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mardi, 26 décembre 2006 02:00

Best of the bayou blues

Né à Baton Rouge, Tab est un Louisianais pure souche. Il vient de fêter ses 39 ans. C'est dans le club de Tabby Thomas - le Tabby's Blues Box - qu'il a fait ses armes dans l'exercice du blues. Parti à la Nouvelle Orléans, il est remarqué par Barbara Becker, alors manager de Dr John. Il participe à un projet du label Justice Records, "Strike a deep chord : Blues guitars for the Homeless", en concédant une de ses compos, "Nice and warm". C’est également le titre de son premier elpee, paru en 1992. Dans la foulée, il commet "What I live for" en 94, "Standing on the bank" en 95, "Live Swampland jam" en 97 (NDR : tous chez Justice) et puis, "These blues are all mine" en 99, sur Vanguard. La même année, il signe chez Telarc. Il y commettra plusieurs elpees, dont "Homesick for the road", un disque pour lequel il avait reçu le concours de deux autres guitaristes, Kenny Neal et Debbie Davies. Le présent album est une collection réunissant des extraits des cinq premiers opus. L’emploi du temps de Tab est assez chargé, puisqu’il accorde près de 250 concerts par an. Et le succès est au diapason. Enfin, au cours des dernières années, il a souvent travaillé en compagnie de Jimmy Thackery.

"Voodoo on the bayou" ouvre le disque en force. Très offensive, la guitare lâche des accords secs et métalliques. A ses débuts, le jeune Tab évoluait manifestement dans un registre proche du regretté Stevie Ray Vaughan. C’est d’ailleurs à la même époque qu’il est disparu. L'opus affiche les différentes facettes de ce jeune Louisianais ; mais il est incontestablement au sommet de son art dans l’exercice du blues lent. Le plus souvent, il établit, en toute simplicité, un dialogue entre sa voix assez autoritaire et sa guitare. Six cordes qui envahissent le moindre espace libre. Une méthode qui nous vaut quelques bien belles plages. A l’instar de "Nice and warm", superbement introduit par l'orgue Hammond B3 ou encore "Drownin' on dry land", deux titres issus du premier elpee. Sa voix est brûlante. "What I live for" en est la plus belle démonstration. Une compo toute en sensibilité, à fleur de peau. Une sensation accentuée par l'orgue de Reese Wynans et la guitare rythmique de Derek O'Brien. "Cherry tree blues" et "These blues are all mine" constituent autant de perles aux accents dramatiques. Tout bluesman issu de l'un des états du sud profond des Etats-Unis ne peut rester insensible au blues traditionnel du delta. Tab n’échappe pas à la bonne règle. En particulier sur "Somehow", fragment au cours duquel ses cordes acoustiques accompagnent sa solitude. Lors du "Mother Earth" de Memphis Slim, également. Ou encore le "Rainy day blues" de Willie Nelson. Le célèbre countyman est d’ailleurs de la partie. Pour un duo magique. Dépouillé à l’extrême, ce petit bijou baigne au sein d’une atmosphère gorgée de feeling et tout en subtilité. Splendide, "Standing on the bank" évolue dans un style très proche de John Lee Hooker. En dispensant ses notes parcimonieusement. Il est chez lui à Baton Rouge. A moins que ce ne soit à Houma. Une chose est sûre, sa solution sonore stagne dans l’atmosphère paresseuse et suffocante des bayous. La musique plus spécifiquement louisianaise n’a pas été oubliée. A l’instar de la cover sémillante du classique de Hank Williams, de "Jambalaya", parcouru par le piano sautillant de Marc Adams ou encore de "Crawfishin". L’œuvre recèle deux titres enregistrés ‘live’, dont le "Hot tamale baby" de Clifton Chenier. Chubby Carrier se réserve l’accordéon sur ce fragment plus direct, sans la moindre fioriture. Et les accords de guitare dispensés sur cette plage entretiennent cette instantanéité. Ce qui ne l’empêche pas, pour la circonstance, de manifester énormément de panache. Si ce recueil est d’excellente facture, il ne faut pas pour autant en oublier sa production actuelle. Edité chez Telarc, son dernier album, "Brother to the blues", ne date d’ailleurs que de cette année. En outre, cet opus a bénéficié du concours de Billy Joe Shaver, Louisiana Leroux et du violoniste cajun, Waylon Thibodeaux.

 

mardi, 03 octobre 2006 03:00

Praising peace

Eric Bibb est né à New York. En 1951. Un musicien talentueux qui se consacre surtout au blues acoustique. Dès ses débuts, il côtoie des artistes aussi célèbres que Bob Dylan, Woody Guthrie et Joan Baez. Il a depuis acquis une notoriété internationale et est entré au panthéon des monstres sacrés, à l’instar de Taj Mahal, Ry Cooder, Keb Mo ou Richie Havens. Il s’est établi depuis plusieurs années à Stockholm, en Suède où il y joue et développe le blues d'avant-guerre.

