L’errance de Russ Tolman

Russ Tolman a annoncé la sortie de son nouvel album le 18 septembre 2026 (vinyle/CD), lequel est déjà disponible en version numérique (Flatiron Recordings). En attendant, il a partagé le single « Streets Of Denim ». Russ Tolman est un…

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Protomartyr imagine l'Amérique comme un hôtel vieillissant

Protomartyr sortira Hotel Usona, son septième long playing, le 25 septembre 2026 chez Domino. Pour en ouvrir la porte, la formation post-punk de Detroit publie “Sounds We Cannot Hear”, accompagné d’un clip officiel visible ici Réalisée par Danny Scharar et…

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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

mercredi, 25 mars 2026 20:55

Kyo se rebelle !

Annoncé dans un Accor Arena complet, Ultraviolent est le 7ᵉ album studio de KYO, groupe pop/rock aux 2,5 millions d’albums vendus et 970 millions de streams dans le monde.

Un nouvel album traversé par les émotions extrêmes, les contradictions du monde et les failles intimes. 12 fragments de vie, 12 histoires d’amour, de chaos et de lumière.

KYO y mêle écriture directe, une production moderne, pop, élégante, où se mêlent le spleen froid des machines et la tension charnelle des guitares.

Chaque chanson est une photographie de l’époque : ses excès, ses doutes, ses élans, sa beauté cabossée, le pardon, les vertiges.

Il y est question de solitude choisie, de colère maîtrisée, d’amour intense, de ruptures nécessaires.

12 titres dont « Hors du temps » entré directement sur Radio Contact, Bel RTL, Vivacité, Nostalgie et NRJ.

Ecoutez un extrait ici.

mercredi, 25 mars 2026 20:50

Curtain ouvre les rideaux !

Les silences peuvent parfois laisser place à des renouveaux musicaux précieux et inattendus. Curtain en est la preuve. Après une éclipse de quelques années, le groupe a fêté les 20 ans de son célèbre opus “No flowers by request” en 2021 avec une réédition Deluxe paru sur le label MusikÖeye.

Curtain a confirmé son retour sur le devant de la scène, enchaînant les concerts en France et à l’étranger aux côtés de pointures internationales (Christian Death, Selofan, Kontravoid...) ou encore la fine fleur de la coldwave française (Little Nemo, Guerre Froide, Corpus Delicti, Martin Dupont) sur les prestigieuses planches parisiennes telles que le Trabendo, le Petit Bain et La Maroquinerie.

En parallèle, en mars 2024, Curtain a sorti son nouvel album “Between us” sur le Manic Depression Records : 8 titres, soigneusement sélectionnés, qui reflètent les différentes inspirations musicales du groupe, un mélange de “Pop froide et de new wave classieuse à la française” (Twice). 

L’album est accueilli avec succès par le public en France et en Europe. Il est encensé par la presse (Obskure.com, Post-Punk.com, Sanctuary.cz ...) et mis en lumière à travers de nombreux passages sur des radios indépendantes françaises et étrangères (dont une émission “spéciale Curtain” sur Radio Libertaire). “Between us” intègre aussi une multitude de playlist et mix de curateurs (notamment en Angleterre et aux Etats-Unis). Une diffusion TV (itvw et clips) lui sera également consacrée sur une chaîne régionale mexicaine.

Depuis plusieurs mois, Curtain travaille activement à l’enregistrement de nouveaux morceaux dont il a confié la production à Franck Amendola, membre emblématique du groupe culte Corpus Delicti.

Découvrez Fire en cliquant sur ce lien.

Lilly Wood & The Prick est le projet fondé par Nili Hadida et Benjamin Cotto.

Le groupe a connu un démarrage fulgurant avec leur premier album, a enchainé les tournées mondiales, porté par leur hit international Prayer In C (plus d'un milliard de streams).

En janvier,  le groupe a sorti son cinquième album Christina, qui marque un virage artistique et une volonté d'explorer des univers musicaux différents.

Une volonté d'ouvrir la porte aux collaborations.  Ils collaborent avec e.a. avec Dan Black pour l'écriture et confient la production à Myd, (musicien et producteur connu pour son projet Club Cheval, pour ses colabs avec Brodinsky, avec le label Ed Banger...).

Lilly Wood & The Prick parle d’amour, d’amitié, de dérive, de solitude — mais toujours avec ce mélange rare de lucidité et de lumière. En studio, plus besoin de se convaincre ou de s’expliquer. L’alchimie est là, installée.

Le clip de Christina (feat. Myd) est à écouter ici.

Second album de Penny Arcade dont la sortie est annoncée pour ce 17 avril, 'Double Exposure’ n'est pas nécessairement un nouveau départ, mais cet album contient certains des sons les plus bruts et les plus déconstruits que James Hoare – de Veronica Falls, Ultimate Painting et The Proper Ornaments – ait enregistrés à ce jour.

Pour la première fois, les guitares passent au second plan. Il ne s'agit en aucun cas d'un album conceptuel "sans guitare" ; c'est simplement le résultat final.

Après le premier album ‘Backwater Collage’ sorti en 2024 sous le pseudonyme Penny Arcade, voici une expérience hallucinogène dont la colonne vertébrale est la boîte à rythmes qui a inspiré les chansons. C'est aussi un album empreint d'une douce dualité. Il serait également inexact de suggérer que les guitares ont été complètement bannies.

‘Double Exposure’, qui tire son nom de la technique photographique, est constitué de couches d'idées qui n'ont pas été écrites comme des morceaux, mais plutôt comme des mélodies spontanées qui forment leur propre image abstraite.

