Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Lightnin' Willie

No black no white just blues

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De son véritable nom William K. Hermes, Lightnin' Willie est chanteur/guitariste. Originaire du Texas, il s’est cependant établi du côté de Los Angeles. Il a forgé son expérience sur les planches, d’abord en se produisant au sein des petits clubs locaux, puis sur les scènes internationales, à l’instar du Royal Albert Hall de Londres. Flanqué de ses Poorboys, il a publié plusieurs albums, au cours des années 90 et 2000.

"No black no white just blues" est paru chez Little Dog, le label du guitariste et producteur Pete Anderson, un personnage qui, dans le passé, a notamment bossé pour Dwight Yokham, Lucinda Williams et Michelle Shocked. Outre son concours comme instrumentiste, Anderson se charge d’ailleurs de la mise en forme. Lors des sessions, qui se sont déroulées au studio The Nest à Glendale, Willie a reçu le concours de nombreux amis musiciens.

Le son proposé par cet artiste est plutôt original. Imprimé sur un tempo nerveux, "Can't get that stuff" ouvre la plaque. Les ivoires de Dona Oxford sont bien mises en exergue, mais c’est la voix relativement corrodée mais cool de Willie qui émerge. "Eyes in the back of my head" élève le rythme. La voix colle de nouveau parfaitement au morceau. Pete Anderson souffle dans son harmo, alors que le solo de gratte permet au gratteur d’afficher tout son doigté. Blues lent classique, "Locked in a prison" est enrichi par les interventions au saxophone de Ron Dziubla, balisé par le piano de Dona Oxford et tapissé chaleureusement par l’orgue Hammond. "Sad 'n blue" nous entraîne en Louisiane. L'accordéon de Skip Edwards fleure bon le zydeco de cet état du Sud. Le vocal correspond remarquablement bien à ce type de blues feutré et nonchalant, proposé par l'artiste. Et il le démontre une nouvelle fois tout au long de "Note on my door", une plage caractérisée par une sortie parcimonieuse et réaliste sur les cordes. Des cordes qui se révèlent à nouveau intéressantes sur "Heartache", un swamp blues hanté par Slim Harpo. Blues/rumba aux accents exotiques, "Phone stopped ringing" nous transporte dans le Chicago Westside cher à Otis Rush. Jerry Olson procure l’assise rythmique à la compo, alors que la gratte parvient à allier sobriété et éclat. Ballade blues, "Thinking of you" fait penser à… B.B King. De bonne facture, cet elpee s’achève par "Shake that snake", un boogie mené à la texane...

 

Willie & The Bandits

Steal

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Fondé en 2010, Willie & the Bandits est issu de Devon, en Angleterre. Ce trio de blues/rock implique le chanteur/guitariste Willie Edwards, le bassiste Matt Brooks et le drummer Andrew Naumann. "Steal" constitue son quatrième opus.

Une slide bien huilée introduit "Miles away", un rockin' blues bien remuant tapissé par l’orgue Hammond de Don Airey (NDR : c’est lui qui a succédé à Jon Lord, au sein de Deep Purple en 2002 ; mais il a aussi milité chez le Colosseum II, Rainbow et dans le backing group de Gary Moore). Une compo bien construite, conclue par une intervention d'envergure sur les cordes. Des effets sonores mettent "Hot rocks" sur orbite. Une plage parfaitement adaptée à la formule trio. Les riffs sont puissants. Matt brille à la basse ; qu’elle soit à 5 ou 6 cordes. Et elle s’intègre parfaitement dans cette solide section rythmique. L'orgue d'Airey ouvre le lent "Scared in the sun". L’intro est majestueuse, presque prog. Le titre monte graduellement en crescendo jusqu’à la déflagration de cordes déclenchée par Edwards ; des cordes qui s’élèvent dans la stratosphère, dans un style proche de David Gilmour. Superbe ! "Atoned" libère un maximum d’énergie. La batterie crache des flammes alors que la voix adopte les intonations de Robert Plant. Etonnant ! De la même veine, "1970" s’illustre par un envol de cordes époustouflant. Une véritable claque ! Ballade, "Crossfire" s’ébroue aux sonorités de cordes acoustiques et se développe au fil de ses arrangements, alors que la voix semble de nouveau hantée par Plant. Tout comme pendant "Living free", une piste de roots blues rock colorée par le dobro et qui s’achève par une superbe intervention à la slide. Plus prog, "Our world" met bien en exergue les percus. L'orgue Hammond de Don Airey opère son retour sur la finale "Bad news", une plage qui alterne passages doux et violents, avant de s’achever dans un certain délire…  

