Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Didier Deroissart

Didier Deroissart

lundi, 02 novembre 2020 10:10

Les prises de position d’Ariana Grande…

Ariane Grande publiera un nouvel elpee ce 30/10/2020. Ce sera son sixième. Intitulé « Positions », il sera découpé en 14 plages. Lors des sessions, la pop star a reçu le concours de Doja Cat (« Motive »), Ty Dolla $ign (« Safety Net ») et à nouveau The Weeknd (« Off the Table »).

Extrait de cet album, le titre maître fait l’objet d’un clip, et il est disponible ici

 

samedi, 12 septembre 2020 11:23

Julie et ses compagnons…

Ex-prof d’histoire et de géographie, Julie Compagnon est mieux connue comme animatrice et chroniqueuse sur Viva Cité (NDR : le ‘8/9’ et ‘Pigeons’), mais elle est également chanteuse. Avant de fonder Plane Jane, elle a milité au sein d’un groupe et d’un duo de reprises. Le premier était consacré à des covers de France Gall et le deuxième, partagé en compagnie de Christophe Pons, répondait au patronyme de Closer.

Julie était programmée ce 11 septembre au Zik-Zak à Ittre, dans le cadre du ‘Pango tour’ 2020, mais le concert a rapidement été décrété sold out. Aussi, un second a été rajouté le lendemain. Il s’agit de sets intimistes prévus tout le mois de septembre au cours desquels les distanciations sociales sont respectées et le port du masque est obligatoire lors des déplacements. Et le passage du chapeau lors de l’entracte est maintenu. Ce sera le salaire des artistes. En cette période difficile, la méthode est amplement justifiée ; une formule déjà utilisée par Frédéric Bultaye, lors de ses soirées ‘Cerises’, à Bruxelles…

Sur les planches, Julie est soutenue par cinq musicos et deux choristes. En l’occurrence Christophe Pons (Machiavel, Tina Arena, Lara Fabian) à la guitare électrique, Olivier Fanuel à la basse, Xavier Bouillon aux claviers (Mister Cover, Hollywood Bowl, Benjamin Grandgeorge), Raphael Pire aux drums, Michel Seba aux percus ainsi que Thom Dewatt et Natacha Wuyts aux chœurs. 

Ballade douce et langoureuse, « Fire in the shade » ouvre le concert. On a envie de danser un slow, mais c’est interdit. Corona oblige ! Les arrangements sont complexes. Les harmonies vocales des deux choristes soulignent parfaitement la voix envoûtante et atmosphérique de Julie. Rayonnante, elle a constamment le sourire aux lèvres. On ressent d’ailleurs toute la passion qu’elle injecte dans son interprétation. Les autres artistes semblent s’amuser comme des petits fous. Ils sont manifestement heureux d’être sur les planches. Et la bonne humeur est communicative. Pas étonnant, puisqu’ils sont interactifs et invitent régulièrement l’auditoire à réagir.

Feutrée, la musique de Plain Jane baigne dans le country/folk ou le bluegrass. On a parfois l’impression de traverser les grandes plaines du Middle West. Encore que la reprise du « Songbird » de Fleetwood Mac nous ramène au thème du divorce au sein des couples (NDR : une compo qui figurait sur « Rumours » ; paru en 1977, cet elpee est un des plus vendus par cette formation britannique). Uniquement interprétée en piano/voix, la version est absolument superbe ! Sans quoi Julie empoigne de temps à autre une gratte semi-acoustique. Au fil du set, les influences émergent, oscillant de John Mayer à Sheryl Crow, en passant par Portishead. A l’instar de « Human Scale », au cours duquel Xavier se distingue aux claviers. Des claviers généreux qui inondent l’intro de « Bumpy Road », un peu dans l’esprit du « Division bell » de Pink Floyd ». Un très chouette concert !

Setlist : « Fire In The Shade », « Five », « Now Sing », « Bumpy Road », « Human Scale », « Shadow », «  Line Of Sight », «  Songbird » (Fleetwood Mac cover), « The Calling », « Up to you », « Don't swear », « Soldier ».

