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mardi, 14 novembre 2006 02:00

My last goodbye (Dvd)

Consacré à William, ce Dvd est un témoignage d’amour manifesté par sa veuve, Jeannette. La première partie est consacrée à un album photo présenté par Jeannette, une séquence entrecoupée d'extraits musicaux et d'entretiens. On peut y revoir William aux côtés de Shakey Jake Harris, Johnny Dyer, George Smith, Philip Walker, Junior Wells, Smokey Wilson, Charlie Musselwhite, Ronnie Earl, Alex Schultz,… Le document recèle une interview accordée par William, dans sa période Alligator, le tout ponctué d’extraits d'un concert accordé au club Rosa's de Long Beach. On a ensuite droit à une vingtaine de minutes de set exécuté dans ce qui semble être un magasin. Pour la circonstance, il est soutenu par deux guitaristes particulièrement affûtés : un jeune Rick Holmstrom et Zach Zunis. Quarante minutes ont été immortalisées lors d’un spectacle concédé au Larry Blake's Club de Berkeley, en Californie. Un autre sommet ! Tournées en noir et blanc, les images sont cependant un peu trop sombres. Heureusement, la musique est d’excellente facture. Elle met même en exergue le talent du gaucher et handicapé Steve Samuels ainsi que celui de l’extraordinaire John Marx. Près d’une demi-heure semble avoir été tournée dans un autre club : le Coors? La prise de vue est assez lointaine. Elle a même été filmée derrière la piste de danse où se pressent de nombreux couples émoustillés par la musique du merveilleux William Clarke. Le Dvd s’achève par un "My last goodbye" en fond musical, une plage extraite de l’elpee "Groove time" (Alligator). D’une durée de près de deux heures, ce testament visuel est un véritable must pour le fan du regretté harmoniciste.

Ces trois albums sont disponibles par e-mail chez Jeannette Lodovici ou chez sa fille Gina.
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De très intéressants documents sont accessibles sur le site www.angelfire.com/blues/williamclarke

Vous pouvez aussi entendre William chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, le 1er janvier 1988, en cliquant sur le lien suivant :
http://www.youtube.com/watch?v=r6m1T_EyTq0

 

 

mardi, 14 novembre 2006 02:00

The Early years – Volume 1

Ce premier volume revisite les années 1978 à 85. Dès les premières notes du morceau qui ouvre l’elpee, "Hittin' heavy", nous reconnaissons la présence - excellente par ailleurs - de l'inoubliable Michael Mann, alias Hollywood Fats. Il est même soutenu par son band de l’époque pour cet instrumental bien nerveux ainsi que lors des six plages suivantes. Tout d’abord sur "Blues afterwhile", un autre instrumental très fin de soirée. Déjà une leçon de ce que Smith avait appris à Clarke. Il y manifeste énormément de sensibilité. Mais c’est bien le souffle brûlant du blues qui est ici répandu. Fats et le pianiste John Detherage conjuguent avec bonheur ce blues de l'âme. Le "Diggin' my potatoes" de Leadbetter est imprimé sur un tempo alerte. William chante ; cependant c'est surtout son talent fou à l'harmonica qui nous souffle! Un fantôme passe : la voix chaude de George Smith interprète son "Teenage girl", véritable sommet de cette collection. Smith a conservé sa musique à bouche dans la poche. Ce diable d'homme sait que le souffleur rêvé pour le seconder est bien Bill Clarke. Il se montre insatiable dans l'arrière scène et se réserve un solo dans les aigus vraiment pas piqué des vers. Un privilège qu’il nous accorde l’espace de cinq bonnes minutes! "So all alone" démarre sur un mode funky avant de s'emballer dans le meilleur des Chicago blues. Les fans d'Hollywood Fats seront aux anges en découvrant "Come on baby". Du pur west coast jump qui n'a pas pris une ride. La musique pratiquée par ces jeunes blancs à L.A., fin des 70s, est décidément d'un niveau très élevé. George Smith est à nouveau présent pour chanter "Teardrops fallin', un nouveau slow blues très Chicago Southside, parcouru par la slide de Craig Printup. William est étincelant tout au long de "Blowin' my nuts", pendant que la section rythmique - constituée de Al Bedrosian à la basse et Matt Goodwine à la batterie - produit un groove incroyable. Fats revient gratter ses cordes sur "The little girl I'm lovin", un blues lent généreux au cours duquel Clarke chante vigoureusement face au piano de James Borden. Les quatre dernières plages remontent aux années 80. Plusieurs invités de marque y collaborent. Une belle preuve que Clarke était un musicien confirmé qui faisait autorité dans les milieux branchés blues de L.A. Smokey Wilson se réserve les vocaux sur l’excellent "Fine little mama", une compo puissante mais festive. Une véritable propagande pour le blues à laquelle participent Rick Holmstrom, alors très jeune guitariste, Fred Kaplan au piano, Willie Brinlee à la basse et Eddie Clarck aux drums. William chante autoritairement et avec assurance le slow blues "Give me back that wig" face aux ivoires de Kaplan. Son jeu à l’harmonica amplifié est d'une puissance impitoyable. Dernier invité, Cardell Boyette pose la voix sur son "I miss you so" soutenu par Zach Zunis et Steve F'dor. Cette collection fort intéressante s’achève par "Gina's Groove", un instrumental probablement dédié à Gina, la fille de Bill. Une compo qui réunit toutes les caractéristiques inhérentes au génie de ce souffleur légendaire.