Léon Bibb est son père. Ce chanteur/comédien/guitariste est né en 1922. A Louisville, dans le Kentucky. Sur les conseils de Paul Robeson, il suit des cours de baryton classique ; mais rapidement il marque un grand intérêt pour la folk music. Il acquiert une certaine réputation sur la scène de Greenwich Village, dans les 50s. Il est à l’affiche du premier Folk Festival de Newport et grave toute une série de 33 tours consacrés au folk, aux spirituals, chain gang songs, field hollers et même à la ballade irlandaise. Pendant plusieurs années, il se produit dans les théâtres de Broadway! Depuis 1971, il s'est établi à Vancouver. Au Canada. Admirateur de Jacques Brel, cet artiste participe au spectacle "Jacques Brel is alive and well and leaving in Paris". En 1972. Et à "Jacques Brel". Vers 86-87. Au cours des dernières années, il s’est associé à son fils Eric, pour enregistrer un album en duo : "Family affair" (NDR paru en 2002 chez Tradition & Moderne), un elpee qui recèle des titres de Pete Seeger et Leadbelly.

Père et fils se sont à nouveau réunis pour rendre un hommage à Paul Robeson (NDR : il était par ailleurs le parrain d'Eric et un ami près proche de Leon). Fils d'un esclave, Paul est né en 1898. Diplômé de l'université de Columbia, il était acteur, compositeur et activiste de la cause noire. Il a combattu pour la liberté, les droits civils des noirs, contre la ségrégation raciale. Pas étonnant qu’il était répertorié, dans les années 60, sur la liste noire du clan du sénateur McCarthy. Mais c’était également un baryton à la voix exceptionnelle.

Cet hommage à leur ami disparu s’ouvre par un bref prélude instrumental dont la mélodie n’est autre que le "Ol' man river" de Robeson. Leon interprète de son baryton clair "Joe Hill", une vieille chanson militante. Eric chante les spirituals sur son tout nouvel album "12 gates to the city". Père et fils ont composé le titre maître. Une chanson dont les lyrics évoquent les mouvements pacifiques des sixties. Ils joignent leurs vocaux, avec beaucoup de délicatesse, face au piano et l'orgue Hammond de Bill Sample. Eric se réserve "Put on your Robe", (NDR : le nom de son parrain lui inspire un jeu de mots). Il s’accompagne à l’aide d’une guitare à 12 cordes. Son pote Michael Jerome-Browne lui apporte également son concours. Empreint d’une tristesse infinie, le piano de Sample introduit la voix de Leon. Il exécute "Sometimes I feel like a motherless child", un succès de feu son ami Paul. Eric se réserve deux spirituals : "Home in that rock", une plage enrichie par un harmonica, une mandoline et un accordéon, et puis "Weepin' Mary", un acte de foi accompli face au piano de Jerry Yester. Le vieil homme de 84 ans clame les vertus de sa nation sur "The house that I live in". Il attaque ensuite "The water is wide", un fragment qui baigne au sein d’une ambiance champêtre. Eric emprunte une inflexion grave pour aborder "Deep river". Il s’y accompagne à la guitare sèche. Mais soudainement, sa voix est rejointe par celle de Paul Robeson. Quelques secondes. Et même de son piano. Un grand moment d’émotion né de la magie opérée par la technologie moderne. Ultime hommage à son cher ami disparu, Leon reprend enfin le classique de Robeson, "Ol' man river"! Empreint d’une grande sensibilité, cet opus s’achève par un dernier clin d'œil adressé par Eric à "A friend like you"…

lundi, 20 mars 2006 02:00

Stay tuned!

Easy Bill Bower réside à Denver. En 2001, ce jeune chanteur/guitariste monte la formation Easy Beat en compagnie du bassiste RD Jones, du drummer Craig Westwood, du saxophoniste Ken Plum et du pianiste Mark Richardson. En 2003 le combo commet un premier elpee fort prometteur : "Midnight Creep". Un disque enregistré dans le studio de Radio KUVO, là où Easy Bill animait son radioshow : le "R&B Jukebox". Ce nouvel opus a été concocté à Elgin, dans l'Illinois ; et de nouveau sous la houlette de l’excellent bluesman, Nick Moss!

