affranchir des étiquettes...

Avec Neon Golden, The Notwist a livré l'un des premiers grands albums de cette année : concassage subtil de rock minimaliste et d'électro la plus aventureuse, leur cinquième opus (en douze ans de carrière) s'affirme comme le complément idéal au Kid A de Radiohead, mais sans les gémissements meurtris de l'ami Thom. Révélé il y a quatre ans avec Shrink, The Notwist pourrait bien cette fois-ci casser la baraque, tant Neon Golden regorge de mélodies sublimes, toujours entre deux chaises (guitares ou samplers) mais sans jamais perdre l'équilibre. Ce parfait dosage entre riffs, machines et chant trouve son aboutissement logique sur scène, où les quatre Allemands s'en donnent à cœur joie dans le brouillage de pistes, n'hésitant pas à jouer du post-rock binaire et incisif après une ballade électro toute en finesse. C'est donc ça, la musique de The Notwist : un embouteillage élégant d'influences, où Can se cogne à Fugazi sur l'Autobahn qui relie Munich (leur bastion) à Manchester. Une musique accidentée mais dans laquelle on se plonge volontiers, sans avoir peur des carambolages.

En concert, The Notwist pratique donc le crash-test des musiques, alternant les complaintes électroniques en chambre avec les déchaînements rock les plus juvéniles. Neon Golden sera largement passé en revue, du hit " Pilot " revu et corrigé (plus long, plus fort) à la chanson titre et son ambiance de blues. Pas mal de morceaux tranchants (sans doute des trois premiers albums du groupe, restés confidentiels) prouveront également que les quatre Teutons, derrière leur air de trentenaires studieux, savent encore croiser fièrement les guitares, tels des Artaban hardcore en pleine puberté. Oui, c'est ça, donc, The Notwist : un groupe de quatre musiciens émérites qui osent s'affranchir des étiquettes (rock, électro, blues, jazz,… ?) tout en restant d'une cohérence et d'une élégance rares. Chapeau bas, chers messieurs.

The Notwist

The Notwist vieillit comme le bon vin…

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Sept longues années que la formation teutonne n’avait plus enregistré d’album. « Close to the glass » est paru ce 24 février dernier. Il fait suite à « The Devil, You + Me », publié en 2009. Les vétérans allemands retrouvaient leur public dans une Orangerie sold out pour défendre ce nouvel elpee, qui a recueilli d’excellentes critiques…

Et l’auditoire n’est plus toute première jeunesse pour accueillir ces ex-héros de l’électro-rock. Au début des années 2 000, ils avaient touché en plein cœur les mélomanes, à l’aide de leurs hits délicats issus de « Shrink » et de « Neon Golden ». Ouvrant par ailleurs, toute grande, la porte aux géniaux bidouilleurs de The Postal Service. Les frères Markus et Michael Archer ainsi que leur complice Martin Gretschmann montent sur les planches. Le guitariste, le bassiste et le programmateur sont soutenus par le drummer Martin Gretschmann, le percussionniste Andi Haberl et un sixcordiste de tournée.  

Et, c’est avec un réel plaisir et un brin de vague à l’âme qu’on se plonge dans le concert. En outre, contrairement à pas mal d’autres formations qui se réunissent pour raisons lucratives (NDR : qui a parlé des Pixies ?), le band n’est pas du tout sur le retour ! L’armada constitue toujours une véritable machine de guerre scénique particulièrement talentueuse, louvoyant entre salves rock, expérimentations électro et capable de dispenser de véritables hits indie intergénérationnels (« Pick Up the Phone », « Pilot »). Le son est compact et puissant. Empreinte d’une grande sensibilité, la voix de Markus est un peu juste, mais elle permet d’adoucir cette expression sonore plutôt musclée. Une intensité entretenue par des guitares bien ciselées, une ligne de basse solide et des drums amples. La dextérité du batteur est même impressionnante ! The Notwist a donc réalisé un ‘sans-faute’, ce soir. Conquis, le public s’est laissé bercé par une certaine forme de nostalgie, mais a pu également savourer de nouvelles compos, qui sont loin de faire de la figuration ! Et cette puissance s’est avérée, au fil du set, exponentielle. Ce qui n’était pas pour gâcher notre plaisir !

Après avoir salué l’assistance, en manifestant une joie non dissimulée, le groupe revient pour attaquer ses hits incontournables : « Neon Golden » et surtout « Trashing Days » dans une incroyable version mixant reggae-dub, électro club et rock… Un magnifique final qui va entraîner des prolongations, puisque le groupe va accorder un second rappel diablement rock ! La classe, l’intégrité et le talent, ce sont les aptitudes que The Notwist est parvenu à acquérir au fil du temps. Bref, il vieillit comme le bon vin ! On espère les revoir lors des festivals estivaux !