(Organisation : Le Zik Zak et Rock Nation)

Ce soir se déroule le onzième concert du Pango Tour organisé par l’équipe du Zik Zak. A l’affiche : Marka. De son vrai nom Serge Van Laeken, ce taulier de la scène belge compte plus de 40 ans de carrière. Avant d’entamer celle en solo, il a milité chez Allez Allez, groupe qui a rencontré un franc succès au cours de la première moitié des eighties, se produisant même au festival de Torhout/Werchter. Reformé en 2017, le combo a même rempli Forest National, à l’instar de ses enfants, Romeo Elvis et Angèle. Pourquoi a-t-il choisi comme pseudo Marka ? Tout simplement parce que dans sa jeunesse, vécue en pleine période punk, il portait régulièrement un tee-shirt publicitaire à l’effigie d’une tête de sanglier ; en l’occurrence celle d'un saucisson d'Ardenne…

Bien équilibrée, la set list va nous réserver tubes et nouvelles compos. Le concert est divisé en deux parties. Les 15 minutes d’interruption servant à passer le chapeau au sein de l’auditoire, pour rétribuer l’artiste.

Décontracté, Marka débarque en bras de chemises, armé de sa gratte semi-acoustique et s’installe sur un siège haut. Il est soutenu par un backing group impliquant son fidèle claviériste/guitariste Olivier Delescaille (NDR : il jouit également d’une solide réputation comme ingé-son), un bassiste et un drummer planté sur une estrade. 

Marka interagit régulièrement avec son public. Ses vannes imparables témoignent de son humour décalé. Et le mot est faible !

Il introduit sa première chanson, « Avant d’être moi », par un petit discours signalant qu’il était présent aux obsèques de Marc Morgan, lors de la réception où l’on mange un sandwiche mou. Puis une dame dans la foule l’interpelle. Mais la conversation devient surréaliste voire incompréhensible. Serge avoue qu’il est beaucoup de choses avant d’être lui ; ce qui déclenche un fou rire général. Il ajoute que cette situation pourrait être le titre d’une chanson. Allo la terre ! Et s’il y avait du sauciflard aux herbes sur le sandwiche mou ?

Les trois morceaux suivants sont également nouveaux. Marka réserve ses hits surtout lors du second acte.

Le 27 mai 2021, Marka fêtera son soixantième anniversaire dans la grande salle de l'AB par un concert en mode 'Family style'. Il sera entouré de ses proches et d’invités. Rendez-vous est pris !

Setlist 

Partie 1 : « Avant d’être moi », « Sois beau et tais-toi », « Amour Boxe », « Pour un flirt avec moi », « Le Daron », « Avant Après », « Eden Hazard », « Des Hauts, des bas », « Ne me le dites pas ».

Partie 2 : « Je parle », « Je prête à confusion », « Comment Te le dire », « La poupée barbu », « Caroline » (cover Claude Mc Solar), « Les mondains », « Accouplés », « L’hospice », « Si demain », « Tu es formidable », « Poulette »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

Pour le retour des concerts à l’AB, la salle est en configuration assise. Un siège d’espace est prévu entre chaque bulle. Le gel hydroalcoolique est disponible partout. La distanciation sociale est bien respectée et la sécurité veuille. Enfin, ce soir le public est constitué des plus fidèles spectateurs de l’institution. A l’affiche, Marble Sounds, dont le dernier elpee « Traces, Outtakes volume 1 », est sorti en mai dernier, et Gianni Marzo, responsable d’un tout dernier album épatant (« The Vessel »), paru ce 16 octobre 2020.

Gianni Marzo est également le guitariste de Marble Sounds, mais aussi d’Isbells et d’Ansatz der Machine, outre ses multiples collaborations et ses musiques de films. Il bosse également comme chercheur à la VRT, où il réalise, entre autres, l’émission ‘Off The Record’. Aujourd’hui, il est considéré comme un des meilleurs guitaristes en Belgique.

Sa musique pose une réflexion sur le ‘temps’ et ce qu'il exerce sur l’être humain. Il tente alors de capturer son passage à travers une série de chansons intimes et mélancoliques. Gianni affiche un look à la Moby. Il est même chaussé de semblables lunettes rondes ; mais sa voix est beaucoup plus douce et mélancolique. Il tire parti d’une loop machine et d’une gratte semi-acoustique pour obtenir une palette de sonorités particulièrement riches, qui lorsqu’elle sont placées en couches révèlent des moments de magie. Sa musique est paradoxalement simple et recherchée. Dommage cette uniformité de ton, heureusement gommée sur disque par la présence d’autres musiciens… (voir la section photos ici)

Setlist : « The Vessel », « Sun », « Cass », « High Rise », « Debutant », « Elements », « One Day Some Day ».