L'entrée en matière brille de mille feux. Les accents jump de la guitare alimentent ce "My kind of woman", une espèce de west coast rockabilly que Bill chante sur un ton convaincu et convaincant. Tout est bien en place et en particulier le sax de Ken Plum et le piano de Mark Richardson. Ce dernier se révèle un claviériste très talentueux. Il introduit "$100 woman", un boogie jump qui vous électrise jusqu'au bout des doigts de pieds. Le pianiste est insatiable. Il ne relève pas la tête, même lorsque notre Easy Bill prend le relais. Il chante comme s'il était sur une scène au beau milieu des fifties, l'époque du rock'n'roll naissant. La machine du Big Beat maintient le tempo pour attaquer "The kind of girl". Du vrai rock'n'roll made in New Orleans. Pourtant au bord de l’asphyxie, les danseurs sont incapables de déserter la piste. Bill chante. Il semble possédé par sa musique. Plum et Towber s'entredéchirent à coups de soli hyperactifs. Bill habille sa guitare d'une tonalité bien T-Bone Walker pour aborder le lent et savoureux "Jeanine", une plage imprimée sur un tempo louisianais qu'aurait bien revendiqué Guitar Slim. Il exploite ici toute l’amplitude de son registre vocal. Ce jeune homme progresse à pas de géants et lorsque les cordes peuvent s'évader, il nous confectionne un solo magique, épaulé par son ami Gerry Hundt. Excellent! Le Big Beat est définitivement lancé. Le riff cher à Elmore James nous conduit… "On your hook". Le saxophone, le piano et l'orgue s'accrochent à la slide, mais le son est pourri, poisseux, tout droit issu de ces tous vieux juke boxes des 50s. On se croirait revenu dans les studios de Leonard Chess à Chicago. Le son bien gras de la Gibson dirige les débats. Le "Right string but the wrong yo-yo" de Willy Perryman (Piano Red, Doctor Feelgood), répercute des sonorités surannées. Hilares, les musiciens s’abandonnent au plus profond de cette plage à la cacophonie mesurée ; et pour cause, Chris Beers tape dur sur ses fûts. Instrumental, "Fruit boots" (NDR : une compo qui figure au répertoire du saxophoniste Red Prysock) poursuit dans le même style. Ken Plum fait hurler son saxophone, pendant que Bill accorde un solo époustouflant sculpté dans le West Coast jump, réveillant en notre for intérieur, les meilleurs plans du légendaire Hollywood Fats. Le Big Beat ne desserre pas son étreinte. Toujours aussi infecté par ce R&B qui rocke, "Twenty-five lies" met en exergue, une nouvelle fois, la complicité entre les différents instrumentistes. Lorsque le combo change radicalement de style, ni la chaleur ni la qualité n’en font les frais. "City girl" emprunte un Bo Diddley beat imparable. Le son des cordes est pourri à l’extrême. Billet et Nick Moss sont réunis pour notre plus grand bonheur ; et le retour de Gerry Hundt à l'harmonica est un régal pour les oreilles. Le "Honey bee" de Little Milton nous replonge dans un R&B dévastateur, tempétueux, dansant. Cette plage autorise des échanges lumineux entre l'orgue et la guitare très largement amplifiée. Hundt souffle alors dans un registre très Sonny Boy Williamson pour exécuter "Back in the game", un Chicago shuffle issu de de la plume de Bill Towber. Ce superbe album s’achève par "Stay tuned!", une plage instrumentale, théâtre d'échanges entre les différents solistes, dont les deux gratteurs réunis, Easy Bill et Nick Moss. Le pied!

mardi, 21 novembre 2006 02:00

The lady and Mr. Johnson

Aurora ‘Rory’ Block est née en 1949. A Princeton, dans le New Jersey. Elle a passé sa jeunesse et son adolescence à New York, dans les quartiers branchés de Soho et de Greenwich Village, où elle a pu prendre part au mouvement folk qui a marqué les années 60. Ce qui lui a permis de côtoyer des artistes comme John Sebastian, Maria Muldaur ou encore Stephan Grossman; mais également des grands noms du blues rural et primaire tels que Mississippi John Hurt, Skip James, Son House et Reverend Gary Davis. C’est à cette époque qu’elle a procédé à son immersion dans le blues traditionnel, expression qu’elle n’a depuis plus guère quittée. Elle est demeurée fidèle, durant une vingtaine d'années, au label Rounder, pour lequel elle a concocté de nombreux albums (NDR : le premier, "High heeled blues", est paru en 1981). Au cours des dernières années, Rory a décroché la bagatelle de quatre WC Handy Blues Awards. Depuis "Last fair deal", paru en 2003, elle est passée chez Telarc, pour lequel elle a encore commis "From the dust" en 2005. Son dernier projet remonte à l'année dernière. Un opus consacré à Robert Johnson, au cours duquel elle a pris le soin de respecter l'esprit du légendaire musicien, en épousant la tradition du Delta Blues. Faut dire qu’elle a été surprise et en même temps ravie d’apprendre que Johnson n'était pas parti sans descendance. Un fils, des petits-fils et des arrière-petit-fils vivent ainsi dans le Mississippi. Sur l’image de la pochette de cette nouvelle œuvre, derrière l'énigmatique Rory, on aperçoit le sourire espiègle d'un jeune noir. Il s’appelle Richard Johnson et ressemble étrangement à son bisaïeul…