 

mardi, 14 novembre 2006 02:00

The early years – Volume 2

Ce second volume est consacré à la période sise entre 85 à 91. Un autre recueil épinglant une nouvelle fois des plages remarquables, pour la plupart rares ou inédites et impliquant des invités prestigieux. Au dos de la pochette figure une photo qui date de 1982. Elle réunit William et son meilleur ami, Joe Lodovici, un autre brillant harmoniciste qui a aujourd'hui épousé Jeannette, la veuve de William.

L’opus s’ouvre par "Early in the mornin", un blues d’une grande richesse. Slow blues, "The feeling's gone" se singularise par son dépouillement. Le booklet ne signale pas le line up des musiciens qui constitue le backing group. Pourtant, le piano se révèle primordial dans le décor sonore. Très zélé, Bill dispense un divin souffle sur son harmonica chromatique. "Give me mine now" évolue sur un tempo assez proche du feeling rencontré à la Nouvelle Orléans, une sensation accentuée par le piano très rythmique. William est sur scène, derrière son idole George Smith. Ce dernier chante. Les deux hommes soufflent à l’unisson. La prise de son n'est guère brillante, mais l'émotion est bien présente. La profondeur aussi. Ils sont à nouveau soutenus par des illustres inconnus. Jeannette a retrouvé toute une série de bandes dans un tiroir. Mais elle ne fournit autre information à ce sujet. Ni le lieu, ni l’époque, ni l’identité des collaborateurs. Cependant, quel rare bonheur de découvrir ces musiciens qui jouent avec cœur. Rasheed Abdallah manifeste beaucoup d’enthousiasme pour chanter "Should kept on runnin". Clarke en profite pour exploser comme bien peu d'autres harmonicistes rêveraient de le faire. Mais ce musicien ne se contente pas de s’acharner ; il se révèle largement au dessus du lot. On a même l’impression que lui et son instrument miniature ne font plus qu’un. Le "Lookin for trouble" d'Eddie Taylor est sculpté dans le Chicago Blues le plus pur. A cause de l’orgue et puis du piano joué dans ce bon vieux style d'Otis Spann. "Bloody tears on my pillow" est un très long blues lent. Le jeu inventif, créatif, brillant du guitariste se détache. Ce qui n’est guère étonnant lorsqu’on sait qu’il relève de Ronnie Earl. Il porte même William vers les sommets sur son harmo chromatique. La reprise du célèbre "Ice cream man" de John Brim est un autre grand moment. Un Chicago shuffle qui bénéficie du concours d’un très bon pianiste (Fred Kaplan?). Deux plages mettent en présence deux harmonicistes. Tout d’abord Johnny Dyer. Il pose la voix avec beaucoup de sensibilité sur le "So glad I'm livin" de Sonny Boy Williamson. Mitch Kashmar, ensuite. Il est flanqué de ses Pontiax pour attaquer l'instrumental "Horn of plenty". William rivalise avec ce dernier. Les échanges de notes d'harmo évoluent à très haut niveau. Les trois dernières plages immortalisent un concert remarquable accordé au Starboard Attitude de Redondo Beach, le 11 avril 1987. Des enregistrements qui figuraient sur l'album "Rockin' the boat", paru en 88 sur Rivera. Pas la peine de vous faire un dessin, Bill est épaulé par des musiciens très talentueux : Joel Foy à la guitare, Fred Kaplan au piano, Willie Brinlee à la basse et Eddie Clarck aux drums. Toute cette équipe est responsable du torride shuffle "Deal the cards". Et puis du tonique "Boogie woogie woman". De la pure dynamite!