Marble Sounds est une formation belge de post rock drivée Pieter Van Dessel. Elle jouit d’une énorme popularité à traves le monde, grâce notamment aux réseaux sociaux ; mais au pays des moules-frites, elle est considérée comme un éternel d’espoir, malgré cinq albums à son actif.

Le line up compte 8 musicos, mais ce soir il est amputé de son claviériste, Brecht Plasschaert, testé positif au Covid19. Dommage, car son toucher aux ivoires est vraiment particulier. Outre Pieter (voix, guitares, piano), et Gianni (guitare, voix), le line up implique Gerd Van Mulders (basse), Mattijs Vanderleen (batterie, glockenspiel), Renée Sys (backing vocals), Beatrijs De Klerck (violon) et Stefan Wellens (violon alto)

Une bande enregistrée crache de la musique dans les baffles, puis on entend la voix Brecht, le claviériste, qui s’excuse pour avoir été contaminé par le coronavirus. Les musicos montent alors sur l’estrade. Des faisceaux de lumière bleue sont projetés sur Pieter, à l’avant du podium, devant son micro. Puis des sonorités de violons envahissent l’espace sonore laissant alors la place au premier morceau du set, « In time », un titre qui met bien en exergue la conjugaison des grattes, alors que la section rythmique en impose déjà. Des grattes bien nerveuses tout au long de « Traces », une compo qui s’emballe alors que les voix montent dans les tours. Il s’agit d’une des seules plages du dernier opus, « Traces, Outtakes volume 1 ». « The Numbers Games » en est l’autre. La setlist fait la part belle à « The Advice To Travel Light », l’elpee que votre serviteur préfère. Une constante : on est plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

La version de « Learning All My Roles » est unplugged. Si la voix de Pieter n’est pas inoubliable, elle peut compter sur celle, particulièrement harmonieuse, de Renée. En fin de set et lors du rappel, Beatrijs se consacre alors aux ivoires, Stefan à la basse et Gerd à la trompette, un encore au cours duquel Pieter et Rénée vont interpréter en duo « All Gone ». Et le band d’achever définitivement sa prestation par « Tout Et Partout », dans la langue de Molière… (voir la section photos )

Superbe, ce concert est à voir ou à revoir ici.

Setlist : « In Time », « Traces », « Anyhow (Even Now) », « They Can’t Take This Away », « The Little Lows », « The Numbers Games », « Never Lost, Never Won », « 39 », « One Last Regret », « Learning All My Roles (unplugged) », « Ten Seconds To Count Down », « Photographs », « Keep Repeating »

Rappel : « (All Gone) (duo) », « Leave A Light On », « Tout Et Partout ».

mercredi, 24 février 2021 16:43

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 11 octobre

Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

C’est la dernière soirée à laquelle votre serviteur assiste, dans le cadre des Nuits Botanique.  A l’affiche : Sage Comme Des Sauvages et en supporting act, Kùzylarsen.

Power trio infernal, Kùzylarsen a choisi le nom de famille de Mathieu Kùzylarsen, comme patronyme. Mathieu se charge de l’oud électrique et du chant. Il est soutenu Alice Vande Voorde à la basse et Julieta au beatbox. Ces deux dernières participent également aux vocaux. Interprétées dans la langue de Molière, les chansons parlent de la condition humaine, mais aussi d’amour et de sensualité. Julieta pratique le human beatboxing (Trad : boîte à rythmes humaine), technique qui consiste à créer de la musique en imitant des instruments, le plus souvent des percussions, uniquement avec la bouche). Cette pratique est fascinante et c’est d’ailleurs Julieta qui focalise toute l’attention du public. L’oud entretient un climat arabisant au concert. A l’instar de Juicy, Mathieu, dont le discours est engagé, dédie une de ses chansons à l’ex-secrétaire d’Etat à la migration, Théo Francken, pour ses accointances avec les partis néo-nazis. A l’issue de la prestation, la foule va réserver une véritable ovation à Kùzylarsen. Pas étonnant qu’il ait été récompensé dans la catégorie chanson française aux derniers Octave de la musique.

Setlist : « Le long de ta douceur », « Clarisse », « Le château vide », « Fils de tous », « La luciole », « 30 ans de voyage », « Fer de Lance », « Plus personne ne chante ici » (en version exceptionnellement ‘a cappella’).

