L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (12 Items)

Zazie

Zazie rentable…

Écrit par

Un coup d'aile et Zazie repart à l'assaut des cimes musicales. 4 ans après avoir publié « Essentiel », certifié disque de platine, Zazie a sorti un nouvel album qui répond au doux nom d'« AILE-P ». Paru le 2 décembre dernier, c’est un moyen de prolonger ce voyage aérien, non sans tumultes, et de dézoomer encore un peu plus sur ce monde qu'elle dévisage avec autant d'audace que de mélancolie.

Petite particularité sur sa nomenclature, Zazie a décidé de jouer avec les différents formats de l'industrie phonographique (Single, EP, LP). AILE-P, long play de 8 titres, succède donc au short play (4 titres), qui répondait quant à lui au nom de l'Ep, sur lequel la première pierre avait été posée par le single « Let It Shine », dont le clip est disponible ici

 

 

Zazie

La déclaration d’espoir de Zazie…

Écrit par

Il y a quatre ans que l'on attend le retour de Zazie, depuis le succès d'« Essenciel », son 10ème album studio, porté par « Speed » et certifié disque de platine.

Le monde a bien changé depuis. Il a inspiré ce puissant hymne nocturne, ce manifeste hypnotique, cette pulsion de cœur : « Let it shine », le nouveau single de Zazie. Un morceau de vie intime et universel, pensé comme une véritable ode à la lumière qui renaît toujours, à l'étincelle de folie qui renaît toujours, à l'étincelle de folie qui existe en chacun et rend tout possible.

Comme toujours, évidemment, le texte est signé Zazie, dans son style inimitable. Aussi jubilatoire que subtil, ce titre aux sonorités électro est une authentique, vibrante et prophétique déclaration d'espoir : ‘Même désarmés, nos rêves peuvent lever des armées’.

Remède à la morosité ambiante, « Let it shine », donne le coup d'envoi du grand retour de Zazie.

A consommer sans modération ici

Zazie

Essenciel

Écrit par

Après plus de 25 années d’une carrière riche en succès et plus de trois millions d’albums vendus, Isabelle Marie-Anne de Truchis de Varennes, alias Zazie (en référence au personnage de roman Zazie, dans Le métro de Raymond Queneau) vient d’enregistrer son dixième LP, humoristiquement baptisé « Essenciel ».

Le titre traduit à lui tout seul l’ambiguïté d’un ouvrage presque littéraire fait d’une légèreté et d’une profondeur à la fois naturelle et paradoxale.

D’aucuns auraient misé sur une parfaite révolution dans l’approche artistique, en sachant qu’elle avait signé sur une nouvelle maison de disques (NDR : celle de Pascal Nègre). A contrario, la belle a opéré le choix de rester dans une zone de confort relative et glisse assurément vers ce qu’elle sait faire de mieux !

Bénéficiant de la collaboration d’Edith Fambuena, compositrice et réalisatrice, l’artiste nous sert des compositions opulentes, à la rondeur certes parfois excessive, mais qui mettent en exergue une plume exceptionnelle.

Comme souvent d’ailleurs ! Ce talent inné lui a d’ailleurs permis de la prêter à des artistes de variétés populaires comme Florent Pagny, Johnny Halliday et Patricia Kaas. 

Entre acoustique et synthétique, le format plutôt de bonne facture laisse entrevoir un rayon davantage coloré que certains de ses précédents essais, tout en abordant, en filigrane et quasi de manière obsessionnelle, le temps qui passe.

Posés sur un écrin musical le plus souvent doucement sucré, les textes s’imprègnent d’une expérience vécue et d’un regard introspectif pour s’enrichir d’un vent libérateur de créativité, sans emprunter une prose exagérément égoïste. À commencer par la plage d’ouverture, « Speed », qui accélère crescendo pour nous emmener tout droit vers une forme jouissive d’onirisme.

Comme souvent, ses chansons s’analysent plus qu’elles ne s’écoutent ; chacune d’entre elles regorgeant de syntaxes suffisamment incisives pour que l’on prête une oreille attentive, comme ce « Waterloo », abordant en filigrane l’attentat terroriste du 13 novembre 2015.

Les jolies ballades ne sont pas en reste non plus à l’instar de « Nos âmes sont », sublimant la douceur et la mélancolie d’une voix un tantinet éraillée.