(Organisation Botanique)

The Notwist

Rien de neuf sous le soleil de Bavière…

Écrit par

Pas de panique au village indie, The Notwist revient fouler les planches de l’Orangerie sans la moindre actualité. Si l’on songe qu’il a fallu attendre six ans entre la sortie de « Neon Golden » (2002) et « The Devil, you + me » (2008), cela nous laisse le temps de respirer avant de voir paraître un nouvel opus. Sans subir de pression des gros labels, The Notwist appartient à cette catégorie de groupes indépendants qui écoutent le temps, expérimentent le son, affinent lentement leurs fibres artistiques, s’érigent dans la durée et s’ouvrent à des projets multiples et parallèles. Ainsi, après avoir accompli une tournée en compagnie de l’orchestre Andromeda Mega Orchestra de Berlin, concocté une BO de film (« Storm », 2009) et un album avec les rappeurs américains de Themselves (« Own Your Ghost », 2011), le quatuor bavarois reprend les chemins de la scène pour revisiter principalement le répertoire de ses deux derniers opus.

Plus de deux ans après leur passage à l’Ancienne Belgique, le ton change. Finies les mélodies electronica ultra-soignées, les grands orchestres de cuivres et de vents... L’attitude adoptée devient  plus désinvolte, plus percutante, plus brute mais également plus libre. Chaque morceau est revisité et laisse moins d’espace à l’électronique, plus de coffre aux guitares.

Une désinvolture que l’on déchiffre sans mal sur le visage des quatre artistes allemands – greffés, pour l’occasion, de deux musiciens supplémentaires– lorsque qu’ils investissent la scène. Paradoxalement. Las, usés, mal rasés et comme à peine sortis du lit, ils traînent péniblement la savate pour rejoindre leurs instruments. Image peu habituelle offerte par le groupe.

 Malgré un set moins travaillé, moins calculé, les six musiciens nous prouvent encore qu’ils comptent, incontestablement, parmi les artistes les plus expérimentaux et créatifs de la scène indietronica contemporaine. Une insidieuse imprécision, la perfectibilité que seule suscite la liberté vertigineuse d’innover, ajouteraient plutôt un charme supplémentaire à cet ensemble atypique.

Dès l’ouverture, The Notwist nous offre un inédit, laissant supposer que le quatuor de base œuvre, selon son propre rythme, à un nouvel album. Une intro construite d’électro hypnotique qui se fond dans la violence des guitares. Quant au reste de la prestation, elle présente principalement et en quasi-alternance des titres issus de « Neon Golden » et « The Devil, You + Me ». Morceaux joués avec plus de liberté artistique, plus de puissance aussi. Ici, les horlogers de l’intemporel, généralement doués d’une précision mécanique, déconstruisent leur œuvre et se réorientent vers de nouvelles architectures. La voix mélodieuse de Markus Archer s’écorche de douces mélopées et les textures sonores se croisent et s’entrechoquent  d’electronica ainsi que de guitares puissantes. Une multitude de sons riches et de genres s’enlacent, se débattent et finissent par plonger dans un magma nu-free jazz totalement débridé sur « This Room » et « Neon Golden ». « Gravity » et ses guitares totalement libérées mettent enfin un terme à une  séquence noisy apocalyptique sur les feux doux de « Trashing Days ».

Un univers sonore instable, oscillant entre fiel et miel, qui s’achève par trois rappels dont les délicieux « Chemicals » et « Consequence ».

Un arrêt sur image s’impose également sur l’excellente première partie de Christopher Beck alias Joasihno. Flanqué d’un batteur, le jeune Munichois était venu défendre son premier long playing, « We Say : ‘Oh Well’ ». Fort d’une expérience acquise en Afrique, le chanteur multi-instrumentiste aime pratiquer la langue française et tisse rapidement une ambiance chaleureuse avec le public de l’Orangerie. Expérience de voyage qu’il utilise régulièrement pour teinter ses compos electronica de rythmes africains.

Paradoxalement, Christopher Beck est un vrai passionné de musique islandaise et marche sur les pas de musiciens comme múm, Sigur Rós ou Seabear. Le mélange atypique est surprenant. Il intègre aisément et en toute simplicité, tous les contrastes : l'Islande et l'Afrique, Munich, le classique et le pop, le givre et le feu, la couleur et le gris. Subtile intuition de l’universel : les univers distincts se complètent et ne s’opposent pas, ils se chevauchent, s’imbriquent étroitement, se jettent l’un dans l’autre. L’artiste redessine les limites du flou et ignore les frontières.