 

 

lundi, 06 février 2006 02:00

The River sessions

Fondé en plein blues boom de la fin des 60’s, cette formation répondait, à l’origine, au patronyme de Climax Chicago Blues Band. Un ensemble, qui nonobstant diverses fortunes rencontrées au cours de sa longue histoire, existe toujours aujourd'hui. Cependant, il faut reconnaître que son succès, il l’a essentiellement récolté outre-Atlantique. Une formation dont le line up originel impliquait le chanteur multi-instrumentiste Colin Cooper, le guitariste Pete Haycock, le batteur Georges Newsome, le bassiste Richard Jones et le claviériste Arthur Wood. Paru en 1969, leur premier elpee "Climax Chicago Blues Band", émargeait bien sûr au blues. C’est au cours de cette année que le quintet décide de soustraire le terme Climax de son nom. Le Climax Blues Band commet l'excellent album "Plays on" quelques mois plus tard. La musique est déjà plus aventureuse, mêlant blues, jazz et avant-garde. Si les deux opus suivants, "A lot of bottle" en 1970 et "Tightly knit" en 71, adoptent toujours un profil blues, on y décèle une percée rock de plus en plus marquée. Premier long playing enregistré ‘live’, "FM Live" paraît en 1973. Le band concocte alors un album, presque tous les ans. Mais on en retiendra surtout "Gold plated". Edité en 1976, ce disque recèle "Couldn't get it right", une compo qui va devenir un hit et surtout leur servir de carte de visite! En 1984, le guitariste Haycock quitte le navire. Il est remplacé par Lester Hunt. Le succès se fait plus rare. Pour célébrer les 20 années d’anniversaire de la sortie de leur premier elpee ‘live’, le groupe enregistre une nouvelle plaque immortalisée en public : "Blues from the Attic", en 1993. « The River sessions » navigue entre deux époques. Il aura donc fallu près d’un quart de siècle pour voir paraître ces fameuses "River sessions" accordées en direct pour Radio Clyde. En février 82, très exactement. Au Queen Margaret Union de Glasgow. Les deux leaders, Colin Cooper et Pete Haycock sont ici soutenus par le bassiste Derek Holt, le drummer John Cuffley, et le claviériste George Glover. Dix plages ont été exécutées, dont trois issues des deux derniers albums de l’époque, soit "Flying the flag" (1980) et "Lucky for some" (82).

Le concert s’ouvre par "Blackjack and me". Le rythme est soutenu. Les deux chanteurs conjuguent leurs voix : grave pour Cooper, et plus frêle, moins affirmée de Haycock. Colin se réserve l'harmonica. "Cuttin' it rough" évolue au sein d’un emballage FM que le groupe semblait alors privilégier. Les deux timbres que tout oppose se complètent. Le climat vire au jazz. A cause du piano électrique de George. Et puis du saxophone de Colin, un instrument qui était devenu une force chez le Climax BB. Ce qui n’empêche pas Pete de prendre un envol original et séduisant sur les cordes. Idéal pour la scène, "Shake it Lucy" aurait pu figurer dans le répertoire des Stones. Les riffs sont efficaces, les percussions solides et le sax se libèrent. "Could'nt get it right" demeure incontestablement la meilleure compo du Band. Elle est reprise en chœur par l'assemblée. La reprise du "Evil" de Willie Dixon renoue avec le blues leurs débuts, un fragment balayé par une excellente intervention à l’harmonica. "Horizontalized" replonge dans l’ambiance entretenue tout au long de l’album "Plays on". La guitare et l'harmo jouent à l'unisson. Plus classique mais toujours de bonne facture, "The last chance saloon" campe un blues lent caractérisé par une intervention de Haycock. "Gotta have more love" était paru, à l’époque, sous la forme d’un single. Mélodique, il épouse une démarche fort proche de "Could'nt get it right". Exquis ! Le concert s’achève par l’interprétation de grands standards de scène du Climax BB. En l’occurrence la reprise du "Going to New York" de Jimmy Reed et un medley rock'n'roll introduit par l'inévitable "Johnny be good". Une délicieuse tranche de blues !