Rory attaque le canon du blues "Cross Road blues", une pointe d'agressivité dans la voix. On reste pantois devant la technique, le talent et l’assurance manifestés à la slide par cette femme si respectueuse de ce blues d'avant-guerre, vieux de soixante ans déjà. Elle embraie par "Preaching blues". Le bottleneck suit à la trace les interventions vocales plutôt assez âpres. Miss Block retrace la mythique épopée du génial Robert, en treize chapitres. Un prestigieux défilé, au cours duquel se succèdent "Walking blues", "32-20 blues", "Terraplane blues", "Me and the devil", "Come on in my kitchen", et "If I had possession over judgement day". Rory a fort bien saisi la complexité du jeu de Robert. Bien sûr si elle n'est certes pas la première à dépoussiérer le répertoire extraordinaire de ce personnage trop tôt disparu ; mais elle accomplit sa mission avec une passion jamais prise en défaut…

 

lundi, 16 janvier 2006 02:00

Big Blue

Barbara est née à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Elle a toujours eu le blues. Une passion qu’elle a pu manifester en rejoignant une multitude d’artistes sur les planches. Et en particulier Taj Mahal et son Phantom Blues Band, Delbert McClinton, les Nighthawks, Marcia Ball, et la liste n’est pas exhaustive… Elle a monté son propre groupe en 1989. Depuis, elle s’est établie à Memphis ; et chaque semaine, depuis maintenant sept ans, elle chante dans Beale Street. Barbara compte trois albums à son actif : "Out of the blue", "Sell my jewellery" et ce « Memphis 3rd & Beale », un disque dont la sortie remonte quand même à 2004. De quoi nous faire patienter jusqu’à son nouvel opus prévu pour début 2006 et qui s’intitulera "Love, money can't buy". Ce troisième elpee a été enregistré à Los Angeles en compagnie des musiciens du Phantom Blues Band de Taj Mahal ; mais aussi du guitariste Johnny Lee Schell, du drummer Tony Braunagel, du claviériste Mike Finnigan et du bassiste Larry Fulcher.

Les Texicali Horns allument la mèche de cet opus. Darrell Leonard à la trompette et Joe Sublett au saxophone s’en donnent à cœur joie. Un tel R&B nous rappelle que nous sommes bien à Memphis, au cœur de Beale Street. Barbara possède une superbe voix. Elle attaque "24-7-365" d’un timbre fort proche de celui de la pianiste Marcia Ball. Un style qu’elle reconduit pour "Rainy night in Memphis". Les changements de rythmes sont colorés par l'orgue de Mr Finnigan. JL Schell dispense un bon solo. John "Juke" Logan ébauche quelques timides phrases à l'harmonica. Barbara a repris deux compos signées Bobby Boyd. Tout d’abord l'excellent "I don't need no man like that". Du pur R&B bien cuivré imprimé sur un tempo modéré. Ensuite le superbe "If I had you", une ballade lente très Stax. Boyd est un compositeur texan qui a beaucoup sévi à Nashville où il a écrit pour Garth Brooks et Conway Twitty. Il est aujourd'hui à établi à Austin où il est surtout connu pour ses collaborations opérées en compagnie de Stephen Bruton et de WC Clark. Barbara chante "Red Cadillac & the Blues", un blues rythmé auquel participent d’une manière impeccable et très professionnelle des musiciens de Taj Mahal. Miss Blue possède une voix puissante dont le timbre est susceptible d'éclater à tout instant. Pas étonnant qu’elle soit parfois comparée à la regrettée Janis Joplin. Et sa version du "Don't put no headstone on my grave" en est la plus belle illustration. Un blues lent signé Charlie Rich (NDR : disparu depuis dix ans, cet illustre chanteur de country interprétait avec le même bonheur le rock'n'roll, le gospel et le R&B) et parcouru par le magnifique sax de Sublett. Caractérisé par une nouvelle prouesse vocale de Barbara, son "The road comes to me" demeure dans le blues. Elle attaque le "All night long" de Nancy Apple (NDR : elle est considérée comme la reine de la musique country à Memphis). Braunagel donne le groove nécessaire à ce boogie shuffle. Juke Logan s'époumone dans les aigus de son harmo pendant que la slide de Jimmy Lee soupire… Barbara prend même la direction de Chicago pour chanter "Careful blues". Mr Logan est heureux de souffler comme au bon temps du Southside. Schell se prend pour Jimmy Rogers et Finnigan pour Otis Spann. Un tout bon classique ! Elle exécute à la perfection une version funky du "Lie no better", une compo issue de la plume du Texan Gary Nicholson, avant d'entonner, la voix emplie d’émotion, la jolie mélodie du "Lake Charles" de Lucinda Williams. Le rythme hypnotique et l'orgue Hammond préludent une plage très attendue : "One good man", un des grands blues de Janis Joplin. Miss Blue confère à ses vocaux toute l'intonation et la pugnacité nécessaire. Et elle ne doit guère forcer pour atteindre son but! Cet opus d’excellente facture s’achève par une autre composition de Nancy Apple : "You can't stop my love". Les accents du jazz traditionnel y sont entretenus par la trompette de Darrell Leonard. Barbara partage le chant en duo avec un Mike Finnigan qui a emprunté un timbre très Satchmo.