L'album se situe quelque part entre les expérimentations incessantes de Syd Barrett et les innovations analogiques décomplexées de Tim Presley sous le nom de White Fence.

Un extrait ici.

mercredi, 18 mars 2026 10:47

Les nuits blanches de Cassily

Comme une insomnie coupable... « 3H15 » (lire trois heures et quart) est le premier EP de Cassily, jeune artiste francilienne à la sensibilité à fleur de peau. À travers 5 titres, elle nous entraîne dans une nuit blanche introspective, entre chanson française et pop rock à l’anglaise, citant parmi ses influences Michel Berger, Billie Eilish ou encore Inhaler.

Cassily partage ses états d’âme avec une sincérité désarmante et une énergie contagieuse. Ses chansons racontent les doutes qui l’habitent, les cicatrices des peines de cœur, mais aussi la quête de soi : qui l’on est, qui l’on souhaite devenir. Chaque titre est une étape de son parcours, un versant de ses émotions, entre fragilité et force, où l’intime devient universel.

Écrire et chanter, c’est pour elle une façon d’apprendre à mieux se connaître. Transformer ses questionnements en mélodies, ses failles en refrains, c’est ce qui l’aide à gérer ses émotions, à comprendre ses peurs, à maîtriser sa colère. Dans « 3H15 », Cassily parle autant de vulnérabilité que de renaissance. En explorant ses émotions, elle se permet de les accepter et de trouver une légitimité sur une scène qui laisse  encore trop peu de place aux artistes féminines.

À travers ses histoires personnelles, elle espère surtout que ses chansons résonneront chez ceux qui se sont déjà sentis perdus, en ruminant à 3 heures du mat’. Et qu’ils ne se sentiront plus jamais seuls.

L'artiste est à découvrir en cliquant ici.

mardi, 17 mars 2026 22:14

Dinaa fait du bruit !

Authentique, mélancolique, mais toujours solaire, elle transforme ses histoires en chansons. Depuis deux ans, elle sillonne la France, seule avec sa guitare, enchaînant plus de 100 concerts : des premières parties d’Angus & Julia Stone, Sofiane Pamart, Texas, Big Flo & Oli, Yamê, ... aux plus grands festivals (Solidays, Francofolies, Printemps de Bourges, MaMA, ...).

Autrice, compositrice et interprète, Dinaa s’impose rapidement comme l’une des jeunes rookies les plus prometteuses de la scène française, portée par un travail acharné et une énergie rare. Résultat : des centaines de milliers d’abonnés, des millions de streams… et une ascension qui ne fait que commencer.

Avec 'Maison vide', Dinaa signe un premier album d’une rare intensité. Un disque à nu, porté par des guitares et une voix qui ne triche jamais. Elle y raconte l’amour, les failles et les combats intimes, sans masque ni posture.

Entre pop rock, blues soul et une écriture nourrie de hip-hop, 'Maison vide' dessine un territoire émotionnel brut et profondément incarné.

Désolée pour le bruit : En écoute ici.

Né en 2008 d’une rencontre belgo-écossaise, Stereo Grand s’est imposé au fil des années comme l’un des projets indie pop les plus attachants et constants de la scène belge.

Dès ses débuts, le groupe construit son identité sur une double culture musicale et une manière moderne de travailler entre deux pays, forgeant un son à la fois lumineux, direct et profondément mélodique.

Aujourd’hui, Stereo Grand célèbre plus de quinze ans d’existence, quatre albums, des centaines de concerts et une discographie cohérente qui traverse les époques sans jamais perdre en sincérité.

Cette année 2026 leur est consacrée puisqu’un best of sous forme d'un triple vinyles est sorti en mars. Un best of qui parcourt leurs quatre albums, les EPs, extra-singles, un vinyle sera inédit.

Alors que la formation était à la base belgo-écossaise, le line up a évolué, est aujourd’hui 100 % belge.

La nouvelle formule scénique insuffle une énergie renouvelée, tout en respectant l’héritage du projet. Chaque concert devient une traversée : des premiers hymnes radio aux titres récents, le public redécouvre un catalogue riche et fédérateur.

Une histoire belge qui continue de s’écrire - plus vibrante que jamais.

Everything Is Gold en écoute ici.

 

Méfiez-vous de l’eau qui dort ! Une expression singulière pleine de sens pour l’un des groupes belges les plus prolifiques de sa génération, Hollywood Porn Stars !

Le combo s’est reformé quasi de manière inattendue dans le cadre du vingtième anniversaire de son premier opus et ce pour quelques dates.

A travers un concert à l’énergie brute dans le cadre du festival Les Solidarités, Anthony Sinatra et Michael Larivière (alias Redboy) ont une nouvelle fois prouvé à toute une génération de fans qu’ils avaient gardé l’insouciance de leurs débuts par le biais d’une salve de titres parfaitement dans l’air du temps, malgré le poids des années.

Alors qu’ils viennent de quitter leur public, les deux chevilles ouvrières sont à pied d’œuvre pour une série d’interviews, preuve que leur popularité n’a pas changé d’un iota.

Anthony Sinitra s’entretient auprès d’un confrère ; donc, seul Michael Larivière – alias Redboy, se chargera de répondre aux questions de Musiczine.

Michael, vous revenez en force grâce à de nouveaux singles (« 6th of October » en 2024 et « Peach Bomb » en 2025). Comment définirais-tu le groupe artistiquement par rapport aux débuts de Hollywood Porn Stars ?

