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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 07 juin 2017 19:46

Chills & Fever

Agée d'à peine 28 ans, Samantha Fish est une jeune femme particulièrement séduisante. Née à Kansas City, dans le Missouri, elle compte déjà une belle carrière comme chanteuse, guitariste et compositrice. Son univers de prédilection ? Le blues/rock ! Il y a quelques années, elle a signé chez le label allemand Ruf, pour lequel elle a déjà publié trois albums solos, "Runaway" en 2011, "Black wind howlin'" en 2013 et "Wild heart" en 2015. Début de cette année, elle a tourné en Europe en proposant un répertoire énergique, taillé dans le rockin' blues, s’autorisant même des moments de bravoure, réminiscents de Jimi Hendrix.

Ce "Chills & Fever" adopte un registre radicalement différent, intégrant des éléments de soul, r&b, country et americana. Les sessions se sont déroulées à Detroit, au studio The 45 Factory, sis non loin de la Motor City, en compagnie de musiciens locaux. Tout d’abord le guitariste rythmique Joe Mazzola, le bassiste Steve Nawara et le drummer Kenny Tudrick, soit des ex-membres de The Detroit Cobras. Mais aussi le claviériste Bob Mervak ainsi qu’une section de cuivres néo-orléanaise constituée du trompettiste Mark Levron et du saxophoniste Travis Blotsky. Et pour enregistrer cet elpee, Samantha s’est réincarnée en chanteuse de musique soul/pop des années 50 et 60. Pourtant, même si on ne comprend pas trop la soudaine reconversion (temporaire?) de Miss Fish, il faut confesser que cet opus découpé en 14 reprises, tient parfaitement la route…

La cover du "He did it" de Jackie DeShannon, un morceau de pop rock'n'roll vintage, est une belle réussite. Les Ronettes l’avaient traduite en tube, dès 1965. Savoureux, "Chills & Fever" trempe dans le r&b. La rythmique est légèrement ska et la guitare, bien allumée. Piano électrique et sax baryton participent activement à la texture de l’expression sonore. Barbara Lewis a décroché un hit, en 1963, en gravant "Hello stranger", une ballade soul/pop atmosphérique. Samantha se concentre sur son chant. Swamp r&b bien nerveux, "It's your voodoo working" est une chanson que Charles Sheffield avait publiée sur le légendaire label Excello, en 1961. Caractérisé par ses envols de gratte très rythmiques, "You can't go" est un excellent r&b. Tout comme "Little baby", mais dans un registre davantage Tamla Motown. Les derniers titres de ce long playing sont certainement les plus intéressants. A l’instar du blues/rock "Crow Jane", une composition du légendaire Skip James, remise au goût du jour. Littéralement dévastatrices, les sonorités de guitare sont manifestement contemporaines.

La version cd recèle deux bonus tracks. Tout d’abord le "Somebody's always trying" de Ted Taylor, un titre paru en 1964. Samantha chante passionnément ce r&b aux accents pop, dans l’esprit d’un Ray Charles au sommet de son art. Ce qui ne l’empêche pas de libérer frénétiquement ses cordes. Et puis "I'll come running over", une chanson que le célèbre producteur anglais Bert Berns avait écrite pour Lulu, de son véritable nom Marie McDonald McLaughlin, en 1965. Et la nouvelle version aurait pu figurer au catalogue du label Stax.

 

mercredi, 07 juin 2017 19:43

Man on fire

Fondé en 20017, ce quintet est issu de l'ouest du Canada. Pratiquant une forme de cocktail entre blues, rock'n soul et funk, il a acquis une solide notoriété, pour son énergie débordante, sur les planches. Le line up implique le chanteur/harmoniciste Dan Shinnan (NDR : c’est également le leader !), le bassiste Nigel Hase, le drummer Emmet VanEtten ainsi que les gratteurs Chad Holtzman et Yuji Ihara (NDR : il est de nationalité japonaise !) A l’actif de ce band, trois elpees : "Groove on or bug out", paru fin 2009, "I try and I try and I don't know what to do", en 2011, et enfin, "Alive", en février 2016.