Bref, un opus somme toute sans grandes surprises, mais que l’on prend plaisir à (re)découvrir !

 

Zazie

Encore heureux

Écrit par

Zazie penche dangereusement…

La carrière musicale de Zazie est à l’image de la pochette de son dernier et neuvième opus ; elle penche dangereusement au point de donner l’impression d’une chute prochaine !

Tout au long de sa riche carrière, la belle n’a toujours pas proposé de titres formatés pour la critique et elle l’assume complètement ! Après tout, doit-elle encore aujourd’hui prouver quoi que ce soit ?

Après nous avoir gratifié d’une ribambelle de tubes comme "Larsen", "Zen", "Un point c'est toi", "Rue de la paix", "Rodéo", "J'étais là" ou "Je suis un homme", quoi de plus naturel de penser que la liberté artistique emprunte des chemins sinueux conduisant vers des choix surprenants et risqués !

Composé entre Santorin et Paris, en passant par la Provence, l'Islande et la Bretagne, en compagnie de Philippe Paradis, son collaborateur depuis 2004, ainsi que la musicienne et productrice Edith Fambuena (Alain Bashung, La Grande Sophie), « Encore Heureux » fait sans nul doute partie de cette trempe là : intéressant, paradoxal et peu convenu !

Intéressant parce qu’indéniablement, la chanteuse y affiche un sens irréprochable de l’écriture ! Sa plume est incisive et dénonce régulièrement les travers contemporains d’une société en perte de vitesse. Des mots pour combattre des maux en quelque sorte ! Elle est à l’aise tant dans la rigidité et l’austérité des termes que dans leur rythmique. Au détriment du sens parfois !

On la sent, ici, parfois un peu affable dans l’exposé des thématiques. Lorsque, jadis, elle abordait le féminisme ou encore l’écologie, elle pouvait devenir méchante, arrogante, voire mordante. Aujourd’hui, elle peine à montrer les dents !

Ses vingt années de carrière s’essouffleraient-elles au point de s’exposer bêtement dans une émission de télé crochet sur une grande chaîne télévisée pour adolescents boutonneux avides de sensations mollassonnes ?

Paradoxal, car Zazie a connu de nombreux succès commerciaux ‘addictifs’. Elle aurait pu assurer sur la continuité et proposer un projet populaire et convenu ! En lieu et place, elle a opté pour une politique d’autosatisfaction quitte à proposer des titres moins conventionnels pour une diffusion radiophonique !

Peu convenu, enfin, parce que l’absence de fil conducteur et la pluralité des sujets abordés désarçonnent un peu ! Elle y parle en substance de tolérance, de la condition féminine, de la folie des hommes. Sans oublier de l’amour et ses dérives bien évidemment. Comme d’habitude !

Même l'hommage à la tragédie Charlie Hebdo, "I Love You All", peine à convaincre ! Elle y dénonce par procuration et sans réelle conviction un intégrisme gangréneux ! Chacun jugera !

Est-ce le retour raté de l’année ? Pas vraiment ! Le disque est relativement de bonne facture et recèle de bonnes plages comme le morceau maître, « Pise », ou encore l’ersatz religieux dans sa sonorité « Adieu tristesse ».

Les arrangements sont délicatement et brillamment orchestrés. La voix éraillée de Zazie fait toujours mouche (mais pour combien de temps encore ?) et glisse ou crisse en fonction des chansons.

Au final, on se laisse bercer par la musicalité des compos…

A quand la suite ?

 

Zaz

Paris

Écrit par

Zaz a désormais publié un album de reprises. Il s’agit de son troisième opus et il est dédié à la capitale française : Paris.

Certains diront qu'il s'agit là d'un coup marketing, les autres parleront d'hommage

Les deux à la fois, pourquoi pas ?

Les treize chansons de cet LP sont, finalement, toutes de vieux tubes toujours modernes.

La tendance générale de ce long playing est plutôt jazzy, mais pas que... fort heureusement.

Même si j'ai décroché quelquefois, je suis arrivé jusqu'au bout sans grincer des dents, outre mesure.

Quelques bons souvenirs d'enfance ont refait surface. « La parisienne » (Marie-Paule Belle, 1976) ou encore « Les Champs-Elysees » (Joe Dassin, 1969).

