Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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The Roots

Des racines et des ailes…

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Curieusement, l’Ancienne Belgique n’affiche pas complet ce soir. Dans la salle, le public est hétérogène. On y croise tous les looks, toutes les personnalités, toutes les couleurs de peau. Une multiculturalité réunie le temps d’une soirée. Un peu à l’image d’un Barack Obama, vainqueur des présidentielles US, The Roots, combo hip hop de Philadelphie, vient à son tour nous faire rêver de changement. Mais ici, il ne s’agit nullement de changement politique. Place à la musique !

En première partie, le trio suédois Looptroop Rockers a tenté de se forger une certaine crédibilité. Juste avant l’apparition des génies de la scène hip hop. Sur fond de boîte à rythmes et de quelques bidouillages électroniques, les flows des deux chanteurs ne font guère bonne figure. Pourtant, respectueux, le public applaudit malgré tout ce rap inerte proposé par  les trois larrons.

Le temps de voir opérer les derniers réglages par les roadies, et la pression commence à monter. Particulièrement excitée, la foule piaffe d’impatience et le manifeste à travers les premiers coups de sifflets. Finalement, quelques notes de bombardon viennent couvrir les cris du public. Qui en une fraction de seconde se mure dans un silence religieux. Les sept membres du combo montent sur le podium en file indienne. Ils rejoignent leur poste et font déjà exploser les premières notes de « Rising Down », le neuvième et dernier opus des Américains. Parfaitement au point, les musiciens s’amusent, sourient, et partagent plus que généreusement leur musique qui oscille du hip hop à la soul, en passant par le jazz et même rock. ?uestlove, batteur mythique à la coupe afro, s’éclate. Son acolyte aux congas est son meilleur complice. Ensemble, ils opèrent un battle de percussions sur le titre phare « Mellow My Man ». Irrésistible ! Les musiciens sont manifestement des virtuoses. Chacun d’entre eux se réserve d’ailleurs un solo. A l’instar du saxophoniste dont les interventions sont dignes d’un Charlie Parker voire même d’un John Coltrane. Il exécute les plus belles impros sur « You Got Me ». Personne n’y échappe. Même, Owen Biddle, le substitut à la basse. Hubbard (et son bâton de réglisse) a donc décidé de quitter le navire. Ce remplaçant est le seul musicien de couleur blanche sur scène. Il parvient à faire rebondir son instrument tout en créant diverses chorégraphies en compagnie des ses partenaires. Le public assiste à une véritable démonstration, riche en maîtrise musicale et en énergie. Le concert s’achève majestueusement par un débit de flows surprenants concédés par Black Tought, Mc. Probablement le moment le plus charismatique de l’elpee. Et les paroles engagées y contribuent largement.

Pourtant plus très jeune, The Roots est parvenu ce soir à tenir le public en haleine, durant un peu moins de deux heures. Depuis plus de dix ans, cet ensemble parvient à souffler un véritable vent de fraicheur sur le hip hop tout en se posant comme une des plus grandes références dans cet univers. La rumeur colporte une fin de parcours pour la formation, pourtant au sommet de son art. On parle notamment de leur dernière tournée mondiale. Si ces infos sont exactes, je dois avouer être fier d’avoir assisté à ce show hors du commun. Mon cœur est d’ailleurs encore empli d’émotion. Merci The Roots ! Et n’hésitez pas à jeter un coup d’œil dans notre rubriques ‘Live photos’….