En ouverture, "Players Blues" est tapissé par un véritable mur de cuivres. Une densité sonore qui évoque le style Chicago. Eraillée, pour ne pas dire ravagée, la voix de Shinnan traverse rapidement ce rempart. Qui laisse s’infiltrer l'orgue de Marc Arnould. Le premier billet de sortie est accordé à une guitare dont les sonorités acérées, évoquent inévitablement Carlos Santana. "Whole lotta gravy" élève le tempo. Un funky boogie au cours duquel les chœurs des musicos épaulent la voix du leader, pendant le refrain. Talonnée par l’harmonica, la guitare finit par s'incruster et surtout prendre son envol. Des cuivres marchent sur les traces de riffs bien rythmiques en intro de "Foolish mind", une plage qui ne manque pas de charme. Bien enlevé, "Shaker down below" est sculpté dans du funky blues. L’harmo se libère des cuivres. Graveleuse, la voix semble hantée par feu Joe Cocker. Shinnan se déchaîne sur son harmo tout au long du boogie ravageur, "Easy to see". Puis il se réincarne en James Brown pour attaquer "Get one on ya". Cet LP s’achève comme il a commencé. Un mur de cuivres amorce "Man on fire", avant de céder le relais aux guitares… allumées.

 

mercredi, 07 juin 2017 19:42

Working on a plan

Le Big Time Bossmen est une formation belge qui pratique du roots rock. Pourtant, à l’origine, sa musique baignait exclusivement dans le rockabilly. Au fil du temps, elle a donc évoluée. Issu de Wetteren, ce groupe réunit David Bauwens (chant, sèche), Piet Vercauteren (guitares), Bruno Dierick (basse) et Rien Gees (batterie). Et signe les douze des treize compositions de cet opus.

Une seule reprise, celle du "5-10-15 hours" de la chanteuse Ruth Brown. La version originale remonte à 1952, et l’adaptation est excellente. En ouverture, "Make my way" rappelle l’époque rockabilly du combo. Mais encore "Wouldn't that be great", morceau au cours duquel Piet Vercauteren brille aux cordes, le titre maître, et "The effect I have on women", une piste davantage roots, qui met en exergue le violon de Dirk Naessens. Les Bossmen sont également à l’aise dans l’univers du swamp rock. A l’instar de "Baby what's wrong", une plage tapissée par l’orgue Hammond de Pieter Akkermans, mais aux accents Creedence. Ainsi que de "Sneaky messaround", un morceau qui creuse dans la même veine. Le long playing recèle également des compos plus enlevées, proches du boogie. Le puissant "The last fuck", caractérisé par des cordes caustiques et la finale "Take no prisoners", en sont de belles illustrations. Ballade roots, "Wolfman" est de toute beauté. La voix est impeccable. Les sonorités métalliques et réverbérées de la guitare et celles de la slide (Dirk Lekenne, un disciple de Ry Cooder, s’y consacre) font alors vraiment la différence. Infiltré par l’orgue Hammond, "Bartender" adopte un profil swamp r&b à la Slim Harpo ; et Piet Vercauteren signe ici sa plus brillante sortie…

 

mercredi, 07 juin 2017 19:41

Golden Boy

Bill Homans, alias Watermelon Slim, est originaire de Boston. Ce vétéran de la guerre du Vietnam foule les planches depuis plus de quarante années. Il puise ses racines musicales, essentiellement dans le delta du Mississippi. Le dobro, la slide et l’harmonica sont ses instruments de prédilection. De l’Oklahoma à l’Oregon, l'artiste a beaucoup voyagé ; mais depuis 5 ans, il s’est établi au centre névralgique du delta blues, Clarksdale, dans le Mississippi. Il avait publié l’excellent "Bull Goose Rooster", en 2015. Les sessions d’enregistrement de ce "Golden Boy" se sont déroulées au Canada, à Winnipeg très exactement. Bill y a reçu le concours de nombreux amis musiciens. L’elpee recèle dix plages, dont sept compositions personnelles et trois reprises !