J'ai apprécié « Paris Canaille » (Leo Ferré, 1953), judicieusement bluesy et ‘swingy’ et « La Romance de Paris » (Charles Trenet, 1941) en duo avec Thomas Dutronc.

« J'ai deux amours », écrite pour Josephine Baker par Géo Koger et Henri Varna, date de 1930. Mais je n’ai reconnu cette chansons qu’à l’évocation du titre, tant les arrangements sont trompeurs.

« A Paris » (Francis Lemarque, 1949) est très bien interprétée mais trop chargée en gospel, à mon goût.

« Paris au mois de mai » (Charles Aznavour, 1963) commence tout en douceur. La fin, plutôt énervée, m'a un peu plus dérangé. Dommage !

Les cinq autres chansons de l'album se sont laissées entendre. Sans doute quelques tours de pistes supplémentaires m'auraient aidé à les adopter plus franchement, mais l'inverse aurait pu se produire, aussi.

Sympa cette balade à Paris, finalement.

 

Zaz

San tsu tsou (cd + dvd)

Écrit par

« Sans tsu tsou » est l’incarnation parfaite d’un joyeux bordel populaire dans lequel sont conviées toutes les classes sociales à condition de disposer d’un sonotone réglable ou de boules-Quiès à portée de main.

Zaz, toujours aussi pétillante et attachante, dont le brin de voix lui donne un côté à la fois rebelle et sensible, semble prendre un grand plaisir à se déchaîner sur scène pour son public.

Un bout de femme qui en veut, mais qui en fait parfois un peu trop…

Son timbre de voix, Zaz le maîtrise parfaitement, c’est sûr, mais il y a une différence entre mettre de l’ambiance et chauffer la salle. Surnommée par une certaine presse comme ‘la nouvelle Edith Piaf”, l’interprète de “Eblouie par la nuit” a cependant encore beaucoup de pain sur la planche.

Polyvalente, elle a également suffisamment de talent pour souffler dans l’un ou l’autre instrument. A l’instar de “Je veux”, au cours duquel elle se réserve la trompette. 

Lorsque la jeune française au look ‘négligé-chic’ fredonne ses mélodies, elle nous ouvre les portes d’un monde de bohème aux couleurs chaudes et festives. Certains de ses titres sont même susceptibles de nous transporter jusqu’en Orient.

Si Zaz se distingue des autres artistes, grâce à une voix qui semble avoir été touchée par la vie, sa manière d’inviter son public à participer à l’ambiance est contestable. Ainsi, lorsqu’elle sollicite la foule pour chanter avec elle, mais qu’elle n’obtient pas ce qu’elle souhaite, l’artiste se mue en ogre prêt à tout casser.

« San tsu tsou » a été immortalisé 'live'. Il recèle de très belles chansons. Mais certaines sont ainsi gâchées par ses vociférations. A l’instar du dynamique  “Je saute partout”, dont le texte pourtant frais est très vite gribouillé par ses interventions intempestives.

Le style populaire de Zaz apporte une dimension nouvelle au répertoire généralement chanté par les chanteurs francophones. Les lyrics sont recherchés et semblent illustrer un certain vécu. Mais Zaz, s’il te plaît, cesse de nous casser les oreilles entre chaque chanson !

 

Zazie

Three Times A Lady

Écrit par

Plutôt trois fois qu’une, Isabelle Marie Anne de Truchis de Varennes (oui, rien que ça…) alias Zazie effectuait en cette fin de mois de mai une inspection générale des salles bruxelloises de taille moyenne. Il faut dire que la demoiselle comptait pas moins de 49 titres à promouvoir, tous issus de son ‘petit’ dernier, intitulé « 7 », et découpé en autant d’Eps thématiques. Après un premier passage opéré au sein d’une AB bondée, ce sont les planches des Halles de Schaerbeek qui accueillaient la brune et ses musiciens pour un show, à l’image de la personnalité de la chanteuse, simple, amusant et chaleureux. Humain, tout simplement.