 

samedi, 31 décembre 2005 02:00

Sparkle and shine

The Blue Voodoo (Delta Acoustic Blues Band) nous vient de Vancouver, au Canada. Une formation drivée par les chanteurs/guitaristes Ted Tosoff et Rick Dalgarno. Un line up complété par le drummer black Chris Weekes et le bassiste Daniel Ross. « Sparkle and shine » constitue leur deuxième opus ; il fait suite à "Ride", paru en 2003. Le Blue Voodoo pratique un blues rock teinté de roots music. Un style bien américain, à la fois rafraîchissant et original. Les quatre musiciens chantent. Leurs timbres sont sensiblement différents. En outre ils se partagent toute une panoplie d'instruments. La production est judicieuse et permet de découvrir un monde musical souvent très personnel. Si le blues est omniprésent, parfois même classique, dans un registre qui oscille du Delta à Chicago, les références roots sont incontestables, lorgnant le plus souvent vers Little Feat ou The Band.

Dès le premier titre, la formation plante le décor et s'engage sur les pistes bien poussiéreuses du Sud. Superbe entrée en matière, "Walkin' shoes" est balayé par la slide acoustique de Rick. Le chant est bien posé, puissant. Bryon Tosoff a apporté son concours au piano. Une compo qui évolue dans un registre proche d'Elmore James, lorsqu’il était encore biberonné par son Mississippi natal. La même équipe s’attaque à "In the end", une ballade très roots, plutôt folk. Les instruments acoustiques dominent inévitablement leur sujet ; et en particulier les guitares à six et douze cordes. Elles se conjuguent sur des chemins qui mènent à la Nouvelle Orléans, pendant que le piano roule. Les deux guitaristes abordent "Like it that way". Toujours sous une forme acoustique, nonobstant l’intervention toute en subtilité des percus de Weekes. Incontestablement, "Railway blues" plonge dans l’univers étrange et syncopé de Little Feat. Plutôt écrasants, les percussions et le djembé de Chris évoluent à l’avant-plan. Rick et Ted chantent à l'unisson. Au sein de cet univers sonore en expansion, les guitares éclatent de partout. "Full circle" observe une démarche semblable ; mais avec davantage de simplicité. A cause des sonorités limpides du dobro et puis de l’orgue dispensé par Ted. Les trois comparses chantent cet hymne du Sud. Ils s’échangent questions et réponses, sous une forme presque tribale. Et le résultat est excellent! Le trio s'enfonce dans le pays des bayous pour implorer le vaudou. Un "Voodoo man" au cours duquel les musiciens troquent leurs instruments : guitares, claviers, harmonica. Un cocktail sonore qui rayonne au contact du timbre d'outre-tombe de Papa Slim. Magique ! Ted Tosoff chante le titre maître. Un morceau au cours duquel énergie, électricité et rock'n'roll font bon ménage. De sa voix nasillarde, Ted interprète "Come Tom baby", un blues lent presque classique. Rick se réserve la slide. Dan et Chris échafaudent une base rythmique particulièrement solide. Episodiquement, un dobro, un orgue, un djembe ou un harmonica font leur apparition."Goddam thing" emprunte un riff stonien. Don Ross (le bassiste !) a empoigné la guitare solo ; mais ce sont les cordes acoustiques qui prennent le large. Superbe ! La voix de Chris a pris une intonation plus grave, ténébreuse, pour affronter "Today", une ballade roots rock quasi pop. La voix rocailleuse de l'énigmatique Papa Slim revient hanter "Wake up", un morceau imprimé sur un Bo Diddley beat. Cet elpee de très bonne facture s’achève par "Tower of love". Le dosage entre blues et roots s’avère toujours aussi savoureux. Les voix et les guitares ne demeurent jamais en place. Et si vous voulez assister à un set de Blue Voodoo, sachez qu’ils ouvriront leur tournée ce 27 janvier à Leiden, aux Pays-Bas…

 

mardi, 26 septembre 2006 03:00

Under construction

Issue de la région de Milwaukee, cette formation s'est constituée en 1990. Le chanteur/harmoniciste "Barefoot" Jimmy Schwarz et le bassiste Kent ‘The Colonel’ Knapp en sont les fondateurs. Originaire du Texas, Paul Stilin est préposé à la guitare. Pas de drummer attitré, cependant, puisque ce rôle est partagé entre quatre collaborateurs, tout au long de cet opus !