mardi, 27 novembre 2018 17:52

Soulmate

Yann Cole était encore un gosse, lorsque sa famille (NDR : de nationalité française !) s’est expatriée dans le Sud des Etats-Unis. Il a donc vécu toute sa jeunesse là-bas. Ce qui lui a permis de découvrir le patrimoine musical de Memphis à la Nouvelle Orléans, en suivant le cours du Mississippi. Quand il revient à Paris, il possède un bagage musical suffisant pour jouer sa propre musique : un cocktail subtil de soul, de funk et de blues. Il milite tout d’abord au sein de formations comme Lazy Rooster ou le Little Big Band. Puis décide de driver son son propre band. Un choix qu’il n’a opéré que récemment. Yann aime la musique noire. Celle de Ray Charles, Stevie Wonder, Prince et BB King. "Soulmate" constitue son premier album. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours de son équipe. C'est-à-dire Kim Yarbrough, un New-yorkais dont la carte de visite mentionne l’une ou l’autre collaboration en compagnie de Bernard Allison et Lucky Peterson, le drummer Stéphane Minana, et le claviériste Laurent Daire, un musicien extrêmement influencé par Stevie Wonder, Billy Preston et Herbie Hancock. Pour la circonstance, le line up est enrichi d’une section de quatre cuivres. Hormis trois reprises, Yann a composé le reste des compos de cet opus.

"Soulmate" s’ouvre dans le funk. Plage nerveuse, "Superman of the night" évolue dans un registre proche de Stevie Wonder. Instantanément, nous sommes touchés par la voix bouleversante, très musicale, de Yann. Tous les instruments contribuent à la conception de la trame funk. Les cuivres soulignent les vocaux. Particulièrement expressive, une guitare prend son premier envol. Très blues, cette excellente entrée en matière lorgne du côté de BB King. Cette même guitare introduit "Ain't nobody". La voix du leader est imprégnée d’une sensibilité naturelle. Elle peut même se travestir en de multiples instruments. Kim et Laurent rejoignent les chœurs subtilement funky de cette compo sculptée dans une soul moderne rappelant Steely Dan voire Darryl Hall & John Oates. Invariablement, cette guitare est caressée par des doigts agiles et lestes. Elle vagabonde et ouvre pour le saxophone. Une plage qui accroche! Et "Midnight lover" est du même niveau. "Hot girl" trempe dans le pur funk. Les drums métronomiques de Stéphane sont ici mis en exergue. Mais également le jeu varié de Laurent sur l'orgue Hammond. Tantôt au service du rythme, tantôt en solo, il invite à la danse. La première reprise est celle du "I wish It would rain" des Temptations. Une interprétation heureuse et empreinte de douceur ; mais paradoxalement parcourue par cette voix terriblement expressive face au seul piano de Daire. Cole chante alors le "(Don't you lie to me) I get evil" de Tampa Red, à la manière d''Albert King, mais dans une version funk dansante. Une bien jolie introduction au saxophone nous annonce le bouleversant "Motherless woman". La mélodie est accrocheuse. Yann dialogue avec ses cordes. Certainement, un des sommets de l'album. Les atouts des musiciens sont bien mis en exergue tout au long d’une autre ballade : "Have I got the right". Les voix, le rythme et l'orgue Hammond en particulier. Bonne surprise, l'album s’achève dans le blues. Tout d'abord "No good man". Un solide shuffle rehaussé par la présence du plus texan des guitaristes français : Phil Fernandez, le leader de Big Dez. La finale est consacrée à une cover du "Ain't nobody's home" de BB King. Agrémentée à la sauce Yann Cole, elle préserve cependant l'esprit de Memphis, y compris les voix, les cuivres et l'orgue. Dans le style, cet opus est remarquable. Yann Cole : un artiste, une voix à suivre!

mardi, 13 juin 2006 03:00

Soul of a man

Eric Burdon est né le 1er mai 1941. Faites le compte : il vient donc de fêter ses 65 balais. Son principal titre de gloire remonte quand même à plus de quatre décennies. En 1962, très exactement ; lorsqu’il fonde les Animals. En fait, à cette époque, il cherche une réponse aux R&B bands issus de Londres : Rolling Stones, Yardbirds et autres Manfred Mann. Elle viendra donc du Nord de l'Angleterre. De Newcastle, très exactement. La formation connaîtra son heure de gloire dès 1964, lorsqu’elle commet le superbe "House of the Rising Sun". Un tube qui en appellera d’autres ; à l’instar de "It's my life" ou encore "Don't let me be misunderstood". En 1967, les Animals modifient leur patronyme. Ils deviennent les New Animals. Nous sommes alors en pleine période psychédélique. Deux ans plus tard, Eric entame une nouvelle aventure : War. Un groupe de musiciens noirs qui jouent un cocktail explosif de R&B et de funk. Depuis, Burdon mène une carrière solo, entrecoupée de reformations ponctuelle de ses Animals. Au cours des dernières années, il a concocté quelques albums de bonne facture. A l’instar de « My secret life » en 2004 ou encore du ‘live’ "Athens traffic" en 2005.