Pas de pitié pour les retardataires, Zazie démarre quasi pile à l’heure indiquée sur le ticket. La salle est encore occupée de se peupler, qu’elle achève déjà « Des Rails », le deuxième morceau de la soirée. L’ambiance, entretenue par la bonne humeur de la chanteuse, est électrique. Entre deux morceaux, cette dernière adresse systématiquement la parole à ses fans, toujours avec humour. Pratiquant l’autodérision comme un art, la Française nous offre un One-Woman Show partagé entre morceaux de son dernier ouvrage, « 7 », ainsi que certains de ses classiques comme « Rodéo », « Rue de la Paix », « Sur toi » et « Aux armes citoyennes ».

Avant d’entamer un duo avec son guitariste, Philippe Paradis, Zazie déclenche l’hystérie auprès de ses fans les plus fervents en interprétant une version acoustique de « Zen », repris évidemment en chœur par l’assemblée. Assis sur l’estrade, cette dernière et ses musiciens tournent le dos à un décor sans artifices. Une seule fantaisie: un écran découpé en 4 bandelettes surplombant la scène. Le moment-phare du spectacle est atteint lors de l’interprétation du tube « Je suis un homme », repris à gorge déployée par quelques surexcités dans l’assistance.

Après un petit rappel accordé en bonne et due forme, la plus captivante des chanteuses de variété française exécute « 3 petits tours » et puis s’en va, après s’être livrée à 100% durant près de deux heures. Lors d'un second et dernier rappel, elle s’attaque à son hymne anti-fachos, « Tout le monde » durant lequel elle laissera le soin au public de fredonner le refrain. Après que la chanteuse et son équipe ait tiré leur révérence, le spectacle se clôture de manière originale. Sur les écrans défile une sorte de générique de fin présentant toute l’équipe, technique et autre. Cette même équipe que la brunette aura respectueusement remercié plus d’une fois au long du show.

Le lendemain, c’est au Cirque Royal que Zazie bouclait sa tournée bruxelloise, avant d’écumer les festivals d’été. Et vu l’énergie dispensée, nul doute que la tournée ne s’arrêtera certainement pas en si bon chemin.

A (re)voir aux Francofolies de Spa le 23 juillet et au Tempo Festival de Tournai le 30 juillet.

Organisation : Live Nation

Hector Zazou

In the house of mirrors

Écrit par

Hector Zazou est donc décédé dans la nuit du 7 au 8 septembre. A l’âge de 60 ans. Mais avant de tirer sa révérence, il avait réalisé une dernière expérimentation dans l’univers de la musique world : « In the house of mirrors ». Il est ainsi parti avant la sortie de cet elpee.

Des expérimentations, Hector en a opéré une multitude. C’était d’ailleurs le fil conducteur de sa carrière. Souvent en mélangeant tradition et modernité. C’est-à-dire musiques du monde et électro. Et tout d’abord la musique africaine dont il a été le premier à réussir cette fusion en compagnie de Bonny Bikaye. C’était déjà, il y a un quart de siècle.

Son album posthume, il l’avait enregistré en Inde. A Mumbai, très exactement. Il y avait reçu le concours du quartet Swara. Des musiciens indiens et ouzbeks qui se partagent tambûr (un luth à long manche), l’oud, de violon, la flûte et la slide guitare indienne. Mais également de collaborateurs plus conventionnels. Tels que le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer, le pianiste de flamenco Diego Amador, le violoniste hongrois Zoltan Lantos, le percussionniste Bill Rieflin (NDR : actuellement batteur de R.E.M.) et le flûtiste espagnol Carlos Nuñez. Si le titre de cet opus fait référence à la galerie de glaces de La Dame de Shanghaï, la musique propose une approche élégante de la musique classique d'Asie. Zazou a ajouté à la solution sonore de subtils bidouillages pour lui donner une texture plus contemporaine, même si manifestement elle émarge totalement à l’ambient…

 

Zazie

Totem Rock

Écrit par

‘P*tain ça envoie grave’, m'a dit un copain croisé par hasard à la sortie du concert qu'ont donné Zazie et son groupe mercredi soir, au Nikaïa, à Nice. Puis il est reparti vers son studio d'enregistrement, où il travaille à la production du prochain album d'un groupe de hard rock local. Si je cite cette anecdote personnelle, c'est pour tordre le cou à l'image variété-proprette qui colle à Zazie depuis ses débuts, époque où elle gambadait dans un champ en fredonnant "Soyons zen". Après 15 ans de carrière, la musicienne a depuis longtemps débordé du cadre marketing dans lequel on a tendance à la placer. Et surtout, en rencontrant Jean-Pierre Pilot (claviers) et Philippe Paradis (guitare), avec qui elle a composé ses deux derniers albums, elle a participé à la formation d'un groupe. Ce qui passe sur scène depuis lors (impliquant Nicolas Fiszman à la basse, Matthieu Rabaté à la batterie, et Cédric Bevilacqua à la guitare) n'est donc pas une jolie chanteuse encadrée de requins de studio recrutés pour assurer le minimum syndical, mais un groupe pop/rock qui prend son pied à jouer ensemble, et surtout ne pose aucune barrière de style.