Nous sommes restés fidèles à nous-mêmes ! Nous sommes ici pour fêter les vingt ans de notre premier album (NDR : « Year Of The Tiger »). Nous ne souhaitions pas revenir sur le devant de la scène les mains vides. Accomplir une tournée best-of et ne proposer que des titres anciens, n’est pas une démarche dans laquelle nous souhaitons nous inscrire. Nous avons donc effectivement composé deux nouveaux titres. Pour ta parfaite information, nous travaillons en ce moment sur quelques nouvelles compos. Au niveau du style, je ne sais pas. Tout ce que je peux te dire, c’est que les retours du public sont très positifs, ce qui procure évidemment un plaisir immense. Artistiquement, je crois que nous sommes restés assez contemporains. A vrai dire, à aucun moment, nous ne nous sommes jamais posé la question de savoir sous quel angle nous allions aborder ces chansons. Nous avons fait ce que nous sentions !

J’imagine que le succès, la sortie de disques, les tournées et vos expériences passées modifient la manière de concevoir les évènements ? Dirais-tu que vous baignez l’un et l’autre dans une forme d’insouciance comme à vos débuts ?

Durant 15 ans, nous n’avons fait qu'enchaîner disques et tournées. Nous abordons la quarantaine aujourd’hui ! Ce rythme effréné nous a conduit à arrêter il y a quelques années déjà. Nous n’avons jamais vraiment splitté, mais l’idée de passer de salles en salles, ne nous convenait plus. Nous ressentions le besoin de passer autre chose, tout en restant dans le domaine musical. Anthony travaille comme éditeur pour un label. Moi, je fais du coaching pour des concerts. Puis, petit à petit, l’envie de se produire s’est doucement fait sentir à nouveau. Et afin de marquer le coup du vingtième anniversaire de notre premier album, l’idée de remonter sur scène est alors apparue. Nous avions alors booké une seule date à Liège. Le public s’est déplacé en masse puisque 1 500 personnes se sont donné rendez-vous. Ensuite, naturellement, les demandes de nous produire en festival se sont enchaînées. Mais, je te confirme que nous ne sommes plus du tout dans la même optique qu’autrefois. Ce n'est plus notre vie aujourd’hui !

Les titres de vos précédents albums n’ont pas pris une ride et s’inscrivent même dans l’air du temps, entre électricité et émotion. Peut-on affirmer qu’HPS est un groupe taillé pour traverser les âges et les générations ?

Nous avons passé du temps au stand merchandising juste après le concert afin d’y rencontrer le public. Si certains découvraient notre univers, d’autres, au contraire, connaissaient parfaitement le groupe. Pas mal de Français ont effectué le déplacement car nous y avions joué en son temps. Nous avons été surpris de voir les enfants accompagner des parents qui, jadis, constituaient notre public. A titre anecdotique, nous avons joué cet été au Ronquières Festival. L'éclairagiste de Zaho de Sagazan est fan de notre musique depuis qu’il est adolescent. Il nous a avoué qu’il avait réalisé un rêve de gosse en regardant notre concert. Les gens qui assistent à l’une de nos prestations passent un bon moment, c’est l’essentiel. On mouille notre chemise ! Il faut pouvoir profiter de l’instant présent. Nous sommes et avons toujours été un groupe de scène.

Si je peux me permettre, je dirais que le pont commun entre les nouveaux et anciens titres, réside dans la spontanéité, l’énergie et l’instant. Est-ce que je me trompe ?

Oui, c’est exact ! Nous avons toujours baigné dans cette dynamique, entre rock puissant, sans être très dur, et indie, tout en ajoutant cette pointe mélodique qui fédère auprès des puristes.

J’ai constaté peu de changement dans le line-up, si ce n’est le remplacement du drummer originel Benoît Damoiseau…

Oui, c’est exact ! Notre premier batteur est impliqué dans un autre projet. Nous pensions tourner avec lui, mais c'était trop compliqué. Le drummer actuel appartenait à notre entourage.

Qu’apporte-t-il de plus ou de différent par rapport à Damoiseau ?

Il est à nos côtés depuis la naissance d’Hollywood Porn Stars. Je ne le comparerais pas au batteur originel, mais on se comprend très vite, il y a un vrai feeling. Il suffit de jeter un regard pour être synchro sur les intensités ou les dynamiques. Si on vrille dans un truc totalement improvisé, il parvient à nous suivre sans aucun problème. On est sur la même longueur d’onde. On se connaît par cœur.

Si le retour d’HPS coïncide avec le vingtième anniversaire de votre premier long playing, le public est-il le même aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque ?

Ceux qui assistent à nos concerts peuvent être d’anciens fans. D’autres, sont nouveaux. Certains viennent en compagnie de leurs enfants. Quel bonheur de voir tous ces gens accrocher de nouveau à l’univers musical de Hollywood Porn Stars. Nous injectons beaucoup d'énergie et le public nous la renvoie. C’était encore le cas cet après-midi lorsque nous avons joué sur la scène P&V.

Craigniez-vous la réaction du public face au retour de HPS ?

Lorsque nous avons rejoué à Liège pour la première fois, l’interrogation était légitime. Depuis, quelques dates se sont enchaînées et tout se passe bien. Nous pouvons donc être rassurés à ce niveau.

Les attentes des mélomanes ont évolué depuis vos premiers essais. Vu l’émergence des plates-formes de streaming et des diktats de l’industrie musicale, comment HPS se positionne-t-il aujourd’hui par rapport à ces nouvelles contraintes ? 

Nous avons baigné dans le milieu musical durant de nombreuses années. C’était notre métier. Nous avions le statut d'artiste et nous ne faisions qu'enchaîner les concerts. En ce qui me concerne, je jouais u sein de deux groupes et j’étais constamment sur les routes. Ce n’est plus notre moyen de gagner notre vie maintenant. Nous nous produisons davantage pour le plaisir. Les contraintes sont donc moins nombreuses qu’auparavant. Pareil pour les frustrations. Développer notre carrière et continuer à remplir des salles ne sont plus des objectifs prioritaires. Notre ambition première est de prendre du plaisir.