Taillé dans les riffs de gratte bien électriques, "Pickup my guidon" ouvre la plaque. Un Delta blues au cours duquel, épaulée par des chœurs, la voix est relativement ravagée. Le piano de Jeremy Rusu est le premier à sortir de sa réserve, bientôt rejoint par la slide. "You're going to need somebody on your bond" est une compo signée Blind Willie Johnson. Un country/blues acoustique, particulièrement roots, que chante le leader, d’une voix grave, en s’accompagnant au dobro. Des sonorités spatiales étranges introduisent le lugubre "WBCN", fruit d’un cocktail entre country et folk celtique. Les percussions de Joanna Miller s’intègrent impeccablement au sein de cette texture sonore tramée par les ivoires et l’accordéon. Un chant tribal, de nature amérindienne, amorce le puissant "Wolf City". Singulièrement amplifiées, les cordes sont soutenues par les percus… tribales. Slim et des chœurs masculins interprètent "Barrett's Privateers", a capella. Imprimé sur un mid tempo, "Mean streets" est un boogie dépouillé. La voix est talonnée par la slide. Les percus de Miss Collins sont sommaires. Big Dave McLean souffle dans son harmo. Country/roots, "Cabbage town" est une très belle chanson caractérisée par le dialogue établi entre la voix extrêmement grave et les chœurs. Minimaliste, l’instrumentation se résume au piano, à l’harmonica et à la mandoline. Watermelon Slim et Scott Nolan coproduisent l’opus. Ce dernier se consacre aux percus, à la guitare et assure les backing vocals sur "Winners of us all", une composition issue de sa plume, alors que Rusu se réserve la clarinette. Très roots, cet LP intimiste se conclut par "Dark Genius", une autre fort belle composition, illuminée par cette slide si bien maîtrisée.

 

samedi, 03 juin 2017 19:02

It's time

Steve Kozak est un vétéran de la scène blues de Vancouver. Il y déjà plus de 30 ans que ce Canadien écume les routes. Ce chanteur/guitariste est spécialisé dans le style West Coast. Il a décroché un Maple Blues Award, en 2012. A son actif trois elpees : "West Coast Blues Revue", paru en 2003, "Hoot 'N Holler", en 2007 et "Lookin' at Lucky", en 2012. Les sessions se sont déroulées dans son fief, sous la houlette de Matthew Rogers, impliqué au sein du duo canadien, The Harpoonist and the Axe Murderer. Un tandem qui a également participé à l’enregistrement de l’opus.

Si en général, Steve n'abuse ni du jump ou du swing, il s’y plonge allègrement dès l'ouverture, "Cane Sugar sweet", une plage qui met en exergue le piano ainsi que les saxophones ténor et baryton de Jerry Cook, et y revient, ultérieurement, sur "That's cool with me". Kozak explore davantage les différentes facettes du Chicago blues. Comme sur le "You may" de Jody Williams, un musicien de studio très prisé, notamment par Howlin' Wolf et Billy Boy Arnold. Saturées, les cordes y sont chargées de feeling. Et "Every night and every day", une compo signée par l'éminent spécialiste du Chicago Westside, Magic Sam. Soulignée par l'harmonica de Shawn Hall, la version est classieuse. Ce dernier apporte à nouveau son soutien aux cordes de Steve sur le swing blues "Tell me why" ainsi que lors de la finale "Goin' fishin'", une piste bien imprégnée du son Chicago Southside. Parmi les bonnes surprises, on épinglera "Trouble", un rock/blues des bayous à la coloration louisianaise manifeste. Chargées de reverb, les grattes de Steve et de Matthew Rogers n’ont alors jamais été aussi proches de celles des frères Forgety (Creedence Clearwater Revival). Le Texan Anson Funderburgh signe "One woman I need", une excellente ballade soul enrichie par les cordes de Dave Vidal. Little Willie John avait décroché un hit pour "Love, life and money", il a déjà 60 ans. Soul/blues, le morceau est dominé par l’orgue et le piano, alors que les interventions de gratte, qui empruntent à Otis Rush, sont tout à fait remarquables. Et on n’en oubliera pas, pour autant, la présence d’un blues lent impeccable, intitulé "Stranger in my home town". La classe ! 

 

samedi, 03 juin 2017 18:56

Migration Blues

Ce chanteur/compositeur pratique une forme de folk blues traditionnel. C’est le fils de Léon Bibb, célèbre vocaliste de folk. Eric est originaire de New York. Il a vécu successivement à Paris, Stockholm et Londres. L'an dernier, il avait gravé "The happiest man in the world", en compagnie de North Country Far et Danny Thompson. Il est de retour au sein d’un trio, une nouvelle expérience qui implique l'harmoniciste français JJ Milteau et le chanteur/guitariste folk, Michael Jerome Browne. Les sessions d'enregistrement se sont déroulées au Québec.