 

Willie McBlind

Live Long day

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Willie McBlind n'est pas le nom d'un artiste mais bien le patronyme d’un blues band, un quartet qui réunit la chanteuse Meredith ‘Babe’ Borden, le guitariste Jon Catler, le bassiste Mat Fieldes et le drummer Lorne Watson. Ces musiciens souhaitent faire revivre les légendes du Delta blues primaire ; celui de Charley Patton, Blind Willie Johnson ou encore Fred McDowell, tout en adoptant leurs propres arrangements. Et le résultat est plutôt original. Ces New-Yorkais puisent des tonalités intermédiaires dans la gamme musicale classique pour dispenser ce qu'ils appellent du ‘blues harmonique’. Le spécialiste de ces expérimentations ? Le gratteur Catler. Il n’hésite ainsi pas à se servir des techniques à 64 tonalités ou plus modestement à 12 tonalités. En outre, la voix de Babe relève facilement le défi, puisqu'elle s'étend sur trois octaves!

La formation comptait déjà deux opus à son actif, "Find my way back home" publié en 2007 et "Bad thing", en 2009. Pour enregistrer ce troisième essai, elle a choisi un thème : le train. Un elpee qui recèle neuf compositions personnelles et une seule reprise.

Le chef de gare annonce l’arrivée du convoi. "Sittin' in the train station" est imprimé sur un rythme vif. La voix de Babe est secondée par celle de Catler. La guitare nous interpelle. Le son est singulier, légèrement déjanté mais entièrement sous contrôle. "Living long day" embraie sur un mid tempo. Les deux voix dominent à  nouveau le sujet ; mais dès qu’elles libèrent un espace, les cordes se mettent à cracher le feu! "Anywhere" est une excellente composition. La combinaison des vocaux me rappellent les prémices du Jefferson Airplane ; en outre les cordes affichent une créativité acide digne de Jorma Kaukonen. Blues presque classiques, "Slow moving train" et "One thing" se distinguent par la performance vocale de Babe qui couvre les fameux trois octaves. "Mighty long time" nous entraîne dans un voyage psychédélique, un blues qui circule à une cadence hypnotique. "Down the road" est un country blues classique. Une seule cover, la lecture toute personnelle du "Love in vain" de Robert Johnson. Boogie (NDR : of course !), "Boogie train" conjugue impeccablement cordes électriques et acoustiques ; et lorsqu’elles se mettent à délirer, on est totalement conquis. "The train that never came" clôt le long playing est une compo de 13’ qui s’ouvre sous une forme surannée, avant de glisser vers un très long interlude consacré à la musique contemporaine. De quoi étonner, mais aussi peut-être décourager le mélomane lambda.

Cet album dépasse largement le cadre du blues. Primitif, il est ouvert à des tas de styles différents, comme le rock, le jazz (Coltrane ?), le psychédélisme et la musique indienne. Une œuvre complexe, étonnante, à écouter et à réécouter, mais bien sûr aussi, un groupe à suivre…

 

Pinetop Perkins & Willie ‘Big Eyes’ Smith

Joined at the Hip

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Les bluesmen de la première génération sont presque tous disparus. Et pourtant il en reste un qui passe avec un réel bonheur, à travers les âges et générations : Joseph William Perkins. Il est né le 7 juillet 1913 à Belzoni, dans le Mississippi. Il a donc 97 balais et reste fidèle au poste, derrière les 88 touches en ivoire de son instrument. Ce grand spécialiste du blues et du boogie woogie s'était fait largement connaître en succédant, dès 1969, à Otis Spann, au poste de pianiste du Muddy Waters Band. Il est largement sexagénaire lorsqu'il publie son premier album solo. En fréquentant Muddy Waters, il rencontre le drummer Willie ‘Big Eyes’ Smith, en compagnie duquel il fondera plus tard le Legendary Blues Band. Depuis 2004, il vit à Austin, au Texas. Perkins avait déjà sorti sur Telarc, "Pinetop Perkins and friends" en 2008. Un œuvre pour laquelle il avait reçu la collaboration de BB King, Eric Clapton et Jimmie Vaughan.