Etrangement, vous n'apparaissez pas ou très peu, sur les réseaux sociaux alors que les médias, au sens le plus large du terme, constituent un moyen privilégié pour réseauter efficacement et partager avec son public…

A l’époque, ce genre de réseaux n’existait pas. On n’a pas envie d’adopter ce type de démarche, comme ouvrir un compte Instagram ou TikTok. Lorsqu’il s’agit de communiquer, on utilise la page Facebook du groupe, voire nos pages personnelles si besoin. Loin de nous l’idée de dénigrer ces nouvelles formes de communication, mais nous préférons les utiliser avec parcimonie.

Je me suis amusé à taper ‘Hollywood Porn Stars’ dans différents moteurs de recherche et je suis tombé, dans une majorité de cas, sur des sites à caractère pornographiques. Si je peux comprendre qu’à l’époque, vous cherchiez à vous singulariser en adoptant un patronyme qui dénote, n’est-il pas plus difficile à porter aujourd’hui, soit à une époque du politiquement correct ?

Au départ, ce choix était né d’une blague. Alors que nous n’avions que 20 ans, nous nous sommes inscrits sur un coup de tête au concours Circuit. En une après-midi, nous avons composé trois morceaux. Restait alors à choisir un nom. On venait de voir un reportage sur le côté sombre de l'industrie porno d'Hollywood. L’idée de s’appeler ‘Hollywood Porn Stars’ nous est alors venue à l’esprit. Nous y avions vu une bonne idée pour nous démarquer du reste, puisque très second degré. Nous avons finalement remporté ce concours quelques mois plus tard et nous avons immédiatement signé pour une maison de disques. Ensuite, les concerts se sont enchaînés durant des années. Hollywood Porn Stars était né. En réalité, le nom correspondait davantage à l'état d'esprit dans lequel nous étions, d’une part, et sur les clichés du rock'n'roll et du hard rock avec lesquels nous jouions, un monde très éloigné du nôtre. C’est un choix que nous assumons totalement. On ne va pas le changer 20 ans plus tard, uniquement parce que le band s’est reformé. Mais, il est clair que sur le net, c'est loin d’être facile. A titre d’exemple, quand on a voulu sortir un nouveau titre sur Spotify, la tâche n’a pas été facile pour le rendre accessible. En prenant du recul, toute cette histoire nous fait rire.

« Peach Bomb » est un nouveau titre plein de fraicheur. Il décrit avec beaucoup de légèreté la métaphore de la dangerosité des décisions prises par les dirigeants de ce monde et de leurs conséquences, à l’instar de querelles entre gosses dans une cour d’école. A l’échelle nationale, comment percevez-vous la politique, en général, et par rapport au monde culturel, en particulier ?

Très franchement, nous ne sommes pas très à l’aise avec tout ce qui se passe pour le moment. Faire le parallèle de la case politique avec celle d’une cour d’école était une manière d’avertir du danger que nous courons. Une bombe atomique se trouve sous nos pieds et elle peut exploser à tout moment. Nous vivons une époque étrange et difficile. A nos débuts, nos morceaux n’étaient pas toujours empreints de messages politiques. L’âge et la maturité aidant, on ne peut plus rester insensible face à ce genre de situations, tout en essayant de garder cette légèreté qui nous caractérise. On aborde donc les événements différemment. Nous avons également enregistré « 6th of october » il y a quelque temps. Ironie du sort, il est paru la veille des ignominies qui se sont produites à Gaza ; et ce morceau résume très justement la manière dont nous percevons une époque où nous ne nous sentons pas toujours très à l’aise. Aujourd’hui, les libertés sont nettement plus restreintes que lorsque nous étions jeunes. Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

Ce morceau a été enregistré en live. Ces conditions nécessitent-elle davantage de préparation ?

Le live est l’ADN du groupe ! Pour le concours Circuit, nous n’avions rien prémédité. Le premier concert est arrivé. Instinctivement, l’énergie s’est emparée de nous. Il y avait quelque chose de fusionnel. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous existons encore aujourd’hui. Et lorsque nous enregistrons en live, le naturel revient au galop. Pour l’enregistrement de ce titre, peu de prises ont été réalisées, car la majeure partie du temps a été consacrée à régler les sons. Si ma mémoire est bonne, je crois même que nous avons conservé la toute première prise. Le dernier album de Hollywood Porn Stars « Satellites » a été enregistré dans ces mêmes conditions.

Vous avez collaboré une nouvelle fois avec John Goodmanson qui a mixé et produit plusieurs opus culte, dont ceux de Nada Surf et Sun Garden, notamment. Quelle est la plus-value apportée par cet ingénieur du son en particulier ?

Oui, c’est exact ! John Goodmanson est un producteur américain dont on est très fan. Il a collaboré notamment pour Nada Surf ou encore Blondie. Quand on a bossé avec lui pour le deuxième album, il mixait la moitié des disques qu'on écoutait à l'époque, des trucs plus indés comme Blonde Redhead, Blood Brothers, etc. C'était vraiment le son idéal. On l’a recontacté pour lui dire que HPS se reformait. Il était ravi. Il écoutait toujours le disque que nous avons enregistré à ses côtés. Et ironie du sort, il fait aujourd’hui écouter cet opus à des groupes avec lesquels il bosse désormais. Notre collaboration s’est donc déroulée rapidement et naturellement.