Organisation : Live Nation

The Roots

Rising Down

Écrit par

Mais où est donc passé le temps où The Roots impressionnait par son mélange de jazz et de hip hop made in Philadelphia. Un style que le combo symbolisait à la perfection. Mais où est donc passée cette énergie créative qui la différenciait de toutes les formations. Car aujourd’hui, si les musiciens jouissent d’un potentiel technique irréprochable, on ressent chez Ahmir Thompson aka ?uestlove, batteur, producteur et tête pensante du collectif, un besoin d’explorer univers plus accessible voire commercial. Une constatation qui ne date pas d’aujourd’hui. Mais bien de 2004. C’est-à-dire depuis la sortie de « Tipping Point », un huitième opus pour lequel le line up du quintet avait subi de profondes modifications. La métamorphose apparemment souhaitée par son leader conjuguée aux départs assez douloureux de Rahzel ainsi que de Scratch n’ont pas débouché sur une revalorisation du style musical. Au contraire ! D’ailleurs ils ne sont plus jamais parvenus à reproduire des œuvres incontournables comme « Iladelph Halflife » ou encore « Things Fall Apart ». Ce qui n’empêche pas The Roots de demeurer une institution dans le monde du hip hop et un véritable modèle du genre. Un groupe hors norme et plus que probablement l’antithèse de tous ces gros groupes US colportant une image Bling Bling pathétique.

Si les nouvelles compos de « Rising Down » se suivent et se ressemblent, on ne peut contester le savoir-faire de ces vétérans. Quinze titres assez brefs qui alternent revendications sociales et invitation à la fête. De quoi parfois perdre le fil de leurs (nos) idées… Heureusement, la présence d’invités aussi prestigieux que Malik B., Common, Mos Def ou encore Talib Kweli rehaussent nettement le niveau et démontre que The Roots est toujours considéré comme une influence majeure. Et pour cause, ?uestlove est devenu un batteur mythique alors que Black Tought, chanteur charismatique, est toujours capable, de son aisance habituelle, à nous surprendre par ses flows toujours aussi efficaces. Malgré la légère déception procurée par cet elpee, on ne peut que s’incliner devant leur persévérance. C’est vrai qu’après dix albums, on ne peut pas dire que leur aventure ait été éphémère…

 

The Roots

Game Theory

?uestlove et sa troupe de valeureux b-boys n’ont certes plus à rien prouver question hip hop de qualité, mais il n’empêche que ce « Game Theory » sonne comme un album mineur dans leur discographie protéiforme. Sans doute est-ce dû à leurs dernières sautes d’humeur, qui les a vus signer chez leur pote Jay-Z (Def Jam) et pleurer sur la tombe de Jay Dee (lire l’hommage de ?uestove dans le livret de « The Shining », le disque posthume de J. « The Immortal » Dilla)… « Game Theory » se la joue donc profil bas, alors qu’il y a deux ans encore « The Tipping Point » battait en brèche le rap de papa à gros coups de beats futuristes et de refrains vengeurs. Pas que ce disque soit mauvais : il est quand même signé The Roots, soit le plus beau triplé d’as en termes de hip hop instrumental, joué avec cinq paires de mains et une grande gueule aux ‘pensées noires’… Mais à force de cachetonner comme backing band pour Justin Timberlake et Kanye West, les Roots ne misent plus que sur leur savoir-faire live et en oublie l’essentiel : qu’un album se doit lui aussi de séduire, au moins un minimum. Mis à part le single (« Don’t Feel Right », du Roots pur jus, en pilotage automatique) et deux-trois titres au groove intact (« In The Music », « Baby » et « Here I Come »), « Game Theory » se révèle aussi ennuyeux qu’une partie de poker sans strip-tease. Le dernier titre, construit sur un sample des Jackson 5 et produit par feu James ‘Dilla’ Yancey, s’intitule « Can’t Stop This » : on est pourtant bien content que ça s’arrête, un peu déçu par tant de suffisance. Echec et mat !

The Roots

Do You Want More ?!!!?

La musique de cet ensemble philadelphien doit autant au hip hop qu'au jazz. Ce qui explique sans doute sa présence au dernier festival de Montreux. Tempo syncopé, vocaux rapés, claviers fluides et cuivres cotonneux investissent les seize fragments de ce morceau de plastique. Do you want more?!!!??! No, thanks!