Le Perkins nouveau implique son ami Big Eyes Smith, au chant et à l’harmonica, son fiston Kenny Smith aux drums, Bob Stroger à la basse, John Primer (un autre ancien membre du Muddy Waters Band) ainsi que le jeune et prometteur Little Frank Krakowski, aux guitares.

La mise en route est parfaite. Un solide Chicago shuffle intitulé "Grown up to be a boy". Une plage introduite par l'harmonica de Smith. Maître Perkins est bien fidèle au piano. Il est le premier à se réserver un billet de sortie. La guitare de Little Frank ouvre le "Cut that out" de John Lee Sonny Boy Williamson 1. Le tempo est assez vif. Le vieux Pinetop répond au chant de Big Eyes, tandis que les accords de gratte adoptent un profil jazz plutôt remarquable. Le vieil artiste semble s'amuser comme un gamin derrière ses ivoires. Et dire qu’il fait partie de ces pionniers originaires du Mississippi, qui sont montés dans le Nord pour gagner leur croûte. Atterrissant à Chicago, après avoir transité par Memphis et St Louis. Les musicos nous invitent à prendre un bain de Chicago Southside, en exécutant "Take your eyes off my woman". Proches ici de "Got my mojo working" et d’"I can't be satisfied", ils nous rappellent les meilleurs jours du Muddy Waters Band. Et la suite rencontre un même ravissement. A l’instar de "Walkin' down the highway", un blues lent au cours duquel Pinetop réincarne Otis Spann, Willie Smith enfile le costume de Little Walter alors que l'ami John Primer a ramené ses cordes. Smith est un excellent musicien. Et le démontre en soufflant comme Sonny Boy Williamson, lorsqu’il introduit "Gamblin' blues". Encore une plage de toute bonne facture. Nouveau blues lent, "Take my hand, Precious love" est dépouillé à l'extrême. Un remarquable dialogue s’instaure entre le piano et l'harmonica, pendant que le vieil homme se charge du chant, en personne. Toute l’équipe semble heureuse de partager ces instants privilégiés en studio. Un sentiment illustré sur "You'd better slow down", une compo au cours de laquelle, elle participe collectivement aux vocaux. Instrumental, "Minor blues" met en exergue le talent de Big Eyes Smith sur l'instrument chromatique. Le timbre de Smith est empreint de passion tout au long de l’indolent "Lord, lord, lord", une plage au cours de laquelle Little Frank joue tout en feeling (NDR : à mon humble avis, il serait judicieux de ne pas manquer la prochaine sortie du premier album de Little Frank & the Premiers). La voix de Pinetop est bouleversante lorsqu’il interprète "Grindin' man", un autre slow blues aux lyrics autobiographiques. D’excellente facture, cet opus s’achève par un véritable brûlot : la cover du "Eyesight to the blind" de Sonny Boy Williamson 2. Pinetop rêve de devenir le premier pionnier du blues à fêter son centenaire. C'est tout le mal qu’on lui souhaite. D’abord, parce qu’il se révèle toujours aussi sémillant ; en outre, à cause de sa générosité. Le vieil homme a ainsi fonder la Pinetop Perkins Foundation pour aider les jeunes artistes blues. Et pour que votre info soit compète, sachez, qu’en août prochain, se déroulera un piano masterclass, au club Ground Zero, à Clarcksdale (NDR : c’est dans le Mississippi !)