Vous avez été tous deux dans diverses formations qui ont connu un succès d’estime et de critique. Je pense à My Little Cheap Dictaphone ou encore Piano Club. Au même titre qu’HPS, pourrait-on imaginer la résurrection de ces deux monstres sacrés du rock belge ?

Il n’a jamais été question de tourner la page définitivement. Ce sont des épisodes que nous avons mis entre parenthèse depuis environ 4-5 ans. Anthony n’est pas présent, je ne vais donc pas parler pour lui et Piano Club. Mais, en ce qui me concerne, les gens viennent souvent vers moi dans le cadre d’une reformation éventuelle. Disons que nous sommes au stade de la réflexion. Il n’y a rien de très concret pour l’heure.

Anthony a fondé, il y a quelques années déjà, l’ASBL Young Rock. Il a lancé le Liège Rock Festival, un événement organisé pendant cinq ans à la Soundstation et qui a mis en lumière des talents confirmés (Dionysos, Das Pop, ...), mais aussi des formations émergentes telles que Girls In Hawaii. Le modèle économique des festivals peine à perdurer, à cause, notamment, des cachets excessifs réclamés par des artistes confirmés alors que les évènements pourraient être de très bonne qualité en proposant davantage d’artistes émergents. Vous possédez tous deux une longue carrière dans ce domaine, mais comment perçois-tu ce modèle dans vingt ans ?

Je n’en sais trop rien ! J’en ai discuté avec différents organisateurs de festival qui m’ont tous confirmé que le modèle économique actuel était en passe de changer. Il y a clairement des choses à réinventer. Certains festivals connaissent des difficultés pour vendre la totalité des places disponibles. Quant à ceux qui parviennent à faire ‘sold out’, on n’y voit pas toujours les artistes les plus indépendants et les plus locaux. Les contraintes économiques sont telles qu’il va falloir faire cohabiter les grosses têtes d'affiches avec des artistes issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou belges, en général. Aujourd’hui, les programmateurs de festivals souhaitent aller en ce sens. Mais, il est vrai, que ce n’est pas facile à concilier.

Pour terminer quels sont vos projets ? Avez-vous l’intention d’enregistrer un nouvel elpee ?

Pas vraiment ! Nous n’avons aucun plan, nous vivons plutôt au jour le jour, comme à nos débuts. Mais, nous sommes sollicités, je dois l’avouer. Nous avons sorti deux nouveaux titres et un troisième est en préparation. L’idée était de pouvoir se produire dans quelques festivals cet été. Comme nous l’avions signalé un peu plus tôt, nous avons pas mal tourné en France dans le passé, le public français serait désireux de nous revoir. Très honnêtement, aussi longtemps que l’envie et le plaisir y sont, on continue. Mais plus question de bourlinguer durant des centaines de kilomètres dans un van. On pourrait imaginer y consacrer quelques dates, afin de revoir quelques amis, par exemple, mais rien de concret pour l’instant. Après la saison d’été, nous avons encore quelques concerts sur le feu. Mais dans un an, je suis incapable de te dire si nous serons toujours là.

Les artistes français déclarent souvent que le public belge est le meilleur. Je me demande si le public français est aussi réceptif à votre égard que nous pouvons l’être…

Nous n’y sommes pas encore retournés ! Ce sont essentiellement les programmateurs de l'époque qui aimeraient nous y faire jouer. Nous devons y avoir accompli quelques 200 à 300 concerts et nous y comptons donc quelques fans. Justement, notre label est français (NDR : Naïve). Lorsque nous y serons, on verra si le public est toujours aussi réceptif.

dimanche, 28 décembre 2025 18:51

Solidarités 2026 (update 2025-12-28)

Cette année, le festival déroulera son tapis rouge les 4, 5 et 6 septembre.

Déjà six noms confirmés pour l’édition 2026 des Solidarités !

Vendredi 4 septembre

Skip The Use : le grand retour en force !

Après plusieurs années d’absence, Skip The Use s’apprête à faire vibrer à nouveau les scènes en 2026.

Le quatuor lillois revient avec une énergie renouvelée, un son affûté et une envie furieuse de renouer avec la sueur et l’intensité du live.

Et bonne nouvelle : les Solidarités accueilleront leur unique date en festival en Belgique cet été !

Le premier single du futur album, We are Good raconte cette tension entre désillusion et espoir.

C’est l’affirmation d’une génération qui refuse la résignation. Une jeunesse consciente du chaos mais encore capable de s’unir, de danser, de brûler ensemble. Préparez-vous à une décharge d’énergie pure ! Un rendez-vous exclusif, à ne manquer sous aucun prétexte.

Samedi 05 septembre 2026

Pour la première fois aux Solidarités : Soprano.

Après plusieurs années d’essais infructueux pour cause de timing incompatible, le changement de nos dates aura probablement eu raison de notre obstination…

L’artiste marseillais, au grand cœur, est probablement un des artistes qui correspond le plus aux valeurs de notre événement, brassant un large public intergénérationnel et dont le succès reste intact après plus de 15 ans de carrière solo (trois Palais 12  de Bruxelles complets en 2025 !).

D’origine comorienne, Saïd M’Roumbaba alias Soprano est né à Marseille le 14 janvier 1979. Influencé par la scène rap marseillaise alors en plein essor avec des groupes comme IAM et La Fonky Family, il se consacre très tôt à la musique au sein du groupe Psy4 de la Rime.

Sa carrière solo commence en 2007 et s’en suit rapidement une multitude de collaborations (Magic System, Kenza Farah, Amel Bent …) avant de connaître un succès grand public avec l’album Cosmopolitanie (2014).