Place ensuite à Sage comme des Sauvages, un duo réunissant Ismaël Colombani et Ava Carrère. Lui est Corso-belge et militait au sein du combo noisy expérimental Vitas Guerulaïtis. Franco-Américaine, elle est diplômée des Beaux-Arts et a fourbi ses armes dans le monde du cabaret à Berlin. A l’actif de ScdS deux albums, « Large La Peau », paru en 2015 et « Luxe Misère », en mars de cette année. Nourri d’humour noir et de rêves exotiques, l’imaginaire du tandem s’est depuis enrichi de rencontres aux quatre coins de la francophonie.

Une estrade est dressée sur le podium, à gauche, pour le percussionniste ; et une autre à droite pour le tandem infernal. Derrière eux on remarque la présence d’un rack sur lequel sont posés deux grattes semi-acoustiques, un oud, un bouzouki et un ukulélé.

Ils sont tous les 3 coiffés d’une couronne de roi épiphanique. Elle est vêtue d’une robe brune à paillettes et lui a enfilé un t-shirt à l’effigie d’une tête de loup et une sorte de smoking fantaisiste à queue de pie…

Le concert démarre en trombe par « Mon Commandant ». On ressent immédiatement de la sympathie pour ces musiciens. Le sourire radieux et les yeux pétillants d’Ava ne sont pas étrangers à cette impression. Parfois, elle me fait penser à Bianca Casady (CocoRosie). Le duo se partage le chant. Ismaël balance ‘Bruxelles vous êtes belle’. Puis ajoute ‘Vous êtes beaux, masqués’. Dynamisé par les percus, « Rouge Colère » baigne au sein d’un climat africain. Tout comme le tribal « Les Oiseaux Parents ». Les singes déboulent de la forêt tropicale et crient à tue-tête.

La musique est le fruit d’un savant cocktail entre chanson urbaine et percus tribales, où se mêlent joyeusement maloya, calypso et rebétiko (une musique issue du répertoire populaire grec). Hormis celle en cajun (« Panier su la tête »), toutes les compos sont interprétées en français. Les textes sont à la fois beaux et imprévisibles, poétiques et pertinents.

Tout est prétexte à nouer le dialogue avec le public. Le combo n’en oublie évidemment pas son single « Inattendu » (?!?!?). En général Ismaël se charge de l’ukulélé, parfois des autres instruments à cordes et Ava, assise, du tambourin marocain. Ava ne l’abandonne que pour 2 chansons afin de se consacrer à la gratte semi-acoustique…

Et à l’issue du set, le trio va nous accorder « Yassou Evropi », en rappel. A revoir, assurément !

Setlist : « Mon commandant », « Rouge Colère », « Inattendu », « Panier su la tête (Alain Peters) », « Les oiseaux parents », « Les Angoisses », « Lailakomo », « Garçon », « De L'eau », « Le goût de la fumée », « Luxe Misère »

Rappel : « Yassou Evropi »

Sage Comme Des Sauvages + Kùzylarsen

(Organisation : Le Botanique et FrancoFaune)

jeudi, 21 janvier 2021 08:47

En pensant à Jeff…

Masque obligatoire et espace entre chaque siège afin de respecter la bulle familiale, lors du concert des Gangsters d’Amour, ce samedi, à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Un bref historique, d’abord. En 1978, le regretté Bodart avait fondé Aphrodisiax, un groupe au sein duquel militait Jean Castin, un copain d’école de votre serviteur, à la basse. A l’actif de ce combo, un single pop/punk autoproduit. Chanté en français, il s’intitule « Sexe Symbole ».

C’est en 1982 que Jean-François Bodart, surnommé Jeff, forme Gangsters d’Amour. Le patronyme de la formation est tiré d’une chanson de Starshooter, groupe mythique de la scène punk lyonnaise des années 80, auquel Jean-François voue à l’époque un véritable culte. L’aventure va durer de 1982 à 1992. Soit dix ans, au cours desquels Gangsters d’Amour va publier deux albums et une dizaine de singles. Puis Jeff entame une carrières solo ponctuée de cinq elpees, en l'espace de 13 ans. Victime d’un accident cérébral, il décède en mai 2008.