Willie Salomon

Just in time

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Willie Salomon est né en Allemagne. A Straubing, très exactement. De mère teutonne et de père yankee, il a cependant conservé ses racines américaines. Il compte aujourd’hui 53 balais. Dès son plus jeune âge, il est séduit par le blues authentique. Celui qui était célébré avant la grande guerre. Il a bien étudié le répertoire des créateurs de la guitare (NDR : du blues, bien évidemment) et en a intégré les éléments essentiels. Il apprécie tout particulièrement Mississippi John Hurt et Robert Johnson. Mais également un artiste contemporain comme Louisiana Red, qui vit par ailleurs depuis fort longtemps en Allemagne. Ce musicien est un pur et dur. Il n'utilise que des instruments d’époque. Ceux qui reproduisent un son recherché : des vieilles Gibsons et Resonators. Ce nouvel opus est consacré à la guitare acoustique des années 20 à 40. Blues, of course ! Il mêle ici des compositions personnelles à des classiques écrits par des grands bluesmen aujourd'hui disparus. Il est aussi et surtout l'ami de longue date du bluesman blanc, John Long. Issu de Denver, dans le Colorado, il est une des influences majeures pour Salomon. Son premier enregistrement date de 1981. Un elpee intitulé "Moon goin' down". Il est devenu plus productif, au cours des dernières années. Il a ainsi commis "The Basement sessions" en 2001 et "Country blues & More" en 2004, deux disques déjà parus chez Acoustic Music.

Dès l’ouverture, Willie manifeste un feeling impressionnant. Une cover du "Country boy" de Muddy Waters. Il chante en faisant glisser son bottleneck le long des cordes de sa vieille National 1930. Sa présence est remarquable. Il interprète d’un ton autoritaire le classique "Catfish", comme Muddy à ses débuts. Celui qu’il pratiquait dans le Mississippi! Salomon est aussi un spécialiste du style fingerpickin'. Il est même brillant. Il le démontre tout au long de son adaptation du "Mountain Jack blues", une compo qui figurait au répertoire de Reverend Gary Davis et de Blind Boy Fuller. Ou lors de "Cherry blossom rag", une plage qui exhale une chaleur sonore intense. Son style est très coloré. Il insuffle une touche très hawaïenne à "Rainy day blues". Il devient quasi manouche et gypsy sur "Savannah". Ces enregistrements ont été réalisés dans son appartement de Regensburg. Le son est d’une grande pureté. C’est vraiment impressionnant. Mais la production de Peter Finger y est sans doute pour quelque chose. Lorsque Willie chante "Back on the road" (NDR : un country blues !) on l’imagine devant nous. A deux mètres. Et encore ! Le son réverbéré de sa ‘résonator’ 1936 vibre au plus profond de nous lorsqu’il exécute le "Goin' to Brownsville" de Furry Lewis, une compo que l’auteur lui avait personnellement apprise. Willie embraie immédiatement par "Jitterbug swing". Salomon peut également nous réserver des moments exquis. A l’instar de "Dreams", une ballade romantique et visionnaire. Autre surprise lorsqu'il saisit son rack et souffle dans l'harmonica, tout en grattant ses cordes, lors d’une adaptation très personnelle de "St James infirmary", rebaptisée pour la circonstance "Gambler's blues". Il passe derrière le piano pour chanter "Pressure cooker 'bout to blow". Un hommage à son ami John Long réalisé avec le même bonheur. Cet album très riche dans sa diversité s’achève par "Memphis boogie". Tout au long de ce boogie woogie, Willie se montre convainquant sur les 88 touches en ivoire. Willie possède une extraordinaire collection de guitares. Vous pouvez les admirer sur son site. Un excellent album !

Willie Salomon

Country blues & more

Écrit par
Né en 1954 à Straubing, Willie Salomon est de nationalité allemande. Entre 1976 et 1977, il traverse les Etats-Unis et rencontre Furry Lewis, un personnage qui deviendra une de ses influences majeures ; mais également Johnny Long, un autre jeune bluesman qui semble aujourd'hui avoir disparu du circuit ! Willie se produit dans les coffee houses, restaurants et autres clubs. En 1981, il joue pendant plusieurs semaines dans les bars de Fisherman's Wharf à San Francisco. Puis concocte son premier elpee : "Moon goin' down". Il s’établit à nouveau dans le Sud de l'Allemagne et ne refait surface qu’en 1998, pour enregistrer sept plages destinées à la collection "Country blues from Munich". En 2001, il commet "The basement sessions" en compagnie du chanteur/guitariste anglais Barry Denyer. Sculptée dans le country blues pur et brut, ce cd est paru l’an dernier.
 