Ce nouvel opus marque son retour vers les sources de sa musique de base : le blues. Une œuvre qu'il dédie à la cité sinistrée de la Nouvelle Orléans. Le line up de base de son backing band circonstanciel réunit Johnny Lee Schell aux guitares, Mike Finnigan à l’orgue, Tony Braunagel aux drums (NDR : il assure, en outre, la production) et James Hutchinson à la basse. Une équipe renforcée épisodiquement par l’un ou l’autre invité. Et notamment le guitariste Carl Carlton, le pianiste John Cleary ; sans oublier Ivan Neville qui participe aux chœurs.

La plage d'ouverture, "Soul of a man", est superbe. La voix féminine de Melody Perry entre en scène. Elle est suivie par celle de Burdon. Il possède toujours ce timbre inimitable ; et manifestement ce timbre émouvant colle parfaitement aux chants du Delta. Les percussions font alors leur apparition ; avant que les autres instruments ne viennent alimenter le décor sonore. Une compo à la fois riche, dense et remarquable. "Kingsize Jones" est sculpté dans du pur funk. La guitare concède des motifs rythmiques nerveux. L'orgue Hammond, les percussions, les voix et quelques cuivres colorent l’ensemble. L’ombre de War n’est pas loin ; mais aussi celle des Neville Brothers! L'ouverture de "Red Cross store" répond parfaitement à nos attentes. La slide reproduit le son de Fred McDowell, avant de s'engager dans un boogie primaire. Burdon éructe ses vocaux, face à cette slide. Le piano est omniprésent. "Come se llama mama"marque un retour au funk, mais un funk exotique, latin, très dansant, dynamisé par les percussions de Lenny Castro et la section de cuivres, au sein de laquelle le saxophoniste Joe Sublett tire son épingle du jeu. Le blues hante toujours chez Eric. Et il le démontre lors de cette reprise impeccable, imprimée sur un tempo modéré, du "40 days and 40 nights" de Muddy Waters. Les ivoires sont toujours bien présents. Schell et Carlton conjuguent leurs guitares. Pour la circonstance, Rod Piazza se réserve l'harmonica dans un style très Chicago. La voix de Burdon est totalement contaminée par le blues pour interpréter "Feeling blue", une plage plus mélodique et raffinée. Son timbre puissant et rugueux lui permet d’embrasser une multitude d’horizons sonores, y compris la musique roots ; à l’instar du bien nommé "Never give up blues", un fragment qui s’ouvre par une guitare acoustique, avant de laisser pénétrer progressivement les autres instruments, et en particulier une slide fort métallique, sans oublier les choeurs solides. Particulièrement contaminé par le blues, Eric entame le "GTO" de David Munyon a capella. Un blues lent irréprochable, très fin de soirée, coloré par l'orgue Hammond. Les accords subtils du piano soutiennent avec bonheur la voix profonde de notre Anglais qui cite au passage le nom de grands bluesmen immortels. Il reprend "I don't mind" du même Munyon. Dans un même registre ‘late night bar’. Burdon ne redoute pas le Chicago blues urbain. C’est une certitude ! Il chante le "44" du géant Howlin" Wolf en dialoguant avec l'harmonica de Piazza et le piano de John Cleary. Eric raconte une histoire en intro de "Slow moving train" : il fréquentait un bar en France en compagnie de Memphis Slim, lorsqu'il apprit la mort de Robert Kennedy. Pas étonnant que cette ballade baigne dans la tristesse. Eric renoue avec le chant roots, face à un dobro métallique, tout au long de "Don't ever let nobody drag your spirit down". Signé John Rabbit Bundrick (NDR : ce claviériste a longtemps accompagné le Who sur les planches), "Devil run " campe un rockin' blues basé sur un riff. Pour notre plus grand plaisir, Eric achève l’opus par un boogie participatif : "Circuit rider". Il y partage son exercice vocal avec un harmonica libéré. Ne boudez pas votre plaisir, Eric Burdon vient de nous livrer un excellent album!

 

mardi, 08 août 2006 03:00

Back door blues

Nicolas Backton est né à Gand, il y a 30 ans. Ce jeune chanteur/guitariste belge commet son premier elpee en 1996. Un disque acoustique intitulé "Yazoo River blues". Au cours des cinq années qui suivent, il tourne beaucoup en Belgique, parfois en compagnie de Marc Lelangue. Il enregistre quand même un deuxième opus, "Wait & see". Et se rend au Sénégal, voyage au cours duquel il fait la connaissance de Youssou 'N Dour. En 2001, il croise Christian Michel et François Miniconi sur les routes du Sud, du côté de Perpignan. De cette rencontre naît les Wizards of Blues. Et il y sévit toujours. En 2005, cette équipe développe un projet original : retracer l'histoire du blues en y appliquant leurs arrangements de vieux blues des années 30 et 40. "Back door blues" constitue le résultat de leur travail!