Les Gangsters d’Amour étaient réputés pour leur énergie communicative. Les musicos se produisaient sur scène en costume croisé, borsalino et chaussures deux-tons. Sous la formule d’un big band, ils pouvaient compter sur le soutien d’une section de cuivres et de danseurs-choristes (Los Drogenbos).

En 2019, Louis Petyt, le fils de l’ancien claviériste, décédé il y a vingt ans, propose aux anciens camarades de son paternel de remonter le groupe et de repartir en tournée. 10 membres répondent présent, dont le bassiste originel Pep Romeo. Trompettiste, Louis s’est intégré à la section de cuivres à laquelle participe également le tromboniste Henri-Olivier Pector et l’autre trompettiste Vince Roméo. Vincent Warin se charge des percus, Jean-Marc Pitance des drums, Pierre Gillet des claviers, de l’accordéon et de la gratte semi-acoustique et Daniel Lenoir de la guitare électrique. Parmi Los Drogenbos, on retrouve Cédric aux chœurs, alors que le lead vocal est dévolu à l’acteur Philippe Résimont.

Le set s’ouvre par « Panne De Secteur ». D’emblée, les ‘ouah !’ fusent dans l’auditoire. Philippe et Cédric semblent montés sur ressorts et sautent constamment en incitant le public (masqué) à applaudir et à danser (on ne peut pas !) La folie furieuse s’est installée dès les premières secondes de la prestation. Faut dire que les jeunes du combo assurent… Plus soul/jazz, « Tireur Fou » déclenche un duel entre la section de cuivres et la section rythmique forte de 3 musiciens. Résimont est manifestement à l’aise sur les planches, et si sa voix a davantage de groove que le regretté Jeff, on parfois l’impression qu’il éprouve plus de difficultés à reprendre son souffle. La machine à hits est lancée. Pendant « Adieu les corps », les ivoires ont cédé le relais aux sonorités Hammond. Les cuivres s’en donnent à cœur joie tout au long de « Mort sur le Nil », avant que les cordes ne prennent le relais. « Baron Rouge », « Guerilla » et « Coûte Que Coûte » embraient tout naturellement. Cette succession de tubes fait monter la température au sein du public. Pour « Charlie », le claviériste s’assied sur le bord de son estrade et se concentre sur la gratte semi-acoustique. Philippe s’efface et on entend la voix de Jeff, alors que l’intervention à la trompette plonge l’auditoire au sein d’un climat empreint de sérénité… Le claviériste empoigne un accordéon pour « Désirs Noirs », un morceau pour lequel Louis Petyt se consacre aux vocaux. Il chante impeccablement dans un registre qui rappelle… Jeff…

Résimont récupère son micro pour « SOS Barracuda », une chanson reprise en chœur par la foule. Il plaisante en signalant qu’il ne connait pas les paroles et tourne la page, en y joignant le geste à la parole. « Chère Déborah » est entamé sous un tonnerre d’applaudissements…

Véritable bête de scène, Résimont se révèle très réactif et provoque souvent les rires aux premiers rangs. Tout au long de « Meurtre A Hawaï » et « Tora Tora » le light show brille de mille feux. Et le set de s’achever par « Willy ne Pense qu’à Ça ». Dommage que le groupe n’ait pas prévu de nouvelle compo.  

Mais il revient pour un rappel au cours duquel il va nous réserver la cover de Jacques Dutronc, « Et moi et moi », puis en apothéose, et pour la seconde fois, l’incontournable « Coûte Que Coûte ». Les vieux fans sont aux anges et les jeunes découvrent ce qui se faisait de mieux, dans les années 80, sur la scène noir-jaune-rouge. Jeff Bodart peut être fier de ce que ses Gangsters d’Amour sont encore capables de faire aujourd’hui. Et depuis le paradis des musicos, il a dû apprécier…

Setlist : « Panne De Secteur », « Tireur Fou », « Adieu Les Corps », « Mort Sur Le Nil », « Baron Rouge », « Guerilla », « Coûte Que Coûte », Charlie », Désirs Noirs », « SOS Barracuda », « Chère Deborah », « Meurtre A Hawaï », « Tora Tora », « Willy ne Pense qu’à Ça »

Rappel : « Et moi et moi » (Cover Jacques Dutronc »), « Coûte Que Coûte »

(Organisation : La Ferme du Biéreau)

Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées ; et comme votre serviteur débarque assez tôt, il s’installe au premier rang. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