Deux ans après, l’album L’Everest se classe aux sommets des charts.  Arrivent Phoenix (2018) et Chasseur d’Étoiles (2021), qui se placent directement en tête du classement français et donne naissance à deux nouveaux singles : Près des étoiles et Dingue.

Soprano s’est ensuite lancé dans une vaste tournée dont une série de concerts dans des stades tels que Lyon, Marseille, Bordeaux, et surtout un concert exceptionnel au Stade de France le 6 mai 2023, réunissant une foule de 85 000 personnes.

Il nous est revenu avec l’album, Freedom, dont le titre constitue une référence au célèbre hit de Pharrell Williams mêlant pop, gospel et rap, et traitant de thématiques sociétales comme lui seul sait le faire.

Un show qui s’annonce festif, solidaire et hautement généreux !

Louane. Comme on l'aime !

Après avoir rempli Forest National voilà quelques jours, Louane nous est revenue avec Solo, un nouveau projet qui nous montre une facette inédite de l’artiste. Loin de ses complexes d’adolescence, elle s’affirme en embrassant pleinement ses émotions sans crainte d’essayer de nouvelles choses ou de se mettre en danger. Après 11 ans d’une remarquable carrière, on découvre une œuvre dans laquelle l’artiste se réinvente et expérimente plus que jamais.

Son nouveau projet célèbre les nombreuses facettes de sa personnalité, lui offrant, grâce à ceux qui l’accompagnent, une liberté inédite lui permettant d’exprimer son individualité. Une escalade en solo, sans filets à la force de sa conviction et de son talent !

Dimanche 6 septembre

Ben Mazué. Une consécration méritée !

Véritable sensation de la chanson française, Ben Mazué reste plus que jamais sur le devant de la scène avec son cinquième album Famille. L’artiste aux influences musicales variées, qui, après des études de médecine généraliste, rêvait de devenir chanteur. Sa véritable passion pour l’écriture et la composition de chansons le décide à se consacrer pleinement à la musique à l’âge de 25 ans.

Il y explore avec émotion les relations familiales en évoquant l’amour, ses enfants, ses souvenirs. Et cette envie d’avancer sur un chemin parsemé de joies, de douleurs et de renouveau avec simplicité, savoir-faire et poésie.

Le chanteur a le don de transformer des moments ordinaires de la vie quotidienne en chansons poétiques et universelles, permettant d’accueillir et de raconter d’autres vies que la sienne.

Connu pour sa capacité à toucher le cœur du public et une présence scénique unique, il se livre à raconter la famille, le courage amoureux, la vieillesse, le deuil ou la violence conjugale. Un vaste programme qui invite à s’y balader, à s’interroger, à penser à soi et se revisiter, pour une expérience inoubliable.

Superbus. Plus actuel que jamais !

Après avoir célébré en beauté ses 20 ans de carrière en 2022, SUPERBUS signe un retour retentissant sur le devant de la scène !

Mené par l’inimitable Jennifer Ayache, le groupe culte de la pop-rock française nous est revenu avec un septième album, OK KO, un concentré d’énergie, de mélodies accrocheuses et d’hymnes modernes qui renouent avec ce son unique qui a marqué toute une génération.

Ce nouvel opus s’accompagne de nouvelles versions revisitées de leurs plus grands succès, dont Lola en collaboration avec Hoshi et Nicola Sirkis (Indochine), ainsi que Butterfly revisité avec Rori. Deux titres phares qui témoignent du lien fort entre Superbus et la nouvelle scène française et qui donnent un avant-goût d’un retour aussi surprenant qu’inattendu.

Un concert immanquable où le groupe promet un show survolté mêlant énergie, nostalgie et émotions. Un véritable voyage à travers deux décennies de tubes, revisités avec la modernité et la fougue qui ont toujours fait la signature.

https://lessolidarites.be/

dimanche, 24 août 2025 08:54

Les Solidarités 2025 : dimanche 24 août

Dernier jour des Solidarités. Par chance, le soleil s’est montré généreux, sans chaleur excessive. Une aubaine pour toutes celles et ceux qui se sont présentés en masse afin d’y (re)découvrir des monstres sacrés de la chanson française, dont Santa et Hoshi.

Première bonne surprise de la journée, le concert d’Adé.

Dès l’âge de 17 ans, Adélaïde Chabannes de Balsac, aka Adé, se forge un nom dans la chanson par l’entremise de son groupe, Therapie Taxi, drivé par Raphaël Faget-Zaoui. Le duo sera vite rejoint par Félix Gros et Renaud Bizart.

Placé sous les feux des projecteurs par le provocateur « Salop(e) », en 2016, la formation connaitra un joli succès avant de se dissoudre en 2021, notamment en raison de la pandémie de la Covid-19. Mais pas seulement, les musicos manifestant une soif de liberté artistique.

Adé traverse alors une période plus calme, limitée à quelques collaborations musicales. Mais le goût de la musique remonte à la surface. Elle s’exile au Etats-Unis pour y enregistrer un premier opus, dont le single « Tout savoir » qui récoltera en quelques mois, le seuil des 2,5 millions de vues sur la plate-forme Youtube.

Sa petite taille dénote par rapport à l’immensité du podium. Sa tenue particulièrement sexy s’apparente à celle d’une écolière coquine, de quoi aguicher les plus pervers plantés au crash, la langue bien pendue.

Elle entame son récital par « More Love ». Direct et incisif, le son adopte un format rock chargé de testostérone.

Alors que les guitares chuintent encore dans les frontaux, le succulent « J’me Barre », prend le relais, dont le gimmick est rapidement repris en chœur par le public excité par des paroles pas toujours délicates dans la bouche d’une demoiselle de bonne famille.