Armé de son dobro, Nico attaque le "Before you accuse me" d'Eugene Mc Daniels. Un titre popularisé autrefois par le Creedence Clearwater Revival et Eric Clapton. Il est soutenu par sa section rythmique : Christian à la basse et François à la batterie. Nico possède une très bonne voix pour chanter le blues et sent parfaitement sa musique. L'artiste puise alors dans ses racines pour reprendre avec beaucoup de bonheur le "Hot times in Old Town" de Mississippi John Hurt, un blues rural qui ne bénéficie que d’un accompagnement minimal. Allègre, cette chanson invite à faire la fête dans la vieille ville. Le timbre métallique du dobro est épatant. Backton dispose d’une voix rocailleuse dont il module le timbre avec un talent indéniable. Il parvient même à sonner authentique au sein d’un répertoire pas toujours facile. A l’instar de son adaptation du "Police dog blues" de Blind Blake. Parfois, il monte le volume sans pour autant atténuer l'intérêt qu'il suscite. Car il respecte la musique qu'il exécute. Même lorsqu’il est seul avec ses cordes électriques. "Big legged woman" en est la plus belle démonstration. Signée Johnny Temple, un des pionniers du préwar blues, la version est particulièrement réussie. Nico a plus d'une corde à son arc. Il joue également du piano. Il y est même convainquant. Sa reprise du classique "Worried life blues" de Big Maceo Merryweather, un des plus grands pianistes de Chicago, en est un parfait exemple. Il adopte un profil très roots pour attaquer le "Lost lover blues" de Blind Boy Fuller. Un fragment illuminé d’un solo mais aussi par la voix. A contrario il interprète le "Allright Mama blues" d'Arthur Crudup d’un timbre ravagé mais authentique, une chanson qui allait être popularisée par Elvis Presley au beau milieu des années 50. Pas de rock'n'roll ici, mais une plage imprimée sur un tempo alerte qui communique d'excellentes vibrations. Il opère une attaque primaire, au dobro, du canon de T-Bone Walker, "Stormy Monday blues". La charge est rugueuse, exécutée à la manière d'un blues d'avant-guerre. La dose d’émotion libérée est phénoménale. Seul, assis inconfortablement sur sa chaise, il manifeste une extrême sensibilité intérieure. Ses doigts accrochent fiévreusement les cordes qui se mettent à résonner. Dommage que ce morceau si intense soit aussi court! Nico démontre toute l’étendue de son expérience en abordant un style totalement différent, très rythmique, sur le "Back door stranger" de Brownie McGhee. Personnellement, je le préfère sous un profil plus classique mais personnel. Notamment dans le domaine des arrangements. Et je pense tout particulièrement au "Drifting blues" de Charles Brown, une plage au cours de laquelle il est rejoint par son ami Richie Faret, à l'harmonica. Backton s’assied une dernière fois derrière le piano pour chanter à la perfection le "Whiskey and gin blues" d'un certain Memphis Slim. Son timbre est volontairement imbibé et semble émaner d’un juke joint enfumé. Nico malmène son dobro pour enfin chanter Backton, lors d’un boogie blues intitulé "Phils bar blues", un bar situé au cœur des Marolles, rue Haute à Bruxelles. Le trio recourt une ultime fois à l’électricité pour nous balancer "Early in the morning". Les trois musiciens chantent à l’unisson. La guitare électrique se libère sur un rythme syncopé, en adoptant l'axe Memphis-New Orleans. Un album fort sympathique et de bonne facture, conçu sous la forme d’un credo.

 

mardi, 29 août 2006 03:00

Groovin´ in the Mood Room

Al Basile et Duke Robillard se connaissent depuis plus de trente ans. Ils partagent une même passion pour le blues et le jazz. Et puis les aventures musicales de Basile ont souvent croisé celles du célèbre guitariste. Joueur de cornet talentueux, Al a sévi, comme premier trompettiste, au sein du big band notoire, Roomful of Blues. De 1973 à 75. Il a également collaboré à l’enregistrement de tous les elpees de Duke Robillard depuis 1988 (NDR : le premier, "You got me", est paru chez Rounder). Mais Al dispose de plusieurs cordes à son arc. Non seulement c’est un excellent instrumentiste, mais il est également chanteur, compositeur, arrangeur et poète. Il a commis son premier elpee en 1989 : "Down on Providence Plantation". Enseignant, il a pris sa retraite l'année dernière. Il en profite donc pour écrire. "Groovin' in the Mood Room" constitue son cinquième opus. Une œuvre qui démontre sa volonté de se réserver à l'écriture et au chant, délaissant volontairement (et sans doute provisoirement) ses instruments.