En cette période où tant d’être humains fuient leur pays, théâtre d'atrocités et de souffrances, pour rejoindre un monde soi-disant meilleur, comme ont dû se résigner les Afro-américains, victimes de la ségrégation raciale dans le Sud rural des Etats-Unis, Bibb ose donc un "Migration Blues". Une œuvre qui s’ouvre par un dramatique "Refugee Moan", prêt à prendre la route de l'exil, que ce soit par train, en bateau ou sur la route! La voix d’Eric est profonde et terriblement expressive. Elle évolue au sein d’un environnement volontairement dépouillé. A l’instar de "Delta getaway","Diego's blues", le titre maître, caractérisé par les sonorités d’une grande pureté, dispensées par la Resophonic à 12 cordes, et "Blacktop". "Prayin' for shore" se penche sur le triste sort des migrants dont les embarcations n’arrivent jamais à bon port. Alors, l’harmonica sonne le glas. "Brotherly love" est un superbe hymne à la fraternité. "La vie c'est comme un oignon" est un duo instrumental partagé entre le violon de Michael et l'harmo de JJ. Il rappelle le Grand Dérangement, l'expulsion des acadiens francophones du Canada vers la Louisiane où ils vont devenir les cajuns! Eric est vraiment bouleversant quand il chante le "This land is your land" de Woody Guthrie ou lorsqu’il interprète, seul, le bref "Postcard from Booker", sur l'authentique guitare de Booker White! Cet opus acoustique d’une grande intensité, s’achève par "Mornin' train", un titre qui bénéficie du concours de d'Ulrika (NDR : Mme Bibb!) aux vocaux.

 

samedi, 03 juin 2017 18:55

Monarch

Chris Antonik est canadien. Issu de Toronto, très exactement. Ce chanteur/guitariste a remporté, en 2011, l’award du Maple Blues, comme 'meilleur nouvel artiste", après la sortie de son premier opus. Un éponyme. Et le second, "Better for you", a été plébiscité meilleur album de blues/rock pour l'année 2013, au pays de la feuille d’érable. L’artiste nous propose donc le 3ème chapitre de sa discographie, "Monarch", un LP découpé en treize plages dont onze sont signées par Chris ! Très à l’aise dans l’exercice du r&b, cet excellent gratteur possède, en outre, une bonne voix.

Et il le démontre dès le morceau d’ouverture, "I'd burn it all down". Il est soutenu par une section de cuivres au grand complet. Sa voix est autoritaire. Et acérés, ses accords de gratte son volontiers agressifs. Dans le style, sa reprise du "You're killing my love" de Nick Gravenites est parfaitement réussie (NDR : cette compo ouvrait "My labors", un elpee gravé par Nick Gravenites, en 1969 ; et figurait également sur "Live at Bill Graham's Fillmore West", un opus signé par Michael Bloomfield, la même année). Antonik a fort bien assimilé la technique et le feeling du légendaire gratteur californien, disparu depuis bien longtemps. Ravagé, mais sevré de cuivres, "Slow moving train" émarge au blues contemporain. Les cordes sont déjantées et aventureuses. L'orgue Hammond de Jesse O'Brien est idéalement intégré. Quand la musique adopte un profil funk, une spécialité maison, Chris est assez proche d'un autre artiste californien, Tommy Castro. Et "Gold Star", "Forgiveness is free" ainsi que "A slip in the rain", une plage caractérisée par des envols de cordes qui reposent sur une base rythmique d'une solidité exemplaire, en sont de belles illustrations. Long western blues, "Love, Bettike" se distingue par une intervention immaculée, de toute beauté, alors qu’O'Brien cumule piano électrique, synthé et mellotron! Country/blues/rock, "All our days" est une jolie plage mélodieuse alimentée par les cordes acoustiques, le piano, les chœurs et traversée par les sonorités magiques de la pedal steel que se réserve Burke Carroll… Chuck Keeping tape dur sur ses fûts tout au long de "New Religion" alors que les cordes s’embrasent, mais dans l’esprit d’un Carlos Santana! Un excellent album !