Alors qu’une jeune fan de 27 ans, et dont c’est l’anniversaire, fait de ses pieds et mains afin d’attirer l’attention de l’artiste, Adé, prise d’émotion face à un tel investissement, décide de faire une pause de quelques minutes afin de contenter cette femme. Une petite causette et un selfie plus tard, « RockStarz » prouve que l’on est tous un peu rock dans sa tête, même en buvant un thé tout en caressant son chat.

Empoignant pour l’occasion sa guitare aux sonorités cinglantes, parfois à la limite de la saturation, elle livre « Dans tes rêves » de manière plus brute, mais homogène, rappelant la décennie 90/2000 ; de quoi ravir les amateurs du genre.

Tout au long du show, la demoiselle endosse à merveille un rôle qui n’est pas sans rappeler le côté ténébreux de Thérapie Taxi pour le fond ou encore Dolly, pour la forme. Et le tout est épicé d’un soupçon d’électro surprenant, à l’instar de « Les Silences » ou encore du plus bruitiste « Open Up », au cours duquel Baptiste, le préposé à la basse, laisse de côté son instrument au profit d’une danse endiablée aux côtés d’Adé, Pierre à la guitare et Sébastien aux fûts se contentant d’observer le scénario.

Alors que le set tire à sa fin, la jeune femme prouve, à travers « Tout savoir », qu’elle est capable de nous réserver plein de surprises et qui, loin de rester dans sa zone de confort, réussit à nos offrir un spectacle sincère, spontanée, et d’une authenticité redoutable.

Enfin, « Toujours + » suscite un tressaillement démesuré dans ce petit corps autour d’élans mélancoliques et de textes intimistes, l’artiste exprimant beaucoup de sentiments, entre amour et déception.

Adé s’est livrée aux Solidarités pour le meilleur et a donné un concert d’une grande qualité.

On le sait maintenant, sur chacune de ses prestations, Santa aime surprendre. Ce sera (forcément) le cas aujourd’hui. Une sacrée surprise même ! Inutile de préciser que l’icône de Hyphen Hyphen est donc attendue de pied ferme pour les milliers de festivaliers qui ont (sans doute) fait le déplacement pour cette artiste ‘belge’ d’adoption.

Alors qu’un décompte semble s’éterniser sur le nombre ‘9’, la scène laisse entrevoir une Santa, haute perchée, la tête en bas, pour descendre peu à peu, aidée de filins métalliques, entre des colonnes de feu qui jaillissent. Quelle richesse dans le souci du détail !

Après nous avoir bercé de sa douce ballade en mode piano-voix sur « Popcorn salé », une compo écrite dans l’urgence, presque par égarement, qui paraîtra sous l’impulsion et les encouragements de ses comparses Laura Christin, alias Line (basse, percussions), et Romain Adamo, aka Adam (guitare, synthé), la jeune dame s’émancipe et grave un premier album sobrement intitulé « Recommence-moi ».

Si la pop anglophone constituait jusqu’alors sa ligne directrice, notamment au travers d’HH, la Niçoise prend un virage à 180 degrés en réalisant un très réussi premier essai solo, chanté dans la langue de Voltaire.

Toute de noire vêtue, elle est chaussée de grandes bottes qui lui confèrent un air très glamour. Soutenue par un batteur au drumming corrosif et une bassiste qui n’est autre que sa meilleure amie – Line, elle entame son tour de chant par un spectaculaire « Chanter le monde », une compo aux couleurs vives qui émeut par sa richesse sonore.

Multi-instrumentiste, elle alterne, au gré des compositions, piano et guitare, ses deux instruments de prédilection, qui viennent soutenir sa voix puissante. Qu’elle met parfaitement en exergue sur « Eva », une magnifique chanson qui s’impose sur fond d’appel à la résilience. Des cris d’amour fusent. Comme elle ne parvient pas à cerner leur origine, elle les rend, mais en plus fort encore.

Un concert ponctué de surprises ! Et tout d’abord lorsque, posée devant ce piano noir, elle entame « Les larmes ne coulent pas », qui a bénéficié, lors des sessions d’enregistrement, de la complicité de Christophe Willem, un artiste devenu aujourd’hui son ami. Il s’invite le temps d’une chanson, entre simplicité et fausse grandiloquence, lors d’un duo uni par des larmes amères. Mais n’y a-t-il pas larmes plus amères que celles qui ne coulent pas ? Quoiqu’il en soit, elle finit ce titre, le sourire et le regard sereins, debout sur les retours posés à front de podium.

Elle compte se jeter aujourd’hui à corps perdu dans un univers où règnent l’intime, la retenue et la douceur.

Pour ce faire, rien de tel que dénoncer « La différence », sorte de manifeste sur le bien vivre ensemble avec, en filigrane, cet espoir latent de tolérance, d’insouciance et de communion. Pour marquer le coup, elle enfile un drapeau dont les couleurs se réfèrent à l’arc-en-ciel, emblème de l'homosexualité. Le drapeau arc-en-ciel, créé par Gilbert Baker en 1978, est devenu un symbole international de la communauté LGBTQIA+. Il représente la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre au sein de cette communauté. Chaque couleur du drapeau a une signification spécifique, comme le rouge pour la vie, le vert pour la nature, et le violet pour l'esprit.

Fidèle à son style unique et son spectre lyrique hors du commun, Santa se regarde ensuite dans le miroir avec introspection durant sa séance de « Popcorn salé » et le désir de recommencer son histoire, à l’instar d’une césure sur le temps. Entre ambition, espièglerie et qualité rare, l’artiste s’était essayée au métier de cascadeuse en interprétant ce premier titre, perchée à plus de 40 mètres de haut ! C'était à Bruxelles, sur la place de la Bourse. Un « Popcorn salé » à son apogée, en quelque sorte !