Mais avant d'entamer le plat de résistance, il serait dommage d'oublier la première partie, Vincent Baguian. L’ami et le complice de Zazie. Ils ont bossé ensemble (le très ironique "Je ne t'aime pas", entre autres). En outre, Baguian partage avec elle l'amour des textes travaillés, qui pourrait tenir même sans musique. S’il n'est clairement pas un ‘chanteur à voix’, il n'en est pas moins capable de faire surgir l'émotion entre l'humour et les considérations existentielles. Ses quelques chansons, tirées de son dernier album "Ce soir c'est moi qui fait la fille" (dont la chanson éponyme) remportent incontestablement l'adhésion du public.

Baguian parti, le concert commence donc par les premières mesures de "Tous des anges", en version nettement plus énergique, annonciatrice de la suite. Un immense rideau noir cache la scène, les lumières ne permettant de distinguer que la silhouette des musiciens. Curieusement ce soir, un énorme courant d'air en direction du public gonfle le rideau, tel une grande voile, et quelques membres de la sécurité sont obligé de le maintenir… Ce rideau tombe au 2eme couplet et les guitares se mettent à grogner, dont celle de Zazie (en open tuning). L'ambiance est tout de suite posée : loin de l'electro du Rodéo Tour, ça sera bien du rock.

"Fou de toi", pour achever de lancer la machine, puis "Des rails", premier single du dernier album, parce que même si le groupe n'aime rien tant que revisiter son répertoire de manière surprenante, il s'agit tout de même du ‘Totem Tour’.

Sur "On éteint", chanson à l'intensité pesante, les lumières d'Andy Watson (Radiohead, Oasis) font merveille. N'importe où ailleurs, une énorme boule disco posée sur la scène serait d'un kitsch achevé, ici elle souligne parfaitement l'ambiance du morceau.

Après "Oui", jolie ballade mélancolique, suivent "Je suis un homme", single cartonnant actuellement en radio, et "Jet Lag", deux rythmiques ‘au pilon’, précises et efficaces, qu'il aurait sans doute mieux valu continuer encore un peu sur cette lancée plutôt que de revenir à un mode plus calme lors de "L'ange blessé", un peu mièvre, "Larsen" et "Flower Power", joyeux délire néo-baba-cool, et "J'envoie Valser", ballade jouée à 4 mains sur le rhodes avec Nicolas Fiszman.

Deux ‘inédits’ ensuite, "Jacques a dit", originellement composé pour Christophe Willem (et mieux chantée que par lui, diront certains), et "Haut les mains". On repart enfin vers des contrées plus électrifiées tout au long de "Toc toc toc", un des morceaux phare de la tournée précédente, puis "Totem", dans la continuation de la thématique charnelle du précédent. La maîtrise de son timbre, passant du suave au rauque, la sexualité des morceaux ("Totem" surtout) assumée sans vulgarité aucune, le superbe travail des lumières, font de ces chansons de beaux moments de rock pur et dur. Là encore, on voudrait que ce climat perdure ; mais à nouveau le calme revient lors de l’interprétation de "Si j'étais moi", chanson introspective et pourtant pudique, mais dont le final en vocalises mélangées à la guitare de Philippe Paradis flanque des frissons. Autres points forts, "J'étais là", un texte lucide et violent, ainsi que "Rodéo", forcément attendu, qui malheureusement semble emporter la fosse seulement vers la fin. Rebaisse de régime sur "Au diable nos adieux", et remontée encore pour "Na", qui oscille en permanence entre la blague potache et le cri de désespoir.