Ses mélodies sont complexes et pourtant simples, impressionnantes et exigües… mais toujours chargées d’une émotion intense, vive. Une structure musicale proche de Lali Puna et Hjaltalin qu’il sait illuminer de mélodies africaines.

Un duo énergisant, électrifiant la salle de sons en boucle, d’instruments étranges et d’une guitare au centre des débats.

Joasihno, un univers particulier qu’on ne manquera pas de visiter dans un futur proche.

(Organisation Botanique)

The Notwist

Audacieux mais perfectible…

Écrit par

Après avoir accordé un concert exceptionnel ce 13 avril 2009 dans le cadre du festival Domino, les inclassables Allemands de Notwist rouvraient les portes de l’Ancienne Belgique pour nous proposer un concert dénu(d)é d’électronique mais joliment habillé de cuivres et de cordes.

C’est accompagnés du Big Band ‘Andromeda Mega Express Orchestra’ de Berlin que les frères Archer foulent les planches de l’AB. Les claviers de Martin Gretschmann se dérobent alors et laissent place aux harmonies délicieusement jazz minimalistes et classiques du combo berlinois. Une multitude d’instruments se heurtent, se bousculent, s’enlacent et irradient soudainement l’univers indietronica du quatuor bavarois (trombone, basson, alto/tenor sax, bass clarinet, contrebasse, violoncelle, violons…)

20h45. Sous les feux des projecteurs, les elfes et les fées envahissent furtivement la salle et effleurent les oreilles du spectateur des douces et mélodieuses mélopées de Markus Archer. Set où les musiciens allemands revisitent plutôt l’avant-dernier album (« Neon Golden »). Source sonore qui s’accorde davantage au projet proposé sur scène.

Résolument plus classiques que les prestations précédentes, les morceaux se croisent et se vêtent de textures sonores où alternent les violons et les guitares électriques. « This Room » escalade progressivement le mur du son et, crescendo, se termine en envolée lyrique saturée de violons. Quant au final de « Gloomy Planets », il s’assourdit de lourdes guitares électriques qui tombent en frénésie et flirtent avec la musique noise.

Ce mélange de guitares, electronica et combo classique-jazz fonctionne globalement bien mais trahit parfois quelques faiblesses. Sans remettre en question les qualités intrinsèques et artistiques du combo classico-jazz du Mega Express Orchestra, certains des morceaux sombrent dans les abysses de l’ennui. Cette prestation semble moins inspirée que celle accomplie au mois d’avril. La magie opère moins aisément (plus difficilement) et souffre parfois d’une sorte d’inachèvement induit par une improvisation pas toujours maîtrisée. La setlist se farde de morceaux laissant libre cours à l’expression du Big Band berlinois et ombragent l’âme de la formation bavaroise. Instants sonores qui jurent avec l’ensemble et le désorganisent. Le premier rappel illustre cette impression où, Andromeda Mega Orchestra en avant, colore l’univers musical de Notwist de mélodies qui pourraient se glisser et se fondre dans l’univers musical de Goran Bregović. La symbiose combo jazz/indietronica band ne fonctionne malheureusement pas toujours et manque parfois de cohérence et de liant.

Ce concert nous a cependant permis de revisiter une jolie partie du répertoire du groupe sous un nouvel angle. Même en s’éloignant de leurs rivages initiaux, les quatre de Bavière continuent à expérimenter le son et à faire évoluer leur aventure musicale en manifestant un même talent.

Organisation : Ancienne Belgique

    

The Notwist

La musique est notre façon d’exprimer nos sentiments…

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On ne les attendait plus, mais on espérait. Aujourd’hui, les Notwist persistent et signent un album intitulé « The devil, you + me », une œuvre écrite partiellement par l’Andromeda Mega Express Orchestra, ensemble berlinois dont la musique oscille entre jazz et classique. Six ans se sont écoulés depuis l’excellent « Neon Golden », six années au cours desquelles les membres du groupe n’ont pas vraiment chômé. Martin Gretschmann, alias Console, raconte…

Après la sortie de « Neon Golden », The Notwist a beaucoup tourné. Un an et demi plus ou moins. On a ensuite réalisé d’autres disques, au sein de nos différents groupes. On a alors envisagé de se concentrer sur un nouvel album de Notwist ; mais auparavant on a voulu terminer celui de 13 & God. En fait, au départ, nous ne devions pas lui consacrer trop de temps, puisqu’il était envisagé de se limiter à un mini elpee. Mais finalement au fil des sessions on a changé d’avis, et on a opté pour un full cd. Et pour corser le tout, on s’est tapé une nouvelle tournée. Longue de surcroît. Ainsi le temps à passé. Puis on s’est fixé deux ans pour concocter celui de Notwist. Mais quand on l’a finalement achevé, on a réalisé que 6 ans s’étaient écoulés depuis le dernier. C’est conséquent, mais on ne s’est pas ennuyé au cours de toute cette période.