En juin 2017, les Parisiens Théo Cholbi (chant) et Florian Serrain (bassiste) fondent Süeür, une sorte de créature sonique explosive. Un an et demi plus tard, le batteur Léo Goizet rejoint le tandem. Eponyme, son premier elpee est paru en janvier dernier. Pourquoi 2 trémas sur les ‘u’ du patronyme ? Parce que lors d’une fête de la musique, il faisait encore 38 degrés, à 21h00…

La musique du trio mêle post-punk, drum & bass, noise, techno et hip-hop, un rap underground qui dresse constamment des passerelles entre la scène francophone (Vald, Fianso, Damso, Booba) et yankee (Ho99o9, XXXTENTACION, Death Grips, …) Death Grips surtout ! Issu de Sacramento, il agrège rap ténébreux et névrosé au punk.   

Avant de monter sur le podium, les baffles crachent de la musique signée Hollywood Undead. Et l’idée est judicieuse.

Constituée d’un drummer et d’un bassiste, la section rythmique est particulièrement dynamique. Le son est puissant et truffé d’électronique générée par un ordinateur et un MPD placé devant le drummer.   

Déchaîné, le chanteur se déplace constamment et pose ses textes incisifs avec une grande précision, des paroles qui s’inspirent de Rimbaud, Booba, Brel, de dialogues de cinéma et de la vie de tous les jours…

Pendant « MTM (Sur Ma Vie) », morceau paru en single avant la sortie de l’album, il déclame : ‘Manger des morts ou vomir des vivants. Ça veut pas dire grand-chose mais ça nourrit ma prose’. Ce qui se traduit pour Théo par ‘Viens partager ta peine avec moi’. Les textures sonores syncopées et profondes rappellent alors Massive Attack et Nine Inch Nails. Süeür, pour les rappeurs, c'est du rock. Et pour les rockeurs, c'est du rap…

Un set littéralement incendiaire !

Setlist : « Pleure », « Ride To Paris », « Petit Jack », « Malfamée », « QLL », « MTM (Sur Ma Vie) », « Peut Être », « En Equilibre », « Coupe Moi ».

Glauque réunit Louis Lemagne et Aaron Godefroid au chant, Baptiste Lo Manto aux claviers et à la batterie, Aadrieian Montens à la guitare et aux claviers et Lucas Lemage, également aux claviers. Encensé par la critique, le collectif namurois est également très apprécié en Wallonie. Faut dire que dans le style, c’est sans doute ce qui s’y fait de mieux. A son actif, deux Eps, parus pendant le confinement : « Glauque » et « Réécriture ».  Glauque c’est d’abord un style hybride, instinctif, qui évolue entre la rage du rock, le côté frontal du rap, les rythmes entêtants de l’électro, invitant parfois des sonorités très métalliques et industrielles ; mais aussi et surtout des textes singuliers, poétiques, parfois névrosés, mais résolument contemporains. Une musique chargée de nuances, subtile, qui reflète bien son époque.  

Il y a du matos sur les planches dont un piano à queue qui sert lors des deux premières chansons. Les interventions aux ivoires sont précises et délicates. Il faut se réveiller ! C’est le début de la compo interprétée en slam à la manière d’un Grand Corps Malade au sommet de son art. Après un départ lent et paisible, les événements se précipitent ensuite. Toujours slammé, « Vivre r2 » se révèle un peu plus électro. Une électronique qui va progressivement envahir l’expression sonore, tout en se mêlant au rap. On aura même droit à de la techno !

Le light show est impressionnant. Le band n’oublie pas « Robot », le single qui l’a fait connaître. Le refrain de « Vivre » est scandé en chœur par la foule debout (‘On est tous voués à vivre’). Les deux chanteurs arpentent les planches de long en large. Les musicos dansent sur place. Parfois Glauque me fait penser au groupe bruxellois Glù…

Et le concert de s’achever en forme d’apothéose par « Deuil ».

Setlist : « Plane r2 », « Robot r2 », « Vivre r2 », « Ego », « Venaire », « Personally », « Will I Be », « Vivre », « Robot r1 », « ID8 r1 », « Plane r1 », « Deuil »

Glauque + Süeür

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

dimanche, 04 octobre 2020 15:16

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 4 octobre

Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. Ce soir, pour accueillir River Into Lake soutenu par un quatuor à cordes ainsi qu’Offo Vrae, la salle de l’Orangerie est en configuration assise et peut accepter 150 personnes. C’est une formule qui plaît à votre serviteur, même si le port du masque obligatoire finira par devenir pénible au fil de la soirée.