La puissance du souffle de Jimmy Schwarz impressionne dès les premières notes de "Brady street". L'orgue Hammond de Ron Kovach tapisse le décor sonore. Paul se réserve le premier solo à la guitare. La voix de Jimmy est bien timbrée. Mais lorsqu’il pousse des cris, il élève son registre à la manière de Johnny Winter. "Dancin' woman" rappelle immanquablement le célèbre "Wang dang doodle" de Willie Dixon. Du bon Chicago blues au cours duquel Jimmy hausse facilement le ton de sa voix. Les chœurs des musiciens le soutient lorsqu’il attaque "Dancin' woman", à l'harmonica. Le leader démontre qu'il a beaucoup écouté Little Walter. Et surtout opéré une parfaite synthèse du maître. Mais il restitue cet acquis d’une manière très personnelle. Le résultat est en tout cas très probant ; d'autant plus que Jack Cole - un invité – se montre assez habile aux cordes. Schwarz a pratiquement composé toutes les chansons de cet opus ; mais la plupart du temps en s’inspirant des classiques du blues urbain. Il se révèle très proche de Slim Harpo sur "Takin' the carseat out". Constituée de Kent et Matt Liban, la section rythmique tisse une trame funky. La guitare fragile de Stilin sort de sa réserve ; mais c’est surtout le leader qui tire son épingle du jeu. Il concède un solo d’une puissance constante, ne s’accordant aucun répit. Le jeu développé par le guitariste s’avère plus franc et direct tout au long du slow blues classique "Fine woman blues". Blues bien rythmé, "Blues machine" rappelle le notoire "Born in Chicago" de Nick Gravenites. S’échangeant questions et réponses, les guitares de Paul Sitlin et Jack Cole s’affichent. Ballade blue, "Testify" opère un retour à l'orgue Hammond pendant que Barefoot se ménage une nouvelle escapade sur la musique à bouche. Invité de marque, Jim Liban (NDR : le maître de Jimmy !) apporte son concours à "Gettin' old", une plage qui rocke et rolle. Cet harmoniciste talentueux ne jouit pourtant pas d’une grande notoriété extra-muros. Changement de cap pour "Please leave me". Proche de Slim Harpo, Lazy Lester ou Jimmy Reed, cette plage baigne au sein d’une ambiance nonchalante réminiscente des swamps louisianais. Toujours bien présent, l'orgue de Kovach épaule les cordes de Stilin pendant que Barefoot privilégie les aigus sur son harmo diatonique. "Keep your hands off my daughter" se traîne sur un tempo indolent. La guitare est très acide. Schwarz et Zoe Whorall se partagent les vocaux. Jimmy force un peu trop sa voix sur "Seven Gs" pendant que deux harmonicistes rivalisent : le maître et son fils spirituel. Soit Jim Liban et Jimmy Schwartz. Vainqueur aux points : le maître ! Dommage que ce morceau soit si faible. Jeff Harrington joue de la slappin' basse sur "My baby", une bonne compo imprimée sur un rythme syncopé! Schwarz a écrit "Barefooot Jimmy", une chanson autobiographique, un peu à la manière de Paul Butterfield. A ses débuts ! Le souffleur possède des poumons d’acier. Et il le démontre encore lors du shuffle instrumental "Under construction". Très jump, ce fragment fait la part belle aux six cordes de Paul Stilin et de Jack Cole (NDR : sur sa Telecaster) ; mais également Marc Wilson à la basse acoustique. De bonne facture, cet opus s’achève par la version démo de "Gettin' old" ; mais pour la circonstance, sans Jim Liban!

 

mardi, 15 août 2006 03:00

Home

Blues Lee est une formation belge. Limbourgeoise très exactement. Elle est née en 1995. Deux ans plus tard, elle était déjà invitée au Belgium R&B Festival de Peer. Depuis, elle s’est produite sur de nombreuses scènes européennes et même en Afrique du Sud ainsi qu’aux Caraïbes. Elle a commis son premier elpee en 1999 : "Fame's got a name". Un live ! Il sera suivi de "Bubba" en 2001 et "In the crack of the map" en 2004. Le line up réunit cinq musiciens : Bies Biesmans, alias JB, au chant, à l’harmonica et aux saxophones, Karel Phlix aux guitares, Jan Corthouts à la six cordes rythmique, Jan Ieven (ex El Fish) à la basse, au tuba et aux percussions ainsi qu’Yves Bosmans aux drums.