Il s’ouvre par "Louise", dont la version poignante de Big Walter Horton me hante toujours l’esprit. Willie joue et chante très honorablement. Il démontre toute la maîtrise de son instrument lors de l’adaptation du "The Viper song" de Will Smith et de ses Onyx Playboys, dont la version originale date des années 30. Plage instrumentale, "Great dreams from Heaven" procède d’une recherche réalisée par Ry Cooder sur un classique. Salomon se révèle brillant à la guitare, lorsqu’il pratique le picking. Une habileté qu’il manifeste à plusieurs reprises. Et en particulier tout au long de "Motherless children", un classique du gospel interprété à la manière du Rev Gary Davis. Il exécute "I'm going to sit down on the banks of the river" du même Davis et "In the jailhouse now" de Blind Blake. La richesse et la diversité de son répertoire se mesurent à l'écoute du mélodique "Built right on the ground", une compo signée par le méconnu Blind Teddy Darby. Proche de la virtuosité, sa technique est irréprochable. La cover du "Struttin" de Lonnie Johnson, dont il adapte également le gracile "Willie's lonesome blues", en est le meilleur exemple. Et même lorsque Willie boude le blues, il demeure tout aussi remarquable. A l’instar de sa reprise folk du "May you never" de John Martyn, et de la ballade instrumentale "What's the use!". Baignant au sein d’un véritable havre de paix, cet opus recèle de grands moments. Des moments empreints de sérénité, mais également très poignants. A l’instar du "Hard time killing floor" de Skip James ou encore du "Divin duck blues" de Sleepy John Estes. Et puis lorsqu’il saisit son bottleneck pour reprendre "I got to move" du merveilleux Homesick James.

Little Willie John

The King sessions

Écrit par
Le label Ace avait déjà édité une première collection consacrée à Little Willie John : "The early King sessions". "The King sessions : 1958-1960" constitue donc la deuxième. William Edward John est né en 1937. A Cullendale, dans l’Arkansas. Il passe sa jeunesse dans la Motor City de Detroit. Il y chante déjà le gospel. Dans les églises. Au sein de United Five. En compagnie de deux sœurs et de deux frères. En 1955, il signe chez King. Il est alors à peine âgé de 17 ans. Il acquiert une certaine notoriété et décroche deux succès "Need your love so bad" et "Fever". En 1958, il commet "Talk to me, talk to me", un single assez soul/pop, caractérisé par la performance de sa voix au timbre à la fois saisissant, puissant et limpide. Mais la flip side se révèle bien plus intéressante. Un blues rythmé signé Otis Blackwell/Henry Glover, "Spasms". Un fragment rehaussé par la brillante intervention d'une guitare, de Georges Barnes ou d'Everett Barksdale.
 
L’elpee passe en revue les différentes facettes de l'artiste. On y rencontre des ballades pop, langoureuses et sucrées comme "You're a sweetheart", "All my love belongs to you" ou "Let them talk" ; mais Little Willie peut également devenir rocker. A l’instar de "Let's rock while the rockin's good", une compo enrichie par le saxophone alerte de Lowell Hastings. Un morceau qui remonte quand même à 1958. "Don't be ashamed to call my name" souffre de chœurs féminins encombrants. Le chant se fait agressif pour "Why don't you haul off and love me". Le sax ténor d'Hal Singer illumine le décor. "Leave my kitten alone" bénéficie du concours d’un certain Mickey Baker aux cordes. Remuant, "Heartbreak" fait monter l’adrénaline. Au sommet de son art, John démontre toutes ses aptitudes naturelles pour chanter le blues. A l’instar de "Tell it like it is" ou de "I'll carry your love wherever I go", deux ballades blues qui mettent en exergue l’excellent jeu de guitare. "No more in life" embrasse une forme jazz/blues fin de soirée. La formation de Bill Doggett ( Bill à l'orgue, Billy Butler à la guitare et Clifford Scott au saxophone) y accomplit une performance remarquable. "My love is" emprunte une forme beaucoup plus jazz. Une plage introduite par une basse réminiscente du hit "Fever". Dans le même registre, "I'm shakin" affiche cependant davantage d’affinités avec le R&B. "Do you love me" manifeste un punch similaire à celui de Little Richard. Pas étonnant lorsqu’on sait qu’il y est accompagné par des membres des Upsetters, le band du petit Richard ; c'est-à-dire Grady Gaines au honky sax et James Booker au piano. "There's a difference" clôt cet opus. Une ballade qui aurait pu figurer au répertoire de Sam Cooke.