Et pour rappeler cette spectaculaire ascension, elle n’a rien trouvé de mieux que de jouer du piano en lévitation, grâce à un système de treuil, sous les yeux ébahis des spectateurs qui ont rarement vu un show rythmé digne de ce nom. C’est moins spectaculaire que dans la capitale, mais quand même…

Elle embraie ensuite dans un mashup, en associant le « Paradis blanc » de Michel Berger et Désenchantée de « Mylène Farmer ». Pour un résultat plus que convaincant !

Elle s’éclipse alors le temps de quelques secondes pour revêtir une cape de vampire. Assoiffée de sang, elle souffle le chaud et le froid lors d’un « Je brûle » qui n’est pas sans rappeler certaines sonorités pop/rock contemporaines qui ont fait les beaux jours de Hyphen Hyphen.

Et puis, dans une parfaite communion, les milliers de festivaliers se transforment en chorale parfaitement synchronisée, pendant « Dis-moi oui », une toute nouvelle compo annonciatrice, sans doute, d’un futur nouvel album.

Le set touche doucement à sa fin. Alors qu’elle s’apprête à s’éclipser pour une séance de ‘hugs’, des câlins posés délicatement à une poignée de chanceux, les colosses chargés de maintenir la sécurité s’agitent. Que se passe-t-il ? D’un coup, comme boostée par un surplus de vitalité, elle saute précipitamment de la barrière destinée à maintenir le public à distance et traverse la foule sur les épaules de son gorille.

Les spectateurs les plus avertis connaissent l’amour de l’artiste pour les défis. Et à Suarlée, il y en a un de taille, la grande roue qui trône depuis le début des festivités.

Drapeau pirate à la main, en mode ‘on a piraté Les Solidarités’, Santa s'est éclatée en prenant de la hauteur dans une attraction privatisée quelques minutes pour y chanter tout de haut son titre emblématique « Recommence-moi ».

Durant près d’une heure trente, Santa a une nouvelle fois démontré qu’elle méritait amplement la distinction du public et de la presse.

Dans l’univers de la chanson française, la jeune dame peut être assurément considérée comme une grande artiste. Et en livrant un concert d’une telle intensité et générosité, elle a emmené le public dans un tourbillon émotionnel et onirique d’une intensité rare.

Après une pause boisson bien méritée, place à Hoshi. Une artiste maintes fois vues par votre serviteur qui commence à la connaître par cœur.

Elle a enfilé de grosses godasses et des chaussettes à damiers noirs et blancs, afin, sans doute, de signaler le début du tour de chauffe.

Ses musiciens entrent en scène, lentement, tour à tour. Et dans cette bande, il n’y pas que des inconnus. A commencer par Lola Frichet à la basse (Pogo Car Crash Control), Charlène Juarez aux claviers (Brigitte) et Enzo Gabert à la batterie (Skip The Use). Et c’est Lucie, un joli bout de femme, qui se réserve la guitare… d’un vert éclatant.

Du haut de ses grosses godasses, Hoshi impose un style musical bien à elle. Des textes simples, mais touchants, une musique entraînante et une aura exceptionnelle. Sans oublier cette voix haut-perchée et quelque peu nasillarde qui peut perturber les non-initiés. Pas étonnant donc qu’elle soit devenue l’une des révélations de la chanson française de ces dernières années.

La demoiselle s’épanche avec tact sur ses expériences passées, ses aspirations, de manière authentique, mais autocentrée à l’instar de cette « Amour censure », hymne à la tolérance et à la sincérité des sentiments amoureux, l’artiste ayant elle-même été victime d'agressions homophobes. Une chanson en réaction à une certaine libération de la parole discriminatoire, notamment après la ‘manif pour tous’ qui a malheureusement encore des raisons d'exister auprès des ‘biens pensants’. Et pour contrer toute cette haine, rien de tel qu’un gros fuck à tous ces enculés dont elle n’a plus peur aujourd’hui, dit-elle, tout en agitant un drapeau arc-en-ciel, symbole du mouvement LGBTQIA+.

Son grain de voix particulier et douée pour les métaphores et autres figures de style, Hoshi est généreuse et humaine. Fusionnelle au sein de son band, une belle complicité la lie avec sa bassiste. Et les puristes auront remarqué l’inscription gravée sur l’instrument, ‘One woman on stage’.

Celle dont le physique a été quelque malmené par le journaliste-chroniqueur Fabien Lecoeuvre, entame un « Je partirai », chanson percutante qui parle du désir de s’éloigner d'un monde qui ne l'aime pas, la juge et la blesse. Bref, un exutoire où elle exprime sa souffrance, son incompréhension et son besoin de liberté. Elle veut rester éternelle dans les mémoires, comme une étoile ou une comète. Gageons qu’elle y parvienne.

Après avoir donné d’elle-même durant une heure quinze, la chanteuse au gros chignon prend congé de ses invités qui la réclame encore. Ils devront pourtant se contenter de sa prestation, sans plus.

Saule a l’honneur de clôturer cette nouvelle édition des Solidarités. Votre serviteur préfère reprendre la route, ses lombaires lui rappelant la triste réalité de la seconde moitié de vie.

A l’année prochaine !

(Organisation : Les Solidarités)

 Que dire de plus, si ce n’est que les Solidarités ont offert des concerts d’une riche intensité, entre rock, pop et autres découvertes musicales, sous un soleil qui n’a pas osé ternir. Que demander de plus ?

 

 

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