Bies, Karel et Jan se partagent l'écriture des douze plages de ce nouvel opus. La guitare de Karel ouvre le feu pour introduire "Honey please don't", une compo imprimée sur un tempo assez soutenu. JB chante et alterne ses interventions entre l'harmonica et le saxophone. Les arrangements sont bien travaillés. Les lignes de basse sont apportées par le tuba. Investie par les percus, l'atmosphère est très louisianaise. Largement amplifiée, la guitare continue de diriger les débats tout au long du plus funky "Liar". Les vocaux sont impeccables. Karel, Jan et Yves apportent leur concours aux chœurs. JB excelle au saxophone ténor pendant que la basse de Ieven virevolte sur une toile de fond sonore à la fois dense et remarquable. "For a ride" change une nouvelle fois de registre. Une ballade jazzy bien ciselée. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l’univers d’un Steely Dan. La voix de Bies domine magistralement les arrangements ambitieux où tous les instruments trouvent leur place. Tout en finesse, le solo jazz de Karel Phlix fait merveille face à la sonorité étrange, désuète du violon de Niels de Caster. Au sein de ce décor, on distingue bien les deux saxophones : celui de JB et puis d’un invité, l'ami Gert Servaes (Big Mama's Kitchen, Dizzy Dimples). Amusant et dansant, presque cow-boy dans la démarche, "Hillbilly Joe" constitue un interlude country. Nils de Caster s’y éclate entre violon, lap steel et mandoline. Blues rock primaire, "Lazy ways" campe un shuffle à la texane. La démarche est très simple. L'impact direct. Soutenu par une section rythmique solide comme du béton, JB souffle dans les aigus comme un Jimmy Reed inspiré. La voix de Bies est susceptible de changer de registre. A l’instar de "Peaceful soul", une parenthèse roots insérée au sein de cet opus assez électrique. La guitare acoustique de Jan se frotte pour la circonstance à l'harmonica. Blue Lee emprunte alors des routes bien étranges, poussiéreuses… Karel fait glisser son bottleneck sur la guitare Resonator. Il trace ce chemin tant redouté : "Destination Hell". La rythmique s'alourdit. Les musiciens ne doivent-ils pas croiser la route du diable en personne? L'ensemble s'emballe. L'harmonica pousse des cris d'effroi. Le démon doit leur avoir insufflé une sacrée dose d'énergie pour exécuter un rock'n'roll boogie échevelé de la trempe de "Nicole". Tous les musiciens poussent Karel, leur soliste, à l'avant-plan, tandis qu’un autre invité, Patrick Cuyvers (Hideaway), malmène son piano. Compo originale, "Seven days" ne maque pas d’intérêt. Biesmans chante autoritairement cette excellente plage couverte d’accents menaçants. Ce southern rock rocailleux se mue cependant en western, lorsque les cordes réverbérées et le sax soprano se mettent à disserter face à une machine rythmique surprenante, de laquelle émerge la basse fantomatique de Ieven. Cette flambée de fièvre s’achève par un délire instrumental intégral. Blues Lee concède "Shovin'", un excellent instrumental très jump et swing. Au cours de cette plage les différents instrumentistes rivalisent de virtuosité. Le titre maître est très complexe. Il s’ouvre tout d’abord dans le rap. Et face aux percussions syncopées d'Yves, l'orgue Hammond de Cuyvers épouse un profil très funk. La production de Ieven est ici encore mise en évidence. Divertissant mais discutable, "Blind bold & barefooted" achève cet opus qui a le défaut de ses qualités : il fourmille probablement de (trop) nombreuses idées.

 

 

mardi, 11 avril 2006 03:00

Bastardos

Blues Traveler est un jam band qui évolue au sein d’un créneau particulièrement dynamique depuis une quinzaine d'années. Il n’a, bien sûr, pas inventé le style ; la paternité revenant au Grateful Dead, il y a déjà plus de quatre décennies. Et parmi les jam bands de référence, on pourrait également citer Allman Brothers Band, dont la notoriété et la longévité n’est plus à démontrer. Comme son nom ne l'indique pas, Blues Traveler n'est pas un blues band ; même si d'évidence le blues n'en est pas absent. Le groupe s'est formé à Princeton, dans le New Jersey, en 1983. Cette formation compte déjà plusieurs elpees à son actif, dont "Blues Traveler" paru en 90, "Travelers & thieves" en 91 et "Save his soul" en 92. Commis en 1994, "Four" rencontre un succès considérable. Un engouement qui va les décider à immortaliser un double live : "Live from the Fall", en 1996. Et l’année suivante, ils gravent "Straight on till morning". "Bastardos" constitue le huitième album studio. Au sein de B.T. sévit un harmoniciste fabuleux, unique en son genre : John Popper. Il est épaulé par le guitariste expérimenté Chandler "Chan" Kinchila et le drummer Brendan Hill tient. Pourtant, c’est à cette époque que le combo décide de faire un break. En 1999, le bassiste originel (Bobby Sheehan) disparaît. Mais le quartet se mue en quintet, le line up s’enrichissant du bassiste Tad Kinchila, le frère de Chan, et du claviériste Ben Wilson. Sous cette formule, B.T. a concocté deux elpees : "Bridge" en 2001 et "Truth be told" en 2003. "Bastardos" est un opus très élaboré tout au long duquel les musiciens ont appris à se discipliner.

L'initiation au voyage débute par "You can't stop thinking about me". Aucune trace de blues ici. Un périple quelque peu psychédélique opérant un travail sur les voix tout en libérant la guitare aérienne de Chan. En outre, les claviers confèrent un aspect grandiose à cette plage. Cette expérience se poursuit tout au long d’"Amber awaits". Le son est chiadé. John sort l'harmo de sa poche. Mais son intervention est trop brève. Un puissant riff rythmique introduit "After what". La ligne mélodique est stable. La voix de John est excellente, mais la musique est complexe. L’œuvre est tellement homogène qu’on éprouve de grosses difficultés à discerner les différentes plages, lors de la première écoute. Popper opère quelques sorties savoureuses sur son harmonica. A l’instar de "Can't win true love". Mais ces instants de bonheur s’avèrent de trop courte durée. "Bastardos" est un opus au cours duquel les chansons prennent le pas sur l’instrumentation. Une plaque qui recèle encore deux ballades empreintes de douceur ("Leaning in" et "She isn't mine") et le très puissant "Rubberneck". Quoique solide, Blues Traveler n’a pas sculpté son "Bastardos!" dans le blues, mais dans le blues roots.