Willie King

Living in a new world

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Cet opus véhicule l'étiquette du blues authentique pratiqué dans le Nord Ouest de l'Alabama, mais transposé à notre XXIème siècle. King est né en 1973. A Prarie Point, dans le Mississippi. Il a passé toute son existence dans le sud profond, au sein des milieux ruraux du Sud. Une région qui n'a guère changée depuis près d'un siècle et demi ; c'est à dire à l'époque des esclaves qui travaillaient dans les champs. On comprend mieux ainsi pourquoi King milite en faveur droits civiques depuis plus de trente ans. En l'an 2000, King avait commis l'excellent "Freedom Creek", sur le même label. Ce nouvel elpee a été enregistré à Memphis, dans le Tennessee. Willie est entouré de ses Liberators ; mais a également reçu le concours d'un second vocaliste qui répond au nom de Willie Lee Halbert, du guitariste Aaron Hodge, du drummer Willie Williams et du bassiste Robert Corbett.

Le titre maître ouvre la plaque. Répétitif, le rythme est souligné par le saxophone de Kevin Hayes, pendant que les deux Willie se réservent des échanges complices au chant. "Crawlin' blues" s'inspire nettement du blues de John Lee Hooker. A cause du timbre vocal grave de Willie. Très proche du maître. Et les échanges opérés avec son partenaire au chant, Halbert, sont très réussis. Un downhome blues comme on les apprécie ! "The stomper" baigne toujours dans l'univers musical de Hooker, mais pour la circonstance il est sculpté dans le boogie hypnotique, obsessionnel, même si l'instrumentation reste de haut vol. Et au cœur de cet univers restrictif, la guitare inventive et le sax de Hayes (NDR : un chauffeur de poids lourds venu de Louisville) tirent leur épingle du jeu. "America" est une ballade qui réalise la communion entre le saxophone et la guitare. Ce qui n'est pas nécessairement évident et s'avère même plutôt rarissime dans le domaine du blues typiquement classique. Une compo dont le sujet ne peut évidemment pas vous échapper... King est aussi largement inspiré par Howlin' Wolf. Il le manifeste sans aucune ambiguïté, lorsqu'il administre un riff mid tempo à "You so evil". Toute la machine des Liberators est parfaitement huilée pour cet exercice de style : la section rythmique, le piano de Henry Smith, le sax et les guitares. Pour la circonstance, Willie accentue ses basses vocales, histoire de bien nous orienter vers l'univers de Wolf! "All tied up" est une ballade rythmée, illuminée par le saxophone alto de Hayes. King clame son combat pour la justice, la vérité, l'amour et le respect des autres, ainsi que pour l'arrêt de toute forme de violence. "You got to have love" campe un blues rythmé de nouveau classique, pas tellement éloigné du Chicago blues urbain. "Is it my imagination" évolue sur un mode similaire, mais inspiré davantage par Willie Dixon. Longue litanie de plus de 8', "Terrorized" épouse le profil dépouillé de John Lee Hooker. Un fragment dramatique dans le ton, inspiré par les événements du 11 septembre 2001. Mais le terrorisme n'était-il pas déjà présent dans les plantations ; là où naître afro-américain vous exclut des humains ? Cet excellent album s'achève par "The blues life", un monologue que Willie King nous confesse, en parlant de la vie du bluesman…

 

Willie Kent

Comin´ alive!