Offo Vrae, c’est le nouveau projet de Jawhar Basti. Une nouvelle création qu’il a décidé de chanter dans la langue de Molière et non plus en arabe, et pour laquelle il a reçu le concours du producteur et arrangeur Lennart Hendels.  

Jawhar monte sur le podium vêtu d’une jupe-culotte marron et d’un pull brun foncé. Il porte un collier rouge autour du cou et sa tête est surmontée d’un turban de couleur bordeaux.

Jawhar raconte des histoires chargées de spleen qui parlent de devenir étranger à toutes les rives quittées pour un refuge ultime. Du rêve d’une pergola. D'un balcon qui donne sur la mer. D’une maison que frôle un sable doré. D’un corps qui ne ferait qu’un avec une forêt. Une véritable incitation au voyage. Un set léger et parfaitement maîtrisé au cours duquel, pour deux compos, il reçoit le concours de Yannick Dupont au synthé, qui leur instille quelques petites et délicates touches électro.

Setlist : « Si Ivre », « Souvenir de demain », « En chemin », « L’arabe de vos guerres », « Ces Ombres », « Oh », « Sein Masculin », « Blow », « Pergola »

Boris Gronemberger est loin d’être un inconnu. Non seulement il a apporté sa collaboration à Girls in Hawaii, Françoiz Breut, Castus et le duo Blondie Brownie, mais a surtout drivé V.O. pendant une quinzaine d’années, band bruxellois qu’il a finalement rebaptisé River Into Lake. Et dont le premier elpee, « Let the beast out », est sorti en septembre 2019. Un opus de pop orchestrale combinant malicieusement mélodies pop acérées, harmonies complexes et sonorités héritées des 70’s.

Boris se charge des claviers et des guitares. Il est soutenu par une section rythmique montée sur une estrade constituée de Franck Baya (Cloe du Trèfle, Sarah Carlier, Fugu Mango) à la batterie et de Frédéric Renaux (Coffee Or Not) à la basse et aux claviers. Mais aussi d’une préposée au glockenspiel et au saxophone (Aurélie Muller), d’un claviériste/trompettiste, d’un guitariste et d’une section à cordes (trois violonistes et un violoncelliste).

Et ce sont ces cordes qui vont donner une remarquable dimension au concert.

Paradoxal, mais le drumming de Franck est à la fois sauvage et particulièrement technique. A l’avoir vu en ‘live’, à plusieurs reprises, au sein de différents projets, il est manifeste que ce musicien est un prodige des baguettes.

Elaborées sous la forme de montagnes russes, les mélodies sont raffinées. Les duels entre les différents instruments sont permanents. Le spectre de Grizzly Bear plane. Celui de Beirut également, lorsque les cuivres s’enflamment et supplantent momentanément les cordes généreuses. Mais aussi du Pink Floyd, lors des longues envolées instrumentales. La musique pénètre alors dans une sorte de prog/rock souligné par des harmonies vocales parfois délirantes, dans l’esprit de Dave Penny (Archive). Mais une expression sonore qui tout en évoluant entre seventies et eighties, est très susceptible de virer au shoegaze, au jazz, à la pop classique et à la musique de chambre, tout en conservant une forme contemporaine.

Les neuf petites perles présentées ce soir constituent autant d’hymnes à l’amour, à la vie et à la beauté de l’univers dont la plupart d’entre nous s’écartent un peu plus chaque jour.

Un excellent concert à voir et à revoir…

Setlist River Into Lake

“The book on your chest”, “Far from knowing”, “Misunderstanding”, “Let the beast out”, “Downstairs”, “Between”, “Fiberglass”, “Dig your own way”, « Devil's hand »

River Into Lake (String Quartet) + Offo Vrae

(Organisation : Botanique)

John Mary Go Round, c'est le patronyme choisi par Michel Brasseur, le chanteur de Country Cooking, pour son projet solo, un projet qu’il a monté en 2016. L'idée lui est venue en traversant le sud de l'Amérique. ‘C'est là que j'ai eu la première fois l'occasion de jouer sur des ‘cigar box guitars’ (NDR : instruments primitifs fabriqués par les esclaves noirs, et dont la caisse de résonance est une boite à cigare’), explique-t-il. L'effet sera immédiat : ‘Je devais jouer de ces instruments sur scène’, ajoute-t-il.