Les membres du groupe travaillent sur différents projets (Lali Puna, Console, 13 & God…) Vos expériences individuelles influencent-elles The Notwist ?

Ces expérimentations exercent toujours une répercussion sur le groupe. On en tire toujours des enseignements. Une idée concrétisée chez Console, par exemple, est très susceptible de servir à The Notwist. Mais en même temps, on a le souci de bien mettre des balises entre ces groupes afin qu’ils puissent sonner différemment. C’est le but du jeu.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de cet album ?

A l’instar de « Neon golden », on a opéré beaucoup d’expérimentations. On teste tout ce qui nous passe par la tête. Tous les mois on se retrouve une semaine en studio et on bosse ensemble. Le reste du temps, chacun travaille chez soi : on écoute les chansons et on y réfléchit. Lorsqu’on se réunit en studio, c’est pour voir si nos desseins correspondent. On enregistre des tas de chansons, mais la plupart finissent à la poubelle.

Vous avez également reçu le concours de l’Andromeda Mega Express Orchestra…

En fait, Andy Haberl, le batteur des Notwist, se produit également au sein de l’Andromeda Mega Express Orchestra. On a parlé de ce projet au compositeur Daniel Glatzels. Et il nous a répondu être disposé à écrire pour nous. Il a travaillé sur 8 ou 9 chansons différentes. Nous sommes allés en studio à Berlin pour enregistrer l’orchestre. Ce qu’il a écrit était brillant ; mais on n’a pas tout utilisé, car certaines compos ne collaient pas à l’ensemble. Dans le même esprit, nous avons écarté des dizaines de nos chansons enregistrées, parce qu’elles étaient trop ou… que sais-je ? C’était vraiment une bonne expérience ; mais il n’est pas dans notre ligne de conduite de travailler en compagnie d’un orchestre. Quand on imagine ce type de collaboration, on le conçoit comme quelque chose de grand, de pathétique… On n’a jamais vraiment imaginé quelque chose de semblable. On préfère intégrer des sonorités différentes, inédites aux chansons. Et c’est ce qu’il a fait.

Quel est, en tant qu’être humain, votre rapport aux machines?

Personnellement, j’aime les machines. Les machines ne sont pas parfaites, elles sont créées par des êtres humains. Elles peuvent être très différentes. Tout dépend de la personne qui les utilise. Ce qui est intéressant, c’est justement l’usage que chacun peut en faire. Les machines m’inspirent…

« The Devil, You & me », qui ou qu’est ce diable?

Ce que vous voulez que ce soit. Ce n’est pas défini. Pour le commun des mortels ce titre signifie le mal.

C’est une idée, une forme intouchable ?

Oui, exactement, quelque chose de négatif…

Les paroles de vos chansons sont claustrophobiques. Les mélodies vous permettent-elles de vous évader ?

Parfois oui. C’est une façon de nous exprimer sans paroles. Mais je pense qu’il y a toujours une interaction entre les textes et la musique. Parfois la mélodie n’est pas triste mais calme ou légère. Quant aux paroles elles sont plus sombres ou abordent des sujets difficiles. On aime ces contrastes.  

Vos chansons (“Alphabet” par exemple) jouent sur les mots comme des instruments à part entière. Un véritable exercice de style…

Oui, Markus écrit les paroles et y consacre beaucoup de temps. Il accorde de l’importance à l’agencement des mots, pour voir comment ils sonnent ; et s’ils ne sont pas adéquats à la musique, il les élimine. Ils doivent sonner juste.

Comprenez-vous toujours ce qu’il écrit ?

Non, mais on n’a pas besoin de comprendre. Il les écrit toujours d’une manière assez abstraite. Les gens n’ont pas besoin de déchiffrer ce qu’il dit. L’idée oui, mais il faut pouvoir l’interpréter individuellement. C’est toujours critique et obscur, il n’aime pas les slogans. Il est très important pour lui que ces textes ne se réduisent pas à des clichés du genre : ‘le capitalisme, c’est mal’ ou ‘n’allez pas au MacDonald’. Il cherche toujours un sujet susceptible d’être compris de différentes manières. Lorsque vous lisez ou écoutez les paroles, vous pouvez leur attribuer une signification. Après les avoir lues ou écoutées, un peu plus tard, vous pouvez les appréhender très différemment. Il suffit d’avoir repéré un mot pour que la phrase prenne un autre sens. Et si vous y rencontrez un autre point de vue, cette perception devient très intéressante.