Après une brève sortie de scène, les rappels commencent sur un medley electro de trois anciens tubes ("Un point c'est toi", "Adam et Yves" et "Tout le monde") qui laisse un peu perplexe : pourquoi les jouer de cette façon intimiste, Pilot, Paradis et elle agglutinés derrière les claviers du premier ? Le style ne s'y prête pas vraiment, mais le tout reste sympathique. Une curiosité ensuite, "Frère jacques", espèce de berceuse épileptique et déjantée, et enchaînement direct sur "Rue de la Paix", qui met enfin tout le public debout. Sans doute le Sud n'est-il effectivement pas le public le plus chaud ou du moins le plus expressif, mais après le final tendrement mélancolique de "Ça", tout le monde repart le sourire aux lèvres. Un bon concert d'un grand groupe.

 

 

Barbara Gogan & Hector Zazou

Made on earth

Barbara Gogan était la chanteuse des Passions, une formation de new wave planante disparue vers 1983, après avoir commis trois albums, mais surtout un hit single, " I’m love with a german film star ". Depuis, Barbara s’est lancée dans une carrière en solitaire, mais sans grand succès. Elle avait même déjà collaboré aux sessions d’enregistrement de " Sahara Blue ", album d’Hector, sorti en 1992. Faut croire que les deux artistes s’apprécient, puisqu’ils ont décidé d’unir leurs forces pour enregistrer ce " Made on earth ". Hector Zazou est un peu considéré comme un musicien avant-gardiste de tout premier ordre. Artiste intemporel, il a côtoyé des gens aussi illustres que John Cale, Ryuichi Sakamoto, Bill Laswell, Khaled, et la liste est loin d’être exhaustive. Toujours dans le but de multiplier les expérimentations musicales. Les plus intéressantes, il les a cependant menées dans le domaine de la tradition africaine, en compagnie de Ronnie Bikaye… Sur " Made on earth ", Barbara et Hector réalisent cependant la fusion parfaite entre la new age et le trip hop, un album riche en paysages et en textures atmosphériques que colore le timbre vocal unique, moelleux de la chanteuse irlandaise…

 

Harold Budd & Hector Zazou

Glyph

Harold Budd est un familier de Brian Eno. Un quinquagénaire surtout réputé pour ses études dans le domaine de la musique de chambre contemporaine, appelée également new age. Un univers sombre et élégant qui laisse, en outre, une grande place à la méditation. Hector Zazou est un iconoclaste de la world music. Plutôt que d'observer une ligne de conduite intransigeante, il préfère multiplier les expérimentations. Dans le domaine du rock, de la muzak, du symphonisme, de la musique ethnique (en compagnie de Bony Bikaye, Papa Wemba, etc.) ou de l'impressionnisme français. "Glyph" constitue le fruit de la première rencontre entre ces deux musiciens. Un événement enrichi de la présence de Barbara Gogan, de Love Kent, de Brenda Perry (Dead Can Dance) ainsi que par une foultitude de musiciens de studio. Question de bien sceller ce nouveau voyage dans l'‘ambient’...

 

Hector Zazou

Chansons des mers froides

Iconoclaste, inclassable, ce sujet de l'Hexagone est un peu considéré comme une référence dans le domaine de la world music. Pas seulement à cause de sa collaboration privilégiée menée en compagnie du chanteur zaïrois Bonny Bikaye. Mais aussi parce que sa notoriété lui a permis de côtoyer des artistes aussi huppés que John Hassell, Ryuichi Sakamoto, John Cale, Manu Dibango ou Richard Horrowitz. Et aujourd'hui, pour confectionner son troisième album solo, il a reçu le concours de toute une panoplie de grosses pointures? Chanteuses et chanteurs d'abord. Siouxsie, Björk, Suzane Vega, Cale, etc. Et musiciens ensuite. Le cow-boy électrique Lone Kent, Brendan Perry de Dead Can Dance, Budgie drummer des Banshees, Harold Budd, le Balanescu Quartet et quelques autres. Un disque sur lequel on remarque la présence de Gilles Martin à la coproduction. Présenté sous la forme d'un coffret élégamment illustré de photographies du Grand Nord, il nous entraîne dans un périple emprunté à la tradition ethnique de Sibérie, de l'Alaska, du Groenland, de l'Islande, de la Suède, de la Finlande et du Japon, un périple envisagé sous son aspect le plus esthétique, celui des mers froides...