mardi, 13 juin 2006 03:00

You & me

Joe Bonamassa est originaire de l'Etat de New York. Un très jeune guitariste qui est monté sur les planches, à l’âge de 12 ans. Il s’est ainsi produit en première partie de BB King qui en fut, parait-il, fort impressionné. Ce dernier n’hésita alors pas à le qualifier de jeune prodige ou de ‘légende en devenir’! Joe commet son premier album en 1999 : "A new day yesterday", un opus produit par Tom Dowd. D'autres suivront, tel "Blues de Luxe", paru en 2003 (NDR : l’année du blues !) Son dernier elpee, "Had to cry today", remonte à 2004 ; mais depuis le label Provogue a décidé de rééditer toute sa discographie. Dernièrement, Bonamassa a été intronisé comme membre de la vénérable Blues Fondation.

Ce nouvel opus a été concocté sous la houlette de Kevin Shirley (Led Zeppelin, Black Crowes, Aerosmith). Pour la circonstance, Joe est soutenu par Rick Melick aux claviers, Carmine Rojas à la basse et Jason Bonham - le fils du regretté John du Led Zeppelin - aux drums, bien sûr.

"High water everywhere" ouvre la plaque sous les meilleurs auspices. Une compo écrite, il y a plus de 60 ans, par le mythique Charley Patton. Un traitement rockin' blues a été administré au chant du Delta. Une chanson qui relate la crue dévastatrice du Mississippi qui s’est produite en 1927. Joe fait ici, vous vous en doutez, une allusion à peine voilée au récent cyclone Katrina, responsable de la destruction d’une bonne partie de la Nouvelle Orléans. Son chant est grave, respectueux. Il n’en remet pas une couche. Sa guitare épouse le timbre de sa voix. Il libère progressivement de petits flots de notes, pendant que la section rythmique accentue ce ton volontairement dramatique. Il aborde son "Bridge to better days" dans son style bien à lui : du hard rockin' blues bien solide, sans pour autant s’embourber sur terrain lourd. Le chant peut rappeler celui de Paul Rodgers, un vocaliste qui militait naguère chez le Free. En outre, il bénéficie du concours d’un pote : Pat Thrall. Guitariste expert, il a longtemps côtoyé Pat Travers. Une histoire qui date quand même de plus de vingt ans. Slow blues assez sirupeux, "Asking around for you" est cuivré à la manière de BB King. Une technique que le maître adoptait régulièrement dans le passé. Mais si la démarche peut effectivement s'identifier à celle du glorieux bluesman de Memphis, elle évolue cependant dans un registre plus proche de Gary Moore que du vénérable King. Joe persévère dans le blues lent, mais sous une forme plus classique, pour interpréter le notoire "So many roads", une compo immortalisée autrefois par Otis Rush, un des fleurons du Chicago Westside. A moins que ce ne soit par l'Anglais Peter Green, qui en fit une excellente version sur l'album "Hard road" des John Mayall's BluesBreakers. D’ailleurs, en injectant une bonne dose de réverbération dans le son, il se révèle davantage disciple de Green que de Rush! En outre, sa voix libère tellement d’émotion ! "I don't believe" est un titre que j’apprécie tout particulièrement. Une plage écrite en 1956 par Don Robey et reprise par le brillant Bobby Bland. Le Bonamassa Quartet l’exécute de manière directe, primaire, sans le moindre artifice ; et c'est sans aucun doute la meilleure recette. Issu de la plume de Ry Cooder, le très sudiste "Tamp em up solid" manifeste beaucoup de sobriété et de douceur. Une plage qui se mue ensuite en hommage à Django Reinhardt. Intitulée explicitement "Django", elle est abordée à la manière d’un Jeff Beck des bons jours. Le son réverbère pas mal d’écho. Une recette adoptée déjà par Jeff, au cours des années 60, lorsqu'il enlevait sa version du Boléro de Ravel. Jason Bonham a hérité de son père le don exceptionnel de marquer le tempo. Se sentant si bien soutenu, Joe s'attaque à un chef d'œuvre de Led Zeppelin : "Tea for one" (NDR : commis sur l’elpee "Presence"). Plus de neuf minutes au cours desquelles il se complait à jouer les rôles de Jimmy Page et de Robert Plant (NDR : il se montre cependant bien plus efficace dans la peau du premier). La cover du "Your funeral and my trial" de Sonny Boy Williamson II n’est pas très conventionnelle. Melick siège derrière son orgue tandis que sort de l'ombre la frêle silhouette de LD Miller, un gamin de 12 ans, qui souffle comme un possédé dans son harmonica. Cet opus de bonne facture s’achève par "Torn down". A l’instar du début de l’album, il s’inspire du sud profond. Avant de virer au boogie collectif…