Chapeau stetson rivé sur la tête, chaussé de lunettes fumées, vêtu d’un costume 3 pièces, dont un pantalon retenu par des bretelles larges du Kentucky et d’une chemise blanche, le Dinantais s’installe sur son siège. Il fait une chaleur caniculaire dans la salle ; faut croire que Michel a enfilé un costard climatisé. On distingue la présence de 5 grattes à sa droite et devant lui, la cymbalette à pieds et les cajons.

Le set sera divisé en 2 parties de plus de 50 minutes, entrecoupé par un entracte d’un quart d’heure, moment au cours duquel Michel va discuter avec le public. Un public apparemment de connaisseurs, aussi attentifs qu’attentionnés. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du Zik-Zak. Le son est excellent. Aux manettes : Olivier Delescaille, le sixcordiste de Beautiful Badness.

Michel ouvre son récital par le titre éponyme de son premier album solo, « Take a Ride », une compo qu’il interprète à la gratte et à l’harmo. C’est le premier saut dans les marais du bayou. A cet instant, on imagine les esclaves noirs victime de la ségrégation raciale qui fuyaient vers le Nord des States.

Lors des morceaux les plus sauvages, donc garage/punk/blues, on ne peut s’empêcher de penser au groupe liégeois, The Experimental Blues Band, mais également au Jon Spencer Blues Band.

Il embraie par « Old Friend ». Vu qu’il ne se débarrasse toujours pas de son costume, certains spectateurs commencent à avoir chaud pour lui. Votre serviteur, aussi. Puis, il aligne « Six Billions Flowers » et « You’re Right », en respectant l’ordre chronologique de son dernier elpee. Il nous réserve une superbe cover du « Sweet dreams » d’Eurythmics. Si Marilyn Manson en avait réalisé une interprétation burnée, on se souvient surtout de celle qu’Annie Lennox avait accordée sur la plaine de Werchter, en soutien-gorge de couleur rouge. Pour Michel c’est en costume-cravate-chapeau. Il attaque ensuite « I heard the wind ». On aurait préféré sentir son souffle !

Michel change de gratte entre chaque morceau, mais sa technique est irréprochable, sur les cordes. Les sonorités qu’il en extrait sont particulièrement métalliques, et tout particulièrement sur les cigar box et la dobro. Ses interventions à l’harmo sont à couper le souffle (!?!?). Son blues/roots lorgne parfois vers Seasick Steve. Chevrotante, graveleuse et filtrée par le micro américain, sa voix colle très bien à la tessiture des cordes de la cigar box.

En se servant de deux de ces cordophones, à 3 ou 4 cordes, d’un dobro, d’une Gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et d’un micro américain, John Mary Go Round est parvenu à nous faire traverser le bayou (dinantais ?) de la Louisiane de long en large.   

Ce soir votre serviteur a passé la meilleure soirée de son année, depuis l’apparition du Covid 19. Le bayou dinantais, fallait quand même oser !  Vivement le prochain épisode ! Ce sera encore du blues, mais à la Madeleine. En occurrence Larkin Poe !

Setlist : « Take a ride », « Old friend », « Six billions flowers », « You ´re right », « Sweet dreams » (cover Eurythmics ), « I heard the wind », « I Play Alone », « 81 square feet », « Death walk blues », « Born along the river », « Walking through the back door », « I wanna hear », « Sandra blues »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

samedi, 15 août 2020 15:49

Black Honey à la plage…

Black Honey publiera son second opus en janvier 2021. Il fera suite à un éponyme paru en 2018. Si le band n’avait gravé qu’un elpee, depuis sa formation, en 2014, il a quand même sorti une multitude de singles et d’Eps, souvent sous la forme de vinyles, des disques enrichis par les illustrations d’Olivia Savage. Issu de Brighton, en Angleterre, le quatuor pratique une forme d’indie rock, dont les sonorités de guitare rappellent les B.O. de westerns spaghetti, de films  signés Tarantino ou encore des séries américaines ‘Twin Peaks’, même si cette expression sonore a évolué au fil du temps. En attendant, le combo a posté une vidéo du single « Beaches », sur la toile, et il est disponible ici

https://blackhoneyuk.co.uk/

Page 48 sur 125