 

samedi, 03 juin 2017 18:53

Roll the dice

Originaire d’Omaha, Hector Anchando a passé sa jeunesse près de Salem, dans le Missouri. Eduqué à la guitare, il se convertit au blues, à l’écoute de Jimi Hendrix, Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan. Ce qui ne l’empêche pas d’être sensible à la country ; et tout particulièrement à Johnny Cash ainsi que Hank Williams. En 2000, il décide de revenir chez lui, à Omaha, dans le Nebraska où il monte son groupe Anchando ! Il publie alors son premier opus, "Rookies of the year". Il se produit ensuite en formule duo acoustique, en compagnie de son cousin, George Keele. Il devient le leader naturel de son combo, qu’il rebaptise Hector Anchondo Band. Qui grave alors en 2012, l’Ep "Kickin' up" et en 2014, le long playing "Young guns". Comme représentant de la Nebraska Blues Society, il est finaliste de l'International Blues Challenge de Memphis, en 2016. Il avait déjà été demi-finaliste l'année précédente! Pour ce tout nouvel LP, Hector est épaulé par le bassiste Josh Lund, le drummer Khayman Winfield et l’harmoniciste Justin Shelton.

Boogie, "Dig you baby" est souligné par l'harmonica de Justin. Hector est relayé au chant par Amanda Fish (NDR : issue de Kansas City, elle est la sœur aînée de Samantha). Et sa voix ne manque pas de punch. Au cours de ce brûlot, le leader s’autorise un solo particulièrement créatif. Shuffle à la texane, "Masquerade" plante la section rythmique à l'avant-plan. Le schéma est simple, classique, mais d’une redoutable efficacité. Oscillant entre funk et r&b, le titre maître est caractérisé par les envols des deux solistes! Et coincé entre blues et rock’n’roll, "Face it down" concède des accents latinos. Les interventions à la gratte d’Anchondo y sont à la fois passionnantes, passionnées et particulièrement personnelles. Empreinte de douceur, "Sometimes being alone feels right" est une ballade très mélodieuse. La voix d’Hector n’est pas vraiment envoûtante, mais elle est très musicale et s’intègre complètement dans son environnement. Le leader est très à l’aise sur les compos imprimées sur des rythmes exotiques. A l’instar de "That's how it all goes". Les interventions de guitare semblent hantées par Otis Rush et Peter Green. Et pourtant, la plage lorgne vers la rumba. Puis du plus pop "On your Mic, get set, sing", une piste entraînante aux accents délicieusement latins. Une seule reprise, le classique de Peter Green, "Black Magic Woman. Surprenante, l’intro est de nature symphonique. Original ! Une démarche différente de celle proposée par Green ou Santana, même si elle reste très latine, Winfield apportant un formidable concours aux percus. "Here's to me giving up" clôt le long playing, un blues lent classique, chargé de feeling…  

 

samedi, 03 juin 2017 18:51

Knock a hole in it

Mr Sipp est originaire du Mississippi. Il a même été baptisé, Mississippi Blues Child. De son véritable nom Castro Coleman, il est chanteur et guitariste. S’il pratique le blues, depuis 2012, son enfance a été marquée par le gospel. En 2014, il a remporté l'International Blues Challenge de Memphis. Il a publié son premier opus, "It's my guitar", en 2013 et son deuxième, "The Mississippi Blues Child" (NDR : ce qui explique son pseudo !), en 2015. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Malaco, chez lui à Jackson. Il y a reçu la collaboration de ses musiciens ainsi que des Jackson Horns. Il signe l’ensemble de son répertoire et assure la production. Si sa musique est largement amplifiée, on peut avancer que son blues est vraiment contemporain…