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Willie Kent est le bassiste le plus célèbre du blues contemporain pratiqué à Chicago. Pas pour rien que de 96 à 98, ainsi qu'en 2000 et 2001, il a cumulé les WC Handy Awards. Il a déjà commis quatre albums solo pour Delmark ainsi que "Who's been talking", en compagnie de Lil' Ed Williams. Willie est aujourd'hui âgé de 66 ans. Il est en effet né à Inverness, dans le Mississippi, en février 1936. Il a joué avec tous les grands de Chicago : de Muddy à Howlin' Wolf, en passant par Little Walter, Magic Sam, Junior Parker, Bobby "Blue" Bland et j'en passe. Ce nouvel opus est donc paru sur le label du célèbre club Blue Chicago. Nonobstant son titre ("Comin' alive"), il n'a pas été enregistré en public, mais dans les studios de Twist Turner.

L'album débute par "Lonely streets". Inspiré par Albert King, le jeune Haguy F. King s'acquitte admirablement de son rôle de 1er guitariste. Autobiographique, "Born in the Delta" est un splendide blues lent. "Check it out" est un blues rythmé qui rocke dans la plus pure tradition du terme. Une excellente plage marquée par le piano de Batts et une nouvelle intervention brillante de Haguy. "Look like it's gonna rain" font le plein de cuivres funkysants. La voix de Willie est délicieuse, très soul. Cette composition aurait pu figurer dans le répertoire d'un Fenton Robinson. Caractérisé par une brillante intervention du nouveau King, "Lonesome whistle blow" est un autre blues lent. Très nerveux et si proche d'Albert King, "Someone like you" est une bonne composition maison. Même scénario pour "Bad luck". Sans doute la meilleure plage de l'album qui bénéficie d'une assise rythmique impressionnante. Blues rythmé, "Sittin' here thinkin" permet aux ivoires de Batts de se mettre en vedette. La cohésion des Gents y est, en outre, remarquable. Dans un registre semblable, Don't tell me your trouble", permet à Haguy King de tirer le maximum de ses cordes. Quel bonheur ! Allen Batts se déchaîne sur le boogie au tempo enlevé "Something new". Indispensable finale gospel, "Someone you should know" bénéficie des chœurs de l'ensemble Gospel Supremez. Un album classique, mais surtout une agréable tranche de Chicago blues.

 

Willie Dixon & Jimmy Reed

Big boss men

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Dans la série "Blues legends of the sixties - Live", cet opus fait suite à celui consacré à T-Bone Walker. "Big boss man" est un des plus gros succès de Jimmy Reed, alors que Willie Dixon fut sans conteste un ‘Big Boss’ du blues, et le plus grand compositeur du Chicago blues de la bonne époque. Les deux hommes se partagent cet album avec comme lien commun le fait d'avoir été enregistrés live à Houston au tout début des 70s.

Dixon est né à Vicksburg, dans le Mississippi, en 1915. Il est décédé en Californie. Très exactement à Burbank, en 1992. Plus de 76 années de bonheur pour le blues. Il avait fondé fin des 60s, les Chicago All Stars en compagnie de Johnny Shines, Sunnyland Slim, Walter Horton et Clifton James. A Houston, il était toujours accompagné des derniers cités. Clifton James avait succédé à Shines à la guitare. Bien que la notice de la pochette ne le mentionne pas, mais le pianiste Lafayette Leake et l'albinos texan Johnny Winter étaient bien présents, lors de l'enregistrement Le disque démarre par le très doux "Sitting and crying the blues" et embraie sur deux canons ; "Spoonful", introduit par l'immanquable harmonica de Big Walter, et "I just want to make love to you. Johnny Winter entre en piste pour "Tore down". Il chante aussi son "Roach stew". Malheureusement le son devient progressivement chaotique. James Reed est né en 1925 à Leland, dans le Mississippi. Il fut le bluesman le plus célèbre de la fin des 50s. Il a aligné quelques hits commerciaux tels que "Don't have to go", "Bright lights, big city", "Honest I do" et "Big boss man". Il pouvait compter sur le concours d'Eddie Taylor. Jimmy jouait de la guitare et de l'harmonica. Malheureusement, en plus d'être analphabète, épileptique et alcoolique, il avait un caractère imprévisible. En 1972, il est en fin de carrière. Il parvient quand même à convaincre le guitariste texan Johnny Winter, d'enregistrer avec lui. Il n'était plus au sommet de son art, même si les traitements ralentis opérés par Winter, sur "You don't have to go" et "Bright light Big city" ne manquent pas de charme. Reed devait disparaître d'un arrêt respiratoire en août 1976. Il y a déjà 35 ans !

