Né en 1954 à Straubing, Willie Salomon est de nationalité allemande. Entre 1976 et 1977, il traverse les Etats-Unis et rencontre Furry Lewis, un personnage qui deviendra une de ses influences majeures ; mais également Johnny Long, un autre jeune bluesman qui semble aujourd'hui avoir disparu du circuit ! Willie se produit dans les coffee houses, restaurants et autres clubs. En 1981, il joue pendant plusieurs semaines dans les bars de Fisherman's Wharf à San Francisco. Puis concocte son premier elpee : "Moon goin' down". Il s’établit à nouveau dans le Sud de l'Allemagne et ne refait surface qu’en 1998, pour enregistrer sept plages destinées à la collection "Country blues from Munich". En 2001, il commet "The basement sessions" en compagnie du chanteur/guitariste anglais Barry Denyer. Sculptée dans le country blues pur et brut, ce cd est paru l’an dernier.
Il s’ouvre par "Louise", dont la version poignante de Big Walter Horton me hante toujours l’esprit. Willie joue et chante très honorablement. Il démontre toute la maîtrise de son instrument lors de l’adaptation du "The Viper song" de Will Smith et de ses Onyx Playboys, dont la version originale date des années 30. Plage instrumentale, "Great dreams from Heaven" procède d’une recherche réalisée par Ry Cooder sur un classique. Salomon se révèle brillant à la guitare, lorsqu’il pratique le picking. Une habileté qu’il manifeste à plusieurs reprises. Et en particulier tout au long de "Motherless children", un classique du gospel interprété à la manière du Rev Gary Davis. Il exécute "I'm going to sit down on the banks of the river" du même Davis et "In the jailhouse now" de Blind Blake. La richesse et la diversité de son répertoire se mesurent à l'écoute du mélodique "Built right on the ground", une compo signée par le méconnu Blind Teddy Darby. Proche de la virtuosité, sa technique est irréprochable. La cover du "Struttin" de Lonnie Johnson, dont il adapte également le gracile "Willie's lonesome blues", en est le meilleur exemple. Et même lorsque Willie boude le blues, il demeure tout aussi remarquable. A l’instar de sa reprise folk du "May you never" de John Martyn, et de la ballade instrumentale "What's the use!". Baignant au sein d’un véritable havre de paix, cet opus recèle de grands moments. Des moments empreints de sérénité, mais également très poignants. A l’instar du "Hard time killing floor" de Skip James ou encore du "Divin duck blues" de Sleepy John Estes. Et puis lorsqu’il saisit son bottleneck pour reprendre "I got to move" du merveilleux Homesick James.