Dès l'ouverture, "I got to be the boss", le ton est donné. Un blues rock solide, fortement imprégné de R&B. La voix puissante domine. Elle me rappelle même celle de John Fogerty. Cette excellente composition aurait d’ailleurs pu sortir, tout droit, des bayous louisianais. La cohésion de l’ensemble est impressionnante. Il est vrai que les acteurs ne sont pas des débutants : le bassiste Marty Ballou, le drummer Mark Teixeira et le génial guitariste Duke Robillard. Le rythme prend son envol sur "How much better (better can get)". La voix mâle maîtrise son sujet lors de cette plage sculptée dans le pur rock'n'roll. La guitare du Duke balise parfaitement cette route sonore propice à l’envoûtement. La section rythmique manifeste une puissance de feu étourdissante. "She's on the mainline" fait instantanément mouche. Un R&B caractérisé par la présence des cuivres : Doug James au sax ténor et Al au cornet. "Picked to click" opère un retour au blues dépouillé. On a l’impression d’être englué dans les eaux poisseuses des swamps. La voix est bien posée. Le climat paisible. Légèrement réverbérées, les cordes de Robillard libèrent un maximum d’expression en un minimum de notes. Un travail de maître! "Your turn to pay", constitue, à mon humble avis, la plus belle composition de cet opus. Une ballade douce-amère, indolente, empreinte d’une grande mélancolie. La voix d’Al véhicule ces émotions. Passionnément. Toujours aussi fidèle, Duke y ajoute sa sensibilité personnelle. Avec flamme et intelligence. Une plage absolument remarquable. La musique d'Al Basile est souvent imprimée sur un même tempo. Mais elle se garde bien d’être répétitive. Au contraire. Chaque plage recèle un certain volume d’originalité. Même "Baby sister", une compo inspirée par le "Little sister" de Doc Pomus, interprétée autrefois par Elvis Presley. Al chante passionnément ce morceau embrasé par l'orgue Hammond de Bruce Bears. Autre point culminant de l’elpee, "I'm in the mood" nous entraîne dans une aventure psychédélique. A cause des cordes de Robillard. Trafiquées, puis recomposées à l'envers. C’est le moment choisi par Ballou pour prendre un peu de liberté sur les 4 cordes de sa basse. Trempé dans le southern rock blues, "The show must go on" aurait pu figurer au répertoire des Allman Brothers Band et devenir le théâtre de grands échanges instrumentaux. Duke s’y réserve un petit voyage divertissant. Plage également fort intéressante, "Your rights" est particulièrement inspirée par la country. Un peu à la manière de Delbert McClinton. Duke joue du dobro, de la guitare et, pour la première fois de sa carrière, accorde un solo au piano. Couvert d’accents très fifties, "Take my word for it" est profilé sur un rockabilly. Le rythme libère une bonne dose de groove. Un fragment illuminé par une intervention très métallique de Duke, proche de Scotty Moore. Ballade soul empreinte de délicatesse, "Be a woman" est fluidifiée par l’orgue Hammond. Nous ne sommes ici pas tellement loin de "Your turn to pay". L’histoire d’une vieille Cadillac Eldorado, datant de 1957, hante "Coffee and Cadillacs", un morceau qui marque un retour au rock'n'roll façon Chuck Berry. Cet opus d’excellente facture s’achève par un chanson dédiée à son fidèle ami (NDR : devinez qui?), "You satisfy".

mardi, 24 octobre 2006 03:00

Long steel rail

Adepte de la musique traditionnelle du Sud des Appalaches, Riley est originaire de la Caroline du Nord. Il joue du violon dès l'âge de dix ans, mais opte ensuite pour la guitare et le banjo. Sa carrière est avant tout personnelle ; ce qui ne l’empêche pas de participer aux aventures du Dirk Powell Band et de Polecat Creek.