 

Willie Lomax

Ribs are ready

Écrit par

Le bluesman du soleil, au cœur de la Floride. Pour enregistrer son second album, Lomax a eu le nez creux. En recevant le concours de grosses pointures. Et notamment d’excellents vocalistes. En l’occurrence, Frank Frost et Shawn Brown. Il doit être friqué le Lomax car pour son 1er il avait déjà du beau monde. Bon, c'est peut-être aussi son talent et sa personnalité qui veulent cela. Mais si Willie est un guitariste talentueux, il n’est que piètre chanteur. Ce qui explique ses appels à l'aide.

Et c'est vrai qu'il a eu le nez creux, car "Back rub" nous transporte rapidement dans le monde des juke joints du Sud… Sam Carr à la batterie, Frank Frost au chant et à l’harmonica, ça vous dit quelque chose? Frost chante aussi un "Eddie Mae's cafe" bien carré, shuffle torride un peu pompé sur "Sweet home Chicago". Mais comme chanteur principal, il a trouvé l'oiseau rare en la personne de Shawn Brown. Il partage le chant et l'orgue comme s'il était dans le chœur de l'église baptiste du quartier. Nul doute qu'il ait forgé sa voix dans les chants de gospel, sa voix, talonnée par les envolées de la Strato à Willie. "Don't know what I did" et "For better or worse" sont de ces blues! Shawn chante comme un ange blessé le modérément rythmé "Take away your loneliness". Parfois comparé à Steve Earl, Lomax est un guitariste qui sait placer les notes qu'il faut, pas une de trop, au bon moment. Excellent musicien, il aborde tout naturellement l'exercice instrumental, humble et sacré sur le "People get ready" de Curtis Mayfield. Avec Sam Carr et Frank Frost au bord de la rupture sur "Ribs are ready" et "Hip joint". Il y a aussi le paternel à Lucky Peterson, James, qui se joint aux festivités. Il chante "She's so sweet" et "Don't fight the feeling". Un bon album de ce musicien soucieux de ses invités.

 

Willie Nelson

Teatro

Agé aujourd’hui de 65 ans, Good O’le Willie a toujours le feu sacré. Non seulement, il a vendu plus de 30 millions d’elpees, mais surtout, il a participé à l’enregistrement de plus de 200 albums. Une performance qui lui a valu, en retour, d’être interprété par plus de 100 artistes différents. Sa voix légèrement nasale ne semble même pas avoir été altérée par le poids des ans. Et puis, lorsqu’on sait que Daniel Lanois –dont la carte de visite mentionne U2, Luscious Jackson, les Neville Brothers, Brian Eno et Bob Dylan– s’est assuré la production, tout en participant aux sessions d’enregistrement, on est en droit de s’attendre à une bonne surprise. Pour ceux qui ont la mémoire courte, nous vous rappelons que Lanois était parvenu à remettre le Zim sur les rails, lors de la sortie de « Oh Mercy ».

« Teatro » épingle, en outre, plusieurs grands classiques de Willie : « I never cared for you », « My own peculiar way », « Home motel », « The startingly on the faith of the earth », et trois fragments qui datent du début des eighties, à l’époque où il séjournait à Nashville. Mais des chansons interprétées sous un angle plus atmosphérique, il faut le souligner. D’autant plus qu’Emmylou Harris est venue se joindre à l’équipe pour assurer les backing vocaux. Un disque qui émarge bien sûr à la country, mais pas la country traditionnelle, à cause de ses incursions dans le jazz, le blues, le r&b et le Tex Mex.