Les thèmes principaux développés se focalisent autour de la culpabilité, l’abandon et la fuite. Rien d’évident…

Rien de facile, non. Ce sont des événements que nous avons dû vivre au cours de ces six dernières années. Par exemple, le fait qu’ils soient liés à votre propre existence : même si on veut s’y soustraire, on est obligé de les supporter et on ne sait pas s’en débarrasser. Au final, c’est ce que tout le monde vit : des situations heureuses ou malheureuses. Et personne ne peut ou ne veut s’en échapper. On doit faire avec. Dans nos vies personnelles, on a traversé des épreuves extrêmes, comme des amis qui tombent gravement malades ou sont victimes d’accidents. La musique est notre façon d’exprimer nos sentiments : on y pose toutes nos questions, concentre nos espoirs et épanche notre tristesse…

Cet elpee raconte-t-il une seule et même histoire, où chaque chanson serait un chapitre ?

L’ordre est très important pour nous. On y a beaucoup réfléchi et on s’est un peu cassé la tête pour trouver le meilleur agencement des plages. D’une façon oui, c’est une grande histoire découpée en différents chapitres, mais en même temps on ne pense pas que ce soit un album concept ou quelque chose du genre. Au final, on a conclu que pour atteindre toute leur signification, les chansons devaient respecter cet enchaînement.

The Notwist existe depuis près de 20 ans ; quel est votre meilleur ou votre pire souvenir ?

C’est difficile à dire. Il n’existe pas un meilleur ou pire moment. Il y a un événement qui nous a rendus heureux. Le succès enfin récolté aux Etats-Unis. On y joue depuis 1998 ; mais la première année de notre tournée était horrible. Personne n’assistait à nos concerts. Après « Neon Golden », la situation a sensiblement évolué. On peut même dire que ça s’est même très bien passé ; et beaucoup de gens sont venus nous voir. Ils apprécient spécialement les paroles de Markus. Et nous sommes très heureux de cette réaction parce qu’en Allemagne, on entretient toujours le débat de la langue : pourquoi ne chanterait-on pas en allemand ? L’anglais/allemand de Markus a toujours été sujet à la critique. Aux États-Unis, il est perçu comme de la poésie. Les Anglophones de pure souche émettent davantage de réserve ; donc Markus exprime ou décrit les choses différemment. C’est une très bonne chose.

Avez-vous prévu de retrouver Themselves pour un nouvel album de 13 & God?

Il n’y a rien de concret pour le moment mais on veut définitivement s’y consacrer. Ils sont fort occupés sur différents projets en ce moment. The Notwist va repartir en tournée. On a l’intention de réaliser un projet ensemble, mais on ne sait ni quand, ni où.

D’autres souhaits pour l’avenir du groupe ?

Tôt ou tard, on enregistrera un autre album de Notwist. On n’a pas vraiment de souhait précis. On espère juste pouvoir continuer à créer de la musique. C’est le principal. Peu importe la forme qu’elle prendra. Pour le reste, on verra…

 

The Notwist

Neon Golden

Ces Allemands se sont fait connaître il y a quatre ans avec leur hit " Chemicals ", un concentré judicieux d'électro et de rock - les qualités de chaque genre en exergue, mais pas les défauts. " Neon Golden " ne faillit pas à cette règle : les mélodies sont tenaces, les refrains enchanteurs, les atmosphères enfumées et mélancoliques. Moins jazz que son prédécesseur (" Shrink ") et plus électro que tous les autres), ce sixième album a donc toutes les allures d'un chef-d'œuvre organique, aux trouvailles sonores renouvelées à chaque écoute. Plusieurs morceaux devraient se tailler une belle place au soleil dans les hit-parades de nos cœurs, de ce " Pilot " célébrant les noces de New Order et de Kraftwerk à ce " Consequence " en final paroxystique. Des déflagrations post-cold wave aux bleeps neurasthéniques de Mouse On Mars, The Notwist semble avoir bien assimilé son histoire et sa géo musicales (Allemagne + Angleterre + 70's + 00's = Neon Golden). Au boulier-compteur des critiques à faire, cela fait presque un 10/10 (la voix timide de Markus Acher reste toujours sous la moyenne)… Bref " Neon Golden " est un disque en or.