Ce nouvel opus nous entraîne à travers un périple au sein de la musique traditionnelle perpétuée en Virginie et en Caroline du Nord. Elle est également appelée ‘old time music’. C'est-à-dire une musique roots music née à l'ombre des montagnes appalaches. Il chante d'une voix triste le titre maître. L’accompagnement est sobre : une guitare et un banjo. Soutenu par ses amis, et drivé par le violon de Dirk Powell ou de Joe Thrift, Riley nous invite à la dance aussi bien pour "June Apple" qu’"Old John Henry". Baugus véhicule, de voix monocorde, empreinte d’émotion, un sentiment de désespoir tout au long de deux ballades : "What are they doing in heaven" et "George Collins". Il démontre ses évidentes aptitudes de multi-instrumentiste sur trois autres plages, mais instrumentales. Au violon lors des très irlandais "Sail away ladies" et "No corn on Tygart". Au banjo sur "Willow tree", une célébration de la musique des montagnes du Kentucky. Riley chante parfaitement a capella. Mais le résultat n’est guère excitant. "Wandering boy" ne transpire pas la joie, mais traduit son amour maternel ; alors qu’en finale, "Now is the cool of the day", est une invocation au Seigneur! Armé de son banjo et épaulé par Tom O'Brien à la guitare, Mr Baugus se frotte même au folk blues. Et en particulier sur "Lonesome road blues". "Long steel rail" s’adresse essentiellement aux adeptes de la musique folk traditionnelle. Un style que j’apprécie tout particulièrement lorsqu’il entretient une chouette ambiance. A l’instar d’"I'm troubled", une composition signée Doc Watson et interprétée en string band.

mardi, 12 décembre 2006 02:00

Live at vier Linden

BB & the Blues Shacks est incontestablement un des meilleurs groupes européens de blues. Fondé en 1989, il est responsable de toute une série d’albums fort intéressants, dont "Live at Lucerne Blues Festival" en 98, "Straight blues" l'année suivante (NDR : une plaque partagée entre face swing et blues), "Midnight diner" en 2001 et enfin "Blue Avenue" en 2004. "Live at vier Linden" est un nouvel opus enregistré ‘live’. Une œuvre immortalisée dans leur bonne cité de Hildesheim, au cours de l'été 2005. Leur répertoire puise allègrement au sein de la musique des années 40 et 50, et principalement dans le west coast swing. Pour y parvenir, ils possèdent tous les atouts indispensables et nécessaires dont deux leaders/solistes extrêmement talentueux ; en l’occurrence les frères Andreas et Michael Arlt, respectivement, guitariste/harmoniciste et chanteur. Ils sont soutenus par le pianiste Dennis Koeckstadt et une section rythmique taillée sur mesure : Henning Hauerken à la basse acoustique et Andreas Bock aux drums. Les frangins Arlt signent, en outre, l’intégralité du tracklist proposé tout au long de ce concert.

L’elpee s’ouvre par "Hot shot bop", un instrumental qui met déjà en exergue le talent fou manifesté par Andreas sur les cordes. Chicago blues rythmé au refrain inspiré, "Let's get crazy" est une synthèse de toutes les influences embrassées par Michael : de Little Walter à Sonny Boy Williamson en passant par Big Walter Horton. "She's goth er eyes on you" est un blues qui baigne dans les swamps de la Louisiane. Michael s’y révèle très proche de la démarche d’un Kim Wilson, tandis qu’Andreas - et ce n’est pas une surprise - marche dans l'ombre de Jimmie Vaughan. Le spectre Fabulous Thunderbirds envahit à nouveau "Lose my mind". Les Teutons sont de grands spécialistes aux ivoires. A l’instar d’Axel Zwingerberger ou encore de Christian Rannenberg. Dennis nous le rappelle tout au long de ce boogie. Et se déchaîne lorsqu’il embraie par "Stompin' and rollin'". Le guitariste reconnaît pour influences majeures des personnages aussi notoires que T-Bone Walker et Tiny Grimes. Plages swing, "Can't hide love" et "Hear my baby naggin'" en sont les plus belles démonstrations. Incroyablement doué, il se révèle même proche des meilleurs élèves américains tels que Kid Ramos, Alex Schultz, Junior Watson ou encore Rusty Zinn. Andreas possède plus d'un tour dans son sac. Il a bien étudié la technique des guitaristes du Chicago Westside. Et en particulier celui d’Otis Rush et de Magic Sam. Long blues lent, "Good night's sleep" est un nouveau tour de force. La voix de Michael Arlt passe également bien la rampe. Assez proche de Kim Wilson, elle donne sa pleine mesure sur "Letter from my baby". Ce concert chaleureux s’achève par "Ain't a home no more", un shuffle conquérant sans doute, très texan sans aucun doute. Un disque tout simplement brillant !