Le titre maître ouvre la plaque. Et dès les premiers accords, le spectre du dieu Jimi Hendrix plane. Puissante et bien à l’avant-plan, sa voix est très modulable. L’expression sonore est particulièrement électrique. Tapissé par l’orgue, le morceau met bien en exergue les grattes. Elles sont trafiquées, torturées, saturées, mais surtout bourrées de feeling. Se distinguant par leur versatilité, tout au long de l’excellent "Bad feeling". "Stalking me" est un R&B légèrement parfumé de funk. Les cordes sont aventureuses. Elles décollent à une cadence de plus en plus folle, libérant un flux de notes, mais toujours sous contrôle. Mr Sipp apprécie les ballades atmosphériques et mélodieuses. A l’instar de "Sea of love", un morceau alimenté par le piano, les cordes acoustiques et amplifiées ; bavarde, gourmande, ces dernières adoptent de toute évidence, le style fusion. Et encore de "Baby your mine", caractérisé par son envol tout en délicatesse et raffinement. Mais également de "Love don't live here anymore', au cours duquel la voix soul se love dans de superbes arrangements. Une voix qui demeure toujours aussi expressive tout au long du tendre r&b "Strings attached". Blues/rock classique, "Gotta let her go" est à nouveau tapissé par l'orgue de Carrol McLaughlin. Et quoique offensive, la guitare ne distille que les notes nécessaires. Le fantôme d’Hendrix refait surface sur "Going down"'. Castro torture ses cordes à l’aide de ses pédales. Il ne tient pas en place et ne manque jamais une opportunité pour s'évader, à la moindre occasion ! "Juke Joint" nous entraîne dans le delta Mississippi. L’artiste est en terrain connu et son funk rythmique, hypnotique, est attaqué à la manière d'un Howlin' Wolf… contemporain. De toute bonne facture, cet LP s’achève par une longue reprise du "Little Wing" de Jimi Hendrix, une superbe aventure, un hommage parachevé, sans réelle surprise, par l'adaptation de l'hymne américain…

 

samedi, 03 juin 2017 18:49

Sanctified

Low Society est une formation née à Memphis, dans la Tennessee. Elle est drivée par la vocaliste Mandy Lemons et le guitariste Sturgis Nikides. Son premier elpee, "High time", avait été enregistré à New York, en 2011. Et le deuxième, l'excellent "You can't keep a woman down", est paru en 2014. Surprise pour le troisième, car l’essentiel des sessions s’est déroulé au Closed Session Studio, à Roulers, en compagnie d’une section rythmique du cru, réunissant le bassiste Jacky Verstraeten et le drummer Bart De Bruecker, deux membres du Raw Blues Experience. Le reste a été réalisé chez eux, à Memphis. Et le claviériste de Lucero, Rick Steff, est venu apporté son concours aux claviers. L’opus recèle huit compos signées par le duo et deux reprises.

Country/folk, "Angel from Montgomery" est un titre issu de la plume de John Prine. Cette cover bénéficie de superbes arrangements. Le climat est serein et épanoui. La voix de Mandy se détache, se déchaîne même. Le piano de Rick Steff et la slide de Sturgis sont à la fois discrets mais efficaces et constituent la structure du morceau. Brian Hawkins produit des sonorités étranges à l’aide de sa Jew Harp (guimbarde) tout au long de "Racoon song". La voix est presque hypnotique face au flux et au reflux de la slide. Balisée par l’orgue, "The Freeze" est une plage indolente au climat énigmatique, anxiogène, une atmosphère entretenue par les cordes. La guitare slide nous entraîne dans le delta. Le rythme est dansant. Et la voix brille alors que les sonorités traitées au bottleneck s'emballent devant les percussions de Bart. Low Society tire parfaitement son épingle du jeu tout au long des ballades r&b lentes. A l’instar de "River of tears", dont les interventions à la slide sont belles à pleurer. Ou de la cover du notoire "I'd rather go blind" d’Etta James, bien balisée par l'orgue de Steff. Sous un profil folk, donc essentiellement acoustique, on épinglera la très belle conjugaison de cordes réservée au long titre "Nina" ou le concours d'un accordéon sur "New York City Boy #3". Les rythmes syncopés, les percussions et le piano préludent le climat musical institué à la Nouvelle Orléans, sur "Here comes the flood", une ville qui a déjà tellement souffert des dégâts causés par les eaux. Le chant devient un cri. Rick Steff joue encore de l'accordéon. Blues/rock, "Drowning blues" baigne au sein d’un climat proche du Led Zeppelin ; une piste taillée pour les voix de Mandy et de Sturgis. Bien structurée, elle est parfaitement alimentée par la guitare, l'orgue et de la section